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Frappes israéliennes sur Beyrouth : Le Hezbollah riposte après l’assassinat de Khamenei

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Les explosions qui ont secoué les banlieues sud de Beyrouth dans la nuit du 1er au 2 mars 2026 marquent un tournant décisif dans le conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran. Des frappes aériennes israéliennes ont visé des sites présumés du Hezbollah, faisant au moins dix morts et de nombreux blessés selon les services de secours libanais. Cette opération, menée par l’armée israélienne en réponse à des tirs de roquettes et de drones lancés par le mouvement chiite libanais sur le nord d’Israël, illustre l’extension rapide des hostilités au Liban. Alors que le gouvernement libanais, dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam, tente de préserver la neutralité du pays, ces échanges de feu ravivent les craintes d’une guerre régionale généralisée, impliquant des acteurs multiples aux intérêts entremêlés.

Les banlieues sud de Beyrouth, fief historique du Hezbollah, ont été le théâtre d’une série de bombardements intenses. Selon un communiqué de l’armée israélienne (Tsahal), ces frappes ont ciblé des “cibles terroristes seniors du Hezbollah dans la zone de Beyrouth”, incluant des dépôts d’armes et des centres de commandement. Des témoins oculaires ont rapporté des colonnes de fumée s’élevant au-dessus des quartiers de Dahiyeh, accompagnées de survols continus d’avions de combat. Le ministère libanais de la Santé publique, sous la direction du ministre Rakan Nassereddine, a confirmé un bilan provisoire de dix décès, dont plusieurs civils, et plus de vingt blessés évacués vers les hôpitaux de la capitale. Des infrastructures civiles, telles que des routes et des lignes électriques, ont également été endommagées, exacerbant les tensions dans une ville déjà marquée par des années de crises économiques et politiques.

Le Hezbollah, pour sa part, a revendiqué les attaques initiales sur Israël comme une “riposte légitime” à l’assassinat du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, survenu le 28 février lors d’une opération conjointe américano-israélienne. Dans un communiqué diffusé sur ses chaînes médiatiques, le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, a déclaré : “Ces actions sont menées en défense du Liban et de son peuple, face aux agressions répétées d’Israël et en solidarité avec l’Iran frère.” Les tirs du Hezbollah ont visé des bases militaires israéliennes près de la frontière, notamment autour de la ville de Nahariya, causant des dommages matériels mais sans victimes rapportées du côté israélien. Tsahal a réagi en ordonnant l’évacuation immédiate de plus de cinquante villages libanais au sud du Litani, invoquant des risques imminents de représailles.

Cette escalade intervient dans un contexte de vulnérabilité accrue pour le Liban. Le pays, toujours convalescent de la guerre de 2024 contre Israël, qui avait causé des destructions massives et un bilan humain de plusieurs milliers de morts, fait face à une économie exsangue. La dette publique dépasse les 100 milliards de dollars, selon les dernières estimations du ministère des Finances dirigé par le ministre Yassin Jaber, et l’inflation reste galopante malgré les réformes engagées sous l’égide du Fonds monétaire international. Le gouvernement Salam, formé en février 2025 avec un équilibre confessionnel fragile – incluant des représentants sunnites, chiites et chrétiens – a multiplié les appels à la retenue. Le ministre des Affaires étrangères, Youssef Rajji, a déclaré lors d’une conférence de presse à Genève le 24 février : “Nous exhortons le Hezbollah à ne pas entraîner le Liban dans une nouvelle aventure qui mettrait en péril la souveraineté et la stabilité du pays.” Ces propos reflètent les divisions internes : tandis que les communautés chiites du sud, bastion du Hezbollah, soutiennent souvent l’axe pro-iranien, les sunnites de Tripoli et les chrétiens du Mont-Liban craignent une déstabilisation qui favoriserait les influences extérieures.

Les avertissements internationaux n’ont pas manqué. Dès le 28 février, l’ambassadrice américaine au Liban a transmis un message clair au gouvernement : “Israël ne frappera pas le Liban si le pays reste en dehors du conflit.” Cette déclaration, relayée par des sources diplomatiques, souligne la pression exercée sur Beyrouth pour contenir le Hezbollah, perçu comme une milice proxy de l’Iran. Le Conseil de sécurité des Nations unies, dans une résolution d’urgence adoptée le 1er mars, a appelé à une “désescalade immédiate” et rappelé la résolution 1701 de 2006, qui exige le désarmement des milices au sud du Litani et le déploiement exclusif de l’armée libanaise. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a averti : “Toute extension du conflit au Liban risquerait d’entraîner une catastrophe humanitaire régionale, avec des implications pour des millions de civils.” Des troupes de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), renforcées par des contingents italiens et français, ont été placées en alerte maximale, avec des patrouilles intensifiées le long de la Ligne bleue.

L’implication du Hezbollah dans ce conflit n’est pas une surprise, compte tenu de ses liens organiques avec Téhéran. Fondé en 1982 avec le soutien des Gardiens de la révolution islamique, le mouvement a reçu des milliards de dollars d’aide iranienne, selon des rapports de la Banque mondiale croisés avec des données du ministère libanais des Finances. Affaibli par la guerre de 2024, qui a décimé ses cadres supérieurs et détruit une partie de son arsenal, le Hezbollah opère désormais depuis des zones plus au nord, comme les montagnes de Jezzine et d’Iqlim al-Tuffah. Des sources militaires libanaises estiment que le groupe dispose encore de missiles à longue portée et de drones produits localement, financés par l’Iran malgré les sanctions internationales. Le 1er mars, des survols aériens intenses ont été signalés au-dessus du sud Liban, indiquant une préparation à d’éventuelles opérations terrestres israéliennes.

Le rôle de l’armée libanaise dans cette crise

L’armée libanaise, placée sous le commandement du général Joseph Aoun – élu président de la République en janvier 2025 –, tente de maintenir un équilibre précaire. Avec un effectif d’environ 80 000 hommes, dont 10 000 déployés au sud du Litani, elle coordonne ses actions avec la FINUL pour éviter une escalade. Le ministre de la Défense, Michel Menassah, a ordonné le renforcement des positions frontalières, avec des unités blindées et d’artillerie positionnées le long de la frontière. Cependant, le budget militaire annuel, estimé à environ 2 milliards de dollars selon les données du ministère des Finances, reste insuffisant pour faire face à une confrontation majeure, surtout avec les contraintes économiques imposées par la crise depuis 2019. Des exercices conjoints avec la FINUL ont été menés le 27 février, juste avant l’assassinat de Khamenei, pour simuler des scénarios de défense contre des incursions.

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Newsdesk Libnanews
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