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Durant une rencontre avec le corps diplomatique, le Premier Ministre Libanais Hassan Diab a reconnu que le Liban passe par une période critique et que l’état n’est plus capable de protéger la population. Son gouvernement, indique-t-il, devrait prendre des décisions, qualifiées par lui de “décisives”, pour faire face à la crise.

Hassan Diab a également reconnu que le gouvernement a perdu la confiance du Peuple.

Il faisait allusion à la crise économique et financière par laquelle le Pays des Cèdres passe actuellement et des mouvements socio-économiques qui se poursuivent dans la rue depuis le 17 octobre.

Ainsi, selon Hassan Diab, “l’état est faible et le pays passe par une période difficile. Les libanais craignent pour leurs présents et leurs avenirs. Leurs peurs grandissent en raison des situations financières, économiques, sociales et leurs qualité de vie ainsi que suite à des inquiétudes sanitaires.”.

L’état n’est plus capable de protéger les libanais, reconnait Hassan Diab, qui indique que les autorités font face à d’immenses difficultés et que les mécanismes administratifs sont entravés par le sectarisme et la corruption. Ainsi, selon le Premier Ministre, “le fardeau du gouvernement est vraiment lourd et compliqué”.

“Les prochains jours verront s’engager d’intenses négociations pour que ce gouvernement prenne une décision”, note Hassan Diab, peut-être une allusion à la possible annonce d’un défaut de paiement prochain en raison de l’arrivée à échéance d’une importante tranche obligataire pour la somme de 1.2 milliards de dollars, une somme actuellement difficilement remboursable et d’une restructuration de la dette publique.

Ainsi, des spécialistes estiment nécessaires une dévaluation officielle de la livre libanaise alors que les banques libanaises, qui font face à une possible panique bancaire, ont instauré un contrôle des capitaux limitant les transactions financières, le retrait de devises ou encore le transfert de fonds à l’étranger. Face à ces difficultés, un taux de change parallèle s’est mis en place au côté du taux de change officiel où très peu de devises étrangères sont disponibles.

Il a cependant conclu en rappelant sa détermination à résoudre les difficultés et à passer à la notion d’un véritable État, capable de faire face aux crises.

Le discours du Premier Ministre Hassan Diab

Bienvenue au siège du gouvernement, dont nous avions toujours espéré qu’elle servirait les Libanais, planifierait l’avenir de leur patrie et gérerait les affaires de l’État et du peuple avec une méthodologie adaptée au développement social et culturel.  

Malheureusement, l’État est aujourd’hui dans un état de faiblesse aux limites du handicap, et le pays traverse une étape très difficile. Les Libanais sont préoccupés par leur présent et leur avenir, et la peur s’étend face à la situation financière, aux conditions économiques, à la réalité sociale et aux conditions de vie, pour atteindre les préoccupations sanitaires urgentes .

Honnêtement, ce pays n’est plus, à la lumière de sa réalité actuelle, capable de protéger les Libanais et de leur assurer une vie décente . En toute transparence, ce pays a perdu la confiance des Libanais en lui . De façon réaliste, le coeur de la relation entre les gens et l’État est tombé aux limites d’un arrêt complet . Aujourd’hui, nous sommes confrontés à des dilemmes majeurs, tandis que les mécanismes de l’État sont toujours entravés par des restrictions sectaires, des chaînes de corruption, (…) une perte d’équilibre dans la gestion et un manque de vision dans les institutions .

Ce gouvernement est venu en sachant que son fardeau est lourd et que sa mission est compliquée. Mais nous sommes déterminés à démanteler ces complications, à faire passer le Liban au concept d’État (de droit) et à s’attaquer aux problèmes chroniques. 

Ce gouvernement a choisi de porter une boule de feu (…) Nous n’avons d’autre choix que d’emprunter la voie difficile, quelle que soit la douleur, car les autres options sont bien plus dangereuses .

Les prochains jours verront la résolution du débat et la prise d’une décision détaillée, d’une décision sensible et précise, que nous étudions très attentivement, car elle constitue une étape importante vers la définition des prochain jalons pour le Liban .

Il est vrai que vous représentez le Liban dans de nombreux pays mais vous êtes d’abord libanais, et c’est ce qui nous rassure que vous contribuerez à sauver le Liban à chaque poste que vous occupez qu’il soit consulaire, économique ou personnel. Nous sommes tous responsables de la construction d’un avenir meilleur pour nos générations futures .

Je vous invite à retrousser vos manches, car le Liban a besoin dans la prochaine étape de tout effort et de toute idée. (…) L’histoire sera écrite de tous ceux qui ont démoli les murs de la corruption, construit des ponts de confiance, rétabli l’espoir pour les Libanais et contribué au travail de sauvetage .

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