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Revue de presse du 7/07/25: Tensions autour du désarmement du Hezbollah et pressions internationales croissantes

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Le paysage politique libanais est dominé depuis plusieurs jours par une montée des tensions autour de la question du désarmement du Hezbollah, sur fond d’intenses tractations diplomatiques et d’échéances critiques. Plusieurs sources convergent vers une conclusion commune : le Liban se trouve aujourd’hui à un moment charnière, pris entre la pression des puissances étrangères, notamment les États-Unis et Israël, et les lignes rouges internes fixées par le Hezbollah et ses alliés.

Une réponse libanaise sous surveillance

Selon Annahar dans son édition du 7 juillet 2025, le Liban s’apprête à remettre une réponse officielle au médiateur américain Tom Barak, représentant spécial du président Donald Trump, sur la question centrale du désarmement du Hezbollah. Cette réponse a été préparée par une commission conjointe formée des conseillers des présidences de Joseph Aoun, Nabil Berri et Nawaf Salam. D’après les informations relayées par Annahar, cette réponse sera « positive dans la forme » mais éludera le point central de la feuille de route américaine, à savoir la reddition des armes du Hezbollah.

Le journal rapporte également que les États-Unis exigent un calendrier clair, sans délai, pour entamer le processus de désarmement. Le médiateur américain Tom Barak est attendu à Beyrouth pour recevoir la réponse libanaise. Il pourrait, selon certaines fuites, relever le ton en cas de manque de clarté ou d’engagement concret. Cette pression intervient dans un contexte de crispation sécuritaire, où chaque mot est pesé et chaque signe interprété comme un indicateur d’escalade ou de détente.

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La ligne rouge du Hezbollah : pas de désarmement sans garanties

Le Hezbollah, pour sa part, campe sur ses positions. Dans un discours tenu à l’occasion des commémorations d’Achoura à Beyrouth, relayé par Ad Diyar (7 juillet 2025), le secrétaire général du parti, le cheikh Naim Kassem, a réitéré son refus catégorique de céder les armes. Il a déclaré : « لا تطلبوا منا ترك السلاح، فلن نكون جزءاً من شرعنة الاحتلال في لبنان والمنطقة » (« Ne nous demandez pas d’abandonner les armes, nous ne ferons pas partie de la légitimation de l’occupation au Liban et dans la région »). Kassem a souligné que le Hezbollah est prêt à discuter d’une stratégie de défense nationale, mais uniquement après le retrait total d’Israël des territoires libanais et l’application intégrale des résolutions internationales.

Cette posture est soutenue par les plus hautes instances religieuses chiites. Annahar (7 juillet 2025) indique que le Conseil islamique chiite suprême a qualifié toute tentative de désarmement de « trahison nationale », dénonçant une volonté de déstabiliser la résistance sous pression étrangère.

Nawaf Salam : « Pas d’État sans monopole de la force »

Le Premier ministre Nawaf Salam, en déplacement dans la région de la Bekaa, a quant à lui rappelé une ligne de principe claire. Citée dans Annahar, il a affirmé : « لا دولة دون حصر السلاح بيدها » (« Il n’y a pas d’État sans que l’arme soit exclusivement entre ses mains »). Il a appelé à l’application complète de l’Accord de Taëf et à la mise en place d’un filet de sécurité sociale pour consolider la stabilité interne. Cette déclaration, bien que mesurée, réaffirme l’attachement de l’État libanais au monopole de la force, tout en évitant un affront direct avec le Hezbollah.

Pressions israéliennes et déclarations incendiaires

L’environnement régional ajoute à la tension ambiante. Annahar (7 juillet 2025) rapporte que le ministre israélien de la Défense, Yisrael Katz, a prononcé un avertissement direct à l’attention de Naim Kassem, l’invitant à méditer le sort de son prédécesseur Hassan Nasrallah. Israël multiplie les démonstrations de force et laisse entendre qu’en cas d’échec du processus diplomatique, des actions militaires ciblées pourraient être envisagées.

Cette menace est prise au sérieux à Beyrouth, d’autant que des raids israéliens ont récemment visé des positions présumées du Hezbollah au sud du Liban, comme le rapportent Al Sharq Al Awsat et Al Quds (7 juillet 2025). Ces frappes, bien que limitées, envoient un signal clair : la patience d’Israël n’est pas illimitée, et la volonté de Donald Trump de conclure un accord sur Gaza ne se fera pas sans contrepartie sur le front libanais.

Tom Barak, l’envoyé de la dernière chance ?

L’envoyé américain Tom Barak incarne une tentative de conciliation entre fermeté et diplomatie. Selon Ad Diyar (7 juillet 2025), il agit dans l’esprit d’une diplomatie « de la carotte et du bâton », fidèle à la méthode Trump. Son objectif est de sécuriser une entente globale sur plusieurs dossiers : désarmement, délimitation des frontières, retour des réfugiés syriens, et relance de la réforme économique et financière. Cette feuille de route, selon les sources du quotidien, ne tolère pas l’ambiguïté ni les faux-semblants.

Mais les craintes exprimées par plusieurs acteurs politiques sont claires : si Washington ou Tel-Aviv jugent la réponse libanaise insuffisante, ils pourraient initier une phase de pressions plus brutales, voire de confrontation militaire directe, dans une région déjà fragilisée par les conséquences du conflit israélo-iranien.

Achoura et mobilisation populaire : démonstration de force symbolique

Le contexte des célébrations d’Achoura a servi de caisse de résonance politique. Al Quds (7 juillet 2025) décrit des foules massives réunies dans la banlieue sud de Beyrouth, à Nabatieh et à Baalbek, arborant des bannières du Hezbollah, du Liban et de l’Iran. L’événement, religieux en apparence, s’est transformé en démonstration politique. Dans son allocution, Kassem a réaffirmé que « la libération continue, même si cela prend du temps », s’inscrivant dans une rhétorique de résistance intransigeante.

Enjeux stratégiques et déséquilibres institutionnels

La tension actuelle ne concerne pas seulement le désarmement mais révèle aussi un déséquilibre profond entre les institutions de l’État et les puissances de fait. Comme le souligne Annahar (7 juillet 2025), le processus de réponse a mis en lumière le rôle central de Nabih Berri, président du Parlement, comme canal entre le Hezbollah et les autorités exécutives. Cette réalité illustre un dysfonctionnement chronique dans la gouvernance libanaise, où les décisions souveraines sont négociées entre acteurs institutionnels et milices armées, au détriment de la clarté constitutionnelle.

Scénarios d’escalade et inquiétudes populaires

Al Arabi Al Jadid (7 juillet 2025) évoque l’angoisse croissante de la population face à une éventuelle escalade militaire. L’inconfort est d’autant plus fort que la dernière guerre israélienne a laissé de nombreuses infrastructures détruites, notamment dans le sud du pays. Les experts évoquent plusieurs scénarios : soit une relance du dialogue sous pression, soit un retour à la confrontation ouverte. L’issue dépendra largement de la teneur de la réponse libanaise remise aujourd’hui à Tom Barak, et de la marge de manœuvre qu’il acceptera d’y accorder.

Politique locale : Désaccords internes, souveraineté contestée et tensions sécuritaires

La scène politique libanaise connaît un regain d’agitation, accentué par la pression croissante des puissances étrangères et les divergences internes autour de la souveraineté nationale, du désarmement du Hezbollah, et des réformes structurelles. Le président Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement Nabih Berri apparaissent comme les principaux arbitres d’un jeu politique contraint par les lignes rouges internes et les injonctions extérieures. La position du Hezbollah, de plus en plus fermement exprimée par son chef Naim Kassem, agit comme un verrou sur l’ensemble du système politique, où toute décision majeure dépend de son consentement implicite.

Trois présidences, une réponse et des nuances

Selon Ad Diyar (7 juillet 2025), les présidences de Joseph Aoun, Nabih Berri et Nawaf Salam ont finalisé une réponse conjointe à la « feuille de route » américaine apportée par l’émissaire Tom Barak. Cette réponse sera remise officiellement aujourd’hui et présente, selon des sources gouvernementales, une approche « réaliste » de la situation, reconnaissant les difficultés structurelles à mettre en œuvre un désarmement sans contreparties régionales. Toutefois, cette approche masque des divergences entre les trois pôles du pouvoir.

Le président de la République Joseph Aoun, selon les éléments fournis par Annahar (7 juillet 2025), se montre ouvert à la mise en œuvre d’un plan de réintégration progressive des armes sous l’autorité de l’État, à condition d’un soutien international fort et d’une pression parallèle sur Israël. Son entourage plaide pour une sortie ordonnée et concertée de la logique de dualité militaire.

Nawaf Salam, pour sa part, tient un discours institutionnel strict. En déplacement dans la Békaa, il a déclaré, selon Annahar, que « لا دولة دون حصر السلاح بيدها » (« Il n’y a pas d’État sans monopole des armes »), appelant à appliquer pleinement l’Accord de Taëf et à accélérer les réformes sociales nécessaires à la stabilisation. Ce positionnement confirme son attachement aux principes de souveraineté classique, bien qu’il évite soigneusement de nommer le Hezbollah dans ses critiques.

Quant à Nabih Berri, il apparaît comme le principal médiateur entre le Hezbollah et l’État. Comme le souligne Ad Diyar, il a servi d’intermédiaire discret pour faire remonter au gouvernement les conditions imposées par le parti chiite. Sa position, constante depuis des années, est celle de l’équilibre : préserver le dialogue intercommunautaire tout en limitant les affrontements directs avec l’axe iranien.

Naim Kassem, le verrou politique

Le secrétaire général du Hezbollah, Naim Kassem, a profité de la commémoration d’Achoura pour réaffirmer publiquement son refus de céder sur l’armement. Selon Al Sharq Al Awsat (7 juillet 2025), Kassem a déclaré : « لا تطلبوا منا ترك السلاح » (« Ne nous demandez pas d’abandonner les armes »), précisant que la résistance reste, selon lui, un élément constitutif de la souveraineté libanaise. Il a assorti ses déclarations d’une série de conditions : retrait israélien complet, libération des prisonniers, cessation des violations aériennes et maritimes.

Le discours de Kassem n’est pas seulement une réaffirmation idéologique. Il constitue aussi un signal politique clair à l’attention des trois présidences, indiquant les lignes rouges du Hezbollah. Ad Diyar précise que ces messages ont été formellement relayés à Joseph Aoun et à Nawaf Salam par Nabih Berri, dans le cadre de la préparation de la réponse à l’émissaire américain.

Réformes bloquées et tensions parlementaires

Le contexte sécuritaire n’est pas le seul facteur de blocage : la scène politique est également paralysée par l’absence de consensus sur les réformes économiques et institutionnelles. Selon Al Arabi Al Jadid (7 juillet 2025), les tentatives de relance du processus de décentralisation, ainsi que la mise en œuvre d’un système fiscal équitable, sont suspendues à la validation des forces politiques dominantes, principalement le Hezbollah et le Courant patriotique libre.

Le gouvernement de Nawaf Salam, quoique volontaire, se heurte à des résistances parlementaires. Le projet de budget pour 2026, comprenant une refonte de la TVA et un programme de subventions ciblées, est critiqué tant par les députés chrétiens que chiites. L’opposition y voit une tentative d’alignement excessif sur les exigences du FMI, sans consultation suffisante des syndicats et des associations de consommateurs.

Ad Diyar mentionne également les tensions autour de la nomination des membres de la Cour des comptes et du Conseil constitutionnel, où les équilibres confessionnels ont bloqué toute décision. Cette paralysie institutionnelle renforce le sentiment d’impasse chez une population lassée par les promesses non tenues.

Sécurité intérieure et guerre de positions

Sur le plan sécuritaire, la situation reste fragile. Annahar fait état d’un renforcement des patrouilles militaires dans le sud du pays et d’un dispositif de surveillance renforcé à Beyrouth-Sud, sur fond de crainte d’opérations israéliennes préventives. Le ministère de l’Intérieur a également publié une directive limitant les rassemblements dans certaines zones sensibles, ce qui a été perçu par plusieurs ONG comme une restriction de la liberté d’expression politique.

D’autre part, les services de renseignement libanais auraient intercepté des communications entre cellules dormantes suspectées de liens avec des groupes extrémistes sunnites, selon Ad Diyar. Bien que ces éléments n’aient pas été confirmés officiellement, ils entretiennent un climat de suspicion propice aux surenchères sécuritaires.

L’ombre de Trump et l’imprévisibilité stratégique

L’influence de la politique étrangère américaine sur la politique intérieure libanaise est particulièrement visible cette semaine. Al Sharq Al Awsat rappelle que Donald Trump a fait du Liban une pièce essentielle dans sa stratégie de redéfinition de l’ordre régional. Son émissaire Tom Barak n’est pas un diplomate traditionnel, mais un messager direct des nouvelles orientations trumpiennes, qui cherchent à isoler l’Iran et à restructurer le Levant selon des lignes sécuritaires plus lisibles.

Ce facteur international renforce l’impression que les décisions libanaises se prennent moins à Beyrouth qu’à Washington, Tel-Aviv ou Téhéran. Un député contacté par Ad Diyar résume ainsi la situation : « Nous ne contrôlons plus que nos communiqués, pas notre agenda ».

Citation et discours des personnalités politiques : affirmation de souveraineté, lignes rouges et stratégies d’affrontement

Les déclarations politiques publiées dans la presse libanaise et régionale en date du 7 juillet 2025 révèlent une dynamique verbale intense, reflet d’une période de tension stratégique majeure. Les discours tenus par les principales figures de l’État libanais, du Hezbollah et de plusieurs leaders régionaux manifestent une volonté d’affirmation dans un contexte de pression internationale. Ces prises de parole structurent le débat autour de la souveraineté nationale, du rôle de la résistance, et de la place du Liban dans l’équilibre régional.

Naim Kassem : la résistance comme ligne de rupture

Le discours le plus marquant de la semaine émane de Naim Kassem, secrétaire général du Hezbollah. À l’occasion des cérémonies d’Achoura, Kassem a réaffirmé de manière catégorique le refus du désarmement. Selon Al Sharq Al Awsat(7 juillet 2025), il a déclaré : « لا تطلبوا منا ترك السلاح، فلن نكون جزءاً من شرعنة الاحتلال في لبنان والمنطقة » (« Ne nous demandez pas d’abandonner les armes, nous ne ferons pas partie de la légitimation de l’occupation au Liban et dans la région »). Cette citation, reprise également dans Annahar et Ad Diyar, sert de pierre angulaire à une rhétorique qui inscrit la résistance dans le cadre d’une souveraineté défensive.

Dans ce discours, Kassem souligne que le Hezbollah est prêt à participer à une stratégie de défense nationale, mais uniquement après des garanties vérifiables sur le retrait israélien et l’application des résolutions internationales. Il a aussi menacé indirectement d’un retour à la confrontation en cas d’escalade diplomatique ou militaire. La formule « مستعدون للمواجهة » (« Nous sommes prêts pour l’affrontement »), citée par Al Sharq Al Awsat, illustre le double discours habituel du parti : disponibilité à la négociation mais en position de force.

Nawaf Salam : un appel à l’ordre républicain

Face à cette posture, le Premier ministre Nawaf Salam adopte un ton plus institutionnel mais non moins affirmé. À l’occasion d’une visite dans la région de la Békaa, Annahar rapporte qu’il a déclaré : « لا دولة دون حصر السلاح بيدها » (« Il n’y a pas d’État sans que l’arme soit exclusivement entre ses mains »). Cette déclaration place la question du monopole de la violence légitime au cœur du débat républicain.

Salam insiste également sur la nécessité de relancer l’application complète de l’Accord de Taëf, notamment dans ses volets de décentralisation, de réforme sécuritaire et d’organisation des pouvoirs. Il relie cette exigence à la stabilité sociale, appelant à la création d’un réseau de protection sociale pour éviter que les tensions politiques ne dégénèrent en agitation populaire.

Sa déclaration n’est pas une attaque directe contre le Hezbollah mais constitue un rappel clair des fondements constitutionnels de l’État libanais. Elle vise à reprendre l’initiative politique dans un champ dominé par les rapports de force militaires.

Joseph Aoun : une position mesurée mais vigilante

Le président de la République Joseph Aoun, bien que plus discret dans les médias, est au cœur des mécanismes de réponse diplomatique. Selon Ad Diyar, il a supervisé la rédaction de la réponse officielle au médiateur américain Tom Barak, en coordination avec Nabih Berri et Nawaf Salam. Son discours public est mesuré, mais selon des sources proches de Baabda citées par Annahar, Aoun estime que « la souveraineté s’exerce pleinement ou ne s’exerce pas ».

Cette phrase, bien que non officielle, circule dans les cercles diplomatiques comme un signe que le président refuse tout compromis qui ne reposerait pas sur une symétrie d’engagements, notamment le retrait d’Israël des territoires encore occupés. Sa méthode privilégie la stabilité par le dialogue, mais avec une fermeté croissante dans le contexte actuel.

Yisrael Katz : des avertissements à peine voilés

Le ministre israélien de la Défense Yisrael Katz a, pour sa part, adopté un ton résolument agressif. Annahar rapporte que Katz a directement visé Naim Kassem, en le comparant à Hassan Nasrallah et en rappelant « le sort réservé aux leaders de la résistance lorsqu’ils deviennent des menaces directes ». Cette déclaration s’apparente à une menace d’élimination ciblée, en ligne avec la doctrine israélienne dite de la « décapitation stratégique ».

Cette rhétorique vise clairement à intimider, mais elle pourrait aussi renforcer la légitimité interne du Hezbollah, qui exploite ce type de discours pour nourrir son récit de victimisation et de résistance.

Donald Trump : retour de l’autorité américaine

À Washington, le président Donald Trump n’a pas prononcé de discours spécifique sur le Liban, mais ses déclarations sur Gaza et sur la nécessité de « redessiner les équilibres régionaux » dans Al Arabi Al Jadid (7 juillet 2025) laissent peu de doute sur son approche interventionniste. Selon le quotidien, Trump considère le dossier libanais comme un levier dans sa stratégie de pacification forcée du Levant, au service d’un équilibre plus favorable à Israël.

Son émissaire Tom Barak a été envoyé à Beyrouth non seulement pour négocier mais aussi pour délivrer un message clair : « pas de place pour l’ambiguïté dans le processus de désarmement ». Cette phrase, relayée par Ad Diyar, résume l’approche trumpienne : forcer les acteurs locaux à se positionner clairement, sous peine de sanctions.

Nabih Berri : l’homme-pont et ses silences éloquents

Nabih Berri, président du Parlement, ne s’est pas exprimé directement dans les médias. Mais selon Ad Diyar, il a joué un rôle central dans la transmission des exigences du Hezbollah aux présidences. Sa stratégie reste celle du silence actif, évitant les citations publiques mais pesant fortement dans les négociations internes.

Il est perçu comme le garant d’un équilibre fragile, celui qui permet au gouvernement de fonctionner malgré l’influence militaire du Hezbollah. Sa position actuelle, selon des sources parlementaires citées par Annahar, est que « toute précipitation dans le traitement de la question des armes mettrait en péril l’unité nationale ».

Diplomatie : Médiation américaine, pressions régionales et recalibrage des alliances

La diplomatie libanaise est soumise à rude épreuve alors que le pays se trouve au cœur d’une recomposition régionale aux multiples dimensions. La visite à Beyrouth du médiateur américain Tom Barak, les réactions israéliennes, les positions iraniennes et les implications du conflit de Gaza placent le Liban dans une configuration géopolitique instable. Dans les différentes publications du 7 juillet 2025, les enjeux de cette phase diplomatique sont explicitement décrits comme déterminants pour l’avenir de la souveraineté libanaise et la stabilité de ses équilibres internes.

Tom Barak : une mission à haut risque

La figure centrale de cette séquence diplomatique est Tom Barak, envoyé spécial du président américain Donald Trump. Selon Ad Diyar, il a pour mandat d’obtenir un accord global avec le Liban sur plusieurs points : le désarmement du Hezbollah, la délimitation des frontières maritimes et terrestres, la relance du retour des réfugiés syriens, et la reprise du processus de réformes économiques. Cette feuille de route, qualifiée de « dense et contraignante » par des sources citées dans le journal, ne laisse que peu de place à l’interprétation.

Barak, dans une stratégie décrite comme inspirée de la diplomatie « dure » de Trump, adopte selon Al Sharq Al Awsatune méthode de « lissage apparent » et de pression effective. Il évite les ultimatums dans la forme, mais multiplie les signaux fermes : la réponse libanaise attendue ne pourra être vague ou évasive. Ce positionnement repose sur une lecture selon laquelle une stabilité régionale est possible uniquement à travers la neutralisation progressive des milices pro-iraniennes.

Une médiation américaine sous double pression

L’efficacité de l’émissaire américain est conditionnée à sa capacité à naviguer entre plusieurs contradictions. D’une part, les États-Unis souhaitent éviter une déflagration régionale en pleine année électorale ; d’autre part, ils veulent obtenir des résultats tangibles à afficher comme victoires diplomatiques. Selon Ad Diyar, les marges de manœuvre de Barak sont étroites, prises entre les exigences israéliennes de sécurité immédiate et les réticences internes libanaises.

Barak a tenu des réunions séparées avec les trois présidents libanais : Joseph Aoun, Nawaf Salam et Nabih Berri. Il leur a remis une version actualisée de la feuille de route américaine. Selon des fuites diplomatiques rapportées par Annahar, cette version insiste sur l’abandon du double discours concernant le Hezbollah, demandant au gouvernement libanais de reconnaître explicitement son incapacité à contrôler les armes du parti, afin d’activer une coopération multilatérale pour y remédier.

Israël : langage dur et menaces explicites

En parallèle, Israël poursuit une diplomatie de pression. Annahar cite des propos du ministre de la Défense israélien Yisrael Katz, qui avertit Naim Kassem des « conséquences » de sa posture inflexible, rappelant le sort de Hassan Nasrallah. Ces déclarations font écho à un raid israélien sur le sud du Liban le même jour, mentionné dans Al Sharq Al Awsat, présenté comme une opération de « dissuasion préventive ».

Cette forme de diplomatie armée s’inscrit dans une stratégie israélienne plus large, qui vise à maintenir une pression constante sur le Liban tant que la question du Hezbollah reste non résolue. Israël s’appuie ici sur une alliance tacite avec les États-Unis, en faisant de la stabilité au sud du Liban une condition préalable à tout progrès diplomatique.

Le Hezbollah et l’Iran : diplomatie indirecte

De son côté, le Hezbollah utilise une stratégie de diplomatie indirecte, faite de discours publics fermes et de signaux transmis via des canaux non officiels. Dans son discours, Naim Kassem a évoqué la possibilité d’un dialogue stratégique sur la défense nationale, mais uniquement dans un cadre post-conflit et post-retrait israélien. Ce positionnement, relayé par Al Quds, représente la ligne rouge iranienne : toute négociation ne peut se faire que sur un pied d’égalité, avec une reconnaissance de la « légitimité » de l’axe de la résistance.

L’Iran, quoique discrète dans ce dossier spécifique, a envoyé un message implicite via la réapparition publique d’Ali Khamenei à Téhéran, rapportée par Al Sharq Al Awsat. Dans ce contexte, sa présence symbolise une volonté de résilience face à la pression israélienne et américaine, et un soutien implicite au Hezbollah dans son refus du désarmement sans contrepartie.

Gaza comme levier diplomatique

La question de Gaza est également omniprésente dans les discours diplomatiques analysés dans les journaux du 7 juillet 2025. Al Arabi Al Jadid décrit les négociations en cours à Doha entre Israël, le Hamas, l’Égypte, le Qatar et les États-Unis comme un test grandeur nature des capacités de la diplomatie américaine. Donald Trump a affirmé dans une déclaration rapportée par le journal qu’« une paix durable à Gaza est la clé d’un Moyen-Orient stabilisé ».

Pour les diplomates libanais, cette dynamique est ambivalente. D’un côté, elle pourrait détourner l’attention des pressions sur le Liban. De l’autre, un succès à Gaza pourrait renforcer l’exigence de résultats immédiats à Beyrouth, dans une logique de « domino stratégique ».

Position européenne et internationalisation partielle

L’Union européenne, bien que discrète, a envoyé des signaux par l’intermédiaire de la France. Al Sharq Al Awsatévoque une coordination officieuse entre Paris et Washington visant à conditionner une aide économique à des progrès politiques concrets sur la question du désarmement. Emmanuel Macron, en déplacement à Londres, a évoqué la nécessité de « stabiliser les démocraties fragiles du bassin méditerranéen » – une allusion indirecte au Liban.

En parallèle, l’ONU est restée silencieuse sur le dossier libanais, concentrée sur la situation humanitaire à Gaza. Le Liban est donc, de facto, exclu d’un processus multilatéral élargi, ce qui renforce le caractère bilatéral et asymétrique de la médiation actuelle.

Politique internationale : Gaza, Iran, Trump et recomposition des équilibres stratégiques

L’actualité internationale du 7 juillet 2025, telle que couverte par les principaux journaux arabes, met en lumière une convergence de crises et d’opportunités diplomatiques autour de la question palestinienne, des tensions entre l’Iran et Israël, des initiatives de Donald Trump pour consolider son rôle d’arbitre au Moyen-Orient, et des évolutions dans les relations Sud-Sud. La scène mondiale est marquée par une intense activité diplomatique à Doha, une pression militaire accrue à Gaza, et une volonté politique d’établir un nouveau rapport de forces face aux institutions internationales dominées par l’Occident.

Vers une trêve à Gaza ? Une diplomatie sous haute tension

L’ensemble des quotidiens, notamment Al Arabi Al JadidAl Quds, et Al Sharq Al Awsat, consacre de longues analyses aux négociations en cours à Doha entre Israël, le Hamas, l’Égypte, le Qatar et les États-Unis. Ces discussions visent à instaurer une trêve durable à Gaza après plusieurs mois de guerre particulièrement meurtrière. Selon Al Quds, le nombre de victimes palestiniennes a dépassé les 57 000 morts depuis le début de l’offensive israélienne en octobre 2023, chiffre corroboré par le ministère de la Santé palestinien et les agences de l’ONU.

Les négociations portent sur l’application d’un accord-cadre déjà discuté, incluant le retrait israélien de certaines zones, la libération de prisonniers, la levée partielle du blocus, et l’ouverture de corridors humanitaires. Al Arabi Al Jadidsouligne le rôle central de l’administration Trump, qui cherche à faire de ce dossier un succès stratégique avant les élections présidentielles de novembre.

Le président Trump, selon les mêmes sources, suit personnellement les pourparlers, et a promis à son allié Benjamin Netanyahou de peser en faveur d’un compromis tout en renforçant la position israélienne. Une rencontre décisive est prévue entre les deux dirigeants à Washington, qualifiée par Al Sharq Al Awsat de « rendez-vous de la dernière chance ». Le journal précise que Netanyahou a exigé des garanties concernant la sécurité d’Israël et le désarmement de certaines unités du Hamas en échange de concessions humanitaires.

Israël : pression militaire et communication de guerre

Israël mène en parallèle une campagne militaire de dissuasion. Le même jour que l’arrivée du médiateur américain à Beyrouth, l’armée israélienne a mené des frappes sur Gaza, comme l’indiquent Al Quds et Al Sharq Al Awsat. Ces frappes ciblées visent selon Tsahal des « infrastructures militaires » mais ont causé la mort de plus de 70 personnes, dont des civils, selon les sources hospitalières citées par Al Quds.

Netanyahou joue un double jeu : il affirme être favorable à un accord, mais demande à son armée de préparer une opération terrestre d’envergure au cas où les négociations échoueraient. Il s’agit selon ses conseillers d’une « manœuvre de pression », destinée à éviter les concessions majeures demandées par le Hamas. Ce jeu dangereux complique la position des négociateurs qataris et égyptiens, qui peinent à maintenir les deux parties autour de la table.

Hamas : lignes rouges et pragmatisme tactique

Le Hamas, par la voix de son représentant à Doha Khaleel Al-Hayya, affirme être disposé à accepter un cessez-le-feu à condition que les garanties internationales soient écrites et que les conditions humanitaires soient respectées. Al Arabi Al Jadid rapporte que le mouvement islamiste souhaite surtout un accès durable à l’aide via l’ONU et une levée partielle du blocus de Rafah.

Une citation d’un porte-parole du Hamas, rapportée par Al Quds, précise que « toute tentative d’imposer une trêve sans levée du blocus ni retrait militaire est vouée à l’échec ». Le Hamas revendique aussi une reconnaissance implicite de son rôle politique à Gaza, ce qui reste inacceptable pour Israël. Ce blocage structurel menace la conclusion de l’accord, malgré l’activisme diplomatique américain.

Iran : retour sur la scène et messages militaires

L’autre acteur majeur en toile de fond est l’Iran. Le 7 juillet 2025 marque le premier retour public de l’Ayatollah Ali Khamenei depuis l’attaque israélienne de Téhéran trois semaines auparavant, attaque qui avait tué plusieurs hauts responsables du Corps des Gardiens de la Révolution. Al Sharq Al Awsat rapporte que cette réapparition vise à envoyer un message de stabilité et de continuité du leadership. Khamenei a été vu participant à une cérémonie religieuse, entouré de partisans criant « دماؤنا فداء قائدنا » (« Nos vies pour notre guide »), dans une ambiance de forte mobilisation symbolique.

En parallèle, Al Quds mentionne des données satellitaires publiées par des chercheurs américains confirmant que cinq cibles militaires en Israël ont été touchées par des missiles iraniens lors de la riposte du 26 juin. L’Iran aurait visé une base aérienne, un centre de renseignement, et un dépôt logistique. Ces révélations, bien que non confirmées par Israël, illustrent l’ampleur de l’affrontement et renforcent la perception d’une guerre de basse intensité permanente.

Donald Trump : entre stratégie régionale et enjeu électoral

Le président américain Donald Trump joue un rôle de chef d’orchestre dans cette recomposition stratégique. Selon Al Arabi Al Jadid, il considère que sa réélection passe par un succès diplomatique tangible au Moyen-Orient, notamment sur le front israélo-palestinien. C’est pourquoi il a accéléré les contacts avec Israël, le Qatar et l’Égypte, mobilisant même la CIA et le Département d’État dans une logique de coordination maximale.

Trump veut inscrire son action dans une doctrine du « new deal régional », centrée sur la sécurité d’Israël, le confinement de l’Iran et la pacification partielle des fronts palestiniens. Al Sharq Al Awsat souligne cependant que cette approche pourrait être contre-productive si elle est perçue comme un alignement total sur Tel-Aviv. Une source diplomatique citée par le journal résume ainsi : « Si Trump veut la paix, il devra aussi parler à ceux qu’il exclut ».

BRICS et Sud global : appels à une réforme de l’ordre mondial

En marge de ces crises régionales, des appels plus structurels émergent. Al Sharq Al Awsat rapporte que la dernière réunion des BRICS à Rio de Janeiro a été marquée par un discours du président brésilien Lula da Silva appelant à une réforme du Fonds monétaire international et à une augmentation du poids des pays du Sud dans la gouvernance mondiale. Il a déclaré : « Nous ne pouvons plus accepter un monde dirigé par les anciennes puissances coloniales ».

Le président russe Vladimir Poutine, dans un message vidéo, a appuyé cette déclaration en affirmant que « le modèle libéral de la mondialisation est dépassé ». La réunion a aussi vu l’admission de nouveaux pays comme l’Indonésie, l’Iran, l’Égypte et l’Arabie saoudite, marquant un tournant dans l’élargissement du bloc. Ce processus pourrait donner naissance à un contre-pouvoir économique structuré face à l’Occident.

Justice : Enjeux de souveraineté, dissensions institutionnelles et pressions internationales

La question de la justice au Liban prend une tournure particulière en cette période de tension politique et diplomatique intense. Si les journaux du 7 juillet 2025 n’abordent pas directement des dossiers judiciaires en cours, plusieurs éléments mettent en lumière des dynamiques institutionnelles, juridiques et constitutionnelles, notamment à travers la gestion de la question du désarmement du Hezbollah, les divergences autour du rôle des institutions de l’État, et les menaces explicites formulées par des puissances étrangères. La justice, en tant que pilier de l’État de droit, apparaît ici non pas à travers des procédures formelles, mais comme le reflet d’un affrontement sur la légitimité de l’usage de la force, la souveraineté nationale et la gouvernance constitutionnelle.

Le désarmement du Hezbollah : entre légalité et rapport de force

La problématique centrale traitée dans AnnaharAd Diyar et Al Sharq Al Awsat concerne le projet américain visant à forcer l’État libanais à se positionner sur le désarmement du Hezbollah. Bien que présenté comme un enjeu militaire ou diplomatique, ce sujet relève aussi d’un cadre juridique : celui de l’application du droit libanais et des résolutions internationales. Selon Annahar, la commission chargée de rédiger la réponse libanaise à l’émissaire américain Tom Barak s’est heurtée à une difficulté fondamentale : comment intégrer une exigence de désarmement dans un cadre légal national qui ne reconnaît pas explicitement l’existence du Hezbollah comme entité armée non étatique.

La question est d’autant plus complexe que le Hezbollah dispose de représentants élus au Parlement, participe à la vie politique nationale, et bénéficie d’une légitimité institutionnelle au sein du Conseil des ministres. Ainsi, toute tentative de désarmement poserait un dilemme constitutionnel : l’État peut-il juridiquement désarmer une formation politique représentée dans les institutions sans déclencher une crise de légitimité ? Ad Diyar souligne que cette contradiction bloque toute possibilité d’action judiciaire, à moins d’une réforme profonde du cadre légal, qui semble hors de portée dans le contexte actuel.

Le rôle ambivalent des institutions judiciaires

Les sources analysées ne mentionnent aucune procédure judiciaire spécifique en cours, mais plusieurs indices permettent de mesurer le rôle passif ou instrumentalisé des institutions judiciaires. Annahar fait état de la paralysie du Conseil constitutionnel, dont les membres n’ont toujours pas été renouvelés, faute d’accord politique. Ce blocage a des répercussions directes sur la capacité de l’État à trancher des questions d’interprétation constitutionnelle, notamment sur la répartition des compétences entre le gouvernement et les partis armés.

De même, la Cour des comptes, chargée de la vérification des dépenses publiques, fonctionne en sous-régime, ce qui limite sa capacité à exercer un contrôle sur les fonds alloués aux structures sécuritaires. Cette carence institutionnelle alimente un climat de défiance et de soupçon, comme le rapporte Ad Diyar, où certains parlementaires estiment que l’impunité persiste à tous les niveaux de l’appareil d’État.

Pressions étrangères et implications juridiques

Les déclarations de responsables israéliens, notamment celle du ministre de la Défense Yisrael Katz, rapportée par Al Sharq Al Awsat, relèvent d’un registre ouvertement menaçant. Katz a ainsi affirmé que Naim Kassem ferait bien de méditer le sort de son prédécesseur Hassan Nasrallah. Ce type de déclaration, perçue au Liban comme une menace de liquidation ciblée, pose une question juridique majeure : l’État libanais peut-il engager une plainte ou une procédure internationale pour incitation à la violence ou menace contre des citoyens libanais ? La réponse semble être non, faute de mécanismes institutionnels fonctionnels et de volonté politique.

Par ailleurs, la stratégie américaine repose également sur une forme de chantage légal : l’acceptation de la feuille de route diplomatique devient la condition d’un soutien international et d’un allègement des sanctions. Cette approche soulève des interrogations sur le principe d’égalité entre les États dans le droit international, mais là encore, le Liban semble privé de moyens concrets pour faire valoir ses droits devant les juridictions compétentes.

Les tensions internes sur la légalité de l’action gouvernementale

La réponse conjointe des trois présidences à l’émissaire américain, telle que décrite dans Ad Diyar, illustre les tensions internes sur la légitimité de la décision gouvernementale. Le Premier ministre Nawaf Salam insiste sur le respect de la Constitution et sur la nécessité que toute décision engageant l’État soit prise par des organes légitimes et selon les procédures prévues. Il rappelle dans ses déclarations que le monopole de la violence légitime appartient à l’État, en vertu de l’article 49 de la Constitution.

Cependant, comme le souligne Annahar, cette posture se heurte à la réalité des équilibres politiques internes, où certaines décisions stratégiques sont prises en concertation avec des partis armés ou via des négociations extraconstitutionnelles. Le rôle du président du Parlement Nabih Berri comme médiateur entre le Hezbollah et le pouvoir exécutif illustre cette dérive institutionnelle, où la justice est évincée du processus de décision au profit de compromis politiques opaques.

Absence de réformes et climat d’impunité

L’ensemble des sources consultées s’accorde sur un point : l’absence de réforme judiciaire réelle. Al Arabi Al Jadidévoque, à travers des articles connexes sur d’autres pays arabes, l’importance d’un système judiciaire indépendant comme garantie de stabilité. Cette réflexion trouve un écho au Liban, où la justice est régulièrement accusée d’être soumise aux intérêts politiques. Aucune nomination majeure n’a été réalisée ces derniers mois dans les organes judiciaires clés, et le projet de réforme du Conseil supérieur de la magistrature est au point mort.

L’impunité est devenue, selon des analystes cités dans Ad Diyar, une norme institutionnelle. Aucun des dossiers sensibles – des explosions du port de Beyrouth aux affaires de corruption financière – n’a connu de développement judiciaire significatif. Cette inertie judiciaire renforce la perception que le droit est suspendu dans les moments de crise politique, laissant place à des logiques de rapports de force.

Culture : Création libanaise à l’international, héritage en mutation et rayonnement artistique

La presse du 7 juillet 2025 met en lumière plusieurs aspects du dynamisme culturel libanais, tant sur la scène locale qu’à l’international. Les artistes libanais continuent d’occuper une place importante dans les festivals, les productions cinématographiques et les débats intellectuels du monde arabe, même dans un contexte marqué par des tensions sécuritaires et des incertitudes économiques. Les journaux Al QudsAl Arabi Al Jadid et Al Sharq Al Awsat font ainsi écho à des initiatives artistiques, des expositions, des présences dans les grands festivals, ainsi qu’à une réflexion plus large sur la place de la culture dans les sociétés en crise.

Cannes : les voix libanaises à l’écran

Selon Al Quds (7 juillet 2025), la présence du cinéma libanais au Festival de Cannes cette année a été particulièrement remarquée. Le réalisateur Ziad Khoury, originaire de Zahlé, a présenté son nouveau film « Rue Hamra » dans la section Un Certain Regard. Le film, tourné entièrement à Beyrouth, explore les paradoxes de la vie urbaine entre mémoire de la guerre et utopies modernes. Il met en scène un groupe de jeunes artistes confrontés à la gentrification de leur quartier, dans un style proche du réalisme poétique.

Le journal précise que la critique française a salué la mise en scène sobre et l’utilisation du dialecte libanais sans sous-titrage forcé. Ce choix esthétique est interprété comme une affirmation de l’identité culturelle dans un espace cinématographique globalisé. La comédienne principale, Mariam Dabboussi, a quant à elle reçu une mention spéciale du jury pour son interprétation, décrite comme « poignante et incarnée ».

Al Quds souligne que la participation libanaise à Cannes confirme une tendance plus large : le retour des cinéastes arabes engagés, dont les œuvres abordent de front les fractures sociales, les mémoires de la guerre civile, et les conflits de générations. Le Liban, avec sa densité symbolique et sa diversité linguistique, continue d’occuper une place centrale dans ce renouveau du cinéma du Levant.

L’héritage musical revisité

Al Arabi Al Jadid consacre une page à l’initiative « Beirut Echoes », un projet mené par l’Institut du patrimoine sonore de Beyrouth, qui vise à restaurer et numériser les enregistrements anciens de la musique libanaise des années 1950 à 1980. Ce projet, financé en partie par la fondation Barjeel et l’Union européenne, a permis la redécouverte de plusieurs enregistrements inédits de Fairuz, Wadih El Safi, et Sabah.

Le projet inclut également une série de concerts éducatifs dans les écoles publiques du Mont-Liban, où des artistes contemporains réinterprètent ces classiques en fusionnant musique traditionnelle et électronique. Cette approche vise à créer une continuité vivante entre les générations, et à montrer que l’héritage musical n’est pas figé mais en constante réinvention.

Dans une déclaration à Al Arabi Al Jadid, la musicologue Rita Khoury explique que « la musique libanaise, longtemps considérée comme patrimoniale, peut aussi être une langue d’avant-garde si on lui redonne une place dans le présent ». Le projet a déjà permis de constituer une archive numérique de 2 000 heures d’enregistrement, accessible depuis juin via une plateforme libre d’accès.

Expositions et arts visuels : regards croisés

Al Quds mentionne également l’exposition collective « Liban, lignes de faille » qui se tient à la Galerie Sursock jusqu’au 30 juillet. L’événement rassemble 14 artistes plasticiens libanais de la diaspora et du pays, autour du thème des ruptures : sociales, géographiques, mémorielles. L’exposition mêle photographie, peinture, installation sonore et vidéo, dans une scénographie immersive conçue par l’artiste visuelle Hala Mroueh.

L’œuvre centrale de l’exposition, « Mur invisible » de Fadi Barrak, met en scène des fragments de béton issus des ruines de Beyrouth, assemblés en une structure fragile suspendue au plafond. Elle a été particulièrement remarquée pour sa puissance symbolique. Dans le catalogue de l’exposition, Barrak explique : « Le mur que j’ai construit est fait de ruines mais il suspend la chute. Il parle de survie, pas de mémoire figée ».

Selon Al Quds, cette exposition montre que l’art libanais est en train de repenser ses formes de résistance : moins dans la revendication que dans la réappropriation esthétique des ruines, des brèches, des silences.

Théâtre : paroles fragmentées et nouveaux publics

Sur le plan théâtral, Al Arabi Al Jadid évoque la reprise au Théâtre Monnot de la pièce « Ghalta », écrite et mise en scène par Leila Saadé. Ce monologue dramatique, interprété par le comédien Joseph Al Khoury, explore les limites du pardon dans une société post-conflit. Inspirée de témoignages réels recueillis auprès d’anciens combattants, la pièce interroge les mécanismes de la réconciliation nationale.

La pièce a été jouée à guichets fermés depuis sa reprise, et fait l’objet d’un débat public organisé en partenariat avec l’Université Saint-Joseph, sur le thème « Théâtre et mémoire politique ». La dramaturge, citée par Al Arabi Al Jadid, estime que « le théâtre libanais n’est plus un lieu de catharsis mais un laboratoire de la conscience collective ».

Littérature : une présence en traduction

Du côté de l’édition, Al Quds rapporte la publication en France d’un recueil de nouvelles de l’écrivaine libanaise Hoda Barakat, intitulé « Ce qui reste à dire », aux éditions Actes Sud. Le recueil rassemble onze textes courts qui explorent la solitude, l’exil et la mémoire des voix absentes. Il a été sélectionné pour le prix Femina étranger et bénéficie d’une couverture médiatique importante en Europe francophone.

Le journal souligne que cette reconnaissance internationale confirme la place centrale de la littérature libanaise dans les circuits de traduction, notamment pour des œuvres écrites en arabe. La traductrice française du recueil, Isabelle Taleb, indique que « la langue de Barakat est une langue blessée mais résistante, qui dit l’exil non pas comme fuite mais comme lente dissociation ».

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