Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a déclaré mardi que les forces armées de son pays ne se retireront pas des positions qu’elles occupent dans le sud du Liban tant que le Hezbollah détient des armes. Cette affirmation, prononcée lors d’une intervention publique, souligne la persistance des tensions malgré l’accord de cessez-le-feu signé en novembre 2024. Katz a précisé que la présence israélienne dans cinq points stratégiques du sud libanais n’est pas incluse dans les termes de l’accord, mais qu’elle a été imposée par Israël et acceptée par les États-Unis. Cette position intervient au moment où le gouvernement libanais annonce que l’armée libanaise aura besoin d’au moins quatre mois pour mettre en œuvre la deuxième phase de son plan visant à désarmer le Hezbollah dans la région sud du pays.
Les tensions persistantes au sud du Liban
Depuis la signature du cessez-le-feu en novembre 2024, qui visait à mettre fin à plus d’un an d’hostilités entre Israël et le Hezbollah, soutenu par l’Iran, la situation reste précaire. Israël accuse le Hezbollah de se réarmer et critique les progrès de l’armée libanaise comme insuffisants. Des frappes régulières sont menées par l’armée israélienne sur le territoire libanais, malgré les engagements pris dans l’accord. Le Hezbollah, de son côté, rejette toute exigence de reddition de ses armes au nord du fleuve Litani, affirmant que cela relève de la souveraineté libanaise.
Le plan de l’armée libanaise pour le désarmement
Le gouvernement libanais a indiqué lundi que l’armée aura besoin d’au moins quatre mois pour implémenter la deuxième phase de son plan militaire destiné à placer toutes les armes sous contrôle étatique dans le sud du pays. Cette phase concerne la zone comprise entre le Litani et le fleuve Awali, située à environ 40 kilomètres au sud de Beyrouth. Le ministre libanais de l’Information, Paul Morcos, a expliqué que ce délai est extensible en fonction des capacités disponibles, des attaques israéliennes et des obstacles sur le terrain. L’armée libanaise avait annoncé le mois dernier avoir achevé la première phase du plan, couvrant la bande entre le Litani et la frontière israélienne, longue d’environ 30 kilomètres.
Les cinq positions stratégiques occupées par Israël
Israël maintient des troupes dans cinq positions qu’il considère comme stratégiques dans le sud du Liban. Ces points, situés sur des crêtes le long de la Ligne bleue – la frontière de facto –, permettent un contrôle visuel sur plusieurs villages frontaliers libanais, tels que Kfar Kila, Aita al-Shaab, Maroun al-Ras, Aitaroun, Blida, Markaba et Houla. Des images satellites analysées montrent que l’armée israélienne a fortifié ces positions, avec des routes d’accès élargies et des infrastructures défensives renforcées. Ces emplacements offrent une domination topographique sur les environs, tant du côté libanais que israélien, et sont considérés comme essentiels pour protéger les communautés israéliennes voisines.
Le contexte de l’accord de cessez-le-feu
L’accord de novembre 2024 stipule que le Hezbollah doit se retirer au-delà du Litani et que ses armes soient démantelées conformément aux résolutions internationales, notamment la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée en 2006. Cette résolution appelle à la démilitarisation de la zone au sud du Litani, à l’exception des forces armées libanaises et de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Cependant, depuis l’entrée en vigueur de l’accord, Israël a mené plus de 600 frappes au Liban, ciblant des dépôts d’armes et des infrastructures du Hezbollah dans le sud, la vallée de la Bekaa et même à Beyrouth. Le Hezbollah a qualifié ces actions de violations flagrantes, tout en maintenant sa posture défensive.
Les avertissements répétés d’Israel Katz
Israel Katz a multiplié les déclarations fermes ces derniers mois. En novembre 2025, il avait averti que l’action militaire contre le Liban serait « inévitable » si le Hezbollah refusait de se désarmer. « Si le Hezbollah ne se conforme pas, Israël agira avec force », avait-il déclaré lors d’une intervention médiatique, insistant sur le fait que le groupe ne doit pas maintenir une présence armée le long de la frontière nord d’Israël. Katz a également souligné que le gouvernement libanais doit remplir ses engagements pour désarmer le Hezbollah, conformément aux objectifs de l’accord. En décembre 2025, il avait menacé d’intervenir si le désarmement n’était pas achevé d’ici la fin de l’année, une échéance qui n’a pas été respectée.
La réaction du Hezbollah et du gouvernement libanais
Le Hezbollah a décrit le plan de l’armée libanaise comme une opportunité de « retour à la sagesse et à la raison », mais il rejette toute idée de désarmement unilatéral. Des sources proches du groupe indiquent que le Hezbollah considère sa présence armée comme une nécessité face aux menaces israéliennes persistantes. Le gouvernement libanais, sous la pression internationale, tente de consolider le contrôle des armes, mais fait face à des défis internes, notamment les influences confessionnelles et régionales. Le Premier ministre libanais a appelé à un respect mutuel de l’accord, soulignant que les frappes israéliennes entravent les efforts de désarmement.
Les implications pour la Finul
La Force intérimaire des Nations unies au Liban joue un rôle clé dans la surveillance de la zone. Depuis le cessez-le-feu, la Finul a rapporté de nombreuses violations, incluant des incursions israéliennes et des mouvements armés du Hezbollah. En février 2025, Israël avait annoncé qu’il transférerait la responsabilité de certaines zones à l’armée libanaise, mais maintiendrait un contrôle temporaire sur cinq postes de commandement. Ces positions se trouvent dans des zones où des destructions étendues ont été observées, affectant des structures civiles et des terres agricoles. La Finul a appelé à un retrait complet des forces israéliennes pour permettre une pleine implémentation de la résolution 1701.
Les destructions dans le sud du Liban
Les opérations israéliennes ont causé des dommages considérables dans le sud du Liban. Des villages frontaliers comme Dhayra ont vu des mosquées et des bâtiments civils détruits, souvent en dehors de contextes de combats actifs. Des analyses montrent que l’armée israélienne a ciblé des infrastructures hydrauliques et agricoles, considérant l’eau comme un enjeu stratégique. Plus de dix villages frontaliers ont été rasés par des bulldozers et des explosifs après le cessez-le-feu. Ces actions ont transformé des zones en « zones de mort », surveillées par des drones israéliens, rendant le retour des résidents impossible.
Les pressions internationales sur le Liban
Les États-Unis, médiateurs dans l’accord, ont accepté la présence israélienne dans les cinq points, selon Katz. Washington exerce une pression sur Beyrouth pour accélérer le désarmement, tout en soutenant Israël dans ses préoccupations sécuritaires. L’Union européenne et la France ont appelé à une désescalade, mais les dynamiques régionales, impliquant l’Iran comme soutien du Hezbollah, compliquent les négociations. En janvier 2026, des discussions indirectes entre représentants libanais et israéliens ont eu lieu, mais sans progrès significatifs sur le retrait.
Les défis topographiques et militaires
Les cinq positions occupées par Israël sont situées sur des points élevés, comme la colline près de Labbouneh face à Shlomi, le pic de Jabal Blat face à Zar’it, et d’autres collines face à Avivim, Malkia, Margaliot et Metula. Ces emplacements bloquent potentiellement les routes d’infiltration du Hezbollah et offrent une protection physique aux communautés israéliennes. L’armée israélienne a élargi les accès et fortifié ces sites, indiquant une occupation prolongée. Du côté libanais, l’armée déploie des forces, mais rencontre des obstacles dus aux frappes continues.
Les violations continues du cessez-le-feu
Malgré l’accord, les incidents se multiplient. En décembre 2025, Israël a lancé des frappes sur des installations d’armes du Hezbollah à Mahrouna et Jbaa, après des avertissements. Des avertissements similaires ont été émis pour Majadal et Baraasheet. Ces actions visent des cibles terroristes, selon l’armée israélienne, mais affectent les civils. Le Hezbollah a répondu par des déclarations affirmant sa readiness, sans escalade majeure.
Le rôle de la résolution 1701
La résolution 1701 reste le cadre de référence. Elle exige le retrait des forces non étatiques au sud du Litani et le renforcement de la présence de l’armée libanaise et de la Finul. Cependant, son implémentation incomplète depuis 2006 alimente les tensions. Israël insiste sur un désarmement total du Hezbollah pour sécuriser sa frontière nord, permettant le retour de ses résidents évacués. Le Liban argue que les incursions israéliennes violent la souveraineté.



