CONSEIL DES MINISTRES: PASSER DE L’ANNONCE À L’EXÉCUTION
Le Conseil des ministres du 8 janvier 2026 est attendu sur un basculement concret. Il ne s’agit plus de répéter un principe. Il s’agit de décider comment le mettre en œuvre. La première étape est liée au sud du Litani. La deuxième étape doit s’étendre au nord du fleuve. Le débat porte sur la vitesse. Il porte aussi sur la zone exacte. Il porte enfin sur les conditions de terrain.
La décision a une portée immédiate. Elle engage l’action de l’État. Elle engage aussi son langage. Une annonce floue peut être perçue comme une hésitation. Une annonce trop ambitieuse peut créer des attentes irréalistes. Dans ce dossier, la cohérence du gouvernement est un facteur de stabilité. Le choix du calendrier devient donc un choix politique à part entière.
Ce passage vers une phase 2 se discute sous contrainte. La situation sécuritaire au Sud reste décrite comme instable. L’exécutif doit éviter deux pièges. Le premier est d’apparaître passif. Le second est d’apparaître pressé, au point de perdre le contrôle de son propre rythme.
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RAPPORT DE L’ARMÉE: BILAN DE LA PHASE 1 ET PRÉPARATION DE LA PHASE 2
Le pivot technique de la séance est un rapport présenté par le commandant en chef de l’armée, Rudolf Haykal. Ce document doit établir un bilan de la phase 1. Il doit aussi exposer ce qui est prêt pour la phase suivante. Dans une crise où les mots sont vite contestés, le rapport donne une base factuelle. Il sert de référence interne. Il sert aussi de bouclier politique.
Le rapport a une fonction de preuve. Il permet de dire ce qui a été fait. Il permet de préciser ce qui reste à faire. Il permet enfin de lier les décisions à des capacités réelles. Sans cet ancrage, la discussion risque de se réduire à des postures. Or, ce dossier ne peut pas être géré comme un débat abstrait. Il touche au déploiement, aux effectifs et à la logistique.
Le même rapport a une seconde fonction. Il fixe des limites. Il peut rappeler des contraintes de terrain. Il peut souligner des besoins précis. Il peut aussi proposer un rythme compatible avec ces besoins. Dans ce cas, l’armée ne dicte pas la décision politique. Elle encadre sa faisabilité.
DU SUD DU LITANI AU NORD: POURQUOI LA DEUXIÈME ÉTAPE CHANGE D’ÉCHELLE
La phase 1 se rattache à un espace frontaler, associé à une tension durable. La phase 2 change d’échelle. Elle ne touche plus seulement un bord du territoire. Elle s’inscrit dans des zones plus denses. Elle traverse des équilibres locaux plus sensibles. Elle pose aussi des questions de continuité. Une extension au nord du Litani ne peut pas affaiblir ce qui a été fait au Sud.
C’est pour cela que la méthode devient centrale. Une progression par zones apparaît comme une option. Elle permet de concentrer les moyens. Elle permet de stabiliser un périmètre. Elle permet ensuite d’étendre. Cette méthode a un avantage. Elle donne une logique claire. Elle offre aussi des étapes vérifiables.
Mais cette même méthode porte un risque politique. Elle peut être accusée de diluer la décision. Elle peut être décrite comme une suite de micro-étapes sans fin. Elle peut aussi accroître la pression extérieure, si des acteurs réclament un calendrier plus net. Le gouvernement doit donc décider si la phase 2 est un saut rapide, ou une extension graduelle assumée.
ENTRE LE LITANI ET L’AWALI: LA ZONE-SEUIL DANS LE DÉBAT
L’extension vers la zone entre le Litani et l’Awali est souvent présentée comme un seuil. Elle garde une continuité avec la phase 1. Elle permet d’élargir sans basculer d’un coup vers les zones les plus exposées politiquement. Sur un plan opérationnel, elle peut faciliter le déploiement. Elle prolonge un dispositif. Elle peut aussi sécuriser des axes.
Mais le choix de cette zone crée une question immédiate. Comment maintenir une posture solide au Sud, tout en élargissant au Nord. La réponse dépend des moyens. Elle dépend aussi de la situation sur la frontière. Si la tension demeure, l’armée reste mobilisée. Sa marge de manœuvre se réduit.
Dans ce cadre, la phase 2 ne peut pas être seulement une déclaration. Elle doit être présentée comme une progression contrôlée. Elle doit aussi être liée à un dispositif qui protège l’institution militaire. L’armée ne peut pas porter seule une promesse politique. Elle doit agir dans un cadre clair, soutenu par une décision gouvernementale explicite.
CINQ POINTS OCCUPÉS AU SUD: UN OBSTACLE QUI PÈSE SUR LE RYTHME
Un élément revient comme un fait durable. Cinq points au Sud restent décrits comme occupés par Israël. Cette donnée pèse sur le dossier. Elle nourrit une lecture selon laquelle la souveraineté ne se limite pas au désarmement interne. Elle inclut l’intégrité du territoire. Elle inclut aussi la fin des violations.
Cet obstacle a un effet concret. Il impose une vigilance plus forte au Sud. Il maintient une tension. Il absorbe des ressources. Dans un tel contexte, une extension rapide vers le Nord peut être plus difficile. Le gouvernement doit alors arbitrer. Il doit décider s’il annonce une phase 2 malgré cet obstacle. Il doit aussi décider comment il présente ce choix.
L’enjeu est aussi narratif. Si la phase 2 avance alors que des points restent occupés, certains y verront une décision souveraine. D’autres y verront une décision prise sous contrainte. La façon de formuler la décision aura donc un effet politique direct.
FRAPPES ET PRESSION: ACCÉLÉRER OU ÉVITER LA CONTRAINTE
Le débat sur la phase 2 se déroule dans une séquence marquée par des frappes israéliennes. Cette réalité influence l’agenda. Elle alimente la sensation d’urgence. Elle augmente aussi le coût d’un report. Dans ce contexte, le gouvernement est confronté à une alternative difficile.
Une option est l’accélération. Elle vise à montrer que l’État agit. Elle vise aussi à réduire l’espace des pressions. Elle donne un signal de détermination. Mais elle comporte un risque. Elle peut être interprétée comme une réaction à la force. Elle peut aussi créer une escalade verbale interne.
Une autre option est la prudence. Elle vise à protéger la cohésion interne. Elle cherche à éviter que la décision paraisse imposée. Mais elle comporte aussi un risque. Elle peut être présentée comme une hésitation. Elle peut laisser la pression s’installer. Elle peut enfin donner l’impression que le gouvernement ne contrôle pas son calendrier.
Dans les deux cas, l’exécutif doit articuler une logique. Il doit expliquer le pourquoi. Il doit expliquer le comment. Il doit aussi expliquer les limites. Sans cette clarté, la phase 2 se transforme en querelle permanente.
LE «MÉCANISME» DE SUIVI: COORDINATION, CONTRÔLE ET SENSIBILITÉ POLITIQUE
Le dossier est lié à un mécanisme de suivi associé au cessez-le-feu et à la résolution 1701. Dans les récits du moment, ce mécanisme est décrit comme fortement sécuritaire. La question de sa composition et de ses méthodes revient dans le débat. Elle renvoie à une interrogation simple. Qui produit l’information. Qui la valide. Qui en fait un levier.
Dans une décision comme la phase 2, ce mécanisme pèse sur la perception. S’il est perçu comme un outil de coordination utile, il renforce la crédibilité. S’il est perçu comme un espace de pression, il fragilise l’acceptabilité. Le gouvernement doit donc calibrer sa relation à ce mécanisme. Il doit éviter deux excès. L’isolement, qui peut coûter en crédibilité externe. La dépendance, qui peut coûter en légitimité interne.
Cette question devient plus sensible quand la phase 2 dépasse le sud du Litani. Plus le plan s’étend, plus les débats internes s’intensifient. Dans ce contexte, le gouvernement doit garder une main politique. Il doit éviter que le dossier glisse vers une pure gestion sécuritaire.
FINUL AU NORD DU LITANI: SUPERVISION, CRÉDIBILITÉ ET LECTURE DE TUTELLE
Une proposition circule dans la discussion. Elle évoque un rôle de supervision de la FINUL au nord du Litani. Sur le papier, l’idée peut renforcer la vérification. Elle peut aussi réduire les accusations contradictoires. Elle offre une forme de certification.
Mais cette option a un coût politique. Au Liban, toute extension d’un rôle international sur un dossier interne est sensible. Certains y verront une garantie. D’autres y verront une tutelle. Le gouvernement doit donc choisir avec prudence. S’il retient une supervision, il doit en définir les limites. Il doit préciser ce qui relève de l’État. Il doit aussi éviter que le débat se transforme en affrontement sur le principe même de l’internationalisation.
L’enjeu est simple. Une phase 2 crédible doit être exécutable. Elle doit aussi être acceptable. La supervision peut aider à la crédibilité. Elle peut fragiliser l’acceptabilité. La décision doit donc être conçue comme un équilibre.
L’ARMÉE: OUTIL D’EXÉCUTION ET SYMBOLE D’UNITÉ
La phase 2 met l’armée au centre. Elle est l’instrument opérationnel. Elle est aussi le symbole national le plus consensuel. Ce double rôle la protège. Il l’expose aussi. L’exposer à une bataille politique trop dure peut affaiblir son image. Cela peut aussi augmenter la pression sur ses choix.
Dans ce dossier, l’armée est confrontée à des attentes contradictoires. Une partie réclame une action rapide. Une autre réclame une retenue. Une partie veut un calendrier strict. Une autre veut des conditions préalables. L’armée ne peut pas trancher ces débats. Elle peut seulement exécuter dans un cadre décidé par le gouvernement.
C’est pour cela que la parole politique doit être disciplinée. Présenter l’armée comme capable de tout, sans nuance, crée un piège. Présenter l’armée comme trop limitée crée un autre piège. Le gouvernement doit donc s’appuyer sur le rapport, sur les moyens, et sur un rythme réaliste. Il doit aussi protéger l’institution de la surenchère.
JOSEPH AOUN: DÉFENDRE L’ACTION AU SUD ET PROTÉGER L’INSTITUTION
Le président Joseph Aoun insiste sur un point central dans la séquence. L’armée accomplit son devoir au sud du Litani, selon la décision gouvernementale. Cette insistance vise à verrouiller un récit. Elle vise aussi à contrer toute tentative de mise en cause de l’institution. Dans une période de pression, la confiance dans l’armée est un capital politique.
Le président souligne aussi les obstacles. La question des points encore occupés est mise en avant. La poursuite des attaques est rappelée. Cette articulation est importante. Elle relie la phase 2 à une souveraineté plus large. Elle évite une lecture qui réduirait le dossier à une question interne. Elle rappelle que la souveraineté a plusieurs dimensions, et qu’elles se superposent dans le temps.
Cette posture présidentielle a un effet direct sur la phase 2. Elle pousse à un langage institutionnel. Elle favorise une décision fondée sur la capacité et sur la stabilité. Elle évite la provocation. Elle cherche aussi à empêcher une fracture politique autour de l’armée.
NAWAF SALAM: COHÉRENCE DE L’EXÉCUTIF ET GESTION DES CONTRADICTIONS
Le Premier ministre Nawaf Salam fait face à un défi de cohérence. La phase 2 est un dossier qui peut fracturer. Une divergence publique entre responsables augmente le risque. Elle donne l’impression d’un gouvernement à plusieurs lignes. Dans un contexte de pressions, cette image est dangereuse. Elle affaiblit la capacité de négociation. Elle affaiblit aussi la capacité d’exécution.
La phase 2 a aussi des effets sociaux. Elle touche le retour des habitants. Elle touche la reconstruction. Elle touche la confiance économique. Même si le dossier est sécuritaire, ses conséquences sont civiles. Le gouvernement doit donc relier la phase 2 à une logique de protection. Il doit éviter que le débat se limite à une confrontation de slogans.
Dans ce cadre, la cohérence de l’exécutif devient un outil. Une décision claire, expliquée, et accompagnée d’un rythme, peut réduire le bruit politique. Elle peut aussi limiter la marge de surenchère.
ÉCHÉANCIER DEMANDÉ ET CAPACITÉS RÉELLES: LE RISQUE DE PROMESSES IMPOSSIBLES
Un autre facteur pèse sur le dossier. L’attente d’un calendrier clair, souvent associée à des pressions externes. Cette attente transforme la phase 2 en test. Le gouvernement est poussé à donner des repères. Mais un calendrier n’a de valeur que s’il est faisable. Dans ce dossier, la faisabilité dépend des effectifs, du terrain et du niveau de tension.
Le risque est donc celui d’une promesse impossible. Si l’État annonce un rythme trop rapide, il s’expose à l’échec. Il s’expose aussi à une perte de crédibilité. Si l’État annonce un rythme trop lent, il s’expose à une hausse des pressions. Il s’expose aussi à une contestation interne. Le gouvernement doit donc trouver une voie qui combine preuve et prudence.
Une option cohérente est un calendrier gradué, avec étapes vérifiables. Cela permet de répondre à la demande de clarté. Cela permet aussi de protéger l’État d’un engagement irréaliste. Mais cela exige une discipline de communication. Chaque étape doit être expliquée. Chaque limite doit être assumée.
APRÈS 2027: LA QUESTION DU VIDE SÉCURITAIRE EN ARRIÈRE-PLAN
La fin de 2027 est évoquée comme horizon possible de retrait de la FINUL. Cette perspective reconfigure le dossier. Elle pose une question de continuité. Qui occupe le terrain. Qui garantit la stabilité. Qui soutient l’armée. La phase 2 se discute donc déjà dans une logique d’après-2027.
Dans ce contexte, l’annonce d’un renforcement des effectifs de l’armée prend une valeur stratégique. Elle sert de signal. Elle montre une montée en puissance. Elle vise aussi à rassurer sur la capacité à assumer davantage de responsabilités. Mais une hausse d’effectifs ne suffit pas, si elle n’est pas accompagnée d’un plan. Le dossier est donc autant institutionnel qu’opérationnel.
Ce point renforce le besoin d’un plan cohérent. La phase 2 ne peut pas être isolée. Elle s’inscrit dans une trajectoire plus longue. Elle doit être compatible avec une transition potentielle, si le paysage international au Sud change.
DÉCISION, PÉRIMÈTRE ET LANGAGE: CE QUE LA PHASE 2 OBLIGE À CLARIFIER
La phase 2 impose trois clarifications. D’abord, le périmètre précis. Nord du Litani, puis extension vers l’Awali, ou autre découpage. Ensuite, le rythme. Extension rapide ou progression par zones. Enfin, le cadre de coordination. Mécanisme de suivi, rôle éventuel de la FINUL, et place des institutions nationales.
Ces clarifications ne sont pas accessoires. Elles déterminent la perception. Elles déterminent aussi la capacité d’exécution. Dans un pays où la décision publique est souvent contestée, la précision devient une protection. Plus la décision est claire, moins elle peut être détournée. Plus elle est vague, plus elle ouvre des lectures concurrentes.
Dans cette séquence, l’État cherche à démontrer une capacité. Il cherche aussi à préserver une cohésion. La phase 2 est donc un test de gouvernance. Elle oblige le gouvernement à parler d’une seule voix. Elle oblige l’armée à agir dans un cadre protégé. Elle oblige enfin la présidence et le Grand Sérail à verrouiller le récit institutionnel, sans céder à la surenchère.



