Les frappes aériennes israéliennes sur les banlieues sud de Beyrouth, survenues dans la nuit du 1er au 2 mars 2026, ont entraîné la mort de Mohammad Raad, chef du bloc parlementaire du Hezbollah au Parlement libanais. Cette opération, menée par l’armée israélienne en réponse à des tirs de roquettes lancés par le mouvement chiite sur le nord d’Israël, illustre une nouvelle phase d’escalade dans un conflit qui s’étend désormais pleinement au territoire libanais. Mohammad Raad, figure emblématique du Hezbollah depuis plus de trois décennies et leader du bloc « Fidélité à la Résistance », a été ciblé dans le quartier de Dahiyeh, fief historique de l’organisation. Selon les rapports initiaux, au moins dix personnes ont péri dans ces bombardements, dont plusieurs civils, tandis que des dizaines d’autres ont été blessées et évacuées vers les hôpitaux de la capitale. Cette perte, confirmée par des sources proches des opérations militaires, représente un coup sévère pour le Hezbollah, déjà engagé dans des échanges de feu intenses depuis l’assassinat du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, le 28 février.
Les circonstances de l’attaque
L’opération israélienne a visé plusieurs sites présumés du Hezbollah dans les banlieues sud de Beyrouth, incluant des dépôts d’armes et des centres de commandement. Des témoins oculaires ont décrit des explosions puissantes secouant les quartiers résidentiels de Dahiyeh, accompagnées de survols continus d’avions de combat. L’armée israélienne, dans un communiqué officiel, a indiqué avoir frappé « des cibles terroristes seniors du Hezbollah », sans nommer explicitement Mohammad Raad, mais en précisant que ces actions étaient une riposte directe aux projectiles lancés vers des bases militaires israéliennes près de la frontière. Les tirs du Hezbollah, revendiqués comme une « réponse légitime » à l’assassinat de Khamenei, ont touché des zones autour de Nahariya et Haïfa, causant des dommages matériels mais aucune victime côté israélien selon les autorités de Tel-Aviv. En réaction, Israël a ordonné l’évacuation immédiate de 53 villages libanais au sud du Litani et dans la Bekaa, enjoignant aux résidents de s’éloigner d’au moins 1 000 mètres de leurs habitations pour éviter des frappes supplémentaires.
Le ministère libanais de la Santé publique, dirigé par Rakan Nassereddine, a publié un bilan provisoire confirmant dix décès, dont des civils pris au piège dans les décombres, et plus de vingt blessés graves. Des infrastructures essentielles, telles que des routes reliant le sud à la capitale et des lignes électriques, ont été endommagées, provoquant des coupures d’électricité prolongées dans une région où l’approvisionnement public est déjà limité à quelques heures par jour. Le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Joseph Saddi, a signalé que ces interruptions pourraient durer plusieurs jours, aggravant la dépendance aux générateurs privés et augmentant les coûts pour les ménages libanais déjà frappés par une crise économique persistante.
Les déplacements de population au sud
Les ordres d’évacuation émis par Israël pour 53 localités, dont Sarafand, Saida, Qana, Bint Jbeil et des zones de la Bekaa comme Yahmar et Meidoun, ont provoqué un exode massif. Plus de 50 000 personnes, selon les estimations des services de secours libanais, ont fui vers le nord, surchargeant les routes vers Beyrouth et les régions montagneuses. Le ministère des Affaires sociales, sous la direction de Hanin Al-Sayed, a activé des centres d’accueil d’urgence, distribuant des kits de survie en coordination avec la Croix-Rouge libanaise. Parmi les déplacés, de nombreux réfugiés syriens – plus d’un million au Liban – risquent d’être particulièrement affectés, avec des camps comme Bourj el-Barajneh exposés aux retombées des opérations.
L’armée libanaise, commandée par le général Joseph Aoun, président de la République depuis janvier 2025, a renforcé ses positions frontalières avec 10 000 soldats déployés au sud du Litani. Le ministre de la Défense, Michel Mnassah, a ordonné l’utilisation d’unités blindées et d’artillerie pour sécuriser la Ligne bleue, en coordination avec la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL).
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