Le président libanais Joseph Aoun a déclaré lundi que l’armée est seule responsable de la protection des frontièreset qu’elle est prête à remplir cette mission. Alors que la date du 18 février, marquant la fin du délai de retrait israélien du sud du Liban, approche, il a affirmé qu’il n’acceptera pas qu’un seul soldat israélien demeure sur le sol libanais. Toutefois, il a exclu l’option militaire, estimant que le Liban ne peut supporter une nouvelle guerre, préférant s’appuyer sur les canaux diplomatiques pour garantir le retrait total de l’armée israélienne.
Une mise en garde contre toute présence israélienne après le 18 février
Joseph Aoun s’est montré ferme sur la question du retrait israélien, soulignant que le Liban utilisera tous les moyens diplomatiques pour assurer le respect des engagements de retrait pris par Israël.
Le président libanais a également exprimé des doutes sur la volonté d’Israël de se retirer complètement à la date prévue, mettant en avant le rôle clé de la France et des États-Unis dans ce dossier. « La crédibilité de Washington et de Paris est en jeu », a-t-il déclaré, affirmant que ces deux pays travaillent à garantir l’application du cessez-le-feu et le respect du retrait israélien.
L’inquiétude du président libanais intervient alors que des sources sécuritaires évoquent un ralentissement du retrait israélien, malgré les accords préalables sur un départ complet des troupes. Certains observateurs estiment que Tel-Aviv pourrait tenter de maintenir une présence limitée en prétextant des préoccupations sécuritaires, ce qui constituerait une violation des accords en vigueur.
L’armée libanaise mise sous pression
Face aux exigences internationales, Joseph Aoun a réaffirmé le rôle central de l’armée libanaise dans la protection des frontières et a appelé à juger son action sur le terrain : « Tenez-nous responsables si l’armée montre des défaillances », a-t-il insisté.
Cette déclaration intervient alors que les États-Unis et Israël exigent du Liban des engagements plus clairs sur le désarmement du Hezbollah, un dossier qui reste une ligne rouge pour la classe politique libanaise.
Dans un discours tenu dimanche à Jérusalem, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a précisé que Washington attend du Liban qu’il prenne des mesures concrètes contre le Hezbollah, affirmant que les États-Unis et Israël partagent l’objectif commun d’un État libanais fort capable de désarmer le groupe chiite pro-iranien.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ajouté que le Hezbollah devait être désarmé et que l’armée libanaise devrait être celle qui s’en charge. Toutefois, il a averti que si l’armée libanaise ne remplissait pas cette mission, Israël prendrait les mesures nécessaires pour assurer sa propre sécurité.
Suspension de l’aide américaine : Washington exige des résultats
Alors que les États-Unis demandent des efforts accrus du Liban pour réduire l’influence militaire du Hezbollah, l’administration Trump a décidé de geler toute aide financière et militaire à Beyrouth.
Selon un responsable du département d’État américain cité par Al-Arabiya, Donald Trump veut voir des avancées avant d’autoriser la reprise des financements américains. « Tout l’aide américaine au Liban a été suspendue pour révision », a déclaré l’officiel, précisant que Washington veut s’assurer que ces fonds s’alignent avec sa politique étrangère.
Le président américain aurait indiqué que les États-Unis n’accorderont plus d’aide sans contrepartie tangible. « Il n’y aura plus d’aide sur la base de simples promesses », a affirmé l’officiel américain, signalant que l’armée libanaise ne recevra aucun financement tant que des résultats concrets ne seront pas constatés.
Cette décision place le gouvernement libanais dans une situation particulièrement délicate. L’armée libanaise dépend largement de l’aide américaine pour maintenir ses capacités opérationnelles, notamment en matière de formation et d’équipement militaire. Le gel de ces financements risque d’affaiblir encore plus les forces libanaises à un moment où elles doivent sécuriser la frontière sud et éviter toute escalade avec Israël.
Un dilemme pour Beyrouth : équilibre fragile entre Hezbollah et pressions internationales
Le désarmement du Hezbollah reste un sujet explosif au Liban, où le groupe chiite conserve une forte influence politique et militaire. Joseph Aoun, conscient des tensions que cette question pourrait provoquer, a affirmé que les armes du Hezbollah devaient faire partie d’une solution acceptée par tous les Libanais.
Cette déclaration, bien que prudente, témoigne de la complexité du dossier. Une tentative brutale de désarmement du Hezbollah entraînerait des troubles internes et pourrait renforcer les divisions communautaires au sein du pays. À l’inverse, un refus de traiter ce dossier exposerait Beyrouth à une pression croissante des États-Unis et d’Israël, qui menacent de prendre des initiatives unilatérales si le Liban ne montre pas de signes de coopération.



