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Israël fortifie ses positions au Sud-Liban : une zone tampon en violation de la résolution 1701

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Le 12 septembre 2025, le quotidien libanais Al Bina’ a publié un article détaillant une série de développements alarmants dans le Sud-Liban, où l’armée israélienne intensifie ses opérations militaires. Selon des sources de terrain, sept nouvelles positions israéliennes ont été établies et sont en cours de fortification, marquant une escalation significative dans une région déjà sous haute tension. Ce déploiement, perçu comme une violation flagrante de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, semble traduire une volonté israélienne de consolider une zone tampon au sud du fleuve Litani. Parallèlement, des informations font état d’un plan parallèle visant à affaiblir le Hezbollah en impliquant des groupes armés étrangers dans une guerre hybride. Ces développements soulèvent de graves inquiétudes quant à la souveraineté libanaise et à la stabilité régionale, dans un contexte où les équilibres précaires du Sud-Liban sont menacés par des stratégies complexes et multidimensionnelles.

Une consolidation militaire israélienne au Sud-Liban

Depuis le début de l’année 2025, l’armée israélienne a renforcé sa présence dans le Sud-Liban, une zone stratégique située au sud du fleuve Litani, où la résolution 1701 de l’ONU impose des restrictions strictes sur la militarisation. Selon Al Bina’, sept nouvelles positions militaires ont été établies dans des secteurs clés, notamment à proximité des villages de Maroun al-Ras, Aïta al-Chaab et Kfar Kila. Ces positions, initialement décrites comme temporaires, sont désormais en cours de fortification avec la construction de remblais en terre, de murs en béton et l’installation d’équipements militaires avancés, incluant des systèmes de surveillance et des véhicules blindés.

Des sources militaires libanaises anonymes, citées par le quotidien, estiment que ce déploiement reflète une intention claire de pérenniser la présence israélienne. « Ces fortifications ne sont pas des avant-postes temporaires. Les travaux de terrassement et les infrastructures suggèrent une occupation à long terme », a déclaré un officier de l’armée libanaise basé dans le Sud. Les positions, stratégiquement situées à proximité de la Ligne bleue, la frontière délimitée par l’ONU entre le Liban et Israël, permettraient à l’armée israélienne de contrôler des axes routiers et des points d’observation clés, renforçant ainsi son emprise sur la région.

Ce développement intervient dans un contexte de violations répétées de la résolution 1701, adoptée en 2006 à l’issue de la guerre entre Israël et le Hezbollah. Ce texte stipule que seules la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) et l’armée libanaise sont autorisées à opérer au sud du Litani, tandis que les forces israéliennes doivent se retirer au-delà de la frontière. En août 2025, un rapport de la FINUL a recensé plus de 300 violations israéliennes de la résolution, incluant des survols de drones, des incursions terrestres et des tirs d’artillerie. L’extension des positions militaires signalée par Al Bina’ marque une escalade supplémentaire, perçue comme une tentative de modifier la réalité sécuritaire sur le terrain.

Une zone tampon pour redéfinir les frontières de facto

Les observateurs cités par Al Bina’ interprètent ces fortifications comme une étape vers la création d’une zone tampon sous contrôle israélien. Cette stratégie, bien que non officiellement revendiquée par Tel Aviv, viserait à établir une barrière physique et militaire entre le territoire israélien et les zones contrôlées par le Hezbollah. Une telle zone, si elle se concrétise, permettrait à Israël de limiter les capacités opérationnelles du mouvement chiite, notamment en matière de tirs de roquettes ou d’infiltrations transfrontalières.

Cette initiative s’inscrit dans une logique de long terme. En juillet 2025, le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, avait publiquement évoqué la nécessité de « sécuriser le nord d’Israël » face à la menace représentée par le Hezbollah, sans toutefois confirmer des plans d’occupation au Liban. Cependant, les travaux de fortification signalés par Al Bina’ suggèrent une approche plus proactive. « Israël cherche à imposer une nouvelle réalité sur le terrain, où la Ligne bleue deviendrait une frontière fortifiée sous son contrôle », a analysé un expert militaire libanais interrogé par le quotidien.

Cette consolidation inquiète particulièrement les autorités libanaises. Lors d’une réunion du Conseil supérieur de défense le 10 septembre 2025, le président de la République, Michel Aoun, a qualifié les agissements israéliens de « menace directe contre la souveraineté nationale ». Le Premier ministre, Nawaf Salam, a pour sa part annoncé une saisine du Conseil de sécurité de l’ONU pour dénoncer les violations de la résolution 1701. « Le Liban ne peut tolérer une occupation rampante de son territoire. Nous appelons la communauté internationale à faire respecter le droit international », a-t-il déclaré dans un communiqué officiel.

Une guerre hybride contre le Hezbollah

Parallèlement à l’occupation militaire, Al Bina’ révèle l’existence d’un plan israélien visant à affaiblir le Hezbollah par des moyens indirects. Selon des sources proches des milieux sécuritaires libanais, Israël chercherait à impliquer des groupes armés étrangers, notamment des factions syriennes, tchétchènes et ouïghoures, dans des opérations contre le mouvement chiite. Ces groupes, installés dans des zones frontalières entre le Liban et la Syrie, seraient utilisés pour mener des attaques ciblées, exploitant des accusations de contrebande d’armes ou de commerce illicite imputées au Hezbollah.

Ce plan s’inscrit dans une logique de guerre hybride, combinant des actions militaires conventionnelles avec des stratégies asymétriques. L’objectif, selon Al Bina’, serait de disperser les forces du Hezbollah en l’engageant dans des conflits secondaires contre des groupes irréguliers. « En impliquant des factions takfiristes, Israël espère épuiser le Hezbollah sur plusieurs fronts, tout en évitant un affrontement direct à grande échelle », explique un analyste cité par le journal.

Des informations récentes, datant de début septembre 2025, font état d’une augmentation des activités de groupes armés dans la région de la Békaa orientale, près de la frontière syrienne. Ces groupes, dont certains seraient liés à des factions extrémistes ayant opéré en Syrie, auraient été repérés dans les environs d’Arsal et de Qaa, deux localités déjà marquées par des incidents sécuritaires par le passé. Bien que leur lien direct avec Israël reste à prouver, leur présence alimente les craintes d’une déstabilisation orchestrée.

Des scénarios d’offensive terrestre en préparation

L’article d’Al Bina’ va plus loin en évoquant des scénarios d’intervention terrestre israélienne au Liban, planifiés pour cibler directement les infrastructures du Hezbollah. Trois axes d’attaque potentiels sont mentionnés : une avancée par le Sud, au-delà du Litani, visant les bastions du mouvement chiite ; une pénétration par l’Est, via la Békaa occidentale et Rachaya, pour couper les lignes d’approvisionnement ; et une incursion par le poste-frontière de Masnaa, reliant la Syrie au Liban, afin de neutraliser les réseaux logistiques du Hezbollah.

Ces scénarios, bien qu’hypothétiques, reflètent une préoccupation croissante à Tel Aviv face à l’arsenal du Hezbollah. Selon un rapport du centre de recherche israélien Institute for National Security Studies (INSS) publié en juin 2025, le mouvement chiite disposerait de plus de 150 000 roquettes et missiles, dont certains à longue portée, capables d’atteindre des cibles stratégiques en Israël. Les dépôts de missiles, souvent situés dans des zones densément peuplées, constituent une priorité pour l’armée israélienne, qui craint une escalade en cas de conflit ouvert.

Les sources d’Al Bina’ soulignent que ces plans d’intervention s’appuient sur une combinaison de frappes aériennes, d’opérations spéciales et d’offensives terrestres limitées. Une telle approche permettrait à Israël de minimiser les pertes tout en maximisant l’impact sur les capacités militaires du Hezbollah. Cependant, une offensive terrestre de grande ampleur risquerait de provoquer une réponse massive du mouvement chiite, potentiellement entraînant une guerre régionale.

Une menace pour la souveraineté libanaise

Les développements rapportés par Al Bina’ soulignent les défis croissants auxquels fait face le Liban, déjà fragilisé par une crise économique sans précédent et des tensions politiques internes. L’instauration d’une zone tampon, combinée à l’utilisation de groupes armés étrangers, constituerait une atteinte grave à la souveraineté nationale. Lors d’une conférence de presse le 11 septembre 2025, le ministre des Affaires étrangères, Abdallah Bou Habib, a dénoncé « une tentative israélienne de redessiner la carte stratégique du Liban ». Il a appelé à une mobilisation internationale pour contrer ce qu’il a qualifié de « violation systématique du droit international ».

La FINUL, qui compte environ 10 000 Casques bleus déployés dans le Sud-Liban, se trouve dans une position délicate. Bien que son mandat inclut la surveillance de la Ligne bleue et le soutien à l’armée libanaise, elle manque de moyens pour contrer une occupation militaire israélienne prolongée. Un communiqué de la FINUL daté du 10 septembre a réitéré son appel à toutes les parties à respecter la résolution 1701, tout en annonçant une intensification des patrouilles dans les zones concernées.

Un contexte régional explosif

La consolidation des positions israéliennes intervient dans un contexte régional marqué par une instabilité persistante. Les tensions entre Israël et l’Iran, principal soutien du Hezbollah, se sont intensifiées depuis le début de 2025, avec des frappes israéliennes répétées contre des cibles iraniennes en Syrie. Par ailleurs, la situation en Syrie reste volatile, avec des combats sporadiques dans les provinces d’Idlib et d’Alep, rendant improbable un retour à la stabilité dans la région.

Au Liban, la crise économique continue d’aggraver les tensions internes. Avec une inflation dépassant les 70 % et une monnaie nationale dévaluée, le gouvernement libanais peine à répondre aux besoins de sa population, ce qui limite sa capacité à gérer les défis sécuritaires. La présence prolongée de réfugiés syriens, estimée à 1,2 million par le HCR en septembre 2025, ajoute une pression supplémentaire, alimentant les discours nationalistes et les appels à renforcer les contrôles frontaliers.

Une situation en évolution rapide

Les récents développements dans le Sud-Liban, tels que rapportés par Al Bina’, témoignent d’une stratégie israélienne complexe visant à redéfinir les dynamiques sécuritaires de la région. La fortification des positions militaires, couplée à l’utilisation présumée de groupes armés étrangers, suggère une approche multidimensionnelle qui combine occupation directe et guerre hybride. Ces manœuvres, si elles se confirment, pourraient avoir des conséquences durables pour le Liban, tant sur le plan de la souveraineté nationale que de la stabilité régionale.

Le débat autour de la résolution 1701, déjà fragilisée par des violations répétées, risque de s’intensifier dans les semaines à venir. Alors que le gouvernement libanais prépare une nouvelle plainte auprès de l’ONU, la communauté internationale est confrontée à un dilemme : comment faire respecter le droit international dans une région où les rapports de force priment souvent sur les résolutions diplomatiques ? Pour l’heure, les habitants du Sud-Liban, pris entre les ambitions stratégiques d’Israël et la résilience du Hezbollah, continuent de vivre dans l’ombre d’un conflit aux ramifications incertaines.

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Newsdesk Libnanews
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