vendredi, février 20, 2026

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Donald Trump annonce travailler sur des « choses très importantes » concernant le Liban lors de la première réunion du Board of Peace

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Le président américain Donald Trump a évoqué, lors de la première réunion du Board of Peace à Washington, les efforts en cours pour résoudre les problèmes liés au Liban, soulignant leur importance dans le cadre plus large de la stabilisation du Moyen-Orient. « Nous avons le Liban avec certaines choses sur lesquelles nous travaillons et qui sont très importantes », a déclaré Donald Trump. Il a ajouté : « Nous devons résoudre le problème du Liban, mais c’est relativement petit par rapport à ce qui a été fait. » Ces propos interviennent dans un contexte où le Liban fait face à des défis multiples, incluant la mise en œuvre d’un plan de désarmement du Hezbollah, des tensions frontalières persistantes avec Israël et une crise économique profonde nécessitant des réformes urgentes.

Cette déclaration de Donald Trump, prononcée jeudi lors de cette réunion inaugurale, met en lumière l’attention portée par l’administration américaine au dossier libanais, perçu comme un obstacle résiduel à la paix régionale après les avancées sur le cessez-le-feu à Gaza et la neutralisation du potentiel nucléaire iranien. Le Board of Peace, une initiative lancée sous l’égide des États-Unis et approuvée par le Conseil de sécurité des Nations unies en novembre dernier, rassemble une vingtaine d’États membres et autant d’observateurs internationaux pour superviser la reconstruction de Gaza et promouvoir une harmonie au Moyen-Orient. Donald Trump a insisté sur les contributions financières substantielles, notamment plus de 7 milliards de dollars provenant de pays comme les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, le Qatar et le Maroc, tout en soulignant que les États-Unis ont également été généreux.

Le Liban, selon les termes du président américain, représente « l’unique chose qui se dresse actuellement sur le chemin » d’une paix plus large, bien que qualifiée de « relativement petite » comparée aux accomplissements en matière de cessez-le-feu à Gaza et de démantèlement des capacités nucléaires iraniennes. Cette perspective s’inscrit dans une dynamique où Washington pousse pour une consolidation de la souveraineté libanaise, incluant le contrôle étatique sur l’ensemble du territoire et le désarmement des milices non étatiques, en particulier le Hezbollah.

Le contexte de la réunion du Board of Peace

La première session du Board of Peace s’est tenue à Washington, marquant un jalon dans les efforts post-conflit au Moyen-Orient. Donald Trump a rappelé les succès diplomatiques de son administration, affirmant que la guerre à Gaza est terminée, avec un cessez-le-feu tenu depuis octobre dernier et le retour de tous les otages, vivants ou décédés. Il a mis en avant l’élimination du potentiel nucléaire iranien comme clé de voûte de cette paix, déclarant : « La clé était de se débarrasser du potentiel nucléaire parce que l’Iran aurait eu une arme nucléaire d’ici un mois, basé sur tout ce que nous avons découvert. Nous ne pouvons pas laisser cela arriver. » Le Board of Peace, réuni pour la première fois après une approbation unanime du Conseil de sécurité en novembre et une rencontre à Davos en janvier, vise à reconstruire Gaza en la rendant « sûre et unifiée », avec une implication active de la Banque mondiale pour mobiliser des financements et dé-risquer les investissements privés.

Dans ce cadre, le Liban émerge comme un dossier interconnecté, où les États-Unis perçoivent les activités du Hezbollah comme un frein à la stabilité régionale. Les remarques de Donald Trump soulignent une approche, où le Liban est vu comme un problème gérable, mais nécessitant une résolution rapide pour consolider les gains en matière de paix.

Les enjeux libanais au cœur des préoccupations américaines

Les déclarations de Donald Trump reflètent une politique américaine ferme envers le Liban, axée sur le renforcement de l’autorité étatique et la limitation des armes aux forces officielles. Le cabinet libanais, formé en février 2025 sous la direction du Premier ministre Nawaf Salam, a mandaté l’armée libanaise pour élaborer un plan de désarmement des groupes armés non étatiques, en ligne avec la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée en 2006. Cette résolution appelle à l’extension du contrôle gouvernemental sur tout le territoire libanais, au désarmement de toutes les milices et au déploiement exclusif des forces armées libanaises au sud du Litani.

Le gouvernement Salam, composé de 24 ministres, inclut des figures clés comme le ministre des Finances Yassin Jaber, affilié au mouvement Amal, le ministre de la Santé Rakan Nasreddine et le ministre du Travail Muhammad Haidar, tous deux liés au Hezbollah, ainsi que le ministre de la Défense Michel Mnassah et le ministre des Affaires étrangères Youssef Rajji. Malgré la présence de cinq ministres chiites, dont deux du Hezbollah et trois d’Amal, le cabinet a obtenu des garanties pour éviter un « tiers de blocage » qui permettrait aux alliés du Hezbollah de vetoer des décisions. Nawaf Salam a déclaré que le cabinet prioriserait les réformes financières, la reconstruction et l’application de la résolution 1701 pour assurer la stabilité à la frontière.

Les tensions persistantes à la frontière sud

Les propos de Donald Trump interviennent alors que les violations du cessez-le-feu de novembre 2024 se multiplient à la frontière libano-israélienne. Entre le 9 et le 15 février, les opérations israéliennes en territoire libanais ont causé la mort de neuf personnes, dont trois operatives du Hezbollah et trois présumés membres du Jihad islamique palestinien, avec un blessé non identifié. Les forces israéliennes ont mené des raids aériens et terrestres, ciblant des infrastructures du Hezbollah dans des localités comme Alma al-Chaab, Naqoura, Yaroun et Khiam. Le 9 février, deux operatives du Hezbollah, un officier libanais et son fils de trois ans ont été tués lors d’une opération.

L’armée libanaise, soutenue par la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), a consolidé sa présence au sud, mais Israël qualifie ces efforts d’insuffisants. La Finul, dont le mandat a été renouvelé jusqu’en décembre 2026 avec un retrait ordonné d’ici fin 2027, assiste l’armée libanaise dans l’application de la résolution 1701. Le secrétaire général des Nations unies doit présenter des options pour l’avenir de cette résolution d’ici juin prochain. Des incursions israéliennes, incluant des démolitions de maisons à Yaroun, ont été rapportées à l’aube du 19 février.

Le Hezbollah a condamné ces attaques comme une « escalade dangereuse » et appelé le gouvernement libanais à abandonner sa « politique de silence » pour adopter des mesures dissuasives. Par ailleurs, l’armée libanaise a saisi près de 400 000 munitions lors d’un raid le 10 février, aidé par des renseignements américains.

Le plan de désarmement du Hezbollah et les réactions

Le gouvernement libanais a annoncé que l’armée aura besoin d’au moins quatre mois pour achever la deuxième phase du plan de désarmement du Hezbollah au sud du Litani. Cette phase vise à confisquer les armes non étatiques au nord du fleuve, conformément au plan mandaté par le cabinet en août 2025. Le Premier ministre Nawaf Salam a affirmé que l’État est prêt à passer à cette étape, basée sur le plan préparé par l’armée.

Le Hezbollah rejette fermement ce calendrier, qualifiant la pression pour son désarmement de « péché grave » servant les intérêts israéliens. Le groupe insiste sur le retrait israélien complet et refuse de démanteler ses arsenaux, arguant que cela affaiblirait la défense nationale. Israël, de son côté, exige une mise en œuvre effective du plan, particulièrement près de la frontière, et considère les activités militaires persistantes du Hezbollah comme des violations des résolutions internationales.

Cette dynamique est influencée par des visites diplomatiques récentes, comme celle du président allemand Frank-Walter Steinmeier le 16 février, qui a exhorté les autorités libanaises à poursuivre le désarmement du Hezbollah pour stabiliser la région. Steinmeier a souligné les limites du modèle de dissuasion européen face aux menaces hybrides posées par des acteurs comme le Hezbollah.

La situation économique et les réformes nécessaires

Parallèlement aux défis sécuritaires, le Liban fait face à une pression économique accrue. Le Fonds monétaire international (FMI) a indiqué que l’économie libanaise montre une résilience malgré les conflits régionaux, avec un rebond partiel grâce au tourisme, mais que la restauration de la croissance nécessite des réformes complètes. Julie Kozack, porte-parole du FMI, a souligné la nécessité d’un cadre fiscal à moyen terme mis à jour, incluant des mesures pour mobiliser des revenus supplémentaires afin de financer des investissements sociaux et de reconstruction. Le FMI reste engagé dans des discussions complexes avec les autorités libanaises suite à leur demande de programme soutenu en mars 2025.

Des protestations ont éclaté à Beyrouth cette semaine contre de nouvelles taxes, dont une imposition de 300 000 livres libanaises (environ 3,30 dollars) sur chaque 20 litres d’essence, approuvée par le cabinet pour financer les hausses salariales du secteur public. Les manifestants, principalement des chauffeurs de taxi, ont bloqué des routes principales, exprimant leur frustration face à l’inflation et aux pressions sur les dépenses ménagères. Le diesel a été exempté, car il alimente les générateurs privés essentiels face aux coupures d’électricité étatiques. La taxe sur la valeur ajoutée passera de 11 à 12 % sur les produits concernés, sous réserve d’approbation parlementaire.

La résilience des familles libanaises est mise en avant durant le mois sacré du Ramadan, coïncidant avec le Carême chrétien, où les luttes partagées renforcent les liens malgré l’incertitude économique. Le temps exceptionnellement chaud en février booste la production agricole, offrant un léger soulagement.

Les actions récentes des forces israéliennes

Les forces israéliennes ont intensifié leurs opérations en février, avec des bombardements d’artillerie sur le sud du Liban. Le 19 février, cinq obus ont touché la plaine de Marjayoun près de Khiam, accompagnés de tirs de mitrailleuses depuis une position sur la colline d’El Hamames. Des obus de gros calibre ont également visé les abords de Yaroun, résonnant dans plusieurs zones sudistes. Ces actions s’inscrivent dans une série d’incursions, incluant des destructions de maisons, qualifiées par le Hezbollah d’escalade vers une incursion terrestre phasée et des attaques directes sur des civils.

L’armée israélienne a publié des déclarations confirmant des frappes sur des infrastructures du Hezbollah en réponse à des violations présumées du cessez-le-feu. Ces opérations soulignent les défis pour la Finul, qui rapporte des violations continues, y compris des survols aériens et des frappes sur le territoire libanais.

Les sanctions américaines contre le Hezbollah

Le département du Trésor américain a imposé des sanctions le 10 février contre des entités liées au Hezbollah, visant à perturber ses mécanismes de génération de revenus et son exploitation de l’économie informelle libanaise. La société d’échange d’or Jood SARL, opérant sous la supervision d’Al-Qard Al-Hassan, une institution désignée par les États-Unis, convertit les réserves d’or du Hezbollah en fonds utilisables pour sa reconstitution. Des responsables seniors d’Al-Qard Al-Hassan, comme Mohamed Nayef Maged et Ali Karnib, sont co-propriétaires et gérants de Jood, avec des branches ouvertes dans des zones majoritairement chiites comme Beyrouth, la Bekaa et Nabatiyeh.

Ces sanctions visent également un réseau international d’approvisionnement et de transport de marchandises orchestré par des financiers du Hezbollah opérant depuis l’Iran et d’autres régions. Elles illustrent l’engagement américain à affaiblir financièrement le groupe, en coordination avec le régime iranien.

Les mouvements transfrontaliers et l’impact humanitaire

Entre le 3 et le 11 février, 228 742 mouvements ont été enregistrés aux points de passage frontaliers officiels et informels, avec 57 % par voie aérienne et 42 % par voie terrestre. Ces flux incluent des Libanais, des Syriens et d’autres nationalités, reflétant les déplacements liés aux tensions sécuritaires et économiques.

Sur le plan humanitaire, l’effondrement d’un immeuble à Tripoli le 8 février a causé au moins 15 morts, marquant le cinquième incident similaire cet hiver et suscitant des craintes sur la négligence des infrastructures. Huit personnes ont été extraites vivantes des décombres, mais les habitants de la ville septentrionale s’inquiètent pour la sécurité des bâtiments vétustes après des décennies de sous-investissement.

Les implications immédiates des efforts en cours

Le processus de désarmement reste au centre des dynamiques immédiates, avec l’armée libanaise nécessitant quatre mois supplémentaires pour la phase deux, axée sur la confiscation d’armes au nord du Litani. Cette timeline coïncide avec des pressions internationales, incluant l’assistance américaine en renseignements pour des raids comme celui du 10 février. Le Hezbollah maintient son opposition, décrivant ces mesures comme une capitulation face à Israël.

Les protestations contre les taxes sur l’essence persistent, avec des blocages de routes à Beyrouth impactant la circulation quotidienne et soulignant les tensions sociales liées aux hausses de prix. Parallèlement, les opérations israéliennes continuent, avec des bombardements d’artillerie et des incursions qui maintiennent un état d’alerte élevé au sud. La Finul observe ces violations, notant des frappes aériennes et des incursions terrestres qui compliquent la consolidation de la paix frontalière. Les flux migratoires transfrontaliers, avec plus de 65 000 entrées et sorties aériennes en une semaine, reflètent l’instabilité persistante affectant les civils libanais et syriens.

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