Une réconciliation historique a eu lieu sous les auspices du Patriarche Maronite Béchara Raï, entre Forces Libanaises de Samir Geagea et Mouvement Marada de Sleiman Franjieh, après 40 ans de conflit.

Cette réunion s’est déroulée à Bkerké, ce mercredi 14 novembre. Le Patriarche Maronite a estimé que cette réunion souligne l’importance du rapprochement, du dialogue et de la Paix dans l’intérêt du Liban et qu’il s’agit de penser à l’unité nationale.

Selon le communiqué publié par le Patriarcat Maronite à l’issue de la réunion, cette réconciliation ne changera pas la scène politique, ni sur le plan national ou au Nord Liban, indiquant que chaque parti reste attaché à ses convictions et principes politiques, allusion au positionnements antagonistes des 2 partis, le mouvement Marada étant considéré proche de Damas alors que les Forces Libanaises font partis du camp anti-syrien.

Pour rappel, ce conflit a débuté lors du massacre d’Ehden, le 13 juin 1978, en pleine guerre civile, au cours d’une opération militaire des groupes Phalangistes contre Ehden. Ils avaient pour objectif de mener une opération de représailles suite à l’assassinat d’un responsable locale des Phalangistes dans le Nord, ordonnée, selon les rumeurs par Tony Franjieh, le père de Sleiman Franjieh. Suite à l’assaut du domicile de Tony Franjieh, ce dernier, ainsi que son épouse et sa fille Jihane, âgée de 3 ans, avaient été tués en compagnie d’une douzaine d’autres membres des Marada. Côté Phalangiste, on dénombrait une dizaine de morts. Sleiman Franjieh junior, alors âgé de 13 ans, avait échappé au massacre, ayant passé la nuit chez son grand père, l’ancien Président de la République Sleiman Franjieh.

Samir Geagea, alors responsable militaire du mouvement phalangiste dans le Nord Liban, avait été accusé d’être à l’origine de cette opération décidée par le dirigeant du Front Libanais, ancêtre des Forces Libanaises, Bachir Gemayel. Il indiquait cependant avoir été blessé au début et avoir été conduit à l’hôpital alors que se déroulait le massacre.

Une réconciliation saluée par la classe politique libanaise

Cette réconciliation a été saluée par l’ensemble de la classe politique libanaise.

Le Premier Ministre désigné, Saad Hariri, qui est toujours dans l’attente de proclamer la constitution de son gouvernement d’union nationale en raison de diverses polémiques entre partis politiques, a estimé que la réconciliation entre la FL et le Mouvement Marada est un chapitre blanc qui met fin aux chapitres consacrés à la douleur, à l’animosité et au malaise. Il a également salué le Patriarche Maronite Béchara Raï pour y avoir contribué.

Le Président du Courant Patriotique Libre, Gébran Bassil, a pour sa part, considéré que cette réconciliation ferme une blessure laissée ouverte pendant 40 ans et achève un processus qui avait débuté avec le retour du Général Michel Aoun en 2005.

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