Les représentants des multiples tendances partisanes révèlent; les discours habituels à leurs publics, le silencieux dosage des autocensures et le « soutien » paradoxal d’une patrie pourtant déchirée aux grés de profondes appartenances contraires. Il y a ici une rupture  logique de la coexistence, entre les composantes et les partenaires de la patrie, censée être consacrée à préserver le meilleur, apprendre du pire pour fonder un nouveau consensus national. Le dévouement continu; aux modes de vie, aux cultures et aux idéologies adverses, inquiète profondément le libanais. La dite « défense » si engagée de la part de mentalités opposées pour renforcer et construire les bases d’un Etat « fort » et « résistant » dans tous les sens du terme, présente ici un inquiétant virage. Face à l’urgence de bâtir des ponts communs afin d’édifier un pacte commun à cause justement des différences aiguës, on devrait surtout arrêter la négation des formes verbales « autosuffisantes » et ne privilégier que le labeur d’un débat structuré entre nous tous.

Le citoyen va essayer de comprendre mais en vain, la raison qui justifierait la place disproportionnelle réservée à la divergence des options dans un contexte pourtant catastrophique aux niveaux: démographique et socio-économique. Ses appels et sa colère à ces incohérences n’arrivent toujours pas à destination. Néanmoins, la « bienveillance » de nombreux « responsables » se distingue ici par une illégitime et flagrante absence. Le fiasco attendu du 2 e tour pour l’élection du nouveau président ne devrait plus laisser l’ombre d’un doute sur le résultat de l’examen des députés et de nos candidats au devoir de la citoyenneté. Le blocage des mots des uns ne valide aucune voix convaincante pour tant d’autres. Le seul écho que les gens reçoivent relate cette longue et fâcheuse histoire de dissonances de certains chefs. Ils veulent se maintenir au pouvoir au risque d’installer encore une fois les influences étrangères au menu d’un état provisoire! Messieurs, allez-vous encore une fois guarder la tutelle des dépendances, promotrice de conflits, de crises et de guerres à venir? Êtes vous cette fois capables de proclamer une solennelle décision de vouloir vivre vraiment ensemble?

Considérez- vous enfin, les fils d’un même pays, dépendants de ne gérer et de ne répondre qu’à la Nation et redevables aux citoyens pour au moins reconnaître et stopper la démesure des impuissances?!

Joe Acoury.