Le président Joseph Aoun veut rouvrir les marchés arabes aux produits libanais. L’objectif peut sembler naturel pour une économie dont les débouchés extérieurs restent vitaux. Mais la question centrale n’est plus seulement de vendre au Golfe ou de regagner des parts de marché. Elle est plus rude : comment restaurer la confiance quand une grande partie des acteurs politiques, financiers et administratifs associés à l’effondrement libanais demeure dans le paysage ? Sans comptes rendus publics, sans responsabilité claire, sans réforme vérifiable et sans chiffres assumés, l’appel à la confiance risque de rester un mot d’ordre sans force économique.
Marchés arabes : un débouché vital, pas un slogan
La réouverture des marchés arabes revient dans le discours officiel comme une priorité. Le président Joseph Aoun l’a présentée comme un objectif économique et diplomatique, en visant surtout les marchés du Golfe. Le message parle aux producteurs, aux industriels, aux agriculteurs et aux exportateurs. Il parle aussi aux capitales arabes, qui regardent le Liban avec prudence depuis des années.
L’enjeu est réel. Les données commerciales disponibles montrent que le Liban ne peut pas traiter les marchés arabes comme un dossier secondaire. En 2024, les exportations libanaises de marchandises ont atteint environ 3,85 milliards de dollars. Les Émirats arabes unis ont représenté à eux seuls 26,9 % de ces exportations, soit près de 1,03 milliard de dollars. L’Égypte a représenté 5,6 %, l’Irak 5,3 %, la Jordanie 2,8 % et la Syrie 2,6 %. Ces chiffres ne disent pas tout, car certaines marchandises peuvent être réexportées ou relever de circuits particuliers. Mais ils confirment une évidence : l’espace arabe, et surtout le Golfe, reste un débouché décisif.
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Le problème est que ce débouché n’est pas garanti. Il se mérite. Les marchés du Golfe sont devenus plus compétitifs, plus contrôlés et plus diversifiés. Les fournisseurs turcs, européens, asiatiques et régionaux ont profité des crises libanaises pour occuper des espaces. Le Liban garde une réputation dans certaines niches, mais une réputation ne suffit pas. Les acheteurs veulent des volumes réguliers, des délais respectés, des certificats fiables, des normes sanitaires solides et une administration capable de répondre.
C’est ici que la formule présidentielle sur la confiance devient insuffisante si elle n’est pas suivie d’actes. La confiance ne se reconstruit pas par des déclarations. Elle se vérifie dans une cargaison acceptée, dans un certificat reconnu, dans un contrôle douanier propre, dans une banque qui traite un paiement, dans une frontière qui ne laisse pas passer des pratiques douteuses et dans un État qui sanctionne les manquements.
Les chiffres rappellent la fragilité du modèle
Le Liban exporte, mais il importe beaucoup plus. Les données commerciales internationales indiquent qu’en 2024 les importations de marchandises ont atteint environ 17,19 milliards de dollars, contre 3,85 milliards de dollars d’exportations. L’écart est massif. Il montre la dépendance du pays aux biens importés, à l’énergie, aux médicaments, aux produits alimentaires, aux machines et à des biens de consommation souvent payés en devises.
| Indicateur économique | Donnée disponible |
|---|---|
| Exportations de marchandises en 2024 | 3,85 milliards de dollars |
| Importations de marchandises en 2024 | 17,19 milliards de dollars |
| Part des Émirats arabes unis dans les exportations 2024 | 26,9 % |
| Exportations vers les Émirats arabes unis en 2024 | 1,03 milliard de dollars |
| Exportations vers l’Égypte en 2024 | 214,1 millions de dollars |
| Exportations vers l’Irak en 2024 | 204,7 millions de dollars |
| Dette publique estimée en 2025 | 155,2 % du PIB |
| Inflation annuelle estimée en 2025 | 14,6 % |
| Inflation annuelle en 2024 | 45,2 % |
| Inflation annuelle en 2023 | 221,3 % |
| Déficit commercial de marchandises estimé en 2025 | 17,4 milliards de dollars |
| Part du déficit commercial de marchandises dans le PIB en 2025 | 56,8 % |
| Part des importations d’énergie dans la facture d’importation en 2025 | environ 29 % |
Ces données montrent que la réouverture des marchés arabes est nécessaire, mais qu’elle ne peut pas, seule, réparer le déséquilibre extérieur. Même une progression des exportations ne suffira pas si les importations restent aussi élevées et si l’économie continue de dépendre fortement de l’énergie importée. La Banque mondiale estime que les importations d’énergie ont représenté environ 29 % de la facture d’importation en 2025. Cela expose le pays à chaque choc sur les prix du pétrole, à chaque crise régionale et à chaque tension sur le transport.
La situation est d’autant plus délicate que le déficit commercial en biens est resté très élevé. Pour 2025, il est estimé à 17,4 milliards de dollars, soit 56,8 % du PIB. Dans ces conditions, les exportations vers les marchés arabes ne sont pas un luxe. Elles sont une nécessité. Mais elles ne peuvent pas être présentées comme une solution magique. Il faut traiter la structure du commerce, la faiblesse productive, la dépendance énergétique, la logistique, les normes et le financement.
La confiance, mais envers qui ?
Le mot confiance domine le discours officiel. Il est juste. Mais il impose une question que l’article doit poser frontalement. Confiance envers qui ? Envers les mêmes partis, les mêmes réseaux d’influence, les mêmes milieux financiers et les mêmes administrations qui ont accompagné l’effondrement ? Envers un système qui a laissé les déposants perdre l’accès à leur argent, l’État perdre son crédit, la monnaie perdre sa valeur et les services publics se dégrader ?
La question n’est pas morale seulement. Elle est économique. Un acheteur étranger peut aimer les produits libanais, mais il ne signe pas un contrat avec une émotion. Il évalue le risque. Un investisseur ne regarde pas seulement la créativité des entrepreneurs. Il regarde la justice, la gouvernance, les banques, la stabilité réglementaire et la capacité de l’État à imposer des règles. Un pays peut disposer de producteurs compétents et rester pénalisé par son système politique.
La Banque mondiale a employé des termes très sévères pour qualifier la crise libanaise. Elle a parlé d’une dépression délibérée et d’une élite ayant capturé l’État et ses rentes économiques. Dans un autre rapport, elle a interrogé la logique des finances publiques libanaises en parlant de finance de type Ponzi plutôt que de finances publiques ordonnées. Le Fonds monétaire international a, de son côté, lié le retour de la confiance à la gouvernance, à la lutte contre la corruption et aux normes contre le blanchiment et le financement illicite.
Ces constats créent un problème politique pour le discours actuel. Restaurer la confiance ne peut pas signifier demander aux Libanais et aux partenaires arabes d’oublier. Il faut expliquer ce qui a changé. Qui rend des comptes ? Qui contrôle les banques ? Qui garantit les dépôts ? Qui poursuit les abus ? Qui empêche le retour des mêmes mécanismes de rente ? Qui protège les exportateurs sérieux contre la mauvaise réputation créée par les acteurs défaillants ?
Sans réponses, le mot confiance devient presque une provocation pour une partie de la population. Les ménages qui ont perdu leurs économies ne peuvent pas entendre le même vocabulaire sans demander des preuves. Les entrepreneurs qui ont vu leurs lignes de crédit disparaître veulent savoir si l’État défend vraiment la production ou s’il protège encore les équilibres qui ont conduit à l’impasse.
Un État qui veut vendre, mais qui doit d’abord rendre des comptes
Le Liban a besoin d’exporter. Mais l’État ne peut pas demander aux autres de rouvrir leurs marchés tout en évitant le sujet de la responsabilité. Les marchés arabes ne sont pas seulement des espaces commerciaux. Ce sont des partenaires politiques qui observent la capacité de Beyrouth à se corriger. Les pays du Golfe ont les moyens de choisir leurs fournisseurs. Ils peuvent attendre. Ils peuvent se tourner vers d’autres sources. Le Liban, lui, a besoin de regagner du temps perdu.
La première condition est la transparence. Les autorités doivent publier une feuille de route. Quels produits sont concernés ? Quelles filières sont prêtes ? Quels obstacles ont été identifiés auprès de chaque pays ? Quelles exigences sanitaires ou douanières doivent être mises à jour ? Quels laboratoires sont reconnus ? Quels ministères sont responsables ? Quels délais sont fixés ? L’annonce d’une volonté présidentielle ne remplacera jamais un tableau de suivi.
La deuxième condition est la responsabilité administrative. Si un certificat est fragile, si une cargaison pose problème, si un poste-frontière laisse passer une fraude, si un service bloque un dossier pour des raisons opaques, il faut une chaîne de responsabilité. Les entreprises sérieuses ne peuvent pas être punies par les fautes d’autres acteurs. Le pays doit protéger sa signature. Cela suppose des sanctions, pas seulement des appels à l’unité.
La troisième condition est la réforme financière. Les entreprises exportatrices ont besoin de capital de travail. Elles doivent acheter des matières premières, produire, emballer, transporter, attendre le paiement et absorber des variations de coûts. Dans un pays où la crise bancaire a détruit la relation normale entre entreprises et banques, cette étape reste critique. La réouverture des marchés arabes peut créer de la demande, mais elle ne fournira pas automatiquement le financement nécessaire pour y répondre.
La quatrième condition est politique. Le Liban ne convaincra pas durablement si l’État donne l’image d’un pouvoir divisé, incapable de parler d’une seule voix sur la sécurité, la diplomatie et l’économie. Les exportateurs n’ont pas besoin de slogans. Ils ont besoin d’un pays prévisible.
Le Golfe ne juge pas seulement les produits
Les pays du Golfe n’achètent pas seulement un produit. Ils évaluent un environnement. Ils regardent l’origine, la traçabilité, la réputation, les circuits de transport, les garanties bancaires et les relations politiques. Cette réalité peut paraître dure, mais elle correspond aux pratiques normales des marchés.
Le Liban a parfois tendance à croire que ses produits doivent être accueillis en raison de leur qualité historique ou de l’attachement culturel qui les entoure. Ce raisonnement est insuffisant. La concurrence ne s’est pas arrêtée pendant les crises libanaises. D’autres pays ont amélioré leurs normes, modernisé leurs emballages, structuré leurs filières agricoles et renforcé leurs agences de promotion commerciale. Le Liban doit maintenant rattraper ce retard.
Les chiffres de 2024 montrent que les Émirats arabes unis constituent la première destination des exportations libanaises de marchandises. Cette donnée est importante. Elle peut refléter des flux commerciaux variés, y compris des réexportations ou des marchandises à forte valeur. Elle ne doit pas être lue comme un simple succès industriel. Elle impose plutôt une analyse détaillée : quels produits partent réellement vers les Émirats ? Quelle part relève de l’or, des bijoux, des véhicules ou d’autres catégories particulières ? Quelle part concerne l’agroalimentaire ou la production locale créatrice d’emplois ? Sans cette ventilation, le chiffre global peut donner une image trop flatteuse.
La question des produits est donc centrale. Si l’objectif est de soutenir l’emploi et les régions, il faut identifier les filières productives qui génèrent de la valeur locale. Le pays ne doit pas seulement augmenter le chiffre des exportations. Il doit augmenter les exportations qui font vivre des agriculteurs, des ouvriers, des techniciens, des transporteurs et des petites entreprises.
Des exportations qui doivent créer du travail, pas seulement des statistiques
La reconquête des marchés arabes sera utile si elle soutient une économie réelle. Or une partie des exportations libanaises peut relever de produits à forte valeur mais à faible effet social direct. Les données internationales classent parmi les premiers postes d’exportation les véhicules, l’or, les bijoux, les produits pétroliers, les diamants, les déchets de métaux ou certains équipements. Ce profil doit pousser à la prudence. Un bon chiffre d’exportation ne signifie pas forcément une relance productive large.
La priorité devrait être de renforcer les secteurs qui emploient et qui ancrent l’activité dans les régions. L’agroalimentaire, certains produits agricoles, les industries de transformation, les marques alimentaires, les produits de niche, l’emballage, les services associés et l’événementiel professionnel peuvent jouer ce rôle. Mais ces secteurs ont besoin de normes, de certification, d’énergie, de transport et de financement. Ils ont aussi besoin d’une promotion commerciale plus cohérente.
Le Conseil économique, social et environnemental peut servir à poser cette question. Il ne doit pas seulement accompagner le discours officiel. Il peut demander des chiffres détaillés par filière, par destination et par effet sur l’emploi. Il peut suivre les lois, les blocages administratifs et les engagements des ministères. Il peut aussi publier des rapports réguliers. S’il se limite à une présence protocolaire, il deviendra une institution de plus dans un pays qui manque surtout d’exécution.
Une économie fragilisée par la pauvreté et l’inflation
Le débat sur les exportations ne doit pas masquer l’état social du pays. La Banque mondiale estime que la pauvreté parmi les Libanais reste très élevée, autour de 36 % en 2025, après un pic lié aux effets du conflit et de la contraction économique. L’insécurité alimentaire aurait reculé par rapport à la fin de 2024, mais elle restait encore autour de 13 % au début de 2026. Ces chiffres indiquent que la reprise annoncée reste fragile pour une grande partie des ménages.
L’inflation a fortement reculé par rapport au choc extrême des années précédentes, mais elle reste élevée. Elle est passée de 221,3 % en 2023 à 45,2 % en 2024, puis à 14,6 % en 2025. Ce ralentissement ne signifie pas que les prix sont redevenus abordables. Il signifie surtout que la vitesse de hausse a diminué. Pour les familles, le niveau des prix reste lourd. Les dépenses d’éducation, de logement et d’alimentation continuent de peser.
Dans ce contexte, l’argument des marchés arabes doit être relié à la vie quotidienne. Rouvrir un débouché n’a de sens que si cela crée du travail, stabilise des entreprises et soutient des revenus. Si l’ouverture profite seulement à quelques acteurs déjà bien connectés, elle ne restaurera pas la confiance sociale. Le pays a besoin d’un modèle dans lequel les exportations servent aussi la dignité économique.
Le poids des importations d’énergie
Le Liban reste prisonnier de sa dépendance énergétique. Cette donnée affecte directement sa compétitivité. Produire coûte cher lorsque l’électricité est incertaine et que les entreprises doivent recourir à des solutions privées. Transporter coûte cher lorsque le carburant pèse sur chaque étape de la chaîne. Réfrigérer, emballer, conserver et expédier coûtent aussi plus cher. L’exportateur libanais part donc avec un handicap.
La hausse des prix de l’énergie liée aux tensions régionales aggrave ce problème. La Banque mondiale prévient que les prix du pétrole, les coûts du fret et les besoins de reconstruction peuvent raviver les pressions inflationnistes et peser sur le déficit extérieur. Cette contrainte est directe. Un produit libanais peut être de bonne qualité et perdre un contrat parce que son prix final devient trop élevé.
La réforme énergétique est donc une politique d’exportation. Elle n’est pas seulement un dossier technique ou un héritage de crise. Si l’électricité reste coûteuse et instable, les producteurs libanais auront du mal à concurrencer des pays où l’énergie est plus prévisible. Là encore, le discours de confiance rejoint la question de gouvernance. Le secteur de l’électricité a longtemps symbolisé l’échec public. Tant qu’il restera sans solution durable, il affaiblira toute stratégie de production.
Les acteurs en place et le coût du soupçon
L’un des points les plus sensibles demeure la continuité du personnel politique et des réseaux de décision. Le Liban a changé de président et de gouvernement, mais beaucoup de forces qui ont participé au système ancien restent présentes dans les institutions, les partis, les conseils, les banques, les administrations et les circuits de décision. Cette réalité nourrit le soupçon.
Ce soupçon n’est pas seulement un sentiment populaire. Il influence les marchés. Les partenaires extérieurs veulent savoir si les nouvelles promesses seront bloquées par les anciens intérêts. Les bailleurs veulent savoir si les réformes seront vidées de leur contenu. Les exportateurs veulent savoir si les services publics fonctionneront pour tous ou seulement pour les plus proches des centres de pouvoir. Les déposants veulent savoir si la crise bancaire sera traitée ou repoussée.
Le Liban ne peut pas reconstruire la confiance en évitant cette question. Il doit montrer que les règles changent, même si des acteurs demeurent. Cela suppose un contrôle parlementaire réel, une justice indépendante, des audits crédibles, une réforme bancaire complète, une transparence des marchés publics, une lutte contre la contrebande et un accès plus clair aux informations économiques. Sans cela, la confiance restera bloquée au stade du discours.
Ce que devrait contenir une feuille de route
Une stratégie sérieuse pour les marchés arabes devrait commencer par des chiffres publics. Le gouvernement devrait publier les exportations par destination, par filière, par valeur ajoutée locale et par capacité d’emploi. Il devrait distinguer les flux de réexportation des productions qui soutiennent directement l’économie libanaise. Il devrait aussi identifier les pays où les obstacles sont politiques, sanitaires, logistiques ou bancaires.
La deuxième étape devrait porter sur les normes. Chaque filière prioritaire devrait connaître les exigences du marché visé. Les producteurs doivent savoir quels certificats obtenir, quels laboratoires utiliser, quels documents préparer et quels contrôles respecter. Les administrations doivent simplifier les procédures sans les affaiblir.
La troisième étape concerne la diplomatie économique. Les ambassades libanaises devraient être mobilisées sur des objectifs précis. Elles devraient suivre les dossiers, organiser les contacts, signaler les blocages et rendre compte. La diplomatie économique ne peut pas être une formule générale. Elle doit devenir un service rendu aux filières productives.
La quatrième étape touche au financement. Les entreprises prêtes à exporter doivent disposer d’outils de garantie, de solutions de paiement et d’un accès au crédit. Sans cela, seules les sociétés les plus riches pourront profiter de la demande. La réouverture deviendra alors un privilège, pas une relance.
La cinquième étape est la responsabilité. Tout incident qui nuit à la réputation des produits libanais doit être documenté, traité et sanctionné. Le pays ne peut pas se permettre de perdre un marché à cause d’une fraude, d’un contrôle bâclé ou d’une intervention politique.
Une promesse qui doit être mesurée
Le discours de Joseph Aoun a le mérite de replacer les marchés arabes dans la stratégie économique. Mais il ouvre une obligation de résultats. Dans six mois, il faudra pouvoir mesurer ce qui a changé. Des marchés ont-ils été rouverts ? Des restrictions ont-elles été levées ? Des filières ont-elles obtenu de nouveaux certificats ? Des contrats ont-ils été signés ? Des exportations productives ont-elles progressé ? Les petites entreprises ont-elles été accompagnées ? Les administrations ont-elles réduit les délais ?
Cette mesure est essentielle, car le Liban a trop longtemps vécu sur des annonces sans suivi. Le pays n’a plus le luxe de la formule générale. Les producteurs attendent des portes ouvertes, pas des promesses. Les partenaires arabes attendent des garanties, pas des déclarations. Les citoyens attendent des responsabilités, pas un nouveau récit national autour de la résilience.
La confiance peut revenir, mais elle ne reviendra pas gratuitement. Elle suppose de dire ce qui a été perdu, qui a failli, ce qui sera corrigé et comment les mêmes erreurs seront empêchées. Les marchés arabes peuvent être un levier de relance. Ils peuvent aussi devenir un test politique. Si la promesse se transforme en feuille de route vérifiable, elle donnera un signal fort. Si elle reste une phrase dans une séquence officielle, elle rejoindra la longue liste des occasions manquées.


