Dans les dernières 24 heures, les émissaires américains Tom Barrack et Morgan Ortagus ont entamé une série de rencontres à Beyrouth, après des discussions la veille avec les autorités israéliennes, dans le cadre d’une médiation visant à réduire les tensions entre le Liban et Israël. Selon le portail d’information Axios, les deux diplomates ont insisté sur la nécessité de créer une dynamique positive pour stabiliser la région, alors que la guerre à Gaza et les négociations avec la Syrie compliquent le contexte.
Leur mission s’articule autour du désarmement du Hezbollah au Liban et d’une réduction des opérations militaires israéliennes, avec l’objectif à long terme d’une normalisation entre les deux pays. Ces efforts s’inscrivent dans une stratégie plus large de l’administration Trump, qui pousse simultanément pour de nouveaux arrangements sécuritaires entre Israël, le Liban et la Syrie.
Les officiels américains ont indiqué que, dans le contexte de la guerre en cours à Gaza, Israël a intérêt à apaiser ses frontières avec la Syrie et le Liban pour atteindre de nouveaux accords avec ces pays. Avant leur arrivée à Beyrouth lundi, Netanyahu a publié un communiqué louant la décision du gouvernement libanais de désarmer le Hezbollah d’ici la fin de l’année comme une décision capitale. Ortagus a salué la déclaration de Netanyahu sur la disponibilité d’Israël à réduire progressivement sa présence militaire dans le sud du Liban en échange de mesures libanaises pour désarmer le Hezbollah.
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Rencontres à Jérusalem : des engagements conditionnels
Dimanche, Tom Barrack, ambassadeur américain en Turquie et envoyé spécial pour la Syrie, accompagné de Morgan Ortagus, envoyée spéciale adjointe pour le Moyen-Orient, a rencontré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le ministre des Affaires stratégiques Ron Dermer, ainsi que les ministres de la Défense et des Affaires étrangères. Selon Axios, les discussions ont porté sur la demande de l’administration Trump qu’Israël modère ses frappes au Liban et sur les négociations avec la Syrie. Les responsables israéliens ont exprimé une volonté de prendre certaines des mesures demandées par les États-Unis, mais ont souligné que les progrès dépendraient de la capacité de l’armée libanaise à maîtriser le Hezbollah. Les États-Unis ont demandé au gouvernement israélien de répondre à la décision du gouvernement libanais de désarmer le Hezbollah en réduisant ses frappes au Liban et en entamant un retrait progressif des forces israéliennes de cinq collines encore occupées dans le sud du Liban. La mission de Barrack au Liban vise à renforcer le gouvernement du Premier ministre Nawaf Salam, à le pousser vers le désarmement du Hezbollah et à poser les bases d’une future normalisation avec Israël.
Pressions pour désarmer le Hezbollah
La pression américaine se concentre sur le désarmement du Hezbollah, organisation soutenue par l’Iran et considérée comme une menace par Israël. La décision récente du gouvernement libanais de désarmer le groupe d’ici fin 2025 a été saluée par Netanyahu comme une avancée significative. Barrack et Ortagus, accompagnés du sénateur Lindsey Graham, ont rencontré à Beyrouth le président Joseph Aoun, le Premier ministre Salam et le président du Parlement Nabih Berri. Ces discussions ont mis en exergue les défis internes au Liban, où le Hezbollah conserve une influence politique malgré sa défaite militaire en novembre 2024 après 14 mois de conflit. Le plan de désarmement, qui doit être détaillé prochainement, nécessite un consensus politique dans un pays divisé par des lignes sectaires et une crise économique persistante depuis 2019. Les États-Unis ont promis un soutien pour renforcer l’armée libanaise, mais conditionné à des progrès concrets.
Concessions israéliennes sous conditions
En contrepartie, Israël s’est dit prêt à soutenir les efforts libanais pour désarmer le Hezbollah et à procéder à un retrait progressif de ses troupes si le Liban respecte ses engagements. Dans un communiqué publié lundi, Netanyahu a déclaré : Israël est prêt à soutenir le Liban dans ses efforts pour désarmer le Hezbollah et à travailler ensemble vers un avenir plus sûr et stable pour les deux nations. Israël reconnaît l’étape significative prise par le gouvernement libanais. Il est temps pour Israël et le Liban d’avancer dans un esprit de coopération, en se concentrant sur l’objectif partagé de désarmer le Hezbollah et de promouvoir la stabilité et la prospérité des deux nations. Ce retrait concernerait les cinq collines occupées dans le sud du Liban, mais reste conditionné à l’efficacité de l’armée libanaise contre le Hezbollah.Le rôle controversé de Morgan Ortagus
Morgan Ortagus, revenue sur la scène diplomatique sous Trump, est connue pour sa fermeté envers le Hezbollah, qu’elle a déclaré militairement vaincu en février 2025. Sa présence à Beyrouth a suscité des critiques, notamment de Nabih Berri, et des manifestations du Hezbollah lors de visites précédentes. Elle a loué la déclaration de Netanyahu avant son arrivée, soulignant la disponibilité d’Israël à réduire sa présence militaire en échange du désarmement. À Beyrouth, elle a participé aux réunions mais laissé Barrack mener les échanges publics, sa présence servant de rappel à la ligne dure américaine.
Défis politiques à Beyrouth
Les rencontres de lundi ont révélé des tensions : Aoun a insisté sur la nécessité de rassurer la communauté chiite pour éviter une crise, tandis que Berri a exigé des garanties sur un cessez-le-feu et un retrait israélien total. Barrack a promis un soutien à l’armée libanaise et averti que le Hezbollah manquerait une opportunité en s’opposant au processus. La décision de désarmement reste fragile, avec le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, menaçant de troubles civils si elle est imposée sans consensus.
Réponses du Hezbollah : une fermeté calculée
Le Hezbollah a réagi avec prudence aux efforts américains, rejetant tout désarmement unilatéral. Naim Qassem a déclaré que le groupe ne déposerait pas les armes sans garanties contre les agressions israéliennes, qualifiant la médiation américaine de biaisée. Malgré sa défaite militaire, le Hezbollah maintient son arsenal comme défense nationale et a menacé de perturber le processus si ses préoccupations ne sont pas prises en compte. Des sources internes indiquent que le groupe pèse les risques d’une opposition frontale, craignant une érosion de son soutien populaire dans un Liban épuisé par la crise économique. Qassem a accusé Israël de violations continues et exigé un retrait complet avant tout dialogue sur le désarmement, tout en coordonnant avec l’Iran pour calibrer ses réponses.
Enjeux régionaux et reconstruction
La médiation inclut la Syrie, avec Barrack et Ortagus prévoyant une visite à Damas pour rencontrer Ahmed al-Sharaa. Une réunion trilatérale récente avec Dermer et le ministre syrien des Affaires étrangères marque une avancée. La reconstruction du sud du Liban, estimée à 11,1 milliards de dollars par la Banque mondiale, dépend d’une aide internationale conditionnée au désarmement. Les États du Golfe refusent d’investir si le Hezbollah reste armé.Une diplomatie à double tranchant
La stratégie américaine mélange pression et incitations, avec Graham soulignant une aide économique substantielle si le désarmement avance. Cependant, les résistances libanaises et exigences israéliennes rendent l’issue incertaine.



