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Le président allemand Steinmeier à Beyrouth : un appel au respect du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah

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Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a entamé, lundi 16 février 2026, une visite de deux jours au Liban, marquée par une rencontre avec son homologue libanais Joseph Aoun au palais présidentiel de Baabda. Au cœur des discussions : l’engagement de l’Allemagne à soutenir le Liban après la fin de la mission de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) prévue pour la fin de l’année, et un appel ferme aux deux parties au conflit, Israël et le Hezbollah, à respecter l’accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024. Cette visite, la première d’un chef d’État allemand au Liban depuis 2018, intervient dans un contexte de tensions persistantes au sud du pays, où les violations de l’accord se multiplient malgré les engagements internationaux.

Lors de la conférence de presse conjointe tenue au palais de Baabda, Frank-Walter Steinmeier a déclaré que l’Allemagne restera aux côtés du Liban pour renforcer l’autorité de l’État, même après le retrait de ses troupes de la Finul. « Après la fin de la mission de la Finul, l’Allemagne restera aux côtés de votre pays pour renforcer l’autorité de l’État », a-t-il affirmé, sans préciser les modalités de cette aide. Il a souligné le rôle central des Forces armées libanaises (FAL) comme « colonne vertébrale de la stabilité au Liban », ajoutant : « Les Forces armées libanaises sont bien sûr la colonne vertébrale de la stabilité au Liban, et cela signifie qu’après la mission de la Finul, nous devons réfléchir à la manière de les renforcer. » Steinmeier a également insisté sur la nécessité d’avancer dans le processus de désarmement du Hezbollah, tel que prévu par l’accord de cessez-le-feu négocié par les États-Unis, et sur le retrait complet d’Israël du territoire libanais.

De son côté, le président Joseph Aoun a rappelé le lourd tribut payé par le Liban lors du conflit de 14 mois entre Israël et le Hezbollah, qui a fait plus de 4 000 morts, dont des centaines de civils, et causé des dommages estimés à 11 milliards de dollars selon la Banque mondiale. « Nous avons été contraints de vivre des conflits violents que nous n’avons pas choisis et nous en avons porté le fardeau. Nous ne sommes plus en mesure de le faire », a-t-il déclaré. Aoun a demandé à Steinmeier que l’Allemagne assume un « rôle principal » après la Finul, sans en détailler la nature, et qu’elle fasse pression sur Israël pour qu’il respecte le cessez-le-feu et se retire du Liban. Il n’a pas mentionné le retrait du Hezbollah du sud du pays, un point clé de l’accord.

Un engagement allemand post-Finul dans un contexte fragile

La visite de Steinmeier survient alors que la Finul, déployée depuis près de cinq décennies au sud du Liban, approche de sa fin. Le Conseil de sécurité des Nations unies a renouvelé son mandat une dernière fois en août 2025, jusqu’au 31 décembre 2026, avec un retrait progressif prévu en 2027. Actuellement forte d’environ 7 500 Casques bleus, dont 179 Allemands, la force joue un rôle essentiel dans la surveillance de la situation sécuritaire, y compris pendant le conflit Israël-Hezbollah de l’année précédente. L’Allemagne, qui contribue à la surveillance maritime pour empêcher la contrebande d’armes, forme déjà des troupes libanaises dans le sud du pays suite au conflit.

Steinmeier a visité le site de l’explosion dévastatrice du port de Beyrouth en 2020, soulignant l’engagement continu de l’Allemagne en matière d’aide humanitaire et de reconstruction. Plus tard dans la journée, il s’est entretenu avec le Premier ministre libanais Nawaf Salam au palais du gouvernement, où les discussions ont porté sur les progrès des réformes administratives et financières du Liban, ainsi que sur la phase post-Finul. Salam a réaffirmé l’engagement du gouvernement à contrôler les armes sous l’autorité de l’État, un enjeu central pour la stabilité régionale.

Le président allemand a également rencontré le président du Parlement, Nabih Berri, à son quartier général à Beyrouth. Berri, figure influente de la communauté chiite et allié du Hezbollah, a discuté des obligations des deux parties en vertu de l’accord de cessez-le-feu. Steinmeier a réitéré que sa visite visait à exiger que « les deux parties respectent leurs obligations en vertu de l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024 et que le désarmement du Hezbollah au Liban se poursuive, créant ainsi les conditions pour le retrait de l’armée israélienne du sud du Liban ».

L’accord de cessez-le-feu à l’épreuve des violations persistantes

L’accord de cessez-le-feu, entré en vigueur le 27 novembre 2024 à 4 heures (heure locale), prévoyait une cessation des hostilités, le retrait du Hezbollah au nord du fleuve Litani et le retrait progressif des forces israéliennes du Liban. Prolongé par les États-Unis jusqu’au 18 février 2025, il a permis à Israël de se retirer des zones peuplées du sud du Liban, mais Tel-Aviv maintient une présence dans cinq positions stratégiques frontalières. Depuis lors, les violations se sont multipliées : l’armée israélienne a conduit plus de 1 900 infractions, selon des rapports militaires libanais, incluant des frappes aériennes et des incursions terrestres.

En janvier 2026, l’armée libanaise a annoncé avoir achevé la première phase de son plan de désarmement du Hezbollah, couvrant la zone entre le Litani et la frontière israélienne. Le 16 février 2026, le ministre libanais de l’Information, Paul Morcos, a indiqué que la deuxième phase nécessiterait au moins quatre mois, extensible en fonction des capacités disponibles, des attaques israéliennes et des obstacles sur le terrain. « Il y a un délai de quatre mois, extensible en fonction des capacités disponibles, des attaques israéliennes et des entraves sur le terrain », a-t-il précisé. Israël, accusant le Hezbollah de se réarmer, critique le rythme insuffisant de ces efforts et maintient des frappes régulières.

Du 2 au 8 février 2026, les forces israéliennes ont mené de nombreuses opérations contre des cibles du Hezbollah au Liban, tuant un opérateur et blessant huit personnes non identifiées. Ces actions se concentrent au sud du Litani, mais des frappes au nord indiquent une pression soutenue sur les capacités opérationnelles du Hezbollah. Selon un rapport de l’Alma Research and Education Center daté du 29 janvier 2026, le Hezbollah, bien que sévèrement affaibli par la guerre, conserve une résilience notable et tente de se reconstituer plus rapidement que les efforts de neutralisation israéliens.

Les dynamiques régionales et les pressions internationales

Le conflit Israël-Hezbollah de 2023-2024 a redessiné la carte sécuritaire du Moyen-Orient. Hezbollah, soutenu par l’Iran, a perdu une grande partie de son leadership et de ses capacités militaires, avec plus de 370 combattants tués depuis le cessez-le-feu selon l’armée israélienne. Le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, a déclaré le 26 janvier 2026 que le groupe ne resterait pas neutre en cas d’attaque américaine contre l’Iran, risquant d’embraser la région entière. Malgré ces déclarations, les contraintes sur le Hezbollah s’accumulent, l’Iran étant limité dans son soutien en raison de ses crises internes.

Le Liban, quant à lui, insiste sur son engagement total envers la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en 2006 pour mettre fin à un précédent conflit. Le président Aoun, lors de sa rencontre avec Steinmeier, a réaffirmé que le Liban « insiste sur une paix absolue et rejette toute condition pour celle-ci, sauf le droit et le bien ». Il a ajouté : « Nous désirons rien d’autre que le bien-être de notre peuple, la prospérité de notre nation et la vie de nos enfants. » Aoun a également évoqué la libération du Liban de toute occupation et tutelle, uniquement par les Forces armées libanaises, et la reconstruction de ce qui a été détruit.

Les États-Unis, médiateurs de l’accord, surveillent sa mise en œuvre via un comité incluant Israël, le Liban, la France et la Finul. Le 16 février 2026, le Premier ministre Salam a signalé l’ouverture du Liban à un rôle élargi dans cette task force, tout en accélérant le désarmement du Hezbollah. Israël, de son côté, a intensifié ses frappes en préparation d’une possible confrontation avec l’Iran, selon des rapports médiatiques du 17 février 2026.

Les implications immédiates pour la stabilité libanaise

Plus de 64 000 Libanais restent déplacés un an après le cessez-le-feu, selon des estimations récentes. Le sud du Liban n’est pas considéré comme sûr, Israël ayant rasé plusieurs villages malgré l’accord. Des frappes israéliennes ont tué plus de 370 personnes au Liban depuis novembre 2024, incluant des civils et des membres des forces de sécurité internes. Le 9 février 2026, une frappe à Yanouh, dans la région de Tyr, a tué trois personnes, dont un enfant et son père, membre des Forces de sécurité internes.

Le gouvernement libanais, sous Nawaf Salam, poursuit ses réformes pour restaurer la confiance des donateurs. Une conférence à Paris vise à renforcer le soutien aux forces armées et de sécurité internes, avec des contributions attendues de l’Allemagne et d’autres nations. Steinmeier, lors de sa visite, a réaffirmé l’intérêt de Berlin pour la stabilité du Liban, liée à la sécurité européenne, incluant la lutte contre le terrorisme et la migration illégale.

Le 16 février 2026, Steinmeier a prononcé un discours à bord de la frégate Sachsen-Anhalt, hôte d’une réception organisée par l’ambassadeur allemand Kurt Georg Stoeckl-Stillfried, en présence de personnel militaire allemand. Il a appelé au respect mutuel de l’accord, notant que « les deux parties sont obligées de respecter l’accord de cessez-le-feu – je le dis en Israël comme au Liban ». Cette position reflète les efforts diplomatiques pour éviter une reprise des hostilités, alors que le Hezbollah rejette les appels au désarmement complet.

Les opérations israéliennes se poursuivent : entre le 20 et le 26 janvier 2026, l’armée israélienne a attaqué des cibles du Hezbollah au sud du Liban et dans la vallée de la Bekaa pour faire respecter l’accord et empêcher la reconstitution militaire du groupe. Le futur du comité de surveillance reste incertain, une prochaine réunion étant potentiellement prévue le 25 février 2026. Le Liban, par la voix de son ambassadeur Simon Karam, insiste sur le respect intégral de la résolution 1701, y compris le plein respect de la Ligne bleue et la cessation totale des hostilités.

Au 17 février 2026, des sources officielles libanaises rapportent que l’armée a complété la première phase de démilitarisation au sud du Litani avec professionnalisme, malgré les critiques israéliennes. Les dynamiques confessionnelles au Liban, avec une influence sunnite à Tripoli et chiite au sud, compliquent les efforts de désarmement, mais le momentum politique actuel, soutenu par Aoun et Salam, favorise un retrait israélien potentiel. Les frappes israéliennes récentes, comme celle du 3 février 2026 tuant quatre personnes, soulignent les défis persistants pour la mise en œuvre de l’accord.

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Newsdesk Libnanews
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