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Différentes associations locales et internationales demandent à ce que les autorités libanaises invitent des experts internationaux à conduire une enquête indépendante suite à l’explosion du port de Beyrouth, le 4 août 2020 aux environs de 17 heures.

À l’heure où sont écrites ces lignes, le bilan toujours provisoire fait état de 137 morts, plus d’une centaines de disparus et de 5000 personnes blessées. Les autorités libanaises ont annoncé la mise en place d’une commission spéciale pour mener cette enquête et établir les responsabilités des personnes impliquées dans le stockage de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium. Ainsi, les différents responsables du port et des entrepôts ont été placés dès hier en résidence surveillée.

Amnesty International a ainsi publié un communiqué appelant à la mise en place d’un mécanisme international d’enquête.

Les scènes effroyables observées à la suite de l’explosion d’hier sont dévastatrices pour un pays qui souffrait déjà sous le poids d’une multitude de crises. Nos pensées vont aux victimes et à leurs familles en ce moment tragique.

Peu importe ce qui peut avoir provoqué cette explosion, notamment la possibilité qu’il s’agisse d’une grande quantité de nitrate d’ammonium stockée de manière dangereuse, Amnesty International appelle à l’instauration rapide d’un mécanisme international afin d’enquêter sur ce qu’il s’est passé.

Amnesty International appelle également la communauté internationale à augmenter de toute urgence son aide humanitaire au Liban à un moment où le pays était déjà aux prises avec une grave crise économique, ainsi qu’avec la pandémie de COVID-19.

Human Rights Watch appelle les autorités libanaises à inviter à mettre en place une enquête indépendante

Par un communiqué, Human Rights Watch a également estimé que les autorités libanaises devraient inviter des experts internationaux à mener une enquête indépendante sur l’explosion du port.

L’enquête doit déterminer les causes et la responsabilité de l’explosion et recommander des mesures pour s’assurer qu’elle ne se reproduira plus.
L’explosion était apparemment la plus puissante que Beyrouth ait jamais connue. Le président Michel Aoun et le Premier ministre Hassan Diab ont déclaré que l’explosion avait été causée par 2750 tonnes de nitrate d’ammonium, qui est utilisé comme engrais et peut être un ingrédient de bombe. Ils ont également déclaré que le matériel avait été stocké dans un entrepôt du port de Beyrouth pendant plus de six ans sans mesures de sécurité appropriées. Les circonstances qui ont conduit à la détonation du matériau ne sont pas encore claires. Le président Aoun a promis une enquête transparente sur les causes de l’explosion, promettant que les responsables feraient l’objet de «sanctions graves». 

Par ailleurs, l’ONG appelle le gouvernement libanais à veiller à ce que les personnes touchées par l’explosion aient accès à un logement convenable, à de la nourriture, à l’eau et aux soins de santé, avec toute l’aide distribuée de manière équitable et impartiale, incluant les personnes les plus vulnérables.

Par ailleurs, Human Rights Watch exprime dans ce communiqué de sérieuses inquiétudes quant à la capacité du pouvoir judiciaire libanais de mener seul une enquête crédible et transparente. Les groupes de défense des droits de l’Homme locaux et internationaux ont documenté des années d’ingérence politique dans le système judiciaire et critiqué son manque d’indépendance, note l’ONG

Human Rights Watch a documenté des cas antérieurs dans lesquels le pouvoir judiciaire n’a pas respecté l’état de droit ou n’a pas mené d’enquêtes indépendantes et approfondies sur des allégations d’abus du gouvernement. En outre, les premières preuves suggèrent que certains juges savaient que le nitrate d’ammonium était stocké dans le port de Beyrouth et n’auraient pas pris de mesures qui auraient pu éviter le drame.

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