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Revue de presse : le blocage des négociations avec Israël place le Liban sous la pression du terrain et du calendrier électoral israélien

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La septième rencontre de Rome laisse le Liban face à un choix difficile

La septième rencontre de négociation entre le Liban et Israël occupe une place centrale dans la presse du 11 août 2026. Elle est présentée comme un moment de rupture ou, au minimum, comme un sérieux avertissement pour la suite du processus. Selon Ad Diyar, le 11 août 2026, la rencontre de Rome n’a pas permis d’obtenir les avancées attendues par Beyrouth. Le Liban demandait avant tout une consolidation de l’arrêt des hostilités et de nouveaux retraits israéliens dans le Sud. Le journal indique que le président Joseph Aoun a pris personnellement en charge le suivi de ces deux demandes avec les États-Unis. L’objectif serait d’obtenir une intervention américaine plus ferme auprès d’Israël. Beyrouth veut notamment ouvrir la voie à une nouvelle phase de zones expérimentales. Le dossier reste toutefois bloqué par plusieurs questions. Israël réclame des garanties sur le contrôle des secteurs concernés. Il demande aussi des mécanismes de vérification plus stricts. Le Liban, de son côté, refuse que ces mécanismes deviennent un moyen de reporter sans cesse les retraits. Ad Diyar souligne aussi le poids du calendrier israélien. Le journal estime que Benjamin Netanyahu cherche à utiliser la situation au Liban comme un argument de politique intérieure avant les élections israéliennes. Dans cette lecture, les opérations militaires menées dans le Sud servent aussi une stratégie électorale. Netanyahu pourrait donc avoir intérêt à éviter des concessions visibles avant le scrutin. Cette perspective réduit les chances d’un progrès rapide. Elle pose également la question de la huitième rencontre, envisagée au début de septembre mais dont la tenue n’est pas assurée. Ad Diyar rapporte que l’ambassadeur américain Michel Issa aurait exprimé des doutes sur l’organisation d’une nouvelle rencontre en septembre. Il aurait estimé qu’un rendez-vous organisé avant les élections israéliennes risquerait de ne produire aucun résultat sérieux. Cette donnée renforce l’idée d’une période d’attente. Elle ne signifie pourtant pas que Beyrouth accepte le blocage. Le Liban cherche au contraire à obtenir des gestes concrets avant de retourner à la table. Il veut éviter que les négociations ne deviennent une succession de rencontres sans effet sur le terrain.

La même prudence apparaît dans Annahar, le 11 août 2026. Le journal décrit un Liban qui n’a pas encore arrêté sa décision définitive sur sa participation à une huitième rencontre. Les responsables libanais étudient plusieurs options. La première consiste à maintenir la participation si Washington obtient des concessions israéliennes. La deuxième serait de suspendre ou de geler la prochaine rencontre. Une troisième possibilité serait de rechercher une formule intermédiaire permettant de préserver le processus tout en augmentant la pression sur Israël. Selon Annahar, les demandes libanaises sont claires. Beyrouth veut un arrêt réel des tirs. Il réclame aussi l’arrêt des destructions et des travaux de terrassement dans les zones occupées. Enfin, il veut la désignation de nouvelles zones expérimentales, notamment autour de Bint Jbeil et de Khiam. Le journal indique que le président Joseph Aoun a reçu Simon Karam, chef de la délégation libanaise, après la rencontre de Rome. Il lui a donné ses orientations pour la prochaine étape. Annahar rapporte également que Simon Karam aurait de nouveau évoqué son souhait de quitter sa mission, mais que Joseph Aoun aurait insisté pour qu’il poursuive son travail. Cette information illustre la tension qui entoure le dossier. Elle montre aussi que les difficultés ne sont pas seulement liées au contenu des discussions. Elles touchent désormais à la manière même de conduire le processus. Al Quds Al Arabi, le 11 août 2026, rapporte de son côté que Simon Karam a interrompu une partie des discussions de Rome pour protester contre ce que la délégation libanaise considérait comme une attitude israélienne de blocage. La rencontre aurait ainsi pris fin plus tôt que prévu. Le journal précise que la date de septembre n’est pas arrêtée. Pour Beyrouth, toute avancée politique doit désormais être précédée par des changements observables sur le terrain. Cette exigence est essentielle. Elle traduit une volonté de ne plus dissocier les discussions diplomatiques de la réalité militaire. Elle marque aussi une différence avec les étapes précédentes, lorsque le Liban acceptait encore de poursuivre les négociations malgré des résultats limités.

Al Joumhouria, le 11 août 2026, présente toutefois un élément différent. Le journal rapporte que Washington ne souhaite pas laisser le cadre négocié s’effondrer. Selon des sources officielles citées par la publication, les États-Unis considèrent que ce cadre est directement lié à leur vision de la sécurité dans le Sud du Liban. Washington chercherait donc à empêcher une interruption durable. Le journal rapporte aussi que des responsables américains auraient indiqué à leurs interlocuteurs libanais que la mise en œuvre ne pouvait pas être bloquée indéfiniment. Cette position américaine contraste avec l’absence d’avancées visibles à Rome. Elle laisse penser que l’administration américaine veut conserver le processus, même si elle n’a pas encore obtenu d’Israël les gestes attendus. Asharq Al-Awsat, le 11 août 2026, adopte une approche comparable. Le journal estime que les négociations sont désormais suspendues aux efforts américains. Il souligne que la septième rencontre a placé le processus dans une phase délicate. La publication rapporte que Beyrouth attend de Washington une intervention capable de sortir les discussions de l’impasse. Elle relie aussi cette attente aux opérations israéliennes en cours. Pour le Liban, il devient difficile de poursuivre un dialogue qui n’entraîne ni recul militaire israélien ni stabilisation sur le terrain. Al Liwaa, le 11 août 2026, va dans le même sens. Le journal explique que la prochaine rencontre ne peut être considérée comme automatique. Il présente l’arrêt des attaques, des destructions et des travaux de terrassement comme une condition essentielle pour que le Liban accepte de revenir à la table. La publication estime également que les États-Unis conservent une marge importante pour influencer Israël. Toutefois, elle juge que la pression américaine reste jusqu’ici insuffisante. Cette faiblesse est centrale dans le débat. Plusieurs journaux considèrent en effet que Washington dispose des moyens nécessaires pour peser sur le gouvernement israélien. La question n’est donc pas seulement celle de la capacité américaine. Elle concerne aussi la volonté réelle d’utiliser cette influence avant les élections israéliennes.

L’escalade au Sud transforme la négociation en épreuve de crédibilité pour l’État

La situation militaire dans le Sud nourrit directement le doute sur l’utilité des discussions. Al Quds Al Arabi, le 11 août 2026, décrit une poursuite des opérations israéliennes de destruction et de terrassement. Le journal évoque notamment des explosions à Zawtar al-Sharqiyah, des tirs autour de Bani Hayyan et de Mayfadoun, ainsi que de nouvelles opérations près de la colline d’Ali al-Taher. Il rapporte aussi que des habitants d’Al-Mansouri ont organisé une mobilisation pour réclamer leur retour. Ils ont voulu affirmer que leur localité ne devait pas être traitée comme une zone définitivement perdue ou interdite. Ces faits donnent une dimension sociale au dossier. Les discussions ne concernent pas seulement des positions militaires. Elles touchent aussi la possibilité pour les habitants de retrouver leurs maisons et leurs terres. Asharq Al-Awsat, le 11 août 2026, souligne également que la question du retour est devenue centrale. Le journal rappelle que l’État libanais cherche à restaurer sa présence dans les zones touchées. Dans le même temps, les opérations israéliennes compliquent cette ambition. Elles empêchent la stabilisation et rendent plus difficile la reconstruction. Al Liwaa, le 11 août 2026, parle d’un processus dans lequel le terrain continue de se détériorer alors que la diplomatie avance peu. Le journal note que les opérations de l’armée israélienne se poursuivent de jour comme de nuit. Il considère que cette réalité réduit fortement la capacité du Liban à défendre politiquement la poursuite des discussions. Le gouvernement doit en effet expliquer à une population touchée par les destructions pourquoi il poursuit des négociations qui n’empêchent pas les attaques. Cette difficulté est également présente dans les prises de position du Hezbollah. Plusieurs journaux rapportent que le mouvement demande l’arrêt des négociations directes. Il affirme que le processus n’a pas permis d’obtenir les résultats promis. Cette critique accentue la pression intérieure sur Joseph Aoun et Nawaf Salam. Tous deux doivent préserver le choix diplomatique sans donner l’impression d’accepter une négociation sans contrepartie.

La colline d’Ali al-Taher concentre une grande partie de ces tensions. Annahar, le 11 août 2026, lui consacre une analyse détaillée. Le journal décrit cette hauteur comme un point stratégique situé dans la région de Nabatiyé, entre Kfar Tebnit et Nabatiyé al-Fawqa. Elle se trouve au nord du Litani et atteint environ 600 mètres d’altitude. Sa position lui permet de dominer plusieurs secteurs du Sud. Elle donne notamment une vue sur Nabatiyé, Iqlim al-Tuffah, Jabal al-Rayhan et les environs du Litani. Annahar rapproche son importance de celle de la citadelle de Beaufort. Selon le journal, Israël accorde à cette zone une importance militaire mais aussi politique. Benjamin Netanyahu chercherait à transformer toute avancée militaire autour de cette hauteur en succès à présenter devant l’électorat israélien. Le Hezbollah affirme pour sa part qu’il ne restera pas sans réaction face à une tentative de prise totale du secteur. Il dément toutefois la présence de combattants iraniens à cet endroit. Al Quds Al Arabi, le 11 août 2026, rapporte aussi des informations selon lesquelles les forces israéliennes auraient employé des véhicules commandés à distance et des robots pour explorer certains secteurs proches de la colline. Le journal précise que ces informations proviennent de rapports médiatiques. Il mentionne également des affirmations sur la découverte d’entrées de tunnels. Certaines sources citées parlent de l’utilisation de gaz dans ces passages. Ces affirmations ne sont pas confirmées de manière indépendante dans le corpus. Elles doivent donc rester présentées comme telles. Asharq Al-Awsat, le 11 août 2026, considère également que la concentration des opérations autour d’Ali al-Taher montre l’importance croissante de ce site. La publication estime que cette zone est redevenue l’un des points les plus sensibles du front. L’enjeu est double. Il concerne d’abord le contrôle militaire. Il touche ensuite la négociation, puisque toute modification sur le terrain peut changer le rapport de force autour de la table.

La question des nouvelles zones expérimentales se trouve directement liée à cette bataille. Annahar, le 11 août 2026, rapporte que les États-Unis avaient déjà envisagé une formule permettant de placer certains secteurs sous contrôle de l’armée libanaise. Le journal explique cependant que le Hezbollah rejette une solution qui pourrait conduire ensuite les forces israéliennes à pénétrer dans une zone après son transfert à l’armée. Cette inquiétude montre les limites de la formule actuelle. Pour être acceptée, une zone expérimentale doit permettre un véritable retrait israélien. Elle ne peut pas devenir un espace dans lequel l’armée libanaise assume de nouvelles obligations alors qu’Israël conserve une liberté d’action. Ad Diyar, le 11 août 2026, rapporte aussi que la visite du général américain Joseph Clearfield à Beyrouth doit porter sur les mesures militaires et de sécurité appliquées dans les trois zones expérimentales déjà définies. Selon le journal, le responsable américain ne viendrait pas avec une solution complète aux points de désaccord. Il devrait notamment discuter de la question d’Ali al-Taher avec le commandant de l’armée, le général Rodolphe Haykal. Cette donnée limite les attentes liées à la visite. Elle montre que Washington cherche encore une formule technique, alors que le différend est devenu largement politique. En parallèle, Al Joumhouria, le 11 août 2026, rapporte qu’un responsable américain aurait demandé de nouveaux retraits israéliens dans le Sud. La publication cite notamment des informations israéliennes sur une demande adressée par le commandement américain. Cette demande pourrait constituer un premier test de la capacité de Washington à traduire ses déclarations en résultats. Si aucun retrait supplémentaire n’est obtenu, la position du gouvernement libanais deviendra plus difficile. Le maintien du processus serait alors défendu sans preuve concrète de son efficacité.

La carte israélienne et les élections renforcent le soupçon d’une stratégie de faits accomplis

Un autre dossier a nourri l’inquiétude dans la presse du 11 août 2026. Il concerne une carte publiée par le ministère israélien des Affaires étrangères. Al Akhbar, le 11 août 2026, indique que cette carte faisait apparaître des parties du Sud libanais à l’intérieur d’un espace présenté comme israélien. La publication a ensuite été retirée d’un compte. Le journal estime cependant que sa suppression ne règle pas la question politique. Il considère que Beyrouth devrait transformer cet épisode en dossier diplomatique officiel. Al Akhbar rappelle les références internationales utilisées par le Liban pour défendre ses frontières. Il évoque notamment les accords anciens ayant défini la frontière et les textes internationaux confirmant l’intégrité territoriale libanaise. Selon le journal, une protestation officielle auprès des Nations unies permettrait d’inscrire l’incident dans un dossier durable. La publication critique donc une réaction libanaise qu’elle juge trop limitée. Al Binaa, le 11 août 2026, présente elle aussi la carte comme un élément qui dépasse une simple erreur graphique. Elle relie cette publication aux opérations israéliennes et aux discussions sur les frontières. Selon cette lecture, Israël chercherait à conserver un maximum de possibilités avant de définir les conditions de tout retrait. Al Quds Al Arabi, le 11 août 2026, rapporte de son côté que le Hezbollah a utilisé cette affaire pour renouveler ses critiques contre le processus de négociation. Le mouvement a demandé une action diplomatique et une plainte devant les institutions internationales. La carte devient ainsi un nouvel élément de la confrontation politique intérieure. Pour les partisans des négociations, elle renforce la nécessité de faire reconnaître les frontières dans un cadre officiel. Pour leurs adversaires, elle constitue une preuve supplémentaire qu’Israël cherche à modifier les réalités territoriales pendant les discussions.

Le calendrier électoral israélien accentue enfin tous ces risques. Ad Diyar, le 11 août 2026, estime que Netanyahu n’a aucun intérêt politique à donner l’image d’un recul avant les élections. Le maintien de positions dans le Sud peut au contraire lui permettre de mettre en avant un discours de fermeté. Annahar, le 11 août 2026, considère également qu’Ali al-Taher est devenue une pièce de la campagne israélienne. Le journal souligne que le Premier ministre israélien cherche à présenter les opérations autour de cette hauteur comme une réussite militaire. Al Joumhouria, le 11 août 2026, rapporte des analyses selon lesquelles les élections peuvent retarder les concessions, mais le journal insiste sur le fait que Washington veut éviter que le calendrier israélien ne fasse disparaître le cadre négocié. Al Liwaa, le 11 août 2026, estime pour sa part que le faible niveau de pression américaine laisse à Netanyahu une marge suffisante pour prolonger les discussions tout en maintenant les opérations militaires. Ces différentes lectures convergent sur un point. Le Liban se trouve confronté à une négociation dont le rythme n’est plus seulement déterminé par les dossiers discutés. Il dépend aussi d’un calendrier politique intérieur israélien. Cette situation place Beyrouth dans une position délicate. Accepter d’attendre peut signifier laisser Israël consolider ses positions. Suspendre les discussions peut, à l’inverse, faire perdre au Liban le principal canal dont il dispose pour obtenir une intervention américaine. La huitième rencontre devient ainsi un test sur la capacité de Joseph Aoun et du gouvernement de Nawaf Salam à imposer un lien clair entre négociation, baisse des opérations militaires, nouveaux retraits et retour des habitants dans le Sud.

Politique locale : le Parlement, les réformes et le retour de l’État au centre des rapports de force

Une séance parlementaire sous tension entre loi sur les médias, amnistie et réforme bancaire

La séance législative du Parlement concentre une part importante de l’actualité politique intérieure rapportée par la presse du 11 août 2026. Plusieurs textes sensibles arrivent simultanément devant les députés. Ils touchent aux libertés publiques, à la justice, au système bancaire et à l’amnistie générale. Cette accumulation transforme la séance en test pour les équilibres politiques. Al Joumhouria, le 11 août 2026, indique que l’ordre du jour comprend quatorze points. Le journal estime que le dossier de l’amnistie générale dispose désormais de meilleures chances d’aboutir. Plusieurs objections auraient été traitées avant la séance. Le texte reste toutefois lié aux remarques de l’institution militaire. Le ministre de la Défense Michel Menassa a rencontré le président du Parlement Nabih Berri. Il s’est ensuite rendu auprès du vice-président du Parlement Elias Bou Saab. Il lui a remis les observations écrites de l’armée sur les modifications proposées au projet d’amnistie. Al Binaa, le 11 août 2026, rapporte également cette transmission. Le journal souligne que les discussions portent sur la nécessité de trouver un équilibre entre les demandes politiques et les considérations de sécurité. Al Liwaa, le 11 août 2026, évoque pour sa part une intervention directe de Nabih Berri pour faciliter un compromis. Selon la publication, le président du Parlement s’est montré réceptif à une initiative portée par des députés sunnites. Son objectif serait de fermer le dossier sans affaiblir l’autorité de l’État ni la portée de la loi. Berri aurait chargé son conseiller politique et député Ali Hassan Khalil de poursuivre les contacts avec les groupes parlementaires. Les députés du Hezbollah ne seraient pas opposés au principe d’amendements, selon les informations rapportées. Ainsi, derrière le texte d’amnistie se joue aussi une question politique plus large. Il s’agit de savoir si les principales forces peuvent encore produire un compromis sur un dossier chargé de tensions communautaires, judiciaires et sécuritaires. La même séance doit aussi aborder la restructuration bancaire. Al Joumhouria, le 11 août 2026, prévoit des débats soutenus sur plusieurs articles. Al Sharq, le 11 août 2026, relève de son côté l’offensive de l’Association des banques contre des modifications adoptées par la commission des Finances et du Budget. L’association estime que certains articles touchent aux droits des établissements et de leurs actionnaires. Ce dossier place donc les députés face à une autre forme d’arbitrage. Ils doivent concilier réforme bancaire, protection des déposants, droits de propriété et exigences de réorganisation du secteur. La séance concentre ainsi des intérêts très différents. Elle offre aussi une image d’un Parlement redevenu un lieu central de décision après une longue période durant laquelle nombre de dossiers majeurs avaient été repoussés.

Le projet de loi sur les médias est cependant le sujet qui provoque les réactions les plus fortes. Al Akhbar, le 11 août 2026, consacre une large analyse au texte porté par le ministre de l’Information Paul Morcos. Le journal reconnaît que le projet comprend certaines avancées. Il cite notamment la volonté de moderniser le cadre légal, d’élargir certaines possibilités d’organisation professionnelle et de revoir plusieurs mécanismes anciens. Toutefois, il estime que des dispositions peuvent réintroduire des moyens de pression sur les journalistes. La publication se concentre notamment sur les notions d’informations fausses ou nuisibles. Elle juge leur définition trop large. Elle relève aussi des peines pouvant inclure l’emprisonnement dans certains cas. Le journal critique également des amendes élevées et les possibilités de fermeture d’établissements de presse. Enfin, il soulève des interrogations sur la future Autorité nationale des médias. La composition prévue de cet organisme et le poids donné à des professions extérieures au secteur suscitent des réserves. Ad Diyar, le 11 août 2026, rapporte les critiques du président du Conseil national de l’audiovisuel Abdel Hadi Mahfouz. Celui-ci considère que le projet actuel « ne ressemble ni aux médias ni aux journalistes ». Il rappelle qu’une version antérieure avait été préparée avec les syndicats de la presse, des rédacteurs, des experts et des représentants du secteur. Cette ancienne formule prévoyait, selon lui, une autorité dotée de pouvoirs réels, une prise en compte des médias numériques et des garanties contre la détention préventive des journalistes. Mahfouz reproche au nouveau projet d’élargir certains motifs de poursuite et de réduire le rôle direct des professionnels dans la gouvernance du secteur. Annahar, le 11 août 2026, s’attarde davantage sur la question de la représentation syndicale. Le journal explique que la possibilité de voir apparaître de nouvelles structures nourrit la crainte d’une fragmentation du corps professionnel. Certains responsables syndicaux redoutent la création de structures régionales ou communautaires. D’autres défendent au contraire une représentation plus large des journalistes de l’audiovisuel et du numérique. Le débat dépasse donc la seule liberté d’expression. Il porte sur la définition même du métier, sur la représentation collective et sur le rôle de l’État. Al Joumhouria, le 11 août 2026, estime que les réserves sont suffisamment importantes pour rendre incertain le vote du texte en l’état. Les deux syndicats historiques ont demandé son retrait ou sa révision. Le Parlement est ainsi placé devant un choix politique délicat : afficher une réforme longtemps attendue ou renvoyer le projet afin d’éviter qu’une nouvelle loi destinée à moderniser le secteur ne devienne une source supplémentaire de contestation.

Aoun et Salam cherchent à replacer les institutions au cœur de la reconstruction du Sud

La reconstruction et le retour des habitants dans le Sud constituent l’autre grand axe de la politique intérieure. Le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam cherchent à présenter l’État comme l’acteur principal de cette phase. Al Sharq, le 11 août 2026, rapporte que Joseph Aoun a insisté sur la nécessité de permettre aux institutions publiques de reprendre leur rôle dans les zones les plus touchées par la guerre. Certaines localités ont subi des destructions très lourdes. Le chef de l’État veut y rétablir les services essentiels et créer les conditions d’un retour durable. Devant une délégation de la Banque mondiale conduite par Dalia Khalifa, il a souligné l’ampleur des besoins. Selon les chiffres cités par le journal, plus de 600 000 personnes sont revenues dans leurs régions. Aoun a demandé un soutien rapide pour répondre aux besoins de ces populations. La ministre des Affaires sociales Hanin Sayyed lui a également présenté le travail engagé pour une stratégie de retour, de rétablissement rapide et de remise en service des infrastructures de base. Cette politique possède une dimension sociale évidente. Elle est aussi politique. L’enjeu est de montrer que la présence de l’État ne se limite pas à l’armée ou aux administrations centrales. Elle doit se traduire par l’eau, les routes, les logements et les services. Al Binaa, le 11 août 2026, rapporte que le ministère des Travaux publics poursuit des opérations de remise en état de plusieurs axes routiers du Sud. Des travaux concernent le revêtement, la réparation des dégâts et l’amélioration de la sécurité routière. Dans le même temps, Al Quds Al Arabi, le 11 août 2026, décrit la mobilisation des habitants d’Al-Mansouri, qui réclament leur droit de rentrer dans leur localité. Leur démarche met directement les autorités face à la question de la souveraineté quotidienne. Pour les habitants, le retour n’est pas une notion abstraite. Il signifie reprendre une maison, rouvrir un commerce et travailler une terre. Le gouvernement doit donc faire coïncider le discours sur la souveraineté avec une capacité concrète à rendre les villages habitables. Cette tension explique l’importance prise par les programmes de reconstruction. Elle explique aussi pourquoi Joseph Aoun associe désormais soutien international et renforcement des institutions. Les financements extérieurs sont nécessaires. Toutefois, la présidence cherche à éviter que la reconstruction ne soit perçue comme une succession d’initiatives indépendantes de l’État. L’administration, les municipalités et les ministères doivent en rester les principaux cadres.

Nawaf Salam développe une approche comparable depuis le Grand Sérail. Al Sharq, le 11 août 2026, rapporte qu’il a reçu une délégation de la municipalité de Froun, en présence du président du Conseil du Sud Hachem Haidar. Le Premier ministre a présenté le retour de la vie dans cette localité comme une partie d’un objectif national plus large. Selon ses propos rapportés par le journal, le gouvernement entend utiliser les moyens des institutions pour accompagner les habitants et les maintenir sur leurs terres. La délégation municipale a présenté une série de demandes très concrètes. Elles concernent notamment les logements, les routes, l’eau, les murs de soutènement, les équipements municipaux et les besoins de la Défense civile. Le président de la municipalité Hassan Bazzi a déclaré avoir obtenu des engagements de suivi rapide. La même logique apparaît dans les rencontres de Nawaf Salam avec la Banque mondiale. Le chef du gouvernement veut rapprocher les programmes de l’institution internationale des priorités définies par son équipe. Les secteurs cités comprennent l’énergie, l’eau, la protection sociale et la reconstruction. Il insiste sur la nécessité d’accélérer les évaluations des dégâts et les travaux sur les infrastructures. Par ailleurs, cette reprise en main de l’action publique ne concerne pas uniquement le Sud. Al Sharq, le 11 août 2026, rapporte un autre dossier suivi directement par Nawaf Salam : la préparation du passage du pétrole brut et des produits pétroliers irakiens par le Liban. Une réunion au Grand Sérail a rassemblé les ministres et responsables concernés. Le projet prévoit, dans une première phase, que le Liban serve de centre de stockage et de réexportation. Cela exige des routes adaptées, des points frontaliers préparés, des installations de stockage et des règles de sécurité. Ad Diyar, le 11 août 2026, rapporte également ces préparatifs. Au-delà de leur dimension économique, ils illustrent la méthode politique que Salam cherche à afficher. Le Premier ministre veut remettre plusieurs administrations autour d’une même table et assigner à chacune des tâches précises. Cette recherche de coordination apparaît aussi dans la reconstruction. Elle vise à rétablir une capacité d’exécution de l’État après des années durant lesquelles de nombreux dossiers ont été traités de manière fragmentée.

L’armée, le Hezbollah et la relation avec la Syrie restent au cœur des équilibres intérieurs

L’institution militaire conserve une place essentielle dans l’équation politique. Ad Diyar, le 11 août 2026, rapporte une tournée du commandant de l’armée, le général Rodolphe Haykal, auprès de la troisième brigade d’infanterie à Jeb Jennine et du troisième régiment des frontières terrestres à Aita al-Foukhar. Haykal a rendu hommage aux militaires pour les missions accomplies dans des conditions difficiles. Il leur a déclaré qu’ils constituaient « le chiffre difficile dans l’équation libanaise ». Il a lié la résistance de l’État à leur réussite et à la confiance des Libanais dans leur armée. Al Binaa, le 11 août 2026, reprend la même intervention. Le commandant de l’armée affirme que la mission de l’institution consiste à servir le pays et à préserver son unité, loin des autres considérations politiques. Ses propos prennent un poids particulier alors que l’armée est au centre de plusieurs dossiers. Elle est appelée à se déployer dans les secteurs concernés par les arrangements au Sud. Elle participe aussi au contrôle des frontières. Enfin, ses remarques sont prises en compte par les députés dans le dossier de l’amnistie générale. Cette présence sur plusieurs fronts renforce son rôle institutionnel. Dans le même temps, le Hezbollah continue de contester la ligne suivie par le pouvoir dans les négociations avec Israël. Al Quds Al Arabi, le 11 août 2026, rapporte que le député Ali Mokdad, membre du bloc parlementaire du Hezbollah, a vivement critiqué les autorités après Rome. Il estime que la voie choisie a produit une déception et invite le pouvoir à reconnaître l’échec du processus. Le parti appelle aussi à une révision de la politique suivie. Cette opposition crée une situation complexe. Le président et le gouvernement défendent la voie institutionnelle et diplomatique. Le Hezbollah continue de considérer que la négociation ne peut remplacer un rapport de force. Pourtant, le débat intérieur ne se résume pas à une confrontation simple entre l’État et le parti. Les responsables publics évitent une rupture totale. Le poids politique du Hezbollah reste réel. Le Parlement cherche en parallèle des accords auxquels ses députés participent, notamment sur l’amnistie. La vie politique libanaise reste donc dominée par une double logique : un désaccord stratégique majeur sur les armes et les négociations, mais une recherche de compromis sur plusieurs dossiers internes.

La relation avec la Syrie revient également dans les débats politiques, mais sous deux formes très différentes. Al Sharq, le 11 août 2026, rapporte que Nawaf Salam a reçu le président des organismes économiques Mohammad Choucair, le président du Conseil d’affaires libano-syrien Khalil al-Arab et plusieurs membres de cet organisme. Les discussions ont porté sur les obstacles au commerce, les investissements, le transit des produits libanais par la Syrie, les transports et l’énergie. Salam veut réactiver le Conseil d’affaires et en faire un outil de coopération économique. Cette approche cherche à reconstruire une relation d’État à État fondée sur des intérêts concrets. Parallèlement, la dimension sécuritaire de la relation demeure sensible. Ad Diyar, le 11 août 2026, évoque une augmentation d’opérations attribuées aux services syriens à l’intérieur du Liban. Le journal s’interroge sur leurs sources d’information et sur l’existence éventuelle de canaux de coopération qui dépasseraient les circuits officiels. Les sources citées insistent sur la différence entre coopération de sécurité entre deux pays et opérations menées sur le territoire d’un autre État. Enfin, la question syrienne a aussi ressurgi lors de la présentation des mémoires de Walid Joumblatt. Al Quds Al Arabi, le 11 août 2026, rapporte que l’ancien dirigeant du Parti socialiste progressiste a plaidé pour le dialogue et pour une amélioration des rapports avec la Syrie. Il a toutefois affirmé que d’anciens responsables du régime de Bachar al-Assad se trouveraient au Liban sous des protections qu’il qualifie de « semi-officielles ». Il a cité plusieurs noms et estimé que cette présence représentait un risque pour les deux pays. Al Sharq, le 11 août 2026, rapporte également ses propos sur la nécessité de consolider l’unité nationale et de tenir compte des grands rapports de force régionaux. Entre reconstruction économique, sécurité des frontières, présence d’anciens responsables syriens et mémoire du rôle de Damas au Liban, le dossier syrien demeure ainsi un élément important de la politique intérieure. Le pouvoir cherche à institutionnaliser cette relation sans rétablir les pratiques du passé, alors que les acteurs politiques continuent de l’aborder à partir d’expériences et d’intérêts très différents.

Citation et discours des personnalités politiques : souveraineté, négociation et unité nationale dominent les prises de parole

Joseph Aoun et Nawaf Salam placent l’État, le retour des habitants et les institutions au centre de leur discours

Les déclarations du président Joseph Aoun rapportées par la presse du 11 août 2026 suivent une même ligne : renforcer les institutions, maintenir la voie de la négociation et remettre l’État au centre de la reconstruction. Annahar, le 11 août 2026, rapporte que Joseph Aoun a reçu Simon Karam, chef de la délégation libanaise ayant participé à la septième rencontre de négociation à Rome, et lui a donné ses orientations pour la phase suivante. Le chef de l’État ne détaille pas publiquement ces directives. Cependant, ses autres interventions permettent d’identifier ses priorités. Devant le bâtonnier de Beyrouth, Imad Martinos, Joseph Aoun a insisté sur la nécessité de préserver l’unité des Libanais autour de la légalité et des institutions. Selon Al Sharq, le 11 août 2026, Martinos a rapporté après l’entretien que le président avait appelé responsables et citoyens à « être unis », loin des divisions, et à soutenir les institutions. Le bâtonnier a également indiqué que Joseph Aoun restait attaché aux négociations afin d’obtenir le retrait israélien, de rétablir l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire et de régler la question des prisonniers. Le discours présidentiel relie donc plusieurs éléments qui ne sont pas présentés comme séparés : la souveraineté, la négociation, le rôle de l’armée et le fonctionnement des institutions. Al Sharq, le 11 août 2026, rapporte par ailleurs que Joseph Aoun a consacré une part importante de ses rencontres à la situation des régions touchées par la guerre. Devant la responsable régionale de la Banque mondiale Dalia Khalifa, il a souligné l’importance de permettre aux institutions publiques de reprendre leurs fonctions dans les localités qui ont subi de lourdes destructions. Il a rappelé que plus de 600 000 personnes étaient revenues dans leurs régions et que leur stabilisation exigeait le rétablissement rapide des services essentiels. Son message ne se limite donc pas à une demande de financement. Il présente la reconstruction comme une question d’autorité publique et de présence effective de l’État. Lors de son entretien avec la ministre des Affaires sociales Hanin Sayyed, il a aussi insisté sur la préparation d’une stratégie globale pour le retour des habitants, le rétablissement rapide des services et la réponse aux besoins les plus urgents. Dans cette série de prises de parole, le président associe la souveraineté à la capacité de l’État à administrer, reconstruire et protéger. Il ne la réduit pas au seul dossier militaire. Cette approche apparaît également dans ses déclarations sur le tourisme. Al Sharq, le 11 août 2026, rapporte que Joseph Aoun a salué la décision du président émirati Mohammed ben Zayed Al Nahyan de lever les restrictions de voyage vers le Liban. Il a présenté le tourisme comme l’un des piliers de l’économie libanaise et insisté sur le rôle de la stabilité politique et sécuritaire dans sa reprise. Même sur ce terrain économique, le vocabulaire présidentiel revient donc à la même idée : le rétablissement de la confiance passe par la restauration de l’État et de la stabilité.

Le Premier ministre Nawaf Salam adopte un registre voisin, mais avec une tonalité davantage tournée vers l’exécution et la coordination administrative. Al Binaa, le 11 août 2026, rapporte ses propos devant une délégation de la municipalité de Froun. Salam y affirme que le retour de la vie dans cette localité, comme dans toutes les villes et tous les villages du Sud, constitue « une partie d’un objectif national auquel l’État est engagé ». Il précise que le gouvernement entend mobiliser les moyens des institutions publiques afin d’accompagner le retour des habitants et de les maintenir sur leurs terres. Cette formulation est importante dans le contexte du Sud. Elle transforme une série de demandes locales en objectif politique national. Les habitants de Froun ont exposé des besoins très précis : logements, eau, routes, murs de soutènement, collecte des déchets, bâtiment municipal et Défense civile. Le président du Conseil a répondu, selon la même publication, que plusieurs dossiers seraient suivis immédiatement. Al Liwaa, le 11 août 2026, rapporte de son côté que Nawaf Salam insiste sur la nécessité d’accélérer la reconstruction pour soutenir la présence des habitants du Sud et leur retour. Le Premier ministre lie également cette politique à la coopération avec la Banque mondiale. Face à Dalia Khalifa, il a demandé une meilleure adaptation des projets de l’institution internationale aux priorités de son gouvernement, notamment dans l’énergie, l’eau, la protection sociale et les infrastructures. Cependant, son discours ne s’arrête pas au Sud. Al Binaa, le 11 août 2026, rapporte que Salam veut aussi réactiver le Conseil d’affaires libano-syrien. Il présente ce cadre comme un moyen de développer les échanges, d’encourager les investissements communs, de faciliter le passage des exportations libanaises par la Syrie et d’améliorer la coopération dans les transports et l’énergie. Là encore, le vocabulaire est celui de la remise en fonctionnement des circuits publics et économiques. La préparation du passage du pétrole irakien par le Liban répond au même souci. Au cours d’une réunion interministérielle, Salam a demandé aux administrations concernées de préparer routes, postes frontaliers, installations de stockage et règles de sécurité afin que le pays puisse servir, dans une première phase, de centre de stockage et de réexportation. Ses déclarations du jour ne cherchent donc pas à produire un discours de rupture. Elles cherchent plutôt à installer l’image d’un gouvernement qui coordonne, fixe des priorités et tente de transformer les engagements politiques en mesures administratives. Sur le fond, Joseph Aoun et Nawaf Salam se rejoignent ainsi sur une même idée : l’État ne peut revendiquer pleinement sa souveraineté que s’il est capable de reprendre matériellement possession de ses fonctions.

Walid Joumblatt relit cinquante ans de politique et appelle à protéger l’unité du Liban

La prise de parole la plus développée et la plus personnelle du corpus vient de Walid Joumblatt, à l’occasion de la signature de ses mémoires intitulées « Un destin dans cet Orient ». Plusieurs publications du 11 août 2026 reprennent ses déclarations. Ad Diyar, le 11 août 2026, rapporte qu’il a commencé à travailler sur ce livre trois ans auparavant. Il l’a dicté à Sébastien de Courtois avec l’aide de Marwan Hamadé, Ghazi Aridi et Nora Joumblatt. Il explique avoir tenté de restituer près de cinquante années de souvenirs et avoir choisi d’arrêter son récit à l’accord de Taëf. Cette décision donne une limite volontaire à son témoignage. Elle permet aussi à Joumblatt de revenir sur les principaux axes qui ont structuré son engagement : l’assassinat de son père, le rôle syrien, la question palestinienne, les alliances régionales et la place des minorités. Al Sharq, le 11 août 2026, rapporte une formule dans laquelle il rappelle avoir jusqu’ici échappé au « destin du martyre, de la mort et de l’assassinat » qui a frappé plusieurs membres de sa famille. Il évoque ensuite la transmission politique à son fils Taymour. Tout en soulignant que celui-ci a repris le flambeau, il explique que la guerre à Gaza et les bouleversements régionaux l’ont conduit à intervenir de nouveau plus directement. Son discours prend donc la forme d’un passage de témoin qui n’est pas encore achevé. Sur les alliances régionales, Ad Diyar, le 11 août 2026, cite Joumblatt lorsqu’il affirme que « les grandes alliances stratégiques, nous ne pouvons ni les avancer ni les retarder ». Il en tire une recommandation très claire : « Restons à notre mesure et protégeons le Liban et son unité nationale. » Cette formule résume une partie essentielle de sa lecture du moment. Joumblatt invite à ne pas surestimer la capacité du Liban à remodeler les rapports de force régionaux. Il préconise plutôt une politique de protection intérieure. Le propos est également lié à sa lecture de ce qu’il appelle « l’alliance des minorités ». Il estime que le Liban s’est construit sur des équilibres entre minorités et que cette logique continue d’être utilisée dans la région. Selon lui, Israël s’appuie encore sur cette grille dans sa lecture du Liban, de la Syrie, de l’Irak et de l’Iran. Al Quds Al Arabi, le 11 août 2026, rapporte également son appel au dialogue face aux tensions régionales. Joumblatt estime que l’ensemble de la région se dirige vers des « horreurs » dont les Arabes pourraient payer une part importante du prix. Cette inquiétude explique son insistance sur l’unité nationale et sur la nécessité d’éviter que le Liban ne soit aspiré par les grands affrontements régionaux.

La Syrie occupe une place majeure dans cette relecture. Ad Diyar, le 11 août 2026, rapporte que Walid Joumblatt considère que les circonstances de 1976 doivent être replacées dans leur contexte. Selon lui, Henry Kissinger avait alors donné un « feu vert » au régime syrien pour intervenir au Liban et mettre fin à l’autonomie de décision palestinienne. Dans le même temps, Joumblatt affirme que l’amélioration et le renforcement des relations avec la Syrie sont aujourd’hui « très utiles » pour consolider l’unité nationale libanaise. Cette juxtaposition est importante : il ne gomme pas son conflit historique avec le régime Assad, mais distingue ce passé de la nécessité actuelle d’une relation organisée avec la Syrie. Sur l’assassinat de son père Kamal Joumblatt, il est beaucoup plus accusateur. Selon Ad Diyar, le 11 août 2026, il déclare que Hafez al-Assad « a utilisé les minorités et dominé par l’intermédiaire de sa minorité ». Il ajoute que Kamal Joumblatt avait rejeté l’intervention syrienne au Liban parce qu’il y voyait une prise de contrôle du pays et de la décision palestinienne indépendante. Al Quds Al Arabi, le 11 août 2026, rapporte par ailleurs une autre déclaration sensible de Walid Joumblatt. Il affirme que plusieurs anciens hauts responsables du régime de Bachar al-Assad se trouveraient au Liban et bénéficieraient de protections qu’il qualifie de « semi-officielles ». Il cite notamment Ali Mamlouk et Bassam Hassan, ainsi qu’un ancien responsable lié au dossier des armes chimiques. Il considère que leur présence peut présenter un risque pour la sécurité du Liban et de la Syrie. Ces propos ne sont pas confirmés de manière indépendante par les autres sources du corpus et doivent donc rester attribués à Joumblatt. Enfin, son évocation du Hezbollah est plus nuancée que ses critiques du régime syrien. Al Quds Al Arabi, le 11 août 2026, rapporte qu’il compare le mouvement aux organisations palestiniennes parties du Liban en 1982. « Nous avons fait nos adieux à Yasser Arafat en 1982 sur le port de Beyrouth », rappelle-t-il, avant d’ajouter que le combattant du Hezbollah est, lui, « le fils du Liban, du Sud et de Baalbek » et qu’il n’est pas étranger au pays. Le propos ne règle pas la question des armes. Il fixe cependant un cadre politique : la résolution du dossier doit tenir compte du fait que le Hezbollah appartient à la société libanaise. Joumblatt associe ainsi mémoire, prudence et dialogue, tout en conservant une critique très nette des anciennes formes de domination syrienne.

Le Hezbollah durcit son discours sur les négociations tandis que l’armée insiste sur son rôle national

Les responsables du Hezbollah utilisent la déception née de la rencontre de Rome pour renforcer leur critique du choix de la négociation directe. Al Quds Al Arabi, le 11 août 2026, rapporte une intervention particulièrement dure du député Ali Mokdad, membre du bloc Fidélité à la Résistance. Selon lui, les autorités qui ont choisi de négocier directement avec Israël « commencent à récolter la déception », surtout après la rencontre de Rome. Il invite les responsables à reconnaître publiquement que les négociations ont échoué. Il affirme également espérer que cette rencontre soit la dernière. Le député résume son opposition par une formule : « Vous ne pouvez pas négocier alors que vous êtes humiliés, sans aucune carte, et accepter concession après concession. » Cette déclaration condense le raisonnement politique développé par le Hezbollah. Le parti considère que la négociation n’est pas rejetée uniquement en raison de son caractère direct. Il estime surtout qu’elle se déroule dans un rapport de force défavorable au Liban. Al Araby Al Jadeed, le 11 août 2026, rapporte de son côté que le Hezbollah demande aux autorités de procéder à une révision globale de leur politique et d’arrêter ce qu’il qualifie de négociation directe et « humiliante » avec Israël. Le mouvement estime que les résultats de Rome confirment ses mises en garde. Israël continue, selon lui, ses opérations militaires tout en refusant les retraits attendus. Al Binaa, le 11 août 2026, pousse plus loin cette lecture et présente le cadre négocié comme pratiquement mort après quarante-cinq jours. Le journal, proche du discours de résistance, insiste sur l’absence de nouvelle zone de retrait, de calendrier et de mécanisme accepté. Dans le même registre, la carte publiée par le ministère israélien des Affaires étrangères a fourni aux opposants à la négociation un nouvel argument. Al Quds Al Arabi, le 11 août 2026, rapporte que le Hezbollah demande une plainte internationale et considère la carte comme une preuve des ambitions israéliennes sur le territoire libanais. Il faut toutefois distinguer, dans cette partie du corpus, la parole directe des responsables du parti et les analyses éditoriales des journaux. Les unes relèvent du discours politique. Les autres constituent des interprétations. La position attribuable au Hezbollah est claire : il conteste la manière dont les autorités conduisent la négociation et estime que le Liban ne possède pas suffisamment de moyens de pression pour obtenir des concessions israéliennes.

Face à ce débat, le commandant de l’armée, le général Rodolphe Haykal, développe un discours différent. Ses paroles rapportées par Ad Diyar, le 11 août 2026, sont centrées sur la cohésion nationale et le rôle de l’institution militaire. Lors d’une tournée auprès de la troisième brigade d’infanterie à Jeb Jennine et du troisième régiment des frontières terrestres à Aita al-Foukhar, il déclare aux militaires que les missions difficiles qu’ils accomplissent « ne se mesurent pas à la contrepartie matérielle, mais à la sécurité et à la stabilité qu’elles réalisent dans les différentes régions ». Il poursuit en affirmant que « l’objectif de l’institution est de servir la patrie et de préserver son unité, loin de toute autre considération ». Enfin, il adresse aux soldats une formule reprise par plusieurs publications : « Vous êtes le chiffre difficile dans l’équation libanaise, parce que la résistance du pays dépend de votre réussite et de la confiance des Libanais en vous. » Al Binaa, le 11 août 2026, reprend cette même intervention et rappelle que Haykal a aussi évoqué les militaires morts à la suite des attaques israéliennes. Le vocabulaire choisi par le commandant de l’armée est notable. Il ne s’inscrit pas dans la polémique sur les négociations et ne répond pas directement au Hezbollah. Il cherche à placer l’institution militaire au-dessus des divisions politiques. Cependant, ses propos prennent une portée politique évidente dans le contexte actuel. L’armée est appelée à assumer de nouvelles responsabilités dans le Sud, à contrôler des frontières sensibles et à devenir l’acteur central des éventuelles zones évacuées par Israël. Son commandant insiste donc sur la confiance des citoyens comme condition de cette mission. Le message complète, sans le reproduire, celui de Joseph Aoun. Le président parle de souveraineté par les institutions. Haykal décrit l’armée comme l’instrument indispensable de cette souveraineté. Dans une journée marquée par les critiques du Hezbollah et les hésitations autour de la huitième rencontre de négociation, cette parole militaire vise ainsi à rappeler qu’un autre rapport de force se construit aussi par la consolidation de l’État et par la capacité de l’armée à remplir ses missions sur l’ensemble du territoire.

Donald Trump et les dirigeants iraniens font du rapport de force économique et de la négociation une « partie d’échecs »

Les déclarations internationales les plus marquantes du 11 août 2026 concernent la confrontation entre Washington et Téhéran, avec des conséquences directes sur l’ensemble de la région. Al Araby Al Jadeed, le 11 août 2026, rapporte que le président américain Donald Trump affirme que les États-Unis traitent la question iranienne « calmement ». Il indique que les contacts restent limités et qu’il préfère observer les effets de la pression économique sur Téhéran. Trump décrit le dossier comme une « partie d’échecs » et affirme que les difficultés économiques iraniennes finiront par peser sur les choix du pouvoir. Asharq Al-Awsat, le 11 août 2026, rapporte une autre déclaration du président américain. Il annonce vouloir demander à l’Iran des compensations pour les victimes qu’il attribue aux actions du pouvoir iranien, en réponse aux demandes iraniennes de réparation pour les dommages causés par la guerre. Ce discours montre que Trump ne présente pas la réduction du rythme des opérations militaires comme une détente politique. Il cherche au contraire à déplacer le rapport de force vers l’économie, les sanctions et les exigences financières. À Téhéran, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Esmaïl Baghaei répond sur le même terrain symbolique. Al Araby Al Jadeed, le 11 août 2026, rapporte qu’il affirme que « les Iraniens ont montré qu’ils étaient des joueurs d’échecs professionnels », dans leurs discussions publiques comme secrètes. Baghaei insiste toutefois sur l’absence de négociations directes avec Washington. Selon lui, les contacts se limitent à des messages transmis par des médiateurs. Il précise également que les discussions avec le sultanat d’Oman sur le détroit d’Ormuz progressent. Téhéran veut établir un nouveau dispositif pour la navigation maritime, mais continue de conditionner une normalisation complète du passage à la levée de ce qu’elle qualifie de blocus américain et au respect des engagements pris auparavant. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi affirme, toujours selon Al Araby Al Jadeed, le 11 août 2026, que l’accord avec Oman approche de ses étapes finales. Ces échanges donnent à la parole politique une fonction directe dans la négociation. Chaque camp cherche à afficher sa patience et à présenter l’autre comme celui qui subit la pression du temps.

Le pouvoir iranien a parallèlement adopté un discours d’unité intérieure. Al Araby Al Jadeed, le 11 août 2026, rapporte que le président Massoud Pezeshkian a rencontré le guide iranien Mojtaba Khamenei pendant environ sept heures. Il décrit l’entretien comme « très bon ». Les discussions ont porté sur les conditions de vie, l’économie, le chômage, les sanctions et la nécessité de préserver la cohésion nationale. Pezeshkian affirme que la principale recommandation reçue était de maintenir « l’unité et la cohésion », car les adversaires de l’Iran chercheraient à provoquer des divisions. Dans la même séquence, plusieurs changements importants sont annoncés au sommet de l’appareil militaire. Le discours officiel insiste sur l’amélioration des capacités et de la préparation des forces armées. Les nominations de nouveaux responsables militaires sont ainsi présentées non comme une simple rotation, mais comme un moyen de renforcer la coordination. Al Binaa, le 11 août 2026, rapporte que le guide iranien appelle à développer les capacités défensives et sécuritaires et à pouvoir répondre efficacement à différents niveaux de menace. Dans le même temps, le porte-parole des gardiens de la révolution affirme que certains missiles iraniens peuvent désormais modifier leur trajectoire en vol afin de contourner les défenses adverses, selon Al Araby Al Jadeed, le 11 août 2026. Le contraste est donc net : la diplomatie parle de messages transmis par des intermédiaires, tandis que l’appareil militaire souligne ses capacités. Ces deux registres ne sont toutefois pas contradictoires dans le discours iranien. Ils participent de la même stratégie de négociation sous pression. Pour le Liban, cette confrontation reste importante car plusieurs journaux du corpus relient le calendrier des discussions libano-israéliennes à l’évolution du face-à-face entre Washington et Téhéran. Les déclarations de Trump, de Baghaei, de Pezeshkian et des responsables militaires iraniens ne restent donc pas cantonnées au détroit d’Ormuz. Elles alimentent aussi l’incertitude régionale dans laquelle se déroule la négociation sur le Sud du Liban.

Diplomatie : Washington devient l’arbitre d’un processus libano-israélien bloqué tandis que Beyrouth multiplie les relais extérieurs

Après Rome, Beyrouth reporte sur Washington la responsabilité de débloquer les négociations

La diplomatie libanaise évolue, le 11 août 2026, dans un cadre dominé par les résultats décevants de la septième rencontre entre le Liban et Israël à Rome. Les différentes publications décrivent un processus qui n’est pas officiellement abandonné, mais qui ne peut plus progresser sans une intervention américaine. Al Joumhouria, le 11 août 2026, rapporte que les informations transmises aux responsables libanais après Rome ont renforcé les doutes sur la volonté israélienne de respecter le cadre convenu. Le journal affirme que la délégation israélienne a multiplié les conditions et les arguments pour expliquer son refus de procéder à des retraits supplémentaires. Elle aurait également présenté des demandes que la délégation libanaise a jugées extérieures au cadre initial. Beyrouth a, pour sa part, insisté sur le passage à de nouvelles zones expérimentales, en accordant une importance particulière à Bint Jbeil et Khiam. Selon la publication, cette confrontation a empêché les délégations de fixer une date pour une nouvelle rencontre. Un responsable officiel cité par Al Joumhouria estime qu’il serait difficile de participer rapidement à une autre session si elle ne doit conduire qu’à de nouvelles discussions sans résultat. Le même responsable réaffirme toutefois l’attachement du Liban au cadre négocié et à son application. La distinction est importante. Beyrouth ne remet pas officiellement en cause la voie diplomatique. Il cherche plutôt à modifier les conditions dans lesquelles elle se poursuit. Le journal rapporte en parallèle des signaux américains indiquant que Washington ne veut pas permettre le blocage du processus. Des responsables américains auraient fait savoir à leurs interlocuteurs libanais que le cadre négocié reste une priorité. Selon une appréciation diplomatique occidentale citée par Al Joumhouria, les États-Unis considèrent cet arrangement comme un élément d’un projet plus large de réorganisation de la sécurité dans le Sud. Cette lecture explique pourquoi le Liban continue de s’adresser à Washington malgré la faiblesse des résultats obtenus à Rome. La diplomatie libanaise se trouve donc dans une position paradoxale. Elle reproche aux États-Unis de ne pas exercer une pression suffisante sur Israël, mais elle considère en même temps l’administration américaine comme le seul acteur capable d’obtenir des retraits supplémentaires. Le canal américain devient ainsi à la fois l’objet des critiques et le principal espoir de sortie de crise.

Annahar, le 11 août 2026, décrit la même dépendance diplomatique avec une formule très claire : le Liban continue de miser sur les Américains pour obtenir les trois avancées qu’il réclame avant une nouvelle rencontre. Il demande un arrêt effectif des tirs, la fin des destructions dans les secteurs occupés et la désignation de nouvelles zones expérimentales. Le journal estime que le pouvoir libanais n’a pas encore décidé s’il participerait à une huitième rencontre en l’absence de ces avancées. Cependant, il souligne que Beyrouth cherche d’abord à utiliser ses contacts avec Washington. Cette démarche est renforcée par les informations concernant la visite en Israël du commandant du commandement central américain, l’amiral Brad Cooper. Annahar rapporte que la chaîne israélienne 13 a fait état d’une demande américaine de retrait de certaines positions du Sud. La même source évoque une volonté de Washington de réduire les combats sur trois fronts : l’Iran, le Liban et Gaza. Si cette demande américaine se confirme et produit des effets, elle pourrait donner au gouvernement libanais l’argument dont il a besoin pour maintenir le processus. En revanche, l’absence de retrait renforcerait les critiques de ceux qui considèrent que Washington protège la négociation sans imposer son application. Ad Diyar, le 11 août 2026, ajoute une autre donnée à ce tableau. Le journal rapporte que l’ambassadeur américain Michel Issa aurait exprimé devant certains de ses visiteurs des doutes sur la tenue d’une nouvelle rencontre en septembre. Il aurait estimé que des résultats sérieux seraient difficiles à obtenir avant les élections israéliennes. La même publication annonce l’arrivée à Beyrouth du général américain Joseph Clearfield. Selon ses sources, celui-ci ne viendrait pas avec une solution globale aux points qui ont bloqué la rencontre de Rome. Il devrait surtout examiner avec le commandant de l’armée, le général Rodolphe Haykal, les dispositions militaires et sécuritaires appliquées dans les zones expérimentales. La question d’Ali al-Taher devrait également être abordée. Le contraste entre les attentes politiques et la mission décrite par Ad Diyar est manifeste. Beyrouth attend une décision américaine capable de modifier le comportement israélien. Le responsable américain viendrait surtout travailler sur les mécanismes techniques et sécuritaires. Cette différence de niveau explique une grande partie de la frustration diplomatique actuelle.

Le calendrier israélien complique la médiation américaine et fragilise la marge libanaise

La question électorale israélienne occupe désormais une place importante dans la lecture diplomatique du dossier. Ad Diyar, le 11 août 2026, considère que le Liban est devenu en partie prisonnier du calendrier électoral de Benjamin Netanyahu. Le journal estime que le Premier ministre israélien utilise les opérations militaires dans le Sud pour soutenir sa campagne. Dans cette perspective, consentir à des retraits avant le scrutin pourrait être présenté par ses adversaires comme un recul. Le maintien des positions et la poursuite des opérations lui permettent au contraire d’afficher une ligne de fermeté. Cette lecture conduit la publication à envisager une période de stagnation jusqu’après les élections. Al Joumhouria, le 11 août 2026, rapporte également que certains milieux libanais envisagent un report des prochaines rencontres jusqu’après le scrutin israélien. Toutefois, le journal cite parallèlement des sources diplomatiques qui n’excluent pas une nouvelle rencontre à la fin du mois d’août ou au début de septembre. Ces sources s’appuient sur des contacts directs entre Washington et le gouvernement israélien. Elles estiment que les États-Unis cherchent à accélérer l’exécution du cadre existant. Elles ne précisent cependant pas si ces démarches ont déjà produit des résultats. Cette absence de résultat vérifiable nourrit les interrogations. D’un côté, les responsables américains affirment que le processus ne doit pas être paralysé. De l’autre, Israël continue de refuser les gestes réclamés par Beyrouth. La diplomatie américaine se trouve donc confrontée à un test de crédibilité. Elle doit démontrer que son rôle ne se limite pas à maintenir les délégations autour d’une table. Pour le Liban, la question est encore plus sensible. Chaque semaine sans retrait supplémentaire affaiblit l’argument selon lequel la négociation produit progressivement des résultats.

Al Liwaa, le 11 août 2026, insiste précisément sur cette contradiction. Le journal estime que la faible intensité de la pression américaine permet à Israël de prolonger les discussions tout en retardant son retrait du Sud. Selon cette lecture, l’administration américaine offre au gouvernement israélien une marge compatible avec ses contraintes électorales. La publication juge que les événements de Rome ont montré les limites de la médiation actuelle. Le négociateur israélien aurait refusé ou contesté une grande partie des demandes libanaises, tandis que le garant américain serait resté en retrait. Al Liwaa relève en particulier le contraste entre les promesses américaines de faire avancer l’accord et l’absence de progrès sur le terrain. Le journal considère que les destructions israéliennes menées pendant la période de négociation constituent elles-mêmes un message de pression. Asharq Al-Awsat, le 11 août 2026, présente la situation de façon plus institutionnelle. La publication écrit que les négociations sont suspendues aux efforts américains et que la fin de la septième rencontre ouvre une phase particulièrement délicate. Des sources libanaises lui indiquent que Washington doit intervenir auprès d’Israël pour sortir le processus de la stagnation. Le journal ne présente donc pas la médiation américaine comme définitivement défaillante. Il en fait plutôt la condition nécessaire de la prochaine étape. Cette différence de ton entre les publications n’efface pas leur constat commun : aucune autre puissance n’apparaît actuellement en mesure de peser de manière comparable sur la partie israélienne. Le rôle américain devient d’autant plus central que les discussions portent désormais sur des questions très concrètes : retraits, contrôle des zones, déploiement de l’armée libanaise, mécanismes de vérification et retour des habitants. Le calendrier israélien transforme cependant chacune de ces questions en enjeu politique intérieur pour Netanyahu. La diplomatie libanaise doit donc convaincre Washington que le calendrier électoral ne peut pas suspendre les obligations israéliennes. Elle cherche aussi à éviter que le temps diplomatique ne permette la création de nouveaux faits accomplis sur le terrain.

Le Liban active ses relations arabes et internationales pour soutenir sa position et préparer l’après-guerre

La diplomatie libanaise ne se limite pas au canal américain. Al Sharq, le 11 août 2026, rapporte que le ministre des Affaires étrangères Youssef Raggi a eu un entretien téléphonique avec son homologue égyptien Badr Abdelatty. Les deux ministres ont abordé la situation régionale et les évolutions géopolitiques susceptibles d’affecter la stabilité. Le dossier des négociations entre le Liban et Israël a occupé une place particulière dans l’échange. Raggi a présenté les derniers développements et réaffirmé l’attachement de Beyrouth à un processus qui protège la souveraineté et les droits libanais. Les deux ministres ont aussi discuté de la réunion ministérielle de la Ligue arabe prévue au Caire en septembre. Ils ont convenu de poursuivre leur coordination avant ce rendez-vous. Cette démarche montre que Beyrouth cherche à replacer son dossier dans un cadre arabe, même si les États-Unis demeurent le médiateur direct. Le soutien arabe peut servir à consolider politiquement les positions libanaises. Il peut aussi éviter que les négociations ne soient perçues comme un tête-à-tête isolé entre Beyrouth, Israël et Washington. La relation avec les Émirats arabes unis apparaît également dans les activités diplomatiques de Joseph Aoun. Al Sharq, le 11 août 2026, rapporte que le président a salué la décision du président Mohammed ben Zayed Al Nahyan de lever les restrictions de voyage des ressortissants émiratis vers le Liban. Le chef de l’État a présenté cette mesure comme importante pour la reprise du tourisme. Cette séquence peut sembler éloignée des négociations du Sud. Elle appartient pourtant à la même stratégie de normalisation extérieure. Le pouvoir cherche à montrer que la stabilisation du pays doit produire des effets économiques et diplomatiques rapides. Le retour des visiteurs du Golfe, le soutien arabe et les contacts avec les capitales régionales sont ainsi utilisés comme des indicateurs de réintégration du Liban dans son environnement.

La Banque mondiale constitue un autre volet de cette diplomatie. La nouvelle responsable régionale Dalia Khalifa a rencontré les principaux dirigeants libanais. Ad Diyar, le 11 août 2026, rapporte la signature par le ministre des Finances Yassine Jaber d’un accord de 150 millions de dollars destiné à financer la transformation numérique des administrations publiques. Le projet doit notamment soutenir l’identité numérique, la signature électronique, la sécurité informatique et la mise en place de plateformes publiques permettant l’échange de données. Jaber a présenté cet accord comme une étape importante de la modernisation du secteur public. La rencontre avec la Banque mondiale a aussi porté sur l’électricité, l’eau, les déchets, le secteur bancaire et les relations avec le Fonds monétaire international. Dalia Khalifa a indiqué avoir perçu une vision claire et une convergence sur certaines priorités. Elle a annoncé son intention de passer régulièrement du temps à Beyrouth afin de suivre les projets. Al Liwaa, le 11 août 2026, rapporte pour sa part que Nawaf Salam a insisté auprès de la responsable de la Banque mondiale sur l’urgence de la reconstruction. Il a demandé que les programmes de l’institution soient adaptés aux besoins du gouvernement et des régions touchées par la guerre. Joseph Aoun a formulé une demande comparable. Il a lié l’aide internationale au retour de plus de 600 000 habitants dans leurs régions. La relation avec la Banque mondiale devient donc une forme de diplomatie de reconstruction. Le Liban ne cherche pas seulement des financements. Il veut également inscrire la remise en état du Sud dans un cadre international susceptible de renforcer la présence de l’État. Cette dimension est importante dans le contexte des négociations. Si les retraits israéliens doivent être suivis du retour de l’administration et des habitants, les capacités financières de l’État deviennent directement liées à la réussite du dispositif politique.

La Syrie revient dans la diplomatie libanaise par l’économie, la sécurité et la recherche d’une relation institutionnelle

La relation avec Damas connaît elle aussi une évolution notable. Al Binaa, le 11 août 2026, rapporte que Nawaf Salam a reçu une délégation économique comprenant Mohammad Choucair et Khalil al-Arab, président du Conseil d’affaires libano-syrien. Les discussions ont porté sur les obstacles au commerce entre les deux pays, les investissements communs, les exportations libanaises transitant par la Syrie, les transports et l’énergie. Le Premier ministre a appelé à réactiver le Conseil d’affaires afin d’en faire un cadre de développement des échanges. Cette démarche économique accompagne une volonté plus large de reconstruire une relation institutionnelle avec la Syrie. Elle est également liée au projet de transit du pétrole irakien. Le Liban prépare en effet ses infrastructures afin de recevoir, stocker puis réexporter du pétrole brut et des produits pétroliers venant d’Irak. Le passage terrestre implique nécessairement une coopération régionale. Cette orientation redonne au territoire libanais une fonction de transit que le gouvernement cherche à valoriser. Elle nécessite toutefois des accords stables avec les pays voisins. La relation avec Damas devient donc un élément de la stratégie économique autant qu’un dossier politique. Ad Diyar, le 11 août 2026, montre cependant que le volet sécuritaire reste beaucoup plus sensible. Le journal rapporte des interrogations sur l’augmentation d’opérations attribuées aux services syriens à l’intérieur du Liban. Des sources citées par la publication évoquent des actions plus précises et mieux renseignées que par le passé. Elles s’interrogent sur les canaux utilisés pour obtenir ces informations. Certaines sources ministérielles reconnaissent que la coopération sécuritaire avec Damas est nécessaire pour contrôler la frontière et poursuivre les personnes recherchées. Elles insistent toutefois sur la nécessité d’un cadre officiel. Selon cette position, la coopération entre deux États ne peut justifier des opérations conduites unilatéralement sur le territoire libanais.

Les déclarations de Walid Joumblatt donnent à ce dossier une dimension supplémentaire. Ad Diyar, le 11 août 2026, rapporte que l’ancien président du Parti socialiste progressiste considère aujourd’hui qu’une amélioration des relations avec la Syrie serait bénéfique à l’unité nationale libanaise. Cette déclaration est notable au regard de son histoire politique et de ses accusations contre le régime de Hafez al-Assad. Joumblatt ne renie pas cette histoire. Lors de la présentation de ses mémoires, il a de nouveau accusé Hafez al-Assad d’avoir utilisé les minorités pour consolider son pouvoir et rappelé l’opposition de son père Kamal Joumblatt à l’intervention syrienne de 1976. Toutefois, il distingue cette mémoire de la relation qu’il estime nécessaire avec la Syrie actuelle. Al Quds Al Arabi, le 11 août 2026, rapporte parallèlement qu’il a affirmé que plusieurs anciens responsables du régime de Bachar al-Assad se trouveraient au Liban avec des protections « semi-officielles ». Il cite notamment Ali Mamlouk et Bassam Hassan. Ces affirmations restent celles de Joumblatt et ne sont pas établies indépendamment par les autres documents du corpus. Elles illustrent néanmoins la complexité du dossier. Beyrouth cherche à reconstruire des relations économiques et sécuritaires avec Damas, tout en évitant le retour des mécanismes d’influence qui ont marqué les décennies précédentes. La diplomatie libanaise doit ainsi avancer sur deux plans. Elle doit développer une coopération d’État à État sur les frontières, le commerce et le transit. Elle doit en même temps préserver la souveraineté des institutions libanaises. La Syrie redevient donc un partenaire nécessaire, mais la forme de cette relation reste un sujet politique sensible.

Le Liban pris dans une recomposition régionale dominée par Washington, Téhéran et les nouveaux dispositifs de sécurité

La confrontation entre les États-Unis et l’Iran constitue enfin l’arrière-plan de toute la diplomatie libanaise. Al Araby Al Jadeed, le 11 août 2026, rapporte que Téhéran nie toute négociation directe avec Washington. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmaïl Baghaei affirme que les contacts se limitent à des échanges de messages par l’intermédiaire de médiateurs. En parallèle, l’Iran poursuit ses discussions avec le sultanat d’Oman sur la navigation dans le détroit d’Ormuz. Baghaei affirme que des progrès ont été accomplis sur une nouvelle organisation des routes maritimes, mais que certaines questions techniques restent ouvertes. Il conditionne le retour complet à une navigation normale à la levée de mesures américaines que Téhéran assimile à un blocus. Le président américain Donald Trump affirme pour sa part que Washington traite le dossier « calmement » et observe l’effet des pressions économiques. Il compare le face-à-face à une partie d’échecs. Cette confrontation influe sur le Liban car plusieurs publications estiment que Washington souhaite réduire simultanément les tensions sur les fronts iranien, libanais et palestinien. Le calendrier de la négociation libano-israélienne ne peut donc être totalement séparé de celui de la confrontation américano-iranienne. Toute détente entre Washington et Téhéran pourrait faciliter une stabilisation du front libanais. À l’inverse, un nouvel affrontement pourrait réduire encore la marge de manœuvre de Beyrouth.

Une autre évolution régionale attire l’attention : l’accord de défense conclu à La Mecque entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan. Al Araby Al Jadeed, le 11 août 2026, rapporte que l’Iran affirme ne pas se sentir menacé par cette entente. Esmaïl Baghaei la présente même comme le signe que les pays de la région veulent moins dépend

Politique internationale : Iran, Gaza et Yémen redessinent les rapports de force régionaux

Washington et Téhéran déplacent leur confrontation vers le détroit d’Ormuz et la pression économique

La confrontation entre les États-Unis et l’Iran domine une grande partie de l’actualité internationale du 11 août 2026, avec le détroit d’Ormuz comme principal point de tension. Al Araby Al Jadeed, le 11 août 2026, rapporte que Téhéran continue de nier l’existence de négociations directes avec Washington. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmaïl Baghaei affirme que les contacts se limitent à des échanges de messages par l’intermédiaire de médiateurs. L’Iran poursuit parallèlement des discussions avec le sultanat d’Oman afin de définir de nouvelles règles de navigation dans le détroit. Baghaei indique que les discussions progressent et qu’une feuille de route sur la circulation maritime a été élaborée, mais il précise que plusieurs détails techniques restent à régler. Il affirme aussi que la question des droits de passage n’est pas actuellement au centre des pourparlers. En revanche, il conditionne la normalisation complète du trafic maritime à la levée des mesures américaines que Téhéran présente comme un blocus. Selon lui, tant que les restrictions navales et les autres mesures imposées par Washington resteront en place, les conditions ne seront pas réunies pour considérer le détroit comme un passage totalement sûr. Asharq Al-Awsat, le 11 août 2026, décrit cette situation comme une « partie d’échecs » entre Washington et Téhéran. Le président Donald Trump affirme que son administration traite le dossier avec calme et laisse les pressions économiques agir. Il mise sur les difficultés financières de l’Iran, sur l’inflation et sur l’effet de la guerre sur les capacités de l’État. Il estime également que le recul des prix du pétrole réduit une partie du coût du conflit pour les consommateurs américains. L’expression de « partie d’échecs » utilisée par Trump reçoit une réponse directe de Baghaei, qui affirme que les Iraniens sont eux aussi des joueurs expérimentés. Cette confrontation verbale résume la logique actuelle : aucun des deux camps ne veut donner l’impression de céder, tandis que chacun cherche à déplacer le coût de la confrontation sur l’autre. Le détroit d’Ormuz devient ainsi un instrument de pression politique, économique et énergétique. Il ne s’agit plus seulement d’un passage maritime stratégique, mais d’un levier utilisé dans la négociation plus large sur les sanctions, la sécurité régionale et les engagements américains.

La recomposition du pouvoir iranien accompagne cette phase de tension. Al Araby Al Jadeed, le 11 août 2026, rapporte une série de nominations décidées par le guide Mojtaba Khamenei. Ali Abdollahi est nommé chef d’état-major général des forces armées, tandis que Kioumars Heydari devient son adjoint. Ahmad Vahidi prend la tête des gardiens de la révolution, Mostafa Izadi devient son adjoint, Ali Azmayi prend la direction de la force navale des gardiens de la révolution et Hossein Taeb est placé à la tête de l’organisation du Bassidj. La publication accorde également une attention particulière à la nomination de Mohsen Rezaei au secrétariat du Conseil suprême de sécurité nationale. Rezaei, ancien commandant des gardiens de la révolution, cumule ainsi une longue expérience militaire avec une fonction directement liée à la définition de la politique de sécurité. Des analystes cités par Al Araby Al Jadeed estiment que cette nomination renforce le poids des responsables issus de l’appareil militaire dans la prise de décision. Certains y voient aussi un signal de fermeté dans les futures négociations. Al Binaa, le 11 août 2026, interprète ces changements comme une réorganisation destinée à réduire les divergences entre les structures politiques et militaires. Le journal insiste sur le rapprochement entre la planification stratégique et la conduite des opérations. Al Quds Al Arabi, le 11 août 2026, souligne pour sa part que ces nominations interviennent après une longue rencontre entre le président Massoud Pezeshkian et Mojtaba Khamenei. Pezeshkian affirme que cette réunion, qui aurait duré environ sept heures, a porté sur l’économie, les sanctions, la situation sociale et la nécessité de préserver l’unité nationale. Le message officiel insiste donc sur deux fronts complémentaires. À l’extérieur, l’Iran maintient ses conditions sur Ormuz et refuse de reconnaître une négociation directe avec Washington. À l’intérieur, il renforce la coordination entre institutions politiques, militaires et sécuritaires. Cette séquence laisse penser que Téhéran se prépare à une confrontation prolongée dans laquelle la diplomatie et la pression militaire resteront liées. Les responsables iraniens ne présentent pas la négociation comme une alternative au rapport de force. Ils la décrivent plutôt comme l’un de ses prolongements.

Gaza et les élections israéliennes placent la guerre au cœur de la compétition politique

Le dossier de Gaza reste au centre de la politique internationale, mais il se trouve désormais étroitement lié au calendrier électoral israélien. Al Quds Al Arabi, le 11 août 2026, rapporte que le « Conseil de la paix » mis en place par Donald Trump continue de défendre son plan pour Gaza malgré le refus exprimé par Benjamin Netanyahu. Nikolay Mladenov, présenté comme le représentant supérieur de cette structure, affirme que ce plan constitue le seul moyen de sortir de la spirale de violence. Selon lui, l’objectif est à la fois d’empêcher que Gaza représente une menace pour Israël et d’éviter la répétition d’une nouvelle guerre. Il précise que le retrait israélien serait progressif et lié à un processus de remise des armes des groupes armés, y compris le Hamas. Les forces israéliennes ne se retireraient donc pas immédiatement. Chaque étape de désarmement serait accompagnée d’un mouvement de retrait. Plusieurs responsables liés au Conseil de la paix cités par le journal affirment qu’Israël continue, dans les faits, à appliquer certaines parties de l’accord malgré les déclarations de Netanyahu. Ces mêmes responsables disent privilégier les actes aux déclarations. Al Quds Al Arabi relève cependant que ces affirmations sont contredites par la poursuite des violations signalées quotidiennement à Gaza. Al Araby Al Jadeed, le 11 août 2026, décrit un climat d’insécurité persistant dans l’enclave. Le journal rapporte que les habitants craignent une reprise de grande ampleur des opérations israéliennes. Les restrictions, les tirs et les difficultés humanitaires restent présents malgré les discussions sur une nouvelle phase de l’accord. Al Joumhouria, le 11 août 2026, note que Washington cherche plus largement à fermer plusieurs fronts actifs, dont Gaza, mais que les priorités électorales israéliennes compliquent cette démarche. La politique de Netanyahu se trouve ainsi prise entre les pressions américaines visant à stabiliser la région et une campagne intérieure dans laquelle la fermeté militaire constitue un argument central. La guerre devient alors un outil électoral autant qu’un dossier de sécurité. Cette logique apparaît également dans les prises de position de responsables israéliens qui présentent les opérations de Gaza, du Liban et de l’Iran comme des éléments d’un même bilan politique.

Cette dimension électorale apparaît de manière très nette dans Al Quds Al Arabi, le 11 août 2026, qui consacre un reportage aux perceptions des habitants de Gaza face aux prochaines élections israéliennes. Plusieurs personnes interrogées estiment que les différences entre les grands candidats restent limitées lorsqu’il s’agit de Gaza. Elles citent Netanyahu, Naftali Bennett et Gadi Eisenkot comme des responsables dont les trajectoires politiques diffèrent, mais qui ont tous soutenu ou conduit des opérations militaires contre l’enclave. Le journal rappelle que les habitants vivent encore dans des conditions extrêmement difficiles, avec une grande partie de la population déplacée et de nombreuses zones détruites. Dans ce contexte, les débats électoraux israéliens apparaissent lointains, même si leurs conséquences peuvent être directes sur le terrain. Le politologue cité par Al Quds Al Arabi estime qu’une éventuelle alternance ne signifierait pas nécessairement un changement profond de stratégie envers Gaza. Une nouvelle équipe pourrait modifier certaines modalités, notamment l’aide humanitaire ou l’intensité de certaines opérations, mais elle resterait liée à une ligne sécuritaire déjà largement installée. Al Araby Al Jadeed, le 11 août 2026, rapporte de son côté que le ministre israélien de la Défense Yisrael Katz utilise directement les opérations militaires dans sa communication électorale interne. Il a diffusé des images d’attaques et d’opérations menées à Gaza, au Liban et en Iran afin de promouvoir son bilan. Il a aussi mis en avant les politiques de colonisation en Cisjordanie. Cette utilisation politique de la guerre rejoint le diagnostic formulé par plusieurs journaux au sujet de Netanyahu. À l’approche du scrutin, les dirigeants israéliens cherchent à transformer les résultats militaires en arguments électoraux. Le problème, pour Gaza comme pour le Liban, est que cette logique peut retarder les compromis. Toute concession avant les élections risque d’être exploitée par un adversaire politique. Les fronts régionaux se retrouvent ainsi soumis à un calendrier intérieur israélien qui pèse sur les tentatives de cessez-le-feu et sur les initiatives diplomatiques.

Le Yémen replonge dans une phase de forte tension tandis que la Syrie tente de stabiliser ses équilibres

Le Yémen connaît une nouvelle montée des tensions militaires. Al Araby Al Jadeed, le 11 août 2026, rapporte que les Houthis ont élargi leurs opérations à plusieurs fronts. Ils ont visé des positions des forces gouvernementales dans la région de Bayhan, dans la province de Shabwa, à l’aide de missiles et de drones. Deux soldats ont été tués selon les sources militaires citées. Des attaques ont aussi été signalées autour de Marib, d’Abyan et du port de Mokha. Dans ce dernier secteur, un assaut combinant drones et missiles balistiques aurait fait plusieurs morts. L’envoyé spécial des Nations unies Hans Grundberg met en garde contre une reprise d’un conflit de grande ampleur. Il considère que le niveau actuel de l’escalade est sans précédent depuis la trêve négociée par les Nations unies en 2022. Il avertit que la multiplication des attaques augmente fortement le risque d’un retour à une guerre ouverte. Asharq Al-Awsat, le 11 août 2026, rapporte les déclarations du président du Conseil présidentiel yéménite Rashad al-Alimi. Celui-ci affirme que la période durant laquelle les attaques houthis restaient « sans coût » est terminée. Il accuse le mouvement de cibler non seulement des positions militaires, mais aussi des infrastructures civiles et économiques. Il appelle les pays soutenant le processus politique à adopter une position plus claire. Al-Alimi affirme que son gouvernement a privilégié la paix et la retenue pendant plusieurs années, mais il refuse que cette attitude soit interprétée comme une faiblesse. Il insiste sur le fait que l’État doit conserver le monopole de la décision de guerre et de paix. Al Quds Al Arabi, le 11 août 2026, rapporte également le bombardement de positions à Shabwa et les pertes dans les forces gouvernementales. Le journal rappelle que les Houthis présentent certaines de leurs attaques comme une réponse à des concentrations militaires soutenues par l’Arabie saoudite. Cette version est contestée par le gouvernement yéménite. Les deux récits montrent que la trêve politique reste très fragile. Le risque est désormais celui d’une succession de représailles qui ferait disparaître progressivement les mécanismes de retenue mis en place depuis 2022. L’internationalisation du conflit reste également présente. Le gouvernement réclame un soutien plus ferme de ses partenaires, tandis que les Houthis continuent de lier leurs opérations à des enjeux régionaux plus larges.

La Syrie suit une trajectoire différente, marquée par des tentatives de consolidation intérieure et de réorganisation de ses relations extérieures. Al Araby Al Jadeed, le 11 août 2026, rapporte le retour d’environ 2 500 déplacés dans la région de Ras al-Aïn, dans le nord-est du pays. Un responsable kurde présente cette étape comme le résultat d’une coordination entre le gouvernement syrien et l’administration autonome kurde. Cette évolution intervient dans le cadre des discussions visant à intégrer progressivement certaines structures de l’administration autonome aux institutions de l’État. Le retour des déplacés constitue un premier indicateur concret de cette coopération. Asharq Al-Awsat, le 11 août 2026, rapporte parallèlement une évolution importante dans les relations entre Damas et Moscou. Une nouvelle entente aurait été annoncée afin de réorganiser la présence militaire russe en Syrie. Le journal souligne que la Russie reste prudente dans ses commentaires publics, mais des experts considèrent que l’accord montre une volonté mutuelle de dépasser les tensions des dernières années. Une cinquantaine d’entreprises russes devraient participer à un forum économique prévu en novembre pour examiner de nouveaux projets. Cette dimension économique accompagne la volonté de redéfinir la relation bilatérale sur une base présentée comme plus équilibrée. La Russie reste un acteur militaire important, mais Damas cherche aussi à transformer la relation en partenariat économique et institutionnel. Dans le même temps, la situation sécuritaire au sud du pays demeure fragile. Al Araby Al Jadeed, le 11 août 2026, rapporte une incursion israélienne dans la région de Quneitra ainsi qu’une attaque revendiquée par un groupe local contre une position israélienne dans la région de Deraa. Ces événements montrent que la stabilisation syrienne reste incomplète. Le gouvernement tente d’intégrer certaines structures internes et de normaliser ses relations avec la Russie, mais il doit encore composer avec des interventions étrangères et des groupes armés locaux. La Syrie avance donc sur plusieurs fronts à la fois : retour des déplacés, intégration institutionnelle, redéfinition des alliances et gestion d’une sécurité encore instable.

Économie : réformes bancaires, transferts des expatriés et énergie mettent à l’épreuve la reprise libanaise

Le secteur bancaire reste le principal verrou de la normalisation économique

La réforme du secteur bancaire revient au premier plan de l’actualité économique libanaise du 11 août 2026, avec un débat qui oppose le gouvernement, le Parlement, les banques et les défenseurs des déposants. Al Sharq, le 11 août 2026, rapporte que l’Association des banques du Liban a vivement contesté les modifications introduites par la commission des Finances et du Budget dans le projet de loi sur la réforme et la réorganisation des banques. Selon les observations juridiques présentées par l’association, plusieurs dispositions porteraient atteinte aux droits des établissements et de leurs actionnaires. L’association affirme que l’application des normes internationales ne peut se faire en dehors des garanties prévues par la Constitution libanaise. Elle demande notamment le respect des droits de la défense, de la propriété et de l’égalité, ainsi qu’un véritable contrôle judiciaire des décisions prises par la Haute Commission bancaire. Elle critique aussi la procédure prévue pour l’évaluation des banques. Le texte permettrait de contester les erreurs matérielles et factuelles, mais limiterait la possibilité de remettre en cause la méthode d’évaluation elle-même. L’Association des banques juge également trop courte la période de dix jours laissée aux établissements pour déposer un recours. Elle réclame vingt jours ouvrables et la possibilité de saisir la juridiction compétente. Son objection la plus forte concerne cependant les droits des actionnaires dominants. Elle considère comme « très dangereux » le principe qui empêcherait certains d’entre eux de participer à une augmentation de capital. Selon son argumentation, leur retirer le droit prioritaire de souscription pourrait être assimilé à une atteinte à la propriété. L’association critique également les pouvoirs accordés à la Haute Commission bancaire. Elle estime que la formule permettant à cette instance de prendre des mesures destinées à supprimer les obstacles à la réforme d’une banque est trop large et ouvre la voie à des décisions discrétionnaires. Ces critiques montrent que le débat n’est plus uniquement technique. Il porte sur le partage des pertes accumulées depuis la crise de 2019 et sur les acteurs appelés à en supporter le coût. Le Parlement doit donc arbitrer entre la nécessité de restructurer un secteur devenu incapable de remplir pleinement ses fonctions et la crainte que certaines mesures soient contestées devant les tribunaux. Cette bataille juridique accompagne une crise de confiance plus profonde. Ad Diyar, le 11 août 2026, cite le ministre des Finances Yassine Jaber, qui estime que le Liban est devenu au fil des années un « véritable système économique fondé sur les espèces ». Pour lui, le maintien du statu quo bancaire retarde la réforme et empêche le rétablissement de la confiance des investisseurs comme des partenaires internationaux. Il défend donc l’adoption du texte bancaire comme une étape indispensable. Le contraste entre ces deux positions illustre l’impasse actuelle : les autorités considèrent qu’une réforme rapide est nécessaire pour sortir de l’économie en espèces, tandis que les banques redoutent qu’une réforme mal conçue ne transfère sur elles ou sur leurs actionnaires des pertes qui n’ont toujours pas été réparties de manière consensuelle.

Le dossier des dépôts reste encore plus sensible. Al Akhbar, le 11 août 2026, consacre une analyse aux différentes formules envisagées pour restituer une partie des sommes bloquées. Le journal estime que les discussions restent dominées par une question comptable : déterminer la taille des pertes et les ressources disponibles pour rembourser les déposants. Selon sa lecture, aucune politique financière, monétaire et bancaire complète n’a encore été arrêtée. L’enjeu central reste donc la part que devraient assumer l’État, la Banque du Liban et les établissements bancaires. Plusieurs scénarios sont évoqués. Parmi eux figure la possibilité de verser jusqu’à 100 000 dollars sur sept ans ou, dans une autre formule, 60 000 dollars sur quatre ans. Al Akhbar explique que la différence entre ces propositions tient à la valeur réelle de l’argent selon la durée du remboursement. Le journal évoque aussi l’hypothèse de titres à très long terme, avec des échéances pouvant aller de vingt à trente ans. Une telle solution suppose toutefois que ces titres soient soutenus par des actifs permettant de les inscrire dans les bilans. C’est dans ce cadre que revient régulièrement la question des ressources publiques et du patrimoine de la Banque du Liban. Al Akhbar critique une approche qu’il juge trop centrée sur la recherche d’actifs permettant de financer le remboursement, sans définir au préalable la future structure du système bancaire. Le journal estime que le débat sur les dépôts tourne depuis le début de la crise autour de la même interrogation : quelle part pourra réellement être restituée et quelle perte sera imposée aux déposants. Cette absence de réponse continue d’avoir des conséquences économiques directes. Les particuliers conservent une grande partie de leurs liquidités hors du système bancaire. Les entreprises utilisent des moyens de paiement alternatifs. Les investisseurs étrangers restent prudents. La circulation de l’argent se fait donc en grande partie en dehors du crédit bancaire classique. Cette situation limite la capacité des banques à financer l’investissement et rend plus difficile le retour à une économie normale. La crise bancaire n’est ainsi pas un dossier séparé des autres réformes. Elle touche la fiscalité, l’investissement, les transferts de fonds et la capacité de l’État à attirer des capitaux. Elle conditionne aussi les discussions avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. La presse du 11 août montre que le Liban avance sur les textes, mais que le cœur politique du problème n’est toujours pas réglé : déterminer comment les pertes seront réparties et comment les déposants pourront récupérer leurs droits sans provoquer une nouvelle crise de solvabilité.

Les transferts des expatriés diminuent alors qu’ils restent l’un des principaux soutiens de l’économie

La baisse des transferts financiers des Libanais établis à l’étranger constitue l’un des rares indicateurs chiffrés majeurs publiés dans le corpus du 11 août 2026Ad Diyar, le 11 août 2026, indique que les transferts vers le Liban sont passés de 6,8 milliards de dollars à 6,3 milliards de dollars en 2025, soit une diminution d’environ 500 millions de dollars, selon les chiffres officiels attribués à la Banque du Liban. Le journal s’interroge sur leur évolution en 2026 et estime que plusieurs facteurs peuvent prolonger cette baisse. Le premier est lié à la guerre entre les États-Unis et l’Iran et à ses conséquences sur les économies du Golfe. La fermeture du détroit d’Ormuz pèse sur les exportations énergétiques et crée de l’incertitude dans les pays où travaille une part importante de la diaspora libanaise. Ad Diyar relie directement cette situation aux revenus et à la capacité d’épargne de certains expatriés. Le deuxième facteur est la crise bancaire libanaise, qui dure depuis 2019. Après le blocage des dépôts et les restrictions imposées aux retraits, de nombreux expatriés évitent encore de faire passer leurs fonds par les banques locales. Même lorsqu’ils continuent d’aider leurs familles, ils peuvent privilégier des circuits extérieurs au système bancaire. Cette évolution réduit la capacité des banques à capter les devises et à rétablir une activité financière normale. Le journal mentionne également la faiblesse de l’investissement direct des expatriés. Une partie des fonds envoyés sert aux dépenses courantes des familles plutôt qu’à l’achat de logements, à la création d’entreprises ou au financement de projets. Cette évolution est importante car les transferts de la diaspora ont longtemps joué deux rôles. Ils ont soutenu la consommation intérieure et alimenté l’investissement privé. Si le second rôle diminue, l’économie devient encore plus dépendante de flux destinés à couvrir les besoins immédiats. Le recul de 500 millions de dollars en un an est donc préoccupant au-delà du chiffre lui-même. Il touche une source de devises qui a permis au pays de résister pendant les années de crise. Il peut aussi affecter les recettes fiscales, le marché immobilier, le commerce et l’emploi. Ad Diyar rapporte d’ailleurs des inquiétudes officielles sur les conséquences d’une nouvelle baisse pour l’économie et les finances publiques. La question de la confiance reste ici centrale. Tant que les expatriés ne disposent pas de garanties sur la sécurité de leurs fonds et sur le fonctionnement normal du secteur bancaire, leur rôle économique risque de rester essentiellement familial plutôt que productif.

La baisse des transferts intervient au moment où les autorités cherchent précisément à convaincre les Libanais de l’étranger de participer davantage à la reprise. Al Liwaa, le 11 août 2026, rapporte des échanges consacrés au rôle des communautés libanaises dans le soutien de l’économie nationale. Toutefois, les conditions d’un retour durable de leurs capitaux restent difficiles. Le pays doit d’abord restaurer les canaux financiers, améliorer la sécurité juridique et montrer que les réformes bancaires ne reproduiront pas les erreurs du passé. Cette exigence rejoint le diagnostic de Yassine Jaber rapporté par Ad Diyar, le 11 août 2026. Lorsque le ministre des Finances affirme que le Liban est devenu une économie dominée par les espèces, il décrit aussi l’un des principaux obstacles à la mobilisation des fonds de la diaspora. Les expatriés peuvent envoyer de l’argent pour financer la consommation de leurs proches, mais ils sont moins enclins à placer de gros montants dans un système bancaire dont la restructuration n’est pas achevée. Le problème touche également les investissements des entreprises libanaises. Sans crédit bancaire, les projets doivent être financés par les fonds propres ou par des partenaires extérieurs. Cette situation favorise les acteurs disposant déjà de capitaux et pénalise les petites et moyennes entreprises. Elle limite aussi la création d’emplois capables de retenir les jeunes au Liban. Le recul des transferts peut donc alimenter un cercle négatif. Moins de confiance signifie moins de fonds placés dans l’économie locale. Moins d’investissement signifie moins d’emplois et davantage d’émigration. Une diaspora plus importante peut certes continuer d’envoyer de l’argent, mais ces transferts servent alors davantage à compenser la faiblesse de l’économie qu’à la transformer. Les tensions régionales rendent ce modèle encore plus fragile. Une part importante des expatriés libanais travaille dans les pays du Golfe. Toute perturbation des marchés de l’énergie ou de l’activité régionale peut donc rapidement se répercuter sur les familles au Liban. C’est pourquoi la baisse enregistrée en 2025 constitue un signal plus large que la simple variation annuelle d’un indicateur. Elle rappelle que le pays dépend encore fortement de revenus produits à l’étranger et qu’il ne dispose pas d’un système financier suffisamment solide pour transformer ces flux en investissement à long terme.

Banque mondiale, électricité et infrastructures : l’État tente de convertir les financements en réformes concrètes

Le principal financement nouveau annoncé dans la presse du 11 août 2026 concerne un accord de 150 millions de dollarsentre le ministère des Finances et la Banque mondiale. Ad Diyar, le 11 août 2026, rapporte que Yassine Jaber a signé cet accord pour financer la transformation numérique des administrations et services publics. Le programme doit moderniser l’appareil administratif, améliorer les services aux citoyens et faciliter l’accès aux démarches publiques. Il prévoit notamment une infrastructure numérique sécurisée, des dispositifs de cybersécurité, une identité numérique, la signature électronique, des plateformes d’échange de données et un portail public permettant de dématérialiser plusieurs services prioritaires. Jaber présente ce projet comme une « pierre angulaire de la modernisation du secteur public ». Il indique également que d’autres financements restent en préparation, dont un prêt destiné à la protection sociale. La nouvelle responsable régionale de la Banque mondiale Dalia Khalifa a rencontré les principaux dirigeants libanais et s’est dite encouragée par ce qu’elle décrit comme une vision plus claire et un accord sur les priorités. Selon Ad Diyar, elle prévoit de passer régulièrement du temps à Beyrouth pour suivre les programmes. Ce financement ne peut toutefois être séparé des exigences de réforme qui accompagnent l’intervention de la Banque mondiale. Les discussions ont porté sur l’électricité, l’eau, les déchets, le secteur bancaire et les relations avec le Fonds monétaire international. Le secteur électrique concentre une partie des difficultés. Jaber et la Banque mondiale ont exprimé leur inquiétude devant la lenteur de certaines réformes, notamment dans le recouvrement des factures et la réduction des pertes sur les réseaux. Le ministre a proposé de revoir la répartition d’un prêt de 250 millions de dollars. Sur les 90 millions initialement consacrés à l’énergie solaire, une partie pourrait être réorientée vers le renforcement des réseaux de transport, dans l’attente du règlement des problèmes fonciers liés aux futurs projets solaires. Le débat montre que l’enjeu ne réside pas seulement dans l’obtention de nouveaux prêts. Il porte sur la capacité à utiliser rapidement les sommes déjà disponibles. Les bailleurs veulent voir des réformes mesurables. Le gouvernement cherche, lui, à adapter les projets à des urgences qui évoluent. Ce rapport entre financement et exécution devient le principal test de la nouvelle phase économique.

Les chiffres communiqués sur l’électricité illustrent l’ampleur du problème. Al Sharq, le 11 août 2026, rapporte les déclarations du ministre de l’Énergie et de l’Eau Joe Saddi. Selon lui, près de 30 % de l’électricité produite ne serait pas facturée ou serait soustraite au réseau par des branchements illégaux. Le ministre souligne que l’équité ne concerne pas seulement la répartition du courant entre les régions. Elle suppose également que tous les consommateurs paient leurs factures. Il ajoute que l’État et ses institutions doivent eux-mêmes régler leurs dettes envers Électricité du Liban. Saddi chiffre les arriérés dus par l’administration et les organismes publics à environ 250 millions de dollars à la fin du mois de décembre précédent. Il dit avoir demandé au gouvernement de verser 50 millions de dollars par mois pendant cinq mois afin de régulariser cette dette, sans recourir à de nouvelles avances du Trésor. Cette solution donnerait selon lui une marge temporaire à l’entreprise publique pour faire face à l’augmentation du coût du fioul et maintenir ou améliorer l’alimentation. Le ministre met aussi en garde contre la hausse persistante des prix des produits énergétiques sur les marchés mondiaux. La tarification de l’électricité n’a pas augmenté au même rythme que le coût du carburant, ce qui menace à nouveau l’équilibre financier du secteur. Ce dossier révèle l’interdépendance des problèmes économiques libanais. Une entreprise publique ne peut équilibrer ses comptes si l’État lui-même ne paie pas ses factures. Les investisseurs privés hésitent à entrer dans un secteur où une part importante de la production n’est pas encaissée. La Banque mondiale conditionne ses financements à des améliorations de gouvernance. Les ménages, de leur côté, attendent davantage d’heures de courant et une répartition plus équitable. La réforme exige donc des mesures simultanées sur la production, le transport, le recouvrement et les dettes publiques. Le simple apport d’argent ne suffit pas. Sans amélioration du taux de collecte et sans réduction des pertes, les nouveaux financements risquent de reproduire les déséquilibres anciens.

Pétrole irakien et nouvelles recettes : le gouvernement cherche des sources d’activité sans alourdir les coûts intérieurs

Le projet de transit du pétrole irakien apparaît comme l’un des dossiers économiques les plus concrets de la journée. Ad Diyar, le 11 août 2026, rapporte que Nawaf Salam a présidé une réunion consacrée aux préparatifs pour le passage du pétrole brut et des produits pétroliers irakiens par le Liban. Dans une première étape, le pays devrait servir de centre de stockage et de réexportation. Les ministres et responsables concernés ont examiné l’état des routes, des postes frontaliers et des installations de stockage. Ils ont aussi étudié les règles de sécurité et les mesures nécessaires pour gérer le passage des camions-citernes. Al Binaa, le 11 août 2026, décrit la même réunion et insiste sur les besoins logistiques. Certains axes doivent être remis en état afin de faciliter le trafic. Les passages frontaliers doivent être capables d’absorber une activité plus importante. Les installations de stockage doivent être préparées et les mouvements vers ces sites organisés. Le gouvernement a demandé aux ministères et services concernés de poursuivre leur coordination dans des délais précis. Ce projet représente une occasion de réactiver la fonction historique du Liban comme point de transit régional. Il pourrait produire des recettes de stockage, de transport et de services. Il pourrait également renforcer les liens économiques avec l’Irak et la Syrie. Toutefois, le corpus ne fournit pas encore de chiffre sur les volumes envisagés, les recettes attendues ou la durée du dispositif. Il serait donc prématuré de présenter le projet comme une nouvelle source majeure de revenus. À ce stade, la presse décrit surtout une préparation administrative et logistique. L’intérêt économique réside néanmoins dans la diversification. Alors que les banques restent en crise et que les transferts des expatriés diminuent, le gouvernement cherche des activités capables de générer des entrées de devises et de mieux utiliser les infrastructures existantes. La réussite du projet dépendra de la stabilité des routes régionales, de la capacité des installations libanaises et des coûts du transport. Elle dépendra aussi des conditions de sécurité dans une région où les marchés pétroliers restent affectés par le conflit autour du détroit d’Ormuz.

La recherche de nouvelles recettes se retrouve aussi dans le débat sur les taxes environnementales. Al Sharq, le 11 août 2026, rapporte une réunion au ministère des Finances consacrée aux prélèvements destinés à contribuer au financement du traitement des déchets. Le gouvernement cherchait des ressources nouvelles sans provoquer une nouvelle hausse des prix ni alourdir les charges des secteurs productifs. Les discussions ont conduit à revoir plusieurs taxes initialement envisagées. Les participants ont convenu de retirer les prélèvements concernant les produits alimentaires, les matières premières utilisées dans la production locale et les carburants. L’objectif affiché est de limiter les effets inflationnistes et de protéger à la fois la consommation et l’activité productive. La réunion a rassemblé Yassine Jaber, le ministre de l’Économie Amer Bsat, des parlementaires, les organismes économiques, les industriels, les commerçants et les syndicats. Ce compromis illustre la faible marge budgétaire de l’État. Il doit financer des services publics coûteux, dont la gestion des déchets, mais une hausse générale des taxes pourrait réduire le pouvoir d’achat et augmenter les coûts des entreprises. Le même problème apparaît dans les rémunérations publiques. Al Akhbar, le 11 août 2026, relève les montants élevés accordés aux dirigeants de certaines autorités de régulation. Le journal indique qu’un décret du 25 juin a fixé la rémunération du président de l’Autorité générale de l’aviation civile à 716 millions de livres par mois, et celle de chacun de ses membres à 626,5 millions de livres. Des niveaux similaires auraient été fixés pour l’Autorité nationale de régulation de l’électricité. La publication rapporte que des députés ont ensuite réclamé une augmentation de leurs propres indemnités. Al Akhbar critique ce choix en le comparant à la situation des autres agents publics, dont les revenus ont perdu une grande partie de leur valeur. Cette controverse montre que la politique économique ne se limite pas aux grands projets de financement. Elle touche aussi la répartition des ressources limitées de l’État. Entre réformes bancaires, baisse des transferts, besoins d’Électricité du Liban, investissements numériques, transit pétrolier et nouvelles taxes, le gouvernement tente de relancer l’activité tout en évitant de transférer une nouvelle fois le coût de la crise aux ménages et aux secteurs productifs.

Justice : l’affaire Riad Salamé s’étend au secteur bancaire tandis que l’amnistie, la peine de mort et plusieurs dossiers sensibles reviennent devant les institutions

L’enquête sur Riad Salamé s’élargit avec la mise en cause de l’ancien dirigeant de Bank Audi

Le dossier judiciaire visant l’ancien gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé constitue l’affaire la plus importante de l’actualité judiciaire rapportée par le corpus du 11 août 2026Al Quds Al Arabi, le 11 août 2026, indique que le procureur général près la cour d’appel de Beyrouth, le juge Raja Hamouche, a engagé des poursuites contre Riad Salamé et contre Samir Hanna, ancien président du conseil d’administration de Bank Audi. Le dossier a été transmis à la première juge d’instruction de Beyrouth, Rola Othman. Les faits reprochés sont particulièrement lourds. Selon le journal, les poursuites portent sur la création présumée de sociétés fictives, la soustraction de fonds appartenant à la Banque du Liban et l’utilisation de cet argent pour acheter des actions et des titres auprès de banques commerciales par des procédés considérés comme frauduleux. Les qualifications citées comprennent également l’enrichissement illicite, le blanchiment d’argent et la corruption. Il s’agit à ce stade d’accusations judiciaires et non de faits définitivement établis. Riad Salamé a, selon la même publication, toujours nié avoir commis des infractions. Le parquet a demandé qu’un mandat d’arrêt contradictoire soit délivré à son encontre. Pour Samir Hanna, le parquet doit réexaminer sa position après son interrogatoire et déterminer ses réquisitions en fonction des résultats de l’enquête. Al Binaa, le 11 août 2026, rapporte également les poursuites engagées contre les deux hommes et confirme la transmission du dossier à Rola Othman. L’importance de l’affaire tient notamment au fait qu’un ancien responsable d’une grande banque commerciale se retrouve directement mis en cause dans une enquête liée aux opérations attribuées à l’ancien gouverneur. Al Quds Al Arabi, le 11 août 2026, cite une source judiciaire de haut rang qui présente cette évolution comme la première mise en cause d’un banquier issu d’un établissement commercial dans une affaire financière directement liée à Salamé. Cette extension change la portée de l’enquête. Elle ne concerne plus uniquement le fonctionnement interne de la Banque du Liban ou les décisions de son ancien gouverneur. Elle interroge désormais les relations entre la banque centrale et certains établissements privés, ainsi que les mécanismes par lesquels des opérations financières auraient pu être exécutées. Pour la justice, l’enjeu sera donc de déterminer les responsabilités individuelles, mais aussi de reconstituer précisément les circuits financiers utilisés et leur finalité.

L’affaire se rattache également aux démarches engagées par le gouverneur actuel de la Banque du Liban, Karim Souaid. Al Quds Al Arabi, le 11 août 2026, rappelle que Karim Souaid avait annoncé en janvier 2026 le dépôt d’une plainte pénale concernant des soupçons de soustraction de fonds de la banque centrale, d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent. Le gouverneur n’avait alors pas désigné publiquement Riad Salamé ou Samir Hanna dans sa plainte. Toutefois, l’ouverture des poursuites actuelles place ces différentes procédures dans un contexte plus large de réexamen des opérations conduites durant les années précédentes. La justice doit maintenant distinguer les responsabilités pénales des débats politiques et financiers sur la crise bancaire. Cette distinction est essentielle car l’effondrement du secteur bancaire a créé une forte attente de reddition de comptes parmi les déposants. Une poursuite pénale ne règle pourtant pas automatiquement la question des dépôts bloqués ni celle de la répartition des pertes. Elle doit établir des faits précis, identifier les opérations éventuellement illicites et garantir les droits de la défense. Le dossier risque donc d’être long et complexe. Les sociétés mentionnées doivent être identifiées, les transferts reconstitués et les achats de titres examinés. Les enquêteurs devront aussi déterminer si les opérations mises en cause ont bénéficié à leurs auteurs ou à d’autres personnes. Enfin, la présence d’un responsable de banque commerciale dans le dossier peut ouvrir de nouvelles pistes concernant d’autres intermédiaires. Aucune source du corpus ne permet cependant d’affirmer que d’autres établissements sont actuellement poursuivis dans ce cadre. Il faut donc s’en tenir aux personnes explicitement citées. Cette prudence est d’autant plus importante que le dossier se déroule au moment où le Parlement débat de la restructuration bancaire. Le risque serait de confondre la responsabilité pénale éventuelle de certains dirigeants avec la situation juridique de l’ensemble du secteur. L’enquête sur Salamé et Hanna relève d’un autre registre. Elle concerne des actes précis que le parquet qualifie de crimes financiers et monétaires. Si ces accusations sont confirmées au terme de la procédure, elles constitueraient une étape importante dans la recherche des responsabilités liées à la gestion de la période précédant et accompagnant l’effondrement financier.

L’affaire Ashraf Dabbour pose la question du lieu du procès et des conditions d’une éventuelle remise à l’Autorité palestinienne

Le dossier de l’ancien ambassadeur palestinien au Liban Ashraf Dabbour constitue une deuxième affaire judiciaire importante. Annahar, le 11 août 2026, rapporte que sa famille demande aux autorités libanaises de le juger au Liban plutôt que de le remettre à l’Autorité palestinienne. Cette dernière le poursuit pour des faits présumés de corruption commis pendant sa mission à Beyrouth. Le journal indique que le 3 août, la justice libanaise a délivré un mandat d’arrêt contre l’ancien ambassadeur en lien avec des poursuites engagées à Ramallah. Les accusations mentionnées portent sur la corruption et le détournement de fonds pendant la période où il a exercé ses fonctions entre 2012 et 2025. Le procureur général près la Cour de cassation, Ahmad Rami Haj, a proposé au ministère de la Justice de remettre Ashraf Dabbour à l’Autorité palestinienne. Une telle décision ne relève cependant pas du seul pouvoir judiciaire. Elle reste soumise à l’approbation de l’exécutif libanais. Al Liwaa, le 11 août 2026, donne davantage de détails sur l’argumentation développée par la famille. Lors d’une conférence de presse à Beyrouth, Israa Dabbour, fille de l’ancien ambassadeur, affirme que la famille ne demande ni l’abandon des poursuites ni une protection contre la justice. Elle souhaite que l’affaire soit examinée au Liban. Son raisonnement repose sur la localisation présumée des faits. Si les actes décrits dans le dossier ont eu lieu sur le territoire libanais, si les témoins se trouvent au Liban et si les documents sont également disponibles dans le pays, la famille estime que la justice libanaise pourrait elle-même instruire et juger l’affaire. Al Quds Al Arabi, le 11 août 2026, rapporte les mêmes propos et ajoute que la famille demande aux autorités de ne pas se précipiter dans une décision concernant la remise de l’ancien diplomate. Elle rappelle qu’Ashraf Dabbour est né au Liban et y possède le statut de réfugié palestinien. Elle invoque aussi son état de santé, décrit comme très grave. Il se trouverait, selon sa fille, en soins intensifs au moment de la prise de parole.

Ce dossier oblige les autorités à arbitrer entre plusieurs considérations. Il existe d’abord une demande judiciaire palestinienne portant sur des accusations précises de corruption et de détournement. Il existe ensuite une compétence potentielle de la justice libanaise si tout ou partie des actes a été commis sur le territoire national. Enfin, la décision de remise possède une dimension politique et administrative puisqu’elle nécessite l’intervention du pouvoir exécutif. Les journaux du 11 août 2026 ne fournissent pas le contenu intégral du dossier transmis par Ramallah. Ils ne précisent pas non plus les montants qui auraient été détournés, les opérations concernées ou les bénéficiaires présumés. Il serait donc impossible de présenter ces accusations comme établies. Le cœur de l’actualité réside plutôt dans le débat sur la juridiction appelée à traiter l’affaire. La position de la famille ne consiste pas à contester le principe d’un procès. Elle demande que celui-ci ait lieu devant les tribunaux libanais. Cette nuance est essentielle. Elle déplace le dossier d’une question de protection personnelle vers une question de compétence judiciaire. En pratique, les autorités devront examiner les engagements juridiques applicables, la nature de la demande palestinienne et les garanties procédurales offertes. Elles devront aussi déterminer si une enquête libanaise existe déjà sur les faits présumés. Le corpus ne permet pas de répondre à cette dernière question. L’état de santé de l’ancien ambassadeur ajoute une difficulté supplémentaire. Une éventuelle remise ne peut ignorer les considérations médicales si l’intéressé est effectivement dans une situation critique. Cette affaire illustre enfin l’imbrication particulière des dossiers palestiniens et libanais. Ashraf Dabbour a exercé pendant plus d’une décennie au Liban. Les faits allégués se rapporteraient à cette période. Pourtant, l’autorité qui réclame son jugement est située à Ramallah. La décision que prendra Beyrouth sera donc observée à la fois comme une décision judiciaire, comme un acte de coopération avec l’Autorité palestinienne et comme un test de l’autonomie des institutions libanaises.

L’amnistie générale et la peine de mort remettent les choix pénaux du Liban au centre du débat parlementaire

Le Parlement doit parallèlement examiner le dossier de l’amnistie générale, qui combine considérations judiciaires, sécuritaires et politiques. Al Binaa, le 11 août 2026, rapporte que le ministre de la Défense Michel Menassa a remis au vice-président du Parlement Elias Bou Saab les observations écrites de l’armée sur les modifications proposées au texte. Le ministre avait auparavant rencontré le président du Parlement Nabih Berri. Le rôle de l’institution militaire est important car certaines catégories susceptibles d’être concernées par une amnistie peuvent toucher à des dossiers de sécurité ou à des infractions ayant concerné directement les forces armées. Al Joumhouria, le 11 août 2026, estime que les chances d’adoption du texte ont augmenté après plusieurs démarches destinées à réduire les objections. Toutefois, le journal souligne que le dossier reste politiquement sensible. Une amnistie générale ne consiste pas seulement à libérer des détenus. Elle définit les infractions que le législateur accepte d’effacer ou de traiter de manière exceptionnelle. Elle pose donc une question d’égalité devant la loi. Elle peut aussi affecter les droits des victimes. Plusieurs blocs cherchent à éviter qu’elle soit perçue comme une faveur destinée à une seule catégorie politique, confessionnelle ou régionale. Al Liwaa, le 11 août 2026, rapporte que Nabih Berri a participé aux efforts de compromis autour du texte et que plusieurs députés sunnites ont défendu des modifications. Les discussions impliquent aussi les représentants du Hezbollah. Le dossier dépasse donc très largement les clivages classiques entre majorité et opposition. Il touche à des contentieux anciens, à des personnes condamnées ou détenues et à la volonté de certaines forces de fermer des dossiers hérités de périodes de tension. Pour la justice, l’enjeu est de préserver une distinction nette entre amnistie décidée par le législateur et remise en cause des décisions des tribunaux. Le Parlement possède le pouvoir de voter une amnistie, mais chaque extension du texte peut modifier profondément ses conséquences. C’est la raison pour laquelle les remarques de l’armée et les négociations entre groupes parlementaires occupent une telle place avant le vote.

La peine de mort constitue un deuxième débat pénal majeur. Al Sharq, le 11 août 2026, rappelle qu’une proposition visant à abolir la peine capitale a été présentée par les députés Elias Hankach, Oussama Saad, Paula Yacoubian, Georges Okais, Fayçal Sayegh, Halima Kaakour et Michel Douaihy. Le journal publie une longue prise de position du cheikh Mazhar Hamawi, membre du Conseil supérieur islamique, qui défend le maintien de cette peine dans certaines situations. Son texte intervient dans un débat qui dure depuis plusieurs mois. Il reproche notamment aux défenseurs de l’abolition de concentrer leur attention sur l’auteur du crime au détriment de la victime et de sa famille. Cette position est celle de son auteur et ne constitue pas une décision judiciaire. Elle montre cependant la profondeur du désaccord. Les partisans de l’abolition invoquent généralement la protection du droit à la vie, le risque d’erreur judiciaire et les évolutions internationales. Le texte publié par Al Sharq développe la logique inverse. Il met l’accent sur les crimes les plus graves, sur le droit des victimes et sur la fonction dissuasive de la sanction. Le corpus du 11 août ne fournit pas l’intégralité des arguments des députés auteurs de la proposition. Il ne permet donc pas d’établir un équilibre détaillé entre toutes les positions. Il montre toutefois que le Parlement se trouve simultanément devant deux choix pénaux presque opposés. D’un côté, l’amnistie générale cherche à effacer ou à réduire les conséquences de certaines infractions passées. De l’autre, l’abolition de la peine capitale interroge la sanction maximale que l’État peut prononcer. Ces deux débats obligent les députés à redéfinir les limites de la politique pénale. Ils soulèvent aussi une question de cohérence. L’État doit concilier sécurité, droits des victimes, droits de la défense et respect de ses engagements internationaux. Il doit enfin éviter que les décisions pénales soient perçues comme le résultat de rapports de force politiques plutôt que d’une conception stable de la justice.

Fraudes aux organismes sociaux et violences sexuelles : deux dossiers mettent en cause les mécanismes de protection des plus vulnérables

Les soupçons de fraude visant le Fonds national de sécurité sociale constituent un autre dossier judiciaire et administratif. Al Binaa, le 11 août 2026, rapporte que les services de contrôle du Fonds poursuivent l’examen de dossiers médicaux et de demandes de remboursement dans le cadre d’une campagne contre les irrégularités et les fraudes. La publication indique que les investigations ont mis au jour le cas de quinze médecins et patients fictifs liés à des prestations de sécurité sociale dans la ville d’Aley. Le directeur général du Fonds, Mohammad Karaki, a demandé la poursuite des procédures. Selon le journal, les contrôles visent à protéger les droits des assurés et l’argent du Fonds. Des décisions ont également concerné plusieurs hôpitaux à la suite de constatations portant sur des pratiques considérées comme irrégulières. Les établissements cités par Al Binaa comprennent notamment Saint Joseph, l’Œil et l’Oreille, Al Dawli, Al Mashreq, Qalb Loubnan et d’autres structures. Le journal précise que des autorisations ou des relations avec certains établissements ont fait l’objet de mesures, mais le contenu exact de toutes les décisions n’est pas suffisamment détaillé pour affirmer qu’il existe une condamnation judiciaire définitive. Il s’agit principalement d’enquêtes, de contrôles et de procédures administratives susceptibles de déboucher sur des poursuites. Karaki affirme que le Fonds ne tolérera aucune atteinte aux droits des assurés ou aux ressources de l’institution. Cette affaire est importante dans un organisme qui doit gérer des ressources limitées tout en finançant des soins coûteux. Chaque fausse prestation ou remboursement indu réduit les fonds disponibles pour les véritables bénéficiaires. L’enquête possède donc une portée sociale autant que financière. Elle pose aussi la question de la responsabilité des médecins, des établissements et des éventuels intermédiaires. Si des dossiers fictifs ont effectivement servi à obtenir des remboursements, la justice devra identifier les auteurs de la fraude, les bénéficiaires des sommes et les mécanismes qui ont permis leur validation.

Enfin, Ad Diyar, le 11 août 2026, consacre une enquête à des affaires d’inceste et de violences sexuelles visant des mineures. La publication présente notamment le cas de trois adolescentes confrontées à des agressions attribuées à la personne qui aurait dû assurer leur protection. Le journal évoque un dossier judiciaire encore en cours et cite une source proche de l’affaire affirmant que des sommes seraient versées pour tenter d’étouffer le dossier. Cette accusation n’est pas établie par une décision judiciaire et doit rester attribuée à la source citée par Ad Diyar. L’enquête journalistique s’intéresse plus largement aux violences sexuelles commises au sein des familles. Une intervenante citée par le journal affirme que les services spécialisés suivent des cas de viol, d’inceste et de harcèlement dans lesquels les auteurs appartiennent parfois au cercle familial le plus proche. Elle souligne également un manque de sensibilisation à l’obligation de signaler les violences. Selon elle, certaines familles protègent l’agresseur afin d’éviter un scandale ou parce qu’il constitue le principal soutien financier du foyer. Elle estime que l’intérêt de l’enfant devrait toujours primer. La même source critique les sanctions prévues par les articles 503 et 504 du droit pénal, qu’elle juge insuffisamment protectrices pour les enfants. Le dossier met en évidence une difficulté majeure de la justice dans les violences intrafamiliales. L’infraction se déroule souvent dans un espace fermé. La victime dépend de son agresseur ou de proches qui peuvent hésiter à parler. Le signalement peut donc intervenir tardivement. Lorsque la victime est mineure, les enjeux de protection immédiate s’ajoutent à ceux de l’enquête pénale. Le corpus ne fournit pas suffisamment d’éléments pour révéler l’identité des victimes ou détailler des faits susceptibles de leur porter préjudice, ce qui impose de rester sur les mécanismes judiciaires et sociaux. La question centrale reste celle de la capacité des institutions à protéger les enfants, à garantir l’indépendance de l’enquête et à empêcher les pressions familiales ou financières d’interférer avec la procédure.

Société : retour des déplacés, reconstruction et services publics placent les populations du Sud au cœur des urgences

Plus de 600 000 personnes revenues dans leurs régions face au défi de la reconstruction

Le retour des populations dans les zones touchées par la guerre constitue le principal dossier social libanais de la presse du 11 août 2026. La question dépasse désormais le seul déplacement des habitants. Elle concerne leur capacité à rester durablement dans leurs villages malgré les destructions, les difficultés d’accès aux services et la poursuite des opérations israéliennes. Al Sharq, le 11 août 2026, rapporte que le président Joseph Aoun a présenté cette situation à la nouvelle directrice régionale de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient, Dalia Khalifa. Selon les chiffres cités par la publication, plus de 600 000 personnes sont revenues dans leurs régions. Le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’aider les institutions publiques à reprendre leurs fonctions dans les zones les plus endommagées. Certaines localités ont subi des destructions très importantes, parfois presque totales. Le retour physique des habitants ne signifie donc pas que les conditions d’une vie normale ont été rétablies. Il faut reconstruire les logements, restaurer les réseaux, rétablir les services et permettre aux municipalités de fonctionner. Joseph Aoun a présenté ces besoins comme urgents. Il a aussi reçu la ministre des Affaires sociales Hanin Sayyed, qui lui a exposé le travail mené pour élaborer un plan global de retour des habitants et de rétablissement rapide. Le projet doit identifier les besoins immédiats, fixer les priorités et définir les mécanismes de financement. La présidence cherche ainsi à passer d’une logique de retour spontané à une politique publique organisée. Cette distinction est importante. Des habitants peuvent décider de revenir parce qu’ils refusent de quitter leurs terres. Ils ne disposent pas pour autant d’eau, d’électricité, d’une habitation sûre ou de services municipaux. Le rôle de l’État consiste donc à transformer le retour en réinstallation durable. La Banque mondiale devient, dans cette perspective, un partenaire financier important. Cependant, les autorités libanaises insistent sur le fait que les projets doivent correspondre aux priorités définies localement. L’objectif affiché est de restaurer la présence des institutions plutôt que de créer une reconstruction parallèle reposant uniquement sur les organisations internationales.

La situation de Froun illustre très concrètement cette difficulté. Al Binaa, le 11 août 2026, rapporte que le Premier ministre Nawaf Salam a reçu une délégation de la municipalité conduite par son président Hassan Bazzi, en présence du président du Conseil du Sud Hachem Haidar. Salam a déclaré que « le retour de la vie à Froun, comme dans toutes les villes et tous les villages du Sud, fait partie d’un objectif national auquel l’État est engagé ». La délégation n’a pas présenté une demande générale de reconstruction. Elle a dressé une liste de problèmes quotidiens. Les habitants ont besoin de logements ou de solutions de remplacement pour les maisons détruites. Ils demandent le rétablissement de l’eau, la réparation des routes et la construction de murs de soutènement. La municipalité réclame également un véhicule pour le ramassage des déchets, la remise en état de son bâtiment et un soutien au centre de la Défense civile. La question des maisons détruites situées sur des terrains publics a aussi été évoquée. Enfin, la délégation a insisté sur le secteur agricole, essentiel pour une partie de la population locale. Hassan Bazzi affirme avoir obtenu de Nawaf Salam la promesse que le traitement de plusieurs demandes commencerait rapidement. Ces besoins montrent que la reconstruction ne peut être réduite au remplacement des bâtiments détruits. Une localité ne retrouve pas une vie normale uniquement parce que ses habitants reviennent. Il faut des routes praticables, des réseaux d’eau, des services de secours, une collecte des déchets et des activités économiques. Le retour dépend donc d’une chaîne de services dont plusieurs maillons restent fragiles. Dans ce contexte, le Conseil du Sud, les municipalités, les ministères et les bailleurs doivent agir de manière coordonnée. La difficulté est accentuée par la situation sécuritaire. Les habitants reviennent dans des régions où des opérations militaires continuent. La reconstruction doit donc avancer dans un espace qui n’est pas encore totalement stabilisé.

Al-Mansouri et les villages frontaliers : le droit au retour se heurte à une réalité militaire persistante

La mobilisation des habitants d’Al-Mansouri donne au dossier du retour une dimension plus directe. Al Quds Al Arabi, le 11 août 2026, rapporte que plusieurs dizaines de Libanais ont organisé une manifestation dans cette localité du Sud pour contester les restrictions qui les empêchent de reprendre normalement possession de leurs maisons. Les participants se sont rassemblés près d’un poste de l’armée libanaise dans le secteur d’Al-Ameriyah. Ils ont brandi des drapeaux libanais et adopté comme mot d’ordre l’idée qu’« Al-Mansouri n’est pas occupée ». Leur demande est simple : pouvoir rentrer dans leurs logements et reprendre une vie normale. Al Binaa, le 11 août 2026, rapporte également cette mobilisation et la présente comme une protestation contre l’impossibilité persistante d’accéder pleinement à la localité. Cette action révèle une tension particulière. Pour les habitants, l’attachement à la terre est immédiat. Pour les autorités, le retour doit aussi tenir compte des risques militaires. Les familles se trouvent donc dans une zone grise entre leur droit de rentrer et l’absence de conditions de sécurité stables. La présence de l’armée libanaise offre un cadre institutionnel, mais elle ne suffit pas à neutraliser les risques liés aux opérations israéliennes. Cette situation peut prolonger le déplacement même lorsque les combats les plus intenses ont cessé. Elle crée aussi des inégalités entre les villages. Certains habitants peuvent revenir et commencer à reconstruire. D’autres restent soumis à des restrictions ou à des dangers qui retardent leur retour. La notion de reconstruction prend alors une dimension territoriale. Le rétablissement d’une vie normale dépend de la possibilité d’accéder à chaque village et à chaque parcelle agricole. Une route coupée, un secteur soumis à des tirs ou une zone interdite peuvent suffire à empêcher le retour de plusieurs centaines de personnes.

La poursuite des opérations israéliennes aggrave cette incertitude. Al Quds Al Arabi, le 11 août 2026, rapporte des destructions dans plusieurs localités du Sud. Le journal évoque notamment Zawtar al-Sharqiyah, où des explosions ont touché des bâtiments, ainsi que des tirs dans les secteurs de Bani Hayyan, Mayfadoun et Al-Mansouri. Il signale aussi des opérations autour de la colline d’Ali al-Taher et des incendies de maisons à Khiam. La publication présente ces opérations comme une politique qui réduit les possibilités de vie dans les secteurs concernés. La destruction de bâtiments ne constitue qu’une partie du problème. Les terres agricoles et les zones boisées sont également touchées. Le journal rapporte des informations faisant état de destructions d’oliviers et d’incendies. Il évoque aussi l’utilisation présumée de produits herbicides dans certaines zones frontalières. Ces informations sont rapportées par la publication et ne sont pas établies de manière indépendante dans le corpus. Elles illustrent toutefois l’importance prise par la question environnementale dans les préoccupations des habitants. Pour un village rural, la destruction d’une oliveraie ou d’une terre cultivable peut avoir des effets pendant plusieurs années. Le retour d’une famille dépend aussi de sa capacité à retrouver son activité économique. La perte des cultures ajoute donc une dimension sociale durable aux destructions militaires. Al Joumhouria, le 11 août 2026, décrit également une situation dans laquelle les destructions, les incendies et le terrassement des villages se poursuivent alors que l’État tente de préparer le retour. La contradiction est majeure : les institutions investissent dans la remise en état pendant que de nouveaux dommages sont signalés. Cette situation risque d’augmenter le coût de la reconstruction et de retarder la stabilisation démographique du Sud.

Routes, eau, électricité et déchets deviennent les conditions concrètes du maintien des habitants

La question des infrastructures traverse plusieurs publications du 11 août 2026Al Binaa rapporte que les travaux de remise en état de routes se poursuivent dans le Sud. Le ministère des Travaux publics intervient sur plusieurs axes afin de réparer les dommages et d’améliorer la circulation. Ces opérations sont essentielles pour les habitants, mais aussi pour les services de secours et les futurs chantiers de reconstruction. Une route endommagée augmente le coût du transport des matériaux. Elle peut isoler un village et compliquer l’accès à un hôpital ou à une école. Dans le même temps, le gouvernement prépare d’autres infrastructures à vocation économique. La réunion présidée par Nawaf Salam sur le passage du pétrole irakien prévoit notamment la remise en état de routes capables de supporter le mouvement des camions-citernes. Cette juxtaposition met en évidence une question de priorité. Les mêmes infrastructures doivent répondre aux besoins des habitants, de la reconstruction et des nouveaux projets économiques. Leur réhabilitation peut donc avoir plusieurs effets à la fois. Elle améliore la mobilité locale et peut aussi faciliter les échanges régionaux. Cependant, les villages du Sud attendent d’abord une amélioration de leurs conditions quotidiennes. Les demandes de Froun montrent que l’eau et les services municipaux restent prioritaires. Dans plusieurs régions, les autorités locales disposent de moyens limités. Elles dépendent donc fortement de l’État central et des organismes publics spécialisés.

L’électricité constitue un autre problème social majeur. Al Sharq, le 11 août 2026, rapporte que le ministre de l’Énergie Joe Saddi estime qu’environ 30 % de l’électricité produite n’est pas facturée ou est perdue en raison de branchements illégaux. Il présente la lutte contre ces pertes comme une question d’équité entre les citoyens. Selon lui, il ne suffit pas de distribuer le courant entre les régions. Il faut aussi que tous les consommateurs paient ce qu’ils utilisent. Le ministre souligne que les administrations publiques elles-mêmes doivent montrer l’exemple. À la fin de l’année précédente, leurs dettes envers Électricité du Liban atteignaient environ 250 millions de dollars, selon les chiffres qu’il communique. Il propose que l’État verse 50 millions de dollars par mois pendant cinq mois pour régler ces arriérés. Cette situation a des conséquences directes sur les ménages. Si l’entreprise publique ne dispose pas de revenus suffisants, elle ne peut pas acheter le carburant nécessaire ni améliorer durablement l’alimentation. Les citoyens restent alors dépendants de solutions privées coûteuses. Dans un pays où les revenus ont fortement perdu de leur valeur, le coût cumulé de l’électricité publique et des générateurs privés pèse lourdement sur les budgets familiaux. La question des déchets produit une difficulté comparable. Al Sharq, le 11 août 2026, rapporte que le gouvernement cherche à financer les décharges et le traitement des déchets par de nouvelles taxes environnementales. Après des discussions avec les organismes économiques, plusieurs prélèvements envisagés sur les produits alimentaires, les matières premières et les carburants ont été retirés afin d’éviter une hausse des prix. Ce compromis montre la difficulté de financer les services publics sans accroître le coût de la vie. Les citoyens réclament des services plus efficaces, mais l’État dispose de ressources budgétaires limitées. Chaque nouvelle taxe risque donc de devenir un problème social supplémentaire.

Salaires publics et retraites alimentent un sentiment d’inégalité dans une administration fragilisée

La question des revenus des agents publics et des retraités apparaît également dans le corpus. Al Akhbar, le 11 août 2026, consacre un dossier aux rémunérations accordées aux présidents et membres de plusieurs autorités de régulation. Le journal indique qu’un décret du 25 juin a fixé le salaire mensuel du président de l’Autorité générale de l’aviation civile à environ 716 millions de livres libanaises, et celui de chacun de ses membres à environ 626,5 millions de livres. Des montants comparables auraient été adoptés pour les responsables de l’Autorité nationale de régulation de l’électricité. Al Akhbar oppose ces niveaux de rémunération à ceux d’une grande partie des agents publics, dont le pouvoir d’achat reste très affaibli. La publication rapporte également que des députés ont réclamé une révision de leurs propres indemnités. Le dossier nourrit ainsi un débat sur les priorités de l’État. Il peut être nécessaire d’offrir des rémunérations élevées pour attirer des compétences spécialisées dans des organismes de régulation. Toutefois, cette logique devient politiquement difficile à défendre lorsque le reste de l’administration peine à maintenir un niveau de vie décent. L’écart entre certaines nouvelles rémunérations et celles des fonctionnaires ordinaires peut renforcer le sentiment d’inégalité. Il risque aussi d’affaiblir davantage la motivation dans les administrations qui doivent précisément mettre en œuvre les réformes.

Les retraités des forces armées expriment une inquiétude comparable. Al Sharq, le 11 août 2026, rapporte qu’une délégation de la Ligue des anciens membres des forces armées, conduite par l’ancien député et général Chamel Roukoz, a rencontré le ministre de l’Intérieur Ahmad Hajjar. La délégation conteste la décision gouvernementale de verser certaines indemnités par tranches. Elle demande une révision du dispositif afin de mieux tenir compte des droits des retraités et de leur situation économique. Hajjar s’est engagé à transmettre la demande aux autorités compétentes. Ce dossier rappelle que les conséquences de la crise monétaire restent très fortes pour les personnes dont les revenus dépendent de l’État. Les militaires retraités, comme les autres agents publics, ont vu la valeur réelle de leurs pensions chuter. Les mesures exceptionnelles prises depuis la crise ont partiellement compensé cette perte, mais elles n’ont pas créé de système stable. Le versement fractionné des indemnités ajoute donc une nouvelle source d’incertitude. Cette situation est d’autant plus sensible que l’armée occupe une place centrale dans la phase actuelle. Les autorités demandent aux militaires actifs d’assumer des missions de sécurité difficiles, notamment dans le Sud et aux frontières. Le commandant de l’armée Rodolphe Haykal reconnaît lui-même, selon Al Binaa, le 11 août 2026, que les tâches accomplies par les soldats ne peuvent être mesurées uniquement à leur rémunération. Son propos valorise leur mission nationale. Il souligne aussi indirectement la faiblesse des moyens matériels disponibles. La stabilité sociale de l’administration et des forces armées devient donc un élément du rétablissement de l’État.

Les violences intrafamiliales révèlent les difficultés persistantes de la protection des mineurs

Un autre sujet social important concerne les violences sexuelles commises au sein des familles. Ad Diyar, le 11 août 2026, publie une enquête sur plusieurs situations impliquant des mineures. Le journal s’intéresse notamment à des adolescentes confrontées à des agressions sexuelles présumées dans leur environnement familial. Les détails permettant de les identifier doivent être écartés. L’intérêt du dossier réside dans les mécanismes de protection et dans les obstacles rencontrés par les victimes. Une intervenante spécialisée citée par Ad Diyar explique que les organismes compétents suivent des cas de viol, d’inceste et de harcèlement dans lesquels l’auteur peut être un parent ou une personne très proche de l’enfant. Elle insiste sur le rôle du silence familial. Dans certains dossiers, la famille hésite à signaler les faits parce qu’elle veut éviter un scandale. Dans d’autres, l’auteur présumé représente une source importante de revenus pour le foyer. La dépendance économique peut alors devenir un obstacle au signalement. Selon cette spécialiste, la protection de l’enfant devrait pourtant primer sur toutes les autres considérations. Elle souligne également que certaines personnes ne connaissent pas suffisamment leurs obligations lorsqu’elles découvrent une situation de violence. La sensibilisation au signalement reste donc insuffisante.

Le dossier met également en évidence le lien entre précarité économique et vulnérabilité sociale. Une victime mineure dépend presque entièrement des adultes qui l’entourent. Si ces adultes choisissent de protéger l’agresseur ou de minimiser les faits, l’enfant dispose de peu de moyens pour accéder seul à la justice. La protection exige alors l’intervention coordonnée des services sociaux, des forces de sécurité, de la justice et des structures spécialisées. Ad Diyar, le 11 août 2026, rapporte aussi les critiques formulées contre certaines dispositions du droit pénal, jugées insuffisamment protectrices pour les mineurs victimes de violences sexuelles. Le débat ne concerne donc pas seulement l’application des lois existantes. Il porte aussi sur leur adaptation à des situations dans lesquelles l’auteur et la victime vivent parfois sous le même toit. La publication évoque par ailleurs, dans un dossier précis encore devant la justice, des allégations de pressions financières destinées à étouffer l’affaire. Ces accusations proviennent d’une source citée par le journal et ne sont pas établies par une décision judiciaire. Elles montrent néanmoins l’une des craintes récurrentes des acteurs de la protection de l’enfance : que la dépendance économique, le poids familial ou l’influence sociale puissent empêcher une procédure d’aller jusqu’à son terme. Dans un contexte où les difficultés économiques fragilisent déjà de nombreux foyers, les structures de protection doivent donc pouvoir intervenir indépendamment des ressources des familles. Le sujet rejoint ainsi un problème plus général présent dans toute la section sociale du corpus : le retour effectif de l’État ne se mesure pas uniquement aux routes reconstruites ou à l’électricité disponible. Il se mesure également à sa capacité à protéger les personnes les plus vulnérables lorsque les mécanismes familiaux ou communautaires échouent.

Culture : musique libanaise, création contemporaine et mémoire culturelle animent un été marqué par la reprise des événements

Le Liban remet la musique au cœur de sa saison culturelle

La scène musicale libanaise occupe une place importante dans la presse du 11 août 2026, avec des événements qui associent musique savante, patrimoine local et volonté de redonner une visibilité publique à la création. Annahar, le 11 août 2026, revient longuement sur la soirée intitulée « Symphonie au-dessus des nuages », organisée à Kfardebian dans le cadre de l’ouverture du Festival touristique de Mzaar 2026. La manifestation s’est tenue dans les jardins de Mzaar, avec la participation de l’Orchestre philharmonique national libanais. La formation était dirigée par le chef d’orchestre Lubnan Baalbaki. Elle était accompagnée par la soprano Ekaterina Somicheva ainsi que par le chœur de l’Université Notre-Dame de Louaizé, dirigé par le père Khalil Rahmé. La soirée avait été organisée à l’initiative de Hiba Kawas, présidente du Conservatoire national supérieur de musique. Annahar insiste sur le choix du site et sur la manière dont le paysage de montagne a été intégré à la conception de la manifestation. Le festival a installé une scène spécialement aménagée et mobilisé des moyens importants pour le son et l’éclairage. Au-delà de la dimension esthétique décrite par la publication, l’événement montre surtout que les institutions musicales libanaises retrouvent une place dans les festivals d’été. L’Orchestre philharmonique n’y apparaît pas uniquement comme une formation de concert. Il devient un acteur de la politique culturelle et touristique. La présence du chœur universitaire renforce cette dimension institutionnelle. Le choix de Kfardebian permet aussi de sortir la musique classique des salles traditionnelles de Beyrouth. La montagne devient ainsi un lieu de diffusion culturelle. Cette orientation rejoint la volonté affichée par les acteurs du tourisme de relancer la fréquentation des régions pendant la saison estivale. Dans un pays où la situation sécuritaire reste fragile, le maintien d’événements publics de cette ampleur prend également une valeur symbolique. La culture sert ici à maintenir une continuité de la vie collective. Annahar présente cette soirée comme l’un des premiers temps forts du Festival de Mzaar. La publication met surtout en avant le travail des musiciens et la volonté de créer un dialogue entre environnement, musique et public. La place donnée à une formation nationale est notable. Elle permet de donner à la saison touristique un contenu qui ne repose pas uniquement sur le divertissement commercial. Le concert participe aussi à la visibilité des musiciens libanais et des structures de formation qui continuent de travailler malgré les difficultés économiques du secteur culturel.

Dans un autre registre, Al Quds Al Arabi, le 11 août 2026, consacre un article à la chanteuse libanaise Maya Diab et à sa nouvelle chanson « Étrange ». La publication rapporte que l’artiste poursuit une saison estivale déjà marquée par plusieurs concerts à l’étranger. Cette nouvelle production a été lancée avec une mise en images confiée au réalisateur Raja Nehme. La chanson a été écrite par Tamer Hussein, composée par Aziz El Shafei et arrangée par le musicien libanais Hadi Sharara. Le morceau adopte une forme rythmée et s’inscrit dans une esthétique estivale. Al Quds Al Arabi s’attarde surtout sur le travail visuel. Le réalisateur a construit le récit autour de deux figures opposées, l’ange et le démon, afin de représenter un conflit affectif. Cette construction symbolique donne au clip une dimension narrative qui dépasse la simple illustration de la chanson. Pour la scène libanaise, l’intérêt du projet réside aussi dans la collaboration entre une interprète libanaise, un arrangeur libanais et des auteurs venant d’autres marchés musicaux arabes. Cette circulation des compétences est devenue une caractéristique importante de la production musicale régionale. Les artistes libanais travaillent souvent dans un espace arabe intégré, où la langue du morceau, le lieu d’enregistrement et l’origine des collaborateurs peuvent varier selon le projet. Maya Diab illustre cette logique. Son activité ne se limite pas à la scène locale, mais elle conserve une forte identification libanaise. Le rôle de Hadi Sharara rappelle aussi le poids des arrangeurs et producteurs libanais dans l’industrie musicale arabe. Le corpus permet donc d’identifier deux pôles distincts de la vie musicale. D’un côté, l’Orchestre philharmonique national libanais, le Conservatoire et les formations chorales participent à une culture institutionnelle. De l’autre, des artistes comme Maya Diab évoluent dans une industrie musicale commerciale et régionale. Ces deux univers ne sont pas opposés. Ils montrent au contraire la diversité des formes de création produites ou portées depuis le Liban pendant la même saison.

Beyrouth et les régions maintiennent un agenda d’expositions, de lectures et de rencontres

La presse du 11 août 2026 fournit également plusieurs rendez-vous culturels en cours au Liban. Al Akhbar, le 11 août 2026, présente notamment l’exposition « Marche avec moi : Absence », organisée à Zico House, dans le quartier de Sanayeh à Beyrouth. Cette exposition collective réunit des artistes libanais et étrangers autour des thèmes du déplacement, de la perte, de l’absence et de la résistance émotionnelle après la guerre. Le projet possède une histoire directement liée au contexte libanais. Il devait initialement prendre la forme d’une résidence artistique au Liban. L’aggravation du conflit a empêché plusieurs artistes étrangers de se rendre dans le pays. Leur absence a alors été intégrée au dispositif artistique. Ce qui aurait pu provoquer l’abandon du projet devient ainsi son sujet principal. Al Akhbar explique que la distance, la mémoire et les traces laissées par les personnes absentes occupent une place centrale dans les œuvres présentées. L’exposition mêle plusieurs formes artistiques. Elle comprend également des interventions destinées à relier les artistes présents au Liban et ceux qui se trouvent à l’étranger. Une visite guidée était programmée le 11 août, tandis que des courts métrages devaient être présentés à une date annoncée ultérieurement. Le projet doit se terminer par des interventions artistiques participatives adressées au groupe installé aux Pays-Bas. L’exposition reste ouverte jusqu’au 17 août 2026, tous les jours de 16 heures à 21 heures. Le choix du thème donne une dimension particulière à cette manifestation. Le déplacement et l’absence ne sont pas traités comme des notions abstraites. Ils renvoient directement à l’expérience récente des artistes et du public. La guerre modifie ainsi non seulement les sujets des œuvres, mais également les conditions matérielles de leur création. L’impossibilité de voyager, l’absence d’un participant et la séparation géographique deviennent des matériaux artistiques. Cette adaptation témoigne de la capacité des structures culturelles beyrouthines à poursuivre leurs activités malgré un contexte instable.

Al Akhbar, le 11 août 2026, signale aussi plusieurs rendez-vous qui élargissent l’agenda culturel au-delà des arts visuels. Une lecture destinée aux enfants doit se tenir le 13 août 2026 à 17 heures à la librairie Al Halabi, dans le quartier de Qasqas à Beyrouth. Une autrice, identifiée par le journal sous le nom de Yusuf, y présente sa nouvelle histoire pour enfants dans une rencontre interactive. La séance associe lecture, participation du jeune public et activités inspirées du récit. L’histoire utilise un voyage par la mer pour aborder l’amitié, l’apprentissage et la découverte d’autres cultures. Le choix d’une librairie comme lieu de rencontre rappelle le rôle que continuent de jouer les espaces indépendants dans la diffusion du livre pour enfants. La même publication annonce également une rencontre sur « les semences et les ressources génétiques végétales », prévue le 20 août 2026 à 18 heures au restaurant Omnia, à Khanshara. Mariana Yazbek doit y expliquer les enjeux liés aux semences, à la diversité agricole, à leur conservation et aux lois qui organisent l’accès à ces ressources. Ce rendez-vous se situe à la frontière entre culture scientifique, environnement et patrimoine agricole. Il montre que l’agenda culturel ne se limite pas aux spectacles et aux expositions. Les questions de connaissance, d’écologie et de transmission des ressources locales peuvent aussi devenir des sujets de rencontre publique. Pour le Liban, la question possède une portée particulière. L’agriculture est liée aux paysages, aux habitudes alimentaires et à la diversité des régions. La conservation des semences touche donc aussi à la mémoire des pratiques rurales. Ces trois rendez-vous, l’exposition de Zico House, la lecture pour enfants et la rencontre de Khanshara, forment un agenda modeste mais diversifié. Ils montrent une activité culturelle qui se déploie entre Beyrouth et les régions, entre art contemporain, littérature jeunesse et transmission scientifique.

Livres, patrimoine linguistique et grands textes reviennent au centre des pages culturelles

La littérature occupe une place importante dans plusieurs publications du 11 août 2026Al Quds Al Arabi propose notamment une lecture du livre consacré à Ephrem le Syrien par la chercheuse et traductrice roumaine Elena Dinu. Publié en 2026 dans la ville roumaine d’Arad, l’ouvrage réunit des poèmes dans leur langue syriaque et dans une traduction roumaine. Le journal insiste sur la manière dont le livre présente Ephrem non seulement comme une figure religieuse, mais aussi comme un poète dont la pensée s’organise à travers l’image, le rythme et le symbole. Cette approche met en valeur une tradition littéraire syriaque qui appartient au patrimoine culturel du Proche-Orient. L’intérêt pour le lecteur libanais tient notamment à la proximité historique de cette tradition avec l’espace levantin. Le syriaque a joué un rôle majeur dans l’histoire culturelle et religieuse de la région. La publication d’un ouvrage bilingue en Europe montre également que ce patrimoine continue d’être étudié et traduit hors de son espace d’origine. Al Quds Al Arabi s’attache donc moins à une actualité événementielle qu’à la circulation internationale d’un héritage ancien. Cette perspective rejoint l’une des fonctions de la presse culturelle : rappeler que le patrimoine régional ne se réduit pas aux frontières politiques contemporaines.

Al Araby Al Jadeed, le 11 août 2026, consacre de son côté une étude au livre « Chapitres sur l’arabe du Maroc », qui examine les liens entre l’arabe marocain parlé et les différentes strates historiques de la langue arabe. L’auteur étudié cherche notamment à démontrer que de nombreux mots considérés comme locaux ou très éloignés de l’arabe classique possèdent des racines attestées dans les anciens dictionnaires ou dans des dialectes arabes historiques. Le journal décrit le Maroc comme une sorte de conservatoire vivant de certaines formes anciennes de la langue. Toutefois, l’analyse reste critique. Elle souligne que cette recherche de l’origine peut conduire à considérer qu’un mot n’est légitime que s’il peut être rattaché à une forme arabe ancienne. Le livre devient ainsi un point de départ pour réfléchir aux langues parlées, à leur évolution et aux multiples influences qu’elles absorbent au fil du temps. Dans ses pages consacrées aux livres, Al Araby Al Jadeed présente également plusieurs publications récentes. Le journal évoque « La folie des livres : histoire des collectionneurs de livres en Amérique », du chercheur Dennis Gignacchi, traduit par Buthaina Al Ibrahim. L’ouvrage retrace la passion de plusieurs collectionneurs et examine la manière dont les collections privées ont contribué à la naissance de grandes bibliothèques publiques. Il présente aussi le roman « Batman de Helwan », de l’écrivain égyptien Tarek Imam. Ces choix montrent une rubrique littéraire attentive aussi bien à la fiction qu’à l’histoire du livre et de la lecture.

La littérature arabe classique du XXe siècle revient également à travers un projet audiovisuel. Al Akhbar, le 11 août 2026, rapporte que « Les Fils de la médina », l’un des romans les plus connus de Naguib Mahfouz, pourrait être adapté en série télévisée sous le titre provisoire « Le Waqf ». Le projet est confié au réalisateur Mohamed Yassin. La publication rappelle que ce roman a occupé une place exceptionnelle dans l’histoire littéraire arabe en raison des controverses religieuses qui l’ont accompagné. L’ouvrage avait aussi été associé à la tentative d’assassinat de Naguib Mahfouz en 1994. Son passage à l’écran soulève donc plusieurs difficultés. Il faut adapter une œuvre construite sur une forte dimension symbolique tout en tenant compte des droits d’exploitation et des réserves que pourrait susciter le projet auprès des institutions religieuses. Al Akhbar note que le calendrier est également contraignant puisque certaines échéances relatives aux droits approchent. Cette adaptation permet de mesurer la capacité des œuvres littéraires anciennes à revenir dans les débats contemporains par de nouveaux supports. Elle pose aussi une question récurrente : comment transformer une œuvre dont la force vient en partie de l’ambiguïté littéraire en récit audiovisuel plus direct ? Le projet reste en préparation. Le corpus ne permet donc pas d’affirmer qu’il sera effectivement réalisé dans sa forme annoncée.

De Nietzsche à Andy Warhol, les pages culturelles élargissent le regard au-delà du Liban

Les pages culturelles du corpus ouvrent enfin largement sur les grandes figures de l’histoire de l’art et de la pensée. Al Quds Al Arabi, le 11 août 2026, publie une étude de Marwa Salah Metwally consacrée à la musique composée par Friedrich Nietzsche. L’article rappelle que la philosophie a éclipsé la vocation musicale du penseur allemand, mais que la composition a occupé une place durable dans sa vie. Nietzsche jouait du piano et écrivait des pièces dans lesquelles il cherchait parfois à exprimer ce qu’il ne parvenait pas à formuler par le langage philosophique. L’étude compare ses ambitions musicales à son immense stature intellectuelle et conclut que ses compositions n’ont pas atteint la même puissance. L’autrice souligne des faiblesses dans le développement musical et dans l’harmonie, malgré la présence d’idées intéressantes. Elle évoque également la manière dont d’autres compositeurs, notamment Tchaïkovski, ont su traduire musicalement des œuvres littéraires avec une force que Nietzsche ne parvient pas toujours à atteindre dans ses propres partitions. L’intérêt de cette étude réside dans le déplacement du regard. Une figure presque exclusivement connue pour son œuvre philosophique apparaît ici comme un créateur ayant longtemps rêvé d’une autre carrière. La musique devient une voie d’accès à sa vie intime et à ses aspirations inabouties.

Annahar, le 11 août 2026, consacre pour sa part sa grande page culturelle à Andy Warhol. Un important événement organisé en France réunit 200 œuvres de l’artiste américain. Le journal indique qu’il s’agit du premier grand ensemble de ce type présenté en France depuis l’exposition du Centre Georges-Pompidou en 1990. Les œuvres ont été prêtées notamment par le musée Andy Warhol de Pittsburgh, ville natale de l’artiste. L’exposition est organisée par une fondation culturelle créée à Landerneau par la famille Leclerc. Annahar rappelle que cette institution a déjà accueilli des expositions consacrées à Joan Miró, Alberto Giacometti et Marc Chagall, et qu’elle a reçu plus de deux millions de visiteurs depuis sa création. Le parcours consacré à Warhol revient sur son rôle majeur dans l’art populaire américain des années 1960. Les portraits de Marilyn Monroe et Jacqueline Kennedy, les images de bouteilles de boissons gazeuses, les symboles de consommation, la mode et les objets produits en série occupent une place centrale. Le journal insiste sur l’utilisation de la sérigraphie, qui permet à Warhol de transformer des images déjà largement diffusées en icônes reconnaissables. Son œuvre devient ainsi une réflexion sur l’Amérique, la célébrité et la consommation. La manifestation française élargit le corpus culturel au-delà de l’actualité libanaise, mais elle reste cohérente avec les autres sujets du jour : tous interrogent la manière dont une œuvre continue de circuler après son époque. Ephrem le Syrien passe par la traduction, Naguib Mahfouz par l’adaptation audiovisuelle, Nietzsche par la redécouverte de sa musique et Warhol par une grande rétrospective. La presse culturelle du 11 août 2026 met ainsi en avant la transmission, la réinterprétation et la capacité des œuvres à retrouver un public dans des contextes différents.

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