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À la une: négociations de Washington et équilibre régional autour du cessez-le-feu

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Le dossier libanais se concentre, ce 8 mai 2026, sur une même question. Le prochain rendez-vous de Washington peut-il fixer un cadre réel au cessez-le-feu avec Israël, ou restera-t-il une étape de plus dans une suite de contacts sans effet sur le terrain. Al Joumhouria, le 8 mai 2026, place cette attente au centre de sa Une. Le journal écrit que le Liban attend une réponse américaine, après avoir demandé à Washington de faire pression sur Israël afin que les tirs cessent avant la reprise des discussions. Le même quotidien indique que Beyrouth ne veut pas se rendre à une réunion tenue sous le feu. Ce point donne le ton. La priorité libanaise n’est pas encore un accord politique large. Elle tient d’abord à l’arrêt des frappes, à la réduction des risques et à la remise du dossier dans un cadre contrôlé. Al Liwaa, le 8 mai 2026, fixe de son côté le calendrier. Les discussions libano-israéliennes sont attendues à Washington les 14 et 15 mai. Le quotidien précise que l’ancien ambassadeur Simon Karam doit conduire la délégation libanaise. Il ajoute que les deux titres centraux du mandat libanais sont la consolidation du cessez-le-feu et le retour sûr des habitants du Sud dans leurs villages. Cette lecture rejoint celle de Annahar, le 8 mai 2026, qui évoque des directives données par Joseph Aoun à Simon Karam. Le journal parle d’une approche libanaise en cinq points. Elle commencerait par un arrangement de sécurité et pourrait, à terme, toucher à un accord plus large. Mais le cœur immédiat demeure le terrain. Les villages détruits, les personnes déplacées, les incursions, les drones et les bombardements dictent encore le rythme du dossier.      

Une négociation sous pression militaire

La relance de Washington ne se présente donc pas comme un dialogue calme. Elle arrive après des frappes israéliennes qui ont pesé sur l’ambiance politique. Asharq Al Awsat, le 8 mai 2026, souligne que la frappe israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth a brouillé les cartes de l’accord de cessez-le-feu. Le journal y voit un moment sensible, car la crainte d’une réponse du Hezbollah pourrait rouvrir la voie à une escalade. Al Joumhouria, le 8 mai 2026, donne une lecture proche. Il estime que l’attaque contre la banlieue sud dépasse le seul cadre sécuritaire. Elle prend un sens politique, car elle tombe à un moment où la région hésite entre une sortie négociée et un retour à la guerre ouverte. Le journal décrit aussi une tentative israélienne de séparer le dossier libanais du dossier iranien, alors que Téhéran cherche à lier les fronts dans toute éventuelle entente avec Washington. Dans cette logique, Israël voudrait conserver une marge de manœuvre militaire au Liban. De son côté, le Liban cherche des garanties. Al Sharq, le 8 mai 2026, rapporte que Nabih Berri considère que tout accord avec Israël a besoin de garanties, car Israël ne respecte pas ses engagements. Le même journal attribue à Nawaf Salam une formule nette. Le Liban veut la paix, mais pas la normalisation. Cette nuance marque la limite politique du moment. Elle permet au gouvernement de défendre une voie de désescalade sans donner le signal d’un basculement diplomatique complet. Ainsi, la négociation apparaît comme un exercice étroit. Elle doit calmer le front, sans provoquer une crise interne. Elle doit parler à Washington, sans donner à Israël un blanc-seing. Elle doit aussi tenir compte du poids du Hezbollah, sans abandonner l’autorité de l’État.      

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Le dossier préparé par Beyrouth est aussi discuté. Al Akhbar, le 8 mai 2026, affirme que le départ vers Washington s’effectue avec des consignes, mais avec une préparation contestée. Le journal écrit que des responsables du palais présidentiel assurent que des dossiers préparés par l’armée libanaise ont été envoyés à l’ambassade du Liban à Washington. Pourtant, il rapporte aussi des fuites sur les deux réunions précédentes, où la délégation libanaise n’aurait pas fourni de documents complets sur les violations israéliennes du cessez-le-feu. Le même texte évoque un manque de données sur les destructions et les travaux de terrassement menés par les forces israéliennes dans les zones occupées. Cette critique vise le sérieux technique du dossier. Elle montre que le débat ne porte pas seulement sur les positions politiques. Il porte aussi sur la capacité de l’État à documenter les faits, à fixer une liste de demandes et à transformer les pertes subies dans le Sud en éléments de négociation. Si le Liban veut obtenir des garanties, il doit présenter des preuves, des cartes, des chiffres et des cas précis. Cette dimension administrative devient un enjeu stratégique. Sans dossier solide, le récit libanais risque d’être traité comme une plainte générale. Avec un dossier précis, il peut devenir une demande suivie, mesurable et difficile à écarter.  

L’ombre de l’accord entre Washington et Téhéran

Le dossier libanais ne se joue pas seulement entre Beyrouth, Washington et Israël. Il dépend aussi du canal ouvert entre les États-Unis et l’Iran. Al Joumhouria, le 8 mai 2026, écrit que le processus mené à Islamabad peut se refléter directement sur la situation libanaise. Le journal appelle à surveiller ce qui se passe entre Américains et Iraniens par l’intermédiaire pakistanais. Il ajoute que le Liban pourrait ne pas être nommé dans un accord de cadre ou une note courte, mais qu’il serait présent entre les lignes. Al Bina, le 8 mai 2026, va plus loin. Il affirme que l’obstacle principal tient à l’insistance iranienne pour inclure le front libanais dans toute fin de guerre. Cette lecture donne au Liban une place à la fois centrale et indirecte. Centrale, car le Sud et le Hezbollah restent dans le calcul régional. Indirecte, car les termes majeurs pourraient être fixés ailleurs. Al Araby Al Jadid, le 7 mai 2026, cite le chef du gouvernement qatari et ministre des affaires étrangères, qui estime qu’une solution diplomatique entre Washington et Téhéran reste très possible. Il dit que la priorité est de laisser une place à la diplomatie et de rouvrir le détroit d’Hormuz. Cette donnée explique l’attention portée par les journaux libanais au Golfe. Une détente autour d’Hormuz pourrait produire une détente au Liban. À l’inverse, un échec à Islamabad pourrait durcir les positions israéliennes et américaines.      

Ad Diyar, le 8 mai 2026, résume ce climat par l’idée d’un front américain contre l’Iran moins brûlant et presque refroidi. Le journal évoque des discussions avancées autour d’une note de compréhension en quatorze points, sans accord formel annoncé. Mais il rappelle aussi la pression exercée par Donald Trump, qui demande une réponse claire et rapide de Téhéran. Annahar, le 8 mai 2026, mesure les effets économiques de cette guerre régionale. Le journal évoque environ mille cinq cents navires bloqués dans le Golfe et indique que soixante-trois pour cent des Américains rendent Donald Trump responsable de la hausse des prix du carburant. Cette donnée est importante pour comprendre la marge américaine. La Maison Blanche ne gère pas seulement un rapport de force militaire. Elle gère aussi un coût économique et intérieur. Plus la crise dure, plus le pétrole, les routes maritimes et l’opinion pèsent sur la décision. Le Liban se trouve donc au croisement de plusieurs urgences. Pour Washington, il est une partie du dossier régional. Pour Israël, il reste un front à contenir. Pour l’Iran, il est une carte à protéger. Pour Beyrouth, il est un territoire à stabiliser et un État à remettre au centre du jeu.    

Le pari fragile de l’État libanais

Dans ce contexte, la position de Joseph Aoun et de Nawaf Salam cherche un équilibre. Al Akhbar, le 8 mai 2026, note que le président a ajusté son ton sur la question des armes et considère que ce dossier a besoin de temps. Le journal mentionne aussi ses remerciements pour tout appui iranien. Cette évolution contraste avec les attentes d’une partie des acteurs étrangers, qui veulent pousser vite vers le dossier des armes du Hezbollah. Elle montre que le pouvoir libanais tente d’éviter une collision interne au moment où le front sud reste instable. Annahar, le 8 mai 2026, écrit que Nabih Berri et le Hezbollah misent sur les discussions d’Islamabad pour intégrer le Sud-Liban dans leurs effets. Cette attente renforce l’idée d’une synchronisation entre les scènes. Le Liban officiel prépare Washington, tandis que les acteurs de la résistance regardent Islamabad. Entre les deux, le gouvernement doit maintenir une ligne commune. Le risque est clair. Une partie de la scène politique peut juger que l’État cède trop. Une autre peut juger qu’il n’avance pas assez sur les armes. Une troisième peut craindre que le sort du Sud soit négocié sans lui. Il faut donc tenir ensemble trois exigences. Le cessez-le-feu doit être réel. Le retour des habitants doit être sûr. La décision nationale ne doit pas être absorbée par les agendas extérieurs.    

La visite annoncée de Nawaf Salam à Damas ajoute une autre dimension. Al Liwaa, le 8 mai 2026, indique que le Premier ministre se rend en Syrie à la tête d’une délégation ministérielle. Le journal relie cette visite aux domaines de coopération, mais aussi aux efforts menés avec des pays proches pour stabiliser le cessez-le-feu et empêcher Israël de poursuivre ses attaques et la destruction de villages. Ce déplacement montre que le Liban tente d’ouvrir ses marges au moment où son dossier sud passe par Washington. Il cherche à parler aux voisins, à l’Amérique et aux médiateurs, tout en évitant que le front ne reparte. La Une du jour n’est donc pas une seule nouvelle. C’est un nœud. Il réunit le calendrier de Washington, la frappe de la banlieue sud, les pourparlers de Islamabad, le rôle de Téhéran, les garanties américaines et le retour des habitants du Sud. Les journaux divergent sur le ton, mais convergent sur un constat. La semaine qui s’ouvre peut définir la suite du cessez-le-feu. Elle peut aussi révéler si l’État libanais dispose des outils, des preuves et de l’unité nécessaires pour transformer l’urgence militaire en cadre politique défendable.  

Politique locale: l’État libanais entre négociation, cohésion interne et pression du dossier des armes

Le pouvoir tente de fixer une ligne commune

Al Liwaa, le 8 mai 2026, présente la scène politique locale comme une course entre deux urgences. La première porte sur le maintien du cessez-le-feu au Sud. La seconde concerne la capacité du pouvoir à rester uni avant les réunions prévues à Washington les 14 et 15 mai. Le quotidien indique que la délégation libanaise sera conduite par l’ancien ambassadeur Simon Karam. Il précise aussi que les consignes données au camp libanais placent au premier rang la consolidation du cessez-le-feu et le retour sûr des habitants du Sud dans leurs villages. Ce cadrage révèle une volonté nette. Le pouvoir ne veut pas que la réunion soit lue comme un saut politique vers un accord large. Il veut d’abord la présenter comme une étape de sécurité. Cette prudence s’explique par l’état du pays. Les villages frontaliers restent marqués par la destruction. Les déplacés attendent des garanties. Les forces politiques surveillent chaque mot utilisé dans le dossier israélien. Ainsi, le débat local ne se limite pas à la diplomatie. Il touche à la légitimité du président Joseph Aoun, du gouvernement de Nawaf Salam et de l’armée. Il touche aussi au rôle de Nabih Berri, qui garde un poids décisif dans le suivi du dossier frontalier. Le cœur du message officiel est simple. Le Liban veut un arrêt réel des attaques. Il veut récupérer ses territoires occupés. Il veut empêcher que la négociation se transforme en crise politique interne. Mais cette ligne reste difficile à défendre. Al Akhbar, le 8 mai 2026, affirme que le départ vers Washington se fait avec des directives, mais sans dossier jugé assez solide par certains acteurs. Le journal rapporte que des responsables du palais présidentiel disent avoir transmis à l’ambassade libanaise à Washington des dossiers préparés par l’armée. Il ajoute toutefois que des fuites sur les réunions précédentes ont soulevé des questions. Selon cette lecture, la délégation n’aurait pas présenté assez de documents sur les violations israéliennes, les destructions et les travaux menés dans les zones occupées. Cette critique a une portée politique locale directe. Elle met en cause la préparation de l’État. Elle montre que les oppositions et les alliés du pouvoir attendent des preuves, des cartes et des chiffres. Dans ce contexte, la négociation devient aussi un test administratif. Un État qui parle au nom de ses habitants doit montrer qu’il connaît le terrain. Il doit documenter les maisons touchées, les routes coupées, les terres ravagées et les positions occupées. Sans cela, la parole officielle paraît faible. Avec cela, elle peut devenir plus ferme.    

Joseph Aoun face au dossier des armes

Le dossier des armes du Hezbollah domine la politique locale, même lorsqu’il n’est pas le titre officiel des réunions. Al Akhbar, le 8 mai 2026, écrit que Joseph Aoun a modifié son ton. Le journal rapporte que le président estime désormais que le dossier des armes a besoin de temps. Il mentionne aussi une formule de remerciement pour tout appui iranien. Cette évolution est importante. Elle montre que Baabda ne veut pas ouvrir une confrontation frontale avec le Hezbollah au moment où Israël continue de frapper. Elle montre aussi que le président cherche à éviter une fracture entre l’État et une partie importante du pays. Le choix des mots compte. Dire que le dossier a besoin de temps ne signifie pas l’abandonner. Cela signifie le replacer dans un cadre plus lent. Cette méthode répond à une peur claire. Un débat brutal sur les armes, sans arrêt des attaques israéliennes, pourrait affaiblir l’État au lieu de le renforcer. Il pourrait donner à chaque camp un prétexte pour durcir sa position. Il pourrait aussi transformer la pression extérieure en affrontement intérieur. Al Akhbar, le 8 mai 2026, publie dans ses pages libanaises une critique plus dure de la ligne officielle. Le journal écrit que l’annonce de Joseph Aoun selon laquelle le moment n’est pas adapté pour rencontrer le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ne suffit pas à corriger le déséquilibre de l’approche officielle. Le même texte estime que le retour au pari sur des garanties américaines reste problématique, surtout après une attaque israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth. Dans ce point de vue, la question locale devient plus large. Faut-il compter sur Washington pour freiner Israël. Faut-il négocier pendant que les frappes se poursuivent. Faut-il traiter les armes du Hezbollah comme une question interne séparée, ou comme une partie du rapport de force avec Israël. Ces interrogations traversent les institutions. Elles traversent aussi les partis. Elles expliquent pourquoi le pouvoir avance avec prudence. Joseph Aoun doit parler à Washington sans paraître céder. Nawaf Salam doit défendre l’État sans provoquer une rupture avec les forces qui jugent la résistance encore nécessaire. Nabih Berri doit garder un canal utile avec les médiateurs tout en préservant son rôle dans l’équilibre chiite et national. Le gouvernement se trouve ainsi placé dans une zone étroite. Chaque phrase peut être utilisée par un camp contre un autre. Chaque silence peut être lu comme une faiblesse.    

Nawaf Salam ouvre la porte syrienne

La visite de Nawaf Salam à Damas occupe une place centrale dans la scène locale. Al Liwaa, le 8 mai 2026, annonce que le Premier ministre se rendra en Syrie à la tête d’une délégation ministérielle. Le journal inscrit cette visite dans un moment sensible. Le Liban veut organiser son dossier sud avec Washington. Il veut aussi rouvrir des canaux de coopération régionale. Cette double démarche révèle une volonté de ne pas dépendre d’une seule porte. Damas reste une donnée majeure pour Beyrouth. Les questions frontalières, les déplacés syriens, les échanges, la sécurité et le transit ne peuvent pas être réglés sans dialogue. La visite de Salam prend donc un sens local fort. Elle montre que le gouvernement tente d’exister au-delà du seul dossier israélien. Il cherche à traiter les dossiers concrets qui pèsent sur les ministères, les communes et les régions. Elle montre aussi que le Premier ministre veut affirmer son rôle dans la conduite de l’exécutif. Après une période marquée par les crises régionales, la relation avec la Syrie redevient un terrain d’action gouvernementale. Mais cette visite peut aussi provoquer des lectures différentes. Une partie des forces politiques y verra un acte de réalisme. Une autre y verra un risque de retour à des logiques anciennes. Le gouvernement devra donc expliquer son cadre. Il devra dire ce qui relève de la coopération pratique et ce qui ne relève pas d’un alignement. Ce point est essentiel. Le Liban a besoin de parler à Damas, mais il doit aussi éviter que la relation syrienne ne rouvre des divisions internes. Le choix d’une délégation ministérielle est un signal. Il ne s’agit pas d’un contact discret. Il s’agit d’une démarche officielle. Elle engage le gouvernement. Elle place Nawaf Salam au centre d’un équilibre complexe. Il doit rassurer les forces qui veulent une politique souveraine. Il doit aussi répondre aux besoins quotidiens du pays. Les routes, les frontières, les déplacés, les dossiers économiques et les sujets de sécurité ne se règlent pas par des slogans. Ils exigent des réunions, des notes, des suivis et des engagements. Al Liwaa, le 8 mai 2026, lie aussi ce climat à une pression américaine visant à empêcher la reprise des combats. Cela renforce l’idée d’un exécutif pris entre plusieurs fronts. Il négocie vers l’ouest. Il parle au voisin syrien. Il surveille le Sud. Il tente de garder la majorité politique minimale qui permet au gouvernement de fonctionner.  

Les partis sous le poids du Sud et de la mémoire du 7 mai

Ad Diyar, le 8 mai 2026, écrit que le climat intérieur s’est calmé avec l’apaisement relatif de la guerre entre les États-Unis et l’Iran. Le journal parle d’un accord de fait entre les composantes libanaises autour de la stabilité. Cette formule traduit l’état réel de la politique locale. Les forces libanaises ne sont pas d’accord sur les causes de la crise. Elles ne sont pas d’accord sur les armes. Elles ne sont pas d’accord sur le rôle de l’Iran, ni sur le degré de confiance à accorder aux États-Unis. Pourtant, elles semblent mesurer le coût d’une explosion interne. Cette retenue s’explique par la mémoire des crises passées. Elle s’explique aussi par la fatigue sociale. Le pays sort d’années de crise financière, de paralysie, de guerre aux frontières et d’effondrement des services. Dans ce cadre, la stabilité devient un minimum commun. Le 7 mai reste en arrière-plan. Al Liwaa, le 8 mai 2026, cite l’ancien ministre Ghassan Skaf sur le droit constitutionnel du président à négocier. Le journal mentionne aussi une prise de parole de l’ancien ministre Fouad Makhzoumi sur la date du 7 mai, qu’il décrit comme un moment où les masques sont tombés. Ces références montrent que la mémoire politique continue d’encadrer le présent. Le débat sur la négociation avec Israël n’est jamais isolé. Il se mêle au souvenir des armes dans l’intérieur libanais. Il se mêle à la peur d’un rapport de force qui déborderait les institutions. Il se mêle aussi à la question du mandat présidentiel. Qui négocie. Qui décide. Qui engage l’État. Qui fixe les limites. Ces questions ne sont pas abstraites. Elles structurent les positions des blocs. Elles pèsent sur les déclarations publiques. Elles guident aussi les silences.

Annahar, le 8 mai 2026, donne à ce débat une autre forme en évoquant une approche libanaise en cinq points vers les négociations de Washington. Le journal indique que cette approche commencerait par un accord de sécurité et pourrait aller jusqu’à un accord plus large, en référence à l’initiative arabe de paix de 2002. Il ajoute que Nabih Berri et le Hezbollah misent sur les discussions de Islamabad pour inclure le Sud-Liban dans les effets d’un cessez-le-feu réel. Cette présentation met au jour deux lignes politiques. La première mise sur l’État, Washington et une voie graduelle. La seconde garde les yeux sur le rapport entre l’Iran et les États-Unis. Les deux lignes peuvent se croiser, mais elles peuvent aussi se heurter. Si Washington obtient une baisse de tension régionale, le gouvernement pourra dire que sa méthode a produit un résultat. Si Islamabad échoue, les forces liées à la résistance diront que la garantie réelle ne vient pas des textes, mais du rapport de force. Entre ces deux récits, Joseph Aoun et Nawaf Salam doivent préserver l’autorité de l’État. Ils doivent aussi éviter que la classe politique ne transforme chaque réunion en procès interne. La politique locale du 8 mai 2026 se résume donc à une gestion de seuils. Ne pas céder trop vite. Ne pas fermer la porte. Ne pas provoquer le Hezbollah. Ne pas marginaliser l’armée. Ne pas donner à Israël une occasion de diviser le pays. Ne pas laisser les habitants du Sud seuls face à l’attente.      

Diplomatie: Washington, Damas et Islamabad au centre des calculs libanais

Washington comme passage obligé du dossier sud

Al Liwaa, le 8 mai 2026, place la diplomatie libanaise sous le signe d’un calendrier précis. Le journal indique que les discussions libano-israéliennes doivent se tenir à Washington les 14 et 15 mai. Il précise que l’ancien ambassadeur Simon Karam doit conduire la délégation libanaise. Le quotidien ajoute que les priorités de Beyrouth sont la consolidation du cessez-le-feu, le retour sûr des habitants du Sud et la reprise de la vie dans les villages détruits ou endommagés par les opérations israéliennes. Cette présentation donne au rendez-vous de Washington un sens diplomatique limité, mais essentiel. Le Liban ne se présente pas comme un État prêt à ouvrir une phase politique large avec Israël. Il cherche d’abord à obtenir un cadre de sécurité. La diplomatie agit ici comme un moyen de réduire la pression militaire, non comme une voie de normalisation. Al Akhbar, le 8 mai 2026, apporte toutefois une note critique. Le journal affirme que la délégation libanaise devrait disposer de dossiers complets sur le terrain, mais que des sources au ministère des Affaires étrangères jugent les données encore incomplètes. Il rapporte aussi que les documents transmis par l’armée libanaise à l’ambassade du Liban à Washington sont censés couvrir les violations israéliennes, les destructions et les travaux menés dans les zones occupées. Cette critique montre que la diplomatie libanaise ne dépend pas seulement des positions de principe. Elle dépend aussi de la qualité du dossier technique. Pour défendre ses demandes, Beyrouth doit prouver, dater, localiser et chiffrer. Sans éléments solides, la parole diplomatique risque de rester générale. Avec des documents précis, elle peut devenir une demande contrôlable. Le dossier sud oblige donc l’État à relier l’armée, les diplomates et la présidence autour d’un même récit. La négociation devient un test de coordination institutionnelle. Elle montre aussi que la diplomatie libanaise avance sous contrainte. Elle doit parler à Washington, répondre aux attentes internes, tenir compte du Hezbollah et ne pas offrir à Israël une voie pour imposer ses propres priorités.    

Damas revient dans l’agenda officiel

La visite annoncée de Nawaf Salam en Syrie constitue le second axe diplomatique du jour. Al Liwaa, le 8 mai 2026, écrit que le Premier ministre prépare un déplacement à Damas à la tête d’une délégation ministérielle. Le journal précise que le groupe doit inclure le vice-président du Conseil des ministres, ainsi que les ministres de l’Économie et du Commerce, des Travaux publics et des Transports, de l’Énergie et de l’Eau. L’objectif affiché est de renforcer les relations bilatérales et d’examiner les domaines de coopération selon les portefeuilles concernés. Cette démarche marque un retour assumé de la relation libano-syrienne dans le champ officiel. Elle ne se limite pas à la sécurité. Elle touche aussi l’économie, les infrastructures, l’énergie, les routes, le transit et les dossiers pratiques. Al Sharq, le 8 mai 2026, rapporte de son côté que le Conseil des ministres a examiné des dossiers administratifs retardés par la guerre et que Paul Morcos a confirmé la préparation de cette visite. Le même journal indique que les relations libano-syriennes doivent être discutées dans un cadre institutionnel. Cette approche répond à une nécessité. Le Liban ne peut pas traiter les questions frontalières, les déplacés syriens, le commerce ou les dossiers humanitaires sans canal stable avec Damas. Mais la visite reste politiquement sensible. Elle peut être lue comme un acte de réalisme par certains, ou comme un retour à une relation contestée par d’autres. La diplomatie de Nawaf Salam devra donc être précise. Elle devra distinguer coopération pratique et alignement politique. Elle devra aussi montrer que la souveraineté libanaise n’est pas mise entre parenthèses. Dans ce contexte, la composition ministérielle de la délégation compte. Elle suggère que le gouvernement veut traiter des dossiers concrets. Elle évite l’image d’une visite purement symbolique. Elle donne aussi au Premier ministre un rôle actif dans la politique régionale du Liban, à un moment où Washington capte l’attention sur le dossier israélien.    

Cette ouverture vers Damas se produit au moment où la Syrie elle-même réorganise son appareil politique. Al Araby Al Jadid, le 7 mai 2026, rapporte que le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad Al Shaibani, a ordonné la dissolution du secrétariat général aux affaires politiques et le transfert de ses cadres vers le ministère des Affaires étrangères et d’autres ministères. Le journal explique que cette structure avait suscité des critiques sur sa légalité, ses missions et son rôle dans la gestion du travail politique intérieur. Cette information éclaire le contexte de la visite de Nawaf Salam. Beyrouth ne s’adresse pas à un voisin figé. Il traite avec une Syrie en recomposition institutionnelle. Cela peut créer des marges, mais aussi des incertitudes. Les dossiers de coopération ont besoin d’interlocuteurs clairs. Les questions de frontière, de déplacés, de sécurité et de transit exigent une administration capable de suivre. Pour le Liban, cette phase syrienne impose une diplomatie prudente. Il faut rouvrir les canaux, mais aussi vérifier qui décide, qui applique et qui garantit. La visite de Salam peut donc être comprise comme une tentative de tester le nouveau dispositif syrien. Elle peut aussi permettre de replacer les dossiers bilatéraux dans un cadre officiel, plutôt que dans des canaux parallèles ou partisans.  

Islamabad, Doha et Mascate dans le jeu régional

La diplomatie libanaise ne peut pas être séparée des discussions entre les États-Unis et l’Iran. Al Bina, le 8 mai 2026, affirme que les deux parties continuent d’échanger des documents sur la voie d’Islamabad. Le journal évoque deux possibilités. La première serait un accord-cadre lié au dossier nucléaire. La seconde serait un gel du conflit pendant trente jours, avec un allégement du blocus américain sur les ports iraniens, la réouverture du détroit d’Hormuz et le lancement de négociations pendant la même période. Al Bina ajoute que le point le plus sensible demeure l’insistance iranienne pour inclure le front libanais dans toute formule de fin de guerre. Cette lecture donne au Liban une place indirecte mais centrale. Le pays n’est pas toujours nommé dans les documents discutés entre Washington et Téhéran. Pourtant, le front sud reste lié au rapport de force régional. Asharq Al Awsat, le 8 mai 2026, confirme que les États-Unis et l’Iran se rapprochent d’un accord limité et temporaire, fondé sur une courte note de compréhension plutôt que sur un accord de paix complet. Le journal précise que la formule laisserait de côté les questions les plus dures, comme les missiles iraniens, le soutien aux groupes armés et le stock d’uranium enrichi. Cette structure rend l’accord possible, mais fragile. Elle peut arrêter la chute, sans régler les causes. Pour le Liban, cette fragilité compte. Un arrêt temporaire peut calmer le Sud. Mais il peut aussi reporter les tensions. Si le front libanais n’est pas intégré de manière claire, Beyrouth risque de rester exposé à des frappes israéliennes et à des pressions contradictoires.    

Al Sharq, le 8 mai 2026, souligne le rôle de médiation du Pakistan et indique que l’Arabie saoudite soutient fortement les efforts diplomatiques pakistanais pour rapprocher Washington et Téhéran. Le même journal note que les canaux de contact n’ont pas été coupés, mais se sont au contraire intensifiés en coulisses, avec l’entrée de médiateurs régionaux et internationaux, dont le Pakistan. Ad Diyar, le 8 mai 2026, décrit une flexibilité réciproque entre les États-Unis et l’Iran, visible dans les documents échangés par l’intermédiaire pakistanais. Le quotidien cite des sujets comme l’enrichissement nucléaire, les dépôts financiers, la levée des sanctions, le blocus maritime, le détroit d’Hormuz et l’organisation des relations avec les pays riverains du Golfe. Al Bina, le 8 mai 2026, ajoute que le recul américain après la suspension de l’opération dite Projet de la liberté donne plus de marge au médiateur pakistanais et aux autres médiateurs régionaux, notamment omanais. Dans cette séquence, la diplomatie régionale ressemble à une gestion des urgences. Le but n’est pas encore de produire une paix solide. Il est d’éviter l’effondrement du cessez-le-feu, de rouvrir les routes maritimes et de donner aux capitales concernées un délai pour négocier. Cette logique du délai est importante. Elle correspond aux besoins de plusieurs acteurs. Washington veut réduire le coût économique et politique de la crise. Téhéran veut empêcher une reddition sur ses lignes rouges. Les pays du Golfe veulent éviter la paralysie du détroit. Le Liban veut que le Sud ne soit pas sacrifié dans une entente partielle.      

Le Golfe et l’aide internationale comme appuis de stabilité

La diplomatie du jour ne se limite pas aux grandes négociations. Elle passe aussi par l’aide et les prises de position des pays partenaires. Al Liwaa, le 8 mai 2026, rapporte l’arrivée au poste-frontière de Masnaa d’un convoi de dix-huit camions chargés d’aides de secours et de matériel médical dans le cadre du couloir humanitaire lancé par le roi Abdallah II de Jordanie pour soutenir les zones libanaises touchées. Le même journal mentionne une initiative financée par l’Union européenne, en coopération avec le Programme des Nations unies pour le développement, afin d’améliorer les conditions sanitaires et environnementales dans les centres d’accueil des déplacés. Ces éléments montrent une diplomatie de terrain. Les aides ne règlent pas la crise politique, mais elles réduisent la pression sur les communes, les familles déplacées et les services publics. Elles permettent aussi aux partenaires étrangers de peser sans entrer directement dans le débat sur les armes ou les négociations avec Israël. Al Sharq, le 8 mai 2026, mentionne la rencontre de l’ambassadeur du Qatar avec Walid Joumblatt et la poursuite du soutien de Doha au Liban et à son peuple. Le même journal évoque aussi un échange entre Ibrahim Kanaan et l’ambassadeur britannique sur les efforts visant à stabiliser le cessez-le-feu. Ces gestes diplomatiques donnent l’image d’un Liban entouré, mais pas encore protégé. Les contacts existent. Les aides arrivent. Les médiations s’activent. Pourtant, la garantie centrale manque encore. Le pays attend que les discussions de Washington produisent un effet sur le terrain, que la voie d’Islamabad freine l’escalade régionale et que le dialogue avec Damas ouvre des solutions pratiques. La diplomatie libanaise du 8 mai 2026 avance donc sur trois lignes à la fois. Elle cherche une sécurité au Sud par Washington. Elle tente une coopération régionale par Damas. Elle surveille l’accord américano-iranien par Islamabad, Doha, Mascate et les capitales du Golfe.      

Politique internationale: désescalade fragile entre Washington, Téhéran, Gaza et les crises régionales

Washington et Téhéran réduisent leurs ambitions

Al Sharq Al Awsat, le 8 mai 2026, décrit une phase où Washington et Téhéran semblent réduire le plafond de l’accord possible. Le journal indique que le détroit d’Hormuz ouvre la voie à une entente limitée, avec une médiation pakistanaise qui mise sur une issue proche. Il précise aussi que l’Iran considère encore le texte comme en cours d’examen. Cette formulation montre que la crise n’entre pas dans une paix complète. Elle entre plutôt dans une gestion provisoire du risque. Les États-Unis veulent rouvrir le passage maritime. L’Iran veut éviter une formule qui ressemble à une capitulation. Entre les deux, le Pakistan tente de produire une note ou une base de discussion assez courte pour être acceptée. Al Araby Al Jadid, le 7 mai 2026, parle aussi d’un projet d’accord entre Washington et Téhéran, avec une note de compréhension visant à mettre fin à la guerre, à lancer trente jours de négociations nucléaires, à rouvrir Hormuz, à réduire le programme nucléaire et à alléger les sanctions. Le même journal rapporte que des sources iraniennes reconnaissent des avancées, mais pas un accord. Cette prudence est essentielle. Les négociations avancent, mais elles restent exposées à une reprise des frappes ou à une rupture des canaux.    

Al Sharq, le 8 mai 2026, insiste sur le fait que les canaux de contact ne sont pas coupés. Ils se sont même activés en coulisses, avec des médiateurs régionaux et internationaux, dont le Pakistan. Le journal explique que le débat ne porte pas sur un accord global, mais sur une formule rapide, proche d’une déclaration de principes. Le but immédiat serait d’arrêter la dégradation militaire et de gagner du temps avant une négociation plus profonde. Cette lecture confirme le caractère transitoire de la séquence. Le détroit d’Hormuz sert de centre de gravité. Washington renforce sa présence navale pour protéger la navigation et imposer de nouvelles règles d’engagement. Téhéran agite sa capacité à perturber cette artère majeure de l’économie mondiale. Les deux camps testent donc leurs limites, sans chercher une bataille décisive. Al Sharq Al Awsat, le 8 mai 2026, donne la mesure du coût mondial. Le journal rapporte que près de mille cinq cents navires et plus de vingt mille membres d’équipage sont bloqués dans le Golfe en raison de la guerre. Cela transforme la crise militaire en crise commerciale, maritime et humaine. La pression ne vient donc plus seulement des chancelleries. Elle vient aussi des assureurs, des ports, des marchés et des familles des marins bloqués.    

Trump entre annonce de progrès et coût intérieur

Annahar, le 8 mai 2026, met l’accent sur le décalage entre l’optimisme de Donald Trump et la réponse plus froide de Téhéran. Le journal explique que l’annonce américaine liée à la suspension du Projet de la liberté a provoqué des interrogations, alors que l’Iran ne confirme pas un accord proche. Al Sharq, le 8 mai 2026, rapporte aussi que Trump a annoncé une suspension temporaire du projet en affirmant qu’un grand progrès avait été réalisé vers un accord global avec l’Iran. Mais le même journal souligne que des médias iraniens nient la proximité d’un accord et affirment que Téhéran n’a pas encore répondu à la proposition américaine, jugée en partie inacceptable. Cette différence de ton sert deux politiques. Trump parle à l’opinion américaine et aux marchés. Téhéran parle à son appareil de pouvoir et à ses alliés. Chacun cherche à montrer qu’il ne recule pas. Pourtant, chacun semble avoir besoin d’une pause. La guerre pèse sur les prix, sur les routes maritimes et sur les alliances.    

Annahar, le 8 mai 2026, rappelle que la crise a aussi une traduction sociale aux États-Unis. Le journal indique qu’environ soixante-trois pour cent des Américains rendent Trump responsable de la hausse des prix du carburant. Cette donnée pèse dans le calcul de la Maison Blanche. La politique étrangère ne reste pas confinée au Golfe. Elle remonte jusqu’aux stations-service américaines, aux sondages et aux débats internes. Al Araby Al Jadid, le 7 mai 2026, relie de son côté la guerre au renchérissement du coût de la vie aux États-Unis. Le journal évoque les effets de la fermeture d’Hormuz, le retour de la piraterie dans la Corne de l’Afrique, les perturbations des approvisionnements et la reprise d’une guerre tarifaire entre les États-Unis et l’Union européenne. Le conflit régional devient donc un multiplicateur de crise. Il agit sur les prix, les transports, l’énergie et la confiance. Dans cette situation, la Maison Blanche peut chercher une sortie pour éviter que le coût intérieur ne ronge le bénéfice politique d’une posture de force.    

Gaza, Hamas et la limite des médiations

La guerre à Gaza reste un autre foyer de tension. Al Sharq Al Awsat, le 8 mai 2026, rapporte que Hamas étudie la suspension des négociations sur le cessez-le-feu, en raison de ce que des sources du mouvement décrivent comme un manque de sérieux israélien. Le journal indique que la question du désarmement reste un point de conflit dans les discussions liées à la mise en œuvre du plan et à la consolidation du cessez-le-feu. Selon des sources de Hamas citées par le journal, le mouvement aurait informé Nikolay Mladenov qu’il n’entrerait pas dans des discussions sérieuses sur la deuxième phase avant qu’Israël ne respecte ses engagements liés à la première phase, dont l’arrêt complet des attaques. Le même article évoque la mort de Azzam Al Hayya, fils du négociateur Khalil Al Hayya, dans une attaque israélienne. Cette donnée renforce la charge politique et émotionnelle du dossier. La négociation ne se déroule pas dans un vide. Elle se déroule alors que des assassinats, des frappes et des enterrements pèsent sur les décisions.  

Al Sharq, le 8 mai 2026, élargit la lecture à la question de la légitimité internationale. Le journal publie une analyse sur les tentatives de briser le siège de Gaza par mer et sur les interceptions israéliennes en haute mer. L’auteur y voit une crise non seulement humanitaire ou juridique, mais aussi politique. Il estime que le problème n’est plus seulement la poursuite des flottilles, mais l’absence d’une formule internationale capable de rendre ces initiatives inutiles. Cette approche montre l’échec des mécanismes actuels. Les textes existent, les appels existent, les médiateurs existent. Pourtant, le siège se prolonge et les bateaux deviennent des symboles répétés de l’impuissance internationale. La crise de Gaza reste ainsi un révélateur. Elle montre le fossé entre la compassion publique et la décision politique contraignante. Elle montre aussi la limite des médiations lorsque les violations ne produisent pas de coût réel pour l’acteur qui les commet.  

Soudan, Iraq et Syrie: États fragiles sous pression extérieure

Al Sharq Al Awsat, le 8 mai 2026, donne une place notable au Soudan. Le journal rapporte les propos de Massaad Boulos, conseiller de Donald Trump pour les affaires arabes et africaines, selon lesquels il n’existe pas de solution militaire au conflit soudanais. Boulos insiste sur l’arrêt du soutien financier et militaire extérieur accordé aux parties en guerre. Cette position replace le conflit soudanais dans une logique régionale. La guerre ne dure pas seulement parce que les factions locales se battent. Elle dure aussi parce que des appuis, des flux et des calculs extérieurs prolongent le conflit. Al Araby Al Jadid, le 7 mai 2026, rapporte de son côté des prises de position du Qatar, du Koweït et de l’Arabie saoudite après des attaques liées au conflit soudanais. Doha appelle à une solution par le dialogue et les moyens pacifiques. Le Koweït parle d’atteinte à la souveraineté du Soudan et de violation du droit international. Riyad demande aux pays voisins de respecter la souveraineté soudanaise et de ne pas laisser leurs territoires servir de point de départ à des attaques. Le langage diplomatique converge donc vers une même idée. La souveraineté soudanaise devient un point de ralliement, même si les moyens d’imposer cette ligne restent incertains.    

En Iraq, les retombées de la guerre contre l’Iran prennent une forme institutionnelle. Al Sharq Al Awsat, le 8 mai 2026, décrit des divisions autour du gouvernement que le Premier ministre désigné Ali Al Zaidi cherche à faire passer au Parlement. Le journal parle de tensions sur la répartition des portefeuilles souverains, de postes de compensation et d’un recours judiciaire contre sa désignation. Il ajoute que le contexte coïncide avec des sanctions américaines contre des sociétés pétrolières et avec une pression de Washington pour limiter l’influence des factions armées proches de l’Iran. Al Araby Al Jadid, le 7 mai 2026, écrit également que les États-Unis attendent des mesures concrètes de Ali Al Zaidi pour éloigner l’État de ces groupes avant de reprendre les aides financières et sécuritaires. Cela montre que l’Iraq reste un champ de traduction de la confrontation américano-iranienne. La guerre ne s’y joue pas seulement par des tirs. Elle s’y joue par les nominations, les budgets, les sanctions et l’intégration des groupes armés dans l’État.    

La Syrie présente une autre forme de recomposition. Al Araby Al Jadid, le 7 mai 2026, rapporte que le ministre syrien des Affaires étrangères, Assad Al Shaibani, a ordonné la dissolution du secrétariat général aux affaires politiques et le transfert de ses cadres vers le ministère des Affaires étrangères et d’autres ministères. Le journal explique que cette structure était critiquée pour ses missions, notamment la gestion du travail politique intérieur, des biens du parti Baas dissous, des syndicats et des organisations de la société civile. Ce dossier montre une transition institutionnelle encore instable. La nouvelle autorité syrienne tente de réorganiser les leviers politiques, mais elle se heurte à des débats sur la légalité, l’indépendance des corps intermédiaires et le contrôle de la vie publique. Al Sharq Al Awsat, le 8 mai 2026, signale aussi des tensions dans le nord-est syrien, autour de l’intégration des institutions contrôlées par les Forces démocratiques syriennes dans l’État syrien, ainsi que des retards dans la libération de détenus. Le problème syrien reste donc double. Il concerne à la fois le centre du pouvoir à Damas et les arrangements avec les zones autonomes ou semi-autonomes.    

Afrique du Nord, Sahel et recomposition des menaces

Al Sharq Al Awsat, le 8 mai 2026, décrit en Libye un durcissement entre Abdelhamid Dbeibah et les Frères musulmans, après un changement de climat politique venu de Washington. Le journal explique que des relations longtemps tenues dans l’ombre deviennent désormais un sujet de conflit public. Cette évolution s’inscrit dans un contexte plus large. Le même quotidien rapporte que la Maison Blanche a présenté une nouvelle stratégie nationale de lutte contre le terrorisme, centrée sur les Frères musulmans, décrits comme une source idéologique du terrorisme djihadiste moderne. Cette position américaine peut produire des effets régionaux. Elle influence les alliances locales, pousse certains gouvernements à se démarquer de mouvements islamistes et renforce les débats sur la sécurité intérieure. En Libye, où les équilibres sont fragiles, ce déplacement peut modifier les calculs des factions, des milices et des partenaires extérieurs.    

Au Sahel, Al Sharq Al Awsat, le 8 mai 2026, rapporte que l’armée malienne affirme avoir rouvert des axes routiers vers Bamako, alors que des groupes liés à Al Qaida tentaient de contrôler des voies majeures vers la Mauritanie et le Sénégal. Le journal indique que ces routes ont une importance économique forte et que l’armée poursuit ses opérations. Cette information donne un autre visage à la politique internationale du jour. Le monde n’est pas seulement suspendu à Hormuz ou à Gaza. Il l’est aussi aux routes africaines, aux capitales sous pression et aux États qui peinent à garder leurs lignes vitales. Le Mali illustre la manière dont les groupes armés cherchent à étouffer les centres politiques par le contrôle des axes commerciaux. La sécurité devient alors une question de circulation. Tenir une route, c’est préserver une capitale. Perdre une route, c’est exposer un État à l’asphyxie.  

Économie: or, réserves et réforme bancaire dans une économie encore sans confiance

L’or devient le baromètre de la peur financière

Ad Diyar, le 8 mai 2026, place l’or au centre de la lecture économique du jour. Le quotidien rapporte que les importations de l’or, des bijoux et des articles de joaillerie ont atteint un niveau record au cours des deux premiers mois de 2026. Selon les chiffres cités par l’ancien président de la Chambre internationale de navigation au port de Beyrouth, Elie Zakhour, leur valeur a atteint 837 millions de dollars, contre 285 millions de dollars sur la même période de 2025. La hausse est donc de 552 millions de dollars, soit 194 %. Cette progression est très forte. Elle ne traduit pas seulement un goût pour les bijoux. Elle montre surtout une stratégie de protection. Dans une économie où la crise bancaire n’est pas réglée, une partie des Libanais cherche un actif qu’elle peut garder hors du système financier. L’or prend ainsi la place que les dépôts bancaires ont perdue depuis 2019. Ad Diyar, le 8 mai 2026, rappelle que les sommes gardées dans les maisons sont évaluées par des experts à environ 10 milliards de dollars. Ce chiffre dit beaucoup sur la rupture de confiance. Il montre que l’épargne existe encore, mais qu’elle fuit les banques. Elle se cache, se convertit ou se conserve en dehors des circuits formels. Le même journal note que les réexportations d’or, de bijoux et de joaillerie ont reculé à 85 millions de dollars sur les deux premiers mois de 2026, contre 269 millions de dollars un an plus tôt. Le contraste est clair. Le Liban importe plus d’or, mais en réexporte moins. Cela suggère une demande intérieure de réserve, et non une simple activité commerciale de transit. Selon Ad Diyar, ces importations ont représenté 22 % de la facture totale des importations, estimée à 3,757 milliards de dollars sur les deux premiers mois de l’année. Un an plus tôt, elles ne représentaient que 10 % d’une facture d’importation de 2,834 milliards de dollars. L’or devient donc un indicateur majeur. Il révèle la peur de l’avenir, la faiblesse de la confiance bancaire et le poids de l’économie en espèces.      

Cette dynamique a aussi un coût macroéconomique. Acheter de l’or peut protéger une famille aisée. Mais cela ne finance pas une usine, un emploi ou une ligne de production. L’argent immobilisé dans les bijoux ou les lingots ne passe pas par le crédit. Il ne nourrit pas l’investissement. Il ne reconstruit pas le lien entre les dépôts et l’économie réelle. Ainsi, le recours à l’or est rationnel à l’échelle individuelle, mais il signale une impasse à l’échelle nationale. Une économie saine transforme l’épargne en projets. L’économie libanaise, elle, transforme une partie de l’épargne en métal conservé à domicile. Ce mouvement explique aussi la difficulté de relance. Tant que les ménages les plus solvables gardent leur argent hors des banques, le crédit reste bloqué. Tant que le crédit reste bloqué, les entreprises investissent peu. Tant que les entreprises investissent peu, la croissance reste faible. Ad Diyar, le 8 mai 2026, donne donc un angle très concret à la crise. Le problème n’est pas seulement dans les textes de réforme. Il se voit dans les achats. Il se voit dans les choix de placement. Il se voit dans le fait qu’un produit non productif devienne la première ligne de la facture d’importation. Cette situation pose aussi une question de balance commerciale. Les dollars consacrés à l’or sortent du pays, même si une partie revient par d’autres canaux. Dans un pays pauvre en devises productives, cette préférence pour le métal jaune reflète une économie défensive. Elle protège les individus qui en ont les moyens. Elle laisse de côté les salariés, les retraités et les petits déposants qui n’ont pas pu convertir leurs avoirs à temps. Elle accentue donc la différence entre ceux qui peuvent se protéger et ceux qui subissent.

Banque du Liban: deux récits opposés sur les réserves

Al Sharq, le 8 mai 2026, rapporte un communiqué de la Banque du Liban sur ses avoirs en devises. L’institution affirme que ses avoirs en monnaies étrangères ont enregistré une hausse nette d’environ 372 millions de dollars entre avril 2025 et avril 2026. Le communiqué explique que les données doivent être lues sur une période suffisante, et non à partir de variations courtes. Il indique aussi que les paiements en espèces ont augmenté au début de 2026. Cette hausse serait liée aux paiements du secteur public et au relèvement des plafonds de retrait prévus par les circulaires 158 et 166. La Banque du Liban ajoute que ces facteurs ont créé une pression temporaire sur les avoirs. Elle cite aussi les effets comptables des variations entre l’euro et le dollar. Enfin, elle affirme que la masse monétaire en livres reste contenue à des niveaux jugés rassurants pour la stabilité du taux de change. Ce message vise à calmer les marchés et l’opinion. Il cherche à montrer que la banque centrale garde le contrôle. Il défend aussi l’idée que les chocs les plus dangereux viennent des tensions régionales, et non des décisions monétaires internes. Al Sharq, le 8 mai 2026, rapporte en parallèle que Joseph Aoun a reçu le gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souaid, pour discuter des lois de réforme bancaire, de la stabilité monétaire et de la stabilité économique. Le gouverneur a aussi informé le président de sa visite prévue aux États-Unis, où il doit rencontrer des responsables du Fonds monétaire international et des responsables américains chargés des dossiers monétaires, financiers et du Trésor. Cette séquence place la banque centrale au cœur du dossier économique et diplomatique.        

Al Akhbar, le 8 mai 2026, donne une lecture bien plus critique. Le quotidien écrit que les avoirs en dollars de la Banque du Liban se sont contractés de 640 millions de dollars durant la période de guerre. Il accuse aussi la banque centrale de manipuler la présentation des chiffres et des faits. Le journal compare la période actuelle à celle de Riad Salamé, en estimant que les comptes sont redevenus moins lisibles qu’ils ne l’étaient sous le mandat intérimaire de Wassim Mansouri. Al Akhbar, le 8 mai 2026, affirme aussi que Karim Souaid a contesté les articles 3 et 13 de la loi de réforme bancaire, en raison de leur conflit avec ses pouvoirs. Le titre du journal résume sa position. Selon lui, le gouverneur se bat pour les prérogatives, non pour la réforme. Le débat est donc double. Il porte sur les chiffres des réserves. Il porte aussi sur le contrôle de la réforme bancaire. La divergence entre Al Sharq et Al Akhbar est utile à relever. D’un côté, la Banque du Liban défend une amélioration annuelle et met en avant la stabilité. De l’autre, Al Akhbar insiste sur une baisse récente et sur l’opacité. Les deux approches ne décrivent pas le même horizon. La première regarde une période d’un an. La seconde regarde la phase de guerre et ses effets immédiats. Pour les déposants, cette différence peut sembler technique. Elle est pourtant essentielle. Si les réserves sont stables, la marge de manœuvre existe. Si elles se contractent vite, la stabilité apparente devient plus fragile. Dans les deux cas, la confiance ne reviendra pas sans transparence. Les chiffres doivent être détaillés. Les méthodes doivent être claires. Les coûts des circulaires, des retraits et des paiements publics doivent être expliqués. Sans cela, chaque communiqué suscitera une contre-lecture.    

Réforme bancaire: le cœur non réglé de la crise

Al Joumhouriya, le 8 mai 2026, publie une critique directe des choix économiques défendus par Karim Souaid dans un texte publié dans le Financial Times. Le journal dit que la question centrale reste celle des dépôts bloqués et de la vérité sur ce qui s’est passé dans les banques. Il demande une transparence complète avant toute nouvelle taxe. Il estime aussi que l’augmentation des impôts dans une économie détruite n’est pas une réforme, mais un appauvrissement général. Cette thèse rejoint une inquiétude forte dans le pays. Beaucoup de Libanais refusent de financer une sortie de crise sans connaître les responsabilités. Ils demandent de savoir qui a transféré ses fonds, qui a profité des écarts, qui a couvert les pertes et qui doit payer. Al Joumhouriya, le 8 mai 2026, appelle aussi à protéger les petits déposants, tout en soulignant que les gros dépôts ont un rôle économique. Le journal avance que ne pas restituer ces dépôts revient à priver l’économie de capitaux capables de créer des projets et des emplois. Cette phrase mérite attention. Elle ne défend pas seulement les grands déposants. Elle soutient que le capital immobilisé ou détruit empêche la relance. Dans une économie privée de crédit, les entrepreneurs ont besoin de leurs fonds. Les entreprises ont besoin de comptes actifs. Les investisseurs ont besoin d’un système bancaire réhabilité. Sans réponse sur les dépôts, le pays reste dans une économie de survie.    

Al Joumhouriya, le 8 mai 2026, énumère plusieurs voies de réforme. Le quotidien appelle à une loi de transparence, à la récupération des fonds pris par les banques, à la récupération d’autres fonds détournés, à une réflexion sur l’usage d’une partie de l’or dans un plan national clair, ainsi qu’à la vente de terrains publics sans utilité économique. Il mentionne aussi la correction des chemins de gaspillage et de corruption, l’appui aux industries adaptées au Liban, la simplification des procédures et la création de lois favorables à l’investissement arabe et étranger. Il plaide enfin pour l’ouverture de nouvelles banques, car l’économie en espèces ne changera pas si les licences restent concentrées entre les mains des mêmes banques qui ont bloqué l’argent des gens. Cette proposition est politiquement sensible. Elle dit que la confiance ne reviendra pas seulement par une loi de restructuration. Elle peut aussi nécessiter de nouveaux acteurs. Mais ouvrir de nouvelles banques sans régler les anciennes pertes créerait un autre problème. Il faudrait donc séparer les bilans, répartir les pertes, protéger les petits comptes et attirer des capitaux frais. La réforme bancaire se trouve ainsi au centre de tout. Elle conditionne le crédit, l’investissement, le retour des dépôts et la sortie de l’économie en espèces. Tant que ce dossier reste bloqué, le pays peut stabiliser son taux de change, mais il ne reconstruit pas une économie productive.    

Secteurs productifs: agriculture, hôpitaux et choc de guerre

Al Sharq, le 8 mai 2026, montre que la crise ne touche pas seulement la monnaie et les banques. Le journal rapporte les propos du ministre de l’Agriculture, Nizar Hani, lors d’une conférence ministérielle à Chypre. Le ministre affirme l’engagement du Liban pour la protection des ressources halieutiques et la durabilité des pêcheries de Méditerranée. Il explique aussi que les attaques israéliennes ont aggravé les défis du secteur agricole. Selon les chiffres rapportés par Al Sharq, la production nationale a reculé de plus de 22 %, ce qui menace directement la sécurité alimentaire. Le journal ajoute que le secteur de la pêche a été touché, avec la destruction complète du port de Naqoura et des dégâts dans des fermes piscicoles, notamment des fermes de truites. Ces éléments donnent une dimension productive à la guerre. Les frappes ne détruisent pas seulement des maisons. Elles détruisent des revenus, des chaînes locales et des moyens de subsistance. Une ferme abîmée, un port détruit ou une zone agricole coupée réduisent l’offre. Cela peut ensuite augmenter les prix. Cela peut aussi pousser de petits producteurs à quitter leur activité. Dans un pays qui dépend déjà fortement des importations, ce recul de la production locale est grave. Il rend la sécurité alimentaire plus fragile. Il accroît la dépendance aux devises. Il affaiblit les zones rurales qui devraient pourtant être un pilier de la relance.  

Al Sharq, le 8 mai 2026, rapporte aussi que Joseph Aoun a reçu un groupe de la syndicat des propriétaires d’hôpitaux au Liban. Le président a souligné l’importance du secteur hospitalier et les effets de la situation actuelle sur les conditions économiques des hôpitaux. Il a appelé à poursuivre les soins et à coordonner avec le ministère de la Santé et les organismes de garantie afin de réduire la souffrance des citoyens. Le secteur hospitalier illustre un autre côté de la crise. Il dépend de l’énergie, des devises, des assurances, des salaires et des paiements publics. Il subit aussi les effets de la guerre. Les blessés augmentent la pression. Les coûts montent. Les patients ont moins de moyens. Les établissements doivent rester ouverts malgré les retards et les contraintes. Cette réalité montre que l’économie libanaise ne peut pas être lue seulement par les réserves ou l’or. Elle se voit dans les services essentiels. Elle se voit dans les hôpitaux, les champs, les ports, les fermes et les ateliers. La crise du Liban est donc une crise de confiance, mais aussi une crise de production. Pour la dépasser, la stabilité monétaire ne suffit pas. Il faut une réforme bancaire crédible, une aide aux secteurs touchés, une baisse du risque de guerre et un retour du crédit vers les activités utiles.

Justice: amnistie générale, procès sécuritaires et malaise des tribunaux

Le débat sur l’amnistie générale revient au centre

Al Sharq, le 8 mai 2026, rapporte que Nabih Berri a convoqué les commissions parlementaires conjointes à une séance prévue le lundi 11 mai 2026, afin de poursuivre l’examen de la proposition de loi visant à accorder une amnistie générale et à réduire de façon exceptionnelle certaines peines. Ce calendrier donne au dossier judiciaire une portée politique directe. Il ne s’agit pas seulement d’un texte pénal. Il s’agit d’un test pour l’équilibre interne, pour les familles des détenus, pour les proches des militaires tués, pour les anciens détenus et pour les forces politiques qui portent des demandes très différentes. Al Bina, le 8 mai 2026, rapporte que le vice-président de la Chambre, Elias Bou Saab, a déclaré après une rencontre avec le mufti Abdel Latif Daryan que toute loi devait être juste et juridique, non taillée pour des personnes, mais fondée sur des catégories précises de crimes. Il a aussi dit espérer que les points de désaccord restants étaient devenus très étroits. Cette formule traduit l’effort de cadrage. Le Parlement cherche à éviter l’image d’un marchandage ouvert. Il veut présenter l’amnistie comme une loi générale. Pourtant, le débat reste pris dans les logiques confessionnelles, sécuritaires et mémorielles.    

Al Joumhouriya, le 8 mai 2026, donne la lecture la plus développée de cette tension. Le journal écrit que le texte ne verra pas le jour s’il ne se transforme pas en compromis satisfaisant les sunnites, les chiites et les chrétiens. Il rappelle aussi que les discussions en commissions ont déjà montré de vifs désaccords. La question la plus sensible porte sur les détenus islamistes accusés d’avoir tué des militaires. Des milieux juridiques cités par Al Joumhouriya estiment qu’une grande partie de ces détenus ne sont ni des criminels réels ni des terroristes, et qu’ils n’auraient pas participé au meurtre de soldats. Le journal rapporte aussi l’affirmation selon laquelle quatre-vingt-trois pour cent d’entre eux auraient passé leur jeunesse en prison, sans procès, en raison de la mainmise d’une forme d’État profond sur les rouages de l’État et de la justice. Cette thèse heurte une autre sensibilité. Des sources judiciaires citées par le même quotidien redoutent que le dossier devienne un marché entre blocs politiques, où seraient mis sur le même plan des trafiquants de drogue, des terroristes et des personnes parties en Israël sous contrainte. Cette inquiétude est lourde. Elle pose la question de la hiérarchie des fautes. Un État peut amnistier. Mais il doit dire ce qu’il pardonne, ce qu’il exclut et pourquoi. Sans cette clarté, l’amnistie peut apparaître comme une prime à l’impunité.    

La mémoire des militaires tués face aux longues détentions

Al Joumhouriya, le 8 mai 2026, rapporte que toute tentative d’imposer une amnistie générale par la seule force politique pourrait provoquer une mobilisation de partisans de l’armée et de familles de martyrs. Le journal évoque aussi la possibilité que Joseph Aoun renvoie la loi s’il estime qu’elle ne rend pas justice au sang des militaires, qu’il considère comme une ligne rouge. Ce point place la présidence au centre du dossier. Joseph Aoun n’est pas seulement le chef de l’État. Son passé à la tête de l’armée donne au sujet une charge particulière. Une amnistie mal calibrée pourrait l’exposer à une accusation de faiblesse envers ceux qui ont attaqué l’institution militaire. À l’inverse, un refus trop large pourrait prolonger les frustrations dans des milieux qui estiment que beaucoup de détenus ont été emportés par des vagues sécuritaires anciennes, par des dossiers faibles ou par des procédures interminables. Le dilemme est donc réel. Il oppose la mémoire des victimes à la critique des détentions longues. Il oppose l’exigence de justice à l’exigence d’apaisement. Il oppose aussi le droit pénal à la politique de sortie de crise.  

Dans cette affaire, les mots employés comptent. Al Joumhouriya, le 8 mai 2026, insiste sur la peur de voir le texte devenir une transaction générale, destinée à satisfaire chaque camp par une concession. Cela reviendrait à produire une amnistie non pas fondée sur des critères de droit, mais sur des équilibres de puissance. Le risque est double. D’un côté, des innocents ou des détenus jugés tardivement pourraient rester en prison au nom de la peur politique. De l’autre, des auteurs de crimes graves pourraient sortir au nom d’un troc parlementaire. Une loi crédible doit donc séparer les situations. Elle doit distinguer les personnes condamnées après un procès régulier de celles qui attendent encore. Elle doit distinguer la participation directe à un crime de l’environnement social ou politique d’un dossier. Elle doit aussi protéger les droits des victimes. Les familles de militaires tués ne peuvent pas être traitées comme un obstacle administratif. Elles sont une partie morale du dossier. Mais les détenus sans jugement ne peuvent pas non plus être réduits à une masse suspecte. Ils relèvent du droit à un procès. C’est là que la justice libanaise est testée. Elle doit sortir de la logique du paquet global. Elle doit revenir au cas, à la preuve, au degré de responsabilité et au délai raisonnable.

Fadel Shaker et Ahmad Al Assir: une relaxe qui ne clôt pas les dossiers

Al Sharq, le 8 mai 2026, rapporte que la Cour criminelle de Beyrouth, présidée par le juge Bilal Dannaoui et composée des conseillers Sara Berrech et Nadim Al Nachef, a rendu à la majorité son jugement dans l’affaire de la tentative de meurtre de Hilal Hammoud, responsable des Saraya Al Mouqawama à Saïda. Le jugement a prononcé la relaxe de Fadel Shaker et de Ahmad Al Assir, avec libération sauf s’ils sont détenus dans d’autres affaires. Le même jugement a condamné Fadi Barriouti, Bilal Halabi et Hadi Al Qawass, tout en se contentant de la durée de leur détention, avec obligation de remettre les armes. Abdel Nasser Hneini a aussi été relaxé. Cette décision est importante parce qu’elle touche à un dossier marqué par les événements de Abra, par la relation entre justice pénale et tensions politiques, et par la notoriété de Fadel Shaker.  

Al Liwaa, le 8 mai 2026, apporte des éléments complémentaires. Le journal précise que la Cour criminelle de Beyrouth a relaxé Fadel Shaker dans l’affaire de tentative de meurtre visant Hilal Hammoud le 25 mai 2013, et qu’elle a aussi relaxé Ahmad Al Assir et Abdel Nasser Hneini. Le journal indique que trois autres prévenus ont été condamnés à dix jours seulement pour détention d’armes de guerre non autorisées. Il ajoute surtout que ce jugement ne conduira pas à la libération de Fadel Shaker, car il reste poursuivi devant la justice militaire dans quatre dossiers sécuritaires. Ces dossiers portent, selon Al Liwaa, sur le financement d’un groupe armé, la participation à la constitution d’un groupe armé visant à troubler la sécurité et à porter atteinte à l’autorité de l’État, l’implication dans les événements de Abra, la détention d’armes de guerre non autorisées et des propos visant un État frère, en référence à la Syrie sous Bachar Al Assad. Cette précision empêche toute lecture hâtive. La relaxe dans un dossier ne signifie pas l’effacement de tout le contentieux. Elle retire une accusation précise, mais laisse d’autres procédures ouvertes.    

Al Liwaa, le 8 mai 2026, rapporte aussi que les attendus du jugement soulignent l’absence d’élément matériel ou moral démontrant l’implication de Fadel Shaker, de Ahmad Al Assir et de leurs compagnons dans la tentative de meurtre de Hilal Hammoud, dans son atteinte physique ou dans la tentative d’incendie de la maison de sa famille. Le journal précise que, même si les prévenus se trouvaient près de la maison du plaignant, rien n’indiquait l’existence d’un ordre donné par Fadel Shaker ou Ahmad Al Assir de tirer, d’attaquer ou d’inciter à brûler la maison. Cette motivation judiciaire est centrale. Elle rappelle que la justice pénale ne peut pas se contenter du climat politique ou de la réputation des personnes. Elle doit établir un lien entre un acte, un ordre, une intention et une preuve. Dans un pays où les affaires de sécurité sont souvent jugées par l’opinion avant d’être tranchées par les tribunaux, cette distinction mérite d’être notée. Elle ne blanchit pas toute une trajectoire. Elle dit seulement que, pour cette affaire, la preuve n’a pas été jugée suffisante.  

La suite se jouera devant la justice militaire. Al Liwaa, le 8 mai 2026, indique que l’audience du 26 mai 2026 doit permettre de poursuivre le procès de Fadel Shaker dans les dossiers liés aux événements de Abra, survenus en juin 2013 près de Saïda entre l’armée libanaise et des hommes armés liés à Ahmad Al Assir. Le journal rapporte que Fadel Shaker nie les accusations. Il indique aussi qu’une source judiciaire refuse de prévoir les jugements, car ils dépendront de la conviction du tribunal et des preuves disponibles. Cette prudence est nécessaire. Le dossier reste sensible. Il touche à la mort de militaires, à la sûreté de l’État et à des années de tensions. Il touche aussi à la perception d’une justice parfois jugée lente, sélective ou dépendante des équilibres politiques. Le cas Fadel Shaker devient ainsi un révélateur. Il montre que la justice libanaise peut relaxer dans une affaire et poursuivre dans une autre. Il montre aussi que la durée des procédures pèse sur la confiance publique. Plus un dossier dure, plus la société le lit à travers ses passions. Plus il est tranché tard, plus le jugement risque d’être vu comme politique, même lorsqu’il se fonde sur les preuves.

Les assistants judiciaires alertent sur le fonctionnement des tribunaux

Al Sharq, le 8 mai 2026, rapporte que les assistants judiciaires ont organisé, pour le deuxième jour consécutif, un sit-in dans la salle des Pas perdus du Palais de justice de Beyrouth et dans différents palais de justice du pays. Leur mouvement répond, selon le journal, au retard dans l’exécution de la décision du Conseil des ministres du 16 février 2026 prévoyant le versement de six salaires au secteur public. Les assistants judiciaires dénoncent la lenteur de l’État et le report du paiement. Ils demandent aussi la correction de l’indemnité de transport, devenue sans valeur réelle avec la hausse forte des prix du carburant. La mobilisation a reçu le soutien du Barreau de Beyrouth, représenté par le secrétaire de l’ordre Nadim Hamadeh. Al Sharq rapporte que les assistants judiciaires ont appelé le Parlement et le gouvernement à agir vite, en avertissant d’une phase de grande explosion dont l’autorité porterait la responsabilité pour le service public, l’ordre judiciaire et l’administration du pays.    

Ce mouvement montre un autre visage de la justice. Les grands procès attirent l’attention. Les débats sur l’amnistie occupent les partis. Mais le système judiciaire dépend aussi de greffiers, de personnels administratifs, de salaires, de transports et d’une présence quotidienne dans les tribunaux. Sans assistants judiciaires, les convocations ralentissent. Les dossiers s’accumulent. Les audiences sont désorganisées. Les citoyens attendent plus longtemps. La justice devient plus lente, puis moins crédible. Le sit-in rappelle donc une vérité simple. L’indépendance du juge ne suffit pas si l’appareil qui entoure le juge s’effondre. La crise économique pénètre les tribunaux par les salaires, les frais de déplacement, les coupures, les retards et la démotivation. Elle transforme chaque palais de justice en lieu de tension sociale. Le soutien du Barreau de Beyrouth donne aussi au mouvement une portée professionnelle plus large. Il ne s’agit pas seulement d’une revendication salariale. Il s’agit d’un avertissement sur le fonctionnement du service public judiciaire.

Impunité, médias et violences politiques

Ad Diyar, le 8 mai 2026, rapporte des propos tenus lors d’un événement lié à la liberté de la presse et à la mémoire du 6 mai. Le journal cite l’engagement à ne pas se calmer avant l’identification et la condamnation des tueurs de journalistes, ainsi que l’insistance sur la fin de l’impunité malgré les obstacles. Le quotidien rapporte aussi les propos de l’ambassadeur du Canada, Gregory Galligan, selon lesquels les journalistes doivent pouvoir travailler sans peur de la violence ou des représailles, et que la liberté des médias constitue un pilier des sociétés démocratiques. Cette dimension relie la justice à la protection des droits publics. Un pays qui ne juge pas les crimes contre les journalistes laisse une zone d’ombre dans sa vie politique. Il banalise la menace. Il décourage l’enquête. Il fragilise la parole publique.    

Al Bina, le 8 mai 2026, rapporte par ailleurs que Hadi Abou El Hassan, secrétaire de la Rencontre démocratique, a été agressé avec une arme de guerre alors qu’il accomplissait un devoir social à Qbayaa, dans le Metn. Selon le journal, il a reçu des appels de Joseph Aoun, Nabih Berri, Nawaf Salam et de responsables politiques venus prendre de ses nouvelles et condamner l’agression. Le même passage indique qu’il a appelé les forces de sécurité à traiter avec fermeté toute atteinte à la paix civile, tout en demandant le calme et l’attente des enquêtes officielles. Ce fait entre dans la rubrique justice parce qu’il pose la question de la réponse pénale à une violence politique locale. L’appel au calme ne remplace pas l’enquête. La condamnation politique ne remplace pas la sanction. Dans un pays tendu par les armes, les négociations et les mémoires de guerre, chaque agression contre un responsable public peut devenir un signal dangereux. La justice doit donc agir vite, non pour satisfaire un camp, mais pour empêcher la répétition.  

Culture: présence libanaise à Venise, mémoire sacrée et défense des métiers artistiques

Le Liban expose à la Biennale de Venise

Al Liwaa, le 8 mai 2026, rapporte que le pavillon du Liban a été inauguré dans la soixante et unième édition de la Biennale de Venise, sous le patronage du ministère de la Culture et avec l’organisation de Lebanese Visual Art Association. Le pavillon présente une œuvre intitulée « Pluralité sans frontières » de l’artiste libanais Nabil Nahas, sous le commissariat de Nada Ghandour. L’inauguration s’est tenue en présence de la ministre du Tourisme Laura El Khazen Lahoud, de l’ambassadrice du Liban en Italie Carla Jazzar, de représentants des institutions partenaires, de membres de la diaspora libanaise et d’amis du Liban. Ce rendez-vous donne à la culture libanaise une scène internationale, à un moment où le pays reste dominé par la guerre, les négociations et la crise sociale. Le choix de Nabil Nahas n’est pas neutre. Son travail associe souvent matière, nature, mémoire et formes organiques. Il place le regard devant une densité visuelle qui échappe au simple décor. Dans le contexte actuel, cette présence à Venise fonctionne comme une affirmation. Le Liban ne se réduit pas au front sud, à la crise bancaire ou aux tensions régionales. Il continue de produire des formes, des récits et des images capables de circuler dans les grands espaces mondiaux de l’art.  

Annahar, le 8 mai 2026, donne un cadre plus large à cet événement. Le journal rappelle que la Biennale de Venise 2026 se tient du 9 mai au 22 novembre et se déploie entre les deux sites historiques de la manifestation, les Giardini et l’Arsenale, ainsi que dans des palais, des églises et des espaces historiques de la ville. Le quotidien indique que l’édition réunit cent participations nationales, trente et une manifestations parallèles et plus de cent dix artistes ou collectifs venus de différentes régions du monde. Il souligne aussi une présence arabe forte, avec notamment le Liban, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, le Qatar, la Syrie et le Maroc. Cette lecture situe le pavillon libanais dans un ensemble plus vaste. Le Liban n’apparaît pas seul. Il s’inscrit dans une scène arabe qui cherche à être visible dans les grands lieux du marché symbolique mondial. Annahar décrit aussi l’esprit de cette édition comme un art plus calme dans un monde bruyant. Le journal note que la manifestation s’éloigne des démonstrations visuelles trop fortes pour revenir à la mémoire, au son, à la fragilité humaine et aux liens subtils entre les personnes. Cette orientation donne un relief particulier au travail de Nabil Nahas. Dans une époque saturée par la guerre et les images de destruction, l’art peut déplacer l’attention vers la relation entre l’être humain, la nature et le cosmos.    

Nabil Nahas et une image du pays tournée vers l’intériorité

Annahar, le 8 mai 2026, écrit que l’œuvre de Nabil Nahas, « Pluralité sans frontières », explore le lien profond entre l’être humain, la nature et l’univers. Le journal la présente comme une expérience visuelle et spirituelle immersive, portée par une force de contemplation. Ce choix offre une image particulière du Liban. Il ne s’agit pas d’un pavillon fondé sur le cri politique direct. Il s’agit plutôt d’un espace qui invite à regarder autrement. La pluralité y devient une question de forme, de matière et de perception. Elle peut aussi être lue comme une métaphore du pays. Le Liban vit de pluralité, mais cette pluralité se transforme souvent en fracture. L’art de Nahas permet de la replacer dans un champ plus large, moins immédiat, où les éléments peuvent cohabiter sans se nier. Cette approche ne supprime pas le conflit. Elle propose un autre langage pour le penser.  

Le pavillon libanais prend aussi une valeur institutionnelle. Al Liwaa, le 8 mai 2026, indique que l’initiative relève d’un partenariat entre le ministère de la Culture et Lebanese Visual Art Association. Cette coopération montre que la présence culturelle internationale du Liban repose souvent sur un lien entre institutions publiques, associations spécialisées, mécènes et diaspora. Dans un pays aux finances publiques limitées, ces réseaux deviennent essentiels. La présence de la diaspora à l’ouverture signale un autre point. L’art libanais circule par les artistes, mais aussi par les communautés libanaises établies à l’étranger. Elles aident à donner un public, une mémoire et une continuité aux projets. Venise devient donc un lieu de visibilité, mais aussi un lieu de rassemblement symbolique. Le Liban y apparaît par ses artistes, ses institutions et ses expatriés. Cette présence ne règle aucune crise interne. Elle permet toutefois de préserver une part de rayonnement, dans une période où l’image du pays est dominée par l’instabilité.  

Patrimoine sacré et mémoire artistique

Annahar, le 8 mai 2026, consacre un texte à une icône rare liée à Youssef Al Mousawwer. Le père Nicolas Riachi y décrit une icône de la Mère de Dieu dite « la guide », datée du dix-septième siècle. L’image représente la Vierge tenant l’enfant Jésus sur son bras gauche, tandis que sa main droite le désigne comme le chemin. L’enfant bénit de sa main droite et tient dans l’autre une inscription, symbole de la parole divine. Ce sujet rappelle que la culture libanaise ne se limite pas aux arts contemporains. Elle repose aussi sur un patrimoine religieux, pictural et liturgique ancien, souvent mal connu du grand public. L’intérêt pour une icône melkite rare fait entrer l’histoire de l’art dans la presse quotidienne. Il permet de relier l’objet sacré à des questions de transmission, de conservation et d’identité visuelle. Dans un pays où les biens culturels ont été exposés aux guerres, aux ventes, aux déplacements et au manque de moyens de restauration, chaque redécouverte compte. Elle enrichit la mémoire commune. Elle rappelle aussi que le patrimoine chrétien oriental appartient à une histoire plus large que les frontières actuelles.  

Cette attention au patrimoine a une portée sociale. Une icône ancienne n’est pas seulement un objet de culte. Elle est aussi une trace d’ateliers, de gestes, de pigments, de commandes et de circulations. Elle indique l’existence d’un monde artistique dans lequel la foi, la technique et l’image se rejoignaient. La presse culturelle joue ici un rôle de médiation. Elle traduit un objet spécialisé en récit accessible. Elle aide à faire comprendre pourquoi un panneau peint, une signature ou une école iconographique méritent d’être protégés. Dans le Liban actuel, cette fonction est utile. La crise pousse souvent à traiter la culture comme un luxe. Pourtant, la conservation du patrimoine protège une partie de l’histoire collective. Elle nourrit aussi l’enseignement, le tourisme culturel, la recherche et l’image du pays. Entre le pavillon de Venise et l’icône de Youssef Al Mousawwer, deux temporalités se répondent. La première projette le Liban dans l’art mondial contemporain. La seconde le ramène vers ses strates anciennes. Les deux disent la même chose. La culture libanaise existe par la continuité entre création, mémoire et circulation.

Architecture, innovation et formation artistique

Annahar, le 8 mai 2026, rapporte aussi un succès pour l’architecture libanaise. Un projet mené par une équipe d’Atelier KMA, sous la direction du docteur Khaled Abou Taam, professeur à la Faculté des beaux-arts et d’architecture de l’Université libanaise, a obtenu une mention honorable dans une compétition internationale consacrée à l’habitat compact. L’équipe réunit Riham Shamseddine, Imad Attouri, Leila Marwa, Jana Hjeij, Jad Ghannam et Ekaterina Abou Taam. Le projet, intitulé en français « Maison flottante durable pour les rivières urbaines », propose de déplacer une partie de la vie urbaine de la terre vers les eaux du fleuve Colorado, à Austin. Selon Annahar, le jury a salué un concept flottant audacieux et une intégration marquée de la durabilité. Cette information est importante pour la rubrique culture, car l’architecture est à la fois une discipline artistique, sociale et environnementale. Elle engage la manière d’habiter, de partager l’espace et de répondre aux crises urbaines.  

Ce succès signale aussi le rôle de l’Université libanaise dans la formation culturelle et créative. Dans un pays où l’enseignement public supérieur manque de moyens, une distinction internationale montre que les compétences existent encore. Elle montre aussi que les jeunes architectes et chercheurs libanais ne pensent pas seulement à des objets locaux. Ils entrent dans des débats mondiaux sur le logement abordable, la densité urbaine, le climat et la durabilité. Le projet de maison flottante répond à une question actuelle. Comment loger dans des villes denses sans accroître la pression sur les sols. Comment concevoir un habitat à la fois plus léger, plus flexible et moins coûteux. Cette réflexion peut revenir vers le Liban. Les villes libanaises souffrent de densité mal gérée, de littoral abîmé, de fleuves négligés et de manque de logements accessibles. Le projet primé ne constitue pas une solution directe au marché libanais. Il donne cependant une preuve de capacité. Il montre que des équipes libanaises peuvent produire des réponses conceptuelles à des problèmes mondiaux. La culture devient alors un espace de savoir appliqué, et non un simple domaine de représentation.

Musique, scène et conflits de légitimité

Al Sharq, le 8 mai 2026, ouvre sa page artistique sur deux sujets liés à la musique et au spectacle. Le journal rapporte d’abord la participation de Shimaa Al Rassi à une manifestation artistique à Cancún, au Mexique. Il écrit que sa présence n’a pas été ordinaire et qu’elle a affirmé son statut de talent prometteur aux côtés d’artistes plus expérimentés. Le journal décrit un accueil fort du public, depuis son arrivée jusqu’à son passage sur scène, sous la supervision du producteur Hussein Kassir. Cette séquence place une artiste libanaise ou liée à la scène libanaise dans un cadre international, devant un public venu de pays arabes et étrangers. Elle montre que la visibilité des artistes ne passe plus seulement par Beyrouth, Le Caire ou les grandes chaînes régionales. Elle passe aussi par des scènes de diaspora, des événements hybrides et des rassemblements organisés hors du monde arabe.    

Le même journal, Al Sharq, le 8 mai 2026, défend Ghassan Rahbani face à des attaques le visant comme musicien et compositeur. Le texte critique ce qu’il présente comme des campagnes de dénigrement menées par des personnes cherchant à attirer l’attention. Il rappelle que Ghassan Rahbani appartient à un héritage musical transmis par la famille Rahbani, qu’il a étudié, travaillé et soutenu d’autres professionnels. Le journal relie aussi les attaques à des différends autour de l’usage de l’archive d’Elias Rahbani et à des mises en demeure juridiques. Ce sujet dépasse la querelle de personnes. Il pose la question de la légitimité artistique, de la protection des archives, du droit moral et de la transmission familiale. Dans la musique libanaise, le nom Rahbani reste lié à un capital symbolique très fort. L’usage des œuvres, leur reprise, leur exploitation commerciale et leur défense juridique sont donc des enjeux culturels majeurs. Al Sharq indique que Ghassan Rahbani refuse de descendre au niveau des attaques, mais laisse entendre qu’il pourrait répondre si la polémique se poursuit. Cette retenue est présentée comme une manière de préserver la dignité d’un nom et d’un patrimoine.    

Coopération culturelle et agenda du moment

Al Liwaa, le 8 mai 2026, rapporte que le ministre de la Culture Ghassan Salamé a reçu à la Bibliothèque nationale, à Sanayeh, l’ambassadrice de Grèce au Liban, Despina Koukoulopoulou. La rencontre a porté sur les développements au Liban et dans la région, mais aussi sur les relations bilatérales, notamment dans le domaine culturel. Ce type de rendez-vous complète les grands événements comme la Biennale de Venise. Il montre la diplomatie culturelle quotidienne. Les liens avec la Grèce peuvent toucher au patrimoine méditerranéen, aux bibliothèques, aux échanges artistiques, aux traductions, aux festivals et aux projets communs de conservation. Dans une région marquée par les tensions, la culture sert aussi de canal stable entre les États. Elle permet de maintenir des échanges quand d’autres dossiers sont bloqués.  

L’agenda culturel qui ressort des sources du 8 mai 2026 se structure donc autour de plusieurs repères. À Venise, le pavillon libanais de Nabil Nahas ouvre dans le cadre de la Biennale qui se tient du 9 mai au 22 novembre 2026. Dans la presse culturelle, Annahar met en avant l’icône rare liée à Youssef Al Mousawwer, la reconnaissance internationale d’un projet d’architecture durable issu d’une équipe libanaise, et la présence du Liban dans le grand débat mondial sur l’art contemporain. Dans la page artistique de Al Sharq, la scène musicale et de spectacle se partage entre la mise en avant de Shimaa Al Rassi à Cancún et la défense de Ghassan Rahbani dans une controverse sur la valeur artistique et l’usage des archives. Dans Al Liwaa, la rencontre entre Ghassan Salamé et l’ambassadrice de Grèce rappelle que le travail culturel passe aussi par les relations institutionnelles. L’ensemble compose une image contrastée. Le Liban culturel continue de créer, d’exposer, d’enseigner, de chanter et de défendre ses archives. Il le fait dans un contexte lourd, mais sans disparaître derrière lui.

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