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Liban : Aoun exige le cessez-le-feu d’abord

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Le président libanais Joseph Aoun a posé, mercredi, une condition préalable aux discussions directes avec Israël : l’application complète du cessez-le-feu au Liban. Sa prise de position intervient alors que les frappes israéliennes se poursuivent dans le sud du pays, malgré l’entrée en vigueur d’une trêve annoncée sous médiation américaine. En deux jours, plus de vingt personnes ont été tuées, dont des secouristes, des militaires et des civils, selon les bilans communiqués par les autorités libanaises. Beyrouth dit attendre de Washington une date pour l’ouverture de pourparlers directs, mais insiste sur un point : les attaques ne peuvent pas continuer pendant que la diplomatie tente de reprendre la main.

Aoun fixe la condition du cessez-le-feu au Liban

Joseph Aoun a voulu clarifier la ligne de la présidence. Israël doit d’abord appliquer pleinement le cessez-le-feu avant toute nouvelle étape politique. Le chef de l’État a estimé que les négociations ne pouvaient pas s’ouvrir dans un climat de bombardements répétés et de destructions dans les villages frontaliers. Il a aussi indiqué que le Liban attendait désormais que les États-Unis fixent une date pour le début de discussions directes avec Israël.

Cette formulation place la trêve au centre du calendrier diplomatique. Le président libanais ne ferme pas la porte aux discussions, mais il en définit les conditions. Il relie l’ouverture de pourparlers à l’arrêt des frappes, à la fin des démolitions dans les localités du sud et au respect du mécanisme annoncé par Washington. Pour Beyrouth, l’enjeu immédiat reste donc moins la forme des négociations que la stabilisation du terrain.

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Depuis l’annonce de la trêve, Israël a poursuivi ses opérations dans plusieurs secteurs du Liban-Sud. L’armée israélienne affirme viser des centres de commandement et des structures militaires du Hezbollah. Les autorités libanaises, elles, dénoncent des attaques qui touchent aussi des membres des services publics, des militaires et des habitants. Cette divergence alimente une tension permanente autour de la lecture du cessez-le-feu.

Le président Aoun a aussi évoqué les contacts menés pour consolider l’arrêt des hostilités. Ces échanges visent à freiner les destructions de maisons dans les villages du sud occupés par l’armée israélienne. Ils doivent également permettre le retour progressif des déplacés, dans une région où la frontière reste instable et où les habitants reçoivent des avertissements leur interdisant de revenir dans certains secteurs.

Les frappes continuent malgré la trêve

Le bilan humain s’est encore alourdi mercredi. Un soldat libanais et son frère ont été tués dans une frappe israélienne. La veille, dix-neuf personnes avaient perdu la vie dans des bombardements dans le sud du pays, dont trois membres de la défense civile. Deux militaires libanais avaient également été blessés. Le premier ministre Nawaf Salam a qualifié l’attaque ayant visé les secouristes de crime de guerre.

Ces pertes renforcent la pression sur les autorités libanaises. La défense civile joue un rôle central dans les opérations de secours, de déblaiement et d’évacuation dans les zones bombardées. La mort de trois de ses membres a donc provoqué une vive réaction politique. Elle a aussi ravivé la crainte d’une banalisation des frappes contre des personnels intervenant après les premières explosions.

Les autorités sanitaires et militaires libanaises font état de plus de soixante morts depuis le début du cessez-le-feu, entré en vigueur moins de deux semaines auparavant. Ce bilan donne la mesure de la fragilité de l’accord. Il montre aussi que la trêve n’a pas mis fin aux violences, même si les canaux diplomatiques restent ouverts. La situation sur le terrain reste marquée par des tirs, des raids et des opérations de destruction.

Israël soutient que ses actions s’inscrivent dans le cadre du droit de réponse prévu par l’accord. Selon cette lecture, l’armée israélienne conserve la possibilité d’intervenir contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours. Cette réserve est devenue l’un des points les plus sensibles du cessez-le-feu. Le Liban y voit une brèche qui permet la poursuite des opérations militaires. Israël y voit un instrument de protection de ses forces et de ses localités frontalières.

La « ligne jaune » impose un nouveau fait accompli

Au cœur des tensions figure aussi la « ligne jaune », tracée par Israël dans le sud du Liban. Cette zone longe la frontière et pénètre sur environ dix kilomètres en territoire libanais. Les habitants ont été avertis qu’ils ne devaient pas y retourner. L’armée israélienne y mène des opérations et y maintient des positions. Des démolitions de maisons y ont également été rapportées dans des villages frontaliers.

Cette ligne ne correspond pas à une frontière reconnue par le Liban. Elle fonctionne plutôt comme une zone de sécurité imposée par l’armée israélienne après les combats. Sa présence nourrit les inquiétudes de Beyrouth, qui y voit un obstacle au retour des déplacés et à la restauration de l’autorité de l’État dans le sud. Elle complique aussi le rôle de l’armée libanaise, appelée à se redéployer dans des secteurs encore soumis à des restrictions.

Le chef d’état-major israélien, le lieutenant-général Eyal Zamir, s’est rendu mercredi auprès des troupes israéliennes déployées dans le sud du Liban. Il a affirmé que toute menace contre les localités israéliennes ou contre les forces israéliennes serait éliminée, y compris au-delà de la ligne jaune et au nord du fleuve Litani. Ce message donne une portée plus large aux opérations annoncées par Israël.

Eyal Zamir a également déclaré que l’armée avait atteint les objectifs fixés par le gouvernement israélien au Liban. Selon lui, la mission consiste à tenir une ligne empêchant les tirs directs contre les localités israéliennes du nord. Il a ajouté qu’Israël pourrait être amené à rester sur certaines positions à l’avenir. Cette perspective entretient les craintes libanaises d’une présence prolongée sur une portion du territoire national.

Washington tente d’éviter un effondrement de l’accord

Les États-Unis cherchent à préserver le cessez-le-feu au Liban. Le président américain Donald Trump a indiqué qu’il travaillait à empêcher son effondrement dans les deux prochaines semaines et au-delà. Il a aussi affirmé avoir demandé au premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’agir au Liban de manière plus ciblée, sans destruction massive de bâtiments. Cette remarque traduit une inquiétude américaine devant l’impact politique et humanitaire des opérations israéliennes.

Washington joue un rôle central dans cette séquence. Après une première rencontre entre représentants libanais et israéliens à Washington, Donald Trump avait annoncé une trêve de dix jours entrée en vigueur le 17 avril. Une deuxième rencontre avait ensuite débouché sur une prolongation de trois semaines. Ces réunions ont marqué les premiers contacts de ce type depuis des décennies entre représentants des deux pays.

Le président américain a aussi dit vouloir recevoir Joseph Aoun et Benjamin Netanyahu dans les prochaines semaines. Cette perspective reste toutefois suspendue à l’évolution du terrain. Beyrouth répète que les discussions directes ne peuvent pas se tenir normalement si les frappes se poursuivent. Israël, de son côté, met en avant la menace du Hezbollah et la nécessité de garantir la sécurité de ses localités frontalières.

La médiation américaine doit donc gérer deux urgences. La première est militaire : empêcher que les incidents et les représailles ne fassent éclater la trêve. La seconde est politique : transformer les contacts indirects et les rencontres préparatoires en négociations capables de traiter les points de fond. Ces points portent sur le retrait israélien, le retour des déplacés, la démarcation de la frontière et l’avenir du rapport de force armé dans le sud.

Le Hezbollah rejette les discussions directes

Le Hezbollah a rejeté de manière catégorique les réunions entre représentants libanais et israéliens. Le parti refuse aussi l’idée de négociations directes avec Israël. Cette position crée une fracture avec les autorités libanaises, qui se sont engagées dans un processus sous médiation américaine. Elle s’ajoute au désaccord déjà ouvert autour du désarmement du mouvement chiite, soutenu par l’Iran.

Sur le terrain, le Hezbollah a revendiqué des attaques contre des soldats israéliens dans le sud du Liban. Il a aussi fait état de tirs de drones et de roquettes vers le nord d’Israël. Le parti affirme répondre aux violations du cessez-le-feu par Israël. Ces revendications entretiennent le cycle de ripostes et donnent à Israël un argument pour poursuivre ses frappes contre les infrastructures attribuées au mouvement.

Le député Hassan Fadlallah, membre du Hezbollah, a promis que toute tentative israélienne d’établir une ceinture de sécurité sur le territoire libanais serait mise en échec par la résistance et par la fermeté des habitants. Il a réaffirmé le refus de son parti de participer à une normalisation de fait par le biais de pourparlers directs. Cette ligne reste cohérente avec la doctrine politique du Hezbollah, mais elle accentue la tension avec le gouvernement.

Le gouvernement, lui, cherche à contenir la guerre et à rétablir une forme de contrôle institutionnel. Joseph Aoun a indiqué que les négociations envisagées viseraient à arrêter la guerre, obtenir un retrait israélien du sud, permettre le retour des déplacés, délimiter la frontière et mettre fin à l’état d’hostilité avec Israël. Ces objectifs sont présentés comme des objectifs de souveraineté, et non comme une concession politique à Israël.

L’armée libanaise prise dans une zone fragile

L’armée libanaise se retrouve au centre d’un dispositif difficile. Elle perd des hommes dans les frappes, tout en étant appelée à jouer un rôle de stabilisation dans le sud. La mort d’un soldat mercredi, après les blessures infligées à deux autres militaires la veille, illustre cette exposition directe. Elle intervient dans un contexte où l’institution militaire doit préserver sa neutralité nationale tout en affirmant la souveraineté de l’État.

Le redéploiement de l’armée dans le sud dépend de plusieurs conditions. Il suppose la fin des frappes, le retrait des troupes israéliennes des localités occupées et un accord clair sur les responsabilités sécuritaires. Il suppose aussi une relation moins conflictuelle avec le Hezbollah, dont la présence militaire dans la zone demeure au centre des demandes israéliennes et américaines. Sans avancée sur ces points, l’armée risque de rester cantonnée à un rôle limité.

La population locale subit les conséquences immédiates de cette incertitude. Des familles déplacées ne peuvent pas rentrer dans leurs villages. Des maisons ont été détruites. Les activités agricoles, commerciales et scolaires restent suspendues dans plusieurs secteurs. Les habitants vivent avec une double contrainte : l’attachement à leurs villages et la crainte de nouvelles frappes. Cette réalité donne au cessez-le-feu une dimension concrète, au-delà des communiqués diplomatiques.

Les secouristes, les municipalités et les services publics locaux tentent de maintenir un minimum de présence. Mais leur marge de manœuvre dépend du niveau de sécurité. Les frappes contre des personnels de secours montrent que même les interventions après bombardement peuvent devenir dangereuses. Cette situation complique l’évaluation des dégâts et retarde la remise en état des infrastructures essentielles.

Les négociations restent sans date

Aucune date n’a encore été annoncée pour l’ouverture de discussions directes entre le Liban et Israël. Joseph Aoun affirme attendre une initiative des États-Unis. Cette attente donne à Washington un rôle d’arbitre du calendrier. Elle permet aussi à Beyrouth de rappeler que la balle n’est pas seulement dans le camp libanais. L’arrêt des attaques, le respect de la trêve et la question du retrait conditionnent la suite.

La perspective de pourparlers directs reste sensible au Liban. Les contacts avec Israël se heurtent à l’histoire des conflits, à l’absence de relations diplomatiques et au poids politique du Hezbollah. Ils suscitent aussi des interrogations sur le mandat exact des négociateurs. Pour l’exécutif, l’objectif affiché est de mettre fin à la guerre et de stabiliser la frontière. Pour ses opposants, le risque est de créer un précédent politique jugé inacceptable.

Israël aborde cette phase avec une priorité sécuritaire clairement affichée. L’armée dit vouloir empêcher les tirs directs contre ses localités du nord. Elle affirme avoir créé les conditions opérationnelles permettant aux dirigeants politiques de négocier. Cette articulation entre pression militaire et démarche diplomatique reste au cœur de la crise actuelle. Elle provoque, côté libanais, une demande insistante d’arrêt complet des frappes avant toute avancée.

Le cessez-le-feu au Liban apparaît ainsi comme un accord encore inachevé. Il a ouvert un espace diplomatique, mais il n’a pas interrompu les violences. Il a permis des contacts inédits, mais il a aussi révélé des lignes de fracture profondes à Beyrouth. La prochaine étape dépend désormais de trois éléments concrets : la capacité des États-Unis à fixer un cadre de discussion, la décision d’Israël sur le maintien de ses positions au sud et la réponse du Hezbollah à une séquence qu’il rejette publiquement.

Un équilibre suspendu aux prochains jours

Les prochains jours doivent montrer si la trêve peut encore être consolidée. Le calendrier américain mentionné par Donald Trump place la période à venir au centre des efforts diplomatiques. Il s’agit d’éviter un retour à une confrontation ouverte, mais aussi de préparer des discussions qui portent sur des sujets lourds : frontière, retrait, sécurité, déplacés et état d’hostilité.

Pour Joseph Aoun, l’ordre des étapes reste clair. Le cessez-le-feu doit être respecté avant les négociations. Cette position lui permet de répondre aux critiques internes tout en maintenant l’option diplomatique. Elle souligne aussi la difficulté de mener une discussion politique pendant que les bombardements continuent dans le sud du pays.

Sur le terrain, l’armée israélienne maintient sa ligne. Elle dit pouvoir frapper au-delà de la zone qu’elle contrôle si une menace est détectée. Le Hezbollah, de son côté, revendique le droit de répondre aux violations qu’il attribue à Israël. Entre ces deux positions, l’État libanais tente de préserver une marge diplomatique fragile.

La séquence reste donc ouverte. Washington doit encore fixer une date, Israël n’a pas annoncé de retrait de la ligne jaune, et le Liban continue de demander l’arrêt des frappes avant toute négociation directe.


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