En l’an 680 de l’ère chrétienne,disparaissait une figure emblématique, pieuse, pure et révolutionnaire de l’Islam; le martyre qui bascula a tout jamais l’histoire de la religion du Prophète Mahomet ; l’Imam Hussein (Paix a son âme).

Au moment ou la société perdait de ses valeurs traditionnelles et religieuses, et a une époque ou les déviations mettaient en danger la survie et la diffusion du message sacre transcris dans le livre pur du Coran, l’Imam Hussein, petit-fils du Prophète, réclama le Califat qui lui revenait inéluctablement, des la mort de Moawiya, ancien gouverneur de l’empire Omeyyade. Son fils, Yazid, refusa de léguer sa place qu’il venait d’hériter, au descendant de Mahomet, et décida de poursuivre jusqu’au massacre, la famille entière du Prophète… C’est ainsi qu’est ne, l’Achoura.

Ce triste et douloureux anniversaire chez les Chiites du monde entier est l’occasion d’impressionnantes processions d’auto-flagellations menant jusqu’à l’écoulement du sang a partir de la tête, un peu comme pour ressentir une moindre part de la souffrance que l’Imam Hussein a du ressentir lors de son assassinat. Ces défiles au rythme de cris de désespoir, et d’un ressentiment de culpabilité de ne pas avoir été aux cotes de la famille du Prophète afin de protéger de leurs corps chacun des infaillibles, montre bien l’attachement de cette communauté a sa religion,son prophète, et surtout chaque membre de sa famille.

Au Liban, et surtout au Sud, a Nabatieh, connue sous le nom de la ville de l’Imam Hussein, ce 19/01/08 marquait la célébration du dixième jour de l’Achoura, une journée assez attendue dans cette ville, en raison du caractère traditionnel de cet événement, et des coutumes qui se transmettent de père en fils.
En effet, ce sont des centaines, voire plus d’un millier de pèlerins qui ont assiste, et surtout participe aux auto-flagellations, avant de terminer cette longue journée riche en émotions, avec la pièce de théâtre qui a eu lieu comme chaque année, dans le stade municipal du centre-ville, relatant les principales étapes de la bataille de Kerbala.

La journée s’est déroule sans aucun incident, et sous le regard assez surpris et ébahi de dizaines de journalistes étrangers venus specialement pour l’occasion des quatre coins de la planète, afin de faire connaitre cette tradition peu connue dans leurs pays respectifs.

Cet odieux massacre que les Chiites pleurent depuis prés de 1400 ans est aujourd’hui synonyme de liberté, de respect, et surtout de dignité, car c’est au nom de la préservation des libertés face a l’oppression des hommes de ce monde, que la mort de l’Imam Hussein a donne un sens a l’espoir, l’amour et a la résistance de tout peuple opprime et condamne au silence.

Ainsi, après des heures de défiles et de flagellations, la vie a repris peu a peu son cours normal dans la ville, comme par magie, en attendant l’année a venir.
“L’Achoura, est une façon de perpétuer cette tradition qui ne prendra jamais fin, car elle est pour nous un moyen de dire que l’Imam Hussein n’est pas mort, mais qu’il vit dans chacun de nos cœurs, et que nous défendrons a chaque fois avec plus de ferveur, jusqu’au jour du Jugement…”
C’est par ces mots que le jeune étudiant en finance Mehdi B. rejoignit la foule avant d’être perdu de vue dans cette marée humaine, un torrent de sang rouge qui purifie le sol de ce Sud-Liban, phare de la résistance et du martyre face a l’Etat Hébreux…
Les habitants de la ville vous le diront ; C’est ce même Imam Hussein qui leur donne aujourd’hui la force et le courage de dire haut fort :  » Non a l’oppression, et Oui a la liberté, a n’importe quel prix… même a celui de sa vie ! « .

Mroue Houssam