Selon une première étude intitulée “Pollution par les microplastiques le long de la côte libanaise (bassin de la Méditerranée orientale), un libanais pourrait consommer plus de 30 000 microparticules de plastique annuellement, en raison notamment de leurs présences dans les fruits de mers, à raison de 7 kilogrammes de ces derniers.

Les auteurs de cette étude publiée le 15 août dernier, Maria Kazour, Sharif Jemaa, Christelle Issa, Gaby Khalaf, et Rachid Amara, ont notamment examiné la présence de microparticules dans les fruits de mer de 2 espèces consommées localement, dont le fameux bizri, un poisson proche de la sardine et l’huitre épineuse, sorte de moule locale.

Lien externe

Microplastics pollution along the Lebanese coast (Eastern Mediterranean Basin): Occurrence in surface water, sediments and biota samples (en anglais) à paraitre en décembre 2019.

Ainsi, chaque kilo consommé représenterait 4 500 microparticules de plastique. Un grand nombre de ses microparticules de plastique serait issue du polystyrène.

Des échantillons de mer et de sédiments ont été prélevés au niveau de Beyrouth, Saïda et Tripoli.

Concernant les types de plastiques retrouvés dans l’eau de mer, il s’agirait principalement du polyéthylène largement utilisé dans les bouteilles et les sacs plastiques. Quand aux sédiments prélevés, ils présenteraient une forte concentration de polypropylène présents normalement dans les textes ou encore les emballages.

Les auteurs de l’enquête indique que les niveaux de microparticules de plastiques atteignent des niveaux alarmants au niveau du littoral libanais en comparaison avec les autres régions de la Mer Méditerranée.

Ainsi, la concentration de microplastiques s’est avérée être de 4,3 particules par mètre cube d’eau de mer, contre 0,17 à 0,62 dans la Méditerranée occidentale, par exemple.
Les chiffres sont d’autant plus alarmants à Saïda et dans les zones alentours, avec 6.7 microparticule de plastique par mètre cube.

Au niveau sédimentaire, la zone la plus contaminée est à Tripoli en raison des courants maritime.

Les causes, notent l’étude, pourrait être liée à la présence des décharges, le long des côtes libanaises, allusion indirecte aux décharges de Costa Brava et de Bourj Hammoud, respectivement au Sud et au nord de la capitale libanaise dont le gouvernement souhaiterait étendre la superficie pour éviter le retour des ordures dans les rues de la capitale d’ici le 1er septembre, mais aussi aux décharges de Saïda ou encore de Rachidiyeh au Sud de Tyr, au Sud Liban.

Cette pollution cause des problèmes à long terme, les auteurs notant que la décharge de Saïda, même actuellement hors-service reste une source potentielle importante de microplastiques, car la décomposition et la libération de minuscules particules dans l’environnement constituaient un processus à long terme. Ils notent également que les ordures de ces décharges même inactives continuent de se déverser dans la mer en raison d’une mauvaise gestion et du manque de traitements appropriés.

Ainsi, l’étude conclue que le Liban devrait «être considéré comme une source importante de microplastiques dans le bassin méditerranéen».

Pour rappel, les micro plastiques constituent aujourd’hui une préoccupation majeure en terme environnemental et sanitaire. Ainsi, ils pourraient modifier les équilibres hormonaux. Plus grave, certains microparticules de plastique pourraient également inclue des métaux lourds à l’origine de nombreux cancers.

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