Escalade militaire à Gaza et au Sud-Liban, crainte de déplacements forcés
Ad Diyar, 20 novembre 2025, place en une vingt-deux morts dans les frappes israéliennes sur Gaza et Khan Younès et évoque le raid contre le camp de Aïn el-Héloué, présenté comme un tournant. Le quotidien rapporte que le ministre de la défense israélien Yoav Gallant déclare que les camps palestiniens au Liban ne bénéficient plus de « considérations humanitaires » et doivent être « neutralisés », en renvoyant la responsabilité vers le gouvernement libanais. Le journal parle alors d’un double « piège » pour l’exécutif, pris entre l’organisation du vote des expatriés et la crainte d’une stratégie de « vidage » des camps du Sud qui pousserait leurs habitants vers d’autres régions ou à l’extérieur du pays. Selon l’analyse de Nour Naameh, les services de sécurité redoutent même des opérations de commando dans les camps, en particulier à Aïn el-Héloué, décrit comme bastion de Hamas et d’autres factions, ce qui ferait glisser la crise politique vers une crise existentielle pour le Liban.
Al Akhbar, 20 novembre 2025, éclaire cette séquence sous l’angle des rapports de force internationaux. Sous le titre « Phase des pressions maximales », le quotidien évoque un moment où la politique américaine à l’égard du Liban n’a jamais été aussi fragmentée depuis deux décennies, malgré l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche qui se présente comme « faiseur de paix ». Le journal souligne que Washington agite la menace de laisser le pays à la merci d’Israël et du régime syrien, tout en encourageant une montée des tensions au Sud à travers ce qu’il décrit comme un « feu vert » donné aux opérations israéliennes le long de la frontière. Al Akhbar met en avant les bombardements ciblant des maisons à Deir Kifa et à Tyr Falsayeh, en y voyant une tentative de tester les limites de la riposte du Hezbollah dirigé par Naim Kassem, ainsi que les marges de manœuvre de l’État libanais.
L’armée libanaise, ligne rouge partagée et cible des polémiques
Al Joumhouriyat, 20 novembre 2025, choisit de placer l’armée libanaise au cœur de sa une avec le titre « L’armée dans le cercle de la solidarité et de l’adhésion ». Le journal rapporte des propos attribués au président Joseph Aoun, selon lesquels « tout est permis, sauf viser l’armée », ainsi que les condoléances qu’il présente au commandant de l’armée, le général Rudolph Heikal, après la mort de militaires dans une opération contre des réseaux de drogue. Pour ce quotidien, les campagnes médiatiques visant l’institution militaire sont décrites comme des « attaques suspectes » qui ne parviendront pas à détourner l’armée de sa mission de défense de l’unité nationale, surtout dans un contexte de tensions sécuritaires au Sud et de crispations politiques internes.
Al Sharq, 20 novembre 2025, met en avant un discours similaire, en citant Joseph Aoun qui affirme que les tentatives de remise en cause de l’armée, venant de l’intérieur ou de l’extérieur, ne l’empêcheront pas d’accomplir son devoir. En parallèle, le quotidien évoque la réunion entre le président, le premier ministre Nawaf Salam et le président de la Chambre Nabih Berry autour de la situation aux frontières et des demandes de soutien international à l’armée. Le journal souligne que cette convergence apparente entre les trois pôles de l’exécutif et du législatif vise à envoyer un signal aux partenaires étrangers sur le caractère non négociable de la stabilité de l’institution militaire, même si les divergences politiques persistent sur d’autres dossiers.
Dans le même registre, Al Akhbar, 20 novembre 2025, affirme que la pression américaine ne vise pas seulement à obtenir une modification du mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban Sud, mais aussi à « changer la fonction de l’armée ». Le quotidien rapporte que Washington pousserait vers une redéfinition des priorités de la hiérarchie militaire, en la sommant de jouer un rôle plus direct dans le contrôle de la frontière sud au détriment de la coordination avec la résistance, alors que des capitales européennes insistent pour renforcer l’appui logistique et financier au commandement libanais qu’elles considèrent comme le dernier rempart institutionnel. Al Akhbar évoque à ce propos l’entretien entre Joseph Aoun et la conseillère politique du président français, Anne-Claire Le Gendre, au cours duquel le chef de l’État se montre favorable à une présence européenne renforcée aux côtés de l’armée après un éventuel retrait partiel de la Finul, pourvu que cette présence reste coordonnée avec le commandement libanais.
Al Sharq et Al Bina’ relaient par ailleurs les échos de la polémique autour du report ou de l’annulation de la visite de Rudolph Heikal à Washington. Des articles citent des sources politiques qui dénoncent une « dramatisation » voulue par certains acteurs internes pour affaiblir le commandement de l’armée, en présentant la décision américaine comme un désaveu, alors que d’autres interlocuteurs y voient un message de la nouvelle administration Trump sur ses attentes en matière de réformes institutionnelles et de contrôle sécuritaire. Les journaux soulignent cependant que la plupart des forces politiques se sont abstenues de remettre frontalement en cause le général Heikal, préférant afficher un soutien public à l’institution militaire, tout en cherchant à influencer ses choix à huis clos.
La visite de Mohammed ben Salman à Washington et la recomposition régionale
Sur le plan régional, plusieurs quotidiens arabes considèrent que la visite du prince héritier saoudien Mohammed ben Salman à Washington constitue l’autre grande affaire de la journée. Al Sharq Al Awsat, 20 novembre 2025, décrit en une un « forum d’investissement américain–saoudien » couronnant la signature d’accords économiques d’envergure, dans le sillage de la relance de la relation stratégique entre Riyad et l’administration Trump. Le journal met en avant les propos du président américain, qui présente l’Arabie saoudite comme un « allié clé » et insiste sur la dimension économique de la nouvelle phase, marquée par des investissements massifs.
Al Sharq, 20 novembre 2025, adopte un ton plus analytique en soulignant, sous la plume de Aouni Kaaki, que la visite a permis d’arracher un engagement explicite des États-Unis en faveur de la création d’un État palestinien, présenté comme une condition posée par Mohammed ben Salman depuis le début de la guerre de Gaza. Le quotidien rappelle que le prince héritier aurait refusé plusieurs offres et promesses avant d’obtenir cet engagement de principe, tout en négociant l’achat de quarante-huit avions F-35 et une coopération renforcée dans le domaine de l’intelligence artificielle et du nucléaire civil. L’article insiste sur le volume des investissements annoncés, estimés entre six cents et mille milliards de dollars, considérés comme un levier pour ancrer la relation dans le long terme et créer un réseau d’intérêts économiques partagés dans plusieurs États américains.
Al Bina’, 20 novembre 2025, choisit d’inscrire ces développements dans un récit plus géopolitique, en parlant d’une « célébration américaine, financement saoudien et coopération pour arrêter la guerre au Soudan ». Le quotidien explique que Washington cherche à associer Riyad à la gestion de plusieurs dossiers régionaux, de Khartoum à Gaza, en misant sur la capacité financière saoudienne et sur l’influence politique de Mohammed ben Salman auprès de plusieurs capitales arabes. Il souligne que cette dynamique intervient alors que les négociations sur le nucléaire iranien restent bloquées et que les pressions occidentales sur Téhéran se renforcent, ce qui accroît la valeur stratégique du partenariat américano-saoudien aux yeux de l’administration Trump.
Al Liwa’, 20 novembre 2025, met davantage l’accent sur la dimension institutionnelle de la visite, en relevant que Mohammed ben Salman a été reçu au Congrès et a tenu une série de réunions élargies avec des responsables des deux partis, notamment le président de la Chambre des représentants Mike Johnson. Selon le journal, le président Trump a salué publiquement le rôle « déterminant » du prince héritier dans l’élaboration de la feuille de route américaine pour le Soudan, allant jusqu’à affirmer que Riyad aura un « rôle fort » dans la fin du conflit soudanais. Pour Al Liwa’, cette reconnaissance illustre le repositionnement de l’Arabie saoudite comme acteur central non seulement sur les marchés de l’énergie et de l’investissement, mais aussi dans la gestion des crises politiques en Afrique et au Moyen-Orient.
Pour le lectorat libanais, ces évolutions sont présentées dans les journaux comme ayant des répercussions directes. Al Sharq souligne la perspective d’une levée prochaine des restrictions saoudiennes sur les exportations libanaises, évoquée par le premier ministre Nawaf Salam à l’issue de ses entretiens avec les responsables du Golfe, alors que le Liban tente de relancer ses secteurs productifs. Ad Diyar rappelle que la participation saoudienne à des projets d’infrastructures et de télécommunications est présentée par le gouvernement comme un élément clé du redressement économique, au moment où l’État mise sur des partenariats public-privé pour moderniser le réseau et étendre la couverture en fibre optique et en 5G. Dans ce paysage, l’alliance renforcée entre Washington et Riyad est perçue à la fois comme une opportunité économique et comme un paramètre structurant des équilibres politiques et sécuritaires autour du Liban.
Politique locale: pressions sur l’armée, le gouvernement et les élections
Crise autour de l’armée et du commandant Rudolph Heikal
Ad Diyar, 20 novembre 2025, décrit une montée de pression politique contre le commandant de l’armée Rudolph Heikal, à travers une campagne médiatique et des fuites visant à remettre en cause sa visite prévue à Washington et, au delà, son maintien à la tête de l’institution militaire. Le journal explique que la polémique autour de l’annulation de ce déplacement sert de prétexte pour tester la solidité du soutien que lui apporte le président Joseph Aoun et pour transformer l’armée en outil de pression dans le bras de fer interne entre camps rivaux. Selon l’article, certaines forces cherchent à imposer à la présidence un « compte à rebours » vers un changement de commandement, alors que d’autres considèrent Heikal comme un rempart contre les tentatives de politisation de l’institution.
Al Joumhouriyat, 20 novembre 2025, met en avant un discours ferme du président Joseph Aoun qui affirme que « tout est permis sauf viser l’armée », message adressé aux acteurs politiques mais aussi aux capitales étrangères. Le quotidien relate la rencontre de condoléances du chef de l’État avec Rudolph Heikal après la mort de militaires lors d’une opération sécuritaire, et souligne que le palais présidentiel veut afficher une image d’unité autour de l’armée au moment où se multiplient les critiques sur les réseaux sociaux. Le journal rapporte également des propos de sources parlementaires qui jugent « inacceptable » de transformer la controverse sur la visite de Heikal aux États Unis en procès politique, en rappelant que la politique de défense relève de la décision souveraine des institutions libanaises.
Dans cette même logique, plusieurs commentaires cités par Ad Diyar insistent sur le fait que l’armée reste, pour une partie de la classe politique, la seule institution encore capable de jouer un rôle d’arbitre dans un pays traversé par les crises. Le quotidien fait état de craintes que la pression américaine, en s’exerçant via le dossier de la coopération militaire, ne soit utilisée par des acteurs internes pour redéfinir la mission de l’armée au Sud et rompre l’équilibre actuel entre l’État et la résistance, en particulier face aux frappes israéliennes récurrentes.
Le gouvernement face au double défi des expatriés et du Sud
Sur le front gouvernemental, Ad Diyar, 20 novembre 2025, titre sur un « gouvernement devant deux impasses » en référence au vote des expatriés et au risque de déplacement de Palestiniens à partir du Sud Liban. Le journal explique que la flambée militaire israélienne, illustrée par le bombardement du camp de Aïn el Héloué, a relancé la crainte d’un scénario de « vidage » des camps palestiniens par la force, certains responsables de sécurité évoquant même la possibilité d’opérations de commandos qui pousseraien les habitants à quitter durablement la région frontalière. Dans cette perspective, l’exécutif cherche à clarifier sa position entre la défense de la souveraineté libanaise, le refus de tout nouvel afflux de réfugiés vers l’intérieur du pays et la volonté de ne pas offrir à Israël un prétexte pour élargir le conflit.
La même édition d’Ad Diyar souligne que ce dossier sécuritaire se superpose à un autre débat hautement sensible, celui de l’organisation du vote des émigrés pour les prochaines élections législatives. Selon le quotidien, des divergences traversent le gouvernement de Nawaf Salam sur la logistique, le financement et le découpage des circonscriptions réservées aux expatriés, certains ministres craignant que des difficultés techniques ne servent de justification à un report de fait des élections. Le journal rapporte que plusieurs formations dénoncent par avance toute tentative de priver les Libanais de l’étranger de leur droit de vote, en soulignant que leur participation a été l’une des rares consolations démocratiques lors du scrutin précédent.
Nahar, 20 novembre 2025, décrit le même climat de tension en rappelant que l’escalade israélienne au Sud et en Syrie se produit à un moment où la classe politique est encore fragilisée par l’effondrement économique et la colère sociale. Le quotidien souligne que l’annulation de la visite de Rudolph Heikal à Washington a été vécue dans certains milieux comme une « gifle » adressée à l’État libanais, mais que le gouvernement a choisi de limiter les réactions publiques pour ne pas envenimer ses relations avec l’administration Trump. Dans ce contexte, le journal avertit, citant des sources politiques, que toute tentation de bloquer les élections ou de prolonger indéfiniment le mandat du Parlement au nom de la sécurité risquerait de provoquer une crise institutionnelle ouverte.
Bataille parlementaire autour de la loi électorale et du vote des émigrés
Sur le terrain parlementaire, Al Bina’, 20 novembre 2025, rapporte qu’un groupe de députés a signé une pétition demandant l’inscription en urgence, à l’ordre du jour de la Chambre, du projet de loi du gouvernement sur les élections législatives. Selon le texte publié par le quotidien, ces élus affirment que la tenue des élections à la date prévue en mai constitue « un engagement constitutionnel qui ne supporte aucun retard » et que la première étape pour garantir cet engagement consiste à mettre immédiatement le texte sur la table de l’Assemblée plénière. Le journal précise que cette initiative vise à prévenir toute tentative de renvoi du débat en commission ou de renégociation des dispositions adoptées lors de la précédente réforme électorale.
Al Bina’ mentionne aussi l’appel lancé par le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, aux Libanais de la diaspora pour qu’ils s’inscrivent avant la date limite du 20 novembre afin de préserver leur droit de voter, y compris pour des sièges spécifiquement réservés à l’émigration. Bassil accuse ce qu’il appelle « le pouvoir constitué de toutes les forces parlementaires sauf le bloc Liban fort » de comploter pour « faire tomber » le droit de vote des émigrés en s’abstenant d’appliquer la loi et en retardant les mesures pratiques nécessaires. Le journal souligne que ces déclarations reflètent une bataille politique de fond, chaque camp cherchant à mesurer le poids électoral de la diaspora dans les différentes circonscriptions et à anticiper son impact sur l’équilibre futur du Parlement.
D’après les éléments rapportés par Ad Diyar, cette bataille juridique et politique se déroule alors même que plusieurs partis s’accusent mutuellement d’utiliser la polémique sur le vote des expatriés pour détourner l’attention des dossiers économiques et sécuritaires urgents. Certains responsables interrogés par le quotidien estiment que la priorité devrait être donnée à la protection des civils au Sud, au maintien de la stabilité monétaire et à la relance des réformes, et s’inquiètent de voir le débat électoral monopolisé par des calculs étroits sur le mode de scrutin et la représentation de la diaspora.
Réactions politiques à l’escalade et défense des institutions
Dans le registre des réactions internes à l’escalade israélienne, Al Liwa’, 20 novembre 2025, rapporte des déclarations du président de la Chambre Nabih Berry, qui demande au Liban de saisir le Conseil de sécurité pour consacrer les droits du pays et condamner les violations répétées de la résolution 1701. Le journal cite Berry dénonçant les bombardements qui ont visé des étudiants universitaires dans la localité de Tairi, et rappelant que le Liban reste engagé à respecter le cessez le feu tandis que « l’ennemi se comporte comme s’il était au dessus de toute responsabilité ».
Dans le même temps, Nahar, 20 novembre 2025, souligne que plusieurs responsables politiques et religieux mettent en garde contre une dérive qui verrait l’escalade sécuritaire servir de prétexte à la remise en cause des échéances démocratiques. Le quotidien cite des sources proches du patriarcat maronite qui appellent à la tenue des élections dans les délais, au respect de la Constitution et à la protection du rôle de l’armée comme institution nationale commune, au delà des clivages partisans.
Al Akhbar, 20 novembre 2025, adopte un angle plus critique en estimant que la politique américaine actuelle vis à vis du Liban, décrite comme une « phase de pressions maximales », encourage certains acteurs internes à instrumentaliser la question de la sécurité au Sud pour remettre en cause l’équilibre instauré par l’accord de Taëf. Le journal affirme que la tentation existe, chez une partie de la classe politique, d’utiliser les exigences américaines en matière de contrôle de la frontière et de coopération avec la Finul pour redéfinir les rapports entre l’État et la résistance, en faisant peser sur l’armée la charge de choix stratégiques qui relèvent normalement d’un consensus national.
Plusieurs responsables cités par différents quotidiens préviennent que, si les échéances devaient être ajournées une nouvelle fois, la confiance déjà fragilisée entre la population et la classe politique pourrait se rompre davantage, avec un risque réel de retour aux blocages institutionnels et aux mobilisations de rue dans tout le pays désormais.
Dans ce paysage, les journaux libanais du 20 novembre 2025 dressent l’image d’une scène politique où les enjeux locaux, de la nomination des commandements militaires à la loi électorale, sont étroitement imbriqués avec les évolutions régionales et les pressions internationales, et où chaque camp tente de tirer avantage des crises successives sans rompre ouvertement le cadre institutionnel existant.
Citation et discours des personnalités politiques: défense de l’armée, des élections et de la diaspora
Discours de Joseph Aoun et message politique autour de l’armée
Dans Al Joumhouriyat, 20 novembre 2025, Joseph Aoun est présenté en train d’affirmer qu’« il est possible de tout faire, sauf de viser l’armée », formule reprise comme résumé de sa position face aux polémiques visant le commandement militaire. Le quotidien rapporte qu’il a adressé ce message alors qu’il présentait ses condoléances au commandant de l’armée Rudolph Heikal après la mort de militaires lors d’une opération contre des réseaux de drogue, en soulignant que les « campagnes suspectes » ne détourneraient pas l’institution de son rôle national. Le journal cite un « grand responsable » qui estime qu’aucun Libanais « ne peut accepter qu’on s’en prenne à l’armée et à son prestige », et qui qualifie la mise en cause médiatique du commandement de « faute qui ne se pardonne pas ».
Al Quds, 20 novembre 2025, revient sur l’appel téléphonique de Joseph Aoun à Rudolph Heikal après l’opération de Baalbek. Selon le quotidien, le président y salue une nouvelle fois le sacrifice des militaires tombés « en protégeant la société libanaise de la drogue et en appliquant la loi » et insiste sur le fait que l’armée ne se laissera pas intimider « ni par les campagnes suspectes, ni par l’incitation, ni par la remise en cause, d’où qu’elles viennent ». Ce passage montre que le discours dépasse le simple hommage aux victimes pour devenir une défense politique de l’institution, dans un contexte de tensions avec certains acteurs internes et de pressions extérieures.
Les deux journaux font également écho au soutien exprimé par d’autres responsables à la position de Joseph Aoun et de Rudolph Heikal. Al Bina’, 20 novembre 2025, rapporte les prises de position de Talal Arslan et de Farid el-Khazen, qui dénoncent une « pression inacceptable » sur la direction de l’armée après l’annulation de la visite prévue du commandant à Washington. Ils affirment que toute tentative d’« influencer les choix souverains » de l’institution militaire par des moyens diplomatiques ou médiatiques constitue un franchissement de ligne rouge et appellent à renforcer « l’unité intérieure » autour du commandement.
Nawaf Salam et l’articulation entre sécurité, économie et retour arabe
Al Bina’, 20 novembre 2025, retranscrit l’intervention du premier ministre Nawaf Salam lors de la séance de clôture du forum « Beyrouth 1 ». Dans ce discours, il rappelle que « sans sécurité et stabilité, le Liban manquera la chance de se relever » et que les investissements ne viendront pas si l’État ne parvient pas à « étendre son autorité par ses forces légitimes sur tout le territoire ». Pour Nawaf Salam, la question sécuritaire n’est pas seulement un dossier militaire, mais la condition d’une reprise économique crédible, notamment pour les partenaires arabes.
Le même discours souligne que « le Liban est revenu vers le monde arabe et le monde », en annonçant l’inauguration prochaine de scanners au port de Beyrouth et en exprimant l’espoir d’une levée du blocage qui pèse sur les exportations libanaises. Le chef du gouvernement explique que la modernisation des contrôles portuaires doit rassurer les pays du Golfe et d’autres partenaires sur la capacité de l’État à lutter contre la contrebande. Ce passage montre comment le langage de la « restauration de la confiance » s’articule, chez Nawaf Salam, avec la promesse de réformes concrètes et la recherche d’un soutien régional.
Dans Al Bina’ comme dans d’autres quotidiens, cette intervention est lue en parallèle des pressions internationales et des risques d’escalade au Sud. Le premier ministre insiste sur l’idée que « la sécurité ne se résume pas au front » et que la meilleure réponse à la crise passe par un État capable de protéger les frontières, mais aussi de garantir un environnement stable pour les entreprises, les investisseurs et les travailleurs libanais.
Nabih Berry, la frontière sud et le recours au Conseil de sécurité
Le président de la Chambre Nabih Berry consacre ses déclarations du 20 novembre 2025 à la situation au Sud et aux violations israéliennes répétées. Al Bina’, 20 novembre 2025, rapporte un communiqué dans lequel il condamne un nouveau bombardement contre la localité de Tayrî, qui a touché des étudiants d’université et d’école. Il parle d’une « répétition du crime de l’ennemi » et souligne que ce dernier agit comme s’il se trouvait « au-dessus de tout compte et de toute responsabilité », tandis que le Liban, pourtant engagé à respecter la résolution 1701 et l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024, se retrouve critiqué.
Dans la même déclaration, Nabih Berry affirme qu’il « n’y a pas d’autre choix pour le Liban que de poursuivre le dépôt de plaintes au Conseil de sécurité » et appelle explicitement celui-ci à convoquer une séance urgente pour consacrer le droit libanais et condamner les violations israéliennes, qu’il s’agisse du ciblage de civils ou de la tentative de modification de la ligne de cessez-le-feu. Al Quds, 20 novembre 2025, reprend ce passage en arabe, en insistant sur la dimension juridique de l’appel à New York et en rappelant que le Liban reste officiellement attaché à l’accord de 1701 malgré les provocations.
Al Joumhouriyat, 20 novembre 2025, place ces propos dans un cadre plus large. Le quotidien note que Nabih Berry relie la situation au Sud aux débats en cours sur les négociations régionales et sur le rôle des États-Unis. Il alerte sur le fait que le « temps ne joue pas en faveur du Liban » si celui-ci ne parvient pas à consolider sa position diplomatique tout en préservant sa cohésion interne, et voit dans la saisine du Conseil de sécurité un moyen de rappeler les obligations internationales de toutes les parties.
Gebran Bassil et la bataille du vote des émigrés
Les journaux accordent une place importante aux messages adressés par Gebran Bassil à la diaspora, dans un contexte de débat intense sur le vote des émigrés. Ad Diyar, 20 novembre 2025, reproduit une « minute avec Gebran » dans laquelle le chef du Courant patriotique libre explique qu’il s’adresse aux Libanais de l’étranger parce qu’il « partage » leur expérience de liberté et de distance avec la scène politique locale. Il rappelle que, lorsqu’il était aux Affaires étrangères, son camp a « donné le droit de voter depuis l’étranger, avec représentation et possibilité de candidature », et que deux cycles électoraux ont déjà été organisés dans ce cadre.
Dans le même message, il accuse « le pouvoir composé de tous les blocs parlementaires, à l’exception du bloc Liban fort » d’avoir présenté une loi pour retirer aux émigrés le droit à une représentation directe et à la candidature. Il affirme que ces forces « complotent pour faire tomber » le droit de vote en retardant l’application de la loi, malgré l’existence d’un rapport technique sur la manière de la mettre en œuvre. Al Bina’, 20 novembre 2025, cite un autre passage dans lequel il appelle les émigrés « qui ne peuvent se rendre au Liban pour voter ou qui souhaitent élire des députés de l’émigration » à « s’inscrire avant la fin du délai le 20 novembre pour préserver leur droit ».
Al Sharq, 20 novembre 2025, relaie de son côté la pétition d’un groupe de députés demandant l’inscription immédiate du projet de loi gouvernemental sur les élections à l’ordre du jour de la Chambre. Le texte lu par Michel Douaihy déclare que « la tenue des élections à la date prévue en mai est un engagement constitutionnel qui ne supporte aucun retard » et met en garde contre tout report en commission. Il appelle directement les Libanais de l’étranger à « s’inscrire pour le vote extérieur avant l’expiration du délai », en présentant leur participation comme « une partie essentielle de la protection de la démocratie ». Ces éléments montrent que le débat sur la diaspora est alimenté par des discours parallèles, ceux du gouvernement, de l’opposition et des groupes transpartisans.
Voix religieuses et partisanes en soutien à l’armée et aux institutions
Nahar, 20 novembre 2025, met en avant la déclaration du cheikh Sami Abi al-Mona, Sheikh Akl de la communauté druze, qui salue dans la rubrique « radar » les « lourds sacrifices » consentis par l’armée « sur tous les terrains », et dit apprécier la manière dont elle remplit son rôle en sauvegardant la réputation du pays, en préservant son unité et en renforçant la confiance. Ce langage souligne l’idée d’une institution « commune » à tous les Libanais, dépassant les clivages communautaires.
Al Sharq, 20 novembre 2025, reprend les propos de religieux et de responsables locaux lors d’une cérémonie d’hommage à des militaires tombés dans la lutte contre les drogues. Le journal cite un passage où l’orateur explique que « beaucoup de sang est versé en vain, sauf le sang des martyrs de l’armée », présenté comme un sang qui « protège nos enfants de l’addiction et défend la réputation du pays ». Il appelle à une « minute de recueillement » pour les soldats et à une gratitude profonde pour une institution vue comme « digue » face à l’effondrement.
Al Bina’, 20 novembre 2025, publie par ailleurs un discours du chef du Parti syrien national social, qui affirme que « l’État ne se relèvera que lorsque la loi souveraine sera au-dessus du pouvoir politique ». Il relie cette conviction à la défense de la cause palestinienne et à la nécessité de « faire face aux raids sionistes sur le Liban avec toutes les formes de solidarité, y compris la sécurité et la défense globales ». Pour lui, la stabilité interne exige à la fois une institution militaire forte et des partis engagés dans une logique de réforme et de protection sociale.
Donald Trump, Mohammed ben Salman et la rhétorique du partenariat stratégique
Sur le plan régional et international, plusieurs discours de dirigeants étrangers occupent une place centrale dans la presse du 20 novembre 2025. Ad Diyar, 20 novembre 2025, titre sur des « accords à 270 milliards de dollars entre Washington et Riyad » et cite Donald Trump qui se félicite de la signature de contrats « stratégiques » couvrant la défense, l’intelligence artificielle et l’énergie nucléaire. Le président américain présente l’Arabie saoudite comme un « allié clé » et insiste sur le fait que ces accords traduisent une vision commune de la stabilité régionale, en particulier au Soudan et à Gaza.
Al Liwa’, 20 novembre 2025, rapporte des déclarations dans lesquelles Donald Trump explique que Mohammed ben Salman a joué un « rôle notable » dans la définition du plan américain pour le Soudan. Le président ajoute, selon le journal, que « le travail va commencer concernant le Soudan » après une demande directe du prince héritier, et qu’il aura un « rôle fort » dans la fin du conflit. Cette formulation met en scène un partenariat où Riyad apparaît comme acteur de solutions politiques au-delà du Golfe, sur la scène africaine.
Al Quds, 20 novembre 2025, suit en détail la visite de Mohammed ben Salman à Washington. Le quotidien rappelle son passage au Congrès, où il rencontre le président de la Chambre Mike Johnson, puis sa participation au « Forum d’investissement américano-saoudien 2025 ». Il souligne que cette visite, la première aux États-Unis depuis sept ans, est accompagnée de messages insistant sur la nécessité d’un État palestinien et sur l’ampleur des investissements saoudiens dans l’économie américaine, notamment dans les secteurs de l’énergie et des technologies.
À travers ces citations, la presse libanaise et arabe du 20 novembre 2025 met en lumière des registres de langage différents. Sur la scène intérieure, les responsables insistent sur la défense de l’armée, la tenue des élections et le rôle de la diaspora. Sur la scène régionale, Donald Trump et Mohammed ben Salman valorisent les chiffres, les contrats et les promesses de stabilité, dans un discours où le Liban apparaît en toile de fond, dépendant de la sécurité de ses frontières et de la réouverture de ses débouchés économiques.
Diplomatie: recomposition des alliances et batailles autour de Gaza et du Sud-Liban
Plaintes libanaises et bataille autour de la résolution 1701
Al Quds, 20 novembre 2025, rapporte un appel de Fouad Siniora à une réponse diplomatique rapide après le bombardement du camp de Aïn el Héloué par l’aviation israélienne, qu’il décrit comme un « attentat contre plusieurs dossiers politiques et sécuritaires à la fois » et comme une tentative de faire exploser les efforts du gouvernement pour appliquer la résolution 1701 et réaffirmer l’autorité exclusive de l’État sur les armes. Selon le quotidien, l’ancien premier ministre demande au cabinet de déposer une plainte urgente au Conseil de sécurité et de lancer des contacts avec les pays arabes et les capitales amies pour freiner la poursuite de cette escalade.
Ad Diyar, 20 novembre 2025, décrit de son côté le même bombardement comme le point culminant d’une escalade israélienne qui vise à imposer par la force un « vidage » progressif des camps palestiniens du Sud en poussant leurs habitants à se déplacer vers l’intérieur du pays ou à l’étranger. Le journal souligne que cette dynamique place l’exécutif devant une double difficulté, car toute protestation trop timide serait perçue comme une acceptation implicite d’un déplacement massif, tandis qu’une confrontation trop frontale risquerait d’exposer le Liban à des représailles militaires supplémentaires. Il note que les services de sécurité redoutent même des opérations de commando, ce qui renforce l’argument de ceux qui plaident pour une mobilisation diplomatique plus forte auprès de l’ONU et de l’Union européenne.
Al Joumhouriyat, 20 novembre 2025, met en avant l’insistance de Nabih Berry sur la nécessité de multiplier les démarches à New York. Le quotidien rappelle que le président de la Chambre appelle à « poursuivre le dépôt de plaintes » au Conseil de sécurité et à demander la convocation d’une séance d’urgence pour consacrer le droit libanais, dénoncer les frappes qui ont touché des étudiants à Tayri et réaffirmer le cadre de la résolution 1701 et de l’accord de cessez le feu de novembre 2024. Ce discours insiste sur le fait que le Liban, présenté comme respectant ses engagements, se trouve critiqué, tandis qu’Israël agit, selon lui, comme s’il était au dessus de toute responsabilité internationale.
Al Akhbar, 20 novembre 2025, décrit la diplomatie libanaise comme prise entre deux pressions. D’un côté, Washington exprime son agacement face à ce qu’elle considère comme une absence d’action suffisante de l’armée au Sud et ne condamne pas les frappes qui entravent la mise en œuvre du cessez le feu. De l’autre, une partie de la classe politique demande au gouvernement d’adopter un ton plus ferme à l’ONU et de refuser toute modification de facto de la ligne de cessez le feu, en rappelant que c’est Israël qui viole quotidiennement le texte adopté à New York. Selon le journal, cette situation nourrit un débat interne sur l’équilibre à trouver entre la préservation des relations avec les capitales occidentales et la défense de la souveraineté nationale.
Washington, Riyad et la diplomatie des milliards
Ad Diyar, 20 novembre 2025, met en une les déclarations de Donald Trump annonçant des accords de 270 milliards de dollars entre Washington et Riyad, présentés comme le socle d’une nouvelle phase de partenariat stratégique couvrant la défense, l’intelligence artificielle et l’énergie nucléaire civile. Le journal souligne que le président américain insiste sur le caractère « historique » des contrats signés et sur leur contribution attendue à la création d’emplois aux États Unis, tandis que Mohammed ben Salman met l’accent sur la consolidation de la Vision 2030 et sur la diversification de l’économie saoudienne au delà du pétrole.
Al Joumhouriyat, 20 novembre 2025, décrit la visite du prince héritier saoudien à la Maison Blanche comme un événement ayant « volé toutes les lumières médiatiques ». Le quotidien rappelle que les accords annoncés comprennent l’achat d’avions F 35, une coopération accrue dans les technologies de défense et des programmes conjoints dans le domaine du nucléaire civil, tout en insistant sur l’investissement massif prévu dans l’économie américaine. Selon l’analyse publiée, ce paquet est perçu comme un levier de pression diplomatique réciproque, les États Unis obtenant un ancrage économique saoudien durable, tandis que Riyad s’assure un soutien politique renforcé dans les dossiers régionaux.
Al Liwa’, 20 novembre 2025, met l’accent sur les propos de Donald Trump concernant le Soudan. Le journal rapporte que le président affirme que Mohammed ben Salman a joué un « rôle notable » dans la définition du plan américain pour ce pays et qu’« un travail va commencer concernant le Soudan » à la suite d’une demande directe du prince héritier, qui aura, selon lui, un « rôle fort » dans la fin du conflit. Cette formulation présente l’Arabie saoudite comme un partenaire incontournable dans la gestion des crises africaines.
Al Bina’, 20 novembre 2025, explique que l’alliance renforcée entre Washington et Riyad s’inscrit dans une stratégie américaine visant à associer l’Arabie saoudite à la stabilisation de plusieurs fronts, du Soudan à Gaza, en capitalisant sur sa capacité financière. Ad Diyar souligne pour sa part que le gouvernement de Nawaf Salam mise sur ce climat d’ouverture pour obtenir un assouplissement des restrictions frappant les exportations libanaises et pour attirer des capitaux saoudiens dans les projets d’infrastructures et de télécommunications.
Gaza, médiations régionales et lectures arabes
Al Quds, 20 novembre 2025, consacre plusieurs pages à la situation à Gaza et à la trajectoire de la médiation internationale. Un article d’opinion évoque un « vent américain opaque » en dénonçant une stratégie par laquelle Washington réussit, selon son auteur, à habiller de légitimité un projet de redéfinition du statut de la bande de Gaza, avec l’appui de plusieurs régimes arabes. Le texte reproche à ces États de se préparer à participer à la mise en œuvre du projet américain sous forme de financements ou de présence administrative, tout en fermant les yeux sur les violations répétées du cessez le feu par Israël au cours du mois écoulé.
Dans une autre analyse, le même quotidien cite le philosophe palestinien Saïd Zaidani, qui estime que le sionisme religieux cherche à imposer une annexion de facto en élargissant les colonies, en enfermant les Palestiniens dans leurs villes et en limitant leurs déplacements. Il explique que les capitales européennes tentent de « faire quelque chose » pour freiner ces dérives, mais apparaissent faibles et limitées face au soutien continu apporté par les États Unis à Israël. Pour l’auteur, cette asymétrie réduit la marge de manœuvre des médiations régionales et renvoie les acteurs palestiniens à un rapport de forces défavorable.
Al Quds, 20 novembre 2025, mentionne aussi le débat aux États Unis autour de la politique moyen orientale. Un article relaie un appel d’un collectif américain opposé au sionisme qui demande aux élus de refuser le soutien financier et politique de certains comités pro israéliens, accusés de transformer le pays en « distributeur automatique et dépôt de munitions pour Israël ». Le texte insiste sur le fait que cette contestation s’inscrit dans la logique de la devise « America First » de Donald Trump, en réclamant une politique étrangère qui ne sacrifie pas, selon les signataires, les principes du droit international et des droits humains.
Regards régionaux sur les conflits voisins
Les journaux arabes publiés le 20 novembre 2025 accordent également une place à d’autres dossiers diplomatiques régionaux. Al Quds relate la signature d’un accord de « programme de développement unifié » entre la Chambre des représentants libyenne et le Haut Conseil d’État, qualifié de pas important vers la fin de la division financière qui a marqué le pays. Selon le quotidien, ce texte vise à unifier les canaux de dépenses publiques et à stabiliser l’économie, ce qui a suscité un accueil positif de la part de l’ONU et de plusieurs capitales.
Le même journal se penche sur l’impact diplomatique du changement climatique en Irak, en rappelant que le pays a perdu environ trente pour cent de ses terres agricoles productives au cours des trente dernières années. Selon un rapport cité, les conséquences économiques et sociales de cette évolution alimentent des tensions internes et poussent Bagdad à rechercher davantage de soutien auprès des institutions financières internationales et des pays voisins pour financer l’adaptation et la gestion des ressources en eau. Cette question est désormais discutée dans les conférences régionales sur l’eau, où l’Irak cherche à convaincre ses voisins qu’une gestion concertée du Tigre et de l’Euphrate relève aussi de la sécurité collective dans la région.
Al Bina’, 20 novembre 2025, consacre enfin une analyse à la phase postérieure au cessez le feu de 2024 entre Israël et le Liban. Le journal décrit l’escalade actuelle comme un mélange de pression politique, de préparation de scénarios militaires et de construction d’options opérationnelles que Tel Aviv pourrait mettre en œuvre en cas de besoin, tandis que le Hezbollah renforce discrètement ses capacités tout en maintenant un équilibre de dissuasion qui empêche une guerre totale. Le quotidien évoque des scénarios allant de frappes calculées à une opération limitée, la guerre généralisée restant un choix coûteux mais non exclu.
Politique internationale: recomposition des équilibres régionaux et mondiaux
Gaza, Cisjordanie et pressions internationales sur Israël
Al Quds, 20 novembre 2025, ouvre sa page « guerre sur la Palestine » sur un nouveau bilan de vingt-huit morts et soixante-dix-sept blessés dans la bande de Gaza, après des bombardements visant des quartiers d’habitation et des zones côtières. Le journal décrit aussi des tirs de la marine israélienne contre des bateaux de pêche à Gaza ville, avec l’arrestation de trois pêcheurs, dont leurs noms sont cités, après des tirs directs sur leur embarcation. L’article y ajoute un rapport de Human Rights Watch intitulé « All My Dreams Are Gone », qui qualifie de nettoyage ethnique le déplacement forcé des habitants de trois camps de réfugiés en Cisjordanie, présenté comme une politique assumée de transformation démographique.
Dans le même dossier, Al Quds, 20 novembre 2025, publie un entretien avec la chercheuse de Human Rights Watch Nadia Hardman, qui explique que l’organisation a demandé aux autorités israéliennes quand les réfugiés déplacés pourraient revenir, sans obtenir de réponse. Elle insiste sur la continuité historique entre ces expulsions et la Nakba de 1948, en citant des témoignages de familles forcées de quitter leurs maisons en quelques heures seulement. Selon le quotidien, le rapport détaille le démantèlement de maisons, l’interdiction de retour et la destruction de moyens de subsistance, ce qui, pour l’ONG, dépasse le cadre des « opérations sécuritaires » évoquées par Israël et entre dans la catégorie du crime de transfert forcé.
Un autre article de la même édition recueille le témoignage du philosophe palestinien Saïd Zaidani. Il décrit la « sionisme religieux » comme un projet visant à imposer une annexion de facto par l’extension des colonies, l’enfermement des Palestiniens dans leurs villes et la limitation de leurs déplacements. Il affirme qu’Israël « piétine tous les accords internationaux » depuis la guerre de Gaza et ne craint pas les critiques tant qu’il bénéficie d’un soutien américain fort. Les capitales européennes, selon lui, tentent bien de faire pression, mais d’une manière qu’il juge « faible et limitée », ce qui réduit leur impact réel sur la politique israélienne.
Réactions arabes et débats sur les sanctions
Al Quds, 20 novembre 2025, donne aussi la parole à un responsable du ministère palestinien des affaires étrangères qui propose une « architecture complète » de sanctions contre Israël. Il évoque une palette de mesures qui irait de la suspension des accords de coopération à des restrictions sur l’exportation de technologies militaires, en passant par des poursuites devant les juridictions internationales. L’article souligne que cette proposition cherche à dépasser la simple dénonciation verbale pour entrer dans une logique de coût politique et économique, tout en reconnaissant que la mise en œuvre dépendrait d’un consensus difficile à obtenir entre États européens et arabes.
Dans le même registre, un reportage revient sur la position de la Jordanie. Al Quds, 20 novembre 2025, relate un communiqué de la diplomatie jordanienne à propos de propos du ministre israélien Itamar Ben Gvir, qui avait appelé à arrêter Mahmoud Abbas et à assassiner des dirigeants de l’Autorité palestinienne. Amman publie un texte qualifié de « très ferme », dénonçant un discours qui met en danger la stabilité régionale et appelant la communauté internationale à réagir. L’analyse qui accompagne ce communiqué estime que le royaume hachémite n’a « pas d’autre choix que de rester en interaction directe avec la droite israélienne », en raison de la dépendance de la Jordanie envers les accords sur l’eau, le gaz et la sécurité, tout en cherchant à contenir ce qu’il décrit comme des dérives extrémistes.
Toujours dans Al Quds, 20 novembre 2025, un article détaille la campagne d’un collectif américain opposé au sionisme qui appelle les élus à refuser le soutien de l’AIPAC et de comités proches. Le texte, cité par le journal, accuse ces organisations d’avoir fait des États-Unis un « distributeur automatique et dépôt de munitions pour Israël », en contradiction avec les droits humains et le droit international. Le collectif dit s’inscrire dans la logique de la devise « America First » de Donald Trump, mais en l’appliquant à la réduction de l’engagement militaire inconditionnel au Moyen-Orient. Cette prise de position révèle un débat grandissant au sein de la scène politique américaine sur le coût interne de l’alliance avec Israël.
États-Unis, Arabie saoudite et redéfinition des partenariats
Al Quds, 20 novembre 2025, suit de près la visite du prince héritier saoudien Mohammed ben Salman aux États-Unis. Le journal rapporte son passage au Congrès à Washington, où il est accueilli par le président de la Chambre Mike Johnson, puis sa participation au « Forum d’investissement américano-saoudien 2025 ». L’article souligne que cette visite, la première aux États-Unis depuis sept ans, marque une normalisation complète des relations politiques, en même temps qu’un approfondissement des liens économiques à travers des annonces d’investissements dans l’énergie et les technologies. Il précise que le programme inclut des discussions sur la situation au Soudan et sur le dossier palestinien, même si les détails restent confidentiels.
Al Sharq Al Awsat, 20 novembre 2025, met l’accent sur le volet technologique de ce rapprochement. Un article présente la signature d’un partenariat jugé « historique » dans les domaines des semi-conducteurs avancés et des infrastructures d’intelligence artificielle, entre les États-Unis et l’Arabie saoudite. Le texte indique que l’accord prévoit des projets de centres de données, le développement d’applications d’IA et la formation de compétences locales, avec pour objectif de faire du royaume un acteur régional dans les technologies de pointe. Les auteurs notent que ce partenariat est conçu comme un pilier de la Vision 2030, mais aussi comme un moyen pour Washington de sécuriser des chaînes d’approvisionnement technologiques hors de Chine.
Al Quds, 20 novembre 2025, évoque par ailleurs la dimension énergétique de ce rapprochement, en rappelant l’existence d’un accord permettant à Saudi Aramco d’utiliser des capacités de stockage au Japon, sur l’île d’Okinawa, pour sécuriser ses livraisons en Asie. Ce dispositif, en place depuis 2010, est présenté comme une base stratégique pour répondre à une demande en croissance constante, tout en offrant au Japon un accès privilégié à ces stocks en cas de crise. L’article montre que la diplomatie saoudienne combine désormais forums d’investissement, coopération technologique et arrangements énergétiques pour consolider sa place dans l’économie mondiale.
Ukraine, Russie et fatigue prolongée de la guerre
Al Sharq Al Awsat, 20 novembre 2025, consacre une large analyse à l’évolution de la guerre en Ukraine. Il décrit un « moment de tournant » où se croisent trois dynamiques. La première est une initiative américaine pour relancer une voie de négociation, avec une visite du secrétaire à l’armée à Kyiv qualifiée de « mission d’enquête » sur la situation militaire et politique. La deuxième est une intensification des pressions russes sur plusieurs fronts, avec des offensives visant à exploiter l’essoufflement ukrainien. La troisième est une crise interne, inédite depuis le début de l’invasion, marquée par un scandale de corruption qui frappe des responsables liés à l’effort de guerre et fragilise la position du président Volodymyr Zelensky.
Ad Diyar, 20 novembre 2025, publie en parallèle une chronique de fond sur les « racines du conflit russo-ukrainien ». Le texte revient sur l’histoire de Kyiv comme capitale de la Russie kiévienne, sur l’élargissement de l’OTAN à l’Est et sur les accords de Minsk, pour expliquer la manière dont Moscou justifie sa politique et celle dont l’Ukraine revendique sa souveraineté. L’auteur souligne que la guerre a déplacé des millions de personnes, pesé sur les marchés de l’énergie et nourri des tensions politiques en Europe, tout en rappelant que les discussions actuelles sur un éventuel plan américain de fin de guerre restent très préliminaires.
Libye, Soudan et Irak: transitions et conflits sous surveillance
Al Quds, 20 novembre 2025, souligne un développement jugé important pour la Libye. Le journal rapporte la signature par la Chambre des représentants et le Haut Conseil d’État d’un accord sur un « programme de développement unifié ». Il décrit ce texte comme la mesure la plus significative depuis des années pour dépasser la division financière entre institutions rivales, en unifiant les canaux de dépense publique et en soutenant une stabilisation de l’économie. L’article note que cette étape a été saluée par l’ONU et plusieurs capitales, qui y voient un signal de rapprochement politique, même si les divergences militaires et sécuritaires persistent.
Dans un autre dossier, Al Quds, 20 novembre 2025, suit la guerre au Soudan. Un reportage depuis Khartoum décrit l’annonce par l’armée soudanaise de la destruction d’un drone des Forces de soutien rapide au-dessus de la ville d’El-Obeid, capitale du Nord-Kordofan. Le porte-parole de l’armée affirme que ses forces ont réalisé des « avancées importantes » sur plusieurs fronts dans cette région après de violents combats. Le journal souligne que chaque camp met en avant ses gains territoriaux, tandis que la situation humanitaire se dégrade dans de nombreuses provinces, ce qui pousse les acteurs régionaux et internationaux à multiplier les médiations sans parvenir à un cessez-le-feu durable.
La même édition consacre enfin un article à l’Irak, centré sur l’impact du changement climatique. Un rapport d’une organisation internationale cité par Al Quds, 20 novembre 2025, estime que le pays aura besoin de 233 milliards de dollars d’investissements d’ici 2040 pour répondre à ses besoins de développement les plus urgents et pour engager un « développement vert et inclusif ». Le texte rappelle que l’Irak a perdu près de trente pour cent de ses terres agricoles productives en trente ans, ce qui alimente les migrations internes, la pauvreté rurale et les tensions autour de l’eau. Cette situation oblige Bagdad à placer la question climatique au cœur de sa diplomatie régionale, notamment dans les discussions avec la Turquie et l’Iran sur le partage des ressources du Tigre et de l’Euphrate.
Tensions sociales et politiques en Tunisie
Dans un registre différent, Al Quds, 20 novembre 2025, fait état d’un mouvement de protestation en Tunisie. Le journal décrit une manifestation de médecins et de jeunes praticiens, qui brandissent des pancartes et annoncent une grève massive à travers le pays. Ils dénoncent la cherté de la vie, le manque de moyens dans les hôpitaux et une politique de santé jugée incohérente. L’article précise que cette mobilisation intervient alors que le pays traverse une crise économique profonde, marquée par le chômage et la difficulté à conclure un accord stable avec les institutions financières internationales.
Un autre texte du même quotidien critique une proposition de responsables politiques de rouvrir le débat sur la polygamie, pourtant interdite par le Code du statut personnel tunisien depuis des décennies. L’auteur rappelle que la loi prévoit des peines de prison et des amendes pour toute personne qui contracte une seconde union. Il cite un juriste selon lequel faire de la femme un « bouc émissaire » des problèmes sociaux et familiaux est un « renoncement à toute pensée réformatrice » et un moyen d’éviter de traiter les causes réelles de la crise, comme le chômage, la corruption ou la violence économique. Cette controverse illustre la polarisation croissante entre une rhétorique conservatrice et les acquis historiques de l’égalité juridique en Tunisie.
Économie: recomposition des échanges et pari sur le numérique
La scène économique libanaise reste marquée par la tension entre urgence sociale et tentatives de relance ciblée. Dans Nahar du 20 novembre 2025, Salwa Baalbaki décrit comment la carte des exportations s’est transformée, avec le recul des marchés du Golfe qui absorbaient environ 21 % des ventes libanaises avant 2012 et la montée de la Syrie comme premier client des produits libanais au cours du dernier dix ans. Elle souligne que cette reconfiguration ne résulte pas d’un choix stratégique assumé, mais de la fermeture progressive de débouchés historiques et du besoin pour les entreprises de trouver des marchés proches, accessibles par la route et réglés en devises plus stables.
Selon cet article, le basculement vers la Syrie et d’autres marchés voisins pose plusieurs défis. D’abord, les marges sont plus faibles, car le pouvoir d’achat des importateurs est limité et les risques politiques restent élevés. Ensuite, les infrastructures de passage aux frontières souffrent des effets cumulés de la guerre, des sanctions et de la détérioration des réseaux de transport. Enfin, la concentration d’une part grandissante des exportations vers un seul pays accroît la vulnérabilité du secteur productif libanais, alors que les banques ne jouent plus le rôle d’amortisseur qu’elles avaient avant la crise de 2019. Cette nouvelle géographie commerciale rend plus pressante la réouverture des marchés du Golfe, en particulier celui de l’Arabie saoudite.
Dans Al Sharq du 20 novembre 2025, un article sur la scène politique locale rapporte des propos du premier ministre Nawaf Salam qui affirme que la levée de l’interdiction saoudienne sur les exportations libanaises est « très proche ». Le texte rappelle que le blocage de nombreuses catégories de produits, en particulier agroalimentaires, a pesé lourdement sur les producteurs de fruits, de légumes et de produits transformés, et qu’il a amputé une source de devises essentielle pour une économie en manque chronique de dollars. Les milieux d’affaires cités par le journal estiment que la réouverture progressive du marché saoudien pourrait redonner de l’oxygène à des filières entières, à condition que l’État renforce les contrôles aux frontières et lutte plus efficacement contre la contrebande qui fragilise la réputation de la production libanaise.
Les déclarations de Nawaf Salam s’inscrivent dans un contexte où l’Arabie saoudite cherche à se repositionner comme acteur central des investissements et des échanges. Al Sharq Al Awsat du 20 novembre 2025 consacre ainsi un dossier à la visite de Mohammed ben Salman aux États Unis et au « forum américain saoudien pour l’investissement ». Des responsables et experts cités par le journal expliquent que la relation entre Riyad et Washington est entrée dans une phase de « développement qualitatif » qui lie défense, investissements et économie de la connaissance dans le cadre de la Vision 2030. Ils soulignent que la stratégie saoudienne vise à diversifier les partenariats et à ancrer l’industrie du royaume dans des secteurs comme les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle et les énergies nouvelles.
Al Sharq du 20 novembre 2025 reprend ce thème sous la plume de Aouni Kaaki, qui décrit la promesse d’investissements proches d’un trillion de dollars aux États Unis comme le cœur visible de ce repositionnement. Il explique que ces montants ne sont pas seulement des chiffres spectaculaires, mais une manière de créer un réseau d’intérêts avec plusieurs États américains, à travers des projets dans les technologies de pointe, les infrastructures et l’industrie militaire. Il rappelle aussi que la visite a été l’occasion pour Riyad d’obtenir un engagement américain sur une future reconnaissance d’un État palestinien, ainsi que la promesse de livrer quarante huit avions F 35 et de renforcer la coopération en intelligence artificielle et dans le nucléaire civil. Pour l’économie libanaise, ces orientations signifient que l’espace régional sera structuré par de grands pôles d’investissement, et que l’accès aux flux dépendra de la capacité de Beyrouth à offrir stabilité et projets crédibles.
Relance des télécoms et pari sur le numérique
Au niveau interne, la journée du 20 novembre 2025 est marquée par un discours du ministre libanais des Télécoms sur l’avenir du secteur. Ad Diyar rapporte que le ministre présente une « feuille de route sur trois ans » qui transforme le secteur des communications d’une simple source de recettes fiscales en moteur de la relance économique. Selon le journal, le plan prévoit l’extension du réseau de fibre optique à cinq cent mille foyers, dont trois cent vingt cinq mille déjà entrés en phase d’appel d’offres, ainsi que la modernisation des réseaux mobiles pour atteindre une couverture 5G de 70 % du territoire. Le même texte mentionne le projet de renforcement du raccordement international grâce à un nouveau câble sous marin et au recours à des services satellitaires fournis en exclusivité par Starlink.
Toujours d’après Ad Diyar, le ministre insiste sur le fait que ces réformes s’accompagnent d’un volet institutionnel. Il annonce la réactivation de la Telecommunications Regulatory Authority, gelée depuis des années, et la création de « Liban Telecom », prévue par la loi 431 mais jamais appliquée. L’objectif affiché est d’ouvrir le secteur à des partenariats transparents de type partenariat public privé, en attirant des capitaux privés dans les infrastructures de base tout en gardant le contrôle public sur les axes stratégiques. Le ministre souligne que la présence de partenaires régionaux et internationaux, « au premier rang desquels la monarchie saoudienne », lors des conférences récentes à Beyrouth est perçue comme un signal de confiance dans la capacité du pays à reconstruire sa colonne vertébrale numérique.
Fiscalité, finances publiques et signaux venus des banques
Sur le terrain budgétaire, les journaux du 20 novembre 2025 témoignent d’un retour progressif des instruments fiscaux classiques, dans un contexte de besoin urgent de recettes pour financer les services publics. Ad Diyar signale que le ministère des Finances a publié les tableaux de taxation de l’impôt sur les propriétés bâties pour les revenus de 2022, 2023 et 2024 dans la mouhafaza de la Békaa, en invitant les personnes concernées à présenter leurs observations ou objections dans un délai de dix jours à partir de la dernière date de publication. Cette annonce montre que l’administration tente de remettre en marche des mécanismes de recouvrement longtemps gelés par la crise, même si leur rendement reste limité au regard de l’ampleur des déficits accumulés.
Dans le même registre, Nahar du 20 novembre 2025 publie la convocation de l’assemblée générale ordinaire de la banque Libano Suisse pour l’examen des comptes de l’année 2024, la distribution éventuelle de dividendes et le renouvellement du conseil d’administration. L’ordre du jour mentionne aussi la demande d’autorisation pour des opérations régies par les articles 158 et 159 du Code de commerce, ainsi que par l’article 152 du Code de la monnaie et du crédit, ce qui indique que la banque cherche à régulariser certaines opérations avec des membres du conseil. Cette information illustre la lente normalisation du secteur bancaire, encore empêtré dans la restructuration de sa dette et de ses relations avec les déposants, mais qui tente de rétablir un minimum de gouvernance formelle.
Plus largement, la reprise des annonces fiscales et des réunions d’assemblées générales signale que l’économie libanaise reste loin d’un effondrement total, malgré la contraction du produit intérieur brut depuis 2019. De nombreuses entreprises continuent de fonctionner, parfois avec des effectifs réduits ou des modèles d’affaires adaptés à la crise, en combinant paiements en espèces, prix indexés sur le dollar et arbitrage constant entre le marché officiel et le marché parallèle. Cette économie de survie pèse sur la capacité de l’État à prélever des impôts de manière équitable, car une large part de l’activité se déroule dans l’informel, et sur sa possibilité de planifier des politiques publiques à moyen terme.
Énergie, commerce extérieur et sécurité d’approvisionnement
Parallèlement, les journaux mettent en avant les liens entre la situation énergétique mondiale et les marges de manœuvre des pays importateurs comme le Liban. Dans un article de Nahar du 20 novembre 2025, signé par Salwa Baalbaki, la journaliste rappelle que la carte globale de l’énergie a changé en quelques années, sous l’effet de la guerre en Ukraine, de la montée des énergies renouvelables et de la concurrence entre producteurs. Elle souligne que ces évolutions se répercutent sur le coût des importations de carburants, qui restent indispensables pour alimenter les centrales électriques libanaises et les générateurs privés, et sur la disponibilité de financements concessionnels pour des projets d’énergies propres.
Dans Al Sharq du 20 novembre 2025, une brève rubrique consacre quelques lignes à la réunion prévue à Amman entre les ministres de l’Énergie du Liban, de la Jordanie et de la Syrie, pour discuter du projet d’acheminement d’électricité et de gaz jordanien vers le Liban via le territoire syrien. Le texte rappelle que ce projet, évoqué depuis plusieurs années, est censé réduire le déficit de production d’Électricité du Liban et diversifier les sources d’approvisionnement, mais qu’il reste tributaire des sanctions internationales sur Damas et des garanties financières exigées par les bailleurs. Pour le lecteur libanais, ces informations rappellent combien la sécurité énergétique du pays dépend de compromis géopolitiques qui le dépassent largement.
Justice: procès internes et responsabilités internationales
Procès publics en Syrie et controverses sur l’usage de la technologie
Selon Ad Diyar, 20 novembre 2025, le ministère syrien de la Justice a organisé une première série de procès publics visant des membres des services de sécurité accusés d’avoir torturé et tué des détenus pendant la guerre. Le quotidien décrit une salle d’audience remplie de familles de disparus, d’avocats et de journalistes, avec des accusés appartenant à l’« amn al-‘am » amenés menottés devant la cour. Les chefs d’inculpation portent sur des homicides, des enlèvements et des actes de torture systématiques commis dans plusieurs centres de détention du pays.
Toujours selon Ad Diyar, 20 novembre 2025, le procureur présente au tribunal des enregistrements vidéo et des aveux attribués aux prévenus, que la défense conteste avec vigueur. Les avocats affirment que certaines bandes ont été « trafiquées » et évoquent la possibilité d’un recours à l’intelligence artificielle pour générer ou modifier des images. Ils dénoncent des pressions subies par les familles de disparus, invitées à se satisfaire d’un scénario déjà écrit, et rappellent que la chaîne de commandement politique n’est pas interrogée. Le journal souligne que plusieurs militants des droits humains syriens considèrent ces procès comme une « mise en scène » destinée à répondre aux critiques internationales, tout en offrant un exutoire contrôlé à la colère intérieure.
Ad Diyar, 20 novembre 2025, décrit également la présence d’observateurs diplomatiques dans la salle, notamment de pays européens et de l’ONU, ce qui donne au procès une dimension à la fois judiciaire et politique. Selon le journal, certains diplomates saluent le fait que des agents des services de sécurité soient enfin jugés, tandis que d’autres soulignent en privé que l’indépendance de la justice reste limitée et que la sélection des dossiers paraît très ciblée. Cette tension entre exigence de justice et calculs de pouvoir s’inscrit dans un contexte où Damas cherche à obtenir une normalisation graduelle avec plusieurs capitales arabes et occidentales.
Criminalité ordinaire et trafic de drogue devant la Cour criminelle de Nabatieh
Au Liban, plusieurs journaux relatent le travail de la Cour criminelle de Nabatieh, qui illustre le traitement de la criminalité ordinaire dans un contexte de crise économique et sociale. Al Akhbar, 20 novembre 2025, rapporte un jugement condamnant un prévenu pour trafic de stupéfiants après la saisie de quantités de drogues dans la région de Marjayoun. Le tribunal prononce une peine de prison ferme, assortie d’une amende, de la déchéance des droits civils et de la désignation d’un curateur chargé de gérer les biens du condamné pendant l’exécution de la peine.
Dans un autre dossier cité par Al Akhbar, 20 novembre 2025, la même cour juge une affaire de vol et de recel impliquant plusieurs accusés, dont l’un est en fuite. Les juges retiennent la responsabilité pénale des personnes présentes, en distinguant entre auteur principal et complices, et condamnent les prévenus à des peines graduées, allant jusqu’à la réclusion, tout en ordonnant la restitution des biens volés à leurs propriétaires légitimes. Le journal insiste sur le fait que ces jugements rappellent le fonctionnement quotidien d’une justice pénale souvent éclipsée par les grands débats politiques, mais qui continue à traiter des centaines de dossiers liés à la drogue, aux armes et aux vols malgré le manque de moyens.
Al Akhbar, 20 novembre 2025, signale aussi des poursuites contre des réseaux de trafic de drogue opérant entre Nabatieh et la Békaa, avec confiscation de véhicules et gel de comptes bancaires lorsque ceux ci existent encore. Le quotidien rappelle que l’effondrement de la monnaie nationale et la hausse du chômage ont favorisé l’extension des cultures de cannabis et l’entrée de nouveaux acteurs dans le trafic, tandis que les services de sécurité et les juges se plaignent d’un manque de ressources pour mener des enquêtes complexes. Ces jugements de Nabatieh apparaissent ainsi comme une tentative de réaffirmer l’autorité de l’État dans des régions où les réseaux informels jouent un rôle croissant.
Justice internationale: Darfour, Syrie et compétence universelle
Sur le plan international, Al Sharq Al Awsat, 20 novembre 2025, suit le procès de l’ancien chef de milice soudanaise Ali Kushayb devant la Cour pénale internationale. Le journal rappelle qu’il a été reconnu coupable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis au Darfour entre 2003 et 2004, notamment meurtres, persécutions et attaques contre des civils. L’article revient sur les témoignages de survivants décrivant des villages incendiés, des viols collectifs et des déplacements forcés, et souligne que la défense a tenté de minimiser le rôle de l’accusé en le présentant comme un exécutant pris dans une chaîne de commandement complexe. Le journal rappelle que la décision est en appel et que les juges doivent encore se prononcer sur le quantum définitif de la peine.
Al Sharq Al Awsat, 20 novembre 2025, mentionne également des procédures engagées en Allemagne contre d’anciens responsables des services de renseignements syriens, sur la base du principe de compétence universelle. Le journal rappelle que des tribunaux allemands ont déjà condamné des ex officiers pour torture et crimes contre l’humanité, sur la base de témoignages de réfugiés syriens vivant en Europe. Ces affaires sont citées comme un exemple de complémentarité entre justice internationale et juridictions nationales, dans un contexte où les tribunaux syriens eux mêmes sont contestés pour leur manque d’indépendance.
Pour Al Sharq Al Awsat, 20 novembre 2025, cette combinaison entre la CPI et les tribunaux européens constitue un message adressé aux régimes qui commettent des atrocités, en montrant que les crimes les plus graves peuvent être jugés même en l’absence de volonté interne. Le quotidien note cependant que ces procédures restent lentes, limitées à quelques responsables et souvent dépendantes d’équilibres diplomatiques, ce qui nourrit la frustration des victimes qui attendent réparation depuis des années.
Affaires politico judiciaires et contrôle des institutions au Liban
Sur le terrain libanais, Al Akhbar, 20 novembre 2025, consacre un long article au dossier de la plateforme électronique Impact, utilisée pendant les années de crise pour la distribution des aides sociales et la gestion de certaines données administratives. Le journal explique que le premier ministre de l’époque, Najib Mikati, avait transmis le dossier au Diwan al-Mouhassaba et à d’autres instances de contrôle, après des accusations de dépassements de compétences et de contournement des règles de passation des marchés. Les critiques portent sur la concentration de données sensibles entre les mains d’une entité privée et sur l’absence de base légale claire pour plusieurs contrats signés avec des bailleurs internationaux.
Selon Al Akhbar, 20 novembre 2025, les juges chargés d’examiner ce dossier se heurtent à la complexité des circuits de financement et au fait que plusieurs pièces ont été négociées en dehors des procédures administratives habituelles, dans le contexte d’urgence de la crise. Le quotidien relève que des responsables invoquent la nécessité de « sauver » les aides et d’éviter un arrêt des programmes sociaux, tandis que des magistrats et des experts en droit public demandent au contraire une clarification rigoureuse des responsabilités, afin d’éviter que la crise ne serve de prétexte à une privatisation opaque de fonctions régaliennes.
Le même article souligne que l’issue du dossier Impact aura des répercussions sur la manière dont les institutions libanaises encadrent les partenariats avec les organisations internationales et les prestataires privés. Pour Al Akhbar, 20 novembre 2025, il s’agit d’un test de la capacité de la justice à investiguer des dossiers techniques mêlant technologie, finances et protection des données personnelles, à un moment où le pays cherche à se doter de lois plus strictes sur la transparence des marchés publics et la protection de la vie privée.
Statut des juges, finances de la justice et confiance du public
Enfin, plusieurs journaux abordent indirectement la question du statut des juges et du financement du système judiciaire. Nahar, 20 novembre 2025, évoque le débat sur le transfert des cautions judiciaires vers le Trésor, en rappelant que des magistrats et des avocats craignent de voir ces sommes, déposées en garantie dans le cadre de procédures pénales ou civiles, utilisées pour combler des trous budgétaires sans garantie de restitution rapide. Cette inquiétude s’ajoute à la dégradation des salaires des fonctionnaires, y compris des juges, payés en livres libanaises dévaluées, ce qui alimente le risque de corruption et de départs massifs vers le secteur privé ou l’étranger.
Pour Nahar, 20 novembre 2025, la confiance du public dans la justice dépend autant de la qualité des décisions que des conditions matérielles dans lesquelles elles sont rendues. Le journal souligne que des tribunaux fonctionnent avec des bâtiments délabrés, des coupures d’électricité fréquentes et un personnel réduit, tandis que les justiciables attendent parfois des mois pour obtenir des copies de jugements ou pour fixer des audiences. Dans ces conditions, plusieurs magistrats interrogés estiment que la lenteur et les retards ne résultent pas seulement de la mauvaise volonté ou de l’inefficacité, mais aussi d’un manque chronique de moyens humains, techniques et logistiques, qui ralentit chaque étape de la procédure et laisse s’accumuler les dossiers en attente.
Société: enfance, santé et fractures sociales
Enfance et droits de l’enfant au cœur du discours public libanais
Nahar, 20 novembre 2025, consacre sa une et ses pages « vie publique » à la Journée mondiale de l’enfant, en donnant la parole à la première dame du Liban, Naamat Aoun. Celle-ci s’adresse directement aux « enfants du pays », qu’elle décrit comme « la base sur laquelle se construit demain » et comme « la colonne vertébrale » d’un Liban plus juste et plus prospère. Elle rappelle que le droit à l’éducation, à la santé, à la protection et à l’expression n’est pas un privilège accordé par l’État, mais une composante de l’existence même de chaque enfant et une responsabilité collective. Elle insiste sur l’idée que ces droits « ne se négocient pas » et que les institutions comme les familles doivent les défendre dans un contexte de crise prolongée.
Dans le même numéro, Nahar souligne que le message de la première dame s’inscrit dans un pays où l’instabilité politique et l’effondrement économique ont rendu plus difficiles l’accès à l’école et aux soins pour de nombreux enfants. Le journal fait écho à son appel à « être fiers de votre identité nationale inclusive » et à croire que « votre voix peut changer les choses ». Elle associe explicitement la reconstruction du pays à la capacité des plus jeunes à participer à la vie citoyenne, en évoquant la création d’une « école de la citoyenneté » comme espace pour comprendre leurs droits et exercer leurs devoirs. Ce discours valorise la participation des enfants comme acteurs sociaux, et non comme simples victimes passives de la crise.
Célébration de la Journée mondiale de l’enfant avec UNICEF et les médias
La même édition de Nahar relate la célébration organisée dans le bâtiment du journal au centre de Beyrouth, en partenariat avec UNICEF, sous le slogan « Bokra elna ». L’événement réunit la présidente de « Groupe An Nahar » Naïla Tuéni, le ministre de l’Information Paul Morcos, les ambassadeurs des Pays-Bas et du Japon, une représentante de l’ambassade du Canada, le représentant d’UNICEF au Liban Marco Luigi Corsi, ainsi qu’un large public d’enseignants, de spécialistes et d’enfants. Les rires, les chants et les questions adressées aux responsables politiques et aux diplomates sont décrits comme le cœur de cette journée, où les enfants se voient explicitement reconnus comme interlocuteurs et non comme figurants.
Nahar rapporte que Marco Luigi Corsi félicite les enfants pour leur énergie et leur créativité, en déclarant qu’« ils sont l’avenir de ce pays » et que leur voix « mérite d’être entendue ». Il rappelle que la Journée mondiale de l’enfant, célébrée le 20 novembre, incarne une promesse faite il y a trente-six ans de placer les droits de l’enfant au centre de l’agenda international, mais que les crises sociales et l’insécurité ont créé des « défis supplémentaires » pour l’accès à ces droits au Liban. Il souligne cependant avoir observé, au cours des mois passés dans le pays, la « force » et la « résilience » de la société libanaise face à ces difficultés.
Toujours selon Nahar, le ministre de l’Information répond aux questions d’un enfant qui lui demande quelle « force surnaturelle » il utiliserait pour changer les choses. Il met en garde contre l’usage excessif des téléphones intelligents, rappelant que la technologie devient dangereuse lorsqu’elle est mal utilisée, et invite les enfants à limiter leur temps d’écran aux besoins scolaires ou à la recherche d’informations. Naïla Tuéni, de son côté, appelle les enfants à « s’aimer les uns les autres », à écouter l’avis contraire et à refuser la normalisation de la guerre ou de la faim des enfants. Elle décrit le journalisme comme une « responsabilité » qui consiste aussi à offrir un espace à la parole des plus jeunes, en promettant que Nahar restera une plateforme pour leurs voix.
Santé publique et accès aux soins: centres de soins primaires et politiques de santé
Al Liwa’, 20 novembre 2025, suit une visite du ministre libanais de la Santé dans un centre de soins de santé primaires, décrite dans la rubrique « Hakaïat al-nas ». Le ministre y écoute une présentation détaillée des services offerts par le centre et insiste sur l’importance de ce réseau de première ligne pour garantir une couverture minimale dans tout le pays. Il annonce la signature d’un contrat d’un montant de 18 millions de dollars pour sécuriser des médicaments contre les maladies dites « difficiles » et les distribuer aux centres de soins primaires. Il évoque aussi le lancement d’un appel d’offres pour l’achat d’équipements et de dispositifs destinés à renforcer les capacités de ces structures et à élever le niveau de leurs prestations.
Dans le même article, Al Liwa’ rapporte que le député Ihab el-Samad remercie le ministre pour « les efforts fournis » et déclare que « transformer les paroles en actes » est ce que la région attend du ministère. L’accent mis sur les soins de santé primaires reflète une stratégie visant à compenser, au moins partiellement, l’effondrement de l’hôpital public et les coûts prohibitifs du secteur privé pour une grande partie de la population. Le texte laisse entendre que ces centres deviennent des lieux où se joue une partie de la cohésion sociale, en offrant des services subventionnés ou gratuits dans des zones souvent délaissées par les grands investissements.
Al Quds, 20 novembre 2025, élargit la perspective en présentant les résultats d’un programme du « Global Alliance for Vaccines and Immunization » (GAVI) de lutte contre le virus du papillome humain. Selon le rapport cité, l’intensification des campagnes de vaccination dans les pays à faible revenu a permis d’éviter plus d’un million de décès par cancer du col de l’utérus en trois ans et de protéger environ 86 millions de jeunes filles contre la principale cause de cette maladie. Le journal rappelle que le programme a été relancé en 2023 pour élargir l’accès au vaccin, en particulier dans les contextes où les systèmes de santé sont fragilisés. Ce bilan montre comment les politiques de santé globale peuvent avoir un impact direct sur la mortalité et la qualité de vie, tout en soulignant l’importance du financement public-privé dans ce domaine.
Jeunesse, intelligence artificielle et quête de soutien
Al Quds, 20 novembre 2025, publie également une dépêche sur un sondage réalisé en Angleterre par l’institut YouGov, qui met en lumière le recours croissant des jeunes à l’intelligence artificielle pour chercher de l’aide. Selon cette étude, près de 40 % des jeunes interrogés déclarent utiliser des outils d’IA pour obtenir des conseils, du soutien ou simplement de la compagnie. Environ 20 % disent le faire parce qu’il leur est plus facile de parler à un programme qu’à un autre être humain, tandis qu’un jeune sur dix affirme n’avoir « personne d’autre » à qui se confier.
Le même article précise que seuls 6 % des utilisateurs qui dialoguent avec des programmes de conversation en ligne affirment faire davantage confiance à ces outils qu’à une personne réelle, ce qui montre que la plupart gardent conscience des limites de la technologie. Al Quds souligne que ces chiffres mettent en lumière un paradoxe: les jeunes expriment un désir de lien humain plus fort, mais se tournent vers des interfaces numériques jugées plus accessibles ou moins jugeantes. Ce phénomène, observé dans un pays riche doté de services de santé mentale structurés, fait écho aux débats au Liban sur la solitude des adolescents, la pression scolaire et l’impact des réseaux sociaux, même si la presse du 20 novembre ne publie pas de données locales comparables.
Mobilisations sociales et système de santé en Tunisie
En dehors du Liban, Al Quds, 20 novembre 2025, consacre un reportage aux mobilisations de médecins en Tunisie. Le journal décrit des cortèges de jeunes praticiens en blouses blanches, brandissant des pancartes et annonçant une grève de grande ampleur dans tout le pays. Ils dénoncent la cherté de la vie, le manque de moyens dans les hôpitaux publics et une politique de santé jugée incohérente, qui met à rude épreuve les services d’urgences et les équipes soignantes. Selon le texte, cette contestation intervient dans un contexte de crise économique profonde, marquée par le chômage et la difficulté du gouvernement à conclure un accord stable avec les institutions financières internationales.
Al Quds relie ces mouvements à une inquiétude plus large quant à la fuite des compétences médicales vers l’étranger et à la dégradation des services de base pour les citoyens. Le reportage suggère que le mal-être des médecins est aussi le symptôme d’une société sous pression, où les classes moyennes se sentent fragilisées et où les jeunes diplômés ne voient pas de perspectives claires. Même si la situation tunisienne est spécifique, cette description fait écho, de manière indirecte, aux tensions ressenties dans le secteur de la santé au Liban, où les salaires en livres dévaluées et l’émigration de nombreux professionnels compliquent la continuité des soins.
Sociétés en crise et vulnérabilité accrue des enfants
Les articles de Nahar et d’UNICEF rappellent que les enfants subissent de plein fouet l’impact cumulé des crises économiques, des guerres et des déplacements forcés. Lorsque Marco Luigi Corsi évoque les « défis supplémentaires » créés par les crises sociales et l’instabilité, il souligne que ces facteurs se traduisent très concrètement par des difficultés d’accès à l’école, par l’augmentation du travail des mineurs et par le risque de violence domestique ou communautaire. Nahar insiste sur le fait que la Journée mondiale de l’enfant n’est pas seulement une célébration symbolique, mais un rappel de l’engagement pris par les États et les sociétés de protéger ces droits « chaque jour, et pas une fois par an ».
À travers ces différents articles, la presse du 20 novembre 2025 donne l’image de sociétés qui tentent de préserver des espaces de protection et de solidarité au milieu de tensions multiples. Au Liban, la mise en avant d’événements consacrés aux enfants et les annonces sur les centres de soins primaires témoignent d’une volonté de maintenir des biens publics essentiels malgré la crise. À l’échelle internationale, les campagnes de vaccination menées par GAVI et les mobilisations de médecins en Tunisie montrent que la santé reste un terrain central des luttes sociales. En parallèle, le recours croissant des jeunes à l’intelligence artificielle pour chercher un soutien illustre des formes nouvelles de solitude et de recherche de relation, qui interrogent la capacité des familles, des écoles et des systèmes de santé à répondre aux besoins d’écoute et d’accompagnement.
Culture: héritages libanais, mémoire et scènes artistiques
Hommage à Fayrouz et place des icônes dans l’imaginaire libanais
Nahar du 20 novembre 2025 consacre une page à un texte intitulé « Tes‘oun arza wa arza », qui s’adresse à Fayrouz à l’occasion de son quatre-vingt-onzième anniversaire et la décrit comme une figure indissociable du paysage libanais. Le chroniqueur insiste sur la manière dont sa voix a accompagné les différentes générations, en liant les matinées de radio, les trajets scolaires et les trajets de travail à des chansons devenues un rituel quotidien. Il rappelle aussi que les concerts de Fayrouz ont souvent été présentés comme des moments rares de rassemblement au-delà des clivages politiques, la salle devenant un espace où se croisent banlieues populaires et quartiers aisés.
Dans le même article, Nahar décrit la chanteuse comme « tissée dans une forêt de cèdres » et parle de « quatre-vingt-onze cèdres et un cèdre » pour souligner la dimension emblématique qu’elle a prise dans l’imaginaire collectif. Cette métaphore revient sur l’idée, fréquente dans la presse libanaise, qui associe la voix de Fayrouz à l’image de la montagne, des villages et de la capitale au petit matin. Le texte ne se limite pas à un hommage biographique, il évoque aussi la manière dont les chansons continuent d’être reprises dans les écoles, les cafés et les concerts, y compris par une nouvelle génération de musiciens qui les réarrange pour des scènes plus petites ou des plateformes numériques.
Ce récit inscrit la chanteuse dans une continuité historique qui traverse la guerre civile, l’occupation, les crises financières et l’explosion du port de Beyrouth. Nahar rappelle que ses interprétations de villes comme Jérusalem ou Damas ont permis à de nombreux Libanais de relier leur propre vécu à des causes régionales, tandis que ses chansons sur Beyrouth restent liées aux images de destructions et de reconstructions successives. En rappelant ces différentes strates de mémoire, l’article montre que la figure de Fayrouz fonctionne aussi comme un fil qui relie différents moments de l’histoire nationale à un horizon culturel commun.
Mémoires de la guerre et musées d’art contemporain au Liban
Al Quds du 20 novembre 2025 publie un reportage sur le musée « Shathaya » fondé par l’artiste libanais Charles Nassar dans la localité de Ramhalla, dans le caza de Aley. Le texte décrit un espace construit au milieu des rochers, où l’artiste a rassemblé des éclats d’obus, des douilles et des morceaux de métal provenant de la guerre civile, de l’agression israélienne de l’été 2006 et de l’explosion du port de Beyrouth en 2020. Ces objets, autrefois instruments de mort, sont transformés en sculptures, lampes, sièges et formes abstraites qui racontent la capacité d’un pays à survivre à la destruction.
Le reportage souligne que Charles Nassar a fabriqué lui-même le bâtiment, en s’appuyant sur les roches de la montagne et en y ajoutant des jeux d’eau qui accompagnent le visiteur dès l’entrée. Selon Al Quds, l’artiste explique que chaque pièce garde une part de la violence initiale mais qu’elle est réinscrite dans un récit de vie, où les fragments de métal deviennent le support de scènes de village, de silhouettes, d’instruments de musique ou de lettres arabes stylisées. Le musée fonctionne à la fois comme un lieu de mémoire pour les habitants de la région et comme un espace pédagogique pour des groupes scolaires qui y viennent pour parler d’histoire récente et de création artistique.
Al Quds mentionne que cette démarche s’inscrit dans une tradition plus large de pratiques artistiques libanaises qui utilisent des matériaux trouvés pour interroger la mémoire des conflits. Dans ce cadre, l’article fait le lien avec d’autres initiatives qui transforment des murs percés de balles, des portes tordues ou des fenêtres brisées en supports de fresques et d’installations. En situant « Shathaya » entre musée, atelier et lieu de promenade, le journal souligne la manière dont l’art, même lorsqu’il travaille sur des sujets douloureux, contribue à recréer un rapport habitable aux lieux marqués par la violence.
Expositions et agenda artistique à Beyrouth
Al Akhbar du 20 novembre 2025 consacre sa rubrique « al-Mufakkira » à plusieurs événements culturels à Beyrouth. Le journal annonce l’ouverture de l’exposition « Monmanemat » de l’artiste Michel Fadel à la galerie Kaf pour l’art contemporain, à Achrafieh, le jeudi 20 novembre à 17 heures. Le texte explique que l’artiste s’appuie sur un rituel de répétition et de superposition des couches de matière pour construire des surfaces denses où se mêlent dessin, gravure légère et sculpture. Les œuvres dialoguent avec des motifs empruntés aux tapis persans, à la mémoire des tissus damascènes et aux architectures byzantines, reprenant des éléments de l’héritage visuel du Machrek.
Selon Al Akhbar, « Monmanemat » représente la synthèse d’une phase de travail durant laquelle Michel Fadel est passé d’un style plutôt figuratif à des compositions plus abstraites, centrées sur la matière, les rythmes internes et la tension entre ordre et désordre. L’article insiste sur les lignes qui se courbent, les points qui se multiplient comme un pouls, et les couches successives qui cherchent à rétablir une forme d’harmonie intérieure à partir du chaos. L’exposition est présentée comme une invitation à regarder de près les détails, plutôt que de se contenter d’une impression décorative générale.
La même rubrique publie l’annonce d’une « Nadwa takrimiyya li Mazen al-Dajani » à la Fondation d’études palestiniennes à Beyrouth, prévue le mercredi 26 novembre, avec la participation de chercheurs comme Maher Charif, Saqr Abou Fakhr, al-Tayyib al-Dajani et Ayham al-Sahli. Cette rencontre doit accompagner la parution d’un livre consacré à « Kamel Tawfiq al-Dajani », présenté comme écrivain, poète et militant, et revenir sur son rôle dans la construction d’institutions de recherche et de culture au service de la cause palestinienne. Pour la scène culturelle beyrouthine, ce type d’événement souligne la continuité d’un travail intellectuel qui relie archives, livres et débats publics.
Initiatives universitaires et circulation des patrimoines
Al Bina’ du 20 novembre 2025 rapporte que l’Université libanaise américaine a inauguré à Beyrouth une exposition intitulée « al-tarath al-arabi fi Zanzibar », organisée par la faculté d’architecture et de design. Le journal explique que l’événement met en avant les échanges historiques entre la côte swahilie, le monde arabe et certaines influences asiatiques, à travers des photographies, des dessins, des textiles et des objets artisanaux. Le directeur du programme, Khalifa al-Rabah, y voit une sorte « d’Andalousie moderne », en ce sens que la présence omanaise sur cette côte a prolongé un esprit de créativité et de métissage culturel.
Dans le même article, la peintre Basma Hajij remercie le ministère de la Culture, l’université et la faculté pour leur soutien et insiste sur l’importance de montrer comment les formes artistiques circulent entre les rives de la mer Rouge et de l’océan Indien. Le doyen de la faculté d’architecture et de design, Eli Haddad, souligne en quelques phrases la valeur pédagogique d’un tel projet pour les étudiants, en les confrontant à un patrimoine arabe qui n’est pas limité au Levant ou au Maghreb mais qui s’est développé aussi dans des îles et des ports africains. L’exposition se tient jusqu’au 21 novembre dans le bâtiment de la faculté, de huit heures à dix-huit heures.
Al Bina’ mentionne aussi la parution du livre « Ali Zaytoun fi maraya al-ibda’ », publié par l’Union des écrivains libanais, qui revient sur le parcours du critique et écrivain Ali Zaytoun à travers une série de contributions. En lien avec ce volume, le journal signale l’ouverture à l’université de Hébron du troisième « Mu’tamar Izz al-Din al-Manasira lil-thaqafa wal-adab wal-ouloum », organisé par la municipalité de Beni Naïm en coopération avec le ministère palestinien de la Culture. Les intervenants y discutent des liens entre littérature, histoire, sciences sociales et mémoire politique, et un salon du livre intitulé « bil-qira’a nahlam… wa bil-hourriya nabni al-moustaqbal » est inauguré à cette occasion, avec la participation d’éditeurs, d’artistes plasticiens et d’institutions culturelles palestiniennes.
Scènes arabes et internationales, du cinéma à l’édition
Toujours dans Al Bina’ du 20 novembre 2025, un article souligne la trajectoire du film irakien « Anashid Adam » du réalisateur Oday Rachid, qui a remporté le prix du jury et le prix de la critique au Festival international du film d’auteur de Rabat, après avoir obtenu quelques jours plus tôt le premier prix au Festival du film d’Oran en Algérie. Le film est présenté comme le résultat d’une coproduction entre la société « Nippour » de production artistique et « Films KIAN », sous la supervision du producteur Majed Rachid. Le texte insiste sur la qualité de l’écriture visuelle et sur une mise en scène jugée profonde, qui ont attiré l’attention des critiques. Cet écho international complète un paysage culturel déjà très dense dans les journaux libanais d’aujourd’hui.
Nahar du 20 novembre 2025 mentionne enfin, dans une brève, une exposition rétrospective consacrée à l’artiste américaine Alison Knowles à Saint-Étienne, en France, signalée pour son rôle dans les avant-gardes et les performances associées au mouvement Fluxus.
Sport: identités libanaises, victoires symboliques et scènes mondiales
Les sélections libanaises comme espace d’unité nationale
Dans Ad Diyar du 20 novembre 2025, un article signé Samer Halabi décrit comment les équipes nationales libanaises font tomber, le temps d’un match, les murs qui séparent habituellement les communautés politiques et confessionnelles. Le texte rappelle que le pays vit depuis des décennies au rythme des clivages, mais souligne que lorsque le drapeau libanais apparaît sur un terrain de football ou de basket, les appartenances partisanes se suspendent en grande partie. Le stade devient alors un espace présenté comme « neutre », où le public n’est plus réparti par blocs politiques, mais réuni sous un même étendard, sans slogans de partis ni portraits de leaders. Ad Diyar insiste sur le fait que cette expérience commune ne supprime pas les divergences, mais permet de ressentir, durant quelques heures, l’existence d’un intérêt national partagé.
L’article rappelle comme exemple la victoire de la sélection libanaise de basket contre la Chine à Beyrouth en 2019, soirée durant laquelle seules des bannières libanaises étaient visibles dans les tribunes, ainsi que le parcours de l’équipe jusqu’à la finale d’Asie en 2022, suivie par plus de six cent mille téléspectateurs lors de la demi finale. Pour Ad Diyar, ces moments constituent des « exceptions heureuses » dans une histoire récente marquée par les crises, la joie collective se manifestant dans les cafés, les rues et les places publiques, bien au delà des limites des clubs ou des quartiers. L’ancien international de volley et entraîneur national Abdo Jadoun explique au journal que, dans un pays comme le Liban, « le sport réussit là où la politique échoue », car l’entrée de la sélection sur le terrain fait tomber, selon lui, les alignements qui structurent le débat public.
L’article insiste enfin sur le contraste entre ce rôle unificateur des sélections et la fragmentation qui marque encore le paysage des clubs, souvent associés à des zones, à des communautés ou à des formations politiques. Les auteurs estiment que l’absence de politique sportive nationale cohérente laisse ces performances sans prolongement durable dans les institutions. Ce que les joueurs et le public construisent pendant une campagne de qualification peut être défait rapidement dès que les anciennes habitudes reprennent le dessus, même si ces instants de communion prouvent l’existence d’une identité sportive libanaise distincte des loyautés partisanes.
Une médaille d’or au judo et le parcours du club Hekmeh
La même édition d’Ad Diyar relate l’obtention d’une médaille d’or libanaise lors d’un tournoi international de judo organisé à Londres. Le journal décrit le parcours du judoka libanais, victorieux successivement de Ansley Crawford, Bogdan Skryryu, Miles Salmon puis Roliy Alam, tous battus par ippon, c’est à dire par une note maximale qui met fin au combat avant le terme. Ce résultat est présenté comme un signe de vitalité du sport individuel au Liban, malgré les difficultés financières et le manque d’infrastructures spécialisées. Ad Diyar souligne que le judoka a construit sa victoire au fil de quatre combats maîtrisés et met en avant la fierté du staff technique et des responsables de la fédération.
Sur le plan collectif, Ad Diyar suit également le parcours du club de basket Hekmeh dans la West Asia Super League. Le quotidien rapporte que l’équipe a subi, à Astana, sa troisième défaite dans la compétition, sur le score de soixante deux à soixante et onze, après un début de match mal engagé et plusieurs erreurs défensives. Les deux premiers quart temps se soldent par un écart de quatorze points en faveur du club kazakh, avant une amélioration relative de la prestation libanaise au retour des vestiaires, avec un troisième quart remporté par Hekmeh. Le quatrième se conclut néanmoins sur un nouvel avantage d’Astana, maintenant un différentiel final de neuf points. Le journal détaille les scores partiels et estime que cette rencontre confirme, pour l’instant, la difficulté des clubs libanais à s’adapter au rythme imposé par les meilleures équipes de la région.
Ce tableau contrasté, fait d’une médaille individuelle en or et d’un début de campagne continental compliqué pour Hekmeh, illustre la diversité des trajectoires sportives libanaises. Sur un tatami ou sur un parquet, les athlètes et les clubs doivent composer avec des budgets limités et une logistique affectée par l’instabilité économique, mais chaque victoire ponctuelle nourrit un récit collectif où le Liban apparaît encore capable de rivaliser avec des pays mieux dotés.
Mahassen Fattouh, première Libanaise olympique en haltérophilie
Nahar du 20 novembre 2025 publie un portrait détaillé de l’haltérophile d’origine libanaise Mahassen Fattouh, première femme portant les couleurs du Liban en haltérophilie aux Jeux olympiques. L’article rappelle qu’elle vit en Caroline du Sud et qu’elle a obtenu sa qualification pour les Jeux de Tokyo 2020 après des années d’entraînement et de compétitions internationales. Pour le quotidien, sa trajectoire dépasse la seule performance sportive, car elle incarne un combat pour la visibilité des femmes dans une discipline perçue comme masculine. Mahassen Fattouh explique qu’elle a commencé au lycée dans une équipe composée de nombreuses filles, ce qui lui a permis de considérer cette pratique comme une possibilité naturelle et non comme un territoire réservé aux hommes.
Nahar souligne qu’elle a grandi dans un environnement dépourvu de soutien spécifique pour l’haltérophilie féminine, mais qu’elle a utilisé les obstacles comme un moteur pour construire un chemin différent. Elle affirme dans ses déclarations que « le Liban est mon pays d’origine » et que la résilience de sa population l’a encouragée à poursuivre son objectif de représenter le pays sur la scène mondiale. Elle insiste aussi sur le message envoyé aux jeunes filles qui la suivent, en répétant qu’« il est agréable pour une femme d’être forte » et que rien ne doit limiter leurs ambitions, qu’elles vivent au Liban ou dans la diaspora.
L’athlète évoque également son rêve de remporter une médaille olympique, tout en rappelant que l’essentiel, pour elle, est d’ouvrir la voie à d’autres sportives. Elle mentionne l’émergence d’une autre haltérophile, Alexa Mina, qu’elle espère voir qualifiée pour la prochaine édition des Jeux, et dit vouloir contribuer à la création d’une équipe de jeunes capables de porter les couleurs libanaises à l’avenir. Nahar présente ce projet comme un exemple de circulation des compétences entre un pays en crise et sa diaspora, dans un domaine où la préparation exige des structures souvent plus accessibles à l’étranger. Le portrait se clôt sur une réflexion de Mahassen Fattouh selon laquelle le Liban est un pays « grand, beau et pluriel », qui pourrait bénéficier davantage de l’énergie de ses enfants dispersés dans le monde.
Échos des scènes sportives mondiales
Les journaux consultés le 20 novembre 2025 accordent aussi une place importante aux compétitions internationales, parfois sans lien direct avec le Liban, mais qui permettent de situer les performances libanaises dans un paysage plus vaste. Al Quds consacre sa page sportive aux qualifications pour la Coupe du monde 2026, en annonçant que l’Espagne, la Belgique, l’Écosse, l’Autriche et la Suisse ont rejoint le groupe des équipes européennes déjà qualifiées, tandis que plusieurs sélections doivent encore passer par les barrages. Le même journal souligne la qualification historique de Curaçao à travers les éliminatoires de la CONCACAF, ce qui en fait la plus petite entité étatique à atteindre la phase finale du tournoi planétaire, un exploit également mis en avant par Al Joumhouriyat à sa une.
Al Quds s’arrête aussi sur un autre record, celui de LeBron James, devenu, à quarante ans, le premier joueur à disputer vingt trois saisons consécutives en NBA, avec les Los Angeles Lakers. Le journal rappelle qu’il a signé, lors de son match de retour face à Utah, onze points, douze passes décisives et trois rebonds en trente minutes, après une blessure qui l’avait écarté du début de saison. Cette longévité est présentée comme un cas d’école en matière de discipline physique, et renvoie à la question de l’allongement des carrières des athlètes de haut niveau.
Dans Al Sharq Al Awsat du 20 novembre 2025, la rubrique « Sports » revient enfin sur la présence de Cristiano Ronaldo à la Maison Blanche, invité au dîner officiel offert en l’honneur de Mohammed ben Salman. La publication décrit les images de l’attaquant portugais posant dans le Bureau ovale avec Donald Trump, échangeant des selfies avec des responsables politiques et économiques et participant à une soirée où le sport devient un langage commun entre monde des affaires et pouvoir exécutif. Pour le quotidien, cette séquence illustre la manière dont le football de stars s’inscrit aujourd’hui dans la diplomatie d’influence, en accompagnant des accords politiques et économiques d’envergure. Rapprochés des histoires de la sélection libanaise, du judoka titré à Londres et de Mahassen Fattouh, ces récits montrent que, même dans un pays en crise, terrains, tatamis et salles d’entraînement demeurent des espaces où se construit une image positive du collectif. Ces espaces restent ouverts aux rêves, aux projections et aux identifications d’un public qui cherche encore des raisons de croire ensemble.
Technologie: infrastructures numériques, régulation et course à l’IA
Panne Cloudflare et dépendance à quelques intermédiaires
Nahar du 20 novembre 2025 relate en détail une panne majeure survenue chez Cloudflare, l’un des plus grands fournisseurs mondiaux de services de protection et d’accélération du trafic sur Internet. Le quotidien explique que l’incident a provoqué un ralentissement massif de la navigation et l’apparition de pages d’erreur sur de nombreux sites utilisant l’infrastructure de l’entreprise. Des services clés comme Turnstile, utilisé comme alternative aux CAPTCHA pour vérifier l’identité des internautes, ainsi que des composants liés aux systèmes de cache, aux Workers KV et à l’authentification, ont été partiellement ou totalement interrompus pendant plusieurs heures.
Selon Nahar du 20 novembre 2025, Cloudflare a d’abord été soupçonnée d’être la cible d’une attaque informatique d’ampleur. La société a ensuite publié un rapport technique détaillé attribuant l’incident à une erreur interne de configuration, et non à une action hostile. La modification d’un paramètre dans une base de données interne a suffi à déclencher une chaîne de dysfonctionnements à travers l’architecture de la plateforme. Les erreurs se sont propagées dans les centres de données, affectant la capacité de la société à router et filtrer le trafic. Ce scénario illustre la manière dont une intervention de maintenance banale peut, en l’absence de garde-fous suffisants, provoquer une rupture de service à l’échelle mondiale.
Le même article de Nahar du 20 novembre 2025 souligne que la panne n’a pas entraîné de fuite de données sensibles, d’après les premières analyses de Cloudflare. Les systèmes de protection du courrier électronique ont connu des perturbations, mais sans compromission déclarée des contenus. L’entreprise a fini par stabiliser la situation en stoppant la propagation du fichier de configuration erroné, en restaurant une version saine des paramètres, puis en relançant graduellement les serveurs. La description donnée par le quotidien montre cependant que de nombreux services en ligne dépendent désormais de quelques intermédiaires techniques, dont les erreurs se traduisent par des interruptions ressenties par des millions d’utilisateurs qui ne connaissent même pas le nom de ces fournisseurs.
Explosion énergétique et hydrique des centres de données
Al Sharq Al Awsat du 20 novembre 2025 publie une longue analyse sur l’empreinte énergétique et hydrique de l’infrastructure nécessaire à l’essor de l’intelligence artificielle. Le texte rappelle que les centres de données consomment déjà chaque année l’équivalent de ce dont ont besoin des millions de foyers pour s’éclairer et se chauffer. Le journal cite des estimations selon lesquelles l’ensemble des data centers dépensent en un an assez d’électricité pour alimenter cent millions de maisons, et affirme que la consommation d’un seul site peut atteindre plusieurs centaines de mégawatts en régime de croisière.
Dans le même article, Al Sharq Al Awsat du 20 novembre 2025 met l’accent sur l’enjeu de l’eau. Le quotidien évoque des chiffres allant de trois à cinq millions de gallons d’eau par jour pour refroidir les équipements d’un grand centre de données. Il explique que ces installations fonctionnent vingt-quatre heures sur vingt-quatre, chauffent l’air ambiant et nécessitent des systèmes de refroidissement intensifs, ce qui entraîne une consommation continue d’eau et d’énergie. Le journal donne l’exemple du Chili, présenté comme un cas extrême: des autorités y ont accordé à Google l’autorisation de prélever cinquante litres d’eau par seconde, gratuitement, pour refroidir ses infrastructures, alors même que les habitants craignent des pénuries dans certaines régions.
Al Sharq Al Awsat du 20 novembre 2025 note que la part de l’électricité mondiale absorbée par les systèmes d’intelligence artificielle atteint déjà environ deux pour cent, alors que la technologie reste en phase de montée en charge. Aux États-Unis, cette part approcherait quatre pour cent, dans un contexte où plusieurs États souffrent déjà de tensions sur leurs réseaux électriques. Certains experts cités par le journal estiment que, si cette tendance se poursuit sans adaptation des réseaux, le risque de pannes répétées augmentera, ce qui a conduit le président Donald Trump à évoquer une sorte d’«état d’urgence» électrique. Les auteurs de l’article relèvent toutefois un scepticisme sur la capacité des mesures annoncées à suivre le rythme de la demande.
Le même texte d’Al Sharq Al Awsat du 20 novembre 2025 insiste sur le décalage entre les discours promettant une transition rapide vers des énergies renouvelables et la réalité d’une industrie numérique fortement dépendante du charbon, du gaz et du pétrole. L’article rappelle que l’extraction des métaux rares nécessaires aux puces, aux batteries et aux panneaux solaires, le transport des équipements et le fonctionnement continu des centres de données reposent encore en grande partie sur des combustibles fossiles. Le journal ajoute que les scénarios de recyclage de millions de tonnes de batteries et de panneaux, une fois arrivés en fin de vie, restent flous. Cette critique vise les promoteurs d’un «solutionnisme» technologique qui promet d’utiliser l’IA pour résoudre les crises environnementales tout en alimentant une infrastructure gourmande en ressources.
Partenariats stratégiques pour la puissance de calcul de l’IA
Au milieu de ces débats, plusieurs journaux mettent en avant la course aux investissements dans les centres de données et la puissance de calcul. Al Quds du 20 novembre 2025 rapporte que la société saoudienne Humain, associée à AMD et Cisco, a lancé un projet commun visant à construire des centres de données orientés vers l’intelligence artificielle. Le premier site doit atteindre une capacité de cent mégawatts en Arabie saoudite, avec l’ambition de servir un marché couvrant l’Asie, l’Europe, l’Inde, le Moyen-Orient et l’Afrique, soit environ quatre milliards et demi d’habitants.
Dans le même article, Al Quds du 20 novembre 2025 mentionne la participation d’Elon Musk, de Jensen Huang pour Nvidia et de nombreux dirigeants de groupes technologiques au Forum d’investissement organisé à Washington et consacré aux partenariats américano-saoudiens. Le journal rappelle que, en marge de ce forum, la société Archer a signé un accord avec des entités saoudiennes pour tester des avions électriques à décollage et atterrissage verticaux, ce qui illustre d’autres formes de technologies avancées liées à la mobilité. Mais l’axe principal reste la capacité de calcul pour l’IA, présentée comme un secteur clé de la coopération à venir.
Al Sharq Al Awsat du 20 novembre 2025 revient sur la «document de l’intelligence artificielle» signé entre l’Arabie saoudite et les États-Unis. Le journal précise que le ministre saoudien des Affaires étrangères Faisal bin Farhan et son homologue américain Marco Rubio ont paraphé ce texte, qui fait partie d’un paquet plus large d’engagements stratégiques. Le document affiche l’objectif de développer des infrastructures avancées d’IA, d’améliorer les capacités nationales et d’élargir les investissements croisés dans la technologie, avec un accent sur la sécurité économique et la prospérité partagée.
Dans un autre article, Al Sharq Al Awsat du 20 novembre 2025 cite les propos de Jensen Huang, directeur général de Nvidia, qui affirme travailler avec Riyad à la construction de «bases de données du futur». Elon Musk annonce pour sa part un projet de centre de calcul pour l’IA d’une capacité de cinq cents mégawatts en Arabie saoudite, développé avec la participation de Nvidia et des autorités saoudiennes. Le quotidien rapporte aussi les déclarations de responsables saoudiens qui envisagent de faire du royaume un hub mondial pour les données et l’électricité «propre», capable de répondre à la demande croissante liée aux technologies d’IA.
Al Quds du 20 novembre 2025 signale par ailleurs le lancement d’un programme d’infrastructures pour l’IA de cent milliards de dollars par Brookfield Asset Management, en partenariat avec Nvidia et la Kuwait Investment Authority. Le fonds vise à acquérir ou à construire des actifs de type énergie, foncier, centres de données et capacités de calcul, avec l’objectif de mobiliser jusqu’à cent milliards de dollars en combinant capitaux propres et financements additionnels.
Al Sharq du 20 novembre 2025 replace ces annonces dans un contexte plus large, en expliquant que Riyad cherche à lier son programme d’investissements aux États-Unis à l’accès aux puces les plus avancées d’IA, comme les générations récentes développées par Nvidia ou d’autres fabricants. Le journal note que la société Humain, créée avec le soutien du fonds souverain saoudien, a déjà conclu des accords de plusieurs milliards de dollars avec Nvidia et AMD, et entamé des discussions avec Qualcomm pour un centre de conception de puces à Riyad. L’article souligne que ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie de long terme visant à positionner le royaume comme acteur central de l’économie de la donnée et de la puissance de calcul.
Bruxelles, Amazon et la révision du cadre numérique européen
Sur le terrain réglementaire, Al Sharq Al Awsat du 20 novembre 2025 suit un contentieux entre Amazon et les autorités européennes autour de la qualification de «plateforme en ligne très importante», au sens de la réglementation numérique de l’Union. Selon le journal, Amazon contestait devant la justice l’application de ce statut, en affirmant que son site n’est pas un diffuseur de contenus ou d’opinions, mais un simple magasin vendant des produits. La société faisait valoir que le label a été conçu pour des entreprises reposant sur la publicité et la recommandation de contenus, comme les réseaux sociaux ou les moteurs de recherche.
Al Sharq Al Awsat du 20 novembre 2025 rapporte que la juridiction saisie a rejeté l’argument d’Amazon, en estimant que les risques à encadrer ne concernent pas seulement la circulation d’informations ou de publicités, mais aussi la protection des consommateurs, la diffusion de produits illicites et les pratiques commerciales susceptibles de porter atteinte aux droits fondamentaux. Le maintien du statut de «plateforme très importante» impose à Amazon des obligations renforcées de transparence, de gestion des risques et de coopération avec les régulateurs, en ligne avec les objectifs du Digital Services Act.
Dans un autre article, Al Sharq Al Awsat du 20 novembre 2025 détaille l’initiative dite «Omnibus Digital» de la Commission européenne, qui vise à simplifier et actualiser un ensemble de textes adoptés au fil des années. Le journal explique que cette opération de révision touche notamment la loi sur l’intelligence artificielle, la directive e-privacy, le règlement général sur la protection des données (GDPR) et différentes règles encadrant l’économie des données. Un responsable de la Commission, cité par le quotidien, insiste sur le fait que cette démarche ne vise pas à «déréguler», mais à clarifier et harmoniser un paysage devenu complexe pour les entreprises comme pour les régulateurs.
Al Sharq Al Awsat du 20 novembre 2025 souligne cependant que certaines propositions soulèvent des inquiétudes parmi les défenseurs des libertés numériques. Le journal évoque un projet de modification permettant aux grandes plateformes d’utiliser certains types de données personnelles des citoyens européens pour entraîner des modèles d’IA, sous conditions de confidentialité. Plus de cent vingt organisations européennes ont mis en garde contre tout assouplissement qui affaiblirait les garanties actuelles, en rappelant que le cadre numérique en vigueur constitue, selon elles, «la principale ligne de défense contre la surveillance et l’exploitation numérique».
Paiements numériques, inclusion financière et rôle de l’État
Al Joumhouriyat du 20 novembre 2025 publie un long texte analytique sur la transformation des paiements au Liban après la crise bancaire. Le journal rappelle qu’avant 2019, les banques libanaises avaient multiplié les agences et les cartes de paiement, contribuant à diffuser les services financiers dans les villes comme dans les villages. La crise a inversé ce mouvement: les retraits ont été plafonnés, la confiance s’est effondrée, et une part importante des transactions s’est déplacée vers le cash et les circuits informels. Le quotidien décrit ce basculement comme une «quasi mise à l’écart» du système bancaire, avec une fiscalité plus difficile à prélever et un financement plus coûteux.
Dans cet article, Al Joumhouriyat du 20 novembre 2025 soutient que le «cœur de l’histoire» se situe désormais dans l’infrastructure de paiement. Le texte relate l’expérience de pays qui ont combiné des réseaux de paiement instantané, des interfaces ouvertes entre banques et fintech, ainsi que des règles strictes de protection du consommateur et d’authentification numérique. Selon le journal, ces dispositifs ont permis de rendre les transferts, les achats et le règlement des factures plus rapides et moins coûteux, tout en favorisant l’extension des services financiers à des populations auparavant exclues. La généralisation des portefeuilles numériques et des applications de paiement est présentée comme un facteur de changement des habitudes du public et des commerçants.
Al Joumhouriyat du 20 novembre 2025 insiste sur le rôle spécifique de l’État, qualifié de «client le plus lourd» du système. Le quotidien explique que lorsque les salaires, les aides sociales, les subventions et les paiements aux prestataires passent par des canaux numériques, la masse de flux créés incite les banques et les entreprises à investir dans des solutions plus modernes. Si les impôts et les taxes sont collectés via ces mêmes canaux, une «chaîne de valeur complète» se met en place: le citoyen paie, l’entreprise encaisse, la banque voit les flux et l’État retrouve un lien plus direct avec l’économie. Le texte souligne qu’un tel schéma peut renforcer l’inclusion financière sans multiplier les discours, à condition que les services soient fiables et les coûts raisonnables.
Le même article observe que, dans un pays marqué par une forte défiance envers les institutions, la réussite d’un tel modèle dépend aussi de la protection des données et de la clarté des règles. La référence aux expériences étrangères, combinée aux contraintes propres au Liban, met en évidence l’enjeu de concevoir une transition numérique des paiements qui ne se réduise pas à une simple substitution technique, mais qui s’accompagne d’un cadre de confiance renouvelé entre citoyens, banques et autorités publiques.



