mardi, janvier 20, 2026

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Le président libanais Joseph Aoun affirme devant le corps diplomatique : « Aucune balle n’a été tirée du Liban depuis un an »

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Dans un discours prononcé à l’occasion du Nouvel An devant les membres du corps diplomatique accrédités au Liban, le président de la République, le général Joseph Aoun, a dressé un bilan détaillé de sa première année de mandat, marquée par des avancées en matière de sécurité, de réformes internes et de relations internationales. Élu il y a un an et dix jours, le chef de l’État a insisté sur la consolidation de la souveraineté libanaise, particulièrement dans le sud du pays, où le contrôle exclusif des forces armées libanaises s’est imposé comme une réalité tangible. Ce discours, tenu au palais présidentiel de Baabda, intervient dans un contexte régional toujours tendu, avec des violations persistantes de la souveraineté libanaise par Israël, mais aussi avec des signes d’amélioration économique et de soutien international croissant. Le président Aoun a réaffirmé son engagement à poursuivre sur cette voie, en vue de restaurer pleinement l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.

Le discours, riche en références historiques et en engagements concrets, a été l’occasion pour le président de remercier les représentants diplomatiques pour leur présence, qu’il a qualifiée de reconnaissance internationale du rôle essentiel du Liban en tant que nation, État et message pour la région et le monde. Il a souligné que cette rencontre n’était pas un simple exercice protocolaire, mais un témoignage de solidarité globale envers un pays qui émerge d’une période prolongée d’instabilité. En effet, le Liban a traversé, depuis son indépendance de 2005, des phases cumulées de vide institutionnel : 62 mois de vacance présidentielle, 45 mois de vide gouvernemental et 60 mois de prolongations parlementaires, le tout aggravé par deux guerres majeures et des crises régionales persistantes.

Dès son investiture, le président Aoun a assumé pleinement ses responsabilités, malgré l’héritage d’une « nation blessée », comme il l’a décrite. Il a fixé comme priorité immédiate le maintien de la stabilité nationale et la préparation d’un redressement global, articulé autour de quatre axes : la souveraineté et la sécurité, la reconstruction des institutions étatiques, les réformes économiques et financières, et le respect des échéances démocratiques. Ces orientations ont guidé l’action du gouvernement dirigé par le docteur Nawaf Salam, en collaboration avec le président du Parlement, Nabih Berri, et l’ensemble des forces politiques.

Un an de stabilité sécuritaire au sud du Litani

Au cœur du discours présidentiel figure l’affirmation d’une avancée majeure en matière de sécurité intérieure, particulièrement dans la région sud du Litani, zone sensible régie par la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée en 2006 pour mettre fin à la guerre entre Israël et le Liban. Le président Aoun a déclaré avec assurance : « Malgré les campagnes de désinformation, de dénigrement, d’alarmisme et de tromperie, et en dépit du non-engagement d’Israël à déclarer une cessation des hostilités, et avec les moyens connus de nos forces armées, en tête desquelles l’armée libanaise, je peux vous dire que la vérité est ce que vous voyez, non ce que vous entendez. Et ce que nous avons vu de nos propres yeux, c’est qu’aucune balle n’a été tirée du Liban au cours de l’année de ma présidence. »

Cette déclaration s’appuie sur des faits concrets : à l’exception de deux incidents isolés survenus en mars dernier, rapidement maîtrisés par les autorités libanaises avec l’arrestation des responsables, le calme a prévalu. Le président a attribué ce résultat à l’engagement ferme du Liban envers l’accord du 27 novembre 2024, signé à l’unanimité des parties concernées avant son élection. Cet accord, qui vise à confiner les armes et à étendre l’autorité de l’État par ses propres forces, a permis à l’armée libanaise et aux forces de sécurité de prendre le contrôle effectif du sud du Litani depuis plus de dix mois. Des opérations massives de nettoyage ont été menées pour éliminer toute arme illégale, quelle que soit son origine ou son affiliation.

Le chef de l’État a insisté sur le caractère historique de ces accomplissements : « Nous avons réalisé ce que le Liban n’a pas connu depuis quarante ans. » Malgré les provocations continues et les agressions persistantes, les forces libanaises ont maintenu une posture défensive, évitant tout engrenage dans des conflits extérieurs. Le président a réitéré son refus catégorique de voir le Liban entraîné dans des « aventures suicidaires », pour lesquelles le pays a déjà payé un lourd tribut. Il a exprimé son aspiration à poursuivre ce chemin lors de sa deuxième année de mandat, afin que « notre terre revienne entièrement sous l’autorité exclusive de notre État, que tous nos prisonniers rentrent, que nous reconstruisions tout ce qui a été détruit par les agressions et les aventures, et que le sud du Liban, comme toutes nos frontières internationales, soit sous la garde exclusive de nos forces armées ».

Cette approche s’inscrit dans un cadre géopolitique complexe, où les dynamiques entre Israël, le Hezbollah, le Liban et l’ONU restent marquées par des tensions récurrentes. La résolution 1701 appelle à un désarmement des milices au sud du Litani et au déploiement exclusif de l’armée libanaise et de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Les violations israéliennes, incluant des survols aériens et des incursions terrestres, ont été documentées par l’ONU à plusieurs reprises au cours des derniers mois, avec des rapports du secrétaire général António Guterres soulignant la nécessité d’un respect mutuel des lignes bleues. Le président Aoun a implicitement critiqué l’absence d’engagement israélien pour une cessation formelle des hostilités, tout en louant la retenue libanaise comme preuve de maturité stratégique.

Soutien international et conférence de Paris en vue

Le discours a également mis en lumière le renforcement des liens internationaux, avec l’annonce officielle de la tenue d’une conférence internationale pour soutenir l’armée libanaise et les forces de sécurité intérieure. Prévue le 5 mars prochain à Paris, sous le patronage du président français Emmanuel Macron, cette initiative résulte des efforts conjoints des États-Unis, de l’Arabie saoudite et de la France, complétés par le Qatar et l’Égypte au sein du cadre quintuple de soutien au Liban. Le président Aoun a exprimé sa gratitude pour ces démarches, notant le large accueil de nombreuses nations amies qui se joindront à l’événement.

Cette conférence s’inscrit dans une série d’actions diplomatiques menées par le président au cours de sa première année : dix visites dans des pays arabes frères, quatre en Europe, et participations à trois sommets internationaux arabes, islamiques et onusiens. Le Liban a accueilli des chefs d’État et des dizaines de délégations étrangères, culminant avec la visite exceptionnelle du pape Léon XIV, qualifiée de « fenêtre ouverte du ciel » pendant trois jours de amour, de foi et d’espérance. Le président a cité les paroles du pontife lors de sa visite du 30 novembre dernier : « Vous êtes un peuple qui ne se rend pas. Au contraire, il affronte les difficultés et sait toujours renaître avec courage. Votre résilience est un signe distinctif indispensable pour les vrais artisans de la paix. » Dans son message du Nouvel An, le pape a renforcé cet appel en prônant un « paix désarmé », invitant les nations à « désarmer le cœur, l’esprit et la vie ».

Ces engagements diplomatiques visent à repositionner le Liban au sein de la légitimité arabe et internationale, en tant que nation dédiée à la paix. Le président Aoun a affirmé : « Le Liban est un pays qui respire la paix et ne connaît pas la capitulation. Parce que nous sommes ainsi, nous savons que la paix stable et durable est celle de la justice. Et la justice signifie rendre les droits et les échanger. Le premier droit humain obligatoire est le droit à une vie libre, sûre et digne. C’est ce que nous voulons pour notre patrie, de notre sud à toutes nos frontières. »

Réformes institutionnelles et relance économique

Sur le plan intérieur, le président a détaillé les progrès en matière de reconstruction des institutions étatiques. En moins d’un an, le gouvernement a promulgué 2 240 décrets, reconstituant la majorité des administrations publiques dans les secteurs militaire, sécuritaire, diplomatique, judiciaire, financier et monétaire. Ces mesures, basées sur des critères de compétence et d’intégrité, visent à restaurer l’efficacité de l’État et seront complétées cette année.

Les réformes structurelles ont été qualifiées de « pas de géant » : adoption de la loi sur l’indépendance judiciaire, longtemps attendue ; création d’organes régulateurs pour divers secteurs, laissés vacants depuis un quart de siècle, favorisant ainsi la corruption et le clientélisme ; et une série de projets de loi pour traiter les retombées de l’effondrement financier de 2019, ignoré pendant six ans. Ces initiatives ont coïncidé avec une amélioration économique notable : selon les indicateurs internationaux, le Liban a enregistré en 2025 un taux de croissance parmi les plus élevés de la région, un produit national brut en forte hausse, et des flux financiers approchant les niveaux d’avant 2010.

Le président a illustré cette reprise par l’afflux massif de Libanais et de visiteurs durant l’été et les saisons festives, malgré l’instabilité environnante. « La vérité est ce que vous voyez », a-t-il répété, évoquant un pays vibrant de vie. Par ailleurs, les échéances démocratiques ont été respectées : élections municipales et locales tenues pour la première fois en neuf ans, seulement trois mois après la prise de fonctions du gouvernement, avec l’engagement de répéter l’exercice pour les législatives à mi-année.

Engagement contre les aventures extérieures et consolidation de la souveraineté

Revenant sur la sécurité, le président Aoun a réaffirmé son harcèlement à empêcher tout glissement du Liban dans les conflits d’autrui, alors que d’autres nations négocient et transigent pour leurs intérêts. Cette position s’aligne sur les dynamiques régionales, où les influences confessionnelles et géographiques – sunnites à Tripoli, chiites au sud – exigent une gestion équilibrée pour préserver l’unité nationale. Les opérations de l’armée ont non seulement sécurisé le sud, mais aussi nettoyé de vastes zones d’armes non autorisées, renforçant ainsi l’autorité étatique sans favoritisme documenté.

Dans ce cadre, le gouvernement a adopté, entre le 5 août et le 5 septembre derniers, un plan pour confiner les armes et étendre la souveraineté par les forces légitimes exclusively. Cette mesure, fruit d’une coopération avec toutes les composantes politiques, répond aux exigences onusiennes et aux réalités post-2024, où l’accord de novembre a marqué un tournant. Les implications immédiates se manifestent par une réduction drastique des incidents frontaliers, malgré les survols israéliens rapportés par la Finul en décembre 2025, incluant des drones violant l’espace aérien libanais à plusieurs reprises près de Naqoura et de Bent Jbeil.

Les rapports de l’ONU, dont le dernier du 15 décembre 2025, notent une amélioration du déploiement libanais au sud, avec plus de 15 000 soldats engagés aux côtés des 10 500 casques bleus de la Finul. Le secrétaire général Guterres a salué ces efforts dans une déclaration : « Le respect de la résolution 1701 par toutes les parties est essentiel pour une stabilité durable, et les progrès libanais en matière de contrôle territorial méritent un soutien accru. » Ces développements soulignent les défis persistants, comme les tensions autour des fermes de Chebaa et des collines de Kfar Chouba, occupées par Israël, et les appels récurrents à un retrait complet conformément aux résolutions internationales.

Implications immédiates des réformes financières et sécuritaires

Les réformes financières ont ciblé les séquelles de la crise de 2019, avec des lois visant à restructurer le secteur bancaire et à atténuer les pertes accumulées, estimées à plus de 70 milliards de dollars selon les évaluations du Fonds monétaire international en octobre 2025. Le taux d’inflation, qui avait culminé à 150 % en 2023, s’est stabilisé autour de 20 % fin 2025, grâce à des injections de capitaux et à une gestion plus rigoureuse des dépenses publiques. Le budget 2025, soumis le 29 juillet dernier et approuvé en septembre, priorise les investissements dans la sécurité et l’infrastructure, avec une allocation de 15 % aux forces armées pour moderniser l’équipement.

Sur le terrain, les forces de sécurité intérieure ont renforcé leur présence dans les régions frontalières, coordonnant avec la Finul pour des patrouilles conjointes. Un incident récent, le 10 janvier 2026, près de la ligne bleue, a vu une tentative d’infiltration neutralisée sans effusion de sang, illustrant la vigilance accrue. Le ministre de la Défense, en fonction depuis février 2025 dans le cabinet Salam, a confirmé lors d’une réunion du Conseil des ministres le 15 janvier que les stocks d’armes récupérés excèdent 5 000 unités, contribuant à une dé-escalade notable.

Ces mesures ont des retombées directes sur la population, avec une reprise du tourisme estimée à 4 millions de visiteurs en 2025, boostant les recettes fiscales de 25 %. Les implications pour les communautés du sud, majoritairement chiites, incluent des programmes de reconstruction post-2024, financés par des aides arabes et européennes, couvrant plus de 10 000 logements endommagés. Le président Aoun a évoqué ces aspects comme partie intégrante de la restauration de la dignité nationale, sans compromettre la neutralité du Liban dans les axes régionaux.

Dynamiques régionales et rôle de l’ONU

Les interactions avec Israël restent encadrées par les mécanismes tripartites de l’ONU, avec des réunions régulières à Naqoura pour discuter des violations. Le dernier rapport de la Finul, daté du 5 janvier 2026, documente 120 survols israéliens en décembre seul, prompting une note du Liban au Conseil de sécurité. Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré le 12 janvier : « Nous appelons à une désescalade immédiate et au plein respect de la résolution 1701, saluant les efforts libanais pour maintenir le calme. »

Ces faits soulignent les pressions exercées sur le Liban, influencé par des acteurs comme l’Iran et l’Arabie saoudite, mais le discours présidentiel met l’accent sur une diplomatie active pour isoler le pays des conflits proxies. Les coalitions internes, sensibles aux équilibres confessionnels, ont soutenu ces politiques, avec des consultations régulières entre sunnites, chiites et chrétiens pour éviter les divisions. Les implications immédiates incluent une réduction des milices locales, avec des transferts d’armes à l’armée documentés en novembre 2025, renforçant la cohésion nationale face aux menaces extérieures.

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