samedi, février 7, 2026

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Le Premier ministre Nawaf Salam en tournée au Sud-Liban : engagements pour la reconstruction après les agressions israéliennes de 2024

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Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a entamé une tournée significative dans le Sud-Liban, marquée par des rencontres clés et des annonces concrètes en matière de reconstruction. Cette visite, qui s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes avec Israël, a débuté à Tyr et s’est poursuivie à Bint Jbeil, où il a rencontré le député Hassan Fadlallah. Au cœur des discussions : la responsabilité de l’État dans la reconstruction des zones dévastées par les agressions de 2024, et les efforts pour restaurer la souveraineté nationale. Cette tournée intervient alors que le Sud continue de panser ses plaies, avec des villages encore marqués par les destructions et des habitants en quête de retour à une vie normale.

Cette initiative gouvernementale survient quelques mois après le cessez-le-feu qui a mis fin aux hostilités de 2024, un conflit qui a vu des incursions israéliennes repoussées par les forces locales. Le Premier ministre, accompagné d’une délégation, a mis l’accent sur la présence de l’État comme un signal fort face aux violations répétées de la souveraineté libanaise. À Tyr, première étape de la tournée, Nawaf Salam a posté un message sur la plateforme X, soulignant l’urgence de garantir la sécurité et la dignité des habitants du Sud. Cette déclaration, publiée en matinée, reflète la détermination du gouvernement à s’engager sur le terrain, au-delà des discours beyroutins.

À Bint Jbeil, siège de l’Union des municipalités du district, la rencontre avec le député Hassan Fadlallah a permis d’aborder les défis immédiats. Fadlallah, représentant d’une région emblématique de la résistance, a insisté sur le rôle primordial de l’État dans la reconstruction, tout en rappelant le passé historique du Sud. Cette réunion illustre les dynamiques complexes entre les autorités centrales et les acteurs locaux, dans un Liban où les clivages confessionnels et politiques influencent souvent les priorités nationales.

Une visite symbolique dans les zones frontalières

La tournée de Nawaf Salam au Sud-Liban n’est pas seulement une opération de communication ; elle représente une tentative concrète de réaffirmer la présence de l’État dans une région souvent marginalisée. Tyr, ville côtière historique, a servi de point de départ. Connue pour son patrimoine phénicien et romain, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, Tyr a subi des dommages collatéraux lors des agressions de 2024, avec des infrastructures civiles touchées par des frappes aériennes. Le Premier ministre y a inspecté des sites affectés, avant de se rendre à Bint Jbeil, une localité perchée dans les collines du district de Nabatieh, à proximité de la ligne bleue démarcation avec Israël.

Bint Jbeil, souvent qualifiée de « capitale de la libération » en référence aux événements de 2000, incarne la résilience du Sud. Lors de la guerre de 2006, la ville a été le théâtre de combats intenses, où les forces israéliennes ont été stoppées net. En 2024, des scénarios similaires se sont répétés, avec des villages comme Bint Jbeil servant de remparts contre les tentatives d’incursion. La réunion à l’Union des municipalités, un organisme regroupant plusieurs villages du district, a permis d’évaluer les besoins locaux en termes d’infrastructures : routes endommagées, réseaux électriques défaillants et habitations détruites.

Le député Hassan Fadlallah, membre du bloc parlementaire loyal à la résistance, a accueilli le Premier ministre en soulignant l’héritage de la région. Il a évoqué le fardeau porté par les villages du Sud, qualifiés de « villages de la fermeté », dans la défense du pays. Cette rhétorique s’ancre dans une longue tradition de appels à l’État, remontant à des figures historiques du Liban.

Les appels historiques à la responsabilité de l’État

Dans son intervention, Hassan Fadlallah a rappelé un appel lancé en 1949 par l’imam Sayyed Abdel Hussein Charafeddine : « Si l’on n’a pas la capacité de protéger, n’a-t-on pas au moins celle de soigner ? » Cette citation, prononcée dans un contexte d’instabilité post-indépendance, illustre le sentiment d’abandon ressenti par le Sud face aux menaces extérieures. Charafeddine, leader chiite influent, avait alors plaidé pour une attention accrue de l’État envers les régions frontalières, exposées aux tensions avec Israël naissant.

Fadlallah a enchaîné en citant l’imam Moussa Sadr, fondateur du mouvement Amal, qui qualifiait l’arme de la résistance de « parure des hommes ». Sadr, disparu en 1978 lors d’un voyage en Libye, avait mobilisé les communautés chiites du Sud contre la négligence de Beyrouth et les incursions étrangères. Ces références historiques soulignent une continuité : le Sud a souvent dû compter sur ses propres moyens face à un État perçu comme distant.

Le député a ensuite évoqué la libération de 2000, lorsque les forces israéliennes se sont retirées du Liban sud après 22 ans d’occupation. Cette victoire, attribuée à la résistance menée par le Hezbollah sous la direction de Sayyed Hassan Nasrallah, a été célébrée à Bint Jbeil même, où Nasrallah avait prononcé un discours emblématique. En 2006, lors de la guerre de juillet-août, Bint Jbeil a de nouveau résisté, devenant un symbole de défiance face à l’armée israélienne. Fadlallah a décrit comment, en 2024, les combattants locaux ont empêché une occupation, versant leur sang pour préserver la terre.

Ces rappels ne sont pas anodins : ils mettent en lumière les failles persistantes de l’État libanais. Malgré la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en 2006 pour renforcer la présence de l’armée libanaise au Sud et désarmer les milices, les violations israéliennes se sont multipliées. En 2024, des attaques aériennes et terrestres ont ciblé des villages, causant des destructions massives et des déplacements de population. Fadlallah a noté que, depuis 2000, le Liban n’avait pas connu d’atteintes aussi graves à sa souveraineté, avec des enfants tués et des terres occupées temporairement.

La souveraineté libanaise à l’épreuve

Hassan Fadlallah a insisté sur le rôle de la résistance dans la protection du pays, établissant des équations dissuasives qui ont préservé le Liban. Il a salué l’armée nationale, en rendant hommage à ses commandants, officiers et soldats. Cependant, il a regretté que l’État n’ait pas pleinement étendu sa souveraineté, ni protégé ses citoyens, ni fourni les soins nécessaires. Le Sud, décrit comme « colérique avec sagesse et blessé avec fierté », continue de souffrir des conséquences des agressions.

Le député a pointé du doigt les réalités actuelles : absence de sécurité tant que le Sud saigne, le Bekaa est ciblé, des terres sont occupées, des prisonniers détenus, des maisons détruites et des villages vidés. En l’absence de l’État, le peuple a créé la résistance pour libérer et protéger. Mais lorsque l’État assume son rôle de protecteur et de soigneur, le peuple et sa résistance se rangent derrière lui pour défendre la souveraineté.

Fadlallah a averti contre tout transfert du conflit interne, affirmant que l’occupation est le problème commun pour le peuple et le gouvernement. Il a renouvelé l’appel à l’action : accélérer les démarches avec les pays garants du cessez-le-feu pour arrêter l’agression, libérer les terres et récupérer les prisonniers.

Les engagements concrets pour la reconstruction

Dans son discours, Hassan Fadlallah a exprimé l’espoir que cette tournée mène à un programme de reconstruction. Il a salué les efforts de certaines institutions officielles, comme le Conseil du Sud, la compagnie d’électricité et d’autres, malgré des budgets modestes. Il a mentionné le projet massif du Hezbollah post-cessez-le-feu, qui a permis la réparation et le logement pour 400 000 familles affectées, allégeant le fardeau des populations. Des initiatives populaires ont aussi aidé à soigner les blessures.

Toutefois, il a réaffirmé que la responsabilité première incombe à l’État, qui trouvera toute coopération de la part des acteurs locaux. Cette déclaration ouvre la voie à une collaboration entre le gouvernement et les forces sur le terrain, essentielle dans un Liban fragmenté.

La réponse du Premier ministre sur les réseaux sociaux

De son côté, Nawaf Salam a réagi publiquement via la plateforme X après l’étape de Tyr. Il a affirmé venir au Sud au nom du gouvernement pour déclarer que le droit des habitants à la sécurité, au logement, à la terre et à une vie digne est un droit national indivisible. Les agressions israéliennes continues constituent une attaque contre la souveraineté, la vie des civils et le droit à la sécurité.

Le Premier ministre a présenté la présence de l’État comme un message face à cette réalité. Il a expliqué que l’extension de l’autorité étatique ne se limite pas au déploiement de l’armée – qu’il a saluée – mais inclut la responsabilité envers les citoyens : écoles ouvertes, centres de santé opérationnels, eau, électricité, communications, routes praticables et vie digne.

Salam a détaillé trois axes de travail : préserver la dignité des déplacés, soutenir les retours et améliorer la vie de tous. Trois voies complémentaires sont poursuivies : poursuite de l’aide humanitaire, reconstruction et conditions pour la reprise économique et sociale.

Annonces financières et projets immédiats

Nawaf Salam a annoncé plusieurs projets de reconstruction, soutenus par des financements sécurisés. Du budget général de l’État, des fonds sont alloués. Par ailleurs, 250 millions de dollars en prêts concessionnels proviennent de la Banque mondiale, destinés à la réhabilitation des infrastructures. À cela s’ajoutent 75 millions d’euros de l’Agence française de développement, axés sur des initiatives durables.

De plus, 35 millions d’euros en subventions de l’Union européenne, de la France et du Danemark visent le redressement économique, avec un focus sur l’agriculture et les coopératives agricoles. Le Sud, région agricole par excellence avec ses oliveraies, vergers et cultures céréalières, a vu ses terres ravagées en 2024, impactant les moyens de subsistance de milliers de familles.

Ces montants représentent un effort coordonné avec des partenaires internationaux, dans le cadre des engagements post-conflit. La Banque mondiale, impliquée au Liban depuis des décennies, a souvent conditionné ses prêts à des réformes structurelles, mais ici, l’accent est mis sur l’urgence humanitaire.

Le rôle de l’armée et des institutions locales

Dans son message, Salam a réitéré le salut à l’armée libanaise, déployée au Sud en vertu de la résolution 1701. Cette force, comptant environ 15 000 soldats dans la zone, collabore avec la Finul, la force intérimaire des Nations unies au Liban, pour maintenir la stabilité. Cependant, des incidents récents, comme des tirs sur des patrouilles onusiennes, soulignent les fragilités.

Les unions municipales, comme celle de Bint Jbeil, jouent un rôle pivot dans la gestion locale. Regroupant des villages comme Aïtaroun, Maroun al-Ras et Yaroun, elles coordonnent les aides et les réparations. La tournée du Premier ministre vise à renforcer ces liens, en intégrant les besoins locaux aux plans nationaux.

Perspectives de collaboration entre État et acteurs régionaux

Hassan Fadlallah a souligné la disposition à coopérer avec l’État pour la reconstruction. Cette ouverture est cruciale dans un contexte où le Hezbollah, influent au Sud, a mené des opérations indépendantes de réparation. Le projet mentionné, couvrant 400 000 familles, inclut des travaux de remise en état des habitations, des écoles et des routes, financés par des dons et des ressources internes.

L’État, via le Conseil du Sud – un organisme créé en 1970 pour développer la région – a alloué des fonds modestes pour des réparations urgentes. La compagnie d’électricité du Liban, Électricité du Liban (EDL), a restauré des lignes endommagées, malgré les défis chroniques de production énergétique dans le pays.

Ces efforts conjoints pourraient marquer un tournant, si les engagements financiers annoncés par Salam se concrétisent. Les prêts de la Banque mondiale, par exemple, sont souvent assortis de tranches conditionnelles, basées sur l’avancement des travaux.

Impact sur les populations déplacées

Des milliers de familles restent déplacées depuis 2024, vivant dans des conditions précaires à Beyrouth ou dans le Bekaa. Le retour progressif s’accompagne de défis : déminage des zones frontalières, où des munitions non explosées posent des risques, et restauration des services de base. L’agriculture, pilier économique du Sud, nécessite un soutien urgent pour replanter et irriguer.

Les coopératives agricoles, ciblées par les subventions européennes, regroupent des fermiers produisant olives, tabac et fruits. En 2024, des bombardements ont détruit des entrepôts et des champs, aggravant la crise alimentaire locale.

Engagements internationaux et diplomatiques

Les financements annoncés s’inscrivent dans un cadre plus large d’aide internationale. La France, historique alliée du Liban, via son agence de développement, priorise la stabilité du Sud. L’Union européenne, quant à elle, conditionne souvent son aide à des avancées en matière de gouvernance.

Nawaf Salam, ancien ambassadeur aux Nations unies, apporte une expertise diplomatique à ces efforts. Sa tournée vise aussi à mobiliser davantage de soutien, en préparation d’éventuelles conférences donateurs.

La promesse d’une seconde visite

Nawaf Salam a conclu son message en annonçant un retour imminent au Sud pour suivre l’exécution des projets. Cette seconde tournée permettra d’évaluer les progrès, en inspectant les chantiers de reconstruction. Les villages frontaliers, comme ceux du district de Bint Jbeil, seront prioritaires, avec des focus sur les habitations détruites et les infrastructures vitales.

Dans l’intervalle, les autorités locales continuent leurs évaluations sur le terrain, recensant les dommages pour allouer les aides. Les implications immédiates de cette visite se manifestent déjà par une mobilisation accrue des ministères concernés, avec des équipes techniques déployées pour accélérer les travaux.

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