Sanctions américaines et économie de crise: l’étau se resserre autour des circuits financiers
La journée du 11 février 2026 est dominée par l’annonce de nouvelles sanctions américaines visant des individus et des sociétés présentés comme liés au Hezbollah, avec un accent mis sur des circuits de financement adossés à l’économie en liquide et au commerce de l’or. Annahar du 11 février 2026 met en avant une “nouvelle narration” du Hezbollah “sur fond de sanctions”, en soulignant que la décision émane du département du Trésor américain et vise des personnes accusées d’exploiter le secteur financier informel au Liban.
Le cadrage américain est détaillé dans Al Sharq du 11 février 2026, qui rapporte que Washington dit vouloir “désactiver deux mécanismes” utilisés pour préserver une stabilité économique interne et générer des revenus. Le même texte insiste sur la place d’une société de change d’or, décrite comme opérant sous la supervision de l’association Al-Qard Al-Hassan, et sur des réseaux d’approvisionnement et de transport présentés comme transnationaux et liés à des financeurs dans la région.
Le récit converge avec celui d’Asharq Al-Awsat du 11 février 2026, qui évoque des sanctions visant des “entités liées” au Hezbollah, en citant l’argument d’une génération de revenus via l’exploitation de l’économie en cash au Liban et une coopération avec le système iranien. Le journal signale aussi que ces mesures suscitent des interrogations sur leur calendrier et leurs effets économiques.
Al-Quds Al-Arabi du 11 février 2026 présente une lecture voisine et insiste sur le volet “or”, avec la mention d’une société de change nommée Jood, décrite comme rattachée à Al-Qard Al-Hassan, et l’idée d’un basculement de réserves d’or vers des liquidités mobilisables. Le même article cite un discours officiel américain selon lequel l’objectif est de couper ces réseaux du système financier mondial afin de “donner au Liban une chance” de revenir à la stabilité.
À Beyrouth, ces annonces se superposent à une séquence politique interne où la question de la reconstruction, des aides et des priorités budgétaires est déjà sous tension. Al Binaa du 11 février 2026 rapporte des propos attribués au secrétaire général du Hezbollah, Naim Kassem, affirmant une prise en charge de l’hébergement pour trois mois des familles dont les logements ont été détruits, tout en rappelant que, selon lui, cette responsabilité revient d’abord à l’État. Al Binaa relie ce volet social à des demandes adressées au gouvernement sur la relance économique, les salaires du secteur public et le dossier des dépôts.
Budget 2026, FMI et agenda économique: une fenêtre étroite pour l’exécutif
La promulgation du budget 2026 apparaît comme un jalon politique et financier majeur. Ad Diyar du 11 février 2026 indique que le président Joseph Aoun a promulgué la loi de finances 2026, adoptée par le Parlement, portant le numéro 40 et datée du 10 février 2026, avant son transfert au Journal officiel.
La même information est reprise dans Al Binaa du 11 février 2026, qui mentionne aussi un volet intérieur lié aux services publics, avec une séquence sur le secteur des télécommunications et des revendications professionnelles, dans un contexte où l’État tente de relancer des mécanismes de gestion.
La visite d’une mission du Fonds monétaire international s’inscrit dans ce calendrier. Ad Diyar du 11 février 2026 rapporte que le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement Nabih Berri ont reçu une délégation du Fonds, en décrivant l’échange comme positif et en soulignant le caractère sensible du moment.
Toujours dans Ad Diyar du 11 février 2026, des données sont évoquées sur un progrès jugé notable des autorités libanaises, notamment sur l’adoption du budget et sur une logique budgétaire présentée comme centrale, ainsi que sur un projet de loi relatif au gap financier. Le journal associe cette visite à la possibilité d’un accord qui ouvrirait la voie à des aides et investissements des pays donateurs.
Front intérieur: Tripoli, infrastructures et sentiment d’urgence
Au-delà des dossiers financiers, la scène intérieure est traversée par des sujets de sécurité quotidienne et de gestion urbaine. Ad Diyar du 11 février 2026 place Tripoli au premier plan, évoquant une ville sinistrée et la question d’immeubles menaçant ruine, présentée comme une porte d’entrée vers un débat plus large sur les responsabilités locales et nationales. Le journal relie cette urgence à d’autres échéances économiques et sociales qui attendent le gouvernement.
Dans Al Sharq du 11 février 2026, un commentaire sur Tripoli insiste sur l’absence de contrôle et de suivi dans les chantiers, avec des remarques sur la supervision technique, le rôle des municipalités, des organismes professionnels et de la justice. Même si le texte est formulé comme une interpellation, il reflète un climat de défiance envers les mécanismes de contrôle et une demande de réponses concrètes après des alertes répétées.
Front sud et tensions avec Israël: incidents, enlèvements et calculs régionaux
Le registre sécuritaire reste central, avec une attention forte portée au sud et aux frontières. Al Araby Al Jadid du 11 février 2026 évoque deux développements jugés importants au Liban ces derniers jours: une incursion terrestre israélienne vers la zone de Hebbariyeh, et l’enlèvement d’un responsable de Al-Jamaa Al-Islamiya dans une zone liée à Hasbaya et Marjeyoun. Le texte place ces faits dans une séquence de pressions plus larges, alors que la région est suspendue à des arbitrages américains et israéliens.
Dans Al-Quds Al-Arabi du 11 février 2026, le contexte sécuritaire est illustré par l’annonce de la Direction générale des Forces de sécurité intérieure au Liban sur la mort d’un adjudant-chef, tué, selon le journal, lors d’une frappe israélienne à Yanouh, avec son enfant, et par la tenue de funérailles.
En parallèle, Annahar du 11 février 2026 revient sur des changements organisationnels du Hezbollah, en les présentant comme une manière de prouver qu’il ne quitte pas la scène, qu’il se prépare à poursuivre sa trajectoire, et qu’il cherche à gérer ses fragilités internes. Le journal relie cette dynamique à la séquence des sanctions et à l’approche d’échéances politiques.
Diplomatie et rôle de Paris: médiation, armée et concurrence des parrains
Annahar du 11 février 2026 évoque une tension entre Paris et Washington autour du dossier des négociations entre le Liban et Israël. Le journal parle d’un transfert du parrainage vers les États-Unis, tandis que Paris insisterait sur son rôle dans le soutien à l’armée libanaise.
Ad Diyar du 11 février 2026 mentionne aussi une conférence de soutien à l’armée à Paris parmi les dossiers qui pèsent sur l’agenda libanais, aux côtés des frontières et de la sécurité.
Al Liwa du 11 février 2026 met en avant une tonalité de soutien à l’armée, avec la mention d’un appui saoudien et d’une appréciation américaine des efforts, tout en rappelant l’annonce des sanctions du Trésor visant des entreprises dans l’orbite du Hezbollah.
Économie réelle et frontières terrestres: les camions syriens, un choc pour l’export
Asharq Al-Awsat du 11 février 2026 indique qu’une décision syrienne organisant l’entrée des camions libanais a suscité des blocages et des protestations à Masnaa, avec des avertissements sur les effets directs sur les secteurs productifs, les exportations vers les pays arabes et le transport terrestre.
Annahar du 11 février 2026 aborde également ces nouvelles contraintes syriennes qui compliqueraient le transport terrestre libanais, en évoquant un déséquilibre créé dans un accord bilatéral, et en mettant en avant le discours d’acteurs syndicaux qui disent soutenir l’État libanais dans toute décision visant à protéger le secteur.
Climat politique: élections 2026 et recompositions dans les partis
Annahar du 11 février 2026 souligne le retour des interrogations sur la place de Tayyar Al-Mustaqbal dans la compétition, avec un débat sur une éventuelle mise à l’écart, et fait état d’une mobilisation en vue de la commémoration de Rafic Hariri, avec des tournées régionales.
Le même jour, Annahar du 11 février 2026 rapporte un appel de Walid Joumblatt à ses partisans à se préparer aux élections comme si elles étaient demain, avec une référence aux alliances, notamment avec les Forces libanaises.
Politique locale: recompositions électorales, arbitrages de l’exécutif et pression sur les institutions
Élections 2026: le retour des calculs et la bataille des récits
Le débat électoral s’installe comme un fil rouge, même lorsque l’actualité est dominée par les dossiers sécuritaires et financiers. Annahar du 11 février 2026 pose la question d’un “éloignement” de Tayyar Al-Mustaqbal, en s’interrogeant sur une mise à l’écart qui ne dirait pas son nom. Le journal décrit une scène où les rumeurs d’alliances et les soupçons d’exclusion deviennent des instruments politiques, autant que les programmes.
Dans le même ensemble, Annahar du 11 février 2026 rapporte une formule attribuée à des acteurs du courant, refusant l’idée d’un besoin électoral ou politique d’un partenariat avec le Hezbollah, tout en rappelant l’absence d’alliance antérieure dans des échéances passées. Cette ligne, telle qu’elle est présentée, vise à désamorcer deux risques à la fois. D’une part, le risque de perdre une base sensible à toute normalisation avec le Hezbollah. D’autre part, le risque d’apparaître comme un acteur condamné à des arrangements défensifs.
Le même texte met en avant l’hypothèse d’une compétition structurée par des “blocs” plutôt que par des surprises de dernière minute. Il évoque un “tandem” stable entre le Parti socialiste progressiste et les Forces libanaises, ainsi qu’une absence d’objection à un rapprochement avec les Kataëb. Ce détail est important, car il suggère une stratégie de consolidation, basée sur la lisibilité des alliances, plutôt que sur des accords tactiques instables.
Joumblatt et les alliances: mobilisation interne et signal aux partenaires
Dans ce climat, Annahar du 11 février 2026 rapporte un appel de Walid Joumblatt à se préparer aux élections législatives “comme si elles étaient demain”. Le journal présente cette injonction comme un message adressé autant aux structures partisanes qu’aux partenaires potentiels. L’idée est de remettre la machine politique en mouvement, et de figer des lignes d’alliance avant que l’agenda national ne les rende plus coûteuses.
Le même passage insiste sur la volonté de “tracer” les contours des alliances, “en particulier” avec les Forces libanaises. Ce choix de formulation, tel qu’il est relayé, renforce l’idée d’un axe qui se veut durable et négocié en amont. Il réduit aussi la place des compromis de circonstance, souvent perçus comme le signe d’un affaiblissement.
Le débat sur les alliances n’est pas seulement une question de sièges. Il touche à la répartition des rôles dans l’opposition, à la capacité d’agréger des électorats locaux, et à la gestion des tensions internes. Dans un paysage libanais fragmenté, l’affichage d’un cap sert aussi à discipliner les candidatures concurrentes et à limiter les dissidences.
Nawaf Salam, Nabih Berri et la séquence institutionnelle: gouverner sous surveillance
L’action gouvernementale est décrite, dans plusieurs titres, comme prise entre l’urgence sociale, la pression internationale et les attentes institutionnelles. Al Liwa du 11 février 2026 rapporte une visite d’une délégation du Fonds monétaire international auprès du président du Parlement Nabih Berri, ce qui souligne le rôle du législatif dans l’architecture des réformes. Le journal place cette séquence dans un environnement où les dossiers économiques ne peuvent pas avancer sans arbitrages politiques.
La même page d’Al Liwa du 11 février 2026 donne aussi un écho à une prise de parole du patriarche maronite, Mar Béchara Boutros Al-Rai, s’adressant aux trois présidents. Le texte met l’accent sur des thèmes devenus des repères de la période, comme le monopole des armes par l’État, l’application du cessez-le-feu, la référence à la résolution 1701, le retrait israélien du sud du Liban, et la souveraineté sur l’ensemble du territoire. Il relie ces objectifs à la capacité de l’armée à mettre en œuvre ses plans, et à la reconstruction et aux réformes.
Ce type d’intervention, tel qu’il est relayé, agit sur la politique locale de deux façons. D’abord, il réaffirme des priorités de souveraineté qui pèsent sur les choix du gouvernement. Ensuite, il place les dirigeants devant une exigence de cohérence entre le discours national et l’efficacité administrative, au moment où les attentes sociales se durcissent.
Joseph Aoun et le registre de l’État: Tripoli comme test de crédibilité
La politique locale se lit aussi dans la manière dont le pouvoir traite les crises urbaines et les territoires marginalisés. Ad Diyar du 11 février 2026 décrit un agenda intérieur “englouti” par les détails du quotidien, tout en mettant Tripoli au premier plan, à travers le dossier des bâtiments menaçant ruine. Le journal présente Tripoli comme une ville “sinistrée” qui revient sur le devant de la scène, et relie ce dossier aux échéances économiques et de sécurité qui attendent le gouvernement.
Le même cadrage insiste sur l’idée que l’attention portée à Tripoli ne doit pas se limiter à l’émotion, mais déboucher sur une réponse publique. Dans une logique politique, Tripoli devient un révélateur. Elle montre la capacité de l’État à prévenir, contrôler, financer et trancher. Elle met aussi en jeu la relation entre le centre et les périphéries, dans un pays où les déséquilibres territoriaux alimentent le ressentiment et les fractures électorales.
Cette dimension locale n’est pas isolée. Elle se connecte à la légitimité de l’exécutif et à l’autorité de la présidence. Quand un gouvernement promet des réformes, la gestion des risques urbains, des services et des infrastructures devient un test immédiat, plus visible que les textes techniques.
Le Sud, la sécurité et la politique intérieure: “étapes exécutives” et ligne de friction
Même si le dossier du Sud relève aussi de la diplomatie et de la sécurité, il a un impact direct sur la politique locale, car il influence la hiérarchie des priorités et le climat entre forces politiques. Annahar du 11 février 2026 évoque une demande de “lignes exécutives” au Sud, en décrivant une attente d’actes concrets et mesurables. Le journal rapporte aussi une lecture où la tournée du Premier ministre Nawaf Salam dans le Sud est évaluée politiquement, et où Nabih Berri serait “à l’aise” avec cette démarche, tout en cherchant à bâtir sur ses résultats.
Cette présentation suggère une articulation entre le geste institutionnel et le compromis politique. La visite sur le terrain ne sert pas seulement à constater. Elle sert à produire une image d’autorité et d’écoute, à rassurer des populations exposées, et à envoyer un signal aux partenaires internationaux. En interne, elle sert aussi à calibrer la relation entre l’exécutif, le Parlement et les forces influentes dans le Sud.
Dans Annahar du 11 février 2026, le débat sur le Hezbollah est aussi traité sous l’angle d’évolutions internes et organisationnelles. Même si l’analyse est davantage sécuritaire, elle a un effet local. Elle nourrit les discussions sur la place de l’acteur dans les équilibres politiques, sur sa capacité de mobilisation, et sur la manière dont les autres forces adaptent leur stratégie électorale.
Le poids des cadres juridiques et administratifs: la question du vote des expatriés
La politique locale se joue aussi dans l’ingénierie électorale, la gestion des procédures et la prévention des contestations. Annahar du 11 février 2026 rapporte une prise de position indiquant un recours à l’instance de législation et de consultations pour obtenir un avis sur le vote des expatriés, avec l’idée que toute contestation des élections ou de leurs décrets devrait se plier à l’avis judiciaire. Le passage souligne un enjeu central. Dans un contexte de méfiance, la solidité procédurale devient une condition de stabilité.
Le sujet est politiquement sensible. Il touche à l’équilibre des circonscriptions, à la mobilisation des diasporas, et à la crédibilité de l’administration électorale. Il touche aussi aux rapports de force, car les expatriés sont parfois perçus comme un réservoir électoral susceptible de modifier des équilibres établis.
Ce cadre juridique, lorsqu’il est mis en avant, sert aussi à limiter l’usage politique des recours. Il vise à éviter que les élections ne soient réduites à une bataille contentieuse permanente. En même temps, il rappelle que l’appareil judiciaire est appelé à jouer un rôle d’arbitre, ce qui renvoie à la question de sa capacité et de son indépendance.
Entre pression sociale et réformes: la scène locale sous tension permanente
À travers ces éléments, une dynamique se dégage. Les acteurs se préparent aux élections, mais sans pouvoir détacher cette préparation des urgences. Les crises de services, les dossiers territoriaux comme Tripoli, et la situation au Sud s’invitent dans les calculs. Les alliances se dessinent, mais elles restent conditionnées par la capacité à proposer une gouvernance crédible.
Al Liwa du 11 février 2026, en liant les thèmes de souveraineté, de réforme et de reconstruction à l’action des trois présidents et de l’armée, illustre cette tension. La politique locale ne se limite pas à des slogans. Elle s’enracine dans la capacité à exécuter, à financer et à contrôler.
Dans Annahar du 11 février 2026, la focalisation sur les mécanismes électoraux, les alliances et le statut de Tayyar Al-Mustaqbal montre que la compétition se prépare aussi sur le terrain des perceptions. Qui est marginalisé, qui se retire, qui revient, qui pactise, qui refuse. Ces récits pèsent sur les choix des électeurs, autant que les bilans.
Ad Diyar du 11 février 2026, en mettant Tripoli et les urgences quotidiennes au premier plan, rappelle enfin une contrainte décisive. Les élections se gagnent aussi dans la gestion des risques concrets, de la sécurité urbaine à la protection des habitants. Quand la politique ne répond pas, l’abstention monte, et les votes se fragmentent.
Citation et discours des personnalités politiques: souveraineté, élections et gestion de crise au cœur des prises de parole
Le patriarche Al-Rai: souveraineté, 1701 et responsabilité des institutions
La séquence du 11 février 2026 est marquée par une prise de parole qui vise directement le sommet de l’État. Al Liwa du 11 février 2026 rapporte que le patriarche maronite Mar Béchara Boutros Al-Rai a adressé un message aux trois présidents. Il les appelle à rendre effectif le monopole des armes par l’État. Il cite aussi l’application du cessez-le-feu et la résolution 1701. Il insiste sur le retrait israélien du sud du Liban. Il demande la pleine souveraineté sur l’ensemble du territoire.
Le même passage, tel qu’il est repris par Al Liwa du 11 février 2026, lie ces objectifs à une capacité d’exécution. Il mentionne la nécessité de permettre à l’armée de mettre en œuvre ses plans. Il associe ce volet à la reconstruction. Il associe aussi ce volet aux réformes. Cette articulation n’est pas neutre. Elle place la souveraineté dans un registre opérationnel. Elle la sort du seul discours identitaire.
Al Sharq du 11 février 2026 reprend la même homélie dans un cadre plus narratif. Le journal rappelle la présence de Joseph Aoun, de Nabih Berri et de Nawaf Salam à la messe de la Saint-Maron. Il cite l’appel du patriarche à “bâtir” la souveraineté par des décisions concrètes. Le texte insiste sur un enchaînement. D’abord le contrôle de la force légitime. Ensuite l’application du cessez-le-feu. Puis la 1701. Enfin la reconstruction et les réformes.
Ce discours agit comme un rappel de priorités. Il s’adresse aux institutions. Il vise aussi l’opinion. Il fixe un cadre de jugement. Il met les dirigeants face à une grille simple. Les promesses ne suffisent pas. L’exécution devient le critère. Dans un pays où les crises se superposent, ce type d’intervention tend à recentrer la discussion sur la chaîne de commandement et la capacité d’action.
Joseph Aoun: une parole de soutien social et une mise en scène de l’État
La parole présidentielle est surtout rapportée à travers des échanges sectoriels. Al Binaa du 11 février 2026 rend compte d’une rencontre autour du secteur des télécommunications. Le journal rapporte une réponse de Joseph Aoun à des travailleurs, dans un ton de soutien. Il dit connaître la dureté des conditions. Il mentionne la guerre et les circonstances difficiles. Il évoque aussi les pénuries de carburant. Il dit apprécier les efforts. Il promet de suivre des revendications.
Cette déclaration, telle qu’elle est relayée par Al Binaa du 11 février 2026, construit un registre de proximité. Le président parle des difficultés du quotidien. Il ne se place pas seulement sur les dossiers stratégiques. Il se place sur la continuité des services. Cela renvoie à une attente précise. L’État doit rester présent là où la vie se bloque.
Dans Al Sharq du 11 février 2026, le chef de l’État apparaît dans une série de rencontres à Baabda. Le journal évoque des sujets politiques, syndicaux et spirituels. Il mentionne des échanges avec des responsables religieux. Il montre une présidence qui organise des consultations. Ce type de compte rendu n’est pas un discours au sens classique. C’est néanmoins une forme de parole publique. Elle projette une image de centralité institutionnelle.
Ad Diyar du 11 février 2026 rapporte aussi un volet protocolaire chargé d’enjeux. Le journal cite le patriarche syriaque-catholique Mar Ignace Youssef III Younan, qui dit placer des espoirs dans l’action de Joseph Aoun. Il évoque le souhait de voir un redressement du pays. Il mentionne aussi une demande d’équité dans la représentation au sein des institutions. Cette citation traduit une attente communautaire. Elle renvoie aussi à un enjeu national. La répartition des postes reste un sujet politique.
Nawaf Salam: la pression de l’action et la politique des dossiers
La parole de Nawaf Salam est surtout visible à travers des mentions d’activités et de suivis. Dans Al Sharq du 11 février 2026, le journal évoque un suivi par le Premier ministre de décisions prises au Grand Sérail. Le texte relie ce suivi à un dossier concret. Il s’agit des bâtiments fissurés à Tripoli. L’angle est important. Il s’agit d’un sujet qui touche à la sécurité des habitants. Il touche aussi à la responsabilité de l’État.
Ad Diyar du 11 février 2026 rapporte des propos sur ce même dossier. Le journal cite une approche en étapes. Il évoque un recensement d’abord. Il mentionne ensuite des solutions d’hébergement. Il parle enfin de renforcement ou de démolition, puis de reconstruction. Le texte insiste sur le temps, l’effort et l’argent nécessaires. Il appelle à compléter l’étude et l’inspection de l’ensemble des immeubles. Cette parole donne une forme de méthode. Elle cherche à répondre à une colère locale.
Cette logique “par étapes” a un effet politique. Elle réduit les promesses vagues. Elle expose aussi l’exécutif. Chaque étape crée une échéance. Chaque échéance peut être jugée. Dans un contexte électoral latent, la gestion de Tripoli devient un test de crédibilité. La parole publique se transforme alors en engagement mesurable.
Walid Joumblatt: mobilisation, discipline et signal d’alliance
Dans le registre partisan, Annahar du 11 février 2026 rapporte un appel de Walid Joumblatt à ses militants. Il leur demande de se préparer aux élections législatives “comme si elles étaient demain”. Le journal présente cet appel comme un geste de mobilisation interne. Il souligne aussi la volonté de tracer des alliances, en particulier avec les Forces libanaises.
Ce type de phrase agit à plusieurs niveaux. Il discipline les structures. Il pousse à l’organisation. Il vise aussi l’adversaire. Il indique que le camp se prépare. Il suggère que les accords se nouent tôt. Dans un système où les alliances se font parfois tard, l’anticipation devient un avantage. Elle réduit le risque de dissidence locale.
Il faut aussi lire ce message comme un discours sur le tempo politique. Il refuse l’attentisme. Il suppose que la compétition sera réelle. Il suppose aussi que la base doit être tenue. Dans un pays où l’abstention peut rebattre les cartes, la mobilisation devient une stratégie en soi.
Tayyar Al-Mustaqbal: démentis, prudence et appel au rassemblement
La parole politique passe aussi par des communiqués. Al Sharq du 11 février 2026 publie un texte attribué à Tayyar Al-Mustaqbal. Le courant dit subir des tentatives répétées de lui nuire. Il parle d’“accusations” et de récits fabriqués. Il affirme qu’il n’existe pas de “sources internes” derrière ces rumeurs. Il appelle à vérifier les informations.
Dans le même communiqué relayé par Al Sharq du 11 février 2026, Tayyar Al-Mustaqbal insiste sur une cohérence. Il affirme que ce qui est dit en public est identique à ce qui est dit en privé. Il refuse d’entrer dans des conflits arabes. Il qualifie ce type d’engrenage de “suicide politique”. Il ajoute qu’il ne peut pas être partie à ces conflits.
Le texte se termine par un appel à participer à la commémoration du 14 février, à l’occasion de l’anniversaire de l’assassinat de Rafic Hariri. Le choix de conclure sur un rassemblement est politique. Il transforme un démenti en démonstration de force symbolique. Il cherche à prouver l’existence d’une base. Il réactive un héritage.
Dans un autre article, Al Sharq du 11 février 2026 évoque la “parole attendue” de Saad Hariri lors de cette commémoration. Le journal décrit cette intervention comme susceptible d’être à la fois émotionnelle et politique. Il suggère qu’elle pourrait donner une direction pour la période à venir, notamment sur les élections et la reprise d’activité politique. Même si le discours n’a pas encore eu lieu à la date de publication, l’attente elle-même devient un fait politique.
Tripoli: la parole des notables et la demande d’un geste gouvernemental
La crise de Tripoli génère aussi des prises de parole locales. Al Sharq du 11 février 2026 cite l’ancien député et ministre Talal Merhebi. Il estime qu’après une catastrophe meurtrière, il serait préférable de tenir une séance du Conseil des ministres à Tripoli. Il dit que cela permettrait aux habitants de se sentir partie intégrante du pays. Il appelle aussi les députés de Tripoli et du Nord à bouger. Il évoque même l’idée de solliciter des pays soutenant des dossiers humanitaires, comme l’Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis et le Koweït.
Cette déclaration est révélatrice. Elle demande un symbole fort. Elle demande aussi des ressources. Elle place la crise sur deux scènes. La scène nationale, avec un Conseil des ministres délocalisé. La scène régionale, avec une recherche de soutien extérieur. Cela montre un déficit de confiance dans la capacité de l’État à répondre seul. Cela montre aussi une compétition implicite sur la paternité des solutions.
Al Sharq du 11 février 2026 relaie également une position de “Liqa’ Sayyidat Al-Jabal”, qui insiste sur l’absence de l’État à Tripoli et sur le risque d’un sentiment d’abandon. Même sans citer une personnalité unique, ce type de texte agit comme un discours politique. Il transforme une crise urbaine en question nationale.
Naim Kassem: un discours attendu et une lecture politique de ses messages
Enfin, la parole du Hezbollah apparaît surtout à travers l’attente d’un discours et sa lecture par les journaux. Ad Diyar du 11 février 2026 indique que des milieux “supérieurs” au Liban suivent avec attention la prise de parole de Naim Kassem. Le journal dit que l’attention se concentre sur sa relation avec Joseph Aoun et Nawaf Salam. Il mentionne aussi la relation avec des “forces voisines”. Cette mise en scène de l’attente est importante. Elle suggère que le contenu du discours peut peser sur des équilibres internes.
Dans cette construction, le discours n’est pas seulement une expression. Il est un signal. Il peut apaiser ou durcir. Il peut ouvrir des canaux ou les fermer. Même sans retranscription intégrale dans l’extrait disponible, le fait que la presse le traite comme un événement indique une sensibilité accrue. Le pays se trouve à un point où chaque parole est interprétée comme un indicateur de ligne.
Diplomatie: bras de fer des parrains, ligne Paris-Washington et dossiers frontaliers
Paris et Washington: rivalité de méthode autour du dossier libano-israélien
La diplomatie autour du Liban se lit d’abord à travers une concurrence de capitales. Annahar du 11 février 2026 évoque une tension entre Paris et Washington sur le parrainage des négociations entre le Liban et Israël. Le journal décrit une dynamique où le centre de gravité glisse vers les États-Unis, tandis que la France cherche à maintenir un rôle, surtout via son engagement auprès de l’armée libanaise.
Ce déplacement de parrainage n’est pas présenté comme un détail technique. Il agit sur le tempo des discussions. Il agit aussi sur le contenu. Une médiation dominée par Washington peut privilégier des paramètres sécuritaires et des arrangements rapides. À l’inverse, une présence française tend à se concentrer sur des mécanismes de soutien, des conférences d’aide et une logique de stabilisation institutionnelle. Annahar du 11 février 2026 insiste sur cette dualité, en liant le rôle de Paris à la question de l’assistance à l’armée, ce qui renvoie à l’équilibre interne libanais.
Dans cette lecture, la compétition n’oppose pas seulement deux pays alliés. Elle oppose deux styles. Elle oppose aussi deux réseaux. Chaque capitale parle à des acteurs différents au Liban. Chaque capitale a ses interlocuteurs. Par conséquent, le choix du parrain pèse sur la capacité de l’exécutif libanais à faire passer ses messages et à protéger ses marges de manœuvre.
La conférence de soutien à l’armée à Paris: une diplomatie par l’institution militaire
La place de l’armée dans l’agenda diplomatique revient de manière récurrente. Ad Diyar du 11 février 2026 cite une conférence de soutien à l’armée à Paris parmi les dossiers qui pèsent sur l’agenda libanais, en même temps que les frontières et la sécurité. Le journal présente l’armée comme un pivot, car elle sert à la fois de rempart interne et de référence externe.
Cette centralité tient à un calcul simple. Les partenaires étrangers veulent un interlocuteur stable. Ils veulent aussi un instrument de mise en œuvre. Dans ce contexte, soutenir l’armée permet de soutenir l’État sans entrer dans les divisions partisanes. Cela ne supprime pas les tensions. Cependant, cela offre une voie de coopération qui reste politiquement acceptable pour une large partie des acteurs.
Al Liwa du 11 février 2026 renforce ce tableau en évoquant un registre de soutien international à l’armée et aux autorités, avec des références à des positions saoudiennes et américaines. Le journal place cette séquence dans la même actualité que les sanctions américaines visant des réseaux décrits comme liés au Hezbollah. Cette juxtaposition illustre une stratégie en deux volets. D’un côté, un appui à l’institution officielle. De l’autre, une pression sur des structures parallèles.
Dans la diplomatie libanaise, ce double mouvement crée une tension. Il peut renforcer l’État symboliquement. Il peut aussi l’exposer, car il impose des choix. L’exécutif doit rassurer les partenaires sur la trajectoire sécuritaire. Dans le même temps, il doit éviter un choc social, dans un pays où l’économie en liquide domine.
Le Vatican politique interne: l’homélie d’Al-Rai comme message aux capitales
La diplomatie se joue aussi dans les messages internes qui sont compris à l’extérieur. Al Liwa du 11 février 2026 rapporte l’homélie du patriarche maronite Mar Béchara Boutros Al-Rai, adressée aux trois présidents. Il insiste sur le monopole des armes par l’État. Il cite l’application du cessez-le-feu et la résolution 1701. Il demande le retrait israélien du sud du Liban. Il lie ces points à l’action de l’armée, à la reconstruction et aux réformes.
Al Sharq du 11 février 2026 reprend ce même discours dans le cadre de la messe de la Saint-Maron, en rappelant la présence de Joseph Aoun, de Nabih Berri et de Nawaf Salam. Le journal met en avant l’idée que la souveraineté doit se traduire en décisions, puis en mise en œuvre. Cette formulation parle autant aux Libanais qu’aux partenaires. Elle suggère une attente. Elle suggère aussi une disponibilité à reprendre un langage d’État.
Ce type de message compte en diplomatie car il sert d’indicateur. Les capitales étrangères observent la cohérence interne. Elles évaluent la capacité des institutions à reprendre la main. Lorsque ce discours s’articule à la 1701 et à l’armée, il renvoie à un cadre déjà familier aux acteurs internationaux. Il donne des repères. Il peut donc peser sur les décisions d’aide ou sur le ton des médiations.
États-Unis: sanctions et diplomatie par la contrainte financière
Le levier américain le plus visible, ce 11 février 2026, reste celui des sanctions. Al Sharq du 11 février 2026 rapporte que Washington cherche à “désactiver” des mécanismes de financement, avec un accent sur l’économie en cash et sur des circuits liés à l’or. Le journal évoque des entités et des individus visés, et décrit un dispositif présenté comme structuré et transfrontalier.
Asharq Al-Awsat du 11 février 2026 évoque la même séquence, en présentant les sanctions comme visant des entités “liées” au Hezbollah, et en citant l’argument d’un système de revenus adossé à l’économie en liquide au Liban, avec un lien évoqué avec l’Iran. Le journal souligne aussi l’existence de questions sur le calendrier et l’impact de ces décisions.
Al-Quds Al-Arabi du 11 février 2026 insiste sur le volet “or”, avec la mention d’une société de change nommée Jood, présentée comme rattachée à Al-Qard Al-Hassan. Le journal relaye aussi un discours officiel américain selon lequel l’objectif est de couper des réseaux du système financier mondial, avec une promesse de “chance” pour la stabilité libanaise.
Ces sanctions ont un effet diplomatique direct. Elles redessinent les rapports de force. Elles créent des attentes chez certains partenaires arabes et occidentaux. Elles créent aussi des crispations internes. Elles poussent l’exécutif à parler d’assainissement et de règles. En même temps, elles rappellent que la souveraineté économique du Liban est limitée, car son système bancaire et ses échanges restent exposés au système financier international.
Arabie saoudite et pays arabes: soutien, prudence et recherche d’un cadre stable
Le rôle des pays arabes apparaît dans les textes surtout sous forme de soutien politique et de signaux d’appui aux institutions. Al Liwa du 11 février 2026 mentionne une tonalité favorable à l’armée et aux efforts de l’État, avec un écho à des positions saoudiennes. Le journal associe ces signaux à un environnement international où la stabilité libanaise est jugée nécessaire, mais conditionnée à des choix politiques et sécuritaires.
Dans le débat interne, ces signaux sont souvent lus comme un encouragement à remettre l’État au centre. Ils sont aussi lus comme une mise en garde. Les partenaires arabes veulent limiter l’embrasement régional. Ils veulent aussi un Liban capable de tenir ses engagements, surtout sur les frontières et sur la non-exportation des crises.
Cette prudence se retrouve dans la manière dont certains acteurs libanais parlent de soutien extérieur. Al Sharq du 11 février 2026 cite Talal Merhebi au sujet de Tripoli, avec l’idée de solliciter des pays comme l’Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis et le Koweït pour des aides. Même si ce propos est lié à une crise locale, il reflète une réalité diplomatique. La recherche de financement passe souvent par des canaux régionaux.
Syrie: friction frontalière et diplomatie du transport terrestre
Le dossier syrien s’impose comme un sujet diplomatique concret. Il touche l’économie réelle. Il touche aussi les équilibres politiques. Asharq Al-Awsat du 11 février 2026 indique qu’une décision syrienne sur l’entrée des camions libanais a entraîné des blocages et des protestations à Masnaa. Le journal évoque des risques pour les secteurs productifs, les exportations vers les pays arabes et le coût du commerce.
Annahar du 11 février 2026 traite aussi de ces nouvelles contraintes, en soulignant l’effet sur le transport terrestre. Le journal rapporte des positions d’acteurs du secteur qui demandent une action de l’État et qui soutiennent des décisions visant à protéger le secteur.
Ce dossier est diplomatique au sens strict. Il suppose des négociations bilatérales. Il suppose aussi une compréhension des règles de transit et des intérêts syriens. Dans le même temps, il agit comme un test interne. Il révèle la capacité du gouvernement à défendre les exportateurs. Il révèle aussi la capacité à éviter une escalade politique, car la relation avec Damas reste sensible.
Le front sud: faits sécuritaires et lecture diplomatique
La diplomatie libanaise ne peut pas dissocier ses discussions externes de la réalité sur le terrain. Al Araby Al Jadid du 11 février 2026 évoque une incursion terrestre israélienne vers la zone de Hebbariyeh et l’enlèvement d’un responsable de Al-Jamaa Al-Islamiya dans une zone liée à Hasbaya et Marjeyoun. Le journal place ces faits dans une séquence de pressions plus larges et de calculs régionaux.
Al-Quds Al-Arabi du 11 février 2026 rapporte, de son côté, l’annonce des Forces de sécurité intérieure au Liban sur la mort d’un adjudant-chef, tué, selon le journal, lors d’une frappe israélienne à Yanouh, avec son enfant. Le récit insiste sur le coût humain et sur l’impact social.
Ces faits influencent la diplomatie de manière immédiate. Ils alimentent les discussions sur le cessez-le-feu. Ils nourrissent les références à la 1701. Ils renforcent aussi le poids des médiateurs. Plus la tension sur le terrain monte, plus le Liban dépend d’un cadre international pour contenir l’escalade. Dans le même temps, chaque incident peut durcir les positions internes, ce qui complique la tâche de l’exécutif lorsqu’il cherche à parler d’État et de désescalade.
Hezbollah: discours, signaux et effets sur la scène extérieure
Enfin, la diplomatie est affectée par la manière dont les acteurs internes se positionnent. Annahar du 11 février 2026 analyse des changements organisationnels au sein du Hezbollah et les relie à une période de pression, notamment après des sanctions. Même si le texte relève aussi de la politique intérieure, il a une dimension externe. Il influence la perception des partenaires et leur lecture de la stabilité libanaise.
Ad Diyar du 11 février 2026 indique que des milieux suivent de près la prise de parole de Naim Kassem, avec une attention portée à sa relation avec Joseph Aoun et Nawaf Salam. Le journal évoque aussi une sensibilité à la relation avec des forces voisines. Là encore, l’attente d’un discours devient un fait diplomatique. Elle montre que les messages publics peuvent affecter les canaux de négociation et les décisions d’aide.
Dans cet environnement, la diplomatie libanaise apparaît comme un exercice d’équilibre. Elle doit sécuriser des soutiens. Elle doit limiter l’escalade. Elle doit aussi préserver un minimum d’unité interne. La concurrence Paris-Washington, le levier des sanctions, les frictions avec la Syrie et la pression au sud forment un même paysage. Chaque dossier pousse le Liban à arbitrer vite, avec peu de marges.
Politique internationale: recompositions régionales, pression américaine et incertitudes sur les fronts arabes
États-Unis: le retour de Donald Trump comme facteur de blocage et d’arbitrage
Plusieurs journaux mettent en scène un effet direct des choix de Washington sur les équilibres régionaux. Al-Quds Al-Arabi du 11 février 2026 rapporte que le veto du président américain Donald Trump aurait empêché le retour au pouvoir de Nouri Al-Maliki en Irak, en décrivant une crise qui a pris la forme d’un “blocage politique”. Cette présentation souligne un point central. Les arbitrages américains ne se limitent pas aux dossiers militaires. Ils pèsent aussi sur les compromis internes des pays alliés ou partenaires, en influençant la capacité de certaines coalitions à se former.
Dans le même Al-Quds Al-Arabi du 11 février 2026, la politique américaine est également abordée par le prisme de l’armement et de la guerre à Gaza. Le journal publie une tribune qui met l’accent sur les transferts d’armes vers Israël et sur la place du Pentagone, en citant des chiffres et des références à des dépenses et à des équipements. Même si le texte relève de l’opinion, il traduit une perception politique largement partagée dans la région. L’appui militaire américain reste un déterminant de la trajectoire du conflit, ce qui alimente la pression diplomatique sur Washington, y compris au Congrès.
Asharq Al-Awsat du 11 février 2026 place aussi les États-Unis au centre de l’actualité, mais à travers un angle de politique intérieure américaine à résonance internationale. Le quotidien mentionne une pression du Congrès autour du dossier “Epstein” et d’une demande de divulgation de noms masqués. L’élément est notable car il rappelle que l’agenda intérieur américain peut saturer la scène et compliquer la lisibilité des priorités extérieures, au moment où Washington est sollicité sur plusieurs fronts.
Guerre à Gaza et diplomatie régionale: négociations fragiles et risques de sabotage
La région reste traversée par la question d’un cadre de négociation autour de Gaza, avec un rôle américain qui demeure décisif. Al Araby Al Jadid du 11 février 2026 rapporte des inquiétudes iraniennes face au risque de voir Benyamin Netanyahou “détruire” le processus de négociation, en évoquant aussi une crainte de pressions israéliennes sur Donald Trump. La formulation, telle qu’elle est relayée, insiste sur une idée simple. Même si des canaux existent, ils peuvent être déstabilisés par des calculs politiques internes et par une concurrence d’objectifs entre alliés.
Le même Al Araby Al Jadid du 11 février 2026 associe cette lecture à un environnement régional sous tension, où chaque événement local peut être absorbé dans une équation plus large. Le journal évoque, dans un autre passage, des développements sécuritaires au Liban, mais le cadrage renvoie à une logique régionale. Les pressions et les initiatives se répondent entre Gaza, le Liban, Israël, l’Iran et les États-Unis.
Al-Quds Al-Arabi du 11 février 2026, à travers son texte d’opinion sur l’armement, insiste sur la continuité des flux de soutien militaire à Israël, ce qui nourrit une lecture politique pessimiste sur la capacité à imposer des limites au conflit. Cette perception alimente la critique d’un “déséquilibre” diplomatique, jugé structurel, et renforce l’idée que les négociations restent vulnérables tant que le rapport de forces militaire demeure inchangé.
Arabie saoudite et monarchies du Golfe: diplomatie de coordination et recherche de stabilité
La diplomatie du Golfe apparaît moins sous l’angle de la confrontation que sous celui de la coordination. Asharq Al-Awsat du 11 février 2026 met en avant des entretiens entre le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le prince héritier de Bahreïn Salman ben Hamad Al Khalifa, en indiquant que les discussions ont porté sur les relations et sur des sujets d’intérêt commun. Le message est classique, mais il reste révélateur. Les monarchies cherchent à afficher une cohésion, à un moment où les crises régionales imposent une gestion collective des risques, qu’ils soient sécuritaires, économiques ou politiques.
Cette mise en avant de la coordination est aussi une manière de stabiliser les canaux. Lorsque l’agenda régional est dominé par Gaza, par les tensions irano-israéliennes et par les fragilités de plusieurs États, les sommets bilatéraux servent à verrouiller des positions, à limiter les divergences et à préserver une capacité d’initiative diplomatique.
Syrie: opportunité de réunification et crainte d’un retour aux méthodes de la coercition
La Syrie reste un sujet majeur, notamment dans la manière dont la presse régionale interprète les dynamiques de contrôle territorial. Al Araby Al Jadid du 11 février 2026 publie une analyse qui évoque une phase nouvelle après l’extension du contrôle de Damas sur des zones précédemment tenues par les Forces démocratiques syriennes. Le texte évoque une opportunité de réunification géographique et politique, tout en insistant sur la question décisive de la durabilité de cette unité. Il met en garde contre le risque de répéter des pratiques de force et de répression associées à la période de Bachar Al-Assad, en soulignant que la stabilité ne peut pas reposer sur la coercition.
Dans un registre plus factuel et humanitaire, Al-Quds Al-Arabi du 11 février 2026 évoque une crise de l’eau dans la région de Hassaké, en la reliant aux conditions de contrôle et de gestion locale, et en mentionnant une intervention avec l’aide d’organisations internationales. Ce type de sujet rappelle que la question syrienne ne se résume pas au contrôle militaire. Elle touche l’accès aux services essentiels, et elle conditionne les risques de déplacement, de tensions communautaires et de conflits locaux.
Asharq Al-Awsat du 11 février 2026 mentionne aussi un mouvement de retrait de “Qسد” des lignes de front à Hassaké, ce qui renvoie aux reconfigurations en cours sur le terrain. Même lorsque la formulation reste brève, l’information est diplomatiquement significative, car elle touche la relation entre acteurs locaux, Damas et les puissances concernées par le nord-est syrien.
Corne de l’Afrique: le conflit soudanais et les soupçons de sanctuaires extérieurs
L’actualité internationale ne se limite pas au Moyen-Orient. Asharq Al-Awsat du 11 février 2026 met en avant une information sur l’Éthiopie, présentée comme construisant un “camp secret” pour les Forces de soutien rapide soudanaises. Cette mise en avant souligne la dimension transfrontalière du conflit soudanais. Elle rappelle que la guerre n’est pas contenue à l’intérieur des frontières, et que les accusations de soutien extérieur, direct ou indirect, restent un moteur de tensions entre États voisins.
Ce type d’allégation, lorsqu’il est diffusé à la Une, a un effet diplomatique immédiat. Il expose Addis-Abeba à des demandes d’explication. Il peut aussi servir de levier dans les négociations régionales, au moment où les acteurs internationaux cherchent des portes de sortie à un conflit qui déstabilise l’ensemble de la région.
Égypte: inflation officielle en recul, colère des prix et crédibilité des politiques économiques
L’économie, lorsqu’elle est traitée hors Liban, reste un révélateur politique. Al Araby Al Jadid du 11 février 2026 rapporte que l’inflation annuelle officielle en Égypte aurait reculé à 10,1 % en janvier 2026, tout en soulignant que cette baisse ne reflète pas la réalité des marchés, marqués par une hausse forte des prix alimentaires. Le journal évoque aussi des déclarations du gouverneur de la Banque centrale égyptienne sur des objectifs de ciblage de l’inflation. La tension décrite est classique. Les indicateurs macroéconomiques peuvent s’améliorer, alors que la population ressent une détérioration de son pouvoir d’achat.
Cette discordance nourrit un risque politique. Elle fragilise la confiance dans les annonces officielles. Elle accentue la pression sur les gouvernements. Elle pousse aussi à une diplomatie économique plus active, car les États cherchent des soutiens financiers, des investissements et des marges de financement extérieur pour contenir la colère sociale.
Technologies et gouvernance: outils d’intrusion, surveillance et contrôle des sociétés
Même si la section “Technologie” est écartée dans ton plan, certains sujets technologiques apparaissent comme des faits de politique internationale, car ils touchent la souveraineté et les droits. Al Araby Al Jadid du 11 février 2026 évoque le développement d’outils d’intrusion par une société israélienne, et la présence de techniques chinoises derrière des systèmes de surveillance numérique en إيران. Le journal place ces éléments dans un cadre de rivalité entre services, de contrôle des espaces numériques et de dépendances technologiques.
Dans cette perspective, le numérique devient un champ diplomatique. Il façonne les alliances. Il alimente les sanctions. Il influence aussi les débats publics, notamment lorsque des technologies sont associées à des violations de droits ou à des formes de contrôle social. La circulation de ces outils, et leur provenance, deviennent des sujets de politique étrangère à part entière.
Lecture d’ensemble: une région sous arbitrage extérieur et sous fragilité interne
À travers ces éléments, une logique commune se dessine. Les capitales arabes et régionales tentent de consolider des coordinations, comme le suggère Asharq Al-Awsat du 11 février 2026 avec les échanges saoudo-bahreïniens. Elles doivent le faire sous la contrainte d’un facteur américain redevenu central, qu’il s’agisse d’un veto influençant l’Irak selon Al-Quds Al-Arabi du 11 février 2026, ou des débats intérieurs américains susceptibles de peser sur la disponibilité diplomatique de Washington.
En parallèle, les fronts restent poreux. La Syrie offre une fenêtre de réunification, mais elle est menacée par des choix de gouvernance, comme le souligne Al Araby Al Jadid du 11 février 2026. Le Soudan illustre une guerre dont les effets débordent sur les voisins, comme le suggère l’information d’Asharq Al-Awsat du 11 février 2026 sur l’Éthiopie. L’Égypte montre que l’économie est une question de stabilité politique, lorsque l’inflation “officielle” et la réalité des marchés divergent, selon Al Araby Al Jadid du 11 février 2026.
Enfin, la guerre à Gaza continue de structurer les perceptions, avec une lecture régionale où le processus de négociation est jugé fragile et exposé aux calculs politiques, comme le rapporte Al Araby Al Jadid du 11 février 2026, tandis que la question de l’armement et du soutien américain reste au centre des critiques, comme dans Al-Quds Al-Arabi du 11 février 2026.
Économie: budget 2026, bras de fer sur le transport terrestre et pression des sanctions sur l’économie en liquide
Budget 2026: un cadre voté, mais des marges limitées
Le vote et la promulgation du budget 2026 s’imposent comme un repère politique, mais aussi comme un signal économique envoyé aux partenaires extérieurs. Ad Diyar du 11 février 2026 indique que la loi de finances 2026 a été promulguée et renvoyée vers les circuits officiels, dans une séquence où l’exécutif est attendu sur l’exécution et non plus seulement sur l’annonce.
Cette adoption intervient dans un pays où la dépense publique est devenue un terrain miné. Les recettes sont fragiles. La base fiscale reste étroite. Le poids de l’informel complique la collecte. En même temps, les demandes sociales se multiplient. Les salaires, les services et les infrastructures reviennent sans cesse dans les débats, surtout quand les crises urbaines éclatent et que l’État est sommé d’agir vite. Ad Diyar du 11 février 2026 relie d’ailleurs l’actualité économique aux urgences de la vie quotidienne, en citant Tripoli et des échéances “économiques et de vie” qui s’accumulent sur le gouvernement.
Dans ce contexte, le budget n’est pas perçu comme une simple formalité. Il devient une pièce d’un puzzle plus large. Il doit servir à convaincre qu’une trajectoire existe. Il doit aussi encadrer la discussion avec les bailleurs. Pourtant, son impact immédiat reste borné par la faiblesse de la croissance, par la structure des dépenses et par l’instabilité sécuritaire qui alimente l’incertitude.
Fonds monétaire international: reprise des discussions techniques et bataille sur le “gap”
Le même jour, Annahar du 11 février 2026 met en avant l’ouverture de discussions techniques entre le Liban et une délégation du Fonds monétaire international, avec un cadre de travail installé au ministère des Finances. Cette reprise est importante, car elle traduit un retour à une méthode. Elle signale aussi un basculement vers des dossiers concrets, au-delà des déclarations de principe.
Dans les commentaires économiques, la notion de “gap” financier revient comme une ligne de fracture. Al Liwa du 11 février 2026 insiste sur la responsabilité de l’État dans la gestion de ce déficit, en évoquant explicitement l’idée que l’État doit couvrir le “gap” dû à la Banque du Liban, plutôt que de transférer la charge vers les déposants. Le journal cite des références à des expériences étrangères, et développe une argumentation sur l’injustice d’une solution qui ferait porter le poids de la crise à ceux qui ont déjà perdu l’essentiel de leur pouvoir d’achat.
Ce même texte d’Al Liwa du 11 février 2026 propose une logique de mobilisation d’actifs publics. Il cite, parmi les pistes, les réserves d’or de la Banque du Liban, les propriétés foncières de l’État, ainsi que des secteurs comme l’électricité, les télécommunications, l’aéroport, le port, le transport, et des actifs liés à Tripoli, tout en mentionnant la possibilité d’une activation de la loi sur le partenariat public-privé. Cette approche, telle qu’elle est formulée, vise à déplacer le débat. Elle cherche à passer d’une logique de ponction sur les dépôts à une logique de restructuration fondée sur des ressources et des réformes de gestion.
Le point central, dans cette perspective, est celui de la crédibilité. Les discussions avec le Fonds ne se jouent pas seulement sur des chiffres. Elles se jouent sur la capacité à appliquer des décisions, à limiter les fuites, et à rendre l’État opérant. Chaque retard nourrit la méfiance. Chaque promesse non suivie renforce l’idée que l’économie libanaise reste suspendue à l’informel et à des arrangements ponctuels.
Sanctions américaines: l’économie en cash et le commerce de l’or sous projecteurs
L’actualité économique du 11 février 2026 est aussi structurée par le choc des sanctions américaines, qui visent des réseaux décrits comme liés au Hezbollah, avec un accent sur l’économie en liquide et sur des montages autour de l’or. Al Sharq du 11 février 2026 rapporte que le département du Trésor américain affirme vouloir perturber deux mécanismes jugés essentiels à la génération de revenus, en citant une société de change d’or, SARL Jood, présentée comme opérant sous la supervision de l’association Al-Qard Al-Hassan.
Le même Al Sharq du 11 février 2026 détaille une architecture qui, selon la version américaine reprise par le journal, aurait été mise en place après des difficultés de financement au début de 2025. Le texte décrit la création d’une série de sociétés de négoce d’or au Liban, et présente Jood comme un élément d’un schéma plus large, destiné à transformer des réserves d’or en liquidités utilisables.
Al Sharq du 11 février 2026 cite aussi un argument officiel américain selon lequel l’objectif est de couper ces acteurs du système financier mondial, avec l’idée qu’un tel isolement offrirait au Liban “une chance” de redevenir stable et prospère. Ce type de formulation place les sanctions dans une narration économique et politique. Il ne s’agit pas seulement de punir. Il s’agit de produire un effet de réorientation, au moins en apparence, vers des circuits formels.
Pour l’économie libanaise, l’effet potentiel est double. D’un côté, la pression peut réduire certaines capacités de financement informel. Elle peut aussi accroître la prudence des acteurs de marché. De l’autre, elle peut renforcer les réflexes de contournement. Elle peut pousser davantage d’activités vers le cash pur, ou vers des canaux plus opaques. Elle peut enfin provoquer un effet de contagion sur des secteurs qui ne sont pas visés, si la peur du risque de conformité se propage.
Le débat est d’autant plus sensible que l’économie libanaise reste marquée par une circulation massive de liquidités hors du système bancaire. Les sanctions, en ciblant explicitement ce registre, rappellent que le Liban reste vulnérable au contrôle externe, et que la normalisation financière ne dépend pas uniquement de décisions locales.
Transport terrestre et frontière syrienne: blocage à Masnaa et choc sur l’export
À côté des sanctions, un autre dossier frappe l’économie réelle de manière immédiate: le transport terrestre via la Syrie. Ad Diyar du 11 février 2026 rapporte un blocage à la frontière de Masnaa, où des propriétaires de camions libanais ont fermé le passage en signe de protestation contre une décision syrienne organisant l’entrée des camions libanais sur le territoire syrien. Le journal décrit un arrêt de la circulation de fret dans les deux sens, avec une interruption visible du flux logistique.
Annahar du 11 février 2026 traite aussi de ces “nouvelles contraintes syriennes” qui compliquent le transport terrestre libanais. Le journal cite une lecture syndicale indiquant que la décision syrienne a créé un déséquilibre dans l’accord bilatéral, et rapporte une position affirmant que les organisations professionnelles soutiennent le gouvernement libanais dans toute décision visant à protéger le secteur.
Cet épisode a une portée économique claire. Il touche les exportations vers les pays arabes. Il touche l’agriculture et l’agroalimentaire. Il touche aussi les coûts logistiques pour les industriels. Dans un pays où l’accès aux marchés extérieurs est vital, tout ralentissement du corridor terrestre a un effet immédiat sur les prix, sur les revenus des producteurs, et sur la disponibilité de certaines marchandises.
Le problème se complique car il mêle économie et diplomatie. La solution suppose une négociation. Elle suppose aussi un rapport de force, car la Syrie contrôle le passage. Dans le même temps, le Liban se retrouve sous contrainte de temps. Chaque jour de blocage accroît les pertes. Chaque retard nourrit la colère des transporteurs. Chaque hausse des coûts se répercute sur le consommateur.
Richesse privée, investissement absent: le diagnostic d’un capital déconnecté
Le 11 février 2026, l’économie est aussi racontée comme une crise de modèle. Al Sharq du 11 février 2026 publie un passage qui met en relief un paradoxe. Des villes, dont la situation sociale est décrite comme critique, abriteraient pourtant des hommes d’affaires très riches, parfois présents dans des classements internationaux. Le texte insiste sur une absence d’investissement productif local et sur un manque de projets capables de créer des emplois. Il résume ce décalage par une idée simple: l’argent existe, mais son effet social est absent.
Ce diagnostic renvoie à un débat ancien, mais ravivé par la crise. Pourquoi le capital se détourne-t-il de la production? Pourquoi l’investissement reste-t-il faible malgré l’urgence sociale? La réponse se trouve souvent dans l’instabilité, dans l’incertitude juridique, et dans la faiblesse des infrastructures. Cependant, l’interpellation renvoie aussi à un problème de contrat social. Si les acteurs économiques ne jouent pas un rôle de développement, la charge retombe sur les ménages les plus fragiles, et sur un État déjà impuissant, comme le souligne ce même passage d’Al Sharq du 11 février 2026.
Ce point éclaire une autre dimension du débat avec les bailleurs. Les réformes attendues ne concernent pas seulement la banque ou la fiscalité. Elles concernent aussi la gouvernance économique, la transparence, et la capacité à attirer un investissement productif. Sans cela, les plans restent des textes. Ils ne se traduisent pas en emplois.
Entre réforme et survie: l’économie libanaise prise entre trois chocs
En regroupant les dossiers de la journée, trois chocs apparaissent. Le premier choc est celui de la réforme sous contrainte, avec la reprise des discussions techniques avec le Fonds et le débat sur le “gap” et la protection des déposants, tel que formulé par Al Liwa du 11 février 2026. Le deuxième choc est celui des sanctions américaines, qui ciblent des mécanismes décrits comme liés à l’économie en liquide et à l’or, selon Al Sharq du 11 février 2026. Le troisième choc est celui de la logistique, avec la crise du transport terrestre via la Syrie, décrite par Ad Diyar et Annahar du 11 février 2026.
Ces trois chocs se nourrissent. La contrainte logistique fragilise l’activité et réduit les recettes. Les sanctions accroissent le risque de conformité et poussent à la prudence. La réforme exige des décisions impopulaires ou difficiles, alors que la société est déjà épuisée. Le gouvernement se retrouve au centre d’un triangle. Il doit rassurer les transporteurs et les producteurs. Il doit rassurer les partenaires financiers. Il doit aussi éviter un choc social supplémentaire.
La question la plus sensible reste celle de l’exécution. Les textes existent. Les débats existent. Les méthodes sont affichées. Pourtant, la vie économique se joue sur la capacité à faire bouger des mécanismes concrets, comme l’accès au transit, la stabilisation des règles, et la crédibilité de l’État dans la protection des droits économiques les plus élémentaires.
Société: Tripoli en état d’alerte, précarité des services et vies quotidiennes sous pression
Tripoli: l’angoisse des immeubles menaçant ruine et la demande d’un État présent
La crise des bâtiments fragilisés à Tripoli s’impose comme un fait social majeur, parce qu’elle met en jeu la sécurité immédiate des habitants et révèle l’état des infrastructures urbaines. Ad Diyar du 11 février 2026 décrit une ville “sinistrée” revenue au centre de l’attention, avec la question des bâtiments “prêts à s’effondrer”, sur fond de préoccupations économiques et de vie quotidienne qui s’accumulent pour le gouvernement.
Cette crise ne se limite pas à un problème technique. Elle change la vie des familles. Elle impose des choix rapides. Faut-il quitter un logement? Où aller? Qui paie l’hébergement? Elle transforme aussi la peur en colère, car les habitants relient ces risques à des années d’absence de contrôle, d’entretien insuffisant et de décisions reportées. Le sujet devient alors un révélateur de la fragilité du contrat social. Quand un immeuble menace de tomber, le débat sur les réformes se traduit en une question simple. L’État protège-t-il, oui ou non?
Dans ce contexte, la gestion de Tripoli prend une dimension symbolique. Ad Diyar du 11 février 2026 relie explicitement le dossier à l’agenda des “échéances économiques, de vie et sécuritaires” qui se pressent sur l’exécutif. La formulation signale une pression sociale continue. Elle souligne aussi que la réponse attendue n’est pas seulement une inspection. C’est une politique de prévention, de relogement et de réparation.
Services publics et travailleurs: l’endurance comme nouvelle norme
La société libanaise continue de fonctionner grâce à des secteurs qui tiennent malgré la crise et malgré l’usure. Dans ce paysage, les services publics et parapublics deviennent un baromètre social. Al Binaa du 11 février 2026 rapporte une séquence où Joseph Aoun s’adresse à des travailleurs des télécommunications, en évoquant la dureté des conditions et en reconnaissant l’impact des circonstances et des pénuries, tout en promettant un suivi des revendications.
Ce type d’échange éclaire un mécanisme social récurrent. Les travailleurs demandent de la stabilité. Ils demandent des salaires qui suivent les prix. Ils demandent aussi une protection minimale, au moment où les recettes de l’État restent faibles et où la gestion des entreprises publiques est contestée. La parole présidentielle, telle qu’elle est relayée, vise à contenir la frustration et à préserver le fonctionnement d’un secteur vital. Cependant, cette parole rappelle aussi la limite structurelle. Un message ne remplace pas une capacité budgétaire.
La fragilisation des services a un effet direct sur les ménages. Quand les télécommunications dysfonctionnent, les emplois se compliquent. Quand l’électricité reste instable, le coût privé augmente, via les générateurs et les abonnements. Le quotidien devient un assemblage de solutions de survie. Cela alimente une fatigue collective. Cela change aussi la relation à l’État, perçu comme incapable de garantir le minimum.
Aide, hébergement et solidarités: la prise en charge comme enjeu de légitimité
La question du logement et de l’hébergement revient aussi à travers les annonces d’acteurs politiques et sociaux. Al Binaa du 11 février 2026 rapporte des propos attribués à Naim Kassem sur la prise en charge, pendant trois mois, de l’hébergement des familles dont les logements ont été détruits, tout en rappelant que la responsabilité première reviendrait à l’État.
Au niveau social, ce type d’annonce a plusieurs effets. D’abord, il répond à une urgence concrète. Les familles déplacées ne peuvent pas attendre une reconstruction lente. Ensuite, il place la question de la solidarité sur un terrain politique. Quand un acteur annonce qu’il va payer, il renforce son image de protecteur. En même temps, il met en évidence le déficit de l’État, car l’État apparaît comme absent ou lent.
Ce registre nourrit une tension durable. D’un côté, les citoyens veulent une réponse immédiate. De l’autre, ils savent qu’une prise en charge par des acteurs non étatiques peut renforcer des dépendances et figer des équilibres. La société se retrouve ainsi entre deux nécessités. La nécessité d’être aidée vite. La nécessité de ne pas perdre l’idée d’un État qui assume.
Front sud: le coût humain et la société exposée
La société est aussi marquée par le coût humain des tensions au sud. Al-Quds Al-Arabi du 11 février 2026 rapporte l’annonce des Forces de sécurité intérieure au Liban sur la mort d’un adjudant-chef, tué, selon le journal, lors d’une frappe israélienne à Yanouh, avec son enfant, et la tenue de funérailles.
Ces récits ont une portée sociale immédiate. Ils rappellent que la violence n’est pas une abstraction diplomatique. Elle touche des familles. Elle touche des villages. Elle crée des traumatismes et des deuils. Elle renforce aussi l’angoisse dans les zones exposées, où chaque rumeur d’incident modifie les comportements. Les écoles, les commerces et les déplacements s’adaptent en permanence.
Al Araby Al Jadid du 11 février 2026 évoque aussi une incursion terrestre israélienne vers Hebbariyeh et l’enlèvement d’un responsable de Al-Jamaa Al-Islamiya dans une zone liée à Hasbaya et Marjeyoun. Même si le texte s’inscrit dans un cadrage régional, l’effet social est direct. Les communautés locales vivent sous la menace d’événements qui peuvent basculer sans préavis. Cette pression se traduit souvent par une économie ralentie, par des déplacements temporaires, et par une demande accrue d’assistance.
Frontière de Masnaa: la protestation des transporteurs et les effets sur les ménages
La société libanaise est aussi frappée par une crise moins spectaculaire mais très concrète: la logistique. Ad Diyar du 11 février 2026 rapporte lغلاق de Masnaa par des propriétaires de camions libanais, en protestation contre une décision syrienne تنظيم دخول الشاحنات اللبنانية إلى الأراضي السورية, ce qui a perturbé le transport terrestre dans les deux sens.
Le blocage d’un passage frontalier n’est pas seulement un problème de transport. Il touche la vie des familles par plusieurs canaux. Il retarde des produits. Il augmente des coûts. Il réduit des revenus. Il frappe les agriculteurs, les commerçants et les petits exportateurs. Il peut aussi alimenter des tensions locales, car les transporteurs se sentent menacés dans leur travail, tandis que les consommateurs craignent une hausse des prix.
Annahar du 11 février 2026, en présentant ces contraintes comme un déséquilibre créé dans l’accord bilatéral, souligne aussi une dimension sociale importante: les syndicats et les acteurs professionnels parlent au nom d’un secteur qui se sent vulnérable. Lorsque la route terrestre se ferme ou se complique, c’est un pan entier de l’économie de subsistance qui vacille. Dans une société déjà fragilisée par la crise monétaire, toute hausse des coûts logistiques se traduit vite par une tension sur le pouvoir d’achat.
La vie publique comme refuge: commémorations et mobilisations collectives
Dans une société éprouvée, les rassemblements et les commémorations prennent une fonction qui dépasse la politique pure. Ils offrent un sentiment d’appartenance. Ils permettent de transformer la fatigue en mobilisation. Al Sharq du 11 février 2026 rapporte un appel de Tayyar Al-Mustaqbal à participer à la commémoration du 14 février, à l’occasion de l’anniversaire de l’assassinat de Rafic Hariri, en transformant un contexte de rumeurs et de tensions en appel au rassemblement.
Sur le plan social, ce type d’événement agit comme un moment de cohésion pour une partie de la population. Il sert aussi de soupape. Quand la vie quotidienne est dominée par l’insécurité économique et par l’anxiété, le collectif peut redevenir un espace de sens. En parallèle, ces mobilisations reflètent l’état des rapports sociaux. Une base qui se déplace, c’est aussi une base qui cherche de la stabilité et des repères.
Une société prise entre urgence et normalisation impossible
Les thèmes du 11 février 2026 montrent une société qui vit en mode urgence, mais qui refuse de s’y résigner. Tripoli, telle que décrite par Ad Diyar, n’est pas un épisode isolé. C’est un symbole d’infrastructures épuisées et de réponses tardives. Les services publics, illustrés par les échanges autour des télécommunications, montrent une endurance qui commence à coûter cher en fatigue et en frustrations.
En même temps, la société reste exposée à des chocs externes et sécuritaires. Les récits de Yanouh et les événements au sud, rapportés par Al-Quds Al-Arabi et Al Araby Al Jadid, rappellent que l’insécurité peut revenir à tout moment, avec un coût humain direct. Enfin, la frontière de Masnaa rappelle que la vie quotidienne dépend aussi de décisions extérieures et de corridors logistiques, et que le moindre blocage se répercute sur les prix, les revenus et la stabilité des ménages.
Dans ce cadre, l’enjeu social devient une question de capacité. Capacité à protéger les habitants de risques immédiats, comme à Tripoli. Capacité à garantir des services continus. Capacité à amortir les chocs logistiques et sécuritaires. Les journaux du 11 février 2026 décrivent ainsi une société qui tient, mais qui cherche des signes concrets que l’État peut redevenir un acteur de protection, et pas seulement une instance de discours.

