La scène internationale continue de se focaliser sur la bande de Gaza, où les violences entre l’armée israélienne et les forces palestiniennes atteignent des niveaux d’intensité rarement vus ces dernières années. Dans le même temps, la diplomatie française prend un virage significatif en direction de la Palestine, marquant un moment crucial dans les équilibres géopolitiques du Proche-Orient. Emmanuel Macron, président de la République française, a annoncé la perspective d’une reconnaissance officielle de l’État palestinien par la France au mois de juin, une déclaration qui, dans le contexte actuel, résonne comme un message politique fort, relayé par Al Quds dans son édition du 10 avril 2025.
Gaza sous le feu, une crise humanitaire dramatique
Dans la bande de Gaza, les frappes israéliennes se sont intensifiées ces derniers jours, provoquant des destructions massives et un lourd bilan humain. Selon les informations rapportées par Al Quds, les quartiers entiers de Gaza sont désormais réduits en ruines. Le secteur de Shujaiya à l’est de la ville de Gaza a été le théâtre d’une attaque particulièrement meurtrière, faisant plus de trente morts, parmi lesquels des femmes et huit enfants. Ces chiffres, relayés par des sources médicales palestiniennes, traduisent la violence des bombardements qui ont également touché des habitations civiles, provoquant l’effondrement de plusieurs immeubles et endommageant gravement les infrastructures avoisinantes.
La situation humanitaire est qualifiée de catastrophique par les acteurs locaux et internationaux. L’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens, l’UNRWA, tire la sonnette d’alarme en décrivant une pénurie alarmante d’eau potable, de nourriture et de soins médicaux. Près de soixante mille enfants souffrent de malnutrition aiguë et de complications médicales sérieuses, une crise humanitaire aggravée par l’intensification du siège imposé par Israël à Gaza. Les bombardements incessants ont transformé la bande de Gaza en véritable champ de ruines, où chaque bâtiment effondré témoigne du désespoir croissant de la population locale.
Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.
L’escalade militaire ne se limite pas aux seules frappes aériennes. Selon les observations rapportées par Al Quds, des opérations terrestres se poursuivent avec une intensité redoublée, notamment à Rafah, que les forces israéliennes projettent de transformer en zone tampon. Cette stratégie vise à empêcher le retour des habitants déplacés et à consolider la création d’une bande de sécurité le long de la frontière sud de la bande de Gaza.
Vers un tournant diplomatique : la France s’engage pour la reconnaissance de la Palestine
Dans ce climat de tension extrême, la déclaration du président français Emmanuel Macron prend une résonance toute particulière. En affirmant que la France pourrait reconnaître officiellement l’État palestinien en juin prochain, le chef de l’État français fait un pas important vers une reconnaissance internationale élargie de la Palestine. Al Quds rapporte que Macron envisage cette décision comme une contribution essentielle à la dynamique collective de résolution du conflit israélo-palestinien. Il a souligné que cette démarche ne serait pas isolée mais inscrite dans un mouvement coordonné avec d’autres nations, afin de soutenir une reconnaissance mutuelle entre Israël et la Palestine.
Le président français précise que cette décision ne répond à aucun calcul électoral ou stratégique interne mais vise à inscrire la France dans une logique de justice internationale. Il considère que la reconnaissance de l’État palestinien serait un acte juste, reflétant la volonté de Paris de voir émerger un ordre international fondé sur le respect du droit international et des résolutions des Nations unies. Cette déclaration intervient alors que d’autres pays européens ont déjà franchi le pas, ajoutant ainsi du poids à l’initiative française et renforçant l’espoir d’un élan diplomatique en faveur des droits du peuple palestinien.
Hezbollah et contexte régional : répercussions au Liban
Parallèlement à la situation à Gaza et à l’initiative française, le Liban reste en alerte face aux développements régionaux. La question du désarmement du Hezbollah demeure centrale dans les discussions politiques internes. Selon les révélations d’Al Liwa’, le président Joseph Aoun conduit actuellement des consultations avec Nabih Berri et avec les représentants du Hezbollah afin de préparer le terrain à un dialogue national sur la stratégie de défense du pays. L’objectif affiché est d’aboutir à un consensus national, qui permettrait notamment de sécuriser les frontières du pays tout en garantissant la stabilité intérieure.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte où Israël continue d’exercer une pression militaire directe. Les attaques aériennes récentes sur la banlieue sud de Beyrouth et sur la ville de Saïda ont été interprétées par les analystes comme un message clair adressé au Hezbollah et à ses alliés. Israël cherche ainsi à intensifier la pression pour pousser le Liban à désarmer le parti chiite, perçu comme une menace majeure pour la sécurité de l’État hébreu. Al Nahar souligne que cette stratégie s’accompagne d’une campagne visant à délégitimer le Hezbollah sur la scène internationale, dans le cadre d’un effort concerté pour isoler le mouvement sur le plan politique et militaire.
Iran et négociations internationales : une équation diplomatique complexe
Au niveau régional plus large, les regards se tournent également vers l’Iran, dont le rôle reste central dans la dynamique des conflits au Proche-Orient. Comme le rapporte Ad Diyar, Téhéran réaffirme son engagement envers un programme nucléaire exclusivement civil et dénonce les sanctions américaines comme étant injustes et contre-productives. Les responsables iraniens, tout en se déclarant ouverts à des négociations, insistent sur le fait qu’ils ne renonceront pas à leurs acquis technologiques dans le domaine nucléaire, ce qui ajoute une complexité supplémentaire aux efforts internationaux pour stabiliser la région.
Le rapprochement diplomatique entre les États-Unis et l’Iran, qui pourrait se concrétiser lors des négociations prévues à Oman, pourrait avoir des répercussions significatives sur l’ensemble des théâtres d’opération régionaux. La perspective d’une désescalade entre Washington et Téhéran pourrait en effet détendre la situation au Liban, en Syrie et bien entendu dans la bande de Gaza, où l’Iran est un soutien essentiel du Hamas et du Jihad islamique palestinien.
Politique locale : souveraineté, sécurité et équilibres fragiles au Liban
La vie politique libanaise demeure sous tension, tiraillée entre la nécessité d’affirmer la souveraineté nationale, les défis sécuritaires persistants et la préparation active des échéances électorales locales. Les interventions des principales figures de l’État, de Joseph Aoun à Nawaf Salam, en passant par Gebran Bassil, président du Courant patriotique libre, traduisent cette volonté de conjuguer pressions externes et attentes internes.
Nawaf Salam insiste sur l’autorité de l’État
Le Premier ministre Nawaf Salam s’est exprimé fermement sur la souveraineté nationale. Après sa rencontre avec le patriarche maronite Bechara Raï, il a rappelé que « l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire libanais doit être consolidée par ses propres moyens », un point qu’il a inscrit à l’agenda du Conseil des ministres, notamment sur la question cruciale du désarmement du Hezbollah.
Il a également abordé les cinq points frontaliers occupés par Israël, exigeant leur évacuation rapide pour garantir la pleine souveraineté du Liban. Cette déclaration s’inscrit dans une démarche plus large visant à restaurer la maîtrise de l’État sur ses territoires contestés. Nawaf Salam a aussi souligné que l’indépendance de la justice est essentielle pour apaiser les tensions internes, particulièrement sur l’affaire sensible de l’explosion du port de Beyrouth, insistant pour que « les mains soient levées sur la justice afin de permettre aux magistrats de faire leur travail en toute indépendance ».
Joseph Aoun renforce l’indépendance judiciaire et la sécurité nationale
Le président de la République Joseph Aoun a, quant à lui, multiplié les initiatives pour affirmer la primauté des institutions. Selon Ad Diyar, il a reçu les membres du Conseil supérieur de la magistrature, les exhortant à agir conformément aux lois et à préserver leur indépendance face aux pressions partisanes. Il a martelé que la justice devait rester « libérée de toute influence politique ou communautaire ».
Sur le front de la sécurité, Joseph Aoun a poursuivi ses consultations, notamment avec le président de la Chambre Nabih Berri, pour aborder la délicate question du désarmement du Hezbollah. Des discussions directes avec le parti ont aussi été entamées, dans le but de préparer un dialogue national sur la stratégie de défense du Liban. La priorité, selon les informations d’Al Liwa’, est donnée au retrait israélien et à la récupération des territoires occupés, avant de progresser vers un accord interne sur la question des armes du Hezbollah, hors des zones d’opérations des forces internationales.
Gebran Bassil : diplomatie régionale et positionnement interne
Le président du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, a profité d’une visite au Qatar pour rencontrer plusieurs responsables de la région et s’adresser à la diaspora libanaise. Al Joumhouriyat rapporte que Bassil a abordé lors de ses échanges la question du retour des réfugiés syriens, les projets de développement local et la place stratégique des Libanais de l’étranger dans la relance économique du pays. Lors de cette réunion à Doha, il a insisté sur « le rôle vital des expatriés pour soutenir la reconstruction économique du Liban ».
Bassil a également défendu une « opposition constructive et positive », soulignant que la situation actuelle du Liban exige des initiatives concrètes pour relancer l’économie et restaurer la confiance des citoyens dans les institutions nationales. Ce déplacement illustre la stratégie de Bassil visant à asseoir son influence à l’international, tout en consolidant son positionnement sur la scène politique libanaise, dans la perspective des futures élections législatives.
Vers les élections municipales de mai 2025
Le ministre de l’Intérieur, Ahmad Hajar, a officialisé le calendrier des élections municipales, attendu avec attention par la classe politique. Les élections dans le Mont-Liban se tiendront le 4 mai 2025, tandis que celles du Nord et d’Akkar sont prévues pour le 11 mai. Ces échéances, détaillées par Ad Diyar, sont perçues comme un baromètre politique essentiel pour mesurer l’évolution du rapport de forces au sein des différentes communautés.
Le débat autour des listes fermées, évoqué dans le même quotidien, reflète les tentatives de surmonter les divisions internes afin de garantir une meilleure représentativité. Cette approche, bien que critiquée par certains pour son manque de flexibilité démocratique, pourrait offrir une solution pragmatique dans un contexte marqué par de fortes tensions communautaires et politiques.
Réformes administratives et lutte contre la corruption
Sur le plan institutionnel, le ministre du Développement administratif, Fadi Makki, a rappelé l’urgence de moderniser l’administration libanaise. Dans ses déclarations reprises par Al Liwa’, il a affirmé que son ministère œuvre à « attirer financements, expertises et talents », tout en priorisant la numérisation des procédures et la lutte contre la corruption systémique qui gangrène le pays.
Cette volonté de réforme est partagée par les milieux économiques, qui y voient un levier indispensable pour restaurer la confiance des investisseurs et des citoyens. Les efforts portent notamment sur la simplification des démarches administratives, essentielle pour débloquer les aides internationales et stimuler la reprise économique.
Pressions économiques et attentes sociales
La crise économique reste omniprésente dans les débats politiques. Une conférence récente, relayée par Ad Diyar, a réuni responsables politiques, secteur privé et représentants syndicaux pour discuter des mesures urgentes à prendre. Les discussions ont mis en avant la nécessité de renforcer les institutions étatiques et de garantir la continuité des services publics essentiels.
Parmi les recommandations clés figurent l’amélioration de la gouvernance locale, la promotion de la transparence et l’inclusion des préoccupations sociales dans les politiques économiques. Ces mesures sont considérées comme des conditions sine qua non pour relancer la croissance et atténuer l’impact de la crise sur les populations les plus vulnérables.
Diplomatie : alliances régionales, pressions internationales et nouveaux équilibres pour le Liban
La scène diplomatique libanaise est marquée par une effervescence particulière, entre pressions occidentales, rapprochements stratégiques avec les pays arabes et renforcement des relations bilatérales avec l’Iran et le Brésil. Le Liban tente de maintenir un équilibre précaire dans un contexte de fortes tensions régionales et d’incertitudes sur son avenir politique et sécuritaire.
Pressions américaines et européennes : le jeu de l’équilibre
La diplomatie libanaise est soumise à des pressions croissantes de la part des États-Unis. Al Akhbar rapporte que l’administration américaine, tout en affichant ses exigences envers le Liban, a adressé des messages fermes à plusieurs pays arabes, dont le Qatar et l’Arabie saoudite, leur demandant de ne pas accorder de soutien financier immédiat à Beyrouth tant que certaines conditions politiques, économiques et sécuritaires ne seraient pas remplies.
Ces exigences incluent notamment la nécessité pour le Liban de faire des avancées concrètes sur la question du désarmement du Hezbollah et d’appliquer les réformes structurelles attendues par la communauté internationale. Washington conditionne ainsi son soutien, ainsi que celui de ses alliés régionaux, à la mise en œuvre de ces réformes, plaçant Beyrouth sous une pression intense.
Toutefois, certains pays européens, comme la France, adoptent une approche plus nuancée. Toujours selon Al Akhbar, des sources diplomatiques soulignent que Paris s’oppose à l’idée d’isoler le Liban, estimant qu’un tel isolement fragiliserait davantage le pays et risquerait d’accentuer les divisions internes. La France privilégie un accompagnement du Liban dans ses réformes, convaincue que la stabilité du pays est essentielle pour la sécurité régionale.
Soutien renouvelé de l’Iran et du Brésil
En parallèle des tensions avec les États-Unis, le Liban renforce ses liens avec d’autres partenaires stratégiques. Selon Ad Diyar, le ministre libanais de la Défense a reçu l’ambassadeur iranien à Beyrouth, Mojtaba Amani, qui a réaffirmé « le soutien constant de la République islamique d’Iran au Liban », en particulier pour « faire face aux défis actuels et renforcer la stabilité nationale ».
L’Iran a exprimé sa disposition à fournir une aide directe au Liban, notamment dans les secteurs militaires et énergétiques, renforçant ainsi un partenariat stratégique de longue date. Ce soutien est perçu à Beyrouth comme un levier indispensable pour résister aux pressions économiques et politiques extérieures.
Le Brésil, quant à lui, a également affiché un soutien sans équivoque au Liban dans les forums internationaux. Comme le rapporte Ad Diyar, l’ambassadeur brésilien a condamné les violations israéliennes des résolutions des Nations Unies, appelant à l’application stricte du règlement 1701, qui stipule notamment le retrait total d’Israël des territoires libanais occupés. Le Brésil s’est par ailleurs engagé à fournir une assistance à l’armée libanaise, renforçant ainsi la coopération militaire entre les deux pays.
Vers une relance des relations avec la Syrie
Autre axe stratégique, le rapprochement progressif entre Beyrouth et Damas. Al Liwa’ rapporte que les responsables libanais et syriens, encouragés par les récentes avancées diplomatiques à Riyad, considèrent cette relance comme une « opportunité pour clore le dossier frontalier et pour restaurer des relations bilatérales normalisées ».
Le président Nawaf Salam devrait rencontrer prochainement le président syrien Bachar al-Assad ainsi que de hauts responsables syriens pour discuter de la démarcation définitive des frontières entre les deux pays. Ces discussions sont d’autant plus sensibles qu’elles interviennent dans un contexte où les incursions israéliennes dans le Sud du Liban continuent de se multiplier, attisant les tensions et renforçant la nécessité pour Beyrouth de sécuriser ses frontières.
Cette relance des relations avec Damas pourrait également ouvrir la voie à une coopération accrue sur la question des réfugiés syriens au Liban, un dossier particulièrement épineux pour les autorités libanaises confrontées à des pressions internes croissantes.
La diplomatie égyptienne en soutien au Liban
Le président Joseph Aoun a également reçu l’ambassadeur d’Égypte au Liban, Alaa Moussa, pour une réunion consacrée à l’avenir des relations bilatérales et aux défis régionaux. Selon Ad Diyar, l’ambassadeur égyptien a exprimé l’engagement du Caire à soutenir la stabilité du Liban et a salué les mesures entreprises par le président Aoun pour renforcer les institutions libanaises et promouvoir des réformes structurelles nécessaires.
La diplomatie égyptienne, traditionnellement active dans les crises moyen-orientales, joue ici un rôle de facilitateur. Le Caire s’emploie à encourager la reprise du dialogue interlibanais et à renforcer les coopérations économiques et sécuritaires entre les deux pays.
Les pressions autour de la résolution 1701
La question de la mise en œuvre complète de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations Unies reste centrale dans les discussions diplomatiques. Adoptée en 2006, cette résolution appelle notamment à un cessez-le-feu durable entre le Hezbollah et Israël, ainsi qu’au retrait total des forces israéliennes du territoire libanais.
Al Joumhouriyat souligne que les violations israéliennes de la résolution sont systématiquement dénoncées par les autorités libanaises, qui rappellent que « la souveraineté nationale et la stabilité régionale passent par l’application complète du texte ».
Les discussions actuelles avec les partenaires internationaux visent à faire pression sur Israël pour qu’il respecte ses engagements et cesse ses incursions en territoire libanais. Les autorités de Beyrouth cherchent également à obtenir un soutien accru de la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban) pour renforcer la surveillance de la ligne bleue.
Perspectives d’une médiation internationale
Face aux tensions croissantes, la perspective d’une médiation internationale prend de l’ampleur. La France, en particulier, semble vouloir jouer un rôle actif dans la facilitation du dialogue entre les différentes parties. Comme l’indique Al Akhbar, Paris reste convaincu que l’isolement du Liban ne ferait qu’aggraver la crise et appelle à une approche coordonnée impliquant à la fois les partenaires régionaux et les grandes puissances internationales.
L’objectif affiché de cette médiation serait de garantir la stabilité du Liban tout en respectant les équilibres régionaux sensibles. Il s’agit aussi de prévenir une escalade militaire qui pourrait embraser l’ensemble du Proche-Orient.
Politique internationale : escalade régionale, repositionnements stratégiques et tensions autour du dossier iranien
La scène internationale est profondément marquée par l’intensification du conflit à Gaza, les développements des négociations sur le nucléaire iranien et le rôle grandissant de certains États dans la recherche d’un équilibre précaire au Proche-Orient. Les réactions et les stratégies des grandes puissances comme des acteurs régionaux façonnent les lignes d’une géopolitique en pleine recomposition.
L’offensive israélienne sur Gaza : escalade militaire et stratégies de déplacement forcé
Le conflit à Gaza connaît une intensité rare, avec des stratégies israéliennes assumées visant à modifier durablement la réalité démographique du territoire. Selon Al Quds, les opérations israéliennes reposent sur une politique d’évacuation forcée, masquée sous des prétextes sécuritaires. Des ordres d’évacuation massifs ont été adressés aux habitants de Gaza, touchant jusqu’à 65 % du territoire. Ces consignes sont présentées comme des mesures de précaution, mais elles visent en réalité à « vider » la région et à exercer une pression insoutenable sur la population civile pour provoquer un exode massif.
Le journal souligne que cette stratégie, qualifiée de « nettoyage ethnique progressif », s’accompagne de frappes ciblées sur les infrastructures vitales de la bande de Gaza. Des villes entières sont détruites, et les habitants, errant de ruines en ruines, sont confrontés à des conditions de vie dramatiques. Les experts cités dans Al Quds estiment que cette situation pourrait déboucher sur une crise humanitaire d’une ampleur encore jamais vue, menaçant la stabilité de toute la région.
Soutiens internationaux à la cause palestinienne : entre mobilisation et réalités diplomatiques
La brutalité de l’offensive israélienne a suscité un vaste élan de solidarité à travers le monde. En Afrique du Nord et au Moyen-Orient, les mouvements de protestation et les appels à la rupture des relations avec Israël se multiplient. Au Maroc, par exemple, le soutien populaire et syndical envers les Palestiniens est massif. Des appels à la cessation immédiate des accords de normalisation avec Israël sont relayés dans Al Quds, illustrant une pression croissante sur les gouvernements arabes pour adopter une posture plus ferme contre Tel-Aviv.
Ce climat international tendu remet en question les accords d’Abraham et la dynamique de normalisation qui avait marqué la période précédente. Les chancelleries arabes, bien que contraintes par des impératifs économiques et stratégiques, sont forcées de réévaluer leurs positions afin de répondre à la colère des opinions publiques.
Israël et les États-Unis : une alliance qui perdure malgré les divergences
Sur la scène internationale, les relations entre Israël et les États-Unis continuent de jouer un rôle central dans la gestion du conflit. Al Quds rapporte que, malgré certaines divergences de fond, notamment sur la question de la gestion du dossier iranien et des droits des Palestiniens, la coordination entre Washington et Tel-Aviv reste extrêmement étroite. Les États-Unis continuent d’apporter un soutien militaire et diplomatique indéfectible à Israël, tout en tentant d’éviter une escalade incontrôlée qui pourrait entraîner un embrasement régional.
Le soutien américain se manifeste également sur le terrain des sanctions économiques, notamment à l’encontre de l’Iran, principal soutien régional du Hamas et du Jihad islamique palestinien. La stratégie de Washington vise à maintenir une pression maximale sur Téhéran pour l’empêcher de tirer profit de la crise actuelle.
La question nucléaire iranienne : des négociations sous haute tension
Au cœur des préoccupations internationales figure la relance des négociations nucléaires avec l’Iran. Plusieurs sources convergentes, dont Ad Diyar, rapportent que des pourparlers doivent se tenir discrètement dans les prochains jours à Oman, entre des représentants américains et iraniens. Les États-Unis cherchent à parvenir à un nouvel accord qui garantirait que l’Iran ne puisse se doter de l’arme nucléaire, tout en offrant à Téhéran des garanties politiques et économiques minimales.
L’administration américaine, sous la pression de ses alliés régionaux et face à la montée des tensions à Gaza, souhaite parvenir rapidement à un accord pour contenir les ambitions nucléaires iraniennes. Selon les analyses rapportées par Al Joumhouriyat, la Maison Blanche craint que l’absence de compromis ne pousse Israël à envisager des frappes préventives contre les installations nucléaires iraniennes, ce qui entraînerait un basculement du conflit à une échelle régionale dramatique.
Les négociateurs iraniens, pour leur part, cherchent à obtenir des concessions économiques tangibles, notamment la levée des sanctions qui étranglent leur économie, et à éviter que les discussions ne se transforment en outil de pression à usage interne pour les adversaires politiques du président Bzezkhian, récemment élu avec un programme d’ouverture vers l’Occident.
L’Iran mobilise ses alliances régionales
Sur le plan régional, l’Iran active également ses réseaux d’alliances pour contrer l’influence américaine et israélienne. Comme le rapporte Al Quds, des consultations étendues ont été menées par Téhéran avec plusieurs capitales arabes, afin de bâtir un front commun face à l’escalade israélienne à Gaza. Le ministre des Affaires étrangères iranien a affirmé que l’Iran continuerait de soutenir les groupes de résistance dans la région, indépendamment de leur appartenance religieuse, tant qu’ils poursuivent leurs objectifs communs contre l’agression israélienne.
Cette stratégie vise à renforcer la profondeur stratégique de l’Iran au Levant et à peser sur les négociations internationales en cours, en projetant l’image d’une puissance régionale incontournable et résolue à défendre ses alliés.
Israël fragilisé sur les marchés financiers
La situation sécuritaire tendue n’est pas sans conséquences économiques pour Israël. Al Quds note que le coût de la dette israélienne s’est envolé sur les marchés financiers, avec une dégradation de sa note souveraine par l’agence Moody’s. Les perspectives économiques se sont assombries depuis la reprise des combats en mars 2025, et la volatilité des marchés reflète les inquiétudes des investisseurs internationaux quant à la capacité d’Israël à maîtriser l’escalade militaire et ses répercussions économiques.
Cette instabilité pourrait limiter les marges de manœuvre de Tel-Aviv, dont les dirigeants comptaient jusqu’ici sur une économie résiliente pour soutenir l’effort de guerre et financer les opérations militaires de longue durée.
Économie : réformes urgentes, attentes internationales et mobilisations internes pour la relance libanaise
La situation économique libanaise reste extrêmement préoccupante. Entre les réformes structurelles indispensables, les pressions des instances internationales, et les efforts du gouvernement pour relancer la croissance, le Liban est à la croisée des chemins. Les réunions politiques et économiques de ces derniers jours reflètent l’intensité des débats et l’urgence des décisions à prendre pour sortir d’une crise qui perdure depuis 2019.
Le projet de loi sur la levée du secret bancaire : une avancée majeure attendue
Le ministre libanais des Finances, Yassine Jaber, a déclaré que le Parlement était sur le point d’adopter une nouvelle loi sur la levée du secret bancaire. Selon ses propos rapportés par Al Quds, il estime que le texte pourrait être adopté « si ce n’est pas demain, ce sera après-demain ».
Cette réforme est considérée comme cruciale pour renforcer la transparence financière et répondre aux exigences de la communauté internationale, notamment dans le cadre des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI). Le ministre a rappelé que la loi avait déjà été approuvée par le gouvernement en 2022, et qu’il s’agit désormais de modifier une seule clause pour permettre aux autorités de contrôle bancaire d’accéder pleinement aux comptes.
Ce changement législatif vise à lever les accusations selon lesquelles l’ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, aurait abusé du secret bancaire pour dissimuler des informations sensibles. En ouvrant davantage les comptes à la supervision, les autorités espèrent ainsi améliorer la lutte contre le blanchiment d’argent et la corruption, deux fléaux qui fragilisent durablement l’économie libanaise.
Une mobilisation concertée des acteurs économiques
Les initiatives pour relancer l’économie libanaise ne se limitent pas aux seules sphères gouvernementales. Un large éventail d’acteurs économiques s’est mobilisé récemment à l’occasion d’une conférence organisée à Beyrouth par les principales organisations professionnelles et économiques du pays. Comme le rapporte Nahar, cette rencontre a rassemblé des figures majeures du monde des affaires, parmi lesquelles l’ancien ministre Mohammad Choucair, président des instances économiques, et les membres du Conseil économique national.
La « feuille de route pour un Liban nouveau », présentée à cette occasion, propose un ensemble de mesures articulées autour de sept axes prioritaires. Parmi ceux-ci figurent la consolidation de l’État de droit, la stabilisation de la scène politique, la restructuration des administrations publiques, ainsi que la promotion d’une croissance économique durable.
Le document souligne notamment l’urgence de restaurer la confiance des investisseurs locaux et internationaux en garantissant la transparence des politiques publiques et la continuité des services de base. Les intervenants ont insisté sur le fait qu’un climat politique apaisé était indispensable pour permettre la reprise des investissements privés et publics.
Des réformes législatives en attente de concrétisation
La relance économique libanaise dépend largement de l’adoption rapide d’un ensemble de réformes législatives. Ad Diyar rapporte que le Parlement est d’ores et déjà prêt à voter plusieurs textes cruciaux dans les domaines financier, économique et administratif. Les réunions de la commission des Finances et du Budget ont permis de finaliser plusieurs projets de lois qui devraient être soumis très prochainement à l’Assemblée nationale.
Parmi les priorités figurent la restructuration du secteur bancaire, la réforme fiscale, et la modernisation de l’administration publique. Ces mesures sont jugées essentielles pour répondre aux critères du FMI et des bailleurs de fonds internationaux qui conditionnent leur aide à des avancées concrètes sur ces dossiers.
Le rapport d’Ad Diyar souligne que ces réformes visent à « mettre le Liban sur la voie de la reprise et à sortir de la spirale de la crise dans laquelle il est embourbé depuis des années ».
Le rôle clé du FMI dans la sortie de crise
Les négociations avec le FMI restent au cœur de la stratégie économique du gouvernement libanais. Les réunions prévues du 21 au 26 avril à Washington sont attendues avec une grande anticipation. Le ministre des Finances et d’autres responsables libanais participeront à ces discussions pour tenter d’arracher un accord de financement qui serait crucial pour stabiliser la situation financière du pays.
Le FMI exige du Liban non seulement des réformes structurelles profondes, mais aussi des garanties sur la mise en œuvre effective des mesures adoptées. Il s’agit notamment de la restructuration de la dette publique, de la résolution de la crise des dépôts bancaires gelés, et de la consolidation budgétaire pour assurer la viabilité des finances publiques à moyen terme.
La perspective d’un accord avec le FMI est perçue par les milieux économiques comme un signal fort pour restaurer la crédibilité du Liban auprès des investisseurs internationaux et des agences de notation.
La relance des infrastructures stratégiques : l’exemple du port de Beyrouth
Au-delà des réformes institutionnelles, le gouvernement cherche également à dynamiser l’économie réelle en améliorant les infrastructures nationales. Le ministre des Travaux publics et des Transports, cité par Ad Diyar, a mis en avant les efforts engagés pour moderniser le port de Beyrouth. Il a précisé que le classement international du port s’était amélioré ces dernières années, atteignant la 67e place mondiale, grâce aux investissements réalisés pour augmenter sa productivité et renforcer la sécurité des opérations portuaires.
Cette modernisation vise à faciliter les exportations vers les marchés du Golfe et de l’Europe, soutenant ainsi les secteurs agricoles et industriels locaux. Les autorités libanaises espèrent que l’amélioration du port contribuera à accroître les recettes de l’État et à relancer la croissance économique.
Le ministre a également insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts pour garantir la transparence et l’intégrité des opérations portuaires, essentielles pour attirer des partenaires commerciaux internationaux.
L’urgence d’un plan de redressement crédible
Pour parvenir à une sortie durable de la crise, les économistes libanais estiment indispensable la mise en œuvre rapide d’un plan de redressement économique et social crédible. Lors de la conférence économique de Beyrouth, les experts ont plaidé pour un programme de rétablissement comprenant notamment la restructuration du secteur financier, la gestion du dossier de la dette publique et des eurobonds, ainsi que la sortie du Liban de la « liste grise » du GAFI, le Groupe d’action financière contre le blanchiment de capitaux.
Le document de travail présenté lors de cette conférence insiste aussi sur la nécessité de garantir la soutenabilité budgétaire de l’État et de renforcer les partenariats avec les donateurs internationaux pour financer les projets d’infrastructure et les réformes économiques.
Cette approche pragmatique est partagée par les milieux d’affaires qui, tout en saluant les efforts du gouvernement, appellent à des résultats concrets pour rétablir la confiance du marché et éviter une aggravation de la crise sociale.
Justice : enquête sur l’explosion du port de Beyrouth, coopération internationale et dossiers financiers brûlants
La justice libanaise est à un moment charnière. Les enquêtes sur l’explosion du port de Beyrouth se poursuivent avec une intensité renouvelée, alors que la coopération judiciaire internationale, notamment avec la France, s’intensifie. En parallèle, les dossiers financiers sensibles, tels que les affaires bancaires et les soupçons de corruption liés à l’ancien gouverneur de la Banque du Liban, mobilisent magistrats et autorités de contrôle.
L’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth reprend de la vigueur
Le juge d’instruction Tarek Bitar continue de piloter les investigations sur l’explosion du 4 août 2020. Selon les informations rapportées par Nahar, il poursuit l’audition des témoins et des accusés dans un climat de pression élevée, alors que le Liban attend la visite d’un important contingent judiciaire français d’ici la fin du mois d’avril.
Ce déplacement, confirmé également par Al Akhbar, vise à échanger des informations entre les autorités judiciaires des deux pays. Deux magistrats de la cellule d’enquête française, qui travaille sur les conséquences de l’explosion pour les ressortissants français, sont attendus à Beyrouth pour faire le point sur les éléments de preuve et les avancées de l’enquête franco-libanaise parallèle.
La France avait été parmi les premières à réagir après la catastrophe, en envoyant immédiatement des équipes techniques pour soutenir les premiers constats sur place. Comme le rappelle Nahar, le ministre français de la Justice avait promis un appui constant à la magistrature libanaise, dans le respect des principes du droit international, même en l’absence de convention judiciaire bilatérale formelle.
Les enquêteurs français pourraient également apporter un éclairage précieux sur la possibilité d’exploitation d’images satellites du moment de l’explosion. Selon l’ancien ministre Salim Jreissati, des engagements auraient été pris pour fournir ces images, mais la décision finale reste entre les mains du juge Bitar, qui continue de mener son travail « avec professionnalisme et dans le strict respect du secret de l’instruction ».
Affaires bancaires : poursuite des procédures contre l’ancien gouverneur Riad Salamé
La justice libanaise avance également sur le front des affaires financières. Selon Ad Diyar, le juge chargé de l’enquête sur les activités de l’ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, a récemment confirmé la qualification des faits en « enrichissement illicite », « blanchiment d’argent » et « faux et usage de faux ». Les investigations se concentrent notamment sur les transferts de fonds suspects et les investissements réalisés à l’étranger au moyen de sociétés-écrans.
Ce dossier, particulièrement sensible, s’inscrit dans un contexte de pressions nationales et internationales pour que les responsables des dérives ayant conduit à la crise financière soient tenus pour responsables. Les autorités judiciaires cherchent à déterminer les responsabilités dans la dissimulation présumée de milliards de dollars transférés hors du Liban durant les premières années de la crise.
Les auditions menées jusqu’à présent ont permis d’identifier des circuits financiers complexes impliquant des dirigeants bancaires et des intermédiaires. Les autorités poursuivent la traque des avoirs expatriés, dans l’objectif de récupérer une partie des fonds détournés et de les rapatrier dans les caisses de l’État.
Le secret bancaire en question : vers une transparence accrue
Parallèlement, la question du secret bancaire reste au cœur de l’actualité judiciaire. Comme le souligne Al Quds, le Parlement libanais s’apprête à voter un amendement essentiel à la loi sur le secret bancaire, destiné à faciliter l’accès des autorités judiciaires aux comptes suspects dans le cadre des enquêtes pour corruption et blanchiment.
Cette réforme attendue par la communauté internationale répond aux critiques exprimées à l’encontre des précédentes législations, jugées trop protectrices des pratiques douteuses. La modification de la loi permettra notamment à la commission spéciale d’investigation de la Banque du Liban d’exercer ses prérogatives de contrôle de manière plus efficace.
L’objectif affiché est de renforcer la transparence financière, de faciliter la coopération avec les instances internationales et de répondre aux critères exigés par le GAFI pour sortir le Liban de la « liste grise ».
Procédures immobilières et saisies en cascade
Les juridictions civiles et commerciales libanaises sont également actives dans le cadre des procédures liées à la crise financière. Plusieurs annonces judiciaires publiées dans la presse locale témoignent d’un regain d’activité concernant les litiges immobiliers et les saisies bancaires. Ad Diyar mentionne ainsi une décision de la cour de Baabda concernant l’enregistrement forcé d’actions d’une société immobilière sur décision de justice, impliquant plusieurs parties prenantes du secteur bancaire.
Ces procédures visent à garantir la récupération des créances des banques sur des actifs tangibles, en particulier dans un contexte où la majorité des dépôts restent gelés. Les experts juridiques estiment que l’accélération de ces affaires pourrait aider à assainir partiellement le secteur bancaire et à restaurer un minimum de confiance auprès des déposants.
La coopération judiciaire internationale s’élargit
Au-delà de la France, d’autres pays suivent de près l’évolution des enquêtes libanaises. Les efforts de coopération internationale se multiplient, notamment sur les aspects de lutte contre le blanchiment d’argent. D’après Nahar, des engagements ont été pris pour partager davantage d’informations avec les autorités suisses et allemandes, qui s’intéressent de près aux flux financiers suspects ayant transité par leurs systèmes bancaires dans les dernières années.
Cette dynamique pourrait déboucher sur de nouvelles actions judiciaires, ciblant notamment les circuits de blanchiment à l’international. Les magistrats libanais misent sur ces collaborations pour tracer les fonds expatriés et renforcer la crédibilité de la justice libanaise sur la scène internationale.
Les discussions avec les instances européennes portent également sur la possibilité de renforcer les capacités des services d’enquête libanais, via des formations spécialisées et des échanges de bonnes pratiques, afin d’améliorer l’efficacité des procédures de lutte contre la criminalité financière transnationale.
Société : pression migratoire, crise sociale persistante et défis humanitaires
Le Liban, confronté à des défis économiques et politiques majeurs, fait également face à une pression sociale sans précédent. La crise des réfugiés syriens, les difficultés d’accès aux services de base et les tensions communautaires alimentent un climat de grande incertitude. Les documents consultés dans la presse du 10 avril 2025 révèlent des situations critiques sur plusieurs fronts, mettant en lumière la fragilité du tissu social libanais.
La crise des réfugiés syriens au cœur des préoccupations
Le Liban continue d’assumer une charge démographique lourde avec la présence de centaines de milliers de réfugiés syriens sur son sol. Selon Al Joumhouriyat, le gouvernement libanais intensifie ses efforts pour organiser des discussions avec Damas sur le retour des réfugiés. Le président Nawaf Salam a prévu une rencontre avec le président syrien Bachar al-Assad afin d’aborder, entre autres, la question cruciale du retour sécurisé et volontaire des déplacés syriens.
Les autorités libanaises insistent sur la nécessité d’obtenir des garanties précises pour éviter des refoulements forcés contraires au droit international. Toutefois, la pression exercée par certaines municipalités pour expulser les réfugiés de leurs zones de résidence accroît la tension sur le terrain. Le gouvernement libanais cherche un équilibre délicat entre ses obligations humanitaires et la pression croissante d’une opinion publique lassée par les conséquences économiques et sociales de cette situation prolongée.
Impact de la crise humanitaire sur les services publics
La dégradation des conditions de vie concerne également la population libanaise dans son ensemble. D’après Al Joumhouriyat, la pénurie d’électricité reste un problème endémique qui affecte toutes les couches de la société. Les autorités peinent à garantir un approvisionnement minimal, obligeant les citoyens à recourir massivement aux générateurs privés, avec des coûts prohibitifs pour les ménages les plus modestes.
Le secteur de l’éducation n’est pas épargné. Selon Al Joumhouriyat, plusieurs écoles publiques peinent à fonctionner normalement faute de financements suffisants, de matériel pédagogique adéquat et de rémunérations décentes pour le personnel enseignant. Cette situation compromet l’accès à l’éducation pour de nombreux enfants, en particulier dans les régions périphériques et les zones rurales.
Le système de santé publique souffre également d’un sous-financement chronique. La crise économique a réduit les capacités d’approvisionnement en médicaments essentiels et limité les services hospitaliers, ce qui accroît la précarité des plus vulnérables, notamment les personnes âgées et les malades chroniques.
Tensions communautaires et équilibre confessionnel
Les tensions sociales se doublent de crispations communautaires exacerbées par la crise. Al Joumhouriyat souligne que la gestion de la relation avec la communauté chiite est perçue comme l’un des défis les plus complexes pour le président Joseph Aoun. Celui-ci, fort de son expérience à la tête de l’armée, s’efforce de maintenir un équilibre subtil entre les différentes composantes confessionnelles du pays, afin de prévenir tout risque de basculement vers la violence interne.
La persistance de la crise économique alimente les frustrations et ravive les tensions historiques entre communautés. La question de la répartition des aides internationales et de l’accès aux ressources publiques est un sujet sensible qui menace l’unité nationale si des réponses équilibrées ne sont pas apportées rapidement.
Érosion du soutien international humanitaire
La crise sociale est aggravée par le recul du soutien international. Al Akhbar rapporte que la suspension des financements américains pour les projets de développement et d’aide humanitaire au Liban a eu un impact sévère. De nombreux programmes, en particulier ceux mis en œuvre par les ONG locales et internationales, ont vu leurs budgets amputés de près de 50 % pour certains, compromettant gravement leur efficacité sur le terrain.
Cette réduction drastique de l’aide extérieure aggrave la pression sur les agences humanitaires, déjà confrontées à des besoins croissants. Les agences des Nations Unies estiment que la couverture des besoins de base ne dépasse pas 50 % des attentes, un niveau jugé critique par les spécialistes du secteur. Les lacunes dans la distribution de l’aide concernent tant la sécurité alimentaire que l’accès à l’eau potable, aux soins médicaux et à l’éducation.
Initiatives locales face à l’adversité
Face à ces défis, certaines initiatives locales tentent de pallier les insuffisances de l’État et de la communauté internationale. Al Liwa’ met en lumière les efforts du ministère du Développement administratif pour mobiliser des financements extérieurs et renforcer les capacités des institutions locales. Le ministre Fadi Makki affirme que son département travaille à attirer des ressources humaines et techniques pour revitaliser les services publics, en priorité dans les domaines de la lutte contre la corruption et de la modernisation numérique des administrations.
Ces initiatives, bien que prometteuses, peinent à compenser la gravité de la crise sociale actuelle. Les appels au soutien des collectivités locales et des ONG se multiplient, mais les résultats concrets restent limités par le manque de coordination et de moyens.
Perceptions de l’opinion publique
L’opinion publique, profondément affectée par la crise, exprime un ras-le-bol croissant face à l’incapacité des dirigeants à apporter des solutions durables. Selon les échos rapportés par Nahar, des mouvements sociaux émergent sporadiquement dans plusieurs régions, dénonçant l’injustice sociale et réclamant des réformes structurelles immédiates pour améliorer les conditions de vie quotidiennes.
Les revendications portent principalement sur la réhabilitation des services de base, la réduction du coût de la vie et la transparence dans la gestion de l’aide internationale. Toutefois, l’absence de relais politiques crédibles freine l’organisation d’un mouvement de contestation structuré, laissant place à des actions isolées sans réelle coordination nationale.



