Les derniers articles

Articles liés

Le Sud, une histoire libanaise

- Advertisement -

Afin de mieux les soumettre à la tutelle de la république des mollahs, le Hezbollah œuvre depuis plus de trois décennies à arracher les chiites libanais à leur libanité, à les dépouiller de leur propre identité.Les moyens investis dans différents domaines furent colossaux, et peut-être en priorité dans celui de l’Éducation. L’État libanais, en fermant les yeux, par négligence et par lâcheté, s’est rendu complice de cette mainmise dûment planifiée et progressive.

L’histoire ancestrale des chiites libanais, en dépit ou à cause des épreuves, des exactions qu’ils ont subies à travers les siècles, notamment sous l’empire ottoman, est une histoire tissée par nécessité dans l’alchimie du vivre ensemble et dans la culture de la tolérance. La terre du Sud était une terre de minorités persécutées, partagée avec les chrétiens.

L’attachement des uns et des autres à la terre-mère leur était existentiel.Deux communautés maintenues en marge, loin des arcanes du pouvoir et de l’effervescence politique, économique et culturelle de la capitale.

Recommande par Libnanews
Indicateurs économiques du Liban

Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.

Deux communautés sous la coupe de féodalités politiques qui ne se manifestaient que tous les quatre ans à l’occasion des élections parlementaires pour faire valider sans délais ni concertations les candidatures de leurs poulains, de leurs progénitures ou de leurs obligés aux sièges de députés.La seule consultation démocratique pour laquelle les gens du Sud se mobilisaient, où ils avaient le sentiment de compter, était celle des municipales. Notons au passage que la première visite au Sud d’un président de la République libanais fut celle de Souleimane Frangié. Il accompagnait Kadhafi qui avait manifesté son souhait de s’y rendre !

Certes délaissés, les chiites du Sud ont  cependant développé jusqu’à la guerre dite civile en 1975 une véritable résistance culturelle. Ils ont réussi individuellement et collectivement à faire valoir dans divers domaines leurs spécificités: Leurs joutes poétiques improvisées du Zajal déplaçait des foules de passionnés venus des quatre coins du pays.La danse de leur Dabké était connue pour la cadence propre de ses pas. Leurs spécialités culinaires étaient plébiscitées, les sfihas, les kebbé, les salades paysannes, le pain arrondi des  sajs…La musique libanaise s’est inspirée du riche répertoire de leurs sérénades.

Le quotidien au Sud c’était la coquetterie des minuscules fichus colorés sur la tête des jeunes filles, la mixité des soirées bruyantes, les youyous des mariages , les fêtes joyeuses du sacré, l’appel mélodieux à la prière, la beauté radieuse des femmes et la gaieté des adolescents, les récoltes nocturnes et festives du tabac, les taquineries amoureuses au clair de lune… Et surtout le devoir d’éduquer, d’éduquer, d’éduquer les enfants.La foi des chiites du Sud leur commandait de célébrer la vie et le 15 août de Marie.Les chiites du Sud ignoraient tout du clergé iranien et de l’Iran.C’était le Sud, c’était avant le tombé du rideau noir !

Mona Makki
Réalisatrice et productrice du magazine télévisé Espace francophone

- Advertisement -
Nos Lecteurs
Nos Lecteurs
Nos Lecteurs sont également les auteurs de ce site. Vous pouvez soumettre votre tribune libre, vos réactions ou analyses en rapport avec les évènements actuels, en envoyant un courriel à redaction@libnanews.com Une fois accepté par l’équipe Libnanews, votre texte sera publié dans la rubrique opinion ou dans les catégories appropriées. N’oubliez cependant pas les règles élémentaires de la courtoisie et veuillez respecter les règles et les usages de la Langue Française. Nous ne sommes toutefois pas responsables des opinions ou du contenu soumis par Nos Lecteurs.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

A lire aussi