Il semble que les « bruits colportés », cette « opinion courante », suivent le ruisseau d’une eau qui coule sans arrêt.La gutturalisation de la rumeur, comme déplacement de l’articulation des phonèmes du cri vers l’arrière du palais, correspond à l’arrière d’un inconscient collectif, né des invasions, des colonisations, des guerres, de la famine, des destructions par tactique militaire.

Face à ce « faste » de la guerre qui appelle un effondrement de la langue, il semble bien que les lieux de continuité de la langue viennent insister sur les occlusives, blocage complet de l’écoulement de l’air, et non sur les lieux de mémoire.

Si l’on s’en tient à la logique, le rapport déçu entre l’idée qui germe dans les esprits et la réalité du fait, pousse « l’opinion courante », vers la rumeur du vaincu des mœurs, du vaincu par la politique, du vaincu par les lois. En effet, si l’on s’en tient à la pluralité des mécontentements, le régime drastique du pain quotidien rappelle que les effets du langage par distribution et « colportage », s’inscrivent dans un mode sécuritaire, d’un système à tâtonnements économiques, sans réelles prises de décisions.

La force de la rumeur serait de laisser entendre la noblesse du vaincu, de bouche à oreille, pour une prière, une oraison funèbre des disparitions, où « les petits ruisseaux font les grandes rivières ».Nous évoquons avec force le soulagement d’une bonne nouvelle venue de l’extérieur. Ce qui est spiritualis, est « propre à la respiration », et au 13ème siècle, sa valeur morale sera opposée à ce qui est mondain. Nous avons une sorte de dévotion à nous dévouer aux choses de l’esprit, qui suscitent un étonnement, une explosion des sens, et une curiosité face à l’altérité.

Le splash vient de l’entrechoquement des civilisations le choc tant évoqué par la société civile, de la rencontre avec le visage de l’autre ; choc des civilisations, des influences, des coutumes et des croyances, que nous nous évertuons à analyser par la forme de la rumeur, vue comme une évasion de la conscience.Pourquoi, si ce n’est pour être les témoins, « preuve » vivante de notre contemporanéité à la croisée des chemins…


Celine Armache

Celine Armache

Ex-analyste académique formée à l’université Saint Joseph au structuralisme et à la linguistique, intellectuelle du monde contemporain qui tente en amatrice de construire une médiation des conflits sur des thèmes variés.

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