Liban-Israël : l’accord qui fige la zone de sécurité
La déclaration de Benjamin Netanyahou sur le maintien d’Israël dans la zone de sécurité change la portée de l’accord-cadre signé à Washington. Israël accepte un retrait partiel, mais conserve une présence militaire au Sud-Liban. Le Liban, qui exigeait un retrait total, accepte une transition sans calendrier définitif. L’armée libanaise se retrouve au centre d’un dispositif délicat, entre restauration de la souveraineté et risque d’être accusée de sécuriser indirectement des troupes israéliennes.
Hamas : l’absent révélateur des pourparlers
Le Hamas apparaît comme le grand absent des discussions entre l’Iran, les États-Unis et les acteurs de la désescalade régionale. Cette absence interroge la nature de l’attaque du 7 octobre 2023.
Sud-Liban : Israël face à son Verdun politique
La guerre au Sud-Liban ne se mesure pas seulement au nombre de frappes, aux destructions ou à la supériorité technologique israélienne. Israël peut gagner des batailles tactiques tout en échouant stratégiquement. Le Hezbollah, malgré ses pertes, a choisi l’attrition : survivre, maintenir un coût humain et empêcher Israël d’imposer un ordre durable. La bataille d’Ali Tahir et les sondages israéliens sur l’Iran montrent que le récit d’une victoire israélienne est profondément contesté.
Dossier libanais : le prix des erreurs des autorités beyrouthines
Le dossier libanais n’est plus seulement traité dans le canal de Washington entre le Liban, Israël et les États-Unis. Il dépend désormais des négociations Iran-USA, où le cessez-le-feu au Sud-Liban est devenu une clause régionale. Cette évolution sanctionne plusieurs erreurs libanaises : retrait de l’armée de positions sensibles, rupture du canal officiel avec l’Iran et traitement du désarmement du Hezbollah comme une promesse préalable plutôt que comme une carte de négociation.
Accords suisses : le Liban verrou stratégique
Les accords suisses issus du premier tour des pourparlers entre l’Iran et les États-Unis installent le Liban comme premier test du compromis. Le document iranien MINAB 168 met en avant cinq points : mécanisme de gestion des conflits au Liban, ligne directe sur Ormuz, groupes techniques conditionnés à l’article 13, accord Iran-Qatar sur les avoirs gelés et exemption pétrolière américaine. La portée réelle dépendra des textes d’application et du terrain.
Youssef Rajji écarté par la présidence dans les négociations avec Israël ?
Le rôle de Youssef Rajji dans les négociations entre le Liban et Israël est devenu un sujet politique central. Sans annonce officielle, le ministre des affaires étrangères semble moins présent dans les canaux décisifs, au profit de la présidence, de l’armée, de Nabih Berri et des médiations américaines. L’épisode de l’ambassadeur iranien, que la présidence aurait voulu limiter à un blâme selon des rumeurs politiques, a fragilisé sa méthode et renforcé les canaux officieux liés au Hezbollah.
Émirats arabes unis : les perdants du conflit iranien
Les Émirats arabes unis apparaissent comme l’un des perdants indirects du conflit avec l’Iran. Leur modèle reposait sur trois piliers : le rôle de Dubaï comme plateforme de réexportation vers l’Iran sous sanctions, la solidité des revenus pétroliers d’Abou Dhabi et l’image d’un refuge financier sûr au cœur du Golfe. La guerre a fragilisé ces trois avantages en même temps, tout en révélant les limites du parapluie sécuritaire américain et le coût politique de la normalisation avec Israël.
Ormuz : l’Iran peut gagner la paix ou la perdre
L’Iran sort renforcé du conflit avec les États-Unis et Israël, mais sa victoire reste fragile. En transformant le détroit d’Ormuz en levier de dissuasion, Téhéran a acquis un avantage stratégique majeur. Mais s’il cherche à monnayer ce passage ou à imposer des restrictions durables, il risque de provoquer une coalition hostile, d’accélérer les routes alternatives et de transformer la paix en nouvelle crise régionale.
États-Unis-Israël : l’indépendance retrouvée ?
À l’approche du 250e anniversaire de leur indépendance, les États-Unis semblent réévaluer leur relation avec Israël. Les accords d’Islamabad, conclus avec l’Iran malgré les réserves israéliennes, ont révélé une divergence devenue publique entre Washington et Benjamin Netanyahu. L’influence de l’AIPAC, l’aide militaire annuelle, les affaires d’espionnage, le virage de l’opinion américaine et la poussée « America First » redessinent les contours d’une alliance longtemps présentée comme intangible.
Mémorandum d’Islamabad : le Liban au cœur du deal Iran-USA
Le mémorandum d’Islamabad entre les États-Unis et l’Iran place le Liban dans la première clause du projet d’accord. Le texte prévoit l’arrêt permanent des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban, et mentionne la garantie de l’intégrité territoriale et de la souveraineté libanaises. Mais cette formule devra être traduite en mécanismes précis : retrait israélien, retour des déplacés, rôle de l’armée libanaise et surveillance internationale.
Accord Iran-USA : les 14 points d’un deal sous tension
Le projet d’accord en quatorze points entre l’Iran et les États-Unis prévoit un cessez-le-feu général, une période de négociation de soixante jours, la réouverture du détroit d’Ormuz, la levée progressive des sanctions et un programme économique de 300 milliards de dollars. Mais la partie libanaise reste l’un des points les plus sensibles : le Liban est bien mentionné dans le cessez-le-feu, sans garanties publiques claires sur le retrait israélien du Sud ni sur le retour des déplacés.
Smotrich et Ben Gvir défient Trump en voulant occuper le Sud-Liban
Bezalel Smotrich affirme qu’Israël ne se retirera pas du Sud-Liban après la signature attendue de l’accord entre les États-Unis et l’Iran. Itamar Ben Gvir défend, lui, la poursuite du contrôle israélien et des destructions, même contre l’avis de Donald Trump. Pour le Liban, ces déclarations installent une inquiétude majeure : la diplomatie américaine peut-elle produire une désescalade réelle si les ministres israéliens assument une occupation durable et empêchent le retour des habitants ?
Leçon d’une guerre perdue pour les USA ou comment le dossier iranien est devenu...
L’Institut Montaigne dresse une analyse sévère de la guerre menée contre l’Iran. L’opération devait affaiblir la République islamique, réduire son programme nucléaire et restaurer la dissuasion américaine. Elle aurait produit l’effet inverse : un Iran plus central, un Golfe plus méfiant, une relation américano-israélienne plus tendue et une Europe marginalisée. Le dossier iranien devient ainsi une leçon sur les limites de la puissance brute.
Israël cherche-t-il l’escalade au Sud-Liban ?
Vue du Liban, l’escalade israélienne au Sud-Liban interroge directement la solidité de l’accord en préparation entre les États-Unis et l’Iran. Les frappes, les incursions et le maintien de forces israéliennes interviennent alors que Washington cherche à conclure rapidement avec Téhéran. Benjamin Netanyahu, soumis à une pression électorale et à une opinion israélienne favorable à une ligne dure, prend le risque de tendre sa relation privilégiée avec Donald Trump.




















