mercredi, février 4, 2026

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Un drone israélien largue une grenade assourdissante près des casques bleus de la FINUL à Kfarkela

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Les casques bleus de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) ont rapporté un incident préoccupant survenu mardi matin près de la localité de Kfarkela, dans le sud du Liban, impliquant des drones israéliens. Lors d’une patrouille de routine, deux drones ont survolé de manière agressive les positions des casques bleus, l’un d’eux transportant un objet non identifié et s’approchant à une distance constituant une menace immédiate pour leur sécurité. Les casques bleus ont alors pris des mesures défensives conformes aux protocoles établis. Le drone a largué une grenade assourdissante qui a explosé à environ cinquante mètres des casques bleus avant de regagner le territoire israélien. Aucune blessure n’a été signalée, et la patrouille a pu se poursuivre. La FINUL a informé les armées israélienne et libanaise de cette activité la veille, comme elle le fait pour toutes les opérations dans les zones sensibles près de la Ligne bleue.

Cet épisode s’inscrit dans une série de tensions persistantes le long de la frontière libano-israélienne, où les violations récurrentes mettent en péril la stabilité régionale. La FINUL a condamné l’utilisation de drones armés, qualifiant cet acte d’inacceptable et exhortant l’armée israélienne à respecter la Ligne bleue, à garantir la sécurité des casques bleus et à cesser les attaques à leur encontre ou à proximité. « Une telle action des Forces de défense israéliennes viole la résolution 1701 et le droit international, entrave les tâches mandatées par le Conseil de sécurité aux casques bleus et met en risque les efforts pour reconstruire la stabilité le long de la Ligne bleue », a déclaré la FINUL dans un communiqué.

Détails précis de l’incident à Kfarkela

La patrouille de la FINUL se déroulait dans un secteur sensible près de Kfarkela, une zone frontalière souvent sujette à des incidents. Les deux drones israéliens ont adopté un comportement agressif, survolant à basse altitude les positions des casques bleus. L’un des appareils, équipé d’un objet non identifié, s’est approché à une distance critique, forçant les casques bleus à adopter une posture défensive. Conformément aux règles d’engagement de la FINUL, qui autorisent des mesures proportionnées pour protéger le personnel, les casques bleus ont réagi sans escalade. La grenade assourdissante, larguée par le drone, a explosé à une cinquantaine de mètres, produisant un bruit intense et une onde de choc destinée à désorienter sans causer de dommages physiques graves. Bien que personne n’ait été blessé, cet acte a été perçu comme une provocation directe, risquant de compromettre la mission de surveillance et de maintien de la paix.

La FINUL, qui opère avec environ 10 000 casques bleus issus de plus de quarante pays, effectue quotidiennement des patrouilles pour monitorer le respect de la cessation des hostilités établie par la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies. Dans ce cas précis, l’information préalable aux armées concernées visait à éviter toute méprise, mais l’incident démontre les défis persistants dans la coordination. Les casques bleus ont continué leur mission sans interruption majeure, soulignant leur engagement malgré les risques accrus. Ce type d’événement, impliquant des technologies comme les drones, illustre l’évolution des méthodes employées dans les confrontations frontalières, où les acteurs cherchent à tester les limites sans engagement direct massif.

Le contexte immédiat des tensions frontalières

Cet incident survient dans un climat de fragilité postérieure à l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024, qui avait mis fin à une escalade intense entre Israël et le Hezbollah. Malgré cet accord, les violations de la souveraineté libanaise se multiplient, avec des survols aériens, des tirs et des incursions signalés régulièrement. Le gouvernement libanais a documenté plus de 2 000 breaches de sa souveraineté au cours des trois derniers mois de 2025, incluant des survols de drones et des bombardements. Le ministère des Affaires étrangères libanais a déposé une plainte auprès des Nations unies en janvier 2026, appelant le Conseil de sécurité à contraindre Israël à un retrait complet au-delà des frontières internationalement reconnues et à cesser les attaques contre la FINUL.

La Ligne bleue, établie en 2000 pour marquer le retrait israélien du Liban, reste un point de friction majeur. Les fermes de Chebaa, revendiquées par le Liban mais occupées par Israël, alimentent les disputes territoriales. L’armée israélienne justifie souvent ses actions par la nécessité de contrer des menaces potentielles du Hezbollah, qui maintient une présence armée dans le sud du Liban malgré les obligations de la résolution 1701. Cette dernière exige le désarmement des groupes non étatiques au sud du fleuve Litani et l’établissement d’une zone démilitarisée. Cependant, les rapports de la FINUL indiquent que des positions du Hezbollah persistent à proximité des postes onusiens, posant des risques sécuritaires constants.

Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a rappelé que de telles actions non seulement restreignent la capacité des casques bleus à exécuter leur mandat, mais mettent aussi en danger leur santé et celle des civils. Dans un incident antérieur, survenu le 1er février 2026, l’armée israélienne a largué une substance chimique non toxique près de la Ligne bleue, forçant la suspension de plus d’une douzaine d’activités de la FINUL pendant neuf heures. Les casques bleus ont assisté l’armée libanaise dans la collecte d’échantillons pour des tests de toxicité.

L’historique de la FINUL et de la résolution 1701

La FINUL a été créée en 1978 par la résolution 425 du Conseil de sécurité, suite à l’invasion israélienne du sud du Liban, pour confirmer le retrait israélien, restaurer la paix et assister le gouvernement libanais à rétablir son autorité. Initialement dotée de 2 000 casques bleus, sa mission s’est complexifiée avec les conflits successifs. En 1982, lors de l’opération Paix pour la Galilée, les forces israéliennes ont occupé une grande partie du Liban, y compris Beyrouth, entraînant des incidents avec la FINUL. Des manifestations et des échanges de tirs ont marqué cette période, soulignant les limites de la force onusienne face à des acteurs armés puissants.

Le mandat de la FINUL a été renforcé en 2006 par la résolution 1701, adoptée à l’issue de la guerre entre Israël et le Hezbollah, qui a causé plus de 1 200 morts au Liban et 160 en Israël. Cette résolution appelle à une cessation complète des hostilités, au déploiement de l’armée libanaise au sud du Litani, au désarmement de tous les groupes armés non étatiques et au respect de la Ligne bleue. La FINUL a vu ses effectifs portés à 15 000 casques bleus, avec l’autorisation d’utiliser la force pour protéger son personnel et empêcher les activités hostiles. Pourtant, depuis 2006, plus de 30 attaques directes sur des positions de la FINUL ont été recensées, principalement par des forces israéliennes, avec 208 tirs proches.

En 2006, durant la guerre, des postes de la FINUL ont été bombardés, tuant quatre observateurs non armés à Khiam. Un rapport de la Commission d’enquête sur le Liban a conclu que ces attaques étaient injustifiées. Post-2006, les violations aériennes israéliennes quotidiennes ont persisté, avec des drones survolant l’espace aérien libanais sans entrave. En 2018, des combattants du Hezbollah ont attaqué des casques bleus près de Majdel Zoun, saisissant des armes et incendiant des véhicules. La même année, un officier de la FINUL a rapporté que certains casques bleus fournissaient des renseignements au Hezbollah sur les positions israéliennes.

Une série d’incidents récents impliquant la FINUL

Les mois récents ont vu une multiplication des incidents. Le 26 décembre 2025, des tirs de mitrailleuse lourde depuis des positions des Forces de défense israéliennes au sud de la Ligne bleue ont impacté près d’une patrouille de la FINUL. Le 5 décembre 2025, des frappes aériennes israéliennes ont été observées dans les villages de Marounah, Majadel et Baraashit, qualifiées de violations claires de la résolution 1701. La nuit suivante, une patrouille a été approchée par six hommes sur trois mobylettes près de Bint Jbeil, l’un d’eux tirant trois coups dans l’arrière du véhicule. Aucune blessure n’a été rapportée, mais ces actes ont été condamnés comme inacceptables.

En janvier 2026, le 14, deux obus de mortier éclairants ont frappé l’héliport et la porte principale d’une position de la FINUL au sud-ouest de Yaroun, forçant les casques bleus à se mettre à l’abri. La FINUL a envoyé une demande d’arrêt des tirs à l’armée israélienne. Le 3 janvier 2026, des forces israéliennes ont attaqué une position de la FINUL dans le sud du Liban. Plus tôt, en novembre 2025, une patrouille a été ciblée par des tirs de chars israéliens, obstruant le déploiement de l’armée libanaise.

Le 2 février 2026, la FINUL a dénoncé le largage par des avions israéliens de substances chimiques non identifiées près de la Ligne bleue, incluant des terres agricoles, forçant la suspension des patrouilles sur un tiers de la ligne pendant plus de neuf heures. « Cette activité était inacceptable et contraire à la résolution 1701 », a déclaré la FINUL, notant que de telles actions délibérées limitent non seulement les tâches mandatées mais mettent en danger la santé des casques bleus et des civils. Ce n’est pas la première fois que l’armée israélienne libère des substances chimiques non identifiées sur le Liban.

Les dynamiques géopolitiques entre Israël, le Hezbollah et le Liban

Les tensions le long de la Ligne bleue reflètent des dynamiques plus larges impliquant Israël, le Hezbollah et l’État libanais. Le Hezbollah, soutenu par l’Iran, maintient une capacité militaire significative dans le sud, malgré les appels au désarmement. Israël perçoit cette présence comme une menace existentielle, justifiant ses opérations pour neutraliser des infrastructures potentielles. Le gouvernement libanais, dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam depuis février 2025, navigue entre influences confessionnelles : sunnites à Tripoli, chiites au sud, avec des coalitions évoluant rapidement.

Le cabinet de Nawaf Salam, composé de 24 ministres, inclut des figures comme le ministre des Affaires étrangères Joe Rajji et le ministre de la Défense Michel Menassa. Le ministère des Affaires étrangères a appelé à une pression sur Israël pour cesser les attaques contre la FINUL, qui continue de faire des sacrifices pour la stabilité régionale. L’armée libanaise, en coordination avec la FINUL, collecte des échantillons lors d’incidents comme celui du 1er février, mais ses capacités restent limitées face aux défis économiques : dette élevée, inflation persistante, selon les rapports récents du FMI.

Les influences régionales, avec les États-Unis et la France médiatisant via le « Mécanisme » établi post-cessez-le-feu 2024, visent à désarmer le Hezbollah et assurer l’adhésion au cessez-le-feu. Cependant, le focus sur le désarmement plutôt que sur les violations mutuelles a été critiqué. L’absence d’une présence internationale post-FINUL, dont le mandat expire fin 2026, pourrait encourager des actions escaladant en conflit. Le Premier ministre Salam a insisté sur la nécessité d’une force internationale, préférablement onusienne, pour sa neutralité.

Les implications immédiates pour la sécurité régionale

L’incident de Kfarkela met en lumière les risques immédiats pour les casques bleus, dont cinq ont été blessés depuis octobre 2024 lors d’opérations au sol israéliennes. Des tirs directs sur des bases clairement marquées, comme à Naqoura, ont causé des inhalations de fumée. Quarante pays contributeurs ont condamné ces attaques, soulignant leur impact sur la stabilité.

Ces événements interfèrent avec les efforts de reconstruction au sud du Liban, où près de 65 000 résidents restent déplacés suite aux dommages de la guerre 2023-2024 et aux démolitions contrôlées par les Forces de défense israéliennes. Les bases avancées israéliennes sur des collines libanaises et la zone tampon no-go adjacente à la Ligne bleue compliquent le retour des civils. La FINUL sert d’intermédiaire vital pour la communication et la désescalade, mais sans elle, les incidents routiniers risquent une escalade rapide.

Dans l’incident chimique du 1er février, les casques bleus n’ont pu opérer sur un tiers de la Ligne bleue, illustrant comment de telles actions obstruent la mission. L’assistance à l’armée libanaise pour tester la toxicité souligne la coopération, mais soulève des préoccupations environnementales et sanitaires pour les terres agricoles affectées. Des incidents similaires en Syrie du sud approfondissent les craintes de risques transfrontaliers.

Le mandat de la FINUL, renouvelé une dernière fois jusqu’à fin 2026, fait face à des critiques pour son échec à empêcher les violations aériennes israéliennes quotidiennes et l’expansion militaire du Hezbollah depuis 2020, incluant des postes d’observation et des champs de tir le long de la Ligne bleue. Malgré cela, la force reste essentielle pour contenir les crises, comme en témoigne son rôle dans la gestion des incidents localisés. Les implications immédiates incluent un accroissement des tensions, avec des appels renouvelés à respecter le droit international pour préserver les efforts de stabilité.

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