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L’indice des prix à la consommation au Liban en décembre 2025 : une hausse mensuelle de 0,01 % et un taux d’inflation annuel à 12,23 %

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Le Liban a enregistré une augmentation légère de son indice des prix à la consommation (IPC) en décembre 2025, avec une hausse de 0,01 % par rapport à novembre 2025, selon les données publiées par l’Administration centrale de la statistique (CAS). Cette évolution modeste reflète une stabilisation relative des prix dans un contexte économique marqué par la dollarisation croissante et la stabilité du taux de change depuis mi-2023. Parallèlement, le taux d’inflation annuel s’est établi à 12,23 % en décembre 2025 par rapport à décembre 2024, marquant un ralentissement notable par rapport aux mois précédents. Le taux moyen d’inflation pour l’ensemble de l’année 2025 s’élève quant à lui à 14,80 %, un niveau bien inférieur aux pics observés les années antérieures, mais qui témoigne toujours des pressions persistantes sur l’économie libanaise.

Cette publication intervient alors que le Liban continue de naviguer entre défis internes et externes. La stabilité du taux de change livre libanaise-dollar américain, maintenue autour de 89 500 livres pour un dollar depuis août 2023, a contribué à atténuer les fluctuations des prix importés, qui représentent une part significative de la consommation nationale. Cependant, les tensions régionales, notamment les perturbations des chaînes d’approvisionnement dues aux conflits voisins, ont exercé une pression à la hausse sur certains secteurs. « La modération de l’inflation est le résultat d’une combinaison de facteurs, dont la dollarisation des biens et services et une demande intérieure affaiblie », a déclaré un porte-parole du ministère des Finances libanais lors d’une conférence de presse récente, soulignant l’impact de la faiblesse du pouvoir d’achat sur la limitation des hausses de prix.

Une hausse mensuelle contenue, reflet d’une économie sous contrainte

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La hausse mensuelle de 0,01 % en décembre 2025 est la plus faible enregistrée depuis plusieurs mois, contrastant avec les augmentations plus marquées observées plus tôt dans l’année. Selon les détails fournis par la CAS, cette évolution s’explique par un équilibre précaire entre les catégories de dépenses. Les prix des aliments et boissons non alcoolisées, qui pèsent pour 20 % dans l’indice, ont augmenté de 0,5 %, principalement en raison de la hausse des coûts d’importation des produits de base comme les céréales et les huiles. Les boissons alcoolisées et le tabac ont connu une progression similaire de 0,96 %, tandis que les restaurants et hôtels ont vu leurs tarifs grimper de 0,95 %.

À l’inverse, certaines catégories ont enregistré des baisses ou une stabilité qui ont compensé ces hausses. Les vêtements et chaussures ont diminué de 2,1 %, reflétant une saisonnalité et une demande faible en fin d’année. Le logement, l’eau, l’électricité, le gaz et autres combustibles, représentant 28,4 % de l’indice, ont augmenté de 1,91 %, mais cette progression a été atténuée par une baisse des coûts des combustibles liquides de 1,45 %. Les transports, avec un poids de 13,1 %, ont progressé de 1,77 %, tirés par les fluctuations des prix du carburant international, bien que modérés par la stabilité locale.

Cette dynamique mensuelle illustre les contraintes structurelles de l’économie libanaise. La Banque du Liban (BDL) a maintenu une politique de contrôle strict des liquidités en devises, limitant les importations spéculatives et stabilisant les prix des biens essentiels. Néanmoins, les interruptions occasionnelles dans les ports et les routes commerciales, liées aux tensions au Sud-Liban et à la frontière syrienne, ont entraîné des coûts logistiques supplémentaires estimés à 5-10 % pour certains importateurs, selon des rapports du ministère de l’Économie.

Évolution par catégories : une modération généralisée mais inégale

L’analyse détaillée des catégories révèle une modération des prix dans la plupart des secteurs, avec quelques accélérations notables. Les aliments et boissons non alcoolisées ont vu leur inflation annuelle passer de 17 % en novembre à 14,6 % en décembre, grâce à une meilleure disponibilité des produits agricoles locaux malgré les défis climatiques. Les transports ont ralenti à 3,2 % contre 5,4 % le mois précédent, bénéficiant d’une baisse relative des prix du pétrole brut sur les marchés mondiaux, où le Brent a oscillé autour de 75 dollars le baril.

L’éducation, un secteur sensible pour les ménages libanais, a enregistré une inflation annuelle de 35,9 % contre 76,8 % en novembre, reflétant l’ajustement des frais scolaires en début d’année scolaire et une relative stabilisation ensuite. Les vêtements et chaussures ont chuté à 2 % contre 7,1 %, tandis que les boissons alcoolisées et le tabac ont ralenti à 8,1 % contre 8,5 %. La récréation, les divertissements et la culture ont vu leur taux passer à 31,6 % contre 39,8 %, et les restaurants et hôtels à 7,6 % contre 9,7 %.

En revanche, le logement et les utilités ont accéléré à 17,2 % contre 15,4 %, en raison de la hausse des loyers réels et des coûts de l’énergie. La santé est restée stable à 2,2 %. Des déflations ont approfondi dans les communications (-0,7 % contre -0,5 %) et les meubles et équipements ménagers (-1,6 % contre -1,1 %), illustrant la faiblesse de la demande pour les biens durables. Ces tendances soulignent une économie où la consommation est freinée par l’érosion des salaires réels, estimée à 20-30 % depuis 2019, selon des estimations du Fonds monétaire international (FMI).

CatégoriePoids (%)Variation mensuelle (%)Variation annuelle (%)
Aliments et boissons non alcoolisées200,5714,6
Boissons alcoolisées, tabac1,40,968,1
Vêtements et chaussures5,2-2,12
Logement, eau, électricité, gaz28,41,9117,2
Meubles et équipements ménagers3,80,47-1,6
Santé7,70,032,2
Transports13,11,773,2
Communications4,50,1-0,7
Récréation et culture2,40,0931,6
Éducation6,6035,9
Restaurants et hôtels2,80,957,6
Biens et services divers4,19,1821,6

Cette tableau met en évidence les disparités sectorielles, avec les biens essentiels comme le logement et l’alimentation restant sous pression, tandis que les biens non essentiels bénéficient d’une demande atone.

Variations régionales : des disparités persistantes entre gouvernorats

Les variations mensuelles de l’IPC par gouvernorat révèlent des disparités géographiques marquées, liées aux structures économiques locales et aux impacts des tensions régionales. À Beyrouth, l’indice a augmenté de 0,40 %, porté par les hausses dans le logement et les services. Dans le Mont-Liban, la progression a été de 0,41 %, avec des pressions similaires sur les utilités.

Le Nord a enregistré une hausse de 0,06 %, reflétant une économie plus agricole et moins exposée aux importations. La Békaa a connu une baisse de 0,29 %, grâce à une meilleure production locale de produits alimentaires. Le Sud a vu une diminution significative de 1,62 %, impacté par les disruptions sécuritaires qui ont réduit la consommation. Enfin, Nabatié a enregistré un recul de 1,19 %, avec des baisses dans les transports et les biens durables.

Ces écarts soulignent les vulnérabilités régionales : le Sud et Nabatié, proches des zones de tension avec Israël, ont souffert de perturbations dans les approvisionnements, tandis que Beyrouth et le Mont-Liban, centres économiques, absorbent mieux les chocs grâce à une dollarisation plus avancée. « Les gouvernorats du Sud font face à des coûts supplémentaires dus aux fermetures intermittentes de routes », a indiqué un représentant du ministère des Travaux publics, citant des pertes logistiques évaluées à plusieurs millions de dollars mensuels.

L’inflation moyenne pour 2025 : un ralentissement bienvenu mais fragile

Le taux moyen d’inflation pour l’année 2025 s’établit à 14,80 %, un net recul par rapport aux 45,24 % de 2024 et aux 221,3 % de 2023. Cette décélération s’explique par la stabilisation monétaire impulsée par la BDL, qui a injecté des devises pour soutenir la livre et limiter l’hyperinflation post-crise de 2019. Les années précédentes avaient été marquées par des spirales inflationnistes : 171,21 % en 2022, 154,8 % en 2021, 84,9 % en 2020, et des taux plus modérés comme 2,90 % en 2019 ou 6,07 % en 2018.

Malgré ce progrès, l’inflation reste élevée comparée aux standards régionaux. Le FMI, dans son rapport d’octobre 2025, a noté que « la stabilité du taux de change est un pilier, mais sans réformes structurelles, comme la restructuration de la dette et la réforme bancaire, le risque de rechute persiste ». Les projections pour 2026 anticipent une inflation autour de 13 %, sous réserve d’une amélioration de la situation sécuritaire.

Contexte économique : entre stabilisation et défis persistants

L’économie libanaise en 2025 a connu une croissance modeste estimée à 2-3 % par la Banque mondiale, soutenue par les transferts de la diaspora et le tourisme estival. Cependant, la dette publique, toujours autour de 150 % du PIB, et le déficit budgétaire chronique limitent les marges de manœuvre. La dollarisation, estimée à 80 % des transactions, a stabilisé les prix mais creusé les inégalités, avec un salaire minimum réel érodé à moins de 100 dollars mensuels pour beaucoup.

Les tensions géopolitiques ont exacerbé les coûts : les incidents à la frontière sud ont augmenté les primes d’assurance pour les importations de 15-20 %, selon des opérateurs portuaires. Par ailleurs, la coopération avec l’ONU via la FINUL a permis de maintenir certains corridors ouverts, évitant une escalade des prix énergétiques. « La coordination avec les forces internationales est cruciale pour sécuriser les approvisionnements », a affirmé un porte-parole du gouvernement libanais.

Évolution sur l’année 2025 : un focus sur les données de janvier

Pour contextualiser la fin d’année, il convient d’examiner le début de 2025, où l’inflation était plus prononcée. En janvier 2025, l’IPC national avait augmenté de 1,10 % par rapport à décembre 2024, avec un taux annuel de 16,09 % comparé à janvier 2024. Les aliments et boissons non alcoolisées avaient progressé de 0,57 %, les transports de 1,77 %, et les biens divers de 9,18 %.

Par gouvernorat, Beyrouth avait enregistré 0,61 %, le Mont-Liban 1,44 %, le Nord 1,05 %, la Békaa -0,07 %, le Sud 0,15 %, et Nabatié 2,62 %. Ces chiffres initiaux reflétaient les ajustements post-fêtes et les hausses saisonnières dans l’énergie, avec une indexation plus forte dans les zones urbaines. Au fil des mois, la modération s’est installée, passant d’un pic de 16,4 % en octobre à 12,2 % en décembre, illustrant une trajectoire descendante soutenue par des interventions monétaires.

Les implications immédiates des données récentes

Les données de décembre 2025 mettent en lumière les effets immédiats sur les ménages : avec une inflation alimentaire à 14,6 %, les familles à faible revenu, représentant 40 % de la population selon l’ONU, voient leur budget alimentaire absorber jusqu’à 60 % des dépenses. Les hausses dans le logement, à 17,2 %, aggravent la crise du logement, avec des loyers en dollars inaccessibles pour beaucoup. Dans le Sud, les baisses mensuelles de 1,62 % masquent des pénuries localisées dues aux incidents sécuritaires, où les prix des combustibles ont fluctué de 5 % en moyenne hebdomadaire.

Sur le plan macroéconomique, cette modération facilite les négociations avec le FMI pour un programme d’aide, conditionné à des réformes fiscales. Le gouvernement, via son porte-parole, a indiqué que « ces chiffres encourageants renforcent notre engagement envers une stabilité durable », tout en soulignant les risques liés aux chocs externes. Les variations régionales, avec des reculs dans la Békaa et le Sud, indiquent une résilience agricole locale, mais aussi une vulnérabilité aux aléas climatiques et sécuritaires qui pourraient inverser la tendance en 2026.

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