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Le Premier ministre libanais Nawaf Salam met en garde le Hezbollah contre un soutien à l’Iran en cas de conflit avec les États-Unis

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Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a lancé un avertissement clair au Hezbollah lors d’une interview télévisée diffusée jeudi soir, soulignant que le Liban pouvait se passer d’un soutien à l’Iran en cas de guerre avec les États-Unis. Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions régionales accrues, alors que les négociations sur le nucléaire iranien piétinent et que des frappes américaines potentielles contre Téhéran font planer l’ombre d’un nouveau conflit. Salam, qui a visité plusieurs villes et villages du sud du Liban touchés par la guerre plus tôt ce mois-ci, a insisté sur le retour de l’État dans cette région pour y rester, tout en promettant de sécuriser les moyens de subsistance pour ses habitants. Il a critiqué l’engagement passé du Hezbollah dans la guerre avec Israël en soutien à Gaza, qualifiant cela d’« aventure de soutien à Gaza » qui n’a pas réellement aidé Gaza et qui a coûté cher au Liban. « Nous avons besoin d’années pour nous remettre des conséquences de l’aventure de ‘soutien à Gaza’ – et si seulement elle avait réellement soutenu Gaza », a-t-il déclaré avec sarcasme.

Cette intervention du Premier ministre reflète les défis intérieurs et extérieurs auxquels fait face le Liban en cette fin février 2026. Le pays, encore convalescent d’une guerre dévastatrice avec Israël en 2024, doit naviguer entre la reconstruction de ses infrastructures détruites, la stabilisation économique et les pressions géopolitiques impliquant l’Iran, les États-Unis et Israël. Salam, en poste depuis le 8 février 2025, a formé un gouvernement de 24 ministres qui vise à prioriser les réformes financières, la reconstruction et l’application de la résolution 1701 des Nations unies, vue comme un pilier pour la stabilité à la frontière libano-israélienne. Le cabinet inclut des représentants de divers blocs parlementaires, avec une représentation chiite de cinq ministres nommés par le duo chiite (Hezbollah et Amal), incluant le ministre des Finances Yassin Jaber (Amal), le ministre de la Santé Rakan Nasreddine (Hezbollah), le ministre du Travail Muhammad Haidar (Hezbollah), la ministre de l’Environnement Tamara al-Zin (Amal) et le ministre du Développement administratif Fadi Meki (Amal).

Les visites récentes de Salam dans le sud illustrent l’engagement du gouvernement envers les régions les plus affectées. Plus tôt ce mois-ci, le 7 février 2026, il s’est rendu dans des villages comme Tayr Harfa, Yarin, Marjayoun et Hasbaya, où les destructions causées par les frappes israéliennes de 2024 sont encore visibles. Des résidents ont décrit la dévastation comme comparable à un « tremblement de terre dévastateur ». Lors de ces visites, Salam a promis le début de la reconstruction, annonçant que 360 millions de dollars avaient été sécurisés pour rebâtir les zones endommagées du sud. Il a réaffirmé que l’État était de retour au sud pour y rester, et qu’il comptait visiter à nouveau la région pour veiller à ce que les besoins des habitants soient satisfaits. Ces déplacements interviennent alors que des frappes israéliennes sporadiques continuent de viser des cibles présumées du Hezbollah dans le sud et l’est du Liban, malgré l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024.

Les tensions régionales et les avertissements du Premier ministre

Les déclarations de Salam sur l’Iran et le Hezbollah s’inscrivent dans un cadre de tensions croissantes entre les États-Unis et l’Iran. Avec les négociations nucléaires à Genève qui stagnent, et l’arrivée d’un deuxième porte-avions américain au Moyen-Orient, les craintes d’une frappe américaine contre l’Iran se multiplient. Le Hezbollah, allié de Téhéran, a signalé qu’il ne resterait pas neutre en cas d’attaque contre l’Iran. Le secrétaire général du groupe, Naim Qassem, a déclaré le mois dernier que le Hezbollah était « non neutre » dans cette confrontation et qu’il choisirait le moment approprié pour agir. Cette position a alarmé les autorités libanaises, qui craignent que le Liban soit entraîné dans un nouveau conflit.

Salam a été direct : « Nous pouvons nous passer d’un soutien à l’Iran. » Il a blâmé le Hezbollah pour avoir déclenché la guerre avec Israël en soutien à Gaza, une « aventure » qui a imposé un coût élevé au Liban sans bénéfices tangibles pour Gaza. Cette critique fait écho à des avertissements plus larges du gouvernement libanais. Le ministre des Affaires étrangères, Youssef Raggi, a exprimé des craintes que les infrastructures libanaises, y compris l’aéroport de Beyrouth, soient ciblées par Israël si le Hezbollah s’impliquait dans un conflit américano-iranien. Des responsables libanais ont rapporté qu’Israël avait envoyé un message indirect avertissant que le Liban serait frappé durement, avec des attaques sur des infrastructures civiles, si le Hezbollah intervenait.

Ces avertissements interviennent alors que des frappes israéliennes récentes ont tué plusieurs membres du Hezbollah. Entre le 16 et le 22 février 2026, les opérations israéliennes en Liban ont éliminé 14 personnes, dont 10 operatives du Hezbollah et deux du Hamas. Le 20 février, une frappe près de Riyaq, dans la vallée de la Bekaa, a tué huit membres du Hezbollah, dont des commandants locaux comme Hussein Muhammad Yagi. L’armée israélienne a affirmé avoir visé des centres de commandement de missiles du Hezbollah. Ces incidents soulignent la fragilité du cessez-le-feu, avec environ 400 morts au Liban depuis novembre 2024 dus à des frappes israéliennes.

Le contexte de la guerre de 2024 et ses répercussions

La guerre de 2024 entre Israël et le Hezbollah, déclenchée en soutien au Hamas à Gaza, a laissé des cicatrices profondes au Liban. Des milliers de combattants du Hezbollah ont été tués, dont son leader Hassan Nasrallah, et une grande partie de son arsenal a été détruite. Le sud du Liban, en particulier, a subi des destructions massives, avec des villages entiers rasés par les bombardements. L’invasion terrestre israélienne en octobre 2024 a exacerbé la crise humanitaire, forçant des centaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers.

Le gouvernement de Salam, formé après l’élection du président Joseph Aoun en janvier 2025, a hérité d’une situation précaire. Le cabinet intérimaire précédent avait géré le pays pendant plus de deux ans au milieu d’une crise économique majeure, avec une dette publique dépassant 100 milliards de dollars et une inflation galopante. Salam a promis des réformes, y compris la restructuration du secteur bancaire et la négociation avec le Fonds monétaire international (FMI). Récemment, le 23 février 2026, des hausses de taxes sur l’essence et la TVA ont été annoncées pour financer les salaires et pensions des employés publics, provoquant des protestations. Ces mesures, qualifiées de régressives par des analystes, visent à stabiliser les finances, mais elles ont suscité la colère d’une population épuisée par la crise.

Les relations institutionnelles au Liban

Malgré les divergences, Salam a affirmé partager les mêmes objectifs et vision que le président Joseph Aoun, bien que leurs approches diffèrent. « Il y a une coopération entre le parlement et le gouvernement », a-t-il déclaré, ajoutant que sa relation avec le président de la Chambre, Nabih Berri, est régie par ces principes. Berri, leader du mouvement Amal et allié du Hezbollah, joue un rôle clé dans les négociations internes. Le gouvernement a approuvé un plan de l’armée pour la deuxième phase du désarmement du Hezbollah au nord du Litani, prévu sur quatre à huit mois, sans opposition des ministres du Hezbollah.

Ce plan fait partie d’un effort plus large pour confiner les armes à l’État, comme l’a souligné Salam. L’armée libanaise, dirigée par le commandant Rodolph Haykal, a présenté ce projet au cabinet le 16 février 2026. Il vise à renforcer la souveraineté de l’État, avec l’armée prête à accomplir la tâche en quatre mois si les ressources nécessaires sont fournies. Cependant, le Hezbollah maintient qu’il ne désarmera pas, arguant que cela servirait les intérêts israéliens. Son secrétaire général a déclaré que l’organisation ne voulait pas initier une guerre mais qu’elle répondrait à toute agression.

Les implications immédiates des frappes israéliennes récentes

Les opérations israéliennes se poursuivent, avec des attaques sur des cibles du Hezbollah dans la Bekaa et le sud. Le 21 février 2026, des frappes près de Tamnine el Tahta ont endommagé des bâtiments, illustrant la poursuite des tensions. L’armée libanaise a ordonné à ses soldats de riposter après qu’un poste d’observation a été attaqué par Israël le 24 février près de Marjayoun. Israël justifie ces actions par la nécessité d’empêcher la régénération militaire du Hezbollah au sud du Litani.

Entre le 9 et le 15 février, neuf personnes ont été tuées par des opérations israéliennes, dont trois operatives du Hezbollah et trois du Jihad islamique palestinien. Ces incidents ont accru les craintes d’une escalade, particulièrement si le Hezbollah intervenait en soutien à l’Iran. Des responsables du Hezbollah ont indiqué que le groupe n’interviendrait pas en cas de frappes américaines « limitées » sur l’Iran, mais qu’il se défendrait en cas d’agression directe.

Les efforts de reconstruction au sud

Le gouvernement poursuit ses initiatives pour la reconstruction. Lors de sa visite du 8 février 2026, Salam a inspecté des villages comme Alma al-Shaab et Naqoura, promettant une aide immédiate. Des fonds internationaux, incluant des contributions du Qatar et d’autres partenaires, soutiennent ces efforts. Le Premier ministre a marqué le premier anniversaire de son mandat en soulignant que le gouvernement avait limité l’effondrement économique et posé les bases pour rebâtir l’État.

Les dynamiques politiques internes

Les élections parlementaires prévues pour le 10 mai 2026 pourraient être reportées, selon des rapports médiatiques, en raison de débats sur la stabilité et les réformes. Le président Aoun et Salam ont signé un décret ouvrant une session parlementaire extraordinaire du 2 mars au 10 mai pour éviter un report. Le bloc chiite, dominé par le Hezbollah et Amal, influence les décisions, mais le gouvernement cherche à équilibrer les influences confessionnelles.

Les relations avec la Syrie et la région

Salam a indiqué que son gouvernement travaille à recalibrer les relations avec la Syrie, visant une normalisation prudente. Cela s’inscrit dans une stratégie pour consolider la sécurité et favoriser la récupération économique.

Les défis économiques persistants

La dette publique reste un fardeau, avec des rapports du ministère des Finances indiquant une stabilisation relative grâce aux réformes. L’inflation, bien que ralentie, affecte toujours les ménages, et les hausses de taxes récentes ont provoqué des manifestations le 17 février.

Les implications des tensions US-Iran pour le Liban

Avec les exercices militaires irano-russes récents et la présence accrue américaine, le Liban redoute d’être pris en tenaille. Salam a réitéré que le pays ne serait pas entraîné dans une nouvelle guerre, espérant que la raison prévaudra. Le ministre des Affaires étrangères Raggi a appelé le Hezbollah à s’abstenir d’entrer dans une « nouvelle aventure » pour épargner au Liban davantage de destructions.

Les opérations militaires en cours

Le 22 février, des sources ont rapporté que le Hezbollah avait lancé des projectiles symboliques vers des zones ouvertes en Israël, sans causer de dommages, en réponse à des frappes israéliennes. L’armée israélienne a intensifié ses opérations, avec des ordres pour une approche plus agressive contre la régénération du Hezbollah. Ces développements soulignent les risques persistants pour la stabilité libanaise, alors que le gouvernement tente de consolider son autorité et de promouvoir la reconstruction sans être aspiré dans des conflits extérieurs.

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