Au cœur d’une escalade militaire sans précédent au Moyen-Orient, Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranien, a déclaré que Téhéran ne s’engagerait dans aucune discussion avec les États-Unis. Cette position, exprimée publiquement sur la plateforme X, intervient alors que l’Iran fait face à des attaques massives menées conjointement par les forces américaines et israéliennes, ayant abouti à la mort du guide suprême Ali Khamenei et à des ripostes iraniennes sur plusieurs fronts régionaux.
Dans son message, Larijani a accusé le président américain Donald Trump d’avoir plongé la région dans le chaos par des espoirs mensongers, tout en exprimant son inquiétude face à d’éventuelles pertes supplémentaires parmi les forces américaines. “Par ses actions illusoires, il a transformé son slogan ‘America First’ en ‘Israel First’, sacrifiant les soldats américains pour la quête de pouvoir d’Israël”, a-t-il écrit, ajoutant que de nouveaux mensonges font payer aux soldats américains et à leurs familles le prix de l’adoration de la personnalité de Trump. Larijani a insisté sur le fait que l’Iran n’a pas initié la guerre mais se défend légitimement.
Cette déclaration marque un durcissement notable de la posture iranienne, alors que les opérations militaires se poursuivent. Les frappes lancées le 28 février ont visé plus de 1 000 cibles en Iran, incluant des sites nucléaires, des bases de missiles balistiques et des installations militaires clés. Selon des communiqués officiels du Pentagone, ces actions visaient à dégrader les capacités offensives de Téhéran et à promouvoir un changement de régime. Le président Trump a confirmé la mort de Khamenei lors d’un discours télévisé, qualifiant l’opération de succès majeur pour la sécurité régionale.
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Les tensions immédiates
Les hostilités ont éclaté après l’échec de pourparlers indirects sur le programme nucléaire iranien, menés via des médiateurs omanais. Des rounds de discussions à Genève, les 6, 17 et 26 février, n’ont pas abouti à un accord. Les États-Unis exigeaient le démantèlement complet des sites de Fordow, Natanz et Ispahan, le transfert de tout l’uranium enrichi vers Washington et un engagement permanent sans clauses d’expiration. En retour, l’Iran proposait une réduction de l’enrichissement à 1,5 %, une pause temporaire et un traitement de l’uranium via un consortium régional, tout en demandant une levée substantielle des sanctions.
Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al Busaidi, avait évoqué des progrès significatifs lors du dernier round, mais des sources au sein de l’administration américaine ont indiqué que ces propositions ne répondaient pas aux exigences de base, notamment sur l’enrichissement zéro ou minimal pour usages médicaux. Le vice-président américain JD Vance a déclaré que des preuves montraient une reprise des efforts iraniens pour reconstruire des éléments de leur programme nucléaire, renforçant les justifications des frappes.
En riposte, l’Iran a lancé dès le 1er mars des salves de missiles balistiques et de drones vers Israël, ainsi que vers des bases américaines et des infrastructures civiles dans plusieurs États du Golfe. Des explosions ont été rapportées à Dubaï, Abou Dhabi, Doha, Bahreïn, Koweït et en Arabie saoudite. Le Corps des gardiens de la révolution islamique a revendiqué ces attaques, promettant une vengeance pour la mort de Khamenei. Neuf civils israéliens ont été tués près de Jérusalem, et trois militaires américains ont perdu la vie dans des frappes sur des installations au Qatar et aux Émirats arabes unis.
Le rôle des proxies iraniens
Malgré les menaces préalables, les milices soutenues par Téhéran n’ont pas encore pleinement mobilisé. Le Hezbollah libanais, affaibli par des offensives israéliennes en 2024 ayant éliminé son leader Hassan Nasrallah, a adopté une posture de retenue. Des déclarations de ses porte-parole indiquent une réticence à escalader, même après la confirmation de la mort de Khamenei, figure révérée par de nombreux combattants chiites. Les Houthis au Yémen, quant à eux, pourraient relancer des attaques sur la mer Rouge, où ils conservent des capacités opérationnelles malgré les frappes passées.
En Irak et en Syrie, des groupes pro-iraniens ont lancé des assauts limités sur des positions américaines, mais sans coordination massive. Le premier ministre irakien a condamné les violations de souveraineté, appelant à une désescalade immédiate. L’Union européenne, par la voix de son haut représentant pour les affaires étrangères, a exprimé une profonde préoccupation face au risque d’un conflit régional élargi, tout en réaffirmant le soutien à la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU sur le nucléaire iranien.
Les antécédents des relations irano-américaines
Les racines de cette crise remontent à des décennies de défiance mutuelle. Depuis la révolution islamique de 1979 et la crise des otages à l’ambassade américaine de Téhéran, les relations ont été marquées par des sanctions, des accusations de soutien au terrorisme et des confrontations indirectes. L’accord nucléaire de 2015, connu sous le nom de Plan d’action global commun, avait permis une levée partielle des sanctions en échange de limitations sur l’enrichissement d’uranium. Donald Trump, lors de son premier mandat, s’en était retiré en 2018, réimposant des sanctions maximales qui ont asphyxié l’économie iranienne.
Sous la présidence de Joe Biden, des tentatives de revival ont échoué, menant à une accélération du programme nucléaire iranien. En 2025, l’Iran a accumulé plus de 400 kg d’uranium enrichi à 60 %, proche du seuil des 90 % nécessaires pour une arme nucléaire. Des rapports de l’Agence internationale de l’énergie atomique ont documenté un manque de coopération, avec des inspections entravées et des caméras de surveillance désactivées sur plusieurs sites.
La réélection de Trump en novembre 2024 a ravivé les tensions. Dès janvier 2025, l’administration a massé des forces navales dans le Golfe, la plus importante depuis des décennies. Trump a promis une approche ferme, qualifiant l’Iran de menace imminente pour les intérêts américains et israéliens. Des protestations internes en Iran, réprimées violemment, ont fourni un prétexte supplémentaire, avec Trump appelant publiquement les Iraniens à renverser leur gouvernement.
Les implications économiques immédiates
Les marchés mondiaux ont réagi violemment à l’escalade. Les prix du pétrole ont bondi de plus de 20 % en une journée, atteignant 120 dollars le baril, en raison des disruptions dans le détroit d’Ormuz, par où transite un cinquième du pétrole mondial. Des aéroports majeurs du Golfe, dont Dubaï International, ont subi des dommages, entraînant l’annulation de milliers de vols et la fermeture d’espaces aériens. Les compagnies aériennes internationales ont suspendu leurs liaisons vers la région, impactant le commerce et le tourisme.
L’Arabie saoudite, touchée par des missiles iraniens sur des installations pétrolières, a activé ses défenses antimissiles en coordination avec les États-Unis. Le roi Salmane a appelé à une réunion d’urgence de la Ligue arabe, où les débats se concentrent sur la protection des infrastructures critiques. Les Émirats arabes unis ont rapporté des dégâts mineurs à leur aéroport d’Abou Dhabi, tandis que le Qatar, hôte de la base américaine d’Al Udeid, a vu des explosions près de Doha.
Du côté iranien, l’économie, déjà fragilisée par les sanctions, fait face à une paralysie accrue. Des blackouts électriques ont été signalés à Téhéran après les frappes sur des centrales, et les réserves de carburant sont rationnées. Le président Masoud Pezeshkian, à la tête d’un conseil temporaire suite à la mort de Khamenei, a déclaré que l’Iran observerait 40 jours de deuil national, tout en mobilisant les forces armées pour une défense prolongée.
Les réactions internationales
Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni en urgence le 28 février à New York. L’ambassadeur américain a défendu les frappes comme une mesure de légitime défense préventive, invoquant l’article 51 de la Charte des Nations unies. La Russie et la Chine ont condamné l’action comme une violation flagrante du droit international, appelant à une cessation immédiate des hostilités. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a exprimé une grave inquiétude face au risque d’une guerre plus large, soulignant que les attaques contredisent les principes de non-ingérence.
La France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, a appelé à la retenue et à une reprise du dialogue, tout en réaffirmant son engagement pour la non-prolifération nucléaire. Le Royaume-Uni a soutenu les États-Unis, qualifiant l’Iran de menace persistante. En Asie, l’Inde et le Pakistan ont exprimé leur neutralité, tout en renforçant leurs frontières face à d’éventuels débordements.
Les dynamiques régionales élargies
Au-delà du Golfe, les frappes ont des répercussions en Méditerranée orientale et au Levant. Israël, principal allié des États-Unis dans l’opération, a renforcé ses défenses antimissiles Iron Dome et David’s Sling, interceptant la majorité des projectiles iraniens. Le premier ministre israélien a déclaré que ces actions mettaient fin à des décennies de menace existentielle, citant les attaques passées du Hamas et du Hezbollah, soutenus par Téhéran.
En Syrie, des milices pro-iraniennes ont intensifié leurs assauts sur des positions kurdes et américaines, compliquant davantage la situation post-conflit. La Turquie, observant de près, a renforcé ses troupes à la frontière syrienne pour prévenir tout flux de réfugiés ou d’instabilité. L’Égypte a fermé temporairement le canal de Suez par précaution, impactant le commerce mondial.
Les défis humanitaires émergents
Les opérations militaires ont déjà causé des centaines de victimes civiles en Iran, selon des estimations de l’Organisation mondiale de la santé. Des hôpitaux à Téhéran et Ispahan sont débordés, avec des pénuries de médicaments dues aux sanctions. L’Unicef a alerté sur les risques pour les enfants, exposés à des traumatismes et à des déplacements forcés. Des convois humanitaires de la Croix-Rouge internationale tentent d’accéder aux zones touchées, mais les combats entravent les efforts.
Dans les États du Golfe, les dommages aux infrastructures aéroportuaires ont stranded des dizaines de milliers de passagers, avec des impacts sur les chaînes d’approvisionnement. Le Programme alimentaire mondial a appelé à une protection des routes maritimes pour éviter une crise alimentaire régionale.
Les perspectives militaires immédiates
Les forces américaines, avec une armada navale incluant des porte-avions et des destroyers, maintiennent une pression soutenue. Trump a averti que toute riposte iranienne entraînerait des représailles dévastatrices, promettant une force inédite. Du côté iranien, les Gardiens de la révolution ont mobilisé des réserves, avec des exercices de missiles en cours dans le désert central. Des sources militaires indiquent que l’Iran conserve des capacités balistiques malgré les pertes, avec des lancements depuis des sites souterrains.
Les analystes du Pentagone estiment que la campagne pourrait durer plusieurs semaines, visant à neutraliser les proxies iraniens et à forcer un effondrement interne. Larijani, dans une déclaration télévisée, a réaffirmé que l’Amérique ne pourra pas soumettre la nation iranienne, prédisant un départ humiliant des forces étrangères.
Les développements sur le terrain
Au 2 mars, de nouvelles explosions ont été signalées dans des villes du Golfe, avec l’Iran revendiquant des frappes sur des ports omanais. Le port de Duqm a été touché par un drone, marquant le huitième pays arabe impliqué. Les interceptions jordaniennes et irakiennes de missiles iraniens soulignent l’extension géographique du conflit. Le sénateur américain Lindsey Graham a salué les frappes comme un pas vers un monde plus sûr, tout en reconnaissant les risques d’escalade.
Les forces israéliennes ont bombardé des positions du Hezbollah au Liban en réponse à des tirs sporadiques, élargissant le front. Pezeshkian a convoqué un conseil de crise, nommant des intérimaires pour les postes vacants au sein du leadership militaire. Des manifestations internes en Iran, appelant à la résistance, se multiplient malgré la répression.
Les enjeux nucléaires persistants
Même après les frappes, des vestiges du programme nucléaire iranien subsistent. Des experts de l’AIEA estiment que les sites souterrains pourraient avoir échappé à la destruction totale, permettant une reprise potentielle. Trump a déclaré que les opérations continueraient jusqu’à l’élimination complète de toute menace nucléaire. Larijani a réfuté les allégations d’un programme d’armes, insistant sur des usages pacifiques.
Les sanctions américaines, renforcées, visent désormais les partenaires commerciaux de l’Iran, incluant la Chine et la Russie. Pékin a protesté contre les ingérences, tout en augmentant ses achats de pétrole iranien pour stabiliser les marchés.
Les répercussions diplomatiques
La Ligue arabe, réunie au Caire, a débattu d’une résolution condamnant les agressions mutuelles, mais les divisions persistent entre alliés des États-Unis et sympathisants de l’Iran. L’Union africaine a exprimé sa solidarité avec les pays touchés, craignant des impacts sur les migrations. Aux Nations unies, une nouvelle session est prévue pour examiner des propositions de cessez-le-feu, avec la France et l’Allemagne poussant pour une médiation européenne.
Dans ce cadre, les déclarations de Larijani soulignent une impasse diplomatique, avec Téhéran conditionnant tout dialogue à un retrait des forces étrangères. Les opérations militaires, quant à elles, se poursuivent avec des survols intenses au-dessus du territoire iranien, marquant une phase critique des hostilités.



