« Le racisme est une idéologie qui, partant du postulat de l’existence de races au sein de l’espèce humaine, considère que certaines catégories de personnes sont intrinsèquement supérieures à d’autres. » Telle est la définition qu’en donnent les dictionnaires. Nous avons l’habitude de limiter le racisme au fait que la race blanche se croit supérieure à la race noire et elle agit en conséquence. Il n’en est rien. Le problème est beaucoup plus complexe.

Pour le commun des mortels, le racisme se comprend dans son acception la plus élémentaire selon laquelle la race blanche se croit supérieure à la race noire. Cela pourrait être vrai. C’est une des conséquences de l’époque coloniale. Les colonisateurs ont participé à la « civilisation » et à la culture des colonisés. Les connaissances qu’ils ont partagées avec ces « incultes » leur ont donné ce sentiment de supériorité qu’ils ont peine à oublier. Et pourtant ils doivent l’oublier. C’est vrai que les Blancs ont éduqué les Noirs mais il y a des Noirs qui ont dépassé par leur culture et par leurs connaissances les Blancs. Pour preuve, prenons l’exemple des professeurs qui éduquent des élèves. Il arrive souvent que des élèves surpassent plus tard leurs professeurs par leurs connaissances. Il n’y a donc pas de raisons que les éducateurs blancs se croient supérieurs aux éduqués noirs.

Le fait de vouloir persister dans cette façon de penser et d’agir de la part des Blancs entraine le plus souvent une réaction virulente de la part des Noirs. On parle alors de racisme des Noirs à l’encontre des Blancs. Ce genre de racisme est l’expression de la révolte des Noirs contre ces Blancs qui se croient supérieurs à eux. Il s’ensuit un sentiment de haine et de rejet de la présence des Blancs dans leurs pays.

Ce racisme par ricochet s’applique aussi aux colonisés blancs. Cela explique la rancune et la haine que manifestent certains Algériens et certains Tunisiens sans oublier certains autres blancs colonisés à l’encontre des Français qui ont parfois mal agi contre leurs ancêtres à l’époque de la colonisation. Je ne cherche pas à excuser certains actes terroristes commis par ces révoltés. Je ne fais que constater un état de fait.

Il y a d’autres formes de racisme que je vais survoler sans trop m’y attarder. Dans les pays « civilisés », les habitants de la capitale manifestent une certaine forme de racisme à l’encontre des habitants de la province. Ces campagnards n’ont pas le même niveau intellectuel et social que les citadins.
Dans ces pays, les partis d’extrême-droite luttent pour conserver intactes la culture et les traditions de leurs races. Certains les considèrent comme des partis racistes. D’autres pas. Je ne veux pas entrer dans une polémique sans fin sur ce sujet. Là n’est pas le but de mon propos.
Aux Etats-Unis, la violence inexplicable des policiers blancs contre les Noirs est la manifestation d’un racisme très dur. Comment expliquer cependant qu’un Président noir soit élu et accepté d’une part pour diriger leur pays et d’autre part que des policiers blancs soient si violents à l’encontre des Noirs. C’est incroyable mais vrai.
Dans certains pays d’Afrique, certaines ethnies se considèrent supérieures à d’autres ethnies. Elles manifestent un certain racisme à leur égard. Ce qui entraine le plus souvent des guerres entre elles. Les différences culturelles et ethniques semblent incompatibles avec la paix sociale et les valeurs de la démocratie.
Le fanatisme religieux pourrait enfin être une forme de racisme. Ces fanatiques assimilent race et religion. Et quiconque qui n’est pas de leur religion doit être anéanti « sans autre forme de procès. » Pour combattre le terrorisme, il faudrait, à mon avis, redonner à la religion son sens le plus sacré à savoir le respect de la vie humaine quelle que soit la croyance de l’individu. Il faudrait empêcher les prédicateurs de pacotille de semer la mauvaise parole parmi les « croyants ». Il faudrait surtout vivre les préceptes divins en donnant le bon exemple. Ce qui n’est pas toujours le cas de certains hommes de religion.

Le monde est malade du racisme sous toutes ses formes. Il n’y a pas de race élue par Dieu. Tous les êtres humains sont égaux devant Dieu quelles que soient la couleur de leurs peaux, leurs croyances religieuses, leurs cultures, leurs classes sociales et leurs différences. Il n’y a pas de raisons que certains se considèrent supérieurs aux moins nantis qu’eux. Il faudrait au contraire qu’ils manifestent un peu plus d’humilité et de modestie à l’encontre de leurs frères humains. L’humanité doit abolir le racisme. Il y va de sa survie.