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Liban : Nawaf Salam condamne les tirs de roquettes et appelle à interdire les activités du Hezbollah après une réunion du cabinet

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Beyrouth, ce 2 mars 2026 – Au terme d’une séance extraordinaire du conseil des ministres tenue ce matin au palais présidentiel de Baabda, le Premier ministre libanais Nawaf Salam a livré une déclaration ferme, condamnant sans ambiguïté les tirs de roquettes lancés depuis le sud du Liban vers Israël dans la nuit du 1er au 2 mars. Ces projectiles, revendiqués par le Hezbollah en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei lors des frappes américano-israéliennes du 28 février, ont été qualifiés par le chef du gouvernement d’« acte irresponsable et suspect » qui met en péril la sécurité du Liban et offre à Israël des prétextes pour étendre son agression. Dans un communiqué officiel relayé par l’Agence nationale d’information (ANI), Salam a réaffirmé que l’État libanais rejette catégoriquement toute opération militaire émanant de son territoire, insistant sur le fait que la décision de guerre et de paix relève exclusivement des autorités étatiques. Cette position marque une escalade dans les tensions internes au Liban, où le cabinet, formé en février 2025 sous la houlette de Salam, s’efforce de consolider la souveraineté nationale face aux agissements du parti chiite. Le conseil des ministres a explicitement exigé l’interdiction des activités du Hezbollah, l’obligation pour ce dernier de remettre ses armes et son engagement exclusif dans le travail politique, tout en mandatant les forces de sécurité et l’armée pour empêcher de futures opérations et appréhender les responsables. Ces annonces interviennent alors que les frappes israéliennes en riposte ont fait au moins 31 morts et 149 blessés dans la banlieue sud de Beyrouth et plusieurs localités frontalières, selon les données du ministère de la Santé publique.

Une condamnation unanime du cabinet face à l’escalade

Le conseil des ministres, présidé par le président Joseph Aoun et réunissant les 24 ministres du gouvernement Salam, a débattu pendant plusieurs heures des répercussions des tirs de roquettes. Selon le communiqué officiel, le cabinet a dénoncé ces lancements comme une « violation flagrante des accords et des décisions du conseil des ministres ». Nawaf Salam, ancien président de la Cour internationale de justice et figure sunnite indépendante, a souligné que ces actes constituent une « sortie du cadre » qui sape les efforts du gouvernement pour préserver la stabilité du pays. « Le conseil des ministres condamne le lancement de roquettes depuis le Liban, qui représente une violation des accords et des décisions du cabinet », a déclaré Salam à l’issue de la réunion, ajoutant que « l’État annonce son rejet absolu de toute action militaire partant de son territoire et confirme que la décision de guerre et de paix est entre ses mains ». Cette fermeté reflète les priorités du cabinet, qui, depuis sa formation le 8 février 2025, s’est attelé à appliquer la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en 2006 pour mettre fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah.

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Parmi les ministres présents, le vice-Premier ministre Tarek Mitri, maronite indépendant et ancien artisan de la résolution 1701, a probablement joué un rôle clé dans les discussions. Le ministre des Affaires étrangères, Joe Rajji, diplomate de carrière et maronite, a été chargé de coordonner les communications avec les partenaires internationaux. Le ministre de la Défense, un poste sensible occupé par un général en retraite affilié aux Forces libanaises, a insisté sur la nécessité d’une action immédiate de l’armée. Le ministre de l’Intérieur, responsable des forces de sécurité internes, a reçu des instructions précises pour renforcer les mesures de surveillance dans les zones chiites du sud et de la Békaa. Ces directives s’inscrivent dans un plan plus large, élaboré en février 2025 lors de la formation du gouvernement, visant à confiner les armes au nord du fleuve Litani, conformément à la résolution 1701.

Les exigences précises du gouvernement envers le Hezbollah

Dans sa déclaration, Nawaf Salam a détaillé les mesures exigées par le cabinet pour restaurer l’autorité de l’État. « Cela nécessite l’interdiction des activités du parti, l’obligation pour lui de remettre ses armes et son engagement dans le travail politique », a-t-il affirmé, marquant ainsi une rupture avec les accommodements passés. Le gouvernement a mandaté les appareils sécuritaires – incluant les Forces de sécurité intérieure, la Sûreté générale et les services de renseignement – pour appliquer ces dispositions, en empêchant toute opération militaire future et en arrêtant les auteurs des tirs récents. Par ailleurs, le cabinet a demandé au commandement de l’armée libanaise, dirigé par le général Joseph Aoun (qui occupe également la présidence de la République depuis janvier 2025), de procéder immédiatement à l’exécution de la partie du plan relative au confinement des armes au nord du Litani.

Ce plan, approuvé par le cabinet en février 2025 sans objection des ministres affiliés au Hezbollah, prévoit une mise en œuvre en phases sur quatre à huit mois. La première phase, déjà entamée en mars 2025, a consisté en des déploiements renforcés de l’armée au sud du Litani, avec le soutien de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL). La deuxième phase, qui devait débuter en juin 2025, vise le désarmement progressif des milices non étatiques dans cette zone. Cependant, les événements du 1er mars ont accéléré les appels à son application immédiate. Le ministre de la Défense a confirmé que des unités spéciales de l’armée ont été mobilisées dès l’aube du 2 mars pour sécuriser les points de lancement présumés dans les villages de Shabiya et Sultaniya, d’où les roquettes auraient été tirées.

Le contexte des tirs de roquettes et des ripostes israéliennes

Les tirs de roquettes, survenus dans la nuit du 1er au 2 mars, ont été revendiqués par le Hezbollah comme une réponse à la mort d’Ali Khamenei et à ce que le parti qualifie d’« agressions répétées » israéliennes. Selon des sources militaires libanaises, six projectiles ont été lancés vers le nord d’Israël, visant une base militaire au sud de Haïfa. Le Hezbollah a également déployé des drones pour des opérations de reconnaissance. Ces actions ont rompu une trêve fragile établie en 2025, négociée sous les auspices des États-Unis et de la France, qui avait mis fin aux hostilités intenses de 2024 liées au conflit de Gaza.

En riposte, l’armée israélienne a mené des frappes aériennes massives sur la banlieue sud de Beyrouth et neuf localités du sud libanais : Shabiya, Sultaniya, Adshit, Harouf, Toul, Kfoun, Yaroun, Aitaroun et Khiam. Le bilan, établi par le centre d’opérations d’urgence du ministère de la Santé publique dirigé par Rakan Nasreddine, fait état de 31 civils tués et 149 blessés. Parmi les zones touchées, les quartiers de Haret Hreik, Bir el-Abed et Hadath dans la Dahiyeh (banlieue sud) ont subi les dommages les plus sévères, avec un immeuble résidentiel incendié à Ghobeiry. Le chef d’état-major israélien, Eyal Zamir, a déclaré que ces opérations pourraient s’étendre « sur des jours prolongés », avec une « préparation offensive soutenue ». L’armée israélienne a justifié ces frappes comme des « attaques ciblées contre des terroristes seniors », sans fournir de preuves immédiates.

La Commission nationale des droits de l’homme au Liban, dans un communiqué publié ce matin, a qualifié ces raids de « violations graves du droit international humanitaire », potentiellement constitutives de crimes de guerre. Elle a relevé l’absence d’avertissements préalables efficaces et le caractère indiscriminé des bombardements sur des zones résidentielles densément peuplées. Le principe de distinction, qui impose de différencier entre objectifs militaires et civils, a été invoqué, de même que le principe de précaution exigeant des mesures pour minimiser les dommages civils.

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