Une seconde réunion du mécanisme sur fond d’escalade
Selon Ad Diyar, 10 décembre 2025, la scène politique et sécuritaire libanaise est dominée par la préparation de la deuxième réunion du «mécanisme» chargé de suivre l’application de l’accord de cessez-le-feu au Sud-Liban. Le quotidien pose d’emblée la question de savoir si «l’assemblée de négociation du mécanisme» prévue le 19 décembre pourra réellement dessiner un scénario de mise en œuvre de l’arrêt des hostilités, alors que le niveau de confiance se réduit et que les attaques israéliennes se poursuivent le long de la frontière. Le journal souligne que le «recul du niveau de l’optimisme» n’est pas seulement lié aux violations militaires, mais aussi à «l’absence de garanties américaines» solides en faveur du respect de l’accord par Israël, ce qui nourrit un sentiment de vulnérabilité dans les milieux politiques libanais.
Ad Diyar, 10 décembre 2025, décrit un contexte où la frontière sud reste un espace de tension permanente. Alors que les populations des villages frontaliers n’ont pas encore retrouvé une vie normale, les survols, tirs et bombardements ponctuels continuent de rappeler que la guerre n’est pas entièrement derrière eux. Dans ce cadre, la réunion à venir du mécanisme est présentée comme une station clé, non seulement pour fixer un calendrier d’application de l’accord, mais aussi pour tester la volonté réelle des différentes parties d’entrer dans une phase de stabilisation durable. Le journal évoque un climat de discussions techniques et sécuritaires complexes, où se mêlent tracés de lignes, points d’observation et modalités d’intervention des forces internationales, sans que ne disparaisse la hantise d’un retour rapide à une confrontation ouverte.
Le même quotidien souligne que la séquence actuelle intervient après plusieurs dossiers frontaliers déjà traités, comme la délimitation maritime avec Chypre et avec Israël, et estime que la frontière sud reste le «chapitre le plus sensible» de l’architecture de sécurité libanaise. Ad Diyar, 10 décembre 2025, rappelle que l’expérience des dernières années a montré que chaque cessez-le-feu non consolidé par des mécanismes précis se transforme tôt ou tard en simple pause entre deux cycles de violence. C’est à cette aune que le journal lit les débats autour du mécanisme de Naqoura, considéré comme un outil à la fois nécessaire et insuffisant.
La tournée de Jean-Yves Le Drian et l’agenda franco-américain
Dans ce climat, la venue à Beyrouth de l’émissaire présidentiel français Jean-Yves Le Drian est présentée comme un moment central. Ad Diyar, 10 décembre 2025, décrit l’arrivée du responsable français «dans une phase politique et sécuritaire délicate» et parle d’une mission visant à «recalibrer le rythme interne» avant l’échéance du 19 décembre. Le journal explique que Le Drian est venu exposer un «nouveau projet» articulé autour du renforcement du rôle du mécanisme, de la coordination avec le commandement de l’armée libanaise et de la recherche d’un consensus minimal entre les forces politiques sur la conduite à tenir au Sud.
Al Joumhouriyat, 10 décembre 2025, replace cette visite dans un dispositif plus large. Le quotidien souligne que l’initiative française était restée longtemps gelée en raison des blocages politiques, avant d’être réactivée «en coordination étroite avec Washington», au moment même où commençaient des «négociations civiles» entre le Liban et Israël autour du cessez-le-feu. Le journal rapporte que les informations recueillies auprès de sources politiques indiquent que cette relance a été souhaitée par les États-Unis, qui considèrent que la France dispose encore d’un capital de confiance auprès de l’ensemble des acteurs libanais, y compris le Hezbollah, ce qui lui permet d’occuper un rôle de médiateur dans les semaines à venir.
Toujours selon Al Joumhouriyat, 10 décembre 2025, la tournée de Jean-Yves Le Drian l’a conduit à rencontrer le président de la Chambre Nabih Berry à Aïn el-Tiné, ainsi que le commandant de l’armée, le général Rodolphe Haikal, au ministère de la Défense. Ces rencontres ont porté sur la poursuite des attaques israéliennes, sur les moyens de les contenir et sur les mécanismes de soutien international à l’armée libanaise dans un contexte budgétaire extrêmement contraint. Le journal précise que les discussions ont aussi abordé le rôle que la France pourrait jouer à Naqoura pour «faciliter les issues» dans la période à venir, avec l’appui de partenaires arabes mais «sous parapluie américain».
Ad Diyar, 10 décembre 2025, insiste par ailleurs sur la succession de deux rendez-vous avant la fin de l’année: un premier à Paris, le 18 décembre, réunissant Le Drian, des représentants américains et saoudiens ainsi que le commandant de l’armée, entièrement consacré à la préparation d’une conférence de soutien à l’institution militaire; un second à Naqoura, le 19 décembre, pour la tenue de la deuxième réunion du mécanisme, après l’élargissement des délégations libanaise et israélienne par l’inclusion de membres civils. Le quotidien y voit une volonté claire de lier la consolidation du cessez-le-feu à un renforcement matériel et politique de l’armée libanaise.
La nomination de Simon Karam et les débats internes libanais
Nahar, 10 décembre 2025, consacre une chronique de Rosanna Bou Monsef à la nomination de l’ancien ambassadeur Simon Karam à la tête de la délégation libanaise au sein du comité de surveillance du cessez-le-feu. L’auteure s’interroge sur le fait de savoir si certaines lectures n’ont pas été trop loin en voyant dans cette désignation le signe qu’une «guerre imminente» aurait été définitivement écartée et que le Liban se trouverait déjà engagé sur une voie de paix devenue incontournable avec Israël. Elle rappelle que, pour une partie de l’opinion, le choix d’un diplomate civil expérimenté traduit une volonté d’entrer dans une phase plus politique du processus, mais que ce symbole ne suffit pas à lui seul à changer les rapports de force réels sur le terrain.
La même chronique de Nahar, 10 décembre 2025, lie ce mouvement à la visite du patriarche maronite Béchara Raï au palais de Baabda, où il a rencontré le président Joseph Aoun. Selon le journal, le chef de l’Église maronite est ressorti de cette entrevue avec des «impressions» laissant entendre que le pays pourrait être en train de passer d’une logique de confrontation à une logique de négociation encadrée. Ces impressions se seraient ajoutées au «souffle positif» laissé par la visite au Liban du pape Léon XIV, qui a encouragé les différentes composantes libanaises à préserver la paix civile et à défendre la souveraineté du pays par les voies institutionnelles.
Nahar, 10 décembre 2025, rappelle toutefois que des informations diplomatiques concordantes mettent en garde contre tout excès d’optimisme. Ces sources insistent sur le fait que le risque d’escalade militaire «n’a pas disparu» et que les efforts en cours s’attachent essentiellement à empêcher un engrenage incontrôlé, plutôt qu’à installer une paix définitive. La chronique souligne que cette distinction est importante pour comprendre le rôle de la nomination de Simon Karam, présentée comme un geste destiné à rassurer les partenaires étrangers sur la capacité de l’État libanais à parler d’une seule voix, sans pour autant signifier que tous les dossiers litigieux sont réglés.
Al Joumhouriyat, 10 décembre 2025, apporte un éclairage complémentaire en décrivant la nomination du diplomate comme une tentative d’«organisation des canaux officiels» et de création d’un «interlocuteur unifié» pour les discussions autour du mécanisme. Le quotidien estime que ce choix vise à réduire les risques de tiraillements internes au moment où les négociations se déroulent sous une forte pression extérieure. Il insiste cependant sur le fait que ce geste survient alors que les opérations militaires israéliennes se poursuivent, ce qui limite la portée immédiate des signaux politiques envoyés par Beyrouth.
Pressions israéliennes et risques d’extension du conflit
Al Joumhouriyat, 10 décembre 2025, décrit en détail la manière dont les autorités israéliennes ont maintenu, voire intensifié, leurs opérations militaires au Sud-Liban au moment même où la première réunion élargie du mécanisme se tenait à Naqoura. Le journal souligne que ce calendrier n’a rien de fortuit et y voit un message clair: Tel-Aviv cherche à «consolider des règles d’engagement nouvelles» avant toute négociation substantielle, en utilisant le terrain comme levier de pression. Selon les sources citées par le quotidien, les frappes et incursions limitées sont perçues comme un moyen de tester les lignes rouges de l’armée libanaise et des forces internationales.
Dans le même article, Al Joumhouriyat, 10 décembre 2025, rapporte que les messages américains récents adressés à Beyrouth et à Tel-Aviv mettent en garde contre une extension de la guerre, tout en restant en deçà du niveau de pression nécessaire pour vraiment freiner le rythme de l’escalade. Certains interlocuteurs interrogés par le journal, notamment au Caire, estiment qu’une explosion du front sud compliquerait lourdement les efforts en cours pour stabiliser la situation à Gaza et pour préserver les équilibres régionaux fragiles. De ce point de vue, le Liban apparaît à la fois comme un maillon vulnérable et comme un terrain de test de la capacité des acteurs internationaux à contenir plusieurs crises simultanées.
Ad Diyar, 10 décembre 2025, insiste de son côté sur le contraste entre le langage diplomatique et la réalité des faits sur le terrain. Le quotidien rappelle que, malgré les déclarations en faveur du calme et de la stabilisation, la population du Sud continue de faire face à des destructions d’infrastructures, à des restrictions de mouvement et à une insécurité chronique. Le journal estime que cette situation alimente un scepticisme croissant quant à l’efficacité du mécanisme, perçu par certains habitants comme un cadre lointain, plus discuté dans les salons diplomatiques que ressenti dans la vie quotidienne.
Une diplomatie sous contrainte entre Naqoura, Paris et les capitales arabes
Al Joumhouriyat, 10 décembre 2025, souligne que le retour de l’initiative française s’inscrit dans un mouvement plus large de coordination avec les capitales arabes. Le quotidien indique que le «mouvement» parisien est articulé avec une «troïka» saoudo-qatarie-égyptienne, très présente sur la scène libanaise ces dernières semaines, avec pour objectif explicite d’éviter que la situation au Liban n’atteigne un «point d’explosion inévitable». Selon les mêmes sources, les rencontres multipliées à Beyrouth visent à pousser les différents acteurs à profiter de la fenêtre offerte par le cessez-le-feu pour avancer sur les dossiers pendants, y compris la démarcation de certaines portions de la frontière terrestre.
Ad Diyar, 10 décembre 2025, rappelle que le Liban a choisi de «s’accrocher à la diplomatie comme seul choix réaliste», malgré la conscience des limites de son influence sur le terrain militaire. Le journal souligne que cette option passe par une articulation complexe entre le travail du mécanisme de Naqoura, les discussions quadripartites prévues à Paris et les contacts avec les partenaires régionaux. Il met en avant le pari libanais consistant à inscrire le dossier du Sud dans une dynamique internationale plus large, en espérant que le souci partagé de stabilité l’emportera sur les logiques de confrontation.
Dans le même temps, Al Joumhouriyat, 10 décembre 2025, note que cette diplomatie reste sous contrainte. La poursuite des attaques israéliennes pose des questions «sensibles» à la classe politique libanaise: comment maintenir un discours cohérent en faveur de la négociation alors que les civils continuent de tomber et que les localités frontalières subissent un épuisement continu? Comment, aussi, préparer l’opinion publique à d’éventuelles concessions techniques sur les frontières ou sur les modalités du déploiement des forces, dans un pays marqué par des décennies de conflit avec Israël?
Souveraineté, guerre évitée et inquiétudes persistantes
Nahar, 10 décembre 2025, rappelle que le Liban vit depuis des décennies au rythme de cycles de guerre et de cessez-le-feu jamais pleinement conclus. Le journal insiste sur le fait que la situation actuelle ne fait pas exception: si les efforts internationaux visent à «éviter une guerre non nécessaire», pour reprendre l’expression d’un de ses éditorialistes, ils ne suffisent pas à offrir une perspective de règlement durable. L’idée d’un retour à l’accord d’armistice de 1949 est évoquée comme horizon lointain, mais jugée difficilement réalisable à court terme, tant les blocages politiques et sécuritaires sont nombreux.
Dans ce paysage, la souveraineté est présentée comme le fil conducteur des débats. Pour Nahar, 10 décembre 2025, comme pour Ad Diyar et Al Joumhouriyat, la question centrale est de savoir si le Liban peut, à travers le mécanisme de Naqoura et les différentes médiations, affirmer un contrôle réel sur ses frontières tout en évitant d’être entraîné dans des arrangements qui le dépassent. Les journaux notent que cette interrogation traverse aussi bien les milieux proches de l’État que ceux qui soutiennent la «résistance», chacun mettant en avant sa propre définition de la souveraineté et de la sécurité nationale.
Dans leurs unes du 10 décembre 2025, Ad Diyar, Nahar et Al Joumhouriyat décrivent ainsi un pays placé à l’intersection de pressions militaires, diplomatiques et internes. Le mécanisme de cessez-le-feu apparaît à la fois comme un instrument indispensable pour gérer l’urgence et comme un révélateur des fragilités structurelles du Liban, pris entre les attentes de ses partenaires étrangers, les stratégies d’Israël et les divisions de sa classe politique.
Politique locale: recomposition du pouvoir et pressions internes
La journée du 10 décembre 2025 montre un paysage politique libanais dominé par l’articulation entre la gestion du front sud, la reconstruction interne et les effets prolongés de la crise financière. Les journaux rendent compte à la fois de la mise en scène du pouvoir exécutif, des batailles autour des banques, du rôle central de l’armée et des tensions de rue liées aux déplacés syriens.
Un exécutif en quête de soutien interne et régional
Selon Al Bina’, 10 décembre 2025, le président Joseph Aoun entame une visite officielle de deux jours en Oman, à l’invitation du sultan Haitham ben Tariq, à un moment où les efforts internationaux pour stabiliser le Sud-Liban s’intensifient. Le quotidien rapporte que le chef de l’État met en avant le « rôle sage et responsable » de Mascate sur les scènes régionale et internationale et souligne que le Liban reste « ouvert à tout soutien arabe sincère » pour faire face à des contraintes économiques et sécuritaires lourdes. Cette tournée est lue à Beyrouth comme une tentative de consolider des appuis arabes dans la perspective des discussions sur le mécanisme de cessez-le-feu et sur l’aide future à l’État.
Toujours d’après Al Bina’, 10 décembre 2025, la séquence omanaise s’inscrit dans un calendrier plus large qui inclut la préparation d’une réunion à Paris le 18 décembre, rassemblant Jean-Yves Le Drian, des responsables américains et saoudiens ainsi que le commandant de l’armée, le général Rodolphe Haikal, afin de préparer une conférence internationale de soutien à l’institution militaire. Des sources politiques citées par le journal estiment que cette réunion pourrait relancer une invitation officielle au général Haikal à Washington, ce qui replacerait la coopération militaire avec les États-Unis au centre des équilibres internes.
Parallèlement, Annahar, 10 décembre 2025, met en scène le chef du gouvernement Nawaf Salam à travers un événement très symbolique: sous son patronage, la société Solidere pose la première pierre de la « Hadiqat al-raïs al-shahid Rafiq Hariri » sur le front de mer de Beyrouth. Le quotidien décrit un projet de jardin de plus de 80 000 mètres carrés, prolongé par une promenade maritime de 44 000 mètres carrés, avec un important couvert végétal et des dispositifs de gestion durable de l’eau, présenté comme une nouvelle façade urbaine de la capitale et comme un espace « ouvert à tous les Libanais ».
Annahar, 10 décembre 2025, cite le président du conseil d’administration de Solidere, Nasser Chammaa, qui promet de « poursuivre les projets de développement renforçant le rôle économique et touristique du centre-ville ». Le journal souligne que cette initiative, portée par Nawaf Salam, vise à inscrire la reconstruction de Beyrouth dans une logique de mémoire et de réappropriation de l’espace public. Elle illustre aussi la manière dont la politique locale se joue dans la relation entre l’État, les investisseurs privés et une opinion publique méfiante après des années de crise et de contestation des grands projets urbains.
Crise financière, « fuite » ou « faille » financière et banques sous pression
En parallèle de ces déplacements et inaugurations, la bataille autour de la crise financière occupe une grande place dans la politique intérieure. Al Akhbar, 10 décembre 2025, consacre ses pages « Liban » à l’inquiétude des établissements bancaires face aux nouvelles démarches de la justice financière. Le quotidien rapporte que le procureur financier, le juge Maher Chaitou, a adressé aux banques une demande d’informations qui les oblige à fournir des relevés détaillés des comptes des présidents de conseils d’administration, des membres des conseils, des directeurs généraux, des responsables de succursales, ainsi que de leurs conjoints et de leurs enfants. Pour Al Akhbar, cette initiative marque « un tournant » dans le suivi pénal du dossier de la répartition des pertes du secteur financier et fait craindre aux banquiers des suites pénales directes.
Le même Al Akhbar, 10 décembre 2025, relie cette offensive judiciaire à la neuvième version du projet de loi baptisé « al-intizam al-mali wa istirdad al-wada’i », l’« organisation financière et la restitution des dépôts », toujours en discussion au Parlement. Ce texte doit hiérarchiser la prise en charge des pertes entre l’État, la Banque du Liban, les banques et les déposants. Le journal souligne que de nombreux acteurs accusent ce projet de légaliser l’effacement d’une partie importante des dépôts en devises et y voient une manière de consacrer, dans la loi, les pratiques de fait imposées depuis le début de la crise.
Annahar, 10 décembre 2025, aborde le même thème sous l’angle de ce qu’il appelle le « qanoun al-fajwa al-maliyya », la loi sur la « faille » ou « fuite » financière, désormais au cœur des discussions politiques. Le quotidien explique que ce texte est censé fixer la répartition des pertes accumulées depuis 2019 entre les différents acteurs, en précisant la part à la charge de l’État, de la Banque du Liban, des banques et des déposants. Il note que la question de la protection, ou non, de la classe moyenne reste centrale, dans un pays où l’effondrement de la monnaie, la dollarisation sauvage et la hausse des prix ont déjà laminé le pouvoir d’achat d’une grande partie de la population.
Selon Annahar, 10 décembre 2025, les milieux politiques suivent de près l’évolution de ce texte, qui mêle considérations techniques et calculs partisans. Une partie de l’opposition accuse le pouvoir de « gagner du temps » en faisant circuler successivement plusieurs versions du projet, afin de repousser le moment où les responsabilités seront formellement établies et où les pertes seront réparties de manière définitive. Le journal rappelle que l’absence d’une loi claire sur la distribution des pertes nourrit un sentiment d’injustice généralisé chez les déposants, qui n’ont toujours pas de perspective fiable de restitution, même partielle, de leurs avoirs.
Washington, l’armée et le dossier du Hezbollah dans la bataille politique
La place de l’armée dans l’architecture institutionnelle est un autre fil majeur de la politique locale. Ad Diyar, 10 décembre 2025, détaille les préparatifs de la réunion quadripartite de Paris prévue le 18 décembre, à laquelle doivent participer Jean-Yves Le Drian, des représentants américains et saoudiens et le général Rodolphe Haikal. Le journal explique que cette rencontre doit définir les contours d’une conférence internationale de soutien à l’armée au début de l’année suivante, dans un contexte où de nombreux partenaires conditionnent leur appui financier au maintien de la stabilité politique et à la gestion du dossier des armes hors du contrôle de l’État, en premier lieu celles du Hezbollah.
Al Liwa’, 10 décembre 2025, revient sur la dimension américaine de ce dossier en rappelant qu’une visite du commandant de l’armée à Washington a été annulée, décision interprétée comme un signe de lassitude de l’administration américaine face à la manière dont le pouvoir libanais traite la question de l’arsenal du Hezbollah. Le quotidien rappelle que des responsables américains comme Tom Barrack et Morgan Ortagus ont exprimé, à plusieurs reprises, leur mécontentement devant l’absence de mesures concrètes et note que cette tension a pesé sur la préparation de la conférence de soutien à l’armée.
Annahar, 10 décembre 2025, publie un entretien avec l’ancien ambassadeur Michel Chdid qui constate un « début d’amélioration » dans les relations entre Beyrouth et Washington, notamment depuis l’intégration de membres civils dans la délégation libanaise au mécanisme de suivi du cessez-le-feu au Sud. Il souligne toutefois que la décision finale sur le maintien ou non des aides militaires et sécuritaires reste entre les mains du Congrès. Le journal note que cette dépendance renforce le poids des dossiers sécuritaires dans le débat politique interne, chaque camp cherchant à se présenter comme un partenaire fiable pour les bailleurs sans rompre avec ses alliances locales.
Dans une perspective régionale, Al Quds, 10 décembre 2025, rapporte que Joseph Aoun, lors de sa rencontre avec Jean-Yves Le Drian à Beyrouth, rejette les accusations selon lesquelles l’armée ne remplirait pas pleinement son rôle au sud du Litani. Le quotidien cite le président libanais affirmant que le pays « soutient tout audit » mené par la commission de surveillance du cessez-le-feu afin de démontrer que les mesures prévues sont appliquées. Cette prise de position est présentée comme une réponse aux critiques étrangères et locales sur la capacité de l’État à exercer sa souveraineté au Sud, au moment où le mécanisme de cessez-le-feu devient un marqueur de crédibilité interne et externe.
Tensions de rue, déplacés syriens et crispations identitaires
Au-delà des négociations et des visites officielles, la politique locale se lit aussi dans les mouvements de rue. Al Joumhouria, 10 décembre 2025, décrit des manifestations survenues dans plusieurs régions, marquées par des feux d’artifice, des slogans de défi et des rassemblements dans des quartiers sensibles de Beyrouth, de la banlieue sud, de Tripoli et de Haret Saïda. Le quotidien souligne que ces mouvements auraient pu se transformer en affrontements confessionnels si l’armée n’était pas intervenue rapidement pour disperser les groupes et appeler au calme.
Dans ce même texte, Al Joumhouria, 10 décembre 2025, pose une série de questions restées sans réponse: ces manifestations étaient-elles spontanées ou organisées, et qui pourrait tirer profit de ce type de mobilisation? Le journal évoque la possibilité d’un « test » destiné à mesurer les réactions d’une partie de la population à l’éventuelle instrumentalisation de la « carte syrienne », alors que le débat sur le retour des déplacés syriens est relancé et que Damas met en avant l’existence de « zones sûres » sous l’autorité du président Ahmed Charaa. Le quotidien relie aussi ces rassemblements aux crispations autour des déplacés syriens, alors que le débat sur leur retour s’intensifie.
Citation et discours des personnalités politiques: lignes rouges, signaux et mises en garde
La réconciliation comme horizon politique selon Ahmed Charaa
Dans sa rubrique «Radar», Annahar, 10 décembre 2025, met en avant une phrase du président syrien Ahmed Charaa qui résume sa vision de la sortie de crise: «la réconciliation est le fondement de la stabilité de l’État, la garantie de non-répétition des violations et la pierre angulaire de la confiance entre le citoyen et l’État». En citant cette formule, le quotidien souligne que Damas cherche à inscrire l’après-guerre dans un discours de dépassement des fractures, au moment où le régime promeut le retour des déplacés et la normalisation avec certains voisins arabes.
Annahar, 10 décembre 2025, rappelle que ce propos est tenu alors que le pouvoir syrien tente de convaincre ses interlocuteurs internationaux que la phase des grandes violences est close et que l’État peut garantir la non-répétition des abus. Le choix des mots – «stabilité», «confiance», «non-répétition» – renvoie à un vocabulaire emprunté aux débats sur la justice transitionnelle, sans qu’un véritable processus de ce type soit engagé. Cette citation sert ainsi de vitrine à une ambition de réconciliation, tout en laissant ouvertes les questions concrètes liées aux détentions, aux disparitions ou au partage du pouvoir.
En reprenant cette phrase en une de sa page «vie publique», Annahar, 10 décembre 2025, la met en regard de la question des déplacés syriens au Liban et des débats sur leur retour «dans des zones sûres» évoquées par le régime. Le quotidien laisse entendre que le registre de la réconciliation sert aussi à rassurer les pays d’accueil et à plaider pour une levée progressive des obstacles politiques ou économiques au retour, sans pour autant répondre à toutes les inquiétudes des réfugiés eux-mêmes.
Joseph Aoun: l’armée comme «garante» et l’ouverture aux appuis arabes
Ad Diyar, 10 décembre 2025, rapporte plusieurs déclarations du président libanais Joseph Aoun à l’occasion de sa visite officielle à Oman. Dans un passage cité par le journal, Joseph Aoun affirme que sa visite «ouvrira la voie à un renforcement de la coopération bilatérale sur les plans économique, commercial, culturel et éducatif». Il insiste sur «la profondeur des relations» entre le Liban et la sultanat et sur la nécessité de consolider les partenariats arabes au moment où le pays cherche à stabiliser son front sud et à relancer son économie.
Ad Diyar, 10 décembre 2025, souligne aussi que Joseph Aoun, depuis Mascate, tient à répéter que le Liban est «ouvert à tout soutien arabe sincère», en liant explicitement le redressement interne au renforcement de ce qu’il appelle les «partenariats» économiques et à la stabilisation sécuritaire. Dans le même article, le président affirme que l’armée libanaise «demeurera la première garante de l’unité du pays et du refus de la dérive vers le chaos», message adressé à la fois aux partenaires étrangers et à une opinion publique inquiète des risques d’escalade au Sud.
Al Bina’, 10 décembre 2025, reprend cette ligne en citant Joseph Aoun qui met en avant l’«ouverture» du Liban vers «de nouveaux horizons de coopération» avec Oman, tout en saluant la «profondeur des relations bilatérales». Le quotidien insiste sur la dimension politique de ces propos: en présentant l’armée comme pilier de la stabilité et en soulignant la centralité du soutien arabe, le chef de l’État cherche à consolider l’image d’un Liban encore maître de ses choix, malgré la pression conjuguée de la crise financière et des tensions frontalières.
Al Sharq Al Awsat, 10 décembre 2025, relaie quant à lui le message que Joseph Aoun adresse au sujet de la mission de l’armée au Sud: le président «rejette les accusations affirmant que l’armée ne remplit pas pleinement son rôle au sud du Litani» et estime que ces allégations «n’ont aucun fondement». Selon le quotidien, Joseph Aoun souligne que ce sont les forces israéliennes qui «empêchent l’armée et la FINUL, ainsi que le comité du mécanisme, d’accéder à certaines zones pour vérifier l’absence de combattants armés», tout en rappelant la «coordination complète» existant entre l’armée et les forces onusiennes.
Dans un reportage sur la tournée de Jean-Yves Le Drian, Al Quds, 10 décembre 2025, reprend la même idée en citant Joseph Aoun qui «refuse les accusations prétendant que l’armée libanaise n’assure pas son rôle au sud du Litani» et affirme que le Liban «soutient tout audit» réalisé par la commission de surveillance du cessez-le-feu pour vérifier l’application des mesures convenues. Le quotidien note que ces déclarations interviennent dans le cadre d’une réunion consacrée à éviter tout «glissement militaire» et à préparer un futur accord de désarmement partiel au Sud.
Nawaf Salam: réaménagement de Beyrouth et organisation du «bien commun»
Dans sa couverture de la pose de la première pierre de la «Hadiqat al-raïs al-shahid Rafiq Hariri», Annahar, 10 décembre 2025, rapporte les propos du chef du gouvernement Nawaf Salam prononcés lors de la cérémonie. Le texte du discours est repris plus en détail par Ad Diyar, 10 décembre 2025, où Nawaf Salam déclare: «nous travaillons aujourd’hui ensemble, gouvernement, municipalité, société Solidere et conseil des administrateurs, à réorganiser l’espace public de la ville». Il ajoute que cette première étape sera suivie d’autres «sur les places, les rues et les trottoirs» afin de préserver «l’âme, le rythme et la beauté» de Beyrouth.
Ad Diyar, 10 décembre 2025, souligne que dans ce passage, Nawaf Salam formule une vision de la reconstruction qui met l’accent sur la «réorganisation de l’espace public» plutôt que sur un simple réaménagement immobilier. Le discours insiste sur la coopération entre les différentes institutions et sur la nécessité de retisser le lien entre les habitants et leur ville, après l’explosion du port, la crise économique et les années de friche urbaine au centre-ville.
Annahar, 10 décembre 2025, rapproche ces propos du chef du gouvernement des déclarations du président de Solidere, Nasser Chammaa, qui affirme la «volonté de poursuivre les projets de développement renforçant le rôle économique et touristique du centre de Beyrouth» et soutenant «la vision du président martyr de faire de la capitale un point de rencontre entre tous les Libanais». La mise en avant de ces deux voix souligne que, pour une partie de la classe dirigeante, la réhabilitation du front de mer et du centre-ville reste un instrument de réaffirmation symbolique de l’État et de ses priorités.
Nabih Berri et Jean-Yves Le Drian: cessez-le-feu, mécanisme et signaux politiques
Al Bina’, 10 décembre 2025, consacre une large place à la rencontre entre Nabih Berri et Jean-Yves Le Drian à Aïn el-Tiné. Le journal rapporte que, selon des informations recueillies auprès de participants, «le président Nabih Berri a insisté sur la nécessité de mettre fin aux agressions israéliennes» et a expliqué à la délégation française que l’occupation «empêche l’armée de remplir sa mission au sud du Litani». Al Bina’ note également que Berri a souligné que le Liban «a appliqué tout ce qui était exigé de lui dans le cadre de l’accord du 27 novembre», au moment où Israël n’aurait «rien appliqué» et chercherait à «faire tomber l’accord et imposer de nouvelles règles et équations».
Le même article d’Al Bina’, 10 décembre 2025, indique que, selon des sources médiatiques, Nabih Berri a réaffirmé devant Le Drian que la nomination de l’ambassadeur Simon Karam à la tête de la délégation libanaise au mécanisme bénéficiait du soutien des institutions, en rappelant que la priorité restait la «cessation des agressions» et le «retour des habitants du Sud dans leurs villages».
Al Quds, 10 décembre 2025, insiste pour sa part sur l’idée que la visite de Le Drian intervient «dans le cadre du soutien français à la nomination de l’ambassadeur Simon Karam à la commission du mécanisme», en citant des sources qui affirment que le responsable français «met l’accent sur la nécessité d’organiser les élections législatives dans les délais et de ne pas envoyer de signaux négatifs pendant le nouveau mandat». Le quotidien souligne que cette insistance sur le calendrier électoral est l’un des messages politiques centraux de la tournée.
Ad Diyar, 10 décembre 2025, rapporte enfin un détail symbolique: à sa sortie d’un entretien avec Samir Geagea à Maarab, alors qu’on lui demande s’il fera une déclaration, Jean-Yves Le Drian se contente de répondre en français «Quand je parle, je parle», répétée sous la forme «Quand je parle je parle». Cette formule laconique est mise en avant par le quotidien comme un signe de prudence extrême: le médiateur français laisse entendre qu’il ne livrera sa lecture qu’au moment jugé opportun, après avoir mesuré les équilibres locaux.
Le même article souligne que l’ambassadeur de France à Beyrouth, Hervé Magro, qualifie la visite de Le Drian chez Nabih Berri de «très bonne», selon ses propos tenus à la presse à la sortie de la rencontre. Cette appréciation, reprise telle quelle, sert à conforter l’idée d’une relation de travail fluide entre Paris et le président du Parlement, au moment où la France tente d’orchestrer une aide internationale à l’armée et une sortie progressive de la crise frontalière.
Samir Geagea: le discours de Maarab et la confrontation avec le Hezbollah
Al Bina’, 10 décembre 2025, publie un long commentaire signé Imad Khashman sur le discours prononcé par le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, lors d’un congrès du parti à Maarab le 7 décembre. Le journal explique que, dans ce discours «long», Geagea adresse des «messages internes directs» au président Joseph Aoun et au chef du gouvernement Nawaf Salam, en replaçant la crise libanaise «dans une narration qui lie la totalité de la crise politique, économique et financière» à la seule existence du «dispositif militaire et sécuritaire du Hezbollah».
Selon Al Bina’, 10 décembre 2025, Geagea appelle à un «démantèlement» de ce qu’il décrit comme le «tanzim askari wa amni li-Hezbollah» comme «préalable obligatoire» à toute solution. Le journal note que le chef des Forces libanaises se présente dans son discours comme le «représentant de l’héritage chrétien résistant» et le porteur de la «bannière du véritable État», accusant les forces alliées au Hezbollah d’être la «cause centrale de la paralysie et de l’effondrement».
Al Bina’, 10 décembre 2025, relève que Geagea adresse une «lettre ouverte» aux présidents Aoun et Salam, où il les accuse directement de «manquer de fermeté» face au Hezbollah et de «se soumettre à ce qu’il appelle la minorité». Dans cette lettre, rapporte le quotidien, il formule une question rhétorique: «par quelle logique la majorité au Liban se soumet-elle aux comportements de la minorité, et la légitimité aux agissements de l’illégitime?», phrase que le journal présente comme l’un des pivots de son argumentaire.
Le même article souligne le caractère «mobilisateur» du discours, «adressé à la base chrétienne et aux alliés occidentaux», mais estime qu’il reste «éloigné de la réalité libanaise complexe». Al Bina’ reproche à Geagea de réduire «toutes les causes structurelles de la crise» à un seul facteur, en «ignorant l’échec du modèle économique rentier, les politiques des banques et les responsabilités des gouvernements successifs». Le commentaire insiste sur le paradoxe d’un discours qui invoque la «légitimité» tout en contestant les équilibres sur lesquels repose le système libanais.
Voix palestiniennes et internationales: conditions de la trêve et calendrier de Trump
Dans sa couverture des suites de l’accord de cessez-le-feu à Gaza, Al Quds, 10 décembre 2025, cite longuement les déclarations de Hossam Badran, membre du bureau politique du Hamas. Le quotidien rapporte que, dans un communiqué, Badran affirme qu’«il n’y aura pas de passage à la deuxième phase avant que l’occupation n’exécute pleinement ses engagements de la première phase». Il dénonce les déclarations du chef d’état-major israélien parlant d’une «nouvelle frontière» tracée par un «trait jaune» comme une tentative d’imposer «des réalités politiques et de terrain contraires à l’accord conclu».
Al 3arabi Al Jadid, 10 décembre 2025, reprend la même position en citant Hossam Badran, qui déclare à l’Agence France-Presse que «toute discussion sur le lancement de la deuxième phase de l’accord de Gaza doit être précédée clairement de pressions des médiateurs et garants, y compris les États-Unis, pour garantir l’application complète par l’occupation de tous les articles de la première phase». Les propos insistent sur l’idée que la séquence actuelle reste placée sous le signe des «violations quotidiennes» par l’armée israélienne, ce qui rend toute transition prématurée politiquement coûteuse pour le mouvement.
Dans le même article, Al Quds, 10 décembre 2025, cite également le porte-parole militaire du Jihad islamique, Abu Hamza, qui annonce que son organisation a «fermé le dossier des prisonniers de l’occupation qu’elle détenait» après la remise de la dernière dépouille le 2 décembre, «confirmant l’engagement des factions de la résistance à l’ensemble des clauses de la première phase de l’accord de cessez-le-feu».
À propos de l’implication américaine, Al Quds, 10 décembre 2025, rapporte qu’un responsable du département d’État, cité par le site Walla, indique que la Maison-Blanche «annoncera des décisions importantes dans les semaines à venir» et que l’administration Trump est «déterminée à parvenir à un modèle de gouvernement intérimaire à Gaza, fondé sur un comité palestinien technocratique placé sous la supervision d’une nouvelle instance internationale présidée par Trump, appelée Conseil de la paix».
Dans un autre registre, Al Bina’, 10 décembre 2025, cite une déclaration du président américain selon laquelle «l’Europe est en train de s’effondrer à la faveur de l’augmentation des dépenses militaires de l’OTAN et du financement des livraisons d’armes à l’Ukraine». Pour le quotidien, cette phrase résume une partie du discours de Donald Trump, qui présente son projet de Conseil de la paix pour Gaza et sa pression sur les alliés européens comme une tentative de redéfinir les priorités stratégiques des États-Unis dans un contexte de fatigue militaire et budgétaire.
Diplomatie: réseaux arabes, iraniens et occidentaux autour du dossier libanais
La visite de Jean-Yves Le Drian et le pari d’un front coordonné
Selon Ad Diyar, 10 décembre 2025, l’arrivée de Jean-Yves Le Drian à Beyrouth intervient dans une « phase politique et sécuritaire délicate », marquée par la montée des menaces israéliennes au Sud et par la préparation de la seconde réunion du mécanisme de cessez-le-feu à Naqoura. Le quotidien explique que l’émissaire français porte un « nouveau projet » qui vise à consolider ce mécanisme tout en préparant une réunion à Paris le 18 décembre, présentée comme un jalon vers une conférence internationale de soutien à l’armée libanaise. Le journal précise que cette rencontre doit rassembler Le Drian, la représentante américaine Morgan Ortagus, le ministre saoudien des affaires étrangères Fayçal ben Farhan et le commandant de l’armée, le général Rodolphe Haikal, autour de l’évaluation du déploiement de l’armée au sud du Litani et des conditions d’un renforcement de l’aide internationale.
Ad Diyar indique qu’« aucune date n’est encore arrêtée » pour la conférence de soutien à l’armée et que son calendrier reste suspendu aux réserves américaines et saoudiennes, interprétées comme un moyen de pression pour obtenir des engagements plus nets sur la question des armes du Hezbollah et sur l’application, sur le terrain, des décisions prises à Naqoura. Al Sharq Al Awsat, 10 décembre 2025, place cette tournée dans une stratégie américaine régionale centrée sur la trêve à Gaza, en soulignant la volonté de l’administration Trump de coordonner les dossiers libanais et gazaoui sous un même cadre de médiation et de conditionnalité.
La séquence omanaise de Joseph Aoun et la réouverture d’une fenêtre arabe
Sur le plan bilatéral, la visite du président Joseph Aoun à Mascate occupe une place centrale dans la couverture de la diplomatie libanaise. Ad Diyar, 10 décembre 2025, décrit ce déplacement en Oman comme une « station diplomatique remarquable » qui « rouvre une fenêtre arabe » pour le Liban, après des années de crispations avec plusieurs capitales du Golfe. Le journal insiste sur le symbole d’un accueil officiel solennel et sur la volonté affichée de « construire des ponts de confiance » avec les pays du Conseil de coopération du Golfe, à condition qu’existent, côté libanais, une volonté politique et une vision claire.
Al Joumhouriyat, 10 décembre 2025, explique que Joseph Aoun et le sultan Haitham ben Tariq ont abordé, au cours d’une longue entrevue, la situation au Sud-Liban, les réformes économiques et administratives en cours et la relance de la commission mixte omano-libanaise au niveau des ministres des affaires étrangères. Le journal cite l’agence de presse omanaise, qui évoque la volonté des deux pays d’« ouvrir de nouvelles perspectives de coopération et de partenariat » dans les domaines commercial, industriel, agricole et touristique, tout en soutenant « les trajectoires de la sécurité et de la stabilité dans la région ». Al Quds, 10 décembre 2025, publie un extrait du discours de Joseph Aoun à Mascate, où il salue « le rôle sage et responsable » de la sultanat et présente le Liban comme « un pont pour le dialogue et un partenaire actif » dans une région appelée, selon lui, à la sécurité, à la stabilité et à la prospérité.
Al Joumhouriyat ajoute qu’une dépêche de l’agence syrienne Sana annonce, le même jour, la réception par le président Ahmed Charaa d’un message de Joseph Aoun alors que ce dernier survolait l’espace aérien syrien en route vers Oman. Ce télégramme, qui coïncide avec la célébration de la « première année de la libération du pays de l’ancien régime », exprime le souhait de voir la Syrie « poursuivre sa marche vers la paix, la sécurité et la stabilité ». Le quotidien y voit un signal de normalisation progressive entre Beyrouth et Damas, dans un contexte où la question du retour des déplacés syriens reste au cœur des débats internes libanais.
Riyad, Téhéran et Pékin: la consolidation de l’axe de Pékin et ses effets sur Beyrouth
Sur le plan régional, plusieurs journaux mettent en avant la réunion de la commission commune saoudo-irano-chinoise à Téhéran. Ad Diyar, 10 décembre 2025, rapporte la tenue du « troisième meeting du comité tripartite saoudien, iranien et chinois » chargé du suivi de l’accord de Pékin, sous la présidence du vice-ministre iranien des affaires étrangères Majid Ravanji et en présence des délégations de Riyad et de Pékin. Le quotidien souligne que ce cadre vise à traduire dans des mesures concrètes la réconciliation annoncée entre l’Arabie saoudite et l’Iran et à étendre leur coopération à des domaines politiques, sécuritaires, économiques, culturels et médiatiques.
Dans le communiqué commun cité par Ad Diyar, les trois pays réaffirment « leur engagement à mettre en œuvre l’accord de Pékin dans toutes ses clauses » et insistent sur le respect « de la souveraineté, de l’unité territoriale et de l’indépendance des États ». Le texte met en avant le rôle « positif et continu » de la Chine comme garante de l’accord et souligne la place accordée aux contacts directs entre Riyad et Téhéran, à travers des réunions, des visites et des échanges de délégations. Le journal relève aussi la mention de dizaines de milliers de pèlerins iraniens ayant pu accomplir le pèlerinage à La Mecque et la omra en 2025, comme illustration d’un dégel tangible.
Al Sharq Al Awsat, 10 décembre 2025, souligne que Riyad, Téhéran et Pékin expriment leur « aspiration à élargir le champ de la coopération » entre eux, y compris dans les domaines économiques et politiques. Le quotidien basé à Londres insiste sur le fait que ces contacts se déroulent dans un climat régional toujours marqué par les crises au Liban, en Syrie et à Gaza, ce qui donne à l’accord de Pékin une dimension stratégique. Pour le Liban, Ad Diyar estime que ce rapprochement saoudo-iranien réduit le risque de voir son territoire devenir le théâtre d’un affrontement direct entre les deux puissances, tout en rappelant que les exigences de Riyad à l’égard de la classe politique libanaise demeurent fortes, en particulier sur la question du monopole de l’État sur les armes. Ce point est souligné par plusieurs responsables libanais interrogés directement.
Le retour de la Syrie dans le jeu arabe et les nouvelles lignes de contact
La question syrienne apparaît également au cœur des dynamiques diplomatiques décrites par la presse. Al Sharq Al Awsat, 10 décembre 2025, rapporte qu’Ahmed Charaa a eu un entretien téléphonique avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman, au cours duquel les deux dirigeants ont examiné les relations bilatérales entre Riyad et Damas et les efforts visant à consolider la sécurité, la stabilité et la reprise économique en Syrie. Le quotidien explique que cet appel s’inscrit dans une série de contacts destinés à accompagner le retour progressif de la Syrie dans les forums arabes.
Al Liwa’, 10 décembre 2025, reprend la dépêche de l’agence saoudienne selon laquelle l’entretien a porté sur les moyens de renforcer la coopération dans plusieurs domaines et sur les efforts déployés pour enraciner la sécurité et la stabilité et assurer le redressement économique de la Syrie. Le journal souligne que cette séquence illustre la poursuite de la normalisation entre Riyad et Damas et qu’elle donne à Ahmed Charaa l’occasion d’affirmer sa légitimité régionale à la veille de discussions plus larges sur la reconstruction. Dans ce contexte, Annahar, 10 décembre 2025, rappelle dans sa rubrique « Radar » une phrase du président syrien selon laquelle « la réconciliation est le fondement de la stabilité de l’État et la garantie de la non-répétition des violations », en la mettant en regard des débats sur le retour des déplacés syriens dans des « zones sûres » et des interrogations sur les mécanismes concrets de protection.
Un Liban pris dans des diplomaties croisées
Au terme de cette journée du 10 décembre 2025, les journaux libanais et arabes décrivent un Liban immergé dans des diplomaties croisées. Ad Diyar voit dans la simultanéité de la tournée de Jean-Yves Le Drian, de la visite de Joseph Aoun à Mascate et de la réunion tripartite à Téhéran l’illustration d’une scène régionale en recomposition rapide. Le quotidien souligne que Beyrouth tente de se frayer un chemin entre les attentes parfois contradictoires des États-Unis, de la France, de l’Arabie saoudite, de l’Iran, de la Chine et de la Syrie, tout en cherchant à préserver une marge d’autonomie dans la gestion de ses dossiers internes.
Al Joumhouriyat, 10 décembre 2025, insiste sur le fait que cette densité de contacts ouvre des opportunités mais crée aussi de nouvelles vulnérabilités. Le journal note que la dépendance de l’armée libanaise à l’aide extérieure, la centralité des médiations étrangères dans le dossier du Sud et la place prise par les accords régionaux obligent la classe politique à délivrer des signaux constants de fiabilité, alors que les marges de manœuvre internes restent limitées par la crise économique et les divisions partisanes. Al Sharq Al Awsat observe enfin que le Liban reste un terrain où se croisent les stratégies des grandes puissances et des acteurs régionaux, sans disposer encore des outils nécessaires pour transformer cette attention en véritable sortie de crise.
Politique internationale: Gaza sous trêve fragile, Ukraine sous pression et tensions globales
Gaza: une trêve suspendue à la «deuxième phase» du plan Trump
Selon Al Quds, 10 décembre 2025, la situation à Gaza reste dominée par une trêve fragile, régulièrement entamée par des frappes israéliennes qui violent l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre 2025. Le journal décrit des bombardements sur les quartiers de Chajaya, Tuffah, Zeitoun et sur les abords du camp de Bureij, ainsi que des opérations de destruction d’immeubles à Khan Younès, qui rappellent les méthodes utilisées avant l’entrée en vigueur de la trêve.
Al Quds, 10 décembre 2025, chiffre le bilan à 377 morts et 987 blessés depuis le début du cessez-le-feu, auxquels s’ajoutent 626 corps exhumés de fosses improvisées, souvent dans l’enceinte des hôpitaux comme celui d’Al-Chifa. Ce bilan vient se superposer à celui de la guerre déclenchée le 7 octobre 2023, qui a fait plus de 70 000 morts et plus de 170 000 blessés, selon les chiffres du ministère de la Santé de Gaza cités par le même quotidien.
Dans ce contexte, le débat se focalise sur le passage à la «deuxième phase» du plan de cessez-le-feu porté par l’administration Trump. Al Quds indique que, d’après des médias israéliens, Washington souhaite annoncer cette nouvelle étape entre le 15 décembre et Noël, avec un calendrier qui dépendrait aussi d’une rencontre prévue entre Donald Trump et Benyamin Netanyahu.
Conditions posées par le Hamas et le Jihad islamique
Les factions palestiniennes lient clairement ce passage à l’application stricte de la première phase. Al Quds rapporte les propos d’Abu Hamza, porte-parole militaire du Jihad islamique, qui annonce avoir «fermé le dossier des prisonniers de l’occupation» après la remise de la dernière dépouille le 2 décembre dans le nord de Gaza, en soulignant que les factions respectent «toutes les clauses» de la première phase de l’accord.
Le même journal souligne que le mouvement Hamas a officiellement déclaré qu’«il n’y aura pas de passage à la deuxième phase» tant que l’occupation n’aura pas rempli l’ensemble de ses obligations, notamment la réduction des incursions militaires, l’arrêt des frappes et la facilitation de l’arrivée de l’aide humanitaire.
Al 3arabi Al Jadid, 10 décembre 2025, relaie la déclaration de Hossam Badran, membre du bureau politique du Hamas, qui affirme que tout début de négociation sur la deuxième phase doit être précédé de «pressions claires des médiateurs et garants, y compris les États-Unis», afin de forcer Israël à appliquer chaque article de la première étape. Le quotidien insiste sur le décalage entre ce discours et les calculs israéliens exposés par des responsables à Tel-Aviv, qui conditionnent l’avancée du processus à la récupération de ce qu’ils présentent comme la dernière dépouille d’un prisonnier israélien disparu à Gaza.
Trump, Netanyahu et la future force internationale
La dimension internationale est centrale dans les analyses publiées par Al Quds. Le quotidien cite la presse israélienne, notamment Haaretz et Yisrael Hayom, qui décrivent un plan dans lequel Donald Trump pousserait à l’établissement d’une force internationale de stabilisation déployée à l’intérieur de la bande de Gaza jusqu’en 2027, conformément à une résolution récente du Conseil de sécurité.
Selon ces sources citées par Al Quds, l’idée serait de contraindre le gouvernement israélien à retirer ses troupes vers un «périmètre de sécurité» limité, proche de la frontière, tandis qu’une «gouvernance technocratique» serait mise en place à Gaza. Cette équipe inclurait, d’après le journal, des personnalités liées à Hamas, à l’Autorité palestinienne et au Fatah, ce qui constituerait une configuration inédite.
En parallèle, Al Quds rapporte des propos attribués à un responsable du département d’État américain, relayés par le site israélien Walla, selon lesquels la Maison-Blanche s’apprête à annoncer des décisions importantes sur Gaza et envisage la création d’un «Conseil de la paix» présidé par Donald Trump pour encadrer la transition politique dans l’enclave.
Gaza face à la tempête «Byron» et au défi de la reconstruction
Au-delà du volet politique et sécuritaire, la presse insiste sur l’urgence humanitaire. Dans un reportage depuis Gaza, Al Quds décrit l’arrivée annoncée d’un profond front dépressionnaire baptisé «Byron», qui menace de submerger les camps de déplacés installés dans des zones côtières, notamment à Deir al-Balah. De nombreuses familles vivent encore sous des tentes plantées à proximité de la mer, sur des sols instables et saturés par les pluies précédentes.
Le même journal rapporte le témoignage du directeur de l’hôpital Al-Chifa, qui déplore la situation des corps enterrés à la hâte dans la cour de l’établissement lors des opérations israéliennes. Il explique que les dépouilles qui ne pourront pas être exhumées d’ici une certaine date risquent d’être enregistrées comme «non identifiées», ce qui empêcherait leurs proches de leur offrir des funérailles conformes à leurs souhaits.
Al Quds reprend aussi un long article du Wall Street Journal décrivant Gaza comme assise sur «68 millions de tonnes de gravats», en soulignant que la destruction massive des bâtiments pose un défi colossal pour toute tentative de reconstruction. Le journal explique que le déblaiement seul prendra des années et coûtera des milliards de dollars, avant même d’envisager de rebâtir les infrastructures détruites.
Ukraine: la bataille de la mer Noire et la pression sur l’Europe
La guerre en Ukraine reste l’autre grand dossier de politique internationale dans les éditions du 10 décembre 2025. Al 3arabi Al Jadid publie un reportage de Samer Elias depuis Copenhague sur «le rêve russe de couper l’Ukraine de la mer». Le texte revient sur les déclarations de Vladimir Poutine qui, le 2 décembre, a évoqué l’idée d’empêcher l’Ukraine d’accéder à la mer Noire en réponse aux attaques ukrainiennes contre les navires du «flotte fantôme» russe.
Selon Al 3arabi Al Jadid, le président russe a menacé d’intensifier les frappes contre les infrastructures portuaires ukrainiennes et contre les navires de pays qui aident Kiev, dans une logique de «punition économique et stratégique». Le journal rappelle que la ville d’Odessa est au cœur de cette confrontation, puisqu’elle représente l’un des derniers grands accès ukrainiens à la mer Noire et joue un rôle majeur dans les exportations de céréales.
Al Joumhouriyat, 10 décembre 2025, propose une analyse signée par Khaled Al-Az sur «la guerre en Ukraine et ses dernières évolutions». Le texte évoque la nouvelle offensive russe entamée au printemps, destinée à mettre la pression sur Kharkiv, à sécuriser des zones comme Kirovsk et Koupiansk et à consolider le contrôle sur les régions de Donetsk et Louhansk. Le journal insiste sur le fait que Moscou profite selon lui des retards occidentaux dans la livraison d’armes pour avancer lentement, tout en maintenant une pression psychologique sur l’Europe par des menaces récurrentes, y compris de nature nucléaire.
Dans le même article, Al Joumhouriyat mentionne des scénarios évoqués à Bruxelles sur la possibilité, en cas d’effondrement des lignes ukrainiennes, d’un déploiement de forces européennes en soutien, hypothèse qui inquiète fortement la Russie et alimente une escalade verbale de part et d’autre.
Le plan Trump pour l’Ukraine et les réticences européennes
Al Sharq Al Awsat, 10 décembre 2025, s’intéresse pour sa part à la dimension diplomatique du conflit. Le quotidien évoque «les complications européennes» qui perturbent le plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre, plan qui repose sur un cessez-le-feu rapide et sur l’organisation d’élections présidentielles anticipées en Ukraine.
Dans une interview avec Politico, rapportée par Al Sharq Al Awsat, le président américain critique la «faiblesse de la direction européenne» et affirme que la Russie se trouve «dans une position plus forte, clairement», ce qui justifierait, selon lui, un compromis rapide pour éviter une prolongation indéfinie du conflit. Le journal note que ces propos suscitent une vive inquiétude dans plusieurs capitales européennes, où l’on craint que toute pression pour des élections précipitées en Ukraine ne profite aux candidats perçus comme plus accommodants envers Moscou.
Al 3arabi Al Jadid relie cette séquence au débat plus large sur la sécurité du flanc oriental de l’OTAN et sur la possibilité de voir l’Ukraine durablement privée d’un accès indépendant à la mer Noire. Le journal souligne que, pour Kiev, la défense de ses ports et de ses infrastructures énergétiques reste un enjeu vital, au-delà même de la question de la reconquête territoriale.
Crise au Soudan: sanctions américaines et mercenaires étrangers
Dans un autre registre, Al Quds consacre une brève mais dense à la guerre au Soudan. Le quotidien rapporte que les États-Unis ont imposé des sanctions à quatre personnes et quatre entités accusées d’alimenter le conflit, en particulier via le recrutement d’anciens militaires colombiens et l’enrôlement d’enfants soldats au profit des Forces de soutien rapide.
Selon Al Quds, le département du Trésor américain décrit cette structure comme un «réseau transfrontalier» qui fournit du personnel et des services logistiques, contribuant à prolonger la guerre et à aggraver la crise humanitaire soudanaise. Cette décision s’inscrit dans une série de mesures visant à cibler les sources de financement et de main-d’œuvre des groupes armés, sans pour autant changer immédiatement le rapport de forces sur le terrain.
Venezuela: la «planification 2026» face aux pressions américaines
Al Quds, 10 décembre 2025, revient aussi sur la situation au Venezuela. Le journal explique que le président Nicolás Maduro a annoncé une «Plan 2026» pour renforcer les capacités de défense du pays, en évoquant la mobilisation de 4,5 millions de personnes et la préparation à repousser toute éventuelle agression.
Dans le même article, Al Quds rappelle que cette annonce intervient après des opérations menées par l’armée américaine contre des embarcations dans les Caraïbes et le Pacifique, au motif qu’elles seraient liées au trafic de drogue. Le journal souligne que ces opérations, qui ont parfois abouti à la destruction directe de bateaux et à la mort de leurs occupants, ont suscité un débat au sein des instances internationales sur les «exécutions extrajudiciaires» et sur la légalité des actions américaines en haute mer.
Yémen: aspirations séparatistes au Sud et recomposition régionale
Enfin, Al Quds consacre une page à la situation au Yémen, en particulier au rôle du Conseil de transition du Sud. Le journal décrit un rassemblement à Aden où des partisans du Conseil agitent l’ancien drapeau de la République démocratique populaire du Yémen et réclament un «second indépendance» pour le Sud.
Le quotidien rapporte les propos d’Aïdarous Al-Zoubaidi, chef du Conseil, qui félicite le «peuple du Sud» pour l’«achèvement de la libération de la vallée de l’Hadramout et d’Al-Mahra», et promet que l’«État arabe du Sud à venir» travaillera à renforcer la sécurité, la stabilité et le «bon voisinage» dans la région. Ces déclarations interviennent alors que se poursuivent les négociations sous égide internationale pour mettre fin à la guerre au Yémen et redéfinir la structure de l’État.
Al Quds souligne que ces revendications séparatistes compliquent la perspective d’un règlement global, en introduisant une ligne de fracture supplémentaire entre le Nord, contrôlé en grande partie par les Houthis, et un Sud où coexistent plusieurs centres de pouvoir appuyés par des acteurs régionaux différents.
Économie: la bataille de la «fajwa maliyya» et le sort du secteur bancaire
Un projet de loi au cœur de la crise: comment combler la «fajwa maliyya»
Annahar, 10 décembre 2025, décrit une pression croissante sur le gouvernement pour qu’il adopte et transmette au Parlement le projet de loi sur la «fajwa maliyya», la loi sur la faille financière, avant la fin de l’année, conformément à ses engagements envers les bailleurs. Le quotidien souligne que la marge de manœuvre est très réduite, avec un délai de quelques semaines seulement avant les législatives de 2026. Le risque, relève Annahar, est que le texte reste une simple «maswada», une neuvième mouture technique sans traduction rapide en loi.
Dans ses pages «vie publique», Annahar, 10 décembre 2025, rappelle que l’enjeu central du projet est la répartition des pertes accumulées depuis 2019 entre l’État, la Banque du Liban, les banques commerciales et les déposants. Le journal cite des sources proches du dossier qui insistent sur un principe: les «moudi‘în char‘iyyîn», les déposants considérés comme légitimes, doivent être exclus de toute ponction directe, car ils sont les véritables victimes de la catastrophe financière. Les pertes doivent d’abord être supportées par l’État, par la Banque du Liban et par les actionnaires des banques, avant d’envisager la moindre contribution involontaire des épargnants.
Ces mêmes sources, citées par Annahar, 10 décembre 2025, détaillent les grands équilibres de la neuvième version du texte, connue sous l’acronyme FSDR. Elles expliquent que la Banque du Liban supporterait environ 60 % du volet de remboursement en cash et 80 % des obligations adossées à des actifs, tandis que les banques contribueraient à hauteur de 40 % du volet cash et de 20 % des titres. Les déposants jusqu’à 100 000 dollars seraient intégralement remboursés en plusieurs annuités, tandis que les montants supérieurs seraient en partie convertis en instruments financiers de long terme émis par la Banque du Liban, avec des maturités pouvant s’étaler sur dix, quinze ou vingt ans.
Al Akhbar et la «fajwa» chiffrée: qui paie quoi dans le scénario proposé?
Al Akhbar, 10 décembre 2025, propose une lecture plus critique de ces équilibres. Dans un article sur «bat al-fajwa al-maliyya», le quotidien rappelle que la «fajwa haqiqiyya» en devises tourne autour d’un montant qui implique une réduction d’environ 35 milliards de dollars des engagements de la Banque du Liban envers les banques, sur un stock proche de 80 milliards. Ce recalibrage passerait par trois leviers: annulation d’intérêts jugés excessifs, élimination de dépôts dont la provenance est considérée comme douteuse ou non documentée, et conversion forcée d’une partie des dépôts de clients ayant transféré leurs comptes de la livre au dollar après 2019 à des taux préférentiels.
Toujours selon Al Akhbar, 10 décembre 2025, la contribution directe des banques au remboursement des dépôts serait d’environ 12 milliards de dollars répartis sur une période longue, alors que la part de la Banque du Liban dépasserait 16 milliards, pour un montant similaire finalement imputé à l’État. Le quotidien souligne que ces chiffres résultent d’une «khitat» élaborée à la présidence du Conseil avec le concours du cabinet Ankura, et qu’ils réduisent les obligations de la Banque du Liban envers les banques à environ 45 milliards de dollars, par rapport à un niveau estimé à 80 milliards avant la crise.
Al Akhbar, 10 décembre 2025, insiste aussi sur l’idée que toute augmentation de la contribution de l’État au remboursement des dépôts aurait un coût politique lourd. Les scénarios alternatifs évoqués – recours à la privatisation d’actifs publics, vente d’une partie de l’or, monétisation de biens immobiliers – se heurtent à l’absence de consensus national, comme le souligne également Annahar, qui rappelle que de telles options nécessiteraient un accord politique large et des garde-fous juridiques stricts. Faute d’accord sur l’utilisation d’actifs comme l’or, la Banque du Liban reste au centre du dispositif et apparaît, dans les deux journaux, comme l’axe principal autour duquel s’organise la mécanique de comblement de la «fajwa».
Banques sous enquête: la demande de Maher Chaitou et la peur de la responsabilité pénale
Dans ce contexte, la justice financière se rappelle aux banques. Al Akhbar, 10 décembre 2025, rapporte que les établissements ont reçu, par l’intermédiaire de la Banque du Liban, une requête du procureur financier Maher Chaitou les obligeant à transmettre des relevés de comptes détaillés concernant les présidents de conseils d’administration, les membres des conseils, les directeurs généraux, les responsables de succursales, ainsi que leurs conjoints et enfants. Cette demande est interprétée comme un tournant, car elle marque le passage d’un débat essentiellement macroéconomique à un examen individualisé des responsabilités.
Le même article d’Al Akhbar, 10 décembre 2025, explique que les banques y voient un «khatwat tahawwul» dans la gestion du dossier des pertes, car elle remet en cause la narration qu’elles avancent depuis 2019. Cette narration consiste à présenter la crise comme purement «nizâmiyya», le résultat d’un dysfonctionnement entre l’État et la Banque du Liban, dans lequel les banques ne seraient intervenues qu’en exécutants contraints. Or, souligne le journal, la lettre de Maher Chaitou, en soulevant l’hypothèse d’infractions pénales commises par des responsables bancaires, ouvre la voie à une mise en cause directe de certaines décisions prises avant et pendant la crise, y compris les transferts de fonds vers l’étranger pour le compte d’initiés.
Al Akhbar rappelle que la publication quasi simultanée de la nouvelle mouture du projet de loi sur la «fajwa maliyya» et de la requête judiciaire alimente un climat de nervosité au sein des banques. Le quotidien rapporte que le conseil d’administration de l’Association des banques s’est réuni pour examiner les chiffres sur lesquels repose le projet et chercher à obtenir des concessions supplémentaires, notamment sur la durée de la restructuration du capital et sur la portée des clauses de responsabilité. Selon le journal, les banques redoutent que la combinaison de la loi et des enquêtes de la justice financière ne conduise, à terme, à une remise en cause profonde de la propriété dans le secteur, avec un risque de redistribution des parts en faveur de nouveaux investisseurs.
Banque du Liban, gouvernement et ligne de partage des responsabilités
Ad Diyar, 10 décembre 2025, place ce débat dans un cadre plus large, en évoquant la manière dont la Banque du Liban et le gouvernement tentent de redéfinir leurs rôles respectifs. Le journal cite des sources proches de la BDL et du ministre des Finances selon lesquelles l’institution monétaire travaille, en coordination avec les ministères de la Justice et des Finances, à retracer le parcours des dépôts et des fonds de soutien, avec l’aide d’auditeurs externes. L’objectif affiché est de renforcer la transparence et de couper court à l’exploitation politique du dossier des dépôts dans la perspective des élections.
Ad Diyar souligne que les responsables de la BDL rappellent que la loi définit strictement leurs prérogatives, et que la répartition finale des responsabilités dépendra de ce que fixera le Parlement dans la loi sur la «fajwa maliyya». Le journal insiste sur la présence, en toile de fond, du Fonds monétaire international, dont l’avis doit être sollicité avant l’adoption définitive du texte, notamment sur la question de la rétroactivité des ajustements de taux d’intérêt et sur les critères de distinction entre catégories de dépôts. Le texte souligne que l’envoi de la mouture actuelle au FMI, prévu par le gouvernement, sera un moment clé pour mesurer à la fois la faisabilité technique du dispositif et la capacité de la classe politique à assumer le partage des pertes qu’il consacre.
Secteur de l’énergie et finances publiques: les discussions avec la France
Au-delà du seul dossier bancaire, Ad Diyar, 10 décembre 2025, rapporte la visite à Beyrouth d’une délégation du Trésor français conduite par Magali Cesana, venue rencontrer le ministre libanais des Finances. La discussion a porté sur la situation de l’Électricité du Liban et sur les moyens de rétablir la «malâ’a mâliyya» de l’établissement, en liant toute injection de financement supplémentaire à une amélioration du recouvrement des factures et à l’application de règles de transparence budgétaire.
Le ministre des Finances, cité par Ad Diyar, 10 décembre 2025, explique à ses interlocuteurs français que la priorité est de réduire les pertes techniques et non techniques sur le réseau, de moderniser les centres de contrôle et de réduire le gaspillage, plutôt que de multiplier les projets publics de production solaire là où le secteur privé peut investir si des garanties de paiement sont fournies. Le journal note que cette approche vise à rediriger les ressources publiques vers les infrastructures de base, tout en comptant sur des partenariats public-privé pour le développement des capacités de production électrique.
La délégation française et le ministère discutent aussi de l’adoption de normes unifiées de contrôle financier au niveau de l’administration centrale, afin d’aligner les pratiques libanaises sur les exigences des bailleurs européens. Ad Diyar, 10 décembre 2025, indique que ces discussions s’inscrivent dans une stratégie plus large de réforme des finances publiques, où la réhabilitation d’Électricité du Liban et la loi sur la «fajwa maliyya» sont perçues comme deux volets complémentaires d’un même effort de rééquilibrage budgétaire.
Un modèle économique en procès: regard rétrospectif sur le rentierisme libanais
En parallèle de ces débats techniques, certains éditorialistes interrogent les fondements du modèle économique libanais. Dans une chronique d’analyse, Al Akhbar, 10 décembre 2025, rappelle que l’effondrement de 2019 s’inscrit dans une histoire plus longue, marquée par la faillite de la banque Intra dans les années 1960, par l’ancrage durable de la livre au dollar et par l’expansion d’un secteur bancaire hypertrophié. Le journal souligne que la promesse d’un taux de change stable a encouragé un recours massif à l’endettement externe et à la consommation de biens importés, au point de transformer le déficit de la balance des paiements en «fajwa moutarakima» financée par les dépôts des résidents et de la diaspora.
Selon cette lecture, reprise par Al Akhbar, 10 décembre 2025, le maintien artificiel de la parité a permis à la fois une hausse du pouvoir d’achat apparent et une fuite croissante des profits vers l’étranger, via les institutions financières. Le journal en conclut que le débat actuel sur la répartition des pertes ne peut pas être réduit à un arbitrage comptable entre acteurs financiers, mais renvoie à une crise de modèle qui a fragilisé les bases productives du pays. Ce constat traverse l’ensemble des analyses économiques.
Justice: enquêtes financières, immunités et dossiers en cours
Les banques sous la loupe de la justice financière
Selon Al Akhbar, 10 décembre 2025, les banques libanaises ont reçu par l’intermédiaire de la Banque du Liban une demande formelle du procureur financier Maher Chaitou, qualifiée de «talab ma‘loumat», qui les oblige à transmettre des relevés détaillés des comptes de leurs présidents de conseils d’administration, membres de conseils, directeurs généraux, responsables de succursales, ainsi que de leurs conjoints et de leurs enfants. Cette requête, purement judiciaire dans sa forme, est perçue par les établissements comme un tournant dans le suivi pénal du dossier de la répartition des pertes du secteur financier.
Al Akhbar, 10 décembre 2025, explique que les conseils d’administration des banques considèrent cette démarche comme «nuqta tahawwul» parce qu’elle peut préparer, si des infractions sont établies, une mise en cause personnelle de certains dirigeants dans le cadre de futures procédures pénales. Le quotidien souligne que l’extension de la demande aux conjoints, aux enfants et aux directeurs de succursales traduit la volonté du parquet financier d’identifier d’éventuels conflits d’intérêts ou transferts suspects, au-delà de la seule responsabilité institutionnelle des établissements.
Dans le même article, Al Akhbar, 10 décembre 2025, insiste sur la coïncidence entre la diffusion de la nouvelle mouture du projet de loi sur la «fajwa maliyya» et l’initiative de Maher Chaitou. Le journal estime que cette simultanéité fait naître dans les milieux bancaires la conviction que le pouvoir politique cherche à utiliser l’outil judiciaire pour peser sur la négociation autour de la loi de «l’intizam al-mali wa istirdad al-wada’i», en augmentant le coût potentiel de la résistance des banques. Les interlocuteurs cités parlent d’un climat de «khawf qanouni», une peur juridique qui se superpose à la bataille économique.
L’affaire Ziad Chbib et les limites des poursuites
L’autre grand dossier judiciaire mis en avant par Al Akhbar concerne l’ancien gouverneur de Beyrouth, Ziad Chbib. Sous le titre «Ziad Chbib yahrub min al-qada… bi-l-ihtima’ bih», le quotidien décrit comment plusieurs plaintes et enquêtes le visant semblent se heurter à un mur institutionnel. Al Akhbar, 10 décembre 2025, rappelle que des poursuites ont été engagées au sujet de marchés publics, notamment le dossier du pont de Salim Salam, et que des décisions de la Cour des comptes ont déjà relevé des irrégularités administratives et des manquements graves.
Dans une analyse publiée le même jour, Al Akhbar explique que la stratégie de défense attribuée à Ziad Chbib repose sur l’activation des immunités liées à ses anciennes fonctions. Le quotidien rapporte que certaines procédures auraient été redirigées vers le parquet de cassation ou vers d’autres juridictions en raison de questions de compétence, ce qui a eu pour effet de retarder l’examen au fond. Al Akhbar, 10 décembre 2025, souligne que la juge Dora El Khazen, lorsqu’elle assurait l’intérim du parquet financier, avait choisi de transmettre un dossier à la procureure générale de cassation plutôt que de clore l’affaire, afin d’éviter de se retrouver face à ce qu’elle jugeait être un «piège procédural».
Le même article d’Al Akhbar, 10 décembre 2025, décrit un système dans lequel, selon des sources judiciaires, la procureure générale de cassation devient une sorte de «masab nihai» où viennent s’échouer les dossiers sensibles sans déboucher sur des mises en accusation rapides. Le journal évoque des «dafou‘ chakliyya», des moyens de défense procéduraux, utilisés pour retarder les poursuites ou obtenir des décisions de non-lieu sur la base de vices de forme plutôt que sur le fond. Il note que cette situation nourrit un sentiment de frustration parmi les plaignants et renforce l’idée que certaines personnalités restent protégées par un faisceau de garanties politiques et judiciaires difficiles à contourner.
Al Akhbar souligne enfin que, parallèlement aux procédures pénales, la Cour des comptes a poursuivi ses investigations administratives et financières sur la gestion de la municipalité de Beyrouth sous la direction de Ziad Chbib. Plusieurs décisions ont relevé des infractions administratives et des négligences dans la supervision des marchés publics, sans que ces constatations ne se soient encore traduites par des sanctions personnelles lourdes. Pour le journal, ce décalage entre les constats d’irrégularité et la faiblesse des suites disciplinaires ou pénales illustre les limites actuelles de la lutte contre la corruption au sein de l’appareil municipal.
Contentieux civils, exécutions et justice du quotidien
À côté de ces dossiers très politisés, la presse rend compte d’une activité judiciaire soutenue dans les tribunaux civils et les chambres d’exécution. Dans ses pages «Rasmiyyat», Nahar, 10 décembre 2025, publie un avis de vente aux enchères émanant de la chambre d’exécution de Jeb Jennine, dans la Békaa, concernant deux parcelles agricoles situées à Baaloul. L’avis rappelle que la procédure trouve son origine dans une décision de la chambre immobilière de Zahle datant de 2021, transmise à Jeb Jennine en 2025, et fixe la première enchère au mois de janvier 2026. Le texte détaille la superficie des terrains, leur état et la mise à prix en dollars américains, en rappelant aux débiteurs leur obligation de payer ou d’accepter la vente judiciaire.
Dans la même série d’annonces, Nahar, 10 décembre 2025, publie plusieurs citations à comparaître visant des défendeurs «majhoulou makan al-iqama», dont l’adresse actuelle est inconnue. Dans un cas, le tribunal de Zahle invite un défendeur à se présenter au greffe pour répondre à une demande de partage judiciaire d’un bien immobilier dans la région de Bar Elias, sous peine de voir l’ensemble des décisions ultérieures affiché sur la porte du tribunal. Dans un autre avis, la chambre civile du même tribunal annonce un jugement déclarant un terrain de Zahlé indivisible, ordonne sa vente aux enchères pour un montant supérieur à 470 000 dollars et précise que le prix sera réparti entre les copropriétaires au prorata de leurs parts.
Nahar, 10 décembre 2025, publie aussi un avis dans lequel la chambre civile de Zahlé approuve une opération d’échange entre deux parcelles, l’une située à Zahlé, l’autre dans la région de Wadi Al-Araïch, en imposant au demandeur le paiement d’une soulte de 12 892 dollars aux copropriétaires de la deuxième parcelle. Le tribunal ordonne en même temps au registre foncier de biffer la mention de la procédure en cours sur la fiche des deux biens. Ces exemples montrent comment la justice immobilière continue de fonctionner malgré la crise, en tranchant des litiges entre particuliers sur la base d’expertises et d’évaluations actualisées.
Les pages judiciaires de Nahar, 10 décembre 2025, reflètent aussi l’activité des juridictions de la famille et du statut personnel, avec des avis invitant les héritiers ou parties à des procès matrimoniaux à se présenter pour recevoir des jugements ou pour répondre à des demandes de rectification de parties. Le journal publie des convocations à des héritiers de la famille Geryes Jreissati, appelés à se prononcer sur la vente aux enchères d’un bien indivis, et rappelle que l’absence de réponse dans les délais légaux entraînera la notification des décisions au greffe.
Propriété intellectuelle et sanctions commerciales
Un autre pan de l’activité judiciaire est illustré par un avis publié dans Nahar, 10 décembre 2025, concernant un jugement du tribunal de commerce de Beyrouth rendu le 25 juin 2024. Ce jugement, dont la notification est en cours, annule l’enregistrement de la marque commerciale «Ramadan Ziyad Etro» au nom d’un défendeur et ordonne sa radiation du registre des marques. Le tribunal impose au défendeur de cesser toute utilisation du signe «Ziyad Etro Ramadan» sur enseignes, publicités, documents commerciaux et produits, et d’assumer les frais de publication d’un résumé du jugement dans deux quotidiens libanais, ainsi que les frais de notification à la douane libanaise.
Cet exemple met en lumière le rôle des tribunaux libanais dans la protection de la propriété intellectuelle, même dans un contexte de crise économique. En obligeant le commerçant condamné à retirer toutes les mentions de la marque et en prévoyant la publication du jugement, la décision cherche à dissuader d’éventuelles tentatives d’appropriation indue de signes distinctifs associés à des entreprises existantes.
Dossiers régionaux: identités libyennes et poursuites internationales
Au-delà des frontières libanaises, Al 3arabi Al Jadid, 10 décembre 2025, rapporte qu’en Libye les autorités ont lancé une vaste campagne contre des fonctionnaires accusés d’avoir falsifié des données de citoyenneté et attribué des numéros nationaux à des personnes ne possédant pas la nationalité libyenne. Le quotidien décrit des enquêtes visant des agents de l’état civil, des responsables locaux et des intermédiaires qui auraient organisé la délivrance illégale de documents permettant l’accès à des services sociaux, à des droits électoraux ou à des facilités bancaires.
Al 3arabi Al Jadid, 10 décembre 2025, souligne que ces investigations s’inscrivent dans un effort plus large de rétablissement de l’état de droit dans un pays marqué par la fragmentation institutionnelle et par la prolifération de documents d’identité concurrents. Le journal rapporte que des procureurs prévoient de recourir à des audits croisés des registres et à des comparaisons biométriques pour identifier les dossiers douteux très sensibles, avant d’engager des poursuites pour corruption, falsification et fraude.
Société: déplacements, espace public et «poches de superstition»
Manifestations de partisans syriens et peur d’un embrasement
Ad Diyar, 10 décembre 2025, décrit en détail le «grand show» organisé par des déplacés syriens et des Libanais alliés du nouveau pouvoir à Damas pour célébrer la première année de la chute de l’ancien régime syrien. Le journal explique que des cortèges de motos et de voitures, drapeaux brandis et slogans de victoire, ont convergé vers des zones à majorité chiite, notamment Haret Saïda et ses alentours, jusqu’à provoquer des heurts qui ont nécessité l’intervention de l’armée. Le quotidien souligne que cet affichage festif d’«intifara souriyya» dans des quartiers perçus comme hostiles a pris un «tour confessionnel» dès que des altercations verbales ont dégénéré en affrontements.
Al Joumhouria, 10 décembre 2025, parle d’une soirée où «les bombes sonores et les feux d’artifice» ont retenti dans plusieurs régions, de Beyrouth à la banlieue sud, de Tripoli à Haret Saïda. Le journal décrit des colonnes de motos traversant des zones mixtes, des slogans pro-Ahmed Charaa criés face à des quartiers chiites, et un climat qualifié de «défi» plus que de simple célébration. Il insiste sur le fait que la situation aurait pu «basculer vers des affrontements libano-syriens à coloration confessionnelle» si l’armée n’était pas intervenue rapidement pour isoler certains secteurs et appeler au calme.
Dans la même édition, Al Joumhouria relève une série de questions restées sans réponse: ces manifestations étaient-elles spontanées ou organisées, et par qui, au Liban ou à l’étranger, et dans quel but. Le quotidien évoque la possibilité d’un «test» destiné à mesurer la réaction d’une partie de la population si «la carte syrienne» venait à être utilisée de nouveau comme levier de pression dans la rue. Il rapporte que, pour la direction du «thénaï chiite», l’épisode a été lu comme une «brouva», une répétition générale en vue de scénarios plus graves.
Le dossier des déplacés syriens au cœur des crispations
Dans le même texte, Al Joumhouria, 10 décembre 2025, relie ces heurts à la gestion du dossier des déplacés syriens. Le journal note qu’une «question lancinante» revient dans les milieux politiques: pourquoi le Liban tarde-t-il à clore ce dossier alors que «le régime que les déplacés invoquaient pour prolonger leur séjour est tombé» et qu’il existe désormais, selon Damas, des «zones sûres» sous la protection du président Ahmed Charaa. Le quotidien met en avant le décalage entre ce discours officiel sur la sécurité retrouvée et la méfiance persistante d’une partie des réfugiés, qui craignent arrestations ou représailles en cas de retour.
Ad Diyar, 10 décembre 2025, insiste sur la dimension sociale de cette tension. Le journal rappelle que les quartiers populaires où vivent de nombreux Syriens sont déjà frappés par la crise économique et le chômage, ce qui nourrit des rivalités sur l’accès au travail, au logement et aux services de base. L’arrivée de cortèges festifs, drapeaux au vent, au milieu de ces frustrations a été perçue, selon des témoignages recueillis par le quotidien, comme une provocation supplémentaire par une partie des habitants libanais, pour qui la priorité reste la survie quotidienne plutôt que les célébrations politiques.
Beyrouth et la reconquête de l’espace public: la future Hadiqat al-raïs al-shahid Rafiq Hariri
À côté de ces tensions, une autre page de la société libanaise se joue autour de l’espace public. Annahar, 10 décembre 2025, consacre un long article à la pose de la première pierre de la «Hadiqat al-raïs al-shahid Rafiq Hariri», sur le front de mer de Beyrouth, sous le patronage de Nawaf Salam. Le quotidien explique que ce projet, porté par Solidere, s’inscrit dans un plan de reconstruction du centre-ville pour en faire «une place urbaine rassemblant tous les Libanais». Le futur parc doit couvrir 80 000 mètres carrés, prolongés par une promenade maritime de 44 000 mètres carrés, avec plus de 2 500 arbres et «des dizaines de milliers de plantes».
Annahar cite le président du conseil d’administration de Solidere, Nasser Chammaa, qui affirme l’«engagement de la société à poursuivre les projets de développement renforçant le rôle économique et touristique du centre de Beyrouth» et «la vision du président martyr de faire de la capitale un point de rencontre». Pour le journal, cette déclaration illustre une volonté de réhabiliter le centre-ville comme espace de mixité sociale, après des années où il a été critiqué comme un «quartier vitrine» réservé aux plus aisés.
Ad Diyar, 10 décembre 2025, reprend le discours de Nawaf Salam lors de la cérémonie. Le chef du gouvernement y souligne que Beyrouth souffre d’un «manque aigu» de zones vertes et d’espaces de respiration pour les enfants et les familles, accentué par la pollution et la congestion routière. Il décrit la nouvelle promenade comme «une étape de la reconquête de la relation entre le citoyen et l’espace public», en insistant sur le fait que le plan d’aménagement respecte le climat libanais et n’importe pas de végétation étrangère.
Annahar, 10 décembre 2025, ajoute que l’architecte Vladimir Jurovitch, présenté comme finaliste d’un concours international, voit dans ce parc un «souffle urbain» mêlant nature et mémoire nationale, avec un théâtre ouvert sur la mer et des parcours de promenade accessibles à tous. L’article laisse cependant entendre que la réussite du projet dépendra de sa gestion future: ouverture réelle à toutes les catégories de la population, sécurité, modes d’accès, et articulation avec les quartiers voisins, souvent plus pauvres. La question implicite reste de savoir si ce nouvel espace deviendra un bien commun, ou un lieu de plus réservé à une minorité.
Santé, inégalités et soutien international aux services de base
Les enjeux sociaux se lisent aussi dans le système de santé. Ad Diyar, 10 décembre 2025, rapporte la signature d’un accord entre le ministre libanais de la Santé et l’ambassadeur du Japon à Beyrouth, Masaaki Magochi, pour relancer un programme de dons japonais au secteur médical, après une interruption depuis 2017. Le programme doit financer des équipements pour des hôpitaux publics et des centres de soins primaires, dans un contexte où la crise financière a réduit les capacités d’achat de matériel, de médicaments et de pièces de rechange.
Le même article souligne que le diplomate japonais y voit un signe de «confiance renouvelée» envers le Liban, au moment où de nombreux établissements publics peinent à couvrir leurs charges et à maintenir un niveau minimal de service. Ad Diyar rappelle que, dans plusieurs régions, les patients dépendent presque exclusivement des structures publiques ou d’ONG pour accéder aux soins. La reprise de ce type de programme est donc présentée comme un soutien direct aux catégories les plus fragiles, dans un pays où l’assurance maladie reste limitée et inégalitaire.
Croyances, rituels et «poches de superstition» en Égypte
En dehors du Liban, la page «vie privée» d’Annahar, 10 décembre 2025, s’intéresse à un phénomène social qui a choqué une partie de l’opinion égyptienne: la pratique de la «besh‘a», un rituel traditionnel où l’on applique un métal incandescent sur la langue d’une personne pour tester sa sincérité. L’article part d’une vidéo devenue virale, filmée lors d’une séance coutumière dans le gouvernorat d’Ismaïlia, où l’on voit une jeune femme en état de grande panique, assise au sol, tandis qu’un «cheikh» pose à trois reprises une barre chauffée au rouge sur sa langue pour trancher un conflit conjugal.
Annahar cite le sociologue égyptien Saïd Sadeq, qui décrit ces pratiques comme des «poches de superstition» et des comportements «très arriérés» se maintenant à la marge d’une société largement urbanisée. Pour le chercheur, leur survie tient au poids de certaines traditions patriarcales, mais aussi à la faiblesse de l’éducation au sens critique. Il rappelle que des acteurs de ces milieux peuvent être diplômés et très actifs sur les réseaux sociaux, ce qui montre que le problème ne se réduit pas au niveau scolaire, mais à la nature des contenus pédagogiques et médiatiques.
Le même article souligne le rôle que pourraient jouer la culture et les médias dans la lutte contre ces rituels. La critique d’art Safaa Abdelrazek explique à Annahar que les œuvres dramatiques présentent souvent la société «telle qu’elle est» sans toujours prendre position. Elle observe que la «besh‘a» est apparue dans des fictions, comme la série «Haq ‘Arab» diffusée en 2024, mais de manière «fugitive», sans susciter de débat de fond. Le texte conclut que l’ampleur prise par la vidéo virale pourrait forcer les autorités religieuses et civiles à clarifier leurs positions, dans un pays où coexistent modernisation rapide et persistances de pratiques violentes à l’égard des femmes.
Camps, intempéries et vulnérabilité sociale à Gaza
La dimension sociale de la crise à Gaza traverse aussi les journaux arabes. Al Quds, 10 décembre 2025, consacre une large place aux conséquences du front dépressionnaire «Byron» sur les centaines de milliers de personnes déplacées vivant dans des tentes, souvent dressées sur des terrains inondables ou des ruines. Le quotidien décrit des familles qui tentent de renforcer leur abri avec des bâches en plastique et des sacs de sable, en se souvenant des précédents épisodes de pluie où des milliers de tentes avaient été emportées et des effets personnels détruits.
Al Quds cite le «bureau d’information gouvernemental» de Gaza, qui avertit que le territoire s’apprête à affronter des «conséquences climatiques graves», avec un risque de crues, de vents violents et d’arrachement des tentes, et qui impute directement cette vulnérabilité au siège et à l’empêchement de l’entrée de matériel d’abri. Le journal rapporte aussi des propos de responsables sanitaires affirmant qu’environ 10 000 personnes restent ensevelies sous les décombres et que les pluies compliquent les recherches, tandis que les camps surpeuplés deviennent des foyers de maladies.
Al Quds rappelle enfin, en citant un rapport du Wall Street Journal, que Gaza repose sur «68 millions de tonnes de gravats» issus des bombardements, ce qui complique toute amélioration rapide des conditions de vie. La combinaison entre destruction urbaine, déplacements massifs et aléas climatiques dessine un tableau où les habitants se trouvent pris entre risques météorologiques et absence de solutions de relogement durable. Cette situation, bien que située hors du Liban, éclaire les défis sociaux plus larges d’une région où les crises politiques se traduisent d’abord par une précarité extrême pour les populations civiles.
Culture: mémoire libanaise, scènes vivantes et échos arabes
Patrimoine culinaire libanais: le projet de Barbara Abdeni Massaad
Dans ses pages «vie privée», Annahar, 10 décembre 2025, met en avant le nouveau livre de la photographe et anthropologue alimentaire Barbara Abdeni Massaad, «Lubnan: Dairy Book from the Land of Milk and Honey». Le quotidien explique que l’autrice y revient à un Liban «qui respire encore l’air de ses montagnes, les cuisines de ses villages et leurs rituels calmes pour préparer la nourriture du quotidien». Malgré son apparence de livre de cuisine, l’ouvrage est présenté comme bien plus qu’un recueil de recettes. Annahar souligne que les pages composent un tableau large d’un pays dont l’identité s’est forgée à travers «des siècles d’expérimentations culinaires, de fermentation et de patience», porté par des mains qui continuent à préserver ces traditions et à les transmettre de génération en génération.
Annahar rappelle que l’idée du livre est née du travail de terrain mené par Barbara Abdeni Massaad pour son ouvrage précédent, «Al Mouna», consacré aux provisions traditionnelles. C’est en documentant ce patrimoine que l’autrice a pris la mesure du rôle central du secteur laitier dans le système alimentaire libanais. Le quotidien insiste sur le fait que ce nouveau livre transforme ce constat en geste de sauvegarde, en resituant les produits laitiers dans une relation triangulaire entre la terre, l’animal et l’être humain.
Un livre comme acte de sauvegarde du rural libanais
Dans le même article, Annahar, 10 décembre 2025, insiste sur la dimension mémorielle du projet. Le journal note que, pour Barbara Abdeni Massaad, la documentation du fromage, du laban ou du ghee ne se limite pas à consigner des recettes, mais relève d’un «tofiq lil-ta‘am» qui devient un «tofiq lil-dhakira», un patrimoine écrit de la mémoire. Le texte souligne que l’autrice espère que les lecteurs parcourront le livre comme on traverse des paysages naturels: lentement, avec les sens ouverts et une attention particulière aux détails.
Annahar rapporte ses mots lorsqu’elle dit espérer que le lecteur vive «un voyage qui dépasse les recettes, où le goût, l’odeur et le regard ouvrent des fenêtres sur la nature du Liban, ses saisons et ses habitants». Le quotidien commente cette démarche en expliquant que l’ouvrage capture «ce que l’on craint de perdre» et redonne au reste du monde rural libanais «sa place véritable: vivant, lumineux et porté par l’amour». En filigrane, l’article laisse apparaître la fragilité d’un mode de vie villageois confronté à l’exode, à la crise économique et aux bouleversements climatiques, ce qui renforce la portée de ce travail documentaire.
Ziad Rahbani honoré par un nouveau timbre: la mémoire musicale en circulation
Dans ses pages culturelles, Al Akhbar, 10 décembre 2025, signale la décision du ministre libanais des Télécommunications de mettre en circulation un timbre postal dédié à Ziad Rahbani. Le journal rapporte que la décision ministérielle prévoit l’émission d’un timbre comportant quatre portraits du musicien et dramaturge, chacun évoquant une étape marquante de son parcours artistique, et précise que le timbre entrera en usage officiel à partir du mercredi suivant.
Al Akhbar souligne que cette initiative s’inscrit dans une série de gestes de reconnaissance envers Ziad Rahbani, considéré comme une figure majeure de la musique et du théâtre au Liban. Le quotidien rappelle que la décision a été signée dans un cadre officiel et que le timbre sera intégré au circuit postal ordinaire, ce qui permettra à son image et, symboliquement, à son œuvre, de circuler à travers le pays et au-delà. Pour le journal, cette démarche traduit une forme de canonisation culturelle, l’État inscrivant le nom de l’artiste aux côtés d’autres figures historiques déjà honorées par la philatélie.
Théâtre et jazz de Noël: un agenda culturel entre Beyrouth et Saïda
La même édition d’Al Akhbar, 10 décembre 2025, propose un agenda détaillé de spectacles pour le mois de décembre. Le journal annonce une représentation de la pièce «Weilat laylat ‘id», écrite et mise en scène par Maya Saïd, programmée le 11 décembre à 19 h 30 au théâtre «District 7» à Sayfi. La pièce est décrite comme une comédie tragi-comique remplie de situations absurdes et de paradoxes du quotidien, où la saison des fêtes devient un espace pour révéler tensions familiales et relations compliquées, tout en misant sur le rire comme moyen de lire la réalité.
Dans le même agenda, Al Akhbar mentionne un concert intitulé «A Christmas Concert with a hint of Jazz», prévu le dimanche 21 décembre à 17 heures à la cathédrale Saint-Nicolas des melkites catholiques à Saïda, sous le patronage de l’évêque de l’éparchie de Saïda et Deir el-Qamar. Le concert est assuré par l’ensemble Fugue, dirigé par le pianiste et arrangeur Élie Barak, avec la participation de la chanteuse Simona Douaihy et de plusieurs instrumentistes aux vents et aux percussions. Al Akhbar explique que le programme mêle des chants de Noël classiques à des arrangements jazz contemporains, dans une approche qui cherche à renouveler le répertoire liturgique sans en effacer la dimension spirituelle.
Un réseau culturel décentralisé: de Mar Mikhaël aux cathédrales de région
En reliant ces événements, la presse dessine une cartographie culturelle qui dépasse le centre-ville de Beyrouth. Annahar, 10 décembre 2025, indique que la séance de lancement et de signature du livre de Barbara Abdeni Massaad aura lieu le samedi 13 décembre dans le quartier de Mar Mikhaël, présenté comme un espace où se croisent librairies, galeries et lieux de convivialité. Cette inscription dans un quartier déjà identifié comme pôle créatif renforce l’idée d’un ancrage urbain de la culture culinaire et de la mémoire rurale.
De son côté, Al Akhbar, 10 décembre 2025, situe le concert de jazz de Noël dans la cathédrale Saint-Nicolas de Saïda, loin de la capitale. Le quotidien y voit un signe de la vitalité culturelle dans les villes périphériques, où les institutions religieuses jouent parfois le rôle de salles de spectacle pour des programmes mêlant tradition et expérimentation musicale. L’agenda rapprochant un théâtre à Sayfi, un lancement de livre à Mar Mikhaël et un concert à Saïda donne l’image d’un réseau d’événements qui se déploie sur plusieurs centres, dans un pays où la crise économique n’a pas interrompu les initiatives artistiques mais les rend plus dépendantes de partenariats et de soutiens locaux.
Venise vue d’«Al Quds»: le festival comme rituel cinéphile
Sur le plan régional, Al Quds, 10 décembre 2025, consacre un long article à la Mostra de Venise, présenté comme «le deuxième festival du monde en importance après Cannes et avant Berlin». Le quotidien décrit la manière dont les films de la compétition officielle sont projetés en alternance dans les salles historiques de la Sala Grande et de la Sala Darsena, le matin pour les séances de presse, le soir pour les premières publiques accompagnées du tapis rouge. L’auteur insiste sur la dimension physique de l’expérience, avec des files d’attente prolongées, la fatigue accumulée par les critiques et les allers-retours entre projection et écriture.
Al Quds explique que Venise traite les films comme des œuvres d’art présentées dans un «musée du cinéma», où la salle de projection devient presque un espace d’exposition. Le texte souligne la différence entre les projections réservées aux accrédités, souvent plus calmes, et les premières officielles saturées de photographie et de présence médiatique. En décrivant ce dispositif, le journal rappelle que le festival agit comme un baromètre esthétique pour le cinéma d’auteur international, tout en étant un lieu de tension entre la logique artistique et les impératifs de communication.
Romans des ruines: peut-on échapper à l’effondrement intérieur
Une autre page culturelle d’Al Quds, 10 décembre 2025, se penche sur un roman présenté comme «ancien dans un habit nouveau» et pose une question centrale: «l’être humain peut-il se sauver des ruines de lui-même». Le critique souligne que l’ouvrage, à la fois humain et philosophique, met en lumière le fossé entre les valeurs proclamées et les pratiques réelles dans un monde qui se pare d’un discours moral tout en produisant exclusion, chosification et aliénation.
Al Quds résume la thèse en expliquant que le cri du héros, ou celui de l’auteur à travers lui, apparaît comme une tentative désespérée de sauver «ce qui reste d’une humanité qui se consume sous les décombres de la matière, du profit et du pouvoir». La question finale du roman, reprise par le journal, interroge la possibilité de survivre à l’effondrement intérieur avant que le dernier bâtiment ne s’écroule. Cette réflexion, bien que centrée sur une œuvre de fiction, résonne avec les contextes de guerre et de crise décrits ailleurs dans le quotidien, notamment en Palestine et au Soudan.
Poésie de Kirkouk: Fadil al-Azzawi et ses compagnons
Toujours dans Al Quds, 10 décembre 2025, un dossier est consacré à la «poétique du groupe de Kirkouk», en particulier à Fadil al-Azzawi, Mu’ayyad al-Rawi et Jan Dammo. Le journal rappelle que Fadil al-Azzawi est considéré comme le «théoricien légitime» de ce groupe depuis la publication de son manifeste poétique en 1969, et le présente comme l’un des poètes les plus brillants de cette génération. L’article insiste sur la manière dont cette expérience a contribué à renouveler la poésie arabe en articulant l’héritage irakien, les influences internationales et une sensibilité urbaine propre à la ville de Kirkouk.
Al Quds décrit une écriture marquée par la fragmentation, la mémoire des lieux et le sentiment d’exil, même avant le départ forcé de nombreux membres du groupe. Le quotidien souligne que ces poètes ont tenté de rompre avec la rhétorique nationaliste dominante en privilégiant une voix plus intime, traversée par les questions de langage, de minorités et de coexistence. La présence de ce dossier dans la page culturelle met en lumière l’importance des expériences littéraires irakiennes dans l’imaginaire arabe contemporain, au moment où la région reste traversée par des lignes de fracture politiques et identitaires.
Pop arabe, expérimentations numériques et héritages cinématographiques
Al 3arabi Al Jadid, 10 décembre 2025, se penche sur la trajectoire d’un jeune artiste qui signe son nom en «franco-arabe» sous la forme «te8tul» et qui semble fasciné par le modèle d’Amr Diab, «star à la popularité massive», plus que par le film «Ice Cream fi Gleem» de Khairy Beshara produit en 1992. Le quotidien explique que ce chanteur, dans sa chanson «Baqit wahid», se rapproche pourtant du thème du long métrage, centré sur un jeune homme qui traverse de grandes villes saturées où les rêves se perdent dans la foule.
L’article montre comment la nouvelle génération d’artistes arabes s’inspire à la fois de la pop ultra commerciale, de la culture des réseaux sociaux et d’un imaginaire nourri de films des années 1990. Al 3arabi Al Jadid insiste sur la dimension numérique de cette carrière, fondée sur le marketing en ligne, l’esthétique des clips et la construction d’une identité visuelle codée, tout en rappelant que les chansons restent traversées par les thèmes classiques de la solitude et de la quête de reconnaissance.
Écritures de prison: faire sortir la littérature des cellules
Dans la même édition, Al 3arabi Al Jadid publie un texte consacré aux écrits de prisonniers, décrits comme des textes qui «n’ont pas cédé à la domination de la prison ni à la censure», et qui cherchent à offrir à leur écriture «une lumière allumée dans l’obscurité des cellules». Le journal détaille les modes de circulation de ces textes, parfois cachés dans un pli de chemise usée, parfois glissés dans un morceau de pain, dans une chaussure ou simplement mémorisés, avant d’être retranscrits à l’extérieur.
Al 3arabi Al Jadid souligne que ces écrits veulent «continuer à exister» en dehors du corps surveillé, et qu’ils aspirent à crier librement, loin des contraintes matérielles de la détention. Ce témoignage replace la littérature dans un espace de résistance concrète, où l’acte d’écrire devient à la fois une preuve d’existence individuelle et une contribution à une mémoire collective des prisons arabes. En écho aux autres pages culturelles de la presse de ce 10 décembre 2025, il rappelle que la création artistique, qu’elle prenne la forme d’un livre de cuisine libanais, d’un timbre à l’effigie de Ziad Rahbani, d’un film de festival ou d’un poème clandestin, reste l’un des lieux où les sociétés de la région tentent de préserver ce qui ne doit pas disparaître.
Sport: exploits libanais en MMA et grandes manœuvres du football mondial
MMA asiatique à Jounieh: le Liban sur le toit du continent
Selon Ad Diyar, 10 décembre 2025, le Liban domine la scène des arts martiaux mixtes en Asie grâce au championnat continental de MMA organisé à Jounieh. La compétition se tient dans la salle du complexe sportif Fouad Chehab, sous l’égide de la Fédération libanaise de «mixed martial arts», en coopération avec la municipalité de Jounieh et sous la supervision des fédérations internationale et asiatique. La ministre de la Jeunesse et des Sports, Noura Bayraqdarian, assure le patronage politique de l’événement, ce qui souligne l’importance accordée à cette discipline émergente dans la stratégie sportive nationale.
Ad Diyar, 10 décembre 2025, précise que les jeunes du «pays du Cèdre» ont littéralement verrouillé le tableau des médailles dans quatre catégories d’âge. Les Libanais et Libanaises remportent les titres continentaux chez les 10–11 ans, 12–13 ans, 14–15 ans et 16–17 ans, face à des adversaires venus de dix-neuf pays asiatiques. Le quotidien insiste sur la préparation «intensive» qui a précédé le tournoi, avec plus d’un mois d’entraînement encadré par des coaches spécialisés, sous le suivi étroit de la fédération.
Une pluie de médailles pour les jeunes combattants libanais
Le détail des résultats publié par Ad Diyar, 10 décembre 2025, met en lumière l’ampleur de la performance. Dans la catégorie 16–17 ans, le Liban termine premier avec 17 médailles, dont 8 en or, 4 en argent et 5 en bronze, devant le Kazakhstan et le Tadjikistan. Chez les 14–15 ans, les Libanais s’adjugent 16 médailles, avec 5 médailles d’or, 5 d’argent et 6 de bronze. Les tableaux des 12–13 ans et des 10–11 ans suivent la même tendance, avec respectivement 19 et 17 médailles remportées par les athlètes libanais, en nette avance sur la Syrie, la Palestine, l’Ouzbékistan ou Bahreïn.
Toujours selon Ad Diyar, 10 décembre 2025, la présence de délégations de pays comme l’Iran, l’Irak, l’Inde, le Kirghizstan ou la Mongolie souligne le niveau de la concurrence. Le classement final montre que presque toutes les nations repartent avec au moins une médaille, mais que le Liban occupe le sommet du tableau dans chaque catégorie. Le quotidien rappelle que les combats se déroulent devant les responsables des fédérations internationale, asiatique et libanaise, ainsi que des représentants de nombreux clubs, ce qui offre une vitrine rare à la génération montante des sports de combat.
Ad Diyar, 10 décembre 2025, cite aussi le message de félicitations adressé par la Fédération libanaise de MMA à ses champions et championnes. La fédération salue un «parcours ascendant» de la discipline au Liban et affirme que le niveau progresse grâce à l’effort conjoint des clubs et de l’instance fédérale. Elle souhaite le même succès aux athlètes engagés dans la suite du tournoi, qui doit se poursuivre avec les catégories 18–21 ans, puis les tableaux seniors masculins et féminins jusqu’à la clôture prévue le mercredi.
Un événement de MMA pensé comme vitrine du sport libanais
Au-delà des chiffres, Ad Diyar, 10 décembre 2025, insiste sur la dimension événementielle du championnat. Le quotidien décrit des tribunes occupées par un public mêlant familles, amateurs de sports de combat, responsables fédéraux et journalistes locaux ou étrangers. L’organisation dans une salle centrale de Jounieh et la présence de la municipalité comme partenaire donnent au tournoi une dimension territoriale, avec la volonté de faire du Kesrouan un point d’ancrage pour les sports de combat au Liban.
Le journal souligne que cette réussite sportive intervient dans un contexte national difficile, marqué par la crise économique et les tensions sécuritaires. Dans ce cadre, l’image de jeunes Libanais dominant une compétition asiatique est présentée comme un contre-récit à la morosité générale. Ad Diyar, 10 décembre 2025, rappelle que le championnat de Jounieh s’inscrit dans une stratégie plus large de la fédération pour multiplier les participations internationales et attirer, à terme, des tournois professionnels, capables de générer des retombées économiques et touristiques.
Nécrologie et mémoire du football: l’ombre de Nejmeh
Même si les journaux ne rapportent pas de résultats de football libanais pour cette date, plusieurs quotidiens signalent la disparition de Mohammad Saïd Sarbieh, figure liée au club Nejmeh. Nahar, 10 décembre 2025, rappelle dans une page de nécrologie que le défunt est le père de Saïd Sarbieh, président du club Nejmeh, et que les condoléances sont reçues au club des anciens de l’Université américaine de Beyrouth puis à l’hôtel Radisson Blu Dunes, à Verdun.
Ad Diyar, 10 décembre 2025, publie le même avis de décès et insiste sur la présence attendue de nombreux acteurs du milieu sportif et social de Beyrouth lors des veillées. Le texte souligne que la famille Sarbieh, associée depuis longtemps au club Nejmeh, incarne une partie de la mémoire du football beyrouthin. Al Akhbar et Al Joumhouria relaient à leur tour la nouvelle, ce qui illustre la place occupée par la grande famille du football dans la vie publique, même en l’absence de matches ce jour-là.
Cette convergence des journaux autour d’une nécrologie montre comment le sport au Liban déborde le strict cadre des résultats. Nahar, 10 décembre 2025, note que les condoléances rassemblent dirigeants, anciens joueurs, responsables universitaires et personnalités politiques, donnant à l’hommage des allures de moment social autant que sportif.
Mohamed Salah entre Liverpool et l’Arabie saoudite
Sur le plan international, le football occupe une large place. Al Sharq Al Awsat, 10 décembre 2025, consacre un long article à l’avenir de Mohamed Salah à Liverpool. Le quotidien rappelle que l’attaquant égyptien a été écarté du groupe pour un match de Ligue des champions contre l’Inter Milan puis pour une rencontre de Premier League contre Brighton, alors même que son contrat a été prolongé récemment. Le journal estime que la relation entre Salah et Liverpool arrive «à un point de non-retour» et que le départ du joueur dès le mercato hivernal semble «presque acté».
Dans le même temps, Ad Diyar, 10 décembre 2025, évoque la pression que cette situation fait peser sur la direction de Liverpool. Le quotidien note que des clubs saoudiens restent à l’affût, tandis que les supporteurs s’interrogent sur la logique d’un renouvellement de contrat suivi d’une mise à l’écart progressive. Al Quds, 10 décembre 2025, cite une source proche de la Saudi Pro League qui juge que Salah, âgé de 33 ans, a encore «beaucoup à apporter» et qu’il serait un atout majeur pour le championnat saoudien, sur le terrain comme en termes d’image.
Real Madrid, Manchester City et la pression sur Xabi Alonso
Les autres grandes affiches européennes retiennent également l’attention. Al Quds, 10 décembre 2025, consacre sa page sports à la sixième journée de la Ligue des champions, en se concentrant sur le choc entre le Real Madrid et Manchester City. Le journal explique que Xabi Alonso, nouvel entraîneur du Real, joue gros dans cette rencontre, après une série de seulement deux victoires en sept matches toutes compétitions confondues. Des médias espagnols évoquent déjà la possibilité de son limogeage en cas de contre-performance face au champion d’Europe en titre.
Al Sharq Al Awsat, 10 décembre 2025, replace ce match dans une soirée européenne marquée par neuf rencontres, dont Arsenal contre Bruges et Paris-Saint-Germain contre l’Athletic Bilbao. Le quotidien insiste sur le fait que la réception de City au Bernabéu est perçue comme un test décisif pour mesurer la capacité du Real à rester au niveau des grands favoris, au moment où Barcelone mène la danse en Liga et où la presse parle d’une équipe «plate et sans inspiration, centrée sur Kylian Mbappé».
Coupe d’Afrique des nations et Coupe arabe: la carte africaine et arabe
Al Quds, 10 décembre 2025, publie un reportage sur les enjeux économiques de la Coupe d’Afrique des nations 2025 organisée au Maroc. Le journal explique que Rabat veut transformer le tournoi, prévu du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, en vitrine de ses capacités d’organisation, en prélude à la co-organisation de la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal. Les autorités marocaines misent sur la compétition pour booster la «tourisme sportif» et tester les infrastructures de transport, d’hébergement et de logistique.
Dans le monde arabe, la Coupe arabe disputée au Qatar occupe aussi une place importante. Al Quds, 10 décembre 2025, rapporte que l’équipe B de l’Égypte, dirigée par Helmi Toulan, est éliminée après une lourde défaite 3–0 face à la Jordanie, qui termine la phase de groupes avec un sans-faute. L’équipe des Émirats arabes unis se qualifie en parallèle pour les quarts de finale après une victoire 3–1 sur le Koweït.
Le même journal note que le sélectionneur du Qatar, Julen Lopetegui, se trouve lui aussi sous pression après une série de résultats mitigés, malgré une qualification historique pour la Coupe du monde 2026 obtenue via les éliminatoires asiatiques. Al Quds, 10 décembre 2025, rappelle que le technicien espagnol a déjà connu trois défaites en dix matches depuis sa prise de fonction, ce qui alimente le débat sur la direction à donner au projet qatari.
Sport mondial et imaginaire collectif
Enfin, plusieurs journaux utilisent le sport comme porte d’entrée vers des questions plus larges. Al Quds, 10 décembre 2025, publie une chronique sur le rôle du football comme «soupape» dans des sociétés marquées par la crise et la guerre. L’auteur décrit le ballon rond comme un espace où se projettent des identités nationales, des rêves de reconnaissance et des frustrations accumulées, au-delà du simple résultat d’un match.
Dans Al 3arabi Al Jadid, 10 décembre 2025, la rubrique sports évoque la qualification d’Estudiantes en finale du championnat argentin face au Racing Club, mais aussi des exhibitions de tennis comme celle de Carlos Alcaraz à Miami, ou les pronostics de Novak Djokovic, qui voit le Portugal remporter la Coupe du monde 2026. Ces pages rappellent que le sport, du MMA de Jounieh aux grands stades européens ou africains, reste un champ où se mêlent performance, économie, mémoire et imaginaire collectif, dans une région qui cherche toujours des motifs de fierté et de projection vers l’avenir.
Technologie: régulation des plateformes et nouvelles infrastructures
Réseaux sociaux et protection des mineurs
En Australie, un nouveau cadre de régulation des réseaux sociaux place la protection des mineurs au centre des politiques numériques, comme le rapporte Al Liwaa du 10 décembre 2025 en reprenant une analyse de al Arabiya Business. Selon le quotidien, Canberra a ordonné aux dix plus grandes plateformes, dont TikTok, YouTube, Instagram et Facebook, de bloquer l’accès aux utilisateurs de moins de seize ans, sous peine d’amendes pouvant atteindre 49,5 millions de dollars australiens. Al Liwaa souligne que 86 % des familles australiennes comptant des enfants âgés de huit à quinze ans déclaraient avant l’entrée en vigueur de la loi que ces derniers utilisaient régulièrement les réseaux sociaux, ce qui illustre l’ampleur de l’exposition précoce des mineurs.
Pour les défenseurs de la réforme cités par Al Liwaa, cette mesure vise autant à limiter l’exposition des jeunes à des contenus violents ou anxiogènes qu’à réduire la collecte de données personnelles auprès d’un public peu conscient de ses droits. À l’inverse, les grandes entreprises du numérique et certains militants des libertés numériques s’inquiètent du risque de surblocage et de la création de nouvelles bases de données sensibles pour vérifier l’âge des utilisateurs, met en garde le quotidien. Les plateformes ont annoncé qu’elles recourraient à des combinaisons de déclarations d’âge, de contrôle documentaire et d’outils automatisés pour repérer les profils d’enfants, des techniques qui renforcent la surveillance commerciale et rouvrent le débat sur la proportionnalité des moyens techniques utilisés.
L’Europe face à X: la confiance numérique en question
La question de la régulation des grandes plateformes se joue aussi sur le terrain de la confiance numérique, comme le montre l’enquête publiée par Nahar le 10 décembre 2025 sur le conflit entre l’Union européenne et X autour de l’application du Digital Services Act. Le journal rappelle que Bruxelles a infligé une amende de 120 millions d’euros au réseau social d’Elon Musk pour non-respect d’obligations relatives à la transparence et à la lutte contre la désinformation.
Le cœur du litige porte sur la transformation de la « coche bleue » en service payant. Pour la Commission européenne, détaillée par Nahar, le fait de monnayer ce badge sans contrôle rigoureux de l’identité revient à créer un dispositif de « design trompeur » qui induit les utilisateurs en erreur sur la crédibilité des comptes. Le quotidien cite le spécialiste des réseaux sociaux Amin Abou Yahya, pour qui la plateforme transforme la confiance en marchandise en vendant un signe associé spontanément à la vérification officielle. L’article rappelle que le DSA impose, au-delà de la modération des contenus, une transparence renforcée sur les annonceurs, le ciblage du public et les algorithmes de recommandation, ainsi qu’un accès élargi des chercheurs aux données publiques.
Le dossier a pris une dimension transatlantique. Nahar souligne que plusieurs responsables américains accusent Bruxelles d’utiliser le DSA, la régulation des données et le droit de la concurrence pour cibler les géants technologiques américains de Meta à Apple en passant par X. Al Quds Al Arabi rapporte que le président américain Donald Trump a jugé « très dure » la décision européenne et mis en garde contre une Europe qui irait « trop loin » dans la transformation de son modèle économique, en commentant la sanction depuis Washington. Pour les deux journaux, cet épisode illustre une bataille plus large sur la souveraineté numérique, où la capacité à imposer des règles aux plateformes devient un attribut central de la puissance.
L’économie de la colère et les algorithmes de l’indignation
Les enjeux de régulation sont étroitement liés au modèle économique des plateformes, fondé sur la captation de l’attention et des émotions. Al Akhbar consacre, dans son édition du 10 décembre 2025, une analyse au choix du terme « Taam al-hanaq » – le « goût de la colère » – comme mot de l’année par Oxford, expression traduite par « bait-rage », ces contenus conçus pour susciter un maximum de colère et de réactions. Le quotidien décrit un passage du « clickbait », qui misait sur la curiosité, au « ragebait », qui repose sur l’indignation, la polarisation et le conflit permanent pour accroître les taux d’engagement.
Selon Al Akhbar, les algorithmes de recommandation des grands réseaux sociaux mettent au premier plan les contenus les plus émotionnels, notamment ceux qui provoquent frustration et ressentiment, car ils génèrent davantage de commentaires, de partages et donc de revenus publicitaires. Le journal mobilise les analyses du philosophe Byung-Chul Han pour montrer comment ces dynamiques transforment les affects collectifs, en affaiblissant le débat argumenté au profit d’un flux continu de réactions outrées. Dans le paysage médiatique libanais, Al Akhbar estime que certaines chaînes de télévision et de nombreux créateurs de contenu copient les recettes des médias américains les plus partisans, en fabriquant des séquences montées pour maximiser le choc et maintenir un « public en colère ».
Al Akhbar souligne que la multiplication de ces contenus viraux, souvent détachés de leur contexte, alimente une perception fragmentée de la réalité où chaque camp voit ses préjugés confirmés, ce qui renforce la polarisation et complique tout compromis politique. Dans un environnement déjà traversé par de fortes tensions communautaires et sociales, cette « économie de la colère » transforme la colère en produit à forte valeur ajoutée et en carburant de mobilisation permanente, alors même qu’elle affaiblit la possibilité d’un espace public numérique apaisé.
Intelligence artificielle: promesses économiques et risques cognitifs
Plusieurs journaux arabes se penchent le 10 décembre 2025 sur les promesses économiques de l’intelligence artificielle et sur les risques qu’elle fait peser sur l’autonomie du jugement humain. Ad Diyar publie un article de vulgarisation inspiré d’un rapport de la plateforme Medium, relayé par al Arabiya Business, qui recense « dix commandes pour ChatGPT » destinées à générer des revenus supplémentaires. Le quotidien détaille des scénarios allant de la création de sources de revenus passifs à la vente de produits numériques, en passant par le lancement d’activités de freelance ou de formation en ligne, où l’outil est présenté comme un assistant stratégique capable de proposer des plans détaillés et des idées de contenu.
Dans un autre article, Ad Diyar s’intéresse aux avancées de Google avec l’activation du mode « Deep Think » pour son modèle Gemini 3 Pro, réservé aux abonnés de l’offre Google AI Ultra. Le journal explique que ce mode permet de traiter des problèmes complexes en explorant plusieurs hypothèses en parallèle et améliore les performances sur plusieurs benchmarks internationaux, après un déploiement retardé pour des tests de sécurité. L’article illustre la course à la puissance dans le domaine de l’IA de pointe et la place croissante donnée aux enjeux de sûreté.
En contrepoint, Nahar consacre un commentaire au lien entre banalisation de ces outils et « test d’indépendance mentale ». L’article s’interroge sur ce qu’il advient de la capacité humaine à analyser, formuler et résoudre des problèmes lorsque la génération de réponses élaborées devient automatique, et souligne que la question dépasse le seul champ technique pour toucher à la fonction même de la pensée. Selon le quotidien, l’enjeu n’est pas de diaboliser la technologie, mais de fixer des règles d’usage qui maintiennent l’effort de réflexion, en particulier dans les domaines éducatifs et professionnels, afin que l’IA reste un outil d’appoint et ne devienne pas un substitut silencieux au travail intellectuel.
Le tournant Starlink pour l’Internet au Liban
Au niveau local, la question des infrastructures numériques occupe une place croissante dans le débat. Dans sa page économique, Ad Diyar revient sur la possible entrée en service de Starlink au Liban, présentée comme une étape transitoire pour compenser la dégradation des réseaux traditionnels. Le journal rappelle que la qualité de l’Internet s’est nettement dégradée depuis 2019, sous l’effet de la crise financière, de la baisse des investissements et des difficultés à maintenir les équipements en état, au point que le secteur peine à assurer l’entretien de ses générateurs et le renouvellement de ses équipements.
L’expert en technologies Amir Tabsh, interrogé par Ad Diyar, décrit Starlink comme une « phase transitoire nécessaire » permettant aux grandes entreprises, aux usines et aux institutions de disposer d’une connexion haut débit en attendant le déploiement du réseau national de fibre optique annoncé par le ministre des Télécoms Charbel Haj pour une durée de trois ans. Selon l’analyse publiée par le quotidien, le coût de cette solution restera trop élevé pour un usage domestique massif et ne peut donc pas être considéré comme une réponse définitive aux problèmes d’accès des ménages, mais il est jugé crucial pour retenir des investisseurs qui ont délocalisé leurs activités vers Chypre, la Jordanie ou d’autres pays voisins.
Ad Diyar met également en avant les résistances que suscite ce projet parmi certains fournisseurs d’Internet existants, que le journal n’hésite pas à qualifier de « mafias de l’Internet non officiel », soucieuses de préserver leurs rentes dans les zones mal desservies. Le dossier est actuellement bloqué devant l’Autorité de régulation des télécommunications, note le quotidien, ce qui nourrit la perception que les intérêts particuliers continuent de peser lourdement sur les choix technologiques. Pour l’auteur, l’enjeu dépasse la seule question de la bande passante et renvoie à la capacité de l’État libanais à imposer un modèle d’Internet légal, transparent et compétitif, plutôt qu’un système fragmenté où la connectivité reste un privilège pour les acteurs les plus solvables.



