Le paysage médiatique libanais daté du 12 décembre 2025 met en avant trois fils rouges. La restriction des armes au sud du Litani et le risque d’escalade avec Israël, les pressions et offres internationales autour du soutien à l’armée et de projets pour la frontière sud, ainsi que la vulnérabilité du pays sur le terrain numérique et la contestation des pratiques de gouvernance renvoient au même enjeu central: la souveraineté de l’État.
Front sud, Hezbollah et calendrier des tensions
Al Akhbar du 12 décembre 2025 revient sur les enseignements de la «maaraka Awli al-Ba’s», bataille récente qui a opposé Israël au Hezbollah. Le quotidien souligne que, malgré un avantage opérationnel et des conditions favorables en matière de renseignement, l’armée israélienne «a échoué à obtenir un résultat décisif» et n’a pas réussi à imposer des concessions stratégiques au mouvement dirigé par Naim Kassem. Cette lecture renforce, dans les milieux proches de la résistance, l’idée que la capacité d’Israël à imposer un fait accompli par la force reste limitée, ce qui rend plus sensibles les discussions sur le désarmement partiel au Sud.
Al Akhbar décrit aussi un paysage diplomatique dense autour du Liban. Paris, ainsi que d’autres capitales européennes, ne sont pas convaincues que la baisse relative des opérations militaires israéliennes signifie un retour durable à la voie strictement diplomatique. Le quotidien rapporte que, selon des émissaires occidentaux, Washington pousse Beyrouth à engager des négociations civiles avec Israël, en parallèle de la mise en œuvre de la première phase du plan de restriction des armes au sud du Litani, calendrier sur lequel l’armée libanaise s’est engagée.
Al Akhbar insiste sur l’émergence de la notion de «harb bil-moufaja’a», la guerre par la surprise, comme indicateur central pour mesurer la capacité opérationnelle des forces en présence. L’article estime que, dans ce contexte, la manœuvre terrestre redevient une condition pour obtenir un véritable «hassm», c’est-à-dire un résultat militaire net, ce qui accroît la pression sur les deux protagonistes et sur leurs soutiens régionaux.
Conférence pour l’armée, rôle de Paris et projets américains au Sud
Al Joumhouriyat du 12 décembre 2025 met au premier plan la visite à Beyrouth de l’émissaire français Jean-Yves Le Drian. Le quotidien rappelle que l’envoyé a rencontré le président de la République Joseph Aoun, le président du Parlement Nabih Berri et le chef du gouvernement Nawaf Salam. Les discussions ont porté sur la relance d’une conférence internationale dédiée au soutien de l’armée libanaise, conférence qui devait se tenir auparavant mais avait été reportée faute de conditions politiques et techniques adéquates.
Selon Al Joumhouriyat, ces conditions semblent désormais plus favorables. Le Drian aurait constaté une convergence accrue entre Paris, Washington sous la présidence de Donald Trump et Riyad pour appuyer l’institution militaire libanaise, notamment pour combler le vide que laissera à terme la réduction ou le départ de la Force intérimaire des Nations unies au Liban. Le quotidien mentionne une aide en équipements et en formation et des discussions sur les modalités d’un accompagnement international si l’armée ne parvient pas à déployer seule ses unités le long des zones actuellement contrôlées par la FINUL.
Dans ce même article, Al Joumhouriyat met en avant la volonté française de lier toute conférence économique et de reconstruction à l’avancée des réformes et à la conclusion d’un accord avec le Fonds monétaire international, condition jugée indispensable pour rétablir la confiance dans l’économie libanaise.
Dans Ad Diyar du 12 décembre 2025, un autre aspect de la pression internationale apparaît avec l’analyse d’un projet américain de zone économique le long de la frontière sud. L’article décrit une proposition portée par Washington qui prévoit des projets touristiques et d’investissements allant du mont Hermon jusqu’au littoral de Naqoura, assortis d’incitations matérielles, notamment la création d’emplois pour les habitants de la région. Les responsables américains présentent cette initiative comme un moyen de stabiliser durablement la zone.
Ad Diyar souligne cependant que les autorités libanaises voient dans ce schéma un risque direct pour la souveraineté territoriale. Le journal rappelle que Beyrouth redoute que l’accès des habitants à leurs terres soit restreint, que des acteurs extérieurs contrôlent de facto les ressources et que les incitations économiques servent à légitimer une zone tampon déguisée. Le quotidien détaille les conditions posées par le Liban pour toute discussion: retrait israélien des collines dites cinq ou huit collines, des fermes de Chebaa, des hauteurs de Kfarchouba et de la partie nord du village de Ghajar, reconnues par Beyrouth comme territoires occupés; libération des prisonniers et disparus libanais détenus en Israël; exercice plein de l’autorité de l’armée libanaise sur l’ensemble du Sud.
Al Sharq Al Awsat du 11 décembre 2025, dont la couverture est reprise le lendemain dans plusieurs titres, place ce débat dans un cadre plus large. Le journal panarabe basé à Londres décrit un désaccord croissant entre Washington et Tel-Aviv sur la configuration de la «Syrie nouvelle».
Nominations contestées et crise de confiance institutionnelle
Sur le plan interne, Al Akhbar du 12 décembre 2025 consacre un reportage aux mécanismes de nominations au sein de l’État, affirmant que «le gouvernement saute de nouveau par-dessus le mécanisme des nominations». Le quotidien explique que, lors de la dernière séance du Conseil des ministres, le président Joseph Aoun a proposé, en dehors de l’ordre du jour, la nomination d’un nouveau président pour le conseil d’administration de la Makhadbir al-Abhath al-Zira’iyya relevant du ministère de l’Agriculture, alors que le poste est officiellement occupé par Michel Afram.
Selon Al Akhbar, le ministre de l’Agriculture Nizar Hani n’avait pas été informé en amont de cette initiative, mais a fini par entériner la nomination de Jad Chayah, vétérinaire et titulaire d’un master en sécurité alimentaire, présenté comme ayant travaillé avec l’armée libanaise dans le domaine de la logistique. Dans le même temps, le gouvernement a confirmé la nomination de l’ingénieur Raymond Khoury à la tête du comité exécutif du projet vert au sein du même ministère, alors qu’il en assurait déjà la direction par intérim. Ces deux nominations n’avaient pas été mentionnées dans le compte rendu officiel lu par le ministre de l’Information, ce qui alimente, selon le journal, l’impression de décisions prises quasi secrètement.
Le journal rappelle que la première équipe gouvernementale de Nawaf Salam avait mis en place un mécanisme censé garantir transparence et compétence dans les nominations, en imposant la circulation préalable des candidatures et un tri fondé sur les qualifications. Al Akhbar affirme que ce mécanisme a déjà été contourné lors de la désignation des présidents d’autorités de régulation, les dossiers des candidats ayant été présentés aux ministres sans délai suffisant et la sélection s’étant faite surtout en fonction d’équilibres confessionnels.
Le quotidien souligne que plusieurs ministres et des candidats évincés ont saisi le Conseil d’État pour contester ces nominations, sans que cela ne freine jusqu’ici la logique de partage des postes. Cette persistance de la mouhasasa et de la clientélisation est présentée comme un facteur de fragilisation de la crédibilité du pouvoir exécutif au moment où les partenaires internationaux conditionnent leurs aides à des réformes structurelles dans la fonction publique et dans les entreprises publiques.
Cybersécurité et souveraineté numérique au centre des alertes
Ad Diyar du 12 décembre 2025 publie une enquête de Rabih Abou Fadel sur les intrusions répétées dans le cyberespace libanais. L’article rappelle que les frontières numériques se sont transformées en un champ de confrontation où chaque vulnérabilité technique se traduit par un risque pour la souveraineté et pour la vie privée des citoyens. Le quotidien note que, dans un pays marqué par des infrastructures fragiles et une absence de dispositif intégré de protection, la moindre faille peut être exploitée par des acteurs extérieurs.
L’enquête revient sur les avertissements récents de la Direction générale de la Sûreté générale, qui a mis en garde contre la plateforme Clean Nano, décrite comme liée à l’entité israélienne et suspectée de collecter des données sensibles sur les utilisateurs libanais. Ad Diyar souligne que cette affaire a relancé des interrogations sur l’efficacité du cadre légal existant. Bien que le Liban se soit doté en 2018 d’une loi sur la protection des données personnelles, son application reste limitée en l’absence d’une autorité de contrôle indépendante et de mécanismes clairs de sanction.
Le journal met en lumière un autre sujet de débat: la coopération avec de grandes entreprises technologiques étrangères. Ad Diyar rappelle ainsi la signature par le ministre d’État chargé de la technologie et de l’intelligence artificielle, Kamel Chahada, d’un mémorandum d’entente avec le groupe Oracle pour former cinquante mille fonctionnaires libanais sur cinq ans, dans le cadre d’un programme présenté comme une contribution gratuite au renforcement du secteur public et de la transformation numérique. Si le projet est salué pour son potentiel en matière de compétences et de modernisation administrative, certains experts interrogés s’inquiètent des implications en termes de souveraineté sur les données.
Ad Diyar rappelle enfin que la présence de spécialistes libanais dans des instances internationales de gouvernance d’Internet, comme l’ICANN, le RIPE NCC, l’ISOC ou des organismes onusiens, constitue un atout pour défendre les intérêts du pays dans les débats mondiaux sur la régulation du cyberespace. Ces développements montrent que la question de la souveraineté libanaise ne se joue plus seulement sur les lignes bleues du Sud ou dans les salles du Conseil des ministres, mais aussi sur les réseaux et les plateformes qui structurent désormais l’économie et la sécurité du pays.
Politique locale: recomposition des équilibres internes sous pression
La scène politique libanaise décrite par la presse du 12 décembre 2025 montre un champ intérieur dominé par trois dossiers étroitement liés. Le débat sur la loi électorale et le calendrier des législatives, la contestation des pratiques de nominations au sein de l’État et les appels à un État civil au-dessus des clivages communautaires composent une même toile de fond.
Le message de Nabih Berri sur les élections et l’application de Taëf
Selon Al Joumhouriyat du 12 décembre 2025, Nabih Berri a profité de sa rencontre avec le Conseil de l’Ordre de la presse, conduit par le président Aouni Kaaki, pour clarifier sa position sur les prochaines élections législatives. Il a affirmé que la loi électorale actuelle reste en vigueur et que le scrutin «ne se tiendra que sur la base de la loi en vigueur», en rejetant à la fois l’option de l’annulation et celle du report. Tout en maintenant cette ligne, il s’est dit ouvert à toute formule susceptible de résoudre les points encore en suspens, à condition qu’elle résulte d’un consensus entre les forces politiques.
Al Bina’ du 12 décembre 2025 reprend ces propos en insistant sur le lien établi par Berri entre les ajustements éventuels de la loi électorale et la mise en œuvre intégrale de l’accord de Taëf. Le président du Parlement rappelle qu’il réclame depuis plus de huit ans l’application de la partie de Taëf relative à l’adoption d’un mode de scrutin national et à la création d’un Sénat chargé de représenter les communautés. Il souligne que cette réforme retirerait une partie des prérogatives actuelles de la Chambre, mais affirme qu’il y est prêt si elle permet de stabiliser le système et de réduire la charge confessionnelle qui pèse sur les institutions.
Al Quds du 12 décembre 2025 et Ad Diyar de la même date confirment cette position en rappelant que Talal Arslan, président du Parti démocratique libanais, s’est rangé derrière l’analyse de Berri. Pour Arslan, la loi actuelle doit servir de base aux prochaines élections tant qu’aucun accord n’est trouvé sur un dispositif complet associant nouveau mode de scrutin et Sénat.
Dans ce cadre, plusieurs journaux signalent que la question de la participation des expatriés demeure l’un des principaux points techniques à trancher, entre crainte d’un déséquilibre entre circonscriptions et volonté affichée de ne pas exclure les Libanais de la diaspora.
Une mise en garde contre la «guerre économique» et la crise des dépôts
Al Joumhouriyat du 12 décembre 2025 consacre un article aux propos de Berri sur ce qu’il décrit comme une «guerre économique et financière» visant le Hezbollah. Le président de la Chambre considère que cette offensive, qui combine pressions bancaires, contraintes monétaires et sanctions, peut être plus dangereuse que la confrontation militaire, car elle touche directement l’environnement social du parti chiite et son bassin de soutien populaire. Il met en garde contre un durcissement qui pousserait les catégories les plus vulnérables à l’explosion.
Dans le même entretien, Berri revient sur le dossier des dépôts bancaires. Ad Diyar du 12 décembre 2025 rapporte qu’il rappelle avoir présenté par le passé une proposition de loi pour organiser la gestion des dépôts, sans que les autorités ne la discutent ni ne l’amendent. Selon lui, «les dépôts sont des droits sacrés des Libanais dans les banques» et leur remise en cause constituerait un coup fatal porté à la confiance et à l’économie. Il appelle le gouvernement à revoir les projets en circulation, qui entérinent de facto des pertes pour de larges pans des déposants.
Al Joumhouriyat note que Berri s’efforce de dissocier cette critique de toute rupture avec les partenaires arabes. Il assure que sa relation personnelle avec l’Arabie saoudite demeure «très bonne» et que le royaume maintient une relation positive avec le Liban, malgré les divergences sur le dossier du Hezbollah.
Pressions diplomatiques et réponse par l’unité nationale
Plusieurs titres s’attardent sur la réaction de Berri aux déclarations de l’émissaire américain Tom Barrack, qui a évoqué l’idée de «rattacher le Liban à la Syrie». Al Quds du 12 décembre 2025 cite le président du Parlement affirmant devant la délégation de la presse: «Personne ne menace les Libanais». Il juge «inacceptable» le ton adopté par certains diplomates et considère que parler d’annexion est une «grande erreur» sur le fond comme sur la forme.
Ad Diyar et Al Bina’ du 12 décembre 2025 rapportent que Berri insiste sur la nécessité de répondre à ce type de discours par un renforcement de l’unité interne. Il répète qu’«il n’existe pas d’alternative pour les Libanais, si ce n’est leur unité», estimant que seule une position nationale unifiée permet de faire face aux menaces et aux pressions.
Al 3arabi Al Jadid du 12 décembre 2025 souligne que le front intérieur se trouve tiraillé entre ces mises en garde et les exigences formulées par les partenaires occidentaux dans le cadre de la commission dite du «mechanism», chargée de suivre la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu au sud du Litani. Le débat sur le désarmement partiel du Hezbollah se répercute ainsi directement sur les rapports de force politiques à Beyrouth.
Le rôle de Joseph Aoun et l’axe Berri–Arslan dans la scène interne
Ad Diyar du 12 décembre 2025 consacre une page à la dynamique entre Joseph Aoun et Nabih Berri, vue à travers la visite de Talal Arslan à Aïn el-Tiné. Le journal rapporte les propos d’Arslan, pour qui la position de Berri reste déterminante «dans toutes les circonstances essentielles qui concernent le Liban» et contribue à «protéger ce qui peut encore l’être de l’unité des Libanais et de l’État», en coordination avec le président de la République.
Arslan met aussi en avant sa convergence avec Walid Joumblatt sur deux priorités: la protection du pays et celle du tissu social du Mont-Liban, où la coexistence entre communautés demeure un symbole central. Les journaux notent que cette insistance sur la stabilité du «jabal» intervient alors que certains milieux agitent périodiquement le spectre d’un «État druze» ou d’une fragmentation plus poussée du territoire.
Dans ce contexte, la présidence de Joseph Aoun est présentée par plusieurs chroniqueurs comme un pivot institutionnel chargé de maintenir le fonctionnement des organes de l’État au milieu des pressions croisées. Ad Diyar décrit un chef de l’État attentif aux détails des dossiers, débattant des solutions proposées et cherchant à préserver la marge de manœuvre de l’armée, tout en composant avec une classe politique divisée et un environnement régional instable.
Gouvernance contestée et nominations sous surveillance
Al Akhbar du 12 décembre 2025 publie une enquête sur les dernières nominations au sein de l’administration, en estimant que «le gouvernement saute de nouveau par-dessus le mécanisme des nominations». Le quotidien raconte comment, lors de la dernière séance du Conseil des ministres, Joseph Aoun a proposé, en dehors de l’ordre du jour, la nomination d’un nouveau président au conseil d’administration de la Makhadbir al-Abhath al-Zira’iyya relevant du ministère de l’Agriculture, alors que le poste est officiellement occupé par Michel Afram.
Selon la même source, le ministre de l’Agriculture Nizar Hani n’avait pas été informé de cette initiative, mais a fini par accepter la désignation de Jad Chayah, vétérinaire et titulaire d’un master en sécurité alimentaire, présenté comme ayant collaboré avec l’armée libanaise dans la logistique. Parallèlement, l’exécutif a confirmé la nomination de Raymond Khoury à la tête du «Projet vert» au sein du même ministère, alors qu’il exerçait déjà cette fonction par intérim, ce qui a renforcé l’impression d’un partage de postes plus que d’une sélection fondée sur les compétences.
Al Akhbar rappelle que la première équipe gouvernementale de Nawaf Salam avait mis en place une procédure visant la transparence: circulation préalable des candidatures, respect de délais pour l’examen des dossiers, critères de sélection clairs. Le journal affirme que cette procédure avait déjà été contournée lors de la nomination des présidents des autorités de régulation, les CV ayant été présentés aux ministres au dernier moment, ces derniers étant invités à choisir dans des «boîtes» où les noms étaient classés selon des équilibres communautaires.
Plusieurs recours auraient été déposés devant le Conseil d’État par des candidats évincés, sans empêcher la poursuite d’une logique de mouhasasa.
Appels à un État civil et à un nouveau contrat interne
En parallèle de ces débats institutionnels, plusieurs voix religieuses mettent en avant un discours en faveur d’un État civil. Al Joumhouriyat et Al Liwa’ du 12 décembre 2025 rapportent ainsi les déclarations du cheikh Ali Khattib, vice-président du Conseil islamique chiite supérieur, qui appelle à «construire un État national unifié, loin des dualités confessionnelles, un État qui protège le Liban et son peuple». Il propose la tenue d’une large rencontre nationale pour étudier les voies permettant d’atteindre cet objectif. Il insiste sur le fait que «le chrétien dans ce pays compte tout autant que le chiite» et rappelle que le Conseil islamique chiite se sent responsable de tous les citoyens, sans distinction. Il rejette clairement l’idée d’un État confessionnel, qualifié de projet fondé sur un esprit de clan destructeur au Liban.
Citation et discours des personnalités politiques: souveraineté, unité nationale et État civil
Nabih Berri: refus du langage de la menace et défense de l’unité
Al Joumhouriyat du 12 décembre 2025 rapporte longuement l’intervention de Nabih Berri devant le Conseil de l’Ordre de la presse, conduit par Aouni Kaaki. Le président de la Chambre y affirme que «la loi électorale actuelle est en vigueur» et que les élections législatives «ne se tiendront que conformément à la loi en vigueur», écartant explicitement les scénarios d’annulation ou de report du scrutin. Il souligne que toutes les forces politiques «veulent les élections», tout en se disant ouvert à des ajustements techniques à condition qu’ils fassent l’objet d’un accord entre les parties.
Al Quds du 12 décembre 2025 retient surtout la réaction de Berri aux propos de l’émissaire américain Tom Barrack, qui a évoqué à plusieurs reprises l’hypothèse de «rattacher le Liban à la Syrie». Devant la délégation de la presse, le président du Parlement lance la formule qui sera reprise dans plusieurs journaux: «ma hada yihadded el-lubnaniyin», traduite par «personne ne menace les Libanais». Il juge ce langage «inacceptable», notamment de la part d’un diplomate de ce rang, et qualifie l’idée d’annexion de «grande erreur» qui ne peut être ni banalisée ni interprétée comme une simple maladresse verbale.
Dans Ad Diyar du 12 décembre 2025, ces propos sont replacés dans une analyse plus large de la démarche de Berri. Le quotidien explique que le président de la Chambre ne traite plus les déclarations de Barrack comme de simples opinions personnelles. Le journal le présente comme un «homme de deals immobiliers» dont la vision rejoint celle de Donald Trump, pour qui le Liban peut apparaître comme un «petit bien» que l’on rattache à un «bien plus grand» dans une logique de transaction. Berri met en garde contre cette réduction du pays à un objet de vente et d’achat dans un «marché immobilier sauvage», et estime qu’il n’est plus possible de laisser ces idées circuler sans réponse de haut niveau.
Al Joumhouriyat du 12 décembre 2025 souligne que Berri relie cette dénonciation du langage de la menace à un appel répété à l’unité nationale. Il affirme qu’«il n’existe pas d’alternative pour les Libanais, ni d’issue aux menaces, si ce n’est leur unité», et insiste sur le fait que cette unité est la condition pour «libérer la terre» et préserver la souveraineté. Dans ce discours, la rhétorique de Berri associe systématiquement la défense des institutions et la protection du territoire à une responsabilité collective qui dépasse les clivages partisans.
Berri et la «guerre économique» contre le Hezbollah
Dans le même entretien rapporté par Al Joumhouriyat du 12 décembre 2025, Berri consacre un passage à ce qu’il qualifie de «guerre économique et financière» dirigée contre le Hezbollah. Il explique que cette pression, qui combine sanctions, restrictions bancaires et contraintes monétaires, lui semble parfois «plus sensible et plus difficile» que la confrontation militaire ou politique. Selon lui, l’«arme du siège et du resserrement» touche directement l’environnement populaire du parti, ce qui en fait à la fois son «point fort» et son «point faible».
Al Joumhouriyat note que Berri met en garde les décideurs contre le risque de «produire l’explosion» en multipliant ce type de mesures sans en mesurer les effets sociaux. Il articule cette alerte avec une défense appuyée des déposants. Le président de la Chambre rappelle que «les dépôts sont des droits des Libanais dans les banques», des droits qu’il qualifie de «sacrés», et refuse toute concession qui entérinerait leur effacement.
Cette insistance sur les droits des déposants et sur la dimension sociale de la crise financière s’inscrit dans une stratégie discursive où Berri se présente à la fois comme gardien de l’accord de Taëf, défenseur de la loi électorale et porte-parole des catégories frappées par la crise. Al Bina’ du 12 décembre 2025 rappelle d’ailleurs qu’il répète depuis plus de huit ans sa demande d’appliquer la partie de Taëf consacrée à un mode de scrutin national et à la création d’un Sénat, tout en se disant prêt à ce que cela réduise les prérogatives du Parlement qu’il préside.
Joseph Aoun: mémoire des martyrs et souveraineté de l’État
Les journaux reviennent aussi sur le registre symbolique et mémoriel mobilisé par Joseph Aoun. Al Quds du 12 décembre 2025 rapporte la «salutation» adressée par le président de la République à l’occasion de la double commémoration de Jibran Tueni et du général François el-Hajj. Il souligne que le 12 décembre marque les vingt ans de l’assassinat du député et les dix-huit ans de celui de l’officier, survenus «le même jour, comme si c’était la signature du même assassin ou la cible d’un même pays».
Ad Diyar du 12 décembre 2025 cite le passage dans lequel Joseph Aoun affirme que ces deux martyrs incarnent l’hymne national, «sifouna wal qalam». Tueni y est présenté comme «la voix criante de la liberté, qui ne sera ni réprimée ni oubliée», tandis qu’el-Hajj est décrit comme «le fils de l’institution qui restera toujours un symbole de sacrifice et de fidélité». Le chef de l’État en tire une conclusion politique claire: «ni tutelle, ni occupation, et aucune souveraineté sur notre terre, sinon celle de l’État libanais seul».
Al Joumhouriyat du 12 décembre 2025 reprend ce message en soulignant que Joseph Aoun voit dans le sang des martyrs la source d’un «État qui renforce sa présence malgré les tentatives de remise en cause». Il appelle à «respecter la finalité de la chose publique et le service des Libanais», en rappelant que la fonction politique doit être au service du pays, «et non des postes». Cette rhétorique articule la mémoire des assassinats politiques, la centralité de l’institution militaire et l’affirmation d’une souveraineté exclusive de l’État, en cohérence avec la ligne qu’il défend dans d’autres forums internationaux.
Joseph Aoun et la protection des chrétiens d’Orient
Les mêmes journaux mettent en avant le volet régional des propos de Joseph Aoun. Al Quds du 12 décembre 2025 rapporte que, recevant une délégation du Conseil des Églises du Moyen-Orient, le président explique que la visite récente du pape au Liban et dans la région n’a pas concerné «seulement l’Église du Liban ou les Libanais, mais tous les chrétiens d’Orient, qui sont les fils de cette terre».
Il affirme que «si le chrétien disparaît de l’Orient ou du Liban, c’est l’image même de l’humanité qui se perd», et invite ses interlocuteurs à œuvrer pour que «la présence chrétienne dans la région soit active, influente et stable, au service de la cause de l’homme et de l’avenir de l’humanité». Il rappelle aussi que, dans ses discours à l’ONU ou lors de la visite du pape, il a insisté sur la liberté et la dignité de la personne comme droits sacrés, précisant que les religions «nous rassemblent autour de ces deux valeurs», même si certains ont «dénaturé la religion» en l’utilisant à des fins de division confessionnelle ou de mobilisation politique.
Dans ce registre, Joseph Aoun fait des chrétiens d’Orient un pivot de la dimension universelle de la cause libanaise, tout en ancrant son discours dans les tensions contemporaines autour de l’usage politique du fait religieux. Le vocabulaire de la dignité, de la liberté et de la «cause de l’homme» donne à ce discours une tonalité plus morale que strictement institutionnelle, mais reste étroitement relié à la défense de la souveraineté de l’État.
Ali Khattib: pour un État national au-delà des clivages confessionnels
Al Joumhouriyat du 12 décembre 2025 et Al Liwa’ de la même date rapportent les prises de position du cheikh Ali Khattib, vice-président du Conseil islamique chiite supérieur. Dans une rencontre avec l’ancien ministre Joseph Hachem et l’universitaire Hassan Mahmoud Qobeissi, il affirme qu’il ne croit pas «au régime politique fondé sur un État confessionnel, ni au Liban, ni dans le monde arabe ou islamique». Il qualifie la confessionnalisation politique de «tribalisme destructeur».
La phrase la plus remarquée est reprise telle quelle par plusieurs titres: «le chrétien dans ce pays me concerne totalement, autant que le chiite». Ali Khattib insiste sur le fait que le Conseil islamique chiite se sent responsable des chrétiens comme des musulmans, et qu’il soutient tout effort culturel qui consolide la vie commune et l’image du Liban comme «patrie définitive qui accueille tous ses enfants».
Il appelle à la construction d’«un État national unifié, loin des dualités confessionnelles, un État qui protège le Liban et son peuple», et propose la convocation d’une «large rencontre nationale» pour étudier les voies permettant de réaliser cet objectif. Le ton de ce discours, qui conjugue référent religieux chiite et défense d’un État civil, se distingue dans le paysage politique par sa volonté explicite de dépasser le partage communautaire sans renier les appartenances.
Talal Arslan: appui à Berri et défense du pluralisme dans le «jabal»
Al Quds du 12 décembre 2025 rapporte que Talal Arslan, président du Parti démocratique libanais, s’est exprimé dans le sillage des déclarations de Berri sur la loi électorale. Il reprend presque mot pour mot la formule du président de la Chambre en affirmant qu’«il existe une loi électorale en vigueur» et que, si les responsables sont «sincères dans leur volonté d’organiser les élections à la date prévue», ils doivent «appliquer la loi en vigueur».
Ad Diyar du 12 décembre 2025 met l’accent sur un autre passage du discours d’Arslan, consacré au tandem qu’il forme avec Walid Joumblatt sur la scène du Mont-Liban. Il déclare que lui et «Walid bey» sont «d’accord et en harmonie sur deux priorités essentielles: protéger le pays et la montagne, et préserver le tissu social et la coexistence dans le jabal». Il présente la présence druze comme indissociable du caractère pluraliste de la région, en soulignant que ce pluralisme est une richesse qu’il faut défendre contre les tentations de repli identitaire.
Al Quds précise que, selon ses informations, Arslan envisage de se représenter au siège druze dans la circonscription Aley–Chouf, avec un appui implicite de Walid Joumblatt afin de préserver la diversité politique dans la montagne. Ce volet électoral du propos s’articule à un message plus large de refus de toute fragmentation territoriale ou communautaire.
«Al Wafa lil-Muqawama»: critique de la participation civile au «mechanism»
Les déclarations de la classe politique sont complétées par le communiqué de la «Katlat al-Wafa lil-Muqawama», bloc parlementaire du Hezbollah, publié après sa réunion du 11 décembre et repris par Al Joumhouriyat et Al Bina’ dans leurs éditions du 12 décembre 2025. La formation présidée par Mohammad Raad qualifie de «nouvelle chute» la décision du pouvoir de désigner un civil pour participer à la commission dite du «mechanism», chargée de superviser l’application de l’accord de cessez-le-feu.
Le communiqué affirme que cette désignation constitue une «violation même des positions officielles précédentes» qui réservaient la participation civile à l’étape de la cessation totale des hostilités. Il ajoute que «l’État libanais a offert une concession gratuite» qui «ne mettra pas fin à l’agression», car Israël «veut maintenir le Liban sous le feu, avec la couverture et le soutien des États-Unis».
La déclaration estime cependant que «l’occasion reste à la portée des autorités libanaises» pour «freiner ces concessions gratuites qui s’accélèrent», en «imposant au préalable le respect par l’ennemi de l’accord». Elle rappelle que les violations et agressions israéliennes ont «atteint des milliers» et entraîné la mort et la blessure de «centaines de citoyens», ainsi que la destruction de nombreux biens publics et privés. Le vocabulaire de la «chute», de la «concession gratuite» et du «feu» traduit une volonté d’encadrer le débat interne sur le mécanisme comme une question de dignité nationale et de continuité de la résistance.
Dans cet ensemble de prises de position, les discours des responsables politiques et religieux convergent autour de quelques thèmes structurants. La souveraineté de l’État, l’unité nationale, la protection des minorités et la méfiance à l’égard des concessions perçues comme unilatérales constituent le fil conducteur de cette séquence, telle qu’elle ressort de la presse datée du 12 décembre 2025.
Diplomatie: offensive internationale autour du «mechanism» et de la souveraineté libanaise
La visite de Jean-Yves Le Drian et le retour du format français
Al Joumhouriyat du 12 décembre 2025 décrit la nouvelle visite à Beyrouth de Jean-Yves Le Drian comme un déplacement «exploratoire», dans la continuité du mandat que lui a confié le président français Emmanuel Macron pour suivre le dossier libanais. Le quotidien rappelle que ce n’est pas la première fois que l’émissaire se rend au Liban, où il est présenté comme l’un des diplomates au fait des coulisses politiques et des sensibilités internes.
Selon le même journal, Le Drian a rencontré successivement le président de la République Joseph Aoun, le président de la Chambre Nabih Berri et le chef du gouvernement Nawaf Salam. Les discussions ont porté d’abord sur la relance d’une conférence de soutien à l’armée libanaise, conférence envisagée par le passé mais reportée faute de conditions politiques et techniques suffisantes. Les sources citées par Al Joumhouriyat estiment que ces conditions se sont améliorées, ce qui ouvre la voie à une nouvelle tentative.
Al Joumhouriyat souligne que, pour Paris, cette conférence ne doit pas se limiter à un volet sécuritaire. Le Drian a lié la question de l’aide militaire au dossier plus large des réformes, en rappelant que toute conférence économique de reconstruction sera conditionnée à leur adoption au Parlement et à la conclusion d’un accord avec le Fonds monétaire international, afin de restaurer la confiance dans l’économie libanaise.
Des sources diplomatiques françaises interrogées par le même quotidien insistent sur le fait que Paris «n’attend pas que quelqu’un lui donne un rôle au Liban», en invoquant une relation historique avec le pays et un intérêt constant pour le renforcement de l’État, le respect du calendrier électoral et la consolidation de la présence des institutions dans tout le pays.
Le «mechanism» comme scène de négociation multilatérale
La presse met en lumière le caractère central de la commission dite du «mechanism», chargée de superviser la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu au sud du Litani. Al Joumhouriyat du 12 décembre 2025 explique que la nomination de l’ancien ambassadeur Simon Karam comme membre civil de cette commission a servi de déclencheur à la nouvelle tournée de Le Drian, le diplomate français souhaitant prendre la mesure des débats internes suscités par cette décision.
Nabih Berri a confié au même journal qu’il avait posé comme condition l’intégration d’un représentant français dans la structure du «mechanism», autant dans l’accord libano-américain que dans la composition de la commission, et qu’il avait menacé de geler l’accord si cette exigence n’était pas respectée. Il affirme que la présence de la France, aux côtés des Nations unies, offre à la commission un caractère plus équilibré face au binôme israélo-américain.
Des sources diplomatiques françaises citées par Al Joumhouriyat confirment cette lecture. Elles soulignent que l’adhésion de Paris à la commission a créé «une forme d’équilibre» pour le Liban, et que tous les dossiers sont désormais gérés en coordination avec les Nations unies et les partenaires concernés, au premier rang desquels l’Arabie saoudite. Elles démentent toute idée de compétition entre les membres du «mechanism» ou de volonté d’écarter un acteur au profit d’un autre.
Al Quds du 12 décembre 2025 rappelle toutefois que cette évolution diplomatique a suscité des critiques internes. Le bloc parlementaire Al Wafa lil-Muqawama a dénoncé, dans un communiqué, ce qu’il considère comme une «nouvelle chute» des autorités libanaises après la désignation d’un civil dans la commission, jugeant que l’État a offert une «concession gratuite» qui ne mettra pas fin à l’agression israélienne. La formation proche du Hezbollah estime que seule l’exigence d’un respect préalable de l’accord par Israël peut servir de base à une stabilisation durable.
Washington entre pression militaire et canal d’Aïn el-Tiné
Sur le versant américain, plusieurs journaux décrivent une offensive diplomatique intense. Al Bina’ du 12 décembre 2025 parle d’une «grande offensive américaine, européenne et arabe» sur le Liban, concentrée sur la question de la limitation des armes au sud du Litani et sur la mise en œuvre des engagements pris par l’armée libanaise. Le journal souligne que les autorités israéliennes poursuivent leurs violations du cessez-le-feu et élargissent leur zone d’occupation, ce qui conduit certains milieux libanais à contester la logique de pressions asymétriques centrées sur Beyrouth.
Dans ce contexte, le nouvel ambassadeur des États-Unis à Beyrouth, Michel Issa, occupe une place singulière. Al Quds du 12 décembre 2025 relève que Nabih Berri l’a reçu à deux reprises en l’espace de vingt-quatre heures à Aïn el-Tiné, sans que la nature précise de la deuxième visite ne soit officiellement détaillée. Des sources politiques évoquées par le journal lient ce déplacement à une déclaration de l’ambassadeur, qui avait affirmé qu’Israël faisait la différence entre les négociations au sein du «mechanism» et sa guerre contre le Hezbollah. Cette distinction est interprétée comme un signal que la poursuite des pourparlers ne garantit pas l’arrêt des opérations militaires.
Al Joumhouriyat rapporte les propos d’un responsable politique selon lesquels «les négociations et les efforts des émissaires ont atteint un résultat nul sur la voie de la solution», ajoutant que «les déclarations de l’ambassadeur américain ne se traduisent par rien de concret à l’intérieur». Pour cette source, il n’est pas possible de séparer totalement la guerre menée par Israël contre le Hezbollah du processus de négociation avec l’État libanais, car l’ennemi «veut la poursuite de l’agression».
Al Akhbar du 12 décembre 2025 replace ces mouvements dans une vision plus large de la stratégie américaine au Liban et en Syrie. Le quotidien explique que Washington et Riyad convergent sur l’idée que la «Syrie nouvelle» doit jouer un rôle central dans la recomposition régionale et que l’enjeu réside dans le contrôle de la décision politique à Beyrouth et dans le rattachement de l’économie libanaise au marché syrien. Dans ce schéma, Tom Barrack est décrit comme l’architecte d’un projet visant à stabiliser un pouvoir autoritaire à Damas, pendant que les États-Unis cherchent à «administrer le Liban par la force» en verrouillant son centre de décision.
Oman et la relance discrète du soutien arabe
Face aux pressions occidentales et israéliennes, les journaux mettent aussi en avant des signaux venus du monde arabe. Ad Diyar du 12 décembre 2025 évoque les attentes suscitées par la récente visite du président Joseph Aoun au sultanat d’Oman. Le quotidien indique que le sultan Haitham ben Tariq a promis de «faire tout ce qui est possible» pour aider le Liban à retrouver stabilité et souveraineté, sans que les contours précis de cette aide ne soient encore définis.
Al Liwa’ du 12 décembre 2025 revient sur ce déplacement en soulignant qu’il intervient après une période durant laquelle le Liban a mis «tous ses œufs» dans le panier des puissances occidentales, en particulier la France et les États-Unis, sans obtenir les résultats escomptés. Le journal estime qu’il ne reste désormais au pays que les «efforts arabes pressants», au premier rang desquels l’initiative attendue d’Oman, perçu comme un acteur capable de dialoguer avec l’ensemble des parties régionales.
Cette dimension arabe apparaît aussi en filigrane des analyses sur le «mechanism». Al Joumhouriyat souligne que l’Arabie saoudite est l’un des partenaires associés aux discussions menées autour de la commission et à la réflexion sur la future conférence de soutien à l’armée. Les sources françaises citées par le journal insistent sur la coordination avec Riyad pour éviter que la présence d’un nouvel acteur n’apparaisse comme la mise à l’écart d’un autre.
La «Syrie nouvelle» et les lignes de fracture régionales
Les débats diplomatiques autour du Liban sont inséparables des recompositions régionales. Al Akhbar du 12 décembre 2025 reproduit de larges extraits d’une analyse consacrée à ce que certains responsables américains appellent la «Syrie nouvelle». Le texte décrit Tom Barrack comme l’inspirateur d’un projet qui vise à organiser une entente entre Israël et la Syrie, en attribuant à chacune un rôle déterminé dans la gestion de la sécurité régionale, tandis que la «nouvelle Syrie» jouerait un rôle pivot dans l’économie et la logistique.
Dans cette perspective, le Liban apparaît comme un espace à intégrer dans un ensemble plus vaste, que ce soit par un rattachement économique ou par une forme de tutelle politique. Les propos de Barrack sur l’idée de «joindre le Liban à la Syrie» sont ainsi interprétés par plusieurs journaux comme l’expression la plus brutale de cette vision. Nabih Berri et d’autres responsables ont rejeté ce discours en rappelant que la souveraineté du Liban ne peut faire l’objet ni d’un partage ni d’une transaction.
Al Quds, dans son suivi des négociations libano-israéliennes, note que la multiplication des médiations et des formats – américains, européens, onusiens et arabes – ne doit pas masquer l’essentiel: les violations israéliennes de l’accord de cessez-le-feu se poursuivent, tandis que l’armée libanaise, selon les mêmes sources, a exécuté l’essentiel de ses engagements au sud du Litani. Ce décalage nourrit un sentiment d’inégalité dans le traitement diplomatique des parties et conforte ceux qui estiment que la priorité devrait être donnée au contrôle des actes de l’occupant plutôt qu’à la seule pression sur Beyrouth.
Politique internationale: recompositions régionales et nouvelles lignes de fracture
Palestine et Europe: la guerre à Gaza au cœur d’une bataille d’images et de récits
Al Quds du 12 décembre 2025 met en avant une campagne visant la députée européenne franco-palestinienne Reema Hassan, engagée contre la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza. Le journal explique que des organisations pro-israéliennes en France ont lancé une offensive sous le slogan «Hakomou Reema» («jugez Reema»), en déposant des plaintes pour apologie du terrorisme et antisémitisme, en raison de ses prises de position contre ce qu’elle décrit comme une guerre d’extermination contre la population de Gaza.
Al Quds précise que cette campagne ne se limite pas aux arènes judiciaires ou aux réseaux sociaux. Des graffitis reprenant ce slogan ont été peints sur les murs de plusieurs villes françaises, ce qui transpose la polémique dans l’espace urbain. Le quotidien relève que l’un des principaux animateurs de cette offensive est l’avocat franco-israélien Gilles-William Goldnadel, connu pour ses positions fermes en faveur d’Israël.
Le journal souligne que cette controverse illustre la manière dont la guerre à Gaza structure désormais le débat public en Europe, en opposant défenseurs de la liberté d’expression et partisans d’une restriction plus forte des discours pro-palestiniens, au nom de la lutte contre l’antisémitisme. Ce climat est présenté comme un prolongement de la bataille médiatique autour du conflit, où chaque camp cherche à imposer son récit et ses images.
Israël, le gaz vers l’Égypte et les enjeux sécuritaires régionaux
Dans la même édition, Al Quds consacre une page à un article de la presse économique française «Les Échos» sur la pression américaine pour accélérer la signature d’un accord d’exportation de gaz israélien vers l’Égypte. Selon ce texte, Washington pousse Tel-Aviv à conclure rapidement l’accord pour sécuriser une source d’approvisionnement pour les usines de liquéfaction égyptiennes, dans un contexte de recomposition du marché énergétique régional.
Le journal rapporte que certains experts, cités par Les Échos, mettent en garde contre un risque de surexploitation des gisements israéliens. Ils estiment qu’un rythme trop élevé d’exportation pourrait épuiser les réserves en une décennie et provoquer un déficit d’approvisionnement sur le marché intérieur israélien.
Al Quds mentionne aussi l’analyse de diplomates pour qui Israël pourrait utiliser cet accord pour renforcer la coopération sécuritaire avec l’Égypte. L’objectif serait de lutter plus efficacement contre le trafic d’armes vers le mouvement Hamas à travers le Sinaï, notamment par le recours à des drones opérant à partir du territoire égyptien, en coordination avec Le Caire.
Cette dimension énergétique et sécuritaire est replacée dans un contexte plus large de tensions israéliennes internes. Une autre page du journal reprend un texte de l’ancien général Yair Golan qui dénonce un «expansionnisme fou» de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, l’associant à une violence sans précédent et à une perte des repères «normaux» dans la vie politique israélienne.
Maroc: la «Gen Z» entre revendications sociales et questions de droits humains
Al Quds du 12 décembre 2025 consacre un long reportage à la reprise des mobilisations de la «Gen Z» au Maroc. Le journal rappelle que ce mouvement de jeunes avait déjà occupé l’espace public entre fin septembre et début octobre, avant de marquer une pause. Il a renoué avec la rue à Casablanca à l’occasion de la Journée mondiale des droits de l’homme, en organisant un rassemblement qui a ravivé le débat sur les libertés.
Selon le quotidien, la manifestation de Casablanca a rassemblé des dizaines de jeunes et est perçue par plusieurs observateurs comme l’expression la plus visible des contestations de la nouvelle génération. Les slogans mettent en avant la liberté, la justice sociale et la dignité, trois mots devenus des marqueurs du discours de cette mouvance.
Al Quds note que la mobilisation ne se limite pas à Casablanca. Des appels ont été lancés sur les réseaux sociaux pour des marches et des sit-in à Rabat, Fès, Meknès, Tanger et Larache. Sur le serveur Discord du mouvement, les organisateurs expliquent que ce nouveau cycle de mobilisation intervient dans un contexte de «restrictions croissantes sur les libertés» et se veut la voix d’un «génération qui réclame liberté, justice sociale et dignité humaine».
Le journal établit un lien entre ces protestations et des dossiers sensibles comme celui de la prison de «Qalaïa», évoqué comme un symbole des interrogations persistantes sur les droits humains dans le pays, même si le détail de ce dossier est moins développé dans l’extrait reproduit.
Soudan: entre commémoration de la révolution de décembre et conflit autour d’Abyei
Al Quds du 12 décembre 2025 suit également la situation au Soudan. Le journal rapporte des appels lancés par des acteurs politiques et des forces proches de l’armée à descendre dans la rue le samedi suivant pour marquer l’anniversaire de la révolution de décembre qui avait conduit à la chute d’Omar el-Béchir. L’objectif affiché est d’exprimer un soutien à l’armée et au gouvernement dans leur confrontation actuelle avec les Forces de soutien rapide.
En parallèle, la coalition «Ta’sis», proche des Forces de soutien rapide, met en garde ceux qui envisagent de participer à ces manifestations, en évoquant des «risques inutiles» et en dénonçant ce qu’elle considère comme une instrumentalisation de la souffrance des citoyens.
Le journal consacre une autre page à la région disputée d’Abyei, au centre d’un différend ancien entre Khartoum et Juba depuis l’indépendance du Soudan du Sud en 2011. Al Quds rappelle que les deux capitales n’ont pas réussi à s’accorder sur les populations autorisées à participer au référendum prévu par l’accord de paix global de 2005 pour décider du statut final de la région.
La présence non autorisée de Forces de soutien rapide à Abyei et celle de troupes sud-soudanaises au sud de la zone sont décrites par la mission onusienne UNISFA comme des violations du statut de zone démilitarisée. Elles auraient conduit à une hausse de la criminalité et à la prolifération de checkpoints illégaux, menaçant la stabilité locale.
Libye et Méditerranée orientale: crispations entre Benghazi et Athènes
Al Sharq Al Awsat du 12 décembre 2025 met en avant la montée des tensions diplomatiques entre la «gouvernement de la stabilité» basé dans l’Est libyen et la Grèce. Le journal explique que ce gouvernement a convoqué le consul de Grèce après des déclarations qualifiées d’«irresponsables» par Benghazi, accusant Athènes d’ingérence et l’appelant à cesser tout comportement portant atteinte à la souveraineté libyenne.
Selon Al Sharq Al Awsat, cet épisode survient alors que persistent les désaccords entre la Chambre des représentants et le Haut Conseil d’État sur la répartition des «postes souverains». Ces querelles institutionnelles entretiennent l’instabilité et contribuent à faire de la politique étrangère libyenne un champ de rivalités entre l’Est et l’Ouest du pays.
Le journal mentionne également une rencontre entre le chargé d’affaires de l’ambassade américaine et le responsable libyen Mohamed Titiyeh, centrée sur les moyens d’aider les Libyens à surmonter leurs divisions et à renforcer la stabilité. Al Sharq Al Awsat présente cette démarche comme une illustration de la volonté américaine de rester un acteur dans la médiation entre les différentes autorités libyennes rivales.
Égypte: scrutin législatif et débat sur la capacité de l’opposition civile
Dans la même édition, Al Sharq Al Awsat publie une photographie de citoyens égyptiens patientant devant un bureau de vote pour les élections à la Chambre des représentants, sous une légende rappelant le rôle du parti Hemaat Al-Watan dans cette séquence électorale.
Al Quds, dans ses pages d’opinion datées du 12 décembre 2025, relaie pour sa part une analyse d’un auteur égyptien qui estime que les forces civiles dans le pays, sous leurs différentes formes, ne sont pas prêtes à exercer le leadership politique. Selon ce texte, cette incapacité découle de multiples facteurs, parmi lesquels des divergences idéologiques profondes, parfois poussées jusqu’à l’extrémisme, qui affaiblissent leurs chances de constituer une alternative crédible.
Cette réflexion est replacée dans un contexte où le paysage politique égyptien demeure dominé par les forces proches du pouvoir et où la marge laissée à l’opposition organisée reste limitée. La juxtaposition, dans les journaux, d’images de participation électorale et de tribunes pessimistes sur la capacité de l’opposition civile souligne ce décalage entre les formes institutionnelles du pluralisme et les rapports de force effectifs.
Syrie: le dossier «Caesar» comme mémoire des crimes du régime
Al Quds du 12 décembre 2025 évoque enfin le dossier dit «Caesar», présenté comme l’un des plus importants ensembles de preuves des crimes commis par le régime syrien depuis 2011. Le journal rappelle le parcours de l’ancien responsable du service photo de la police militaire de Damas, qui a quitté le pays en 2014 en emportant environ 45 000 clichés de dépouilles de détenus morts sous la torture entre 2011 et 2013 dans les prisons du régime.
Ces images ont servi de base à des procédures judiciaires dans plusieurs pays européens et ont inspiré le «Caesar Act» américain, qui prévoit des sanctions contre les responsables syriens impliqués dans ces exactions. Al Quds présente ce dossier comme le plus complet et le plus précis rassemblé jusqu’ici sur l’ampleur des violences exercées par le pouvoir de Bachar al-Assad contre des opposants et des civils.
Le journal s’interroge sur la façon dont la communauté internationale gère l’héritage de ces preuves, au moment où certains États plaident pour un réengagement progressif avec Damas. L’article suggère que la tentation de «tourner la page» pourrait entrer en conflit avec les attentes des victimes et des familles, pour qui le dossier Caesar reste un symbole de la nécessité de justice.
États-Unis: critiques de la stratégie de sécurité nationale
En ouverture du numéro du 12 décembre 2025, Al Quds annonce un article d’analyse intitulé «Istiratijiyat al-amn al-qawmi al-amriki: ra‘i al-abqar wa machiat al-‘alam», que l’on peut paraphraser comme une critique d’une stratégie de sécurité nationale américaine présentant les États-Unis en «cow-boy» et le reste du monde en «bétail».
Sans entrer dans tous les détails du texte, le journal laisse entendre que l’auteur dénonce une vision hiérarchique du système international, dans laquelle Washington se réserve un droit de regard quasi illimité sur les affaires des autres régions. Cette critique résonne avec d’autres articles du même numéro qui questionnent l’impact extraterritorial de politiques comme les sanctions, les interventions militaires ou les pressions économiques, notamment au Proche-Orient et en Afrique.
L’ensemble des pages internationales des journaux du 12 décembre 2025 esquisse ainsi un paysage marqué par des contestations sociales, des tensions énergétiques et sécuritaires, des conflits gelés ou réactivés, et un débat global sur la place des grandes puissances, avec une attention particulière portée aux effets de ces dynamiques sur les droits humains et la souveraineté des États.
Économie: crise prolongée, guerre silencieuse et paris sur la reconstruction
Pression financière, «économie du cash» et guerre silencieuse
Al Joumhouriyat du 12 décembre 2025 décrit un paysage financier toujours dominé par les séquelles de l’effondrement bancaire et par ce que Nabih Berri qualifie de «guerre économique et financière» contre le Hezbollah. Reçu par le Conseil de l’Ordre de la presse, le président de la Chambre explique que cette guerre lui paraît parfois plus sensible et plus difficile que la confrontation militaire, parce qu’elle atteint directement les familles, les salaires et les services de base dans les régions populaires liées au parti chiite. Il rappelle que la pression sur l’environnement social d’un acteur politique peut, à terme, provoquer une explosion générale si les décideurs ne mesurent pas l’impact de leurs choix.
Dans le même entretien, le journal rapporte que Berri revient sur le dossier des dépôts bancaires. Il affirme que les dépôts des Libanais dans les banques sont des «droits sacrés» dont il ne peut être question de se défaire ni par un texte de loi ni par un accord politique. Cette position se heurte aux projets discutés depuis plusieurs années, qui cherchent à répartir les pertes entre l’État, les banques et les déposants sans qu’aucune formule consensuelle n’ait encore émergé. L’absence d’accord entretient la méfiance à l’égard du système financier et pousse les ménages comme les entreprises vers la thésaurisation et les paiements informels.
Al Joumhouriyat consacre aussi un long article au développement de ce qu’il appelle «l’économie du cash». Le texte décrit une rencontre entre le gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souaid, et le député Ali Fayad, membre du bloc Al Wafa lil-Muqawama, qui a exprimé ses inquiétudes face aux mesures prises par la banque centrale contre l’environnement du Hezbollah. Ali Fayad souligne que la fermeture ou la restriction de comptes en dollars, ainsi que les signaux envoyés aux établissements financiers, ont eu pour effet d’exclure du système bancaire une série d’institutions sanitaires, éducatives, sociales et religieuses liées au parti. Ces institutions, explique-t-il, ont été poussées «de façon automatique» à sortir du circuit bancaire pour se tourner vers l’économie de cash afin de maintenir leurs activités quotidiennes.
Le député met en garde contre une approche qui transformerait la lutte contre le financement illicite en mécanisme de «strangulation» d’une communauté entière, en demandant au gouverneur s’il est acceptable que le sort d’une large frange de citoyens dépende d’un simple trait de plume au bas d’une circulaire. Selon Al Joumhouriyat, un nouveau rendez-vous doit être fixé entre Ali Fayad et Karim Souaid pour poursuivre la discussion sur les moyens de limiter ces effets collatéraux, dans un contexte où la dollarisation des transactions et l’usage de billets représentent une part croissante de l’activité économique.
Débats parlementaires: assurances, eau et organismes de soutien
Ad Diyar du 12 décembre 2025 rend compte de la réunion de la commission de l’Économie nationale, de l’industrie, du commerce et de la planification à la Chambre des députés. Sous la présidence du député Fared El Boustany, la commission poursuit l’étude d’un projet de loi de réforme du secteur des assurances et d’encadrement des caisses de mutualité, accusées par certains élus de pratiques opaques et de concurrence déloyale envers les compagnies classiques. Les discussions portent sur la solvabilité des acteurs, la protection des assurés et les modalités de contrôle, dans un marché profondément affecté par la crise, où de nombreux contrats ont perdu de leur valeur réelle.
Dans la même séance, les députés examinent un projet de loi autorisant la conclusion d’un accord de prêt entre la République libanaise et la Banque internationale pour la reconstruction et le développement, afin de financer la deuxième phase du «Beirut Greater Second Water Supply Project». Ce programme vise à améliorer l’approvisionnement en eau du Grand Beyrouth, à moderniser les réseaux et à réduire les pertes techniques et commerciales. Pour Ad Diyar, ce type d’investissement structurant met en lumière le décalage entre une capitale où les ménages dépendent encore de camions-citernes privés et l’exigence d’un service public continu, condition de toute relance durable.
La commission se penche aussi sur des propositions relatives à la pêche maritime, à l’aquaculture et à la protection de la Croix-Rouge libanaise, ce qui montre que le Parlement tente de réactiver son rôle dans la régulation de l’économie réelle, malgré la fragmentation politique et les retards accumulés. Ces dossiers sectoriels restent toutefois pris dans un environnement budgétaire étroit, où l’État dépend de prêts extérieurs et d’aides ciblées pour financer des projets d’infrastructures essentiels.
Coût de l’électricité, contrats irakiens et risques de black-out
Al Akhbar du 12 décembre 2025 consacre un reportage aux choix du ministère de l’Énergie et de l’Eau. Le quotidien affirme que le comportement des autorités financières a alourdi d’environ 1,5 milliard de dollars la facture globale supportée par les résidents au Liban, une somme qui a en grande partie pris la forme de profits supplémentaires pour les propriétaires de générateurs privés et certains importateurs de carburant. L’article explique que cette situation est liée à l’arrêt du premier contrat irakien d’échange de carburant, décision justifiée officiellement par l’impossibilité de l’enregistrer comme nouvelle dette publique.
Selon Al Akhbar, le contrat prévoyait l’importation de fuel lourd irakien à haute teneur en soufre, qui devait être échangé contre du gasoil utilisable dans les centrales électriques libanaises, dans un mécanisme de troc convenu entre États. Le texte précise que cette décision a été prise en coordination entre le ministre de l’Énergie Joe Sadde et le ministre des Finances Yassine Jaber. Le quotidien estime que l’arrêt de cet accord a obligé l’État à recourir davantage au marché libre, renchérissant le coût de production de l’électricité et consolidant la place des générateurs privés comme fournisseur de dernier recours.
Ad Diyar, dans un autre registre, alerte sur le risque d’une nouvelle «a’tama châmila», une coupure générale, en raison de la pénurie aiguë de carburants pour les centrales de Deir Ammar et Zahrani. Le journal explique qu’Électricité du Liban a été contrainte, le 10 décembre 2025, d’arrêter une unité de production au Zahrani pour préserver ses stocks et d’exploiter une seule unité à Deir Ammar, en attendant l’arrivée d’un nouveau cargo. Le texte insiste sur le fait que l’entreprise tente d’éviter la coupure totale, mais que chaque retard dans les livraisons de carburant se traduit par une baisse des heures d’alimentation et par une charge accrue sur les ménages.
Ces articles confirment le diagnostic déjà établi par de nombreux experts: sans réforme de la gouvernance du secteur électrique, les ajustements ponctuels sur les contrats de carburant ne suffisent pas. Le poids des subventions passées, l’endettement d’Électricité du Liban, les pertes techniques et commerciales et la place prise par les générateurs privés continuent de grever les finances publiques et d’alimenter un système de rentes.
Fonds de secours, reconstruction et paris sur les conférences internationales
Al Joumhouriyat du 12 décembre 2025 rapporte que la commission des Finances et du Budget, présidée par le député Ibrahim Kanaan, a approuvé l’allocation d’un montant qualifié de «modeste» au Conseil du Sud et à la Haute Commission de secours, à partir de la réserve budgétaire. Cette enveloppe doit servir à l’hébergement et à la réparation de première urgence des maisons endommagées par les bombardements israéliens dans les régions frontalières. Le quotidien souligne que cette décision, bien que tardive, est perçue comme un signe positif par les sinistrés, tout en demeurant largement en deçà des besoins d’une reconstruction à grande échelle.
Le même article rappelle que la «grande» reconstruction du Sud et de la Békaa occidentale reste suspendue aux conditions posées par les pays appelés à contribuer à son financement. Les responsables interrogés indiquent que des discussions sont en cours pour préparer une conférence internationale de soutien, qui lierait les engagements financiers à des avancées sur le plan des réformes et de la stabilisation sécuritaire. Dans ce schéma, les dommages de guerre sont envisagés comme un levier pour lancer des chantiers d’infrastructures, mais aussi comme un test de la capacité de l’État à planifier et à contrôler l’usage des fonds.
Les mêmes pages économiques soulignent que cette logique de conférences et de promesses conditionnelles ne peut produire d’effet que si un accord est trouvé avec le Fonds monétaire international et si un plan clair de restructuration bancaire est adopté. Sans cela, les aides risquent de se limiter à des enveloppes ciblées, incapables de modifier la trajectoire d’une économie marquée par la défiance, la fuite des capitaux et la faiblesse de l’investissement productif.
Une économie sans indicateurs clairs mais sous fortes contraintes
Les journaux datés du 12 décembre 2025 relèvent que l’État publie peu de données récentes sur la croissance, l’inflation ou le chômage. Cette rareté des indicateurs officiels empêche de mesurer précisément l’ampleur de la contraction économique, mais les signaux diffus convergent: dollarisation massive des échanges, érosion du pouvoir d’achat, multiplication des emplois informels et maintien d’un chômage élevé, notamment chez les jeunes diplômés. Dans ce contexte, la survie quotidienne dépend largement des transferts de la diaspora et d’une économie de services réduite à des marges étroites.
Ad Diyar et Al Joumhouriyat insistent sur le fait que le cœur du problème reste la combinaison entre crise bancaire, instabilité politique et pression sécuritaire au Sud. L’absence de solution globale pour les dépôts, le recours massif au cash et la fragmentation institutionnelle maintiennent le pays dans une forme de gestion au jour le jour. Les débats parlementaires sur les assurances, l’eau ou la pêche maritime montrent une activité législative, mais la presse souligne que, sans changement de cap dans la politique financière et dans la gouvernance du secteur public, ces ajustements resteront insuffisants pour inverser la trajectoire économique.
Justice: enquêtes sensibles et fonctionnement ordinaire des tribunaux
Retour en avant du dossier de l’explosion du port de Beyrouth
Les journaux datés du 12 décembre 2025 signalent la réactivation du dossier de l’explosion du port de Beyrouth après une longue période de blocage institutionnel. Al 3arabi Al Jadid explique que le juge d’instruction Tarek Bitar peut de nouveau se déplacer à l’étranger, à la suite d’une décision du procureur général près la Cour de cassation, le juge Jamal Hajjar, qui a levé l’interdiction de voyager prononcée auparavant par l’ancien procureur de cassation Ghassan Oueidat. Cette mesure avait été interprétée comme un moyen indirect de limiter sa capacité d’enquête, notamment pour les déplacements nécessaires dans le cadre des commissions rogatoires.
Selon Al Quds du 12 décembre 2025, cette levée de l’interdiction doit permettre à Tarek Bitar de se rendre en Bulgarie pour interroger Igor Grechushkin, présenté comme le propriétaire du navire Rhosus, qui avait transporté la cargaison de nitrate d’ammonium débarquée à Beyrouth. Le journal rappelle que la cargaison à l’origine de la déflagration était restée stockée pendant des années dans un entrepôt du port, sous la responsabilité de plusieurs administrations, ce qui justifie le caractère pénal et administratif du dossier.
Al 3arabi Al Jadid souligne que le retour de ce dossier sur le devant de la scène judiciaire intervient après une succession de recours, de conflits de compétence et de pressions politiques, qui ont pratiquement paralysé l’instruction pendant de longs mois. Le quotidien note que la décision de Jamal Hajjar n’efface pas toutes les entraves, mais qu’elle enlève un symbole fort de la confrontation entre magistrats au sommet de la hiérarchie judiciaire.
Décision bulgare et limites de la coopération judiciaire
Al Quds revient sur le volet international de l’affaire. Le journal rappelle que la Bulgarie a refusé de remettre Igor Grechushkin aux autorités libanaises, en estimant que les garanties apportées par Beyrouth sur l’absence de peine de mort n’étaient pas suffisantes. Le texte précise que la peine capitale figure encore dans la législation libanaise, même si elle n’est plus appliquée depuis de nombreuses années, et que cette simple présence dans le code pénal suffit à bloquer certaines procédures d’extradition avec des États européens.
Les articles consacrés à l’affaire évoquent donc la possibilité d’un interrogatoire sur place, en Bulgarie, dans le cadre d’une commission rogatoire. Al 3arabi Al Jadid indique que cette option exige la présence du juge d’instruction ou de magistrats désignés par lui, ce qui explique l’importance de la levée de l’interdiction de voyager. Les journaux insistent sur le fait que l’audition de Grechushkin est considérée comme une étape indispensable pour éclairer les conditions d’affrètement du navire, les décisions de déchargement à Beyrouth et la gestion ultérieure de la cargaison par les autorités libanaises.
Ad Diyar souligne que la décision de Jamal Hajjar est perçue comme un signal adressé aux familles des victimes et aux partenaires étrangers, alors que de nombreuses organisations locales et internationales avaient dénoncé un risque d’enterrement du dossier. Le journal ne va pas au-delà de ce constat mais note que la confiance dans l’indépendance de la justice reste fragile tant que les mandats d’arrêt visant d’anciens ministres et responsables de sécurité n’ont pas reçu de suite claire.
Débats internes autour du rôle de Tarek Bitar
Les journaux rappellent que le juge d’instruction reste au centre d’un débat politique et juridique. Al 3arabi Al Jadid évoque les critiques de plusieurs formations qui contestent sa compétence, l’accusent de ciblage sélectif et l’accusent d’avoir politisé la procédure. Ces parties avancent que la mise en cause de certains ministres et hauts fonctionnaires aurait dû passer par des mécanismes particuliers, en raison des immunités prévues par la Constitution et par les lois spéciales.
En parallèle, des formations d’opposition et des associations de familles de victimes soutiennent publiquement la poursuite de l’instruction par Tarek Bitar. Al Quds mentionne que ces acteurs voient dans la levée de l’interdiction de voyager un test de la volonté réelle de l’État de permettre au juge de mener à terme son travail. Ils mettent en avant la nécessité d’entendre toutes les personnes impliquées dans la chaîne de décision qui a conduit à la présence prolongée d’un stock de nitrate d’ammonium en plein cœur de la capitale.
Ad Diyar souligne que ces divergences se superposent aux fractures politiques habituelles du pays. Les appuis ou les critiques adressés à Tarek Bitar viennent souvent des mêmes blocs qui s’affrontent sur d’autres dossiers, ce qui complique la lecture strictement technique du débat. Le journal note enfin que la décision du procureur général ne s’attaque pas aux questions de fond liées aux immunités, mais qu’elle permet au moins au juge d’exercer pleinement ses prérogatives dans le champ international.
Statut personnel: décisions des juridictions religieuses
Au-delà du dossier du port, Ad Diyar consacre plusieurs pages aux annonces des tribunaux de statut personnel. Dans son édition du 12 décembre 2025, le quotidien publie un avis de la cour maronite de première instance dans une affaire de nullité de mariage opposant Jessica Rimon Lahoud à Riyad Charbel Haj. La décision fixe une séance de conciliation au 5 janvier 2026 à dix heures et informe le défendeur qu’en cas d’absence, l’examen se limitera au fond de la demande de nullité. L’avis est signé par le président de la formation et par le greffier, avec mention de la date de rédaction.
Le même numéro d’Ad Diyar publie un autre avis dans un dossier de nullité de mariage concernant un couple résidant à Antélias. Le tribunal maronite invite l’épouse à se présenter au greffe pour être informée du jugement de première instance rendu le 4 novembre 2025, en lui accordant un délai de quinze jours à compter de la publication pour en prendre connaissance. Cette procédure s’inscrit dans le fonctionnement ordinaire des juridictions ecclésiastiques, qui conservent compétence en matière de mariage pour les fidèles maronites.
Ad Diyar publie aussi un avis du tribunal religieux sunnite de Baalbek, dans une affaire de séparation pour discorde introduite par Jessica Mohammad Khldoun Araji contre son mari, Khaled Mohammad Khaled. Le tribunal convoque le défendeur, présenté comme de nationalité palestinienne et de résidence inconnue, à une audience fixée au 17 février 2026. Le texte précise que la procédure se poursuivra en son absence en cas de non-comparution, ce qui illustre le rôle de la presse dans la notification des parties lorsque leur adresse n’est pas connue.
Registres fonciers, registres du commerce et annonces fiscales
Les pages judiciaires donnent aussi un aperçu du travail des registres fonciers. Ad Diyar publie plusieurs annonces de l’office du registre foncier de Baalbek-Hermel. Dans un premier avis, le fonctionnaire responsable informe qu’Ali Chahadeh Sahli a demandé un titre de propriété de remplacement pour la part de son mandant, issu de la succession de Hosni Mahmoud Nassereddine, dans la parcelle numéro 3468 de la région de Hermel. Les personnes ayant un intérêt à contester cette demande disposent de quinze jours à compter de la publication pour se présenter.
Dans un second avis, le même service signale une demande déposée par Monri Youssef El Kozah, agissant comme mandataire d’un contrat de vente, pour obtenir un titre de remplacement concernant la part d’une vendeuse, Nazihé Massoud Sokkar, dans la parcelle numéro 303 de la localité de Teddai. Là encore, un délai de quinze jours est ouvert aux éventuels opposants. Ce type d’annonce montre le lien étroit entre sécurité juridique de la propriété foncière et publicité des procédures.
Al Akhbar du 12 décembre 2025 reproduit des avis semblables de l’office du registre foncier de Beyrouth et de l’office de Aley. Dans le premier cas, une avocate agissant pour le compte de deux héritiers demande des titres de propriété de remplacement pour des parts situées dans l’immeuble numéro 1005 de la zone de Ras Beyrouth. Dans le second, une mandataire sollicite des titres pour des sections de l’immeuble numéro 2594 à Bchamoun. Chaque avis précise que les personnes concernées disposent de quinze jours pour se manifester auprès du service.
Les registres du commerce suivent la même logique de publicité. Ad Diyar publie un avis du registre du commerce de Beyrouth annonçant la dissolution et la radiation de la société Cedre Man, une société offshore inscrite sous le numéro 1805887, à la suite d’une assemblée générale extraordinaire du 27 novembre 2025. L’avis mentionne le numéro fiscal de la société, le nom du président du conseil d’administration et fixe un délai de dix jours pour les éventuelles observations des intéressés.
Al Joumhouriyat du 12 décembre 2025 diffuse un avis similaire concernant la société Sina, immatriculée sous le numéro 60881 au registre de Beyrouth. L’annonce indique qu’une assemblée générale tenue le 10 août 2025 a décidé, avec effet au 4 décembre 2025, la dissolution et la radiation de la société, et que toute personne ayant un intérêt peut présenter ses remarques ou objections dans les dix jours suivant la dernière publication.
Al Akhbar consacre enfin une page à un avis collectif du ministère des Finances, direction de la TVA, invitant un grand nombre de contribuables à se présenter à la direction du recouvrement pour prendre connaissance de courriers recommandés. Le ministère précise que, passé un délai de trente jours à compter de la publication, la notification sera considérée comme valablement effectuée. La liste comprend des personnes physiques et des sociétés, avec leurs numéros d’identification et les références des lettres recommandées.
Champ judiciaire et diversité des contentieux
Dans l’ensemble, les articles et annonces publiés le 12 décembre 2025 montrent un champ judiciaire où coexistent des contentieux très différents. Le dossier de l’explosion du port de Beyrouth met en jeu des responsabilités pénales et administratives d’anciens responsables, des questions de coopération internationale, des débats sur la peine de mort et des tensions fortes entre autorités politiques et magistrats. À côté de ce dossier emblématique, les juridictions religieuses traitent des demandes de nullité de mariage ou de séparation, les registres fonciers gèrent des demandes de titres de remplacement, et les registres du commerce suivent les dissolutions de sociétés, pendant que l’administration fiscale recourt à la presse pour notifier des contribuables.
Société: mobilisations civiques, éducation et vulnérabilités humaines
Initiatives citoyennes autour des droits et de la souveraineté
Al Akhbar du 12 décembre 2025 signale l’annonce par le «Merced al hurriya wal siyada» de l’organisation d’une rencontre publique pour lancer «l’initiative nationale pour la défense des droits souverains». L’événement doit se tenir dans les locaux de l’ancienne rédaction du quotidien As Safir, à Hamra, et se présente comme un moment de présentation du nouvel observatoire, de sa mission et de sa méthode.
Selon Al Akhbar, les organisateurs expliquent que l’objectif principal est de surveiller le respect des engagements constitutionnels et des principes de souveraineté par les autorités, et de «réactiver le débat public» autour des droits des citoyens comme des droits de l’État. L’observatoire se donne pour tâche de documenter les entorses aux règles constitutionnelles, d’alerter sur les dérapages éventuels et de proposer des axes de correction, en s’appuyant sur des juristes, des universitaires et des acteurs de la société civile.
Le même article souligne que le choix de l’ancienne rédaction d’As Safir, lieu emblématique de la presse libanaise, est présenté comme un symbole. Les organisateurs y voient une façon de relier la nouvelle initiative au rôle historique des journaux dans la défense des libertés publiques et dans la formation de l’opinion. Al Akhbar insiste sur le fait que cette démarche s’inscrit dans un contexte où la question de la souveraineté, abordée surtout sous l’angle sécuritaire et diplomatique, est de plus en plus reliée aux droits sociaux, à la transparence et au contrôle de la gestion publique.
Enseignants, indemnités et protection sociale
Al Liwa’ du 12 décembre 2025 rapporte que la commission des Finances et du Budget, présidée par le député Ibrahim Kanaan, a approuvé un crédit additionnel de 200 milliards de livres libanaises au profit de la Caisse des compensations des membres du corps enseignant. Le journal rappelle qu’un projet de 650 milliards avait été adopté par le précédent gouvernement sans être appliqué, puis revu à la baisse par le cabinet actuel avant d’être renvoyé à la commission.
Ibrahim Kanaan explique à Al Liwa’ qu’il s’agit d’«une demande essentielle pour les enseignants». Selon ses propos, le nouveau montant doit permettre de couvrir une partie des droits accumulés, dans un contexte de dépréciation massive de la monnaie nationale et d’érosion du pouvoir d’achat des salaires de la fonction publique. Le journal précise que la commission a également approuvé un projet de modification de l’article 9 de la loi sur la sécurité sociale, afin d’étendre certaines prestations à des catégories de travailleurs qui n’en bénéficiaient pas pleinement.
Ad Diyar consacre un autre article aux débats internes sur les enseignants contractuels dans l’enseignement technique et professionnel. Le quotidien indique que la commission des Finances a examiné un projet de loi sur la stabilisation des contractuels dans ce secteur, présenté comme une «étape de réforme» devant passer par un concours réservé. L’idée est d’identifier, en fonction des besoins du cadre, les enseignants aptes à être intégrés sur des bases plus durables, tout en prenant en compte l’impact financier de cette régularisation.
Le texte reproduit partiellement les propos d’Ibrahim Kanaan, qui insiste sur la nécessité de ne pas reporter indéfiniment le traitement de la situation de milliers d’enseignants travaillant depuis des années sans statut stable. Il souligne que le ministre des Finances a demandé un délai d’une semaine pour évaluer l’impact budgétaire avant un retour devant la commission, et que le débat doit se conclure rapidement lors d’une séance ultérieure, compte tenu des attentes sociales concernées.
Eau, services publics locaux et transparence administrative
Dans sa rubrique d’annonces officielles, Ad Diyar du 12 décembre 2025 publie un avis de la Fondation des eaux de la Békaa. L’établissement y signale la perte d’un carnet de reçus appartenant à une employée chargée de la perception des redevances, en donnant le numéro du carnet et la série de reçus concernés. Il demande aux usagers de présenter ces reçus au siège de la fondation à Zahlé avant une date limite, faute de quoi ils seront considérés comme annulés.
Le même encadré rappelle le rôle des établissements régionaux d’eau dans l’organisation d’un service public de base. Dans un contexte de crise économique et de difficultés d’approvisionnement, l’annonce insiste sur la nécessité d’assurer la traçabilité des paiements et de protéger les droits des abonnés comme ceux de l’institution. La direction, représentée par la directrice générale par intérim Paula Emile Haoui, précise que l’objectif est de régulariser les dossiers sans pénaliser les usagers de bonne foi.
Dans un autre avis, toujours dans Ad Diyar, le registre foncier de Baalbek-Hermel invite les personnes concernées à présenter d’éventuelles objections à des demandes de titres de propriété de remplacement pour des actes perdus. Les bénéficiaires sont identifiés par leurs noms et par les numéros de parcelles, et un délai de quinze jours est fixé pour toute contestation. Ces annonces s’inscrivent dans la routine administrative, mais elles renvoient à des enjeux concrets de sécurité juridique pour les familles et les propriétaires.
Éducation, langues étrangères et encadrement des établissements
Ad Diyar consacre une page à un événement organisé par l’ambassade d’Iran à l’intention des enseignants de langue persane au Liban. Le journal rapporte les propos de responsables iraniens qui saluent le rôle des professeurs comme «passeurs de culture» et «bâtisseurs de l’identité» auprès des nouvelles générations, en insistant sur la langue comme vecteur de compréhension mutuelle entre sociétés.
Le même article mentionne l’intervention d’un responsable éducatif libanais, qui souligne que l’enseignement de langues étrangères ou régionales, comme le persan, doit rester encadré par les autorités éducatives nationales et par les diocèses lorsqu’il s’agit d’établissements confessionnels. Ad Diyar cite des responsables de la métropole maronite de Tripoli indiquant que la situation dans une institution scolaire liée à la métropole, où des rumeurs de dysfonctionnements avaient circulé, est «sous contrôle» et que les décisions nécessaires ont été prises pour préserver la sécurité des élèves.
Le journal ne détaille pas ces mesures, mais insiste sur la nécessité, pour les écoles, de conjuguer ouverture culturelle et vigilance en matière de protection des mineurs. L’article met en avant l’idée que les enseignants, qu’ils soient de langue persane ou d’autres disciplines, jouent un rôle décisif dans la transmission des valeurs et que les autorités religieuses comme civiles sont appelées à assurer un suivi rapproché du fonctionnement des établissements.
Prisonniers, hiver et droits fondamentaux
La rubrique «Hikayat al nass» de Al Liwa’ du 12 décembre 2025 est consacrée aux conditions de détention des prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes à l’approche de l’hiver. Le journal relaie un communiqué d’une association de défense des détenus qui décrit des scènes qualifiées de «choquantes», avec des prisonniers dormant à même le sol faute de matelas, se couvrant avec des tissus usés et restant éveillés la nuit en raison du froid aigu.
Selon le texte repris par Al Liwa’, les responsables de l’association estiment que ces conditions équivalent à une forme de torture, en particulier pour les malades contraints de rester sans traitement ou sans couverture suffisante. Ils mettent en garde contre une augmentation des cas d’infections, de rhumes, d’affections respiratoires et de douleurs articulaires, et demandent une intervention internationale pour imposer des mesures minimales de protection contre le froid.
Le communiqué insiste sur le fait que, depuis des années, le froid de l’hiver est utilisé comme une forme de pression supplémentaire sur les prisonniers, en limitant l’accès aux vêtements chauds, aux couvertures ou aux chauffages. L’association appelle les organisations internationales à agir rapidement pour réduire les risques liés aux vagues de froid et pour garantir l’accès aux soins médicaux.
Santé et crise humanitaire en Afrique de l’Est
Ad Diyar du 12 décembre 2025 reproduit de larges extraits d’un rapport de Médecins sans frontières consacré à la situation sanitaire au Soudan du Sud. Le document, intitulé «Abandonnés en pleine crise: montée de la violence et effondrement des soins de santé au Soudan du Sud», décrit une dégradation rapide des conditions de vie dans plusieurs régions du pays.
Selon ce rapport cité par Ad Diyar, les équipes de Médecins sans frontières font état d’un double phénomène: intensification des violences et recul du soutien international. Les structures de santé manquent de médicaments, de matériel et de personnel, tandis que des milliers de personnes déplacées se retrouvent sans accès régulier à des soins de base. Le texte insiste sur le fait que l’attention de la communauté internationale se focalise sur d’autres crises, ce qui laisse les populations locales «au cœur de la tempête» avec très peu de soutien.
Le rapport met en avant la vulnérabilité particulière des enfants et des femmes enceintes, pour lesquels les retards de prise en charge peuvent avoir des conséquences rapides et graves. Ad Diyar relève que Médecins sans frontières appelle à un réengagement des bailleurs dans le domaine humanitaire, en rappelant que l’effondrement des systèmes de santé locaux augmente le risque d’épidémies et de mortalité évitable.
Gaza: vie sous les tentes et exposition aux aléas climatiques
Al 3arabi Al Jadid du 12 décembre 2025 consacre un reportage aux conditions de vie des déplacés dans la bande de Gaza, regroupés dans des camps de tentes après les destructions causées par la guerre. Le journal indique que la protection civile de Gaza a reçu plus de 2 500 appels de détresse lors d’une séquence de fortes intempéries, sans pouvoir répondre à tous en raison du manque de moyens matériels et de personnel.
Le reportage décrit des familles vivant sous des tentes mal isolées, exposées à la pluie, au vent et au froid, et craignant particulièrement une période de quarante jours de mauvais temps, traditionnellement connue dans la région et considérée comme la plus difficile de l’hiver. Les témoins cités disent redouter la combinaison entre précarité des abris, manque de vêtements et de couvertures, et absence d’un système de drainage efficace dans les camps improvisés.
Al 3arabi Al Jadid souligne que ces conditions météorologiques aggravent les conséquences sociales de la guerre, notamment en matière de santé mentale, de décrochage scolaire et de sécurité alimentaire. Le journal rapporte que des organisations locales tentent de distribuer des kits d’hygiène, des bâches et des vêtements chauds, mais que l’ampleur des besoins dépasse largement les capacités disponibles.
Culture: institutions libanaises, mémoire et scènes régionales
Institutions culturelles libanaises et nouvelles initiatives
Al Bina’ du 12 décembre 2025 consacre sa page culture au Musée de Beyrouth pour l’art moderne et contemporain, BEMA, installé à la Villa Audi. Le quotidien rapporte que le musée a célébré deux étapes jugées majeures dans son parcours: le dixième anniversaire du programme éducatif «Massarat Ibdaïya» et le lancement de l’initiative «Founoun Jawwala», qui vise à sortir l’art des murs du musée pour l’amener dans l’espace public.
Selon Al Bina’, la cérémonie s’est déroulée en présence de la première dame Naamat Aoun, du ministre de la Culture Ghassan Salame et d’un grand nombre de responsables, diplomates et partenaires institutionnels, ce qui confirme la dimension officielle accordée à ce type d’initiatives. Le journal souligne que l’exposition associée à ces deux programmes réunit des peintures, des sculptures et des installations qui naviguent entre expériences immersives, dispositifs contemplatifs et approches contemporaines, avec un accent sur la créativité des élèves et des jeunes participants.
Al Bina’ rapporte des propos de Naamat Aoun, qui dit voir dans ce travail un prolongement de l’«école de la citoyenneté» lancée par la présidence, en insistant sur l’idée que l’éducation artistique peut renforcer la capacité des élèves à respecter l’autre et à vivre ensemble. Elle remercie BEMA, les ministères de la Culture et de l’Éducation ainsi que les directions d’écoles pour leur «confiance dans les élèves» et pour avoir transformé l’exposition en espace de créativité qui dépasse la Villa Audi pour englober symboliquement l’ensemble du territoire.
Dans un registre plus diplomatique, Ad Diyar du 12 décembre 2025 évoque un événement organisé par l’ambassade d’Iran au bénéfice des enseignants de langue persane au Liban. Le journal cite des responsables iraniens qui présentent les professeurs comme des «passeurs de culture» et parlent de la langue comme d’un outil de compréhension mutuelle entre sociétés, tandis que des responsables éducatifs libanais rappellent que l’introduction de langues étrangères ou régionales dans les établissements doit rester encadrée par les autorités nationales et les instances religieuses concernées.
Patrimoine populaire et médias: la dabke à l’antenne
Al Quds du 12 décembre 2025 publie un reportage détaillé sur le lancement, par la chaîne MTV, du programme de divertissement patrimonial «Yalla Ndabbek». Le quotidien précise que l’émission a démarré en direct, sous le parrainage et en présence de la ministre du Tourisme Lora Lahoud, du ministre de la Culture Ghassan Salame et du président du conseil d’administration de la chaîne, Michel Gabriel El Murr.
Le journal explique que le concept repose sur une compétition entre troupes de dabke libanaises représentant différentes régions du pays. Les groupes se produisent en direct devant un jury spécialisé dans le folklore et la musique libanaise, composé notamment de Omar Karameh, Nadera Assaf et Rabih Nahas, qui évaluent la qualité des chorégraphies et le respect des codes traditionnels.
Selon Al Quds, la première émission a été animée par les présentateurs Tony Baroud et Carla Haddad, sur la chanson «Talla w ta‘ammar ya dar» interprétée par le chanteur libanais Ramy Ayach. La troupe venue de Deir El Ahmar a ouvert la compétition avec un tableau décrit comme très marqué par le folklore, avant que des groupes de Baalbeck, Barja, Beyrouth, Aabadiyeh, Ehden, Saïda et d’autres localités ne se succèdent sur scène.
Al Quds insiste sur l’ambiance de «joie et d’émulation» qui a marqué la soirée et note que l’émission se veut un «retour du patrimoine télévisuel de qualité» après une longue absence de ce type de formats. Le quotidien met en avant la dimension identitaire du projet, présenté comme un hommage à l’«identité libanaise, à l’art populaire et à l’esprit collectif» de la dabke, avec une mise en scène actuelle et un recours massif aux nouvelles technologies par le réalisateur Kamil Tanios.
Le public est appelé à intervenir par le vote à chaque épisode afin de départager les troupes et d’attribuer un titre à la fin de la saison, ce qui fait de l’émission à la fois un concours et un dispositif de participation populaire autour du patrimoine.
Scènes théâtrales: Beyrouth, Alger et la mémoire palestinienne
Al 3arabi Al Jadid du 12 décembre 2025 signale que le théâtre Monnot, à Beyrouth, accueille entre le 13 et le 21 du mois la pièce «Rihlat Hanzala», adaptée d’un texte du dramaturge syrien Saadallah Wannous et mise en scène par Joe Rammia. Le quotidien résume l’intrigue autour du personnage de Hanzala, sorti de prison à la recherche d’un nouveau destin, mais rattrapé par une forme de malchance qui le suit partout, dans une narration partagée avec un conteur chargé de relier les scènes.
Al 3arabi Al Jadid présente cette programmation comme un exemple de continuité du théâtre engagé à Beyrouth, dans un contexte politique et économique difficile. La pièce est décrite comme une relecture contemporaine d’un texte classique du théâtre arabe, avec un travail centré sur la question du destin individuel face à un environnement collectif marqué par la violence et la stagnation.
Le même article signale que, du 20 au 30 du mois, se tient à Alger la dix-huitième édition du Festival national du théâtre professionnel, baptisée au nom de l’artiste Abdallah Hamlaoui. Le festival propose un programme de spectacles jugés représentatifs de la scène locale et vise, selon Al 3arabi Al Jadid, à soutenir les professionnels du théâtre et à renforcer une culture théâtrale nationale.
Dans un volet lié à la mémoire, Al 3arabi Al Jadid publie également un article signé depuis Paris par Salim Al Baik, qui revient sur la prise par l’armée israélienne, en 1982, des archives du Centre de recherche palestinien à Beyrouth. Le texte rappelle que ces archives comprenaient des documents, des films, des livres et des revues, et souligne qu’aucune information officiellement confirmée n’a été fournie depuis sur leur sort. L’auteur indique que plusieurs hypothèses circulent sur un stockage dans des dépôts militaires israéliens, ce qui pose la question de la confiscation de la mémoire écrite et audiovisuelle palestinienne.
Arts visuels, récits populaires et expositions solidaires
Sur le terrain des arts visuels, Al 3arabi Al Jadid du 12 décembre 2025 consacre un article à un «renouveau de la conscience» autour des récits populaires. Le texte, signé depuis Le Caire, évoque des initiatives éditoriales qui redonnent de la place aux contes populaires comme textes vivants, et cite notamment un ouvrage consacré à ces récits. Le journal insiste sur la fonction de ces contes comme support de mémoire collective et comme outil de résistance au sentiment de fragmentation, en particulier dans les sociétés arménienne et arabe marquées par l’exil et les déplacements forcés.
Le même article illustre cette réflexion par des images: une toile du peintre palestinien Suleiman Mansour, reproduite à partir de la page de l’artiste, et une photographie d’un festival du vin en Arménie où de jeunes femmes portent des costumes traditionnels. Il mentionne aussi une nouvelle couverture du roman «Zouqaq Al Madaq» de Naguib Mahfouz, réalisée par l’artiste égyptien Ahmed Saber. Ces exemples sont présentés comme des signes de la manière dont les arts visuels prolongent et réinterprètent les récits populaires.
Al Quds s’arrête, pour sa part, sur l’exposition intitulée «241» à Doha, organisée par Qatar Charity en partenariat avec les Musées Msheireb. Le journal explique que l’exposition se tient dans la cour de Bayt Al-Sharika, au cœur de Msheireb, et qu’elle est construite autour de 241 boîtes lumineuses, chacune portant la photo d’un enfant de Gaza parrainé dans le cadre d’une initiative avant d’être tué par la guerre.
Les textes publiés par Al Quds précisent que l’installation se veut un travail sur la mémoire: lumière, vidéos et dispositifs graphiques sont combinés pour créer un espace de recueillement et de réflexion sur le sort des enfants. L’exposition reste ouverte jusqu’au 18 du mois, tous les jours de 16 heures à 22 heures, et est décrite comme un exemple de convergence entre art contemporain et action humanitaire.
Cinéma: fictions de la mort, de la famille et du travail
Al Sharq Al Awsat du 12 décembre 2025 propose un long compte rendu du film «Younan», présenté en compétition des longs métrages lors de la cinquième édition du Festival du film de la mer Rouge. Le quotidien relate l’histoire d’un écrivain libanais installé en Allemagne, accablé par un sentiment d’aliénation et de désarroi, qui se retire sur une île isolée avec l’intention d’en finir avec sa vie avant que des rencontres et des événements successifs ne le conduisent vers une autre voie.
Al Sharq Al Awsat note que le rôle principal est interprété par l’acteur libanais Georges Khabbaz, aux côtés de l’actrice allemande Hanna Schygulla, de l’acteur palestinien Ali Suleiman, de Nidal Al Achkar et de Tom Blaschiah. Le journal insiste sur le climat de tension qui règne sur l’île et sur le contraste entre la dureté du paysage et l’évolution intérieure du personnage, décrit comme pris entre désir de disparition et redécouverte de liens humains possibles.
Dans ses pages culturelles, Al Quds publie également un article consacré au film «Wabaad», adaptation d’un roman du même nom. Le texte rappelle la relation ancienne entre roman et cinéma et explique que, dans ce cas précis, livre et film restent «sur deux trajectoires qui se croisent et s’enlacent», malgré des différences dans certaines intrigues secondaires. L’article décrit ce film comme une ouverture sur la mort et la vie, avec un accent mis sur le travail des personnages et sur l’ambition de l’auteur d’imprimer une marque propre dans un paysage littéraire et cinématographique très divers.
Al 3arabi Al Jadid propose enfin une chronique de Nadim Jarjoura à propos de plusieurs courts métrages projetés au Festival d’El Gouna en 2025. Le critique s’interroge sur la place des films récents, souvent labellisés «de première catégorie» après leur passage dans de grands festivals, et estime que l’enjeu central reste la qualité de l’expérience de spectateur plus que la hiérarchie des événements. Il décrit les courts métrages présentés comme des exercices de recherche de nouvelles formes d’expression, combinant exigences esthétiques et travail sur des thèmes comme la mort, le deuil ou les relations familiales.
Agenda culturel: expositions, spectacle vivant et télévision
Plusieurs articles fournissent des repères concrets pour un agenda culturel régional centré sur Beyrouth et le monde arabe. Al Bina’ indique que l’exposition organisée par BEMA à la Villa Audi à l’occasion des dix ans de «Massarat Ibdaïya» et du lancement de «Founoun Jawwala» se poursuit en décembre et rassemble des œuvres produites dans le cadre de ce programme éducatif, en lien avec des écoles libanaises.
Al 3arabi Al Jadid précise que la pièce «Rihlat Hanzala» est programmée au théâtre Monnot à Beyrouth du 13 au 21 du mois, ce qui en fait un des rendez-vous majeurs du théâtre de fin d’année dans la capitale. Le quotidien rappelle que la mise en scène de Joe Rammia propose une lecture contemporaine d’un texte de Saadallah Wannous, avec un travail sur le duo formé par le personnage principal et le conteur.
En parallèle, le même journal signale la tenue du Festival national du théâtre professionnel à Alger du 20 au 30 du mois, avec une programmation de pièces algériennes et la volonté annoncée de soutenir les artistes de la scène.
Al Quds donne des détails pratiques sur l’exposition «241» à Doha, ouverte chaque jour de 16 heures à 22 heures jusqu’au 18 du mois, et insiste sur l’intérêt croissant qu’elle suscite auprès d’un public varié, perçue comme une expérience artistique et solidaire autour de la mémoire des enfants de Gaza.
Enfin, toujours selon Al Quds, le programme télévisé «Yalla Ndabbek» a déjà fait l’objet d’une rediffusion de sa première émission le mardi soir, signe que la chaîne souhaite capitaliser sur l’accueil du public. Le quotidien indique que le vote du public sera déterminant au fil des épisodes pour désigner la troupe de dabke victorieuse et prolonger, sur plusieurs semaines, cette mise en avant du patrimoine dans le paysage audiovisuel libanais.
Sport: basket libanais, Coupe arabe et actualité internationale
Basket: première victoire du club Al Hikma dans la ligue Wasl
Ad Diyar du 12 décembre 2025 consacre sa page sportive au basket et met en avant la première victoire du club Al Hikma dans la ligue régionale Wasl. Le quotidien indique que l’équipe libanaise a battu le club syrien Al Wahda sur le score de 75 à 69, sur le terrain du club de Ghazir, dans le cadre de la phase de groupes de la compétition. L’article souligne que ce succès est présenté comme le premier de la formation libanaise dans ce tournoi, ce qui lui permet de se relancer après un début de campagne plus hésitant.
Selon le compte rendu d’Ad Diyar, la rencontre a débuté par une première période à l’avantage du club syrien. Al Wahda a bouclé le premier quart-temps en tête, 18 à 14, profitant d’un meilleur départ offensif et d’un tempo maîtrisé. Le journal explique ensuite qu’Al Hikma a progressivement retrouvé son équilibre et a renversé le cours du match grâce à deux quarts-temps centraux plus solides, en défense comme en attaque.
Le deuxième quart-temps a vu le club libanais marquer 16 points contre 11 pour Al Wahda, réduisant l’écart et reprenant confiance dans la circulation du ballon et l’adresse extérieure. Ad Diyar précise que la bascule se produit surtout lors du troisième quart-temps, décrit comme «fort» pour Al Hikma, durant lequel l’équipe libanaise inscrit 29 points, contre 18 pour la formation syrienne. Ce passage clé permet au club de Beyrouth de prendre un avantage jugé confortable à l’approche du quatrième quart-temps.
Le quotidien rapporte que l’écart maximal en faveur d’Al Hikma a atteint 13 points, tandis que le plus grand avantage pour Al Wahda n’a pas dépassé 8 points. Ad Diyar insiste aussi sur une séquence de 10 points consécutifs marqués par les Libanais, présentée comme la plus longue série de la rencontre, contre une série maximale de 8 points pour le club syrien. Ces détails sont utilisés pour montrer la capacité de l’équipe libanaise à imposer des temps forts prolongés dans le match.
Dans le dernier quart-temps, la dynamique se rééquilibre. Al Wahda parvient à marquer 22 points, contre 18 pour Al Hikma, ce qui réduit l’écart mais ne suffit pas à remettre en cause le résultat final. Ad Diyar insiste sur le fait que le club libanais a conservé son avance jusqu’aux dernières secondes grâce à une stabilité offensive et défensive dans les moments critiques. Le quotidien décrit une fin de match tendue, marquée par les efforts répétés des Syriens pour revenir au score.
L’article met aussi en évidence les performances individuelles. Dans les rangs d’Al Hikma, le joueur Paris Nicholas Bass est présenté comme l’homme du match. Il termine la rencontre avec 23 points, après une prestation décrite comme «remarquable», ce qui en fait le meilleur marqueur de la soirée côté libanais. En face, le joueur James Justice Junior porte Al Wahda avec 19 points, mais ses efforts ne permettent pas de combler le retard pris au troisième quart-temps.
Ad Diyar souligne enfin que ce résultat confirme la capacité des clubs libanais à rester compétitifs sur la scène régionale, malgré un contexte économique et sportif difficile dans le pays. Le match Al Hikma – Al Wahda, disputé à Ghazir, est ainsi présenté comme un exemple de résilience du basket libanais dans une compétition qui rassemble plusieurs clubs du Moyen-Orient et d’Asie.
Coupe arabe de football 2025: Maroc, Syrie, Algérie, Émirats, Jordanie et Irak
Les pages sportives d’Al Quds du 12 décembre 2025 mettent l’accent sur la Coupe arabe de football 2025 disputée au Qatar. Le journal consacre un article à la victoire du Maroc face à la Syrie en quart de finale, sur le score de 1 à 0, au stade Khalifa de Rayyan. Al Quds précise que le Maroc participe au tournoi avec une équipe en grande partie composée de joueurs remplaçants par rapport à la sélection A, mais parvient néanmoins à atteindre le dernier carré pour la troisième fois en cinq participations.
Selon le compte rendu, l’unique but de la rencontre est marqué par Walid Azaro, entré en jeu à la 24e minute à la place de Tarik Tissoudali, blessé. Il inscrit le but décisif à la 79e minute. Le quotidien rappelle que le Maroc, qui se prépare à accueillir la prochaine Coupe d’Afrique des nations, vise un deuxième titre après son sacre de 1992 en Arabie saoudite, à l’époque sous la direction d’Éric Gerets.
Al Quds rapporte les propos de l’entraîneur marocain Tarik Sektioui, qui décrit le match comme difficile, face à une équipe syrienne très disciplinée et combative. Il explique que la clé du match a été la capacité de son équipe à garder le ballon, à gérer le tempo et à faire preuve de patience dans la finition. Du côté syrien, le sélectionneur José Lana souligne la qualité de la rencontre et félicite ses joueurs pour leur parcours, qualifié de «fierté» pour le football syrien, après une phase de groupes réussie.
Al Quds rappelle que la Syrie avait atteint les quarts de finale en terminant devant la Tunisie et le Qatar, pays hôte, dans son groupe, aux côtés de la Palestine. Le journal note que cette élimination met fin à une série positive et que la Syrie échoue à retrouver un dernier carré qu’elle n’avait plus atteint depuis 1992, année où elle avait terminé quatrième.
Parallèlement, Al 3arabi Al Jadid du 12 décembre 2025 se penche sur les deux autres quarts de finale programmés pour la journée: Algérie – Émirats arabes unis et Jordanie – Irak. Le quotidien rappelle que l’Algérie, tenante du titre, affronte une équipe émiratie qui a souffert en phase de groupes mais reste en course grâce à une victoire unique obtenue lors des matchs précédents. L’article souligne que les Algériens viennent de battre l’Irak après un large succès contre Bahreïn, après un nul initial face au Soudan.
Le même journal cite l’entraîneur algérien Majed Bougherra. Il reconnaît que son équipe n’a pas bien négocié son premier match, mais se dit satisfait de la réaction des joueurs lors des deux rencontres suivantes. Il insiste sur le fait que la rencontre face aux Émirats représente une nouvelle étape à franchir pour défendre le titre et rester en course jusqu’à la finale prévue le 18 décembre.
Dans l’autre quart de finale, la Jordanie affronte l’Irak. Al 3arabi Al Jadid rapporte les déclarations du sélectionneur jordanien, qui décrit l’adversaire comme une équipe organisée, portée vers l’attaque et dotée de joueurs de qualité sur toutes les lignes. L’entraîneur explique que la Jordanie veut prolonger sa série victorieuse dans ce tournoi et confirmer la dynamique positive observée ces derniers mois, notamment après une qualification à la Coupe du monde 2026.
Le même article cite le sélectionneur de l’Irak, Graham Arnold, qui qualifie le match contre la Jordanie de difficile et insiste sur le fait qu’il s’agit d’un test important avant les barrages mondiaux de qualification pour la Coupe du monde. Il déclare être satisfait de la performance de ses joueurs en phase de groupes, malgré une défaite contre l’Algérie, et explique que le staff a mis l’accent sur la récupération physique et la préparation tactique avant ce quart de finale.
Football européen: Ligue des champions, mercato et dossiers individuels
Ad Diyar du 12 décembre 2025 consacre une partie de sa page sportive aux «brèves» de football international. Le quotidien s’intéresse d’abord à la Ligue des champions et revient sur le match entre Manchester City et le Real Madrid, remporté 2 à 1 par le club anglais. L’article met en avant le retour au but de Rodrygo avec le Real Madrid, après une période de neuf mois sans marquer en compétition officielle sous le maillot madrilène. Le journal rappelle que son dernier but datait d’une autre affiche de Ligue des champions, contre l’Atlético Madrid, et que ce but intervint déjà dans un derby.
Ad Diyar mentionne ensuite la situation du gardien français Mike Maignan avec le Milan AC. Le journal explique que le club lombard est proche d’un accord pour prolonger le contrat du portier, après des négociations jugées positives. L’article précise que Maignan ne s’est pas montré particulièrement exigeant sur le plan financier, ce qui a facilité le dialogue, et rappelle que Milan avait identifié Alisson Becker, gardien de Liverpool, comme un possible remplaçant en cas de départ du Français.
Le quotidien revient également sur la contre-performance du Paris Saint-Germain, tenu en échec 0 à 0 sur le terrain de l’Athletic Bilbao, dans la même compétition européenne. Il note que ce résultat intervient peu de temps après un large succès parisien face à Tottenham au Parc des Princes, ce qui accentue l’impression d’irrégularité du club français sur la scène européenne.
Dans une autre brève, Ad Diyar évoque la situation de Mohamed Salah à Liverpool. Le journal affirme que l’attaquant égyptien se rapproche d’un départ, en raison de déclarations publiques dans lesquelles il critique l’entraîneur Arne Slot et estime que le club l’a «laissé tomber». Le même papier rappelle que des clubs saoudiens, notamment Al Hilal et Al Ittihad, avaient déjà tenté de recruter le joueur par le passé, et que l’intérêt de la Saudi Pro League reste fort.
Ad Diyar relate aussi les propos d’Omar Maghrabel, directeur exécutif de la ligue saoudienne, qui se dit ouvert à l’arrivée de Salah en Arabie Saoudite, tout en soulignant que la décision finale repose sur les clubs. Le quotidien ajoute enfin une note sur la performance de Noni Madueke avec Arsenal, auteur de deux buts contre le Club Bruges, après une période de relative discrétion depuis son transfert en provenance de Chelsea.
Gouvernance du sport, dopage et «sport propre»
Al 3arabi Al Jadid du 12 décembre 2025 publie un article de fond sur la lutte contre le dopage dans les sports aquatiques et sur un nouveau dispositif réglementaire présenté comme une étape vers un «sport propre». Le journal décrit un texte baptisé «Pour un sport propre» qui encadre les compétitions parallèles dites «jeux des dopés», où certains athlètes cherchent à contourner les règles habituelles. Le texte souligne que ce dispositif ne s’adresse pas seulement aux nageurs, mais aussi aux entraîneurs, aux médecins, aux dirigeants et aux représentants des gouvernements.
Al 3arabi Al Jadid cite le président koweïtien de World Aquatics, Husain Al Musallam, qui affirme que ceux qui promeuvent l’usage de produits dopants n’ont plus leur place dans les compétitions reconnues. Il insiste sur le fait que les nouvelles règles visent à protéger l’intégrité des athlètes propres et à préserver l’équité des compétitions. L’article présente cette prise de position comme un signal fort dans un contexte marqué par l’organisation d’événements concurrents qui revendiquent un rapport différent au dopage.
Le même journal décrit la tenue à Doha d’une compétition surnommée «jeux des dopés», qui attire certains athlètes et sponsors en jouant sur la zone grise entre exhibition et compétition. Al 3arabi Al Jadid explique que ce type d’événement suscite une controverse croissante, en mettant en scène des performances non soumises aux contrôles classiques, tout en s’appuyant sur un discours de liberté individuelle. Le nouvel arsenal réglementaire est présenté comme une réponse à ce glissement.
Tennis et organisation des grands tournois
Dans un autre registre, Al 3arabi Al Jadid signale qu’à partir de 2026, l’Open de Madrid de tennis sera dirigé par un duo composé de Feliciano Lopez et de Garbine Muguruza. Le journal indique que la joueuse espagnole, ancienne numéro un mondiale et lauréate de Roland-Garros et de Wimbledon, a officiellement pris sa retraite en 2024 et se voit confier un rôle de codirection du tournoi.
Selon les propos rapportés par Al 3arabi Al Jadid, Garbine Muguruza se dit enthousiaste à l’idée de participer à un projet qui continue à évoluer et à introduire des changements importants dans le tennis. Elle insiste sur son attachement à l’égalité entre hommes et femmes, y compris dans les rôles de décision au sein des structures sportives. Le journal présente cette nomination comme un exemple de reconversion d’une ancienne championne vers des responsabilités de gestion au sommet d’un tournoi majeur du circuit.
L’article rappelle aussi que ce type d’évolution intervient dans un contexte où les tournois cherchent à moderniser leur image, à renforcer l’attractivité auprès du public et à intégrer davantage d’anciennes joueuses et d’anciens joueurs dans les organes de direction.
Technologie: cybersécurité libanaise, intelligence artificielle et nouvelles formes de surveillance
Cybersécurité au Liban et vulnérabilité du «front numérique»
Ad Diyar du 12 décembre 2025 consacre un long article à la sécurité numérique au Liban, en décrivant le pays comme une «scène cybernétique ouverte» où les tentatives d’intrusion se multiplient. Le journal explique que l’extension rapide de l’usage d’internet et des applications en ligne a transformé le cyberespace en un lieu où se mesure désormais la capacité de l’État à protéger sa souveraineté et la vie privée des citoyens.
Selon Ad Diyar, cette fragilité tient à plusieurs facteurs combinés. Les infrastructures numériques sont jugées insuffisantes, les mécanismes de protection dispersés et les institutions publiques peinent à suivre le rythme d’évolution des menaces. Dans un tel contexte, la moindre faille technique peut se transformer en porte d’entrée pour des acteurs extérieurs qui cherchent à accéder à des données sensibles ou à cartographier les habitudes d’usage de la population.
Le journal rappelle que la Direction générale de la Sûreté générale a mis en garde récemment contre la plateforme Clean Nano, en demandant aux citoyens de ne pas utiliser ce service ni ses déclinaisons, au motif qu’il serait lié à l’entité israélienne. Ad Diyar insiste sur le fait que cette alerte illustre une nouvelle forme de menace: des applications apparemment banales, proposées comme outils de nettoyage ou d’optimisation, peuvent servir à collecter des informations personnelles ou à tester la vulnérabilité de terminaux.
Dans la même analyse, le quotidien signale le rôle d’entreprises technologiques étrangères présentant des services de sécurité, de cloud ou d’intermédiation logistique, dont certaines ont été identifiées comme partenaires logistiques de forces militaires dans la guerre de Gaza. Ad Diyar souligne que cette imbrication entre acteurs privés et agendas militaires complique l’évaluation des risques pour un pays comme le Liban, dépendant d’outils importés pour la gestion de ses données.
Le journal énumère plusieurs leviers jugés indispensables pour renforcer la défense de l’espace numérique. Il évoque d’abord l’application effective de la loi libanaise sur la protection des données personnelles et la création d’une autorité indépendante chargée de la faire respecter. Il recommande ensuite l’adoption d’une stratégie nationale de cybersécurité, comprenant la formation obligatoire des administrations, la création d’un centre national de réponse aux incidents (type CERT) et le renforcement des capacités techniques de l’État pour détecter et contrer les attaques. Ad Diyar insiste enfin sur la nécessité de campagnes de sensibilisation du grand public et de contrôle rigoureux des plateformes et applications ciblant le marché libanais.
Modernisation numérique de l’administration et dépendance aux grandes plateformes
Dans un autre article publié le même jour, Ad Diyar revient sur la signature par le ministre d’État chargé de la technologie et de l’intelligence artificielle, Kamel Chahada, d’un mémorandum d’entente avec le groupe Oracle. Cet accord prévoit la formation de cinquante mille fonctionnaires libanais sur cinq ans, dans différents domaines liés à la transformation numérique de l’administration, à travers un programme présenté comme une contribution gratuite de l’entreprise américaine.
Le journal explique que ce partenariat est présenté par le gouvernement comme une opportunité pour moderniser la fonction publique et réduire le retard accumulé dans la numérisation des services. Les formations doivent porter sur la gestion des bases de données, l’utilisation de solutions cloud et la sécurisation des échanges au sein des ministères et établissements publics.
Ad Diyar relève toutefois que certains experts interrogés s’inquiètent de la dépendance technologique que peut créer ce type d’accord. Le recours massif à une seule plateforme privée pour structurer des pans entiers de l’administration pose la question du contrôle effectif des données hébergées et de la capacité de l’État à changer de fournisseur si les conditions d’usage ou le contexte politique évoluent. Le journal souligne que ces interrogations s’ajoutent aux débats plus larges sur la souveraineté numérique et sur la nécessité de développer des compétences locales capables d’auditer et de superviser les systèmes fournis par de grands groupes internationaux.
Intelligence artificielle: changement de cap chez Meta et nouveaux usages de Google
Al 3arabi Al Jadid du 12 décembre 2025 consacre une partie de sa rubrique «sciences et technologies» aux choix récents de grandes entreprises du numérique. Le quotidien explique que Meta, dirigée par Mark Zuckerberg, se prépare à un «plus grand tournant» de son histoire récente en matière d’intelligence artificielle. Selon des informations rapportées par l’agence Bloomberg, l’entreprise développe un nouveau modèle d’IA à code fermé, connu sous le nom de code Avocado, dont la présentation est attendue au printemps prochain.
Le journal rappelle que Meta a investi ces dernières années dans des modèles ouverts et dans des chatbots accessibles à un large public. Le basculement vers un modèle plus fermé est interprété comme un signe de la volonté de la société de garder un avantage compétitif dans certains usages avancés de l’IA, notamment pour les services professionnels, la publicité ciblée ou l’intégration approfondie dans ses propres plateformes. Al 3arabi Al Jadid note que cette évolution intervient dans un contexte de concurrence intense avec d’autres acteurs, en particulier dans le domaine des assistants conversationnels et des outils de génération de contenus.
Le même article décrit une nouvelle fonctionnalité annoncée par Google pour les smartphones Android: un service baptisé Video Live Emergency, qui permet aux utilisateurs appelant un numéro d’urgence de transmettre un flux vidéo en direct depuis la caméra de leur téléphone aux équipes de secours.
Al 3arabi Al Jadid souligne que cette fonction peut, par exemple, aider les services d’urgence à évaluer la gravité d’un accident de la route, d’un incendie domestique ou d’une situation de violence, avant même l’arrivée sur place des équipes. Les opérateurs peuvent ainsi observer la scène, donner des instructions plus précises à l’appelant et décider plus rapidement des moyens à déployer. Le journal mentionne aussi les questions que cette innovation soulève en matière de protection des données et de droit à l’image, puisqu’un flux vidéo transmis à un service public doit être stocké, sécurisé et éventuellement utilisé ensuite comme pièce dans des dossiers judiciaires.
Reconnaissance faciale et expérimentation de la «surveillance intelligente» à Londres
Dans un reportage publié le même jour, Al 3arabi Al Jadid se rend dans un quartier commerçant de Londres pour décrire une expérimentation de la police britannique en matière de surveillance intelligente. Le journal raconte qu’un petit camion rouge portant le logo de la police a été stationné à un carrefour de la zone de Sutton, au sud de la capitale. Sur le toit du véhicule, plusieurs caméras motorisées filment en continu, tandis qu’une pancarte indique clairement aux passants que la reconnaissance faciale en temps réel est en cours.
Le reportage décrit la réaction contrastée des habitants et des personnes de passage. Certains se disent rassurés par la présence visible de la police et par l’idée que les technologies modernes peuvent aider à retrouver plus vite des suspects ou des personnes recherchées. D’autres expriment au contraire une inquiétude face à ce qu’ils perçoivent comme une extension de la surveillance dans l’espace public, avec des algorithmes capables d’identifier automatiquement les visages et de les comparer à des bases de données.
Al 3arabi Al Jadid rappelle que cette technologie est testée au Royaume-Uni depuis plusieurs années et que des organisations de défense des libertés publiques ont déjà saisi les tribunaux pour contester certaines pratiques, en invoquant le respect de la vie privée et le risque de discrimination. Le journal souligne que la scène de cette rue de Londres illustre un débat global sur l’usage de l’intelligence artificielle dans le maintien de l’ordre et sur la frontière entre sécurité et liberté.
Métaux rares, chaînes d’approvisionnement et technologies de pointe
Toujours dans Al 3arabi Al Jadid du 12 décembre 2025, la rubrique économique consacre un article aux restrictions croissantes imposées par certains États sur l’exportation des terres rares. Le quotidien explique que plusieurs pays, de la Chine à la Malaisie et à l’Inde, ont pris des mesures pour limiter ou encadrer les exportations de ces métaux, et que le Parlement du Vietnam vient à son tour d’annoncer un projet d’interdiction des exportations accompagné d’une augmentation des investissements dans l’extraction et le raffinage.
L’article rappelle que ces terres rares regroupent dix-sept éléments utilisés dans de nombreuses industries de haute technologie: fabrication de composants électroniques, batteries, aimants puissants pour moteurs électriques, panneaux solaires, éoliennes et équipements militaires. Al 3arabi Al Jadid souligne que la Chine domine depuis longtemps la production mondiale de ces métaux, ce qui a conduit d’autres États à chercher à diversifier leurs sources d’approvisionnement ou à développer leurs propres capacités d’extraction.
Le journal insiste sur le fait que cette nouvelle vague de restrictions renforce la dimension stratégique des chaînes d’approvisionnement technologiques. Elle peut entraîner des tensions sur les prix, des retards dans certains projets industriels et une accélération des recherches visant à trouver des matériaux de substitution. L’article note que les grands groupes du numérique et de l’électronique suivent de près ces évolutions, car la disponibilité des terres rares conditionne, par exemple, la production de smartphones, de voitures électriques et d’équipements de télécommunications.
Écosystème d’entreprises technologiques et traces dans les annonces officielles
Même les pages les plus administratives des journaux laissent apparaître la place croissante des activités technologiques au Liban. Al Liwa’ du 12 décembre 2025 publie un avis de la direction de la TVA qui appelle plusieurs contribuables à se présenter pour retirer des lettres recommandées. Parmi les sociétés mentionnées figurent, par exemple, Triton Technology SARL et Ubiq Innovations SAL, présentées dans la liste des entreprises concernées.
Cet encadré fiscal n’apporte pas de détails sur la nature exacte de leurs activités, mais il montre que des sociétés liées à la technologie figurent parmi les entreprises suivies par l’administration fiscale, aux côtés d’acteurs de secteurs plus traditionnels. Ce type de signal, discret, s’ajoute à d’autres indices publiés dans les annonces légales ou les registres du commerce, où apparaissent régulièrement des sociétés spécialisées dans les services informatiques, le développement de logiciels ou l’innovation numérique.
Ces éléments, replacés dans le contexte des articles de fond sur la cybersécurité, la formation des fonctionnaires aux outils numériques et les transformations globales de l’intelligence artificielle, dessinent un paysage où le Liban est à la fois utilisateur intensif de technologies importées, terrain de jeu pour des menaces cybernétiques et lieu d’émergence de nouveaux acteurs locaux cherchant à se faire une place dans l’économie numérique.



