jeudi, janvier 22, 2026

Les derniers articles

Articles liés

L’avenir de la FINUL au Liban en débat à l’ONU : une extension d’un an et un retrait prévu d’ici 2027

- Advertisement -

Le Conseil de sécurité des Nations unies examine un projet de résolution qui pourrait redéfinir l’avenir de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), déployée depuis 1978 dans le sud du pays. Selon une dépêche de l’Agence France-Presse (AFP), ce texte, porté par la France, propose de prolonger le mandat de la FINUL jusqu’au 31 décembre 2026, tout en préparant un retrait progressif et sécurisé d’ici la fin de 2027. Ce projet intervient dans un contexte régional marqué par un cessez-le-feu fragile entre Israël et le Hezbollah, des tensions diplomatiques et des divergences sur le rôle de cette mission de maintien de la paix. Voici un état des lieux factuel, intégrant les dernières informations disponibles.

La FINUL : une mission historique sous pression

Créée en 1978 par les résolutions 425 et 426 du Conseil de sécurité, la FINUL avait pour objectif initial de superviser le retrait des forces israéliennes du sud du Liban, de rétablir la paix et de soutenir l’autorité du gouvernement libanais. En 2006, après la guerre de 33 jours entre Israël et le Hezbollah, la résolution 1701 a élargi son mandat. La FINUL s’est vu confier la mission d’appuyer l’armée libanaise dans le maintien d’une zone exempte d’armes et de groupes armés non étatiques au sud du fleuve Litani, tout en surveillant le cessez-le-feu. Avec environ 10 500 casques bleus issus de 48 pays, dont des contingents importants de France, d’Italie, d’Inde et d’Indonésie, la mission dispose d’un budget annuel de 538 millions de dollars, financé principalement par les contributions des États membres de l’ONU.

Depuis sa création, la FINUL est confrontée à des défis majeurs, notamment en raison de la présence persistante du Hezbollah dans le sud du Liban. Les critiques, venues notamment d’Israël et des États-Unis, pointent une inefficacité à désarmer ce groupe armé, bien que ce rôle incombe officiellement au gouvernement libanais. Des incidents, comme des restrictions d’accès imposées aux casques bleus ou des campagnes de désinformation, compliquent davantage la mission.

Un projet de résolution controversé

Le projet de résolution, examiné par l’AFP, propose de « mettre fin au mandat de la FINUL » au 31 décembre 2026, avec un « retrait progressif et sécurisé » prévu dans l’année suivante. Ce retrait est conditionné à deux impératifs : que l’armée libanaise devienne le seul garant de la sécurité dans le sud du Liban et qu’un arrangement politique global soit conclu entre le Liban et Israël. Ce texte fait suite à une proposition initiale française, débattue le 18 août 2025, qui prévoyait une extension du mandat jusqu’au 31 août 2026, avec une intention de planifier un retrait. Cette version a suscité des oppositions, notamment de la part des États-Unis et d’Israël, entraînant un report du vote initialement prévu le 25 août.

Le compromis actuel, prévoyant une extension d’un an, tente de répondre aux préoccupations divergentes. Le texte insiste sur le renforcement de l’armée libanaise, appelant la communauté internationale à fournir un soutien financier et matériel pour permettre au Liban d’assumer pleinement la sécurité de son territoire.

Les positions des parties prenantes

Les États-Unis : un soutien mesuré

Les États-Unis, qui financent environ 25 % du budget de la FINUL, adoptent une position ambivalente. Lors d’une visite à Beyrouth le 26 août 2025, l’envoyé américain Tom Barrack a déclaré : « La position des États-Unis est que nous prolongerons [le mandat] pour un an. » Il a toutefois critiqué le coût de la mission, qu’il a estimé à « un milliard de dollars par an », une exagération par rapport au budget réel. Cette remarque reflète une frustration partagée par certains responsables américains, dont le secrétaire d’État Marco Rubio, qui avait précédemment obtenu une réduction de 25 % du financement de la FINUL en 2017 et plaidé pour un retrait sur six mois.

Washington insiste pour que l’armée libanaise prenne le relais dans le sud du Liban, conformément à la résolution 1701, et voit dans le désarmement du Hezbollah une condition sine qua non à la stabilité régionale.

Israël : une critique virulente

Israël s’oppose frontalement à la poursuite du mandat actuel de la FINUL. Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a adressé une lettre à Marco Rubio pour demander la fin immédiate de la mission, qu’il accuse d’avoir « échoué » à empêcher les activités du Hezbollah. Israël reproche à la FINUL de ne pas avoir stoppé le flux d’armes dans le sud du Liban ni désarmé le groupe chiite. Des tensions ont également émergé en raison de la présence persistante de forces israéliennes dans certaines zones du sud du Liban, en violation du cessez-le-feu de novembre 2024.

La France et l’Europe : un rôle stabilisateur

La France, qui fournit environ 700 soldats à la FINUL, joue un rôle central dans les négociations. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a souligné l’importance de la mission pour accompagner l’armée libanaise et maintenir un équilibre régional. Lors d’un entretien téléphonique le 25 août avec son homologue italien Antonio Tajani, les deux responsables ont réaffirmé le rôle clé de la FINUL face aux tensions actuelles. L’Italie, qui contribue également des troupes, partage cette position, tout comme l’Irlande, dont les 348 casques bleus jouent un rôle actif dans la mission.

Le Liban : une dépendance stratégique

Le gouvernement libanais, affaibli par une crise économique et politique, soutient fermement la prolongation du mandat de la FINUL. Le président Joseph Aoun a appelé le Conseil de sécurité à renouveler la mission, la considérant comme essentielle pour appuyer l’armée libanaise dans le sud. Le cabinet libanais a chargé l’armée de développer un plan pour désarmer le Hezbollah d’ici fin 2025, une tâche complexe face à l’influence du groupe, soutenu par l’Iran.

Un contexte régional tendu

Le débat sur la FINUL s’inscrit dans un climat régional marqué par un cessez-le-feu fragile, conclu en novembre 2024 entre Israël et le Hezbollah après un conflit déclenché par l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Cet accord prévoyait le retrait des forces israéliennes du Liban et le déploiement de l’armée libanaise dans le sud pour démanteler les infrastructures du Hezbollah. Cependant, des violations persistent : Israël maintient des troupes dans certaines zones stratégiques, tandis que le Hezbollah, bien que replié au nord du Litani, résiste aux pressions pour désarmer.

La FINUL elle-même a été confrontée à des obstacles, notamment des restrictions d’accès imposées par le Hezbollah et des incidents le long de la Ligne bleue, où des conteneurs bloquent parfois la visibilité des casques bleus. Le Conseil de sécurité a condamné ces entraves, ainsi que les campagnes de désinformation visant la mission.

Les défis opérationnels et financiers

La FINUL est régulièrement critiquée pour son incapacité à remplir pleinement son mandat, notamment en ce qui concerne le désarmement du Hezbollah. Richard Goldberg, de la Foundation for Defense of Democracies, a qualifié la mission de « retour sur investissement négatif », soulignant que les États-Unis ont dépensé plus de 2,5 milliards de dollars en 18 ans sans résultats significatifs. David Daoud, analyste au même think tank, note cependant que la FINUL n’a jamais eu pour mission de désarmer directement le Hezbollah, cette responsabilité incombant au gouvernement libanais.

Le coût de la mission, bien que inférieur à l’estimation de Tom Barrack, reste un point de friction. Avec un budget de 538 millions de dollars par an, la FINUL représente une charge importante pour les contributeurs, en particulier les États-Unis.

Vers un vote crucial

Le vote sur la résolution, initialement prévu le 25 août, a été reporté au 29 août 2025 en raison des divergences au sein du Conseil de sécurité. Les négociations se poursuivent pour trouver un consensus sur la durée de l’extension et les conditions du retrait. La proposition française cherche à concilier les pressions américaines et israéliennes pour un retrait rapide avec les préoccupations européennes et libanaises, qui craignent qu’un départ précipité ne crée un vide sécuritaire.

Le texte actuel appelle à un renforcement de l’armée libanaise, mais l’absence de mécanismes clairs pour contrôler les armes du Hezbollah pourrait limiter son efficacité. La présence continue de forces israéliennes au Liban complique également la mise en œuvre du cessez-le-feu, alimentant les tensions dans la région.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

A lire aussi