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Sous les vagues : état des plages libanaises en 2026

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Les Libanais ont pris l’habitude, depuis plusieurs années, de scruter chaque été une infographie publiée par le Centre national de recherches scientifiques (CNRS) et son Centre d’études marines. Celle de 2026 recense 37 sites sur l’ensemble du littoral et classe leur qualité de l’eau en cinq catégories, de « très bonne » à « hautement polluée ». Les pastilles bleues indiquent que l’eau est propre et sans risque sanitaire, les jaunes signalent la prudence, les rouges marquent les zones où il est déconseillé de se baigner. Au total, selon le rapport, 24 sites sont jugés de « bonne » à « très bonne » qualité, six sont classés « attention » ou « critique », et sept sites – surtout dans la baie de Jounieh et autour de Beyrouth – sont « dangereux » ou « hautement pollués » . La cartographie 2026 nuance ainsi l’image d’un littoral entièrement dégradé : certaines plages restent encore baignables, tandis que d’autres sont devenues de véritables égouts à ciel ouvert.

Une méthode qui se veut scientifique et transparente

Depuis 2011, le CNRS analyse chaque été la présence de bactéries coliformes fécales et de streptocoques fécaux dans l’eau de mer à des endroits fréquentés par le public. L’équipe relève deux fois par mois des échantillons qu’elle compare ensuite aux normes internationales. Un taux de contamination inférieur à 100 unités de coliformes fécaux par 100 millilitres d’eau est considéré comme « très bon » ou « bon » ; au-delà de 1000, l’eau est classée « hautement polluée ». Ces seuils, identiques à ceux de l’Organisation mondiale de la santé, sont simples à comprendre. L’objectif affiché est d’encourager les autorités locales et les municipalités à surveiller leurs rejets et à investir dans des stations d’épuration. Les données sont publiées sous forme d’infographie, de tableau et de carte interactive, afin de permettre au public de repérer les lieux à éviter.

Selon le CNRS, l’échantillonnage couvre l’ensemble du littoral, de la frontière nord avec la Syrie (Nahr el-Kabir) jusqu’à Naqoura au Sud . Toutefois, l’institution rappelle que certains tronçons privés, notamment les marinas et les complexes touristiques, ne sont pas inclus dans la surveillance. De même, l’étude se concentre sur les plages publiques et n’évalue pas la présence d’hydrocarbures ou de métaux lourds dans l’eau. Malgré ces limites, le rapport constitue la seule base scientifique disponible pour mesurer la qualité sanitaire des eaux côtières libanaises. Les responsables du CNRS soulignent que leurs résultats sont confirmés par des analyses indépendantes réalisées par des universités et des laboratoires privés.

Nord : de la frontière syrienne à Tripoli, une situation mitigée

Dans le gouvernorat du Nord, les plages se situent à l’embouchure des fleuves et au pied de collines verdoyantes. Mais la proximité des rivières, très polluées par les égouts et les décharges, influe sur la qualité de l’eau de mer. Selon le rapport, les plages d’Akkar à Tripoli obtiennent une note « moyenne à médiocre » . La plage de Chekka (Héri) est l’une des rares à décrocher la mention « bonne » en raison d’un courant marin favorable et de l’initiative de la municipalité, qui a construit un canal pour éloigner les eaux usées. À Anfeh, la situation s’améliore grâce aux éoliennes et aux programmes de nettoyage des rivages. À Batroun, en revanche, la crique de Bahsa reste polluée malgré les efforts des habitants. La ville compte pourtant une longue tradition balnéaire et des restaurants qui attirent la clientèle beyrouthine. Les autorités locales promettent de relancer les travaux d’une station d’épuration, bloquée depuis des années faute de financement.

Tripoli, deuxième agglomération du pays, est le site le plus préoccupant. La plage publique près du port est jugée « hautement polluée » . La raison : des centaines de milliers de mètres cubes d’eaux usées non traitées se déversent quotidiennement dans la baie. Selon des organisations environnementales, plus de 50 % des habitations tripolitaines ne sont pas raccordées au réseau d’assainissement. La guerre en Syrie et l’arrivée de centaines de milliers de réfugiés syriens ont accentué la pression sur les infrastructures. Malgré la mise en service partielle d’une station d’épuration, les rejets continuent. Des projets de réhabilitation du réseau existent mais tardent à être mis en œuvre. Les familles qui fréquentent le front de mer de Tripoli déclarent ne plus se baigner : « Nous venons seulement pour voir la mer et respirer l’air frais. Nous savons que l’eau est sale », confie un père de famille originaire de Mina.

Entre Jounieh et Beyrouth : le cœur sombre du littoral

La section du littoral allant de Jounieh à la capitale concentre les pires sites. C’est ici que se situent les zones rouges de l’infographie. Le rapport cite notamment l’embouchure de la rivière Antelias et la plage de Ramlet al-Baida à Beyrouth comme les plus dangereuses . Ces plages, pourtant populaires, reçoivent directement les effluents d’égouts et les déchets industriels. Le CNRS note que l’écoulement de la rivière Nahr Beirut, détournée par des tuyaux de fortune, se fait à proximité immédiate des baigneurs. À Ramlet al-Baida, le taux de coliformes fécaux dépasse largement les normes. À la plage voisine de Manara, la situation est identique, exception faite d’un segment face à Ain al-Mreisseh où l’eau reste acceptable. Le contraste est flagrant : des enfants jouent à quelques mètres de canalisations déversant des eaux noires.

Plus au nord, la baie de Jounieh est un cas d’école. Selon le rapport, la plage publique et la baie des restaurants sont classées « hautement polluées » . Les résidus d’huiles provenant des marinas et les microplastiques issus des loisirs nautiques s’ajoutent aux rejets domestiques. De même, le site de la rivière Antelias est présenté comme « le pire endroit de la côte », cumulant les eaux usées, les déchets d’abattoirs et les déchets hospitaliers. Les habitants de la région dénoncent l’inertie des autorités et pointent du doigt les constructions sauvages et la corruption municipale. Plusieurs ONG ont intenté des actions en justice contre des entreprises et des hôpitaux incriminés.

La métropole beyrouthine, quant à elle, illustre le paradoxe libanais : la promenade en front de mer est un symbole de liberté, mais la mer elle-même est impropre à la baignade sur une grande partie du littoral. L’État affirme travailler sur un mégaprojet d’agrandissement de la station de prétraitement à Ghadir, qui traite une partie des eaux usées de la capitale. Ce projet, financé en partie par la Banque mondiale et l’Union européenne, doit passer d’un traitement primaire à un traitement secondaire des eaux. Le chantier, bloqué depuis des années, a repris en 2025 mais l’avancement est lent. Des ingénieurs expliquent que le réseau de collecte est vétuste et que des branchements illégaux continuent de détourner les eaux vers la mer.

Mont-Liban : des refuges préservés malgré les pressions

Entre Byblos (Jbeil) et Damour, le littoral présente des contrastes frappants. Certaines zones sont de véritables havres, d’autres subissent la pression touristique et urbaine. Le rapport souligne la qualité « bonne » à « très bonne » de l’eau à Anfeh, Chekka, la plupart des plages de Batroun (sauf Bahsa), Amchit, Jbeil, Fidar, Bouar, Oqaibeh et Safra . Ces sites bénéficient d’un substrat rocheux, d’un courant qui disperse les polluants, et de l’absence d’importants cours d’eau. Les municipalités ont mis en place des dispositifs de traitement primaire ou des fosses septiques collectives. Certaines ont signé des partenariats avec des associations pour installer des poubelles, sensibiliser les visiteurs et organiser des campagnes de nettoyage. La plage de Monsef, près de Jbeil, est souvent citée comme exemple : des associations de jeunes ramassent chaque matin les déchets et affichent des panneaux expliquant l’importance de la préservation du littoral.

La station de traitement d’Amchit, inaugurée en 2024, a eu un effet positif sur la qualité de l’eau dans la région. Connectée à plusieurs villages, elle filtre les eaux avant de les rejeter en mer à une certaine distance du rivage. Cet investissement, financé par des fonds européens, pourrait être répliqué ailleurs. Toutefois, la prolifération de complexes touristiques sans permis et l’absence de coordination avec le ministère de l’Environnement menacent ces avancées. Les résidents de Jbeil craignent que la course au profit ne détruise les paysages et n’épuise les ressources en eau douce. Les municipalités réclament une loi de littoral stricte qui empêcherait les constructions illégales et garantirait un accès public aux plages.

Sud : Damour, Tyr et Naqoura, entre plages propres et vigilance

À partir de Damour, la qualité de l’eau s’améliore nettement. Le CNRS classe la plupart des sites situés entre Damour et Naqoura comme « bons » à « très bons » . Seule la « plage des restaurants » à Sour (Tyr) fait figure d’exception en raison de la concentration de déchets alimentaires et de rejets d’huiles. La ville de Tyr dispose pourtant d’une station d’épuration moderne, mais celle‑ci ne couvre pas toutes les zones. Les autorités municipales assurent qu’un projet d’extension est à l’étude. Ailleurs, de Saida à Naqoura, l’absence de grands cours d’eau et la moindre densité de population expliquent des taux de coliformes fécaux relativement bas. Les plages de Naqoura, situées à proximité de la frontière, demeurent parmi les plus sauvages du pays. Le site de Naqoura – Qlaïlé est classé « très bon », mais la présence de mines anti‑personnel et de barbelés en limite l’accès.

Damour, sur la rivière éponyme, constitue un cas particulier. Cette plage, très fréquentée par les habitants de Beyrouth le week‑end, est classée « bonne ». Les municipalités de la région ont investi dans des fosses septiques et dans la sensibilisation des visiteurs, mais les déchets abandonnés après les pique‑niques restent un problème. Les ONG organisent régulièrement des nettoyages collectifs, et certains restaurateurs offrent des réductions aux clients qui rapportent des sacs de déchets. Les campings qui bordent la plage affirment qu’ils installent des filtres sur leurs rejets, mais le CNRS note que l’eau est parfois affectée après de fortes pluies.

Dans la bande côtière entre les banlieues sud de Beyrouth et Damour, la situation est contrastée. L’embouchure du Ghadir, un fleuve collecteur d’eaux usées, reste un point noir. Toutefois, grâce à la mise en service partielle de la station de Choueifat, la qualité de l’eau s’est légèrement améliorée. Les experts rappellent qu’un simple déversement illégal ou une rupture de canalisation peut anéantir des mois d’efforts. La mise en réseau des différentes stations d’épuration et la création d’un organisme de contrôle unique sont régulièrement évoquées au Parlement.

Microplastiques et macro-débris : une menace silencieuse

Si les bactéries coliformes sont un indicateur immédiat de la pollution, d’autres contaminants menacent la santé et les écosystèmes. Le rapport souligne la présence élevée de microplastiques dans la mer libanaise. À Sour, les chercheurs ont relevé 24 particules de microplastiques par mètre cube d’eau . À Ramlet al-Baida, à Beyrouth, ce chiffre atteint 40 particules par mètre cube . Ces niveaux sont nettement supérieurs à ceux enregistrés dans les pays industrialisés. Les microplastiques proviennent des emballages, des filets de pêche, des débris de textiles et des débris de pneus. Ils se fragmentent en particules invisibles à l’œil nu, ingérées par les poissons et susceptibles d’intégrer la chaîne alimentaire.

Des chercheurs expliquent que la concentration de microplastiques augmente dans les zones où le recyclage est absent et où les fleuves charrient des tonnes de déchets. Les usines de tri sont rares, et la collecte sélective ne concerne qu’une minorité de quartiers. Des ONG mènent des campagnes pour réduire l’utilisation du plastique à usage unique et encourager les alternatives. Elles organisent des actions de ramassage sur les plages et sensibilisent les enfants dans les écoles. Le gouvernement a annoncé vouloir interdire progressivement les sacs en plastique, mais la mesure reste lettre morte.

La pollution par les macro-débris est également préoccupante. Sur certains tronçons du littoral, les chercheurs ont recensé plus de 20 000 objets en plastique ou en métal pour 100 mètres de plage . Les recommandations internationales limitent à 20 objets pour 100 mètres . Ces déchets proviennent des décharges illégales, des décharges marines, de la pêche et des activités touristiques. Ils sont dangereux pour la faune marine, qui peut les ingérer ou s’y emmêler. Des tortues marines ont été retrouvées mortes, étranglées par des sacs en plastique ou des lignes de pêche. Les plongeurs témoignent d’un tapis de détritus recouvrant les fonds marins dans certains secteurs.

Métaux lourds et santé des consommateurs : une situation contrastée

En plus des bactéries et du plastique, la présence de métaux lourds dans l’eau et dans la faune est scrutée. Dans le passé, plusieurs alertes ont été lancées sur des niveaux élevés de mercure et de plomb dans certains poissons, en particulier dans les zones proches des décharges et des industries. Cependant, selon le rapport du CNRS, les poissons pêchés dans les eaux libanaises présentent des concentrations de métaux lourds inférieures aux seuils fixés par l’Organisation mondiale de la santé . Les chercheurs soulignent que la biomagnification est limitée en raison de la faible présence d’industries lourdes sur la côte. Cependant, ils appellent à une surveillance accrue, notamment des pêches artisanales dans les ports et des fermes marines. Les professionnels de la restauration rassurent leurs clients : « Nos poissons sont testés régulièrement et proviennent de zones certifiées saines », affirme un chef de Tyr.

Pourquoi la pollution persiste : entre absence d’infrastructures et gouvernance défaillante

Les causes de la dégradation du littoral sont multiples, mais la principale est la défaillance du système d’épuration. Le Liban ne dispose que de quelques stations capables de traiter les eaux usées conformément aux normes internationales. Les plans de construction de dizaines d’ouvrages sont restés dans les cartons pendant des années, faute de financements ou de volonté politique. Les stations qui existent ne fonctionnent souvent qu’à moitié, soit parce qu’elles manquent de carburant, soit parce que le réseau de collecte est inexistant. Dans certaines régions, les villages ne sont pas raccordés au réseau, et les fosses septiques se déversent directement dans les rivières. La Banque mondiale et l’Union européenne ont pourtant financé plusieurs projets, mais les procédures d’adjudication et la corruption ont ralenti leur mise en service.

Le cadre juridique libanais n’est pas en reste. L’article 3 de la loi sur l’environnement interdit de « rejeter des eaux usées non traitées dans le milieu naturel » . La loi 444/2002 reconnaît le droit à un environnement sain et impose à l’État de le protéger . Cependant, la multiplicité des institutions responsables (ministères de l’Environnement, de l’Énergie et de l’Eau, municipalités, CNRS) et la superposition de textes rendent l’application difficile. Le rapport du CNRS souligne que « plusieurs lois se chevauchent et rendent l’attribution des responsabilités floue » . Les sanctions sont rarement appliquées et les poursuites restent exceptionnelles. Les pollueurs peuvent être des particuliers qui installent des tuyaux clandestins, des entreprises qui rejettent leurs effluents, ou même des autorités publiques qui ne raccordent pas les infrastructures. La lutte contre la corruption et la transparence des adjudications sont des conditions préalables à l’amélioration de la situation.

Des initiatives locales et internationales pour redonner espoir

Face à l’inaction de l’État, des initiatives citoyennes voient le jour. Des coopératives de pêcheurs s’organisent pour ramasser les déchets flottants et sensibiliser les plaisanciers. Des ONG installent des filtres dans les fleuves pour piéger les plastiques avant qu’ils n’atteignent la mer. Des architectes proposent des solutions d’épuration écologique basées sur des plantes aquatiques. À Batroun, un groupe de surfeurs a créé une start-up qui produit des planches à partir de plastiques recyclés. À Saida, la municipalité a transformé une ancienne décharge à ciel ouvert en un parc public, symbole d’une reconversion possible. Des universités locales collaborent avec des laboratoires européens pour développer des capteurs mesurant en temps réel la qualité de l’eau. Ces initiatives, bien que modestes, montrent que la société civile s’empare de la question.

Au niveau international, le Liban est inclus dans des programmes de dépollution du bassin méditerranéen. L’Union européenne, à travers le programme Horizon, finance des recherches sur l’impact des microplastiques en Méditerranée orientale et l’évaluation des stations de traitement. La Banque mondiale, quant à elle, a approuvé en 2024 un prêt pour réhabiliter la station de Ghadir et en construire d’autres à Tyr, Tripoli et Byblos. Les Nations unies ont lancé un appel aux dons pour soutenir la dépollution des plages de Naqoura, afin de préserver la biodiversité. Cependant, ces financements sont conditionnés à des réformes structurelles et à la réalisation d’audits indépendants. Les autorités libanaises doivent démontrer leur capacité à gérer les projets et à lutter contre la corruption.

L’infographie, un outil de sensibilisation et de pression

L’infographie de 2026 ne se contente pas de dresser un état des lieux ; elle mobilise l’opinion. Les réseaux sociaux se sont emparés du document et de sa version interactive. Les internautes partagent des photos, lancent des appels au boycott des plages polluées et exigent des comptes aux municipalités. Des plaisanciers apposent des affiches à l’entrée des plages rappelant la couleur attribuée par le CNRS. Les restaurateurs et les hôtels des zones classées « bonnes » mettent en avant ces résultats pour attirer les baigneurs. Au contraire, ceux situés dans des secteurs rouges tentent de minimiser l’alerte en affirmant que leurs plages sont privées et donc propres. Les débats sont animés, mais ils ont le mérite de sensibiliser le public à l’importance des analyses scientifiques.

Le CNRS insiste néanmoins sur la nécessité de lire l’infographie avec prudence. Une plage classée « bonne » peut se dégrader rapidement après des pluies intenses ou des incidents. De même, une plage « polluée » peut s’améliorer si des mesures correctives sont prises. L’institution appelle à une mise à jour des données tout au long de l’année, à des campagnes permanentes et à une coordination avec les médias pour informer les citoyens en temps réel. Elle demande également aux municipalités de publier leurs propres mesures et de s’engager à résoudre les problèmes identifiés.

Conclusion : entre désespoir et ambition

L’état des plages libanaises en 2026 reflète les contradictions du pays. D’un côté, des sites exceptionnels comme Naqoura, Jbeil ou Anfeh offrent des eaux cristallines et des paysages préservés. De l’autre, les grandes agglomérations et les zones industrialisées vomissent leurs déchets dans la mer. L’infographie du CNRS révèle que 24 sites sont encore baignables, mais alerte sur sept zones où la baignade est dangereuse . Les principales responsabilités sont connues : absence d’infrastructures d’épuration, gouvernance éclatée, manque de sanctions, et culture de l’impunité.

Pour sortir de cette impasse, le Liban doit d’abord sécuriser un financement durable des stations d’épuration et veiller à leur maintenance. Ensuite, il doit adopter une loi du littoral qui clarifie les compétences et protège l’accès public aux plages. Les municipalités et les conseils régionaux devraient disposer de moyens et de compétences pour appliquer la loi et engager des poursuites. Le secteur privé a son rôle à jouer : les marinas et les hôtels doivent se conformer aux normes et participer au recyclage des déchets. Enfin, la société civile doit poursuivre ses actions de sensibilisation et de monitoring, afin de rappeler que la mer est un bien commun.

L’infographie de 2026 constitue un outil précieux pour mesurer les progrès ou les reculs. Elle montre que l’espoir existe, mais qu’il repose sur un engagement collectif. Au-delà des chiffres et des pastilles colorées, elle raconte aussi l’histoire d’un pays qui se débat entre une nature généreuse et des institutions défaillantes. La question demeure : les Libanais réussiront-ils à sauver leurs plages ? En attendant la réponse, les cartes du CNRS servent de boussole, et la mer continue de susciter la même fascination mêlée d’inquiétude.

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