Les derniers articles

Articles liés

Revue de presse : le Parlement révèle les fractures du pouvoir pendant que le Liban mise sur la négociation

- Advertisement -

Une séance législative dominée par l’amnistie et la confrontation au sommet de l’exécutif

La séance législative du Parlement constitue le principal sujet de l’actualité libanaise du 12 août 2026. Al Akhbar, Al Joumhouriyat, Al Liwa’, Al Sharq, Ad Diyar, Al Bina’ et Nahar consacrent une place majeure aux débats sur l’abolition de la peine de mort, l’amnistie générale et la nouvelle loi sur les médias. Pourtant, la discussion législative a rapidement été éclipsée par le différend entre le Premier ministre Nawaf Salam et le ministre de la Défense Michel Menassa. Ce dernier souhaitait exposer devant les députés les observations de l’armée sur le projet d’amnistie. Nawaf Salam a estimé qu’il lui revenait de parler au nom du gouvernement. Le désaccord s’est transformé en affrontement politique, puis en controverse constitutionnelle. Selon Al Akhbar du 12 août 2026, Michel Menassa insistait pour présenter une position liée aux conséquences du projet sur l’institution militaire. Nawaf Salam considérait pour sa part que la position gouvernementale devait être exprimée de manière unique. Al Joumhouriyat du 12 août 2026 rapporte ensuite les explications données par le Premier ministre devant les députés. Salam a nié avoir interdit au ministre de la Défense d’assister à la séance. Il a expliqué qu’il lui avait simplement annoncé son intention de parler au nom du gouvernement lors de l’examen du texte. Il s’est appuyé sur l’article 64 de la Constitution, qui attribue au président du Conseil la représentation du gouvernement.

La lecture constitutionnelle de cette séquence est toutefois loin de faire l’unanimité. Al Akhbar du 12 août 2026 rapporte l’analyse d’un juriste estimant que l’article 64 ne donne pas au Premier ministre un monopole de la parole devant le Parlement. L’article 67 garantit, selon cette interprétation, le droit des ministres à assister aux séances et à être entendus lorsqu’ils demandent la parole. Gebran Bassil a repris cet argument devant les députés. Il a considéré que Michel Menassa devait pouvoir présenter l’avis de son ministère et les observations de l’armée. Plusieurs élus ont également refusé qu’un précédent soit créé dans les relations entre le gouvernement et le Parlement. Le débat dépasse ainsi la seule personnalité des deux responsables. Il porte sur la responsabilité individuelle d’un ministre, sur le principe de solidarité gouvernementale et sur le rôle du Parlement lorsqu’un membre du gouvernement souhaite prendre la parole. Al Akhbar adopte une ligne très critique envers Nawaf Salam dans son traitement de l’incident. Cependant, les autres journaux confirment l’existence du différend et ses effets sur le déroulement de la séance. Al Bina’ du 12 août 2026 rapporte lui aussi que le désaccord entre Salam et Menassa a occupé une partie importante des travaux parlementaires.

L’amnistie générale devient un dossier politique et militaire

L’amnistie générale concentre une partie importante des tensions. Plusieurs députés cherchent à modifier les peines ou les conditions de libération de détenus condamnés dans différentes affaires. Selon Al Akhbar du 12 août 2026, des négociations ont eu lieu entre les blocs afin d’assurer le quorum et de parvenir à une formule acceptable. Une possibilité consistait à remplacer certaines peines par une peine de dix-sept ans de prison. Une autre concernait les détenus ayant déjà passé douze années en détention. Cependant, les réserves de l’armée ont compliqué la recherche d’un compromis. Plusieurs députés ont insisté sur la nécessité de tenir compte des soldats tués dans des affrontements et des attentats. Hussein Hajj Hassan a notamment demandé aux élus favorables à l’amnistie de considérer le sort des militaires tombés dans ces violences. Les discussions ont donc progressivement opposé deux principes. D’un côté, certains députés défendent la nécessité de réparer des injustices ou de réduire des peines jugées excessives. De l’autre, plusieurs responsables refusent qu’une mesure générale soit perçue comme un effacement des crimes commis contre l’armée. Le différend autour de Michel Menassa prend toute son importance dans ce contexte. L’avis de l’armée n’est plus seulement une observation administrative. Il devient une composante du rapport de force politique autour de l’amnistie.

Recommande par Libnanews
Indicateurs économiques du Liban

Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.

La séance s’est finalement interrompue après le retrait de plusieurs députés et la perte du quorum. Al Liwa’ du 12 août 2026 indique que les travaux devaient reprendre à 11 heures afin de poursuivre l’examen du texte. Al Sharq du 12 août 2026 décrit également une séance marquée par les retraits, les échanges tendus et l’impossibilité de régler immédiatement le dossier. Nabih Berri a tenté de maintenir les discussions et de trouver une solution permettant au Parlement de poursuivre son travail. La question de la présence du ministre de la Défense est toutefois devenue inséparable du débat sur l’amnistie. L’épisode montre à quel point un texte destiné à traiter les conséquences judiciaires de dossiers anciens peut devenir un enjeu immédiat de pouvoir. Il révèle aussi les limites des compromis parlementaires lorsque les questions judiciaires touchent directement à la sécurité, aux rapports communautaires et à l’image de l’armée.

L’abolition de la peine de mort marque une rupture législative

Dans cette atmosphère tendue, le Parlement a néanmoins adopté l’abolition de la peine de mort. Al Liwa’ du 12 août 2026 rappelle que les exécutions étaient déjà suspendues dans les faits depuis 2004. Le ministre de la Justice Adel Nassar a qualifié la décision d’étape historique. Le texte remplace la peine capitale par des peines de travaux forcés à perpétuité selon des modalités qui tiennent compte de la date des faits et de l’entrée en vigueur de la réforme. Cette question technique a cependant rejoint immédiatement le débat sur l’amnistie. Plusieurs députés ont craint que la combinaison de l’abolition et des réductions de peine ne produise des effets beaucoup plus larges que ceux annoncés. Al Joumhouriyat du 12 août 2026 souligne plusieurs problèmes juridiques concernant le principe de la loi pénale la plus favorable, la durée des peines et la différence entre les crimes commis avant et après l’adoption de la réforme. La décision reste donc historique par son principe, mais son application s’inscrit dans un débat plus vaste sur la politique pénale libanaise.

Le deuxième texte majeur concerne les médias. Le Parlement a adopté la loi dans la version transmise par les commissions. La réaction de la profession a été immédiate. Al Joumhouriyat du 12 août 2026 rapporte que les syndicats de la presse et des rédacteurs ont appelé à une conférence commune pour dénoncer certaines dispositions et préparer une mobilisation. L’article 104 concentre une partie des inquiétudes. Il concerne notamment la publication d’informations qualifiées de fausses et la possibilité de poursuites pénales. Le ministre de l’Information Paul Morcos a lui-même exprimé des réserves. Il a annoncé son intention de revenir sur certains passages du texte. La journée parlementaire associe ainsi trois débats très différents, mais tous liés aux limites de l’autorité publique : la sanction pénale, l’amnistie et la liberté de la presse.

Joseph Aoun place les négociations avec Israël au centre de sa stratégie

Pendant que le Parlement se divise, le président Joseph Aoun défend une ligne très claire sur le dossier du Sud. Selon Al Joumhouriyat, Al Sharq et Ad Diyar du 12 août 2026, le président considère les négociations avec Israël comme le moyen privilégié pour obtenir le retrait des territoires occupés, le retour des prisonniers et la reconstruction. Il affirme que la négociation ne signifie ni capitulation ni renoncement. Il estime également que les résultats obtenus par la voie diplomatique sont préférables aux conséquences d’une nouvelle guerre. Joseph Aoun refuse que le Liban se retrouve une nouvelle fois engagé dans une confrontation dont il ne maîtrise ni le calendrier ni les objectifs. Il affirme qu’il ne permettra pas à Israël de rester sur une parcelle du territoire libanais et qu’aucun soldat israélien ne doit demeurer au Liban.

Le président conteste également l’idée selon laquelle un territoire perdu par la force ne pourrait être récupéré que par la force. Il invoque le précédent du Sinaï pour soutenir sa démonstration. Selon Al Joumhouriyat du 12 août 2026, il affirme qu’une majorité libanaise dépassant les clivages confessionnels soutient le choix de la négociation. Il demande aussi que les habitants du Sud puissent enfin vivre dans leurs villages sans être entraînés dans des guerres liées à des objectifs extérieurs au Liban. Cette position place directement la question de l’État au centre du débat. Le contrôle des armes, le rôle de l’armée, la décision de guerre et de paix ainsi que les négociations avec Israël deviennent les différentes faces d’un même problème de souveraineté.

Le Sud reste sous pression malgré le processus diplomatique

La stratégie présidentielle se heurte toutefois à la réalité du terrain. Al Joumhouriyat du 12 août 2026 rapporte que les attaques israéliennes se poursuivent entre les différentes étapes des négociations. Des localités du Sud restent exposées aux frappes, aux destructions, aux incursions et aux opérations de démolition. Des sources militaires citées par le journal estiment qu’Israël cherche à gagner du temps et à maintenir une pression jusqu’à ses prochaines échéances politiques internes. Les désaccords portent également sur les zones expérimentales, sur les mécanismes de vérification et sur les conditions dans lesquelles l’armée libanaise pourrait reprendre le contrôle de nouveaux secteurs. Israël critique par ailleurs certaines actions de l’armée et demande des garanties supplémentaires. Les sources militaires citées par Al Joumhouriyat rejettent plusieurs de ces accusations et considèrent qu’elles servent à justifier le maintien de l’occupation.

Les États-Unis tentent parallèlement de maintenir le processus. Plusieurs journaux du 12 août 2026 annoncent la venue du général américain Joseph Clearfield, chargé de contacts avec les autorités libanaises et l’armée. L’ambassadeur américain Michel Issa affirme que les négociations progressent et qu’elles apportent de nouveaux éléments à chaque cycle. Une prochaine étape est évoquée pour le début du mois de septembre à Rome, mais Beyrouth continue de réclamer des garanties sur le cessez-le-feu, les zones concernées par un retrait et l’arrêt des destructions civiles. Ainsi, la négociation reste ouverte sans que le terrain ne traduise encore une amélioration décisive.

Le dossier iranien rappelle que la crise libanaise reste liée aux rapports de force régionaux

L’autre grande actualité des unes concerne l’Iran et le détroit d’Ormuz. Al 3arabi Al Jadid du 12 août 2026 décrit des négociations entre Washington et Téhéran entrées dans une phase charnière. Le Pakistan estime qu’un arrangement pourrait être proche. Le Qatar parle également d’un moment décisif. La priorité immédiate concerne la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. Donald Trump maintient cependant plusieurs options ouvertes. Il évoque la poursuite de la pression, un renforcement des mesures économiques ou une nouvelle intensification militaire. Téhéran répond en présentant le détroit comme un instrument stratégique majeur.

La restructuration du commandement militaire iranien constitue un autre signal important. Al 3arabi Al Jadid du 12 août 2026 rapporte la nomination de six hauts responsables militaires à la tête de plusieurs institutions stratégiques. Le journal présente cette nouvelle équipe comme orientée vers une préparation accrue à la guerre et vers le renforcement de la capacité de riposte face aux États-Unis et à Israël. Al Akhbar du 12 août 2026 fait également de cette restructuration iranienne l’un des sujets principaux de son édition. Cette évolution intervient alors que les discussions sur Ormuz se poursuivent et que Donald Trump continue de maintenir la menace militaire parallèlement à la négociation.

Cette confrontation concerne directement le Liban. Le rapport de force entre l’Iran, les États-Unis et Israël influence la situation du Hezbollah et la marge de manœuvre des autorités libanaises. Le 12 août 2026, les principaux journaux dessinent donc une même scène politique. Le Parlement peine à trouver un compromis sur l’amnistie. Le gouvernement est secoué par un conflit sur les prérogatives de ses membres. L’armée se retrouve au centre de plusieurs décisions sensibles. Joseph Aoun poursuit le pari de la négociation. Israël continue ses opérations dans le Sud. Enfin, l’évolution de la confrontation avec l’Iran reste susceptible de peser sur l’ensemble de ces dossiers.

Politique locale : la séance parlementaire cristallise les tensions entre gouvernement, armée et blocs politiques

L’amnistie générale transforme le Parlement en terrain de confrontation institutionnelle

La séance législative du 12 août 2026 a concentré plusieurs lignes de fracture de la politique libanaise. Selon Ad Diyar du 12 août 2026, les débats ne se sont pas limités au contenu de la loi d’amnistie générale. Ils ont révélé un désaccord plus profond entre le Premier ministre Nawaf Salam et le ministre de la Défense Michel Menassa. Ce dernier voulait présenter devant les députés les observations de l’armée sur le texte. Nawaf Salam lui a demandé de ne pas intervenir, considérant qu’il lui appartenait de parler au nom du gouvernement. Le ministre a refusé cette lecture. Il a fait valoir que sa fonction et sa responsabilité envers l’institution militaire justifiaient son intervention. Ad Diyar indique que l’échange a rapidement pris un tour tendu. La question de l’amnistie a alors été dépassée par une interrogation plus large sur les rapports entre le chef du gouvernement, les ministres et le Parlement. Al Akhbar du 12 août 2026 insiste sur cette dimension constitutionnelle. Le quotidien rapporte qu’un juriste conteste l’idée selon laquelle l’article 64 de la Constitution permettrait au Premier ministre d’empêcher un ministre de prendre la parole. Cette lecture s’appuie sur l’article 67, qui permet aux ministres d’assister aux séances parlementaires et d’être entendus lorsqu’ils le demandent. Gebran Bassil a repris cet argument. Il a estimé que Michel Menassa devait pouvoir présenter les remarques de l’armée et que le Parlement ne pouvait accepter qu’un précédent soit créé. Al Joumhouriyat du 12 août 2026 rapporte de son côté la défense de Nawaf Salam. Le Premier ministre a nié avoir interdit à Michel Menassa d’assister à la séance. Il a expliqué qu’il lui avait indiqué qu’il parlerait lui-même au nom du gouvernement. Salam a invoqué le principe de solidarité ministérielle. Il a également affirmé que les observations de l’armée avaient déjà été transmises lors des travaux des commissions. Le désaccord a pourtant continué à peser sur la séance. Plusieurs députés ont demandé que le ministre soit entendu. Des élus de blocs différents ont refusé de poursuivre normalement l’examen de l’amnistie sans clarification. Selon Al Bina’ du 12 août 2026, les retraits successifs de députés ont finalement provoqué la perte du quorum. Nabih Berri a tenté de maintenir les discussions et de chercher une formule permettant de reprendre le vote. La séance a cependant été reportée. L’épisode a montré que l’amnistie est devenue un sujet qui dépasse la politique pénale. Elle touche désormais au rapport entre les institutions, à l’image de l’armée et aux équilibres communautaires qui structurent encore une grande partie du débat politique libanais.

Les blocs parlementaires se divisent sur les bénéficiaires de l’amnistie et la mémoire des victimes

La bataille autour du texte repose aussi sur son contenu. Al Akhbar du 12 août 2026 rapporte que les négociations entre les blocs ont porté sur plusieurs mécanismes permettant de réduire certaines peines. Une formule prévoyait notamment de remplacer certaines condamnations par une peine de dix-sept années. Une autre concernait des détenus ayant déjà passé douze années en prison. Le nom d’Ahmad al-Assir apparaît dans les discussions en raison des conséquences que pourraient avoir l’abolition de la peine de mort et l’amnistie sur sa durée de détention. Selon Ad Diyar du 12 août 2026, Hussein Hajj Hassan a exprimé les réserves du bloc de la Fidélité à la Résistance. Il a affirmé que son bloc soutenait le principe de l’amnistie, mais refusait une réduction jugée excessive de certaines peines. Il a insisté sur les victimes des attentats et sur les militaires tués. Cette référence aux soldats tombés dans les affrontements a renforcé l’importance de la position de l’armée. Al Akhbar indique que certains députés ont considéré que la réforme ne pouvait être adoptée au prix d’un sentiment d’abandon chez les familles des militaires tués. D’autres élus ont au contraire souligné l’existence de détenus qu’ils considèrent comme victimes de procédures injustes ou de décisions judiciaires excessives. Al Sharq du 12 août 2026 rapporte que plusieurs responsables ont défendu la nécessité d’une solution qui ne soit pas fondée sur des considérations confessionnelles. La difficulté vient du fait que l’amnistie est devenue politiquement associée au dossier des détenus islamistes. Nawaf Salam a donc été accusé par ses adversaires de chercher à renforcer sa position dans la rue sunnite. Cette lecture est particulièrement présente dans Al Akhbar, qui adopte un ton très critique à son égard. Elle n’est toutefois pas partagée de la même manière par tous les journaux. Al Joumhouriyat présente davantage le conflit comme un problème de méthode gouvernementale et de gestion institutionnelle. Cette différence de traitement illustre les clivages politiques de la presse libanaise. Le Parlement reste lui-même traversé par ces mêmes divergences. Le Courant patriotique libre a fait de la présence de Michel Menassa un enjeu de principe. Le bloc de la Fidélité à la Résistance a contesté certains amendements. Des députés indépendants ont également quitté la salle. Nabih Berri s’est retrouvé dans la position habituelle de médiateur entre des groupes qui acceptent parfois le principe d’un texte mais divergent fortement sur sa portée. La séance du 12 août révèle ainsi un Parlement capable de produire des compromis sur certains dossiers, mais qui reste exposé à des blocages rapides dès qu’un texte touche simultanément à la sécurité, aux identités communautaires et aux rapports de force électoraux.

Joseph Aoun place la reconstruction de l’État au cœur de son discours politique

La controverse parlementaire intervient alors que le président Joseph Aoun développe un discours de plus en plus centré sur le rôle de l’État. Selon Ad Diyar du 12 août 2026, le président a déclaré devant une délégation de la Fondation maronite pour l’émigration que le conflit politique essentiel oppose aujourd’hui une majorité de Libanais qui veut construire l’État à une partie qui ne veut pas simplement participer à cet État, mais souhaite se substituer à lui. Joseph Aoun affirme que son objectif reste de reconstruire les institutions, quel qu’en soit le prix politique. Cette déclaration vise clairement la question des armes et celle de la décision de guerre et de paix. Elle accompagne son choix de privilégier les négociations avec Israël afin d’obtenir le retrait des territoires occupés. Le président considère que la restauration de la souveraineté doit passer par les institutions légales, l’armée et la diplomatie. Al Sharq du 12 août 2026 reprend cette ligne en soulignant que Joseph Aoun présente les négociations comme une méthode destinée à protéger le Liban d’une nouvelle guerre dévastatrice. Il affirme qu’il ne permettra pas le maintien d’un soldat israélien sur le territoire libanais. Il demande cependant que les forces politiques qui ont privilégié la confrontation militaire soutiennent désormais l’option de la négociation. Le président lie également cette stratégie à l’avenir des habitants du Sud. Il considère qu’ils doivent pouvoir retrouver une vie normale et ne plus être entraînés dans des conflits décidés pour des objectifs qui dépassent les intérêts du Liban. Cette orientation renforce le désaccord politique avec le Hezbollah. Al Liwa’ du 12 août 2026 souligne la contradiction entre la volonté récente du Hezbollah d’ouvrir un dialogue avec les nouvelles autorités syriennes et ses relations tendues avec la présidence libanaise. Le journal estime que le parti gagnerait à renouer avec Joseph Aoun et à discuter des modalités de remise des armes et des positions au Sud à l’armée. Cette analyse reflète la ligne éditoriale d’Al Liwa’, mais elle met en évidence une question réelle : le Hezbollah peut-il rechercher une normalisation régionale tout en maintenant un rapport de confrontation avec une partie des institutions libanaises ? De son côté, Naim Kassem a indiqué, selon Ad Diyar du 12 août 2026, qu’une Syrie stable constitue un soutien pour le Liban et qu’un Liban stable constitue également un soutien pour la Syrie. Cette formule ouvre la voie à une évolution possible des rapports avec Damas. Elle intervient au moment où la présidence libanaise tente d’imposer une logique différente, fondée sur le retour de la décision politique vers les institutions de l’État.

L’armée devient le point de rencontre de plusieurs crises politiques

L’institution militaire occupe désormais une position centrale dans presque tous les grands dossiers intérieurs. Elle est appelée à se déployer dans le Sud, à accompagner le retrait israélien lorsqu’il aura lieu, à assurer la sécurité et à participer au contrôle des armes. Elle se retrouve également impliquée dans la controverse sur l’amnistie générale. Al Akhbar du 12 août 2026 fait de cette accumulation de responsabilités l’un de ses principaux thèmes. Le quotidien estime que l’armée reçoit des missions de plus en plus importantes sans disposer d’un poids équivalent dans la définition des décisions qu’elle doit appliquer. Cette analyse apparaît dans le traitement du différend entre Nawaf Salam et Michel Menassa. Le journal considère que le pouvoir politique utilise l’armée comme garantie auprès de l’étranger tout en limitant son rôle lorsque son avis devient politiquement gênant. Al Joumhouriyat du 12 août 2026 adopte une approche plus nuancée. Le quotidien rapporte cependant que des sources militaires restent méfiantes face aux intentions israéliennes dans le Sud. Elles estiment qu’Israël utilise certaines critiques contre l’armée pour justifier son refus d’avancer sur les retraits. Elles rejettent notamment les accusations de coordination entre l’armée et le Hezbollah. Ces sources considèrent que Tel-Aviv cherche à conserver la possibilité de vérifier elle-même les mesures prises au Sud, une option refusée par Beyrouth. La question de l’armée devient donc un point de rencontre entre politique intérieure et négociation extérieure. Dans le même temps, Nawaf Salam a défendu son soutien à l’institution militaire. Selon Al Sharq du 12 août 2026, il a rappelé ses démarches auprès de responsables étrangers pour obtenir davantage d’aide, améliorer l’équipement et relever les salaires des militaires. Il a rejeté les accusations selon lesquelles son différend avec Michel Menassa traduirait une hostilité envers l’armée. Cette défense n’a pourtant pas mis fin à la polémique. Le conflit montre que la place de l’armée reste hautement politique. Tous les acteurs affirment vouloir la renforcer, mais ils divergent sur son rôle concret dans la décision publique. Cette contradiction risque de se reproduire à mesure que l’institution devra assumer davantage de responsabilités au Sud et dans le contrôle de la sécurité intérieure. Le débat sur l’amnistie a simplement rendu cette tension plus visible.

Citation et discours des personnalités politiques : Joseph Aoun défend la négociation tandis que l’amnistie exacerbe les divergences

Joseph Aoun assume le choix de la négociation et conteste la logique du recours à la force

Le président de la République Joseph Aoun place la négociation avec Israël au centre de son discours politique. Ad Diyar du 12 août 2026 rapporte ses déclarations devant une délégation de la Fondation maronite pour l’émigration, présidée par Rose Choueiri. Le chef de l’État affirme que les négociations enregistrent des progrès et restent, dans tous les cas, préférables aux conséquences d’une guerre destructrice pour le Liban. Il lie cette évolution à une baisse de l’intensité des attaques israéliennes depuis la signature de la formule-cadre. Selon lui, cette situation a aussi favorisé le retour de Libanais venus passer l’été dans leur pays. Joseph Aoun cherche surtout à définir politiquement ce que signifie négocier. Il affirme que « la négociation n’est ni une capitulation ni une concession ». Elle doit permettre, selon lui, de poursuivre les objectifs nationaux par des moyens pacifiques. Ces objectifs restent le retrait israélien, le retour des prisonniers et la reconstruction des zones détruites. Le président ajoute que le Liban n’acceptera pas qu’Israël conserve « un seul pouce » du territoire national ni qu’un soldat israélien y demeure. Al Joumhouriyat et Al Sharq du 12 août 2026 reprennent également cette position. Le discours présidentiel ne présente donc pas la négociation comme un changement d’objectif. Joseph Aoun la décrit comme un changement de méthode destiné à obtenir les mêmes résultats sans engager le pays dans une nouvelle guerre.

Le chef de l’État va plus loin en contestant une formule longtemps utilisée pour justifier le recours à la force. Ad Diyar du 12 août 2026 rapporte qu’il estime que les faits ont démontré la faiblesse de l’affirmation selon laquelle ce qui a été pris par la force ne pourrait être récupéré que par la force. Joseph Aoun cite le Sinaï comme exemple d’un territoire finalement récupéré par la négociation. Il précise que, si une récupération militaire du territoire libanais était réellement possible, il serait le premier à la soutenir. Mais il demande désormais aux partisans de cette stratégie de soutenir la tentative menée par l’État pour récupérer les territoires par la négociation. Selon lui, une majorité libanaise dépassant les appartenances confessionnelles appuie cette option. Le président relie ensuite ce choix à la situation humaine dans le Sud. Il estime que le moment est venu pour les habitants de pouvoir rester sur leurs terres et retrouver une vie stable. Il refuse la poursuite de guerres menées en leur nom pour des objectifs qu’il décrit comme non libanais. Le discours prend ici une dimension intérieure évidente. Sans limiter ses propos à une seule organisation, Joseph Aoun remet directement en question la légitimité d’une décision de guerre prise en dehors des institutions de l’État.

Le président fait du retour de l’État le cœur de son projet politique

Les déclarations de Joseph Aoun ne se limitent pas au dossier israélien. Ad Diyar du 12 août 2026 rapporte qu’il définit le conflit politique intérieur comme une confrontation autour de la nature même de l’État. Selon lui, une majorité de Libanais veut construire un État, tandis qu’une autre partie « ne veut pas l’État, mais veut être elle-même l’État ». Cette partie, poursuit-il, ne souhaite pas que les institutions retrouvent leur place, négocient et exercent pleinement leurs fonctions. Joseph Aoun affirme alors que son objectif est de reconstruire l’État, quel qu’en soit le prix. Ces propos donnent une portée beaucoup plus large à sa défense des négociations. Le chef de l’État ne parle pas seulement d’une méthode permettant de récupérer les territoires occupés. Il rattache cette méthode au monopole de la décision politique, au fonctionnement des institutions et à la question des armes. La négociation devient ainsi un instrument de restauration de l’autorité publique.

Joseph Aoun aborde également le dossier de la corruption. Ad Diyar du 12 août 2026 rapporte qu’il reconnaît son impact sur les investissements des Libanais de la diaspora. Il place le pouvoir judiciaire au premier rang des institutions chargées de lutter contre ce phénomène. Il estime que les nouvelles nominations judiciaires doivent permettre une évolution positive, tout en avertissant que le traitement des dossiers prendra du temps en raison de leur accumulation et de l’enracinement de pratiques de corruption depuis plusieurs décennies. Le président évoque aussi le développement de l’administration électronique. Il considère sa mise en place comme un moyen de faciliter les démarches et de réduire les possibilités de corruption. Le discours présidentiel relie donc trois dimensions : souveraineté, fonctionnement institutionnel et réforme administrative. Cette articulation permet à Joseph Aoun de présenter la reconstruction de l’État comme un projet qui ne se limite pas au contrôle des armes ou au Sud.

Nawaf Salam défend ses prérogatives après son affrontement avec Michel Menassa

Le Premier ministre Nawaf Salam a été contraint de consacrer une partie de son intervention parlementaire à son différend avec le ministre de la Défense Michel Menassa. Al Joumhouriyat du 12 août 2026 rapporte qu’il a rejeté les accusations selon lesquelles il aurait interdit au ministre d’assister à la séance. Salam explique que Michel Menassa avait préparé une intervention sur l’amnistie générale. Il lui aurait alors indiqué qu’il prendrait lui-même la parole au nom du gouvernement lorsque le texte serait examiné. Le Premier ministre invoque l’article 64 de la Constitution et le principe selon lequel le président du Conseil représente le gouvernement et parle en son nom. Il nie que cet incident révèle une rupture de la solidarité gouvernementale. Selon lui, le gouvernement reste uni et le différend ne doit pas être interprété comme une crise entre ses membres.

Al Sharq du 12 août 2026 rapporte une défense plus développée de Nawaf Salam. Celui-ci affirme que les observations de l’armée concernant l’amnistie avaient déjà été exposées devant les commissions parlementaires par le ministre de la Défense. Une note écrite avait également été remise. Le Premier ministre refuse donc l’idée selon laquelle l’armée aurait été privée de la possibilité de faire connaître son avis. Il rejette en outre toute mise en cause de son soutien à l’institution militaire. Il rappelle ses démarches à l’étranger pour obtenir des aides, améliorer l’équipement de l’armée et soutenir les rémunérations des militaires. Il affirme qu’il n’acceptera pas que quiconque surenchérisse sur son attachement à l’armée ou à ses soldats tombés. Nawaf Salam insiste surtout sur un principe politique. L’armée, selon lui, ne doit pas être placée dans une confrontation avec une composante libanaise. Son souci déclaré est d’empêcher qu’elle soit transformée en partie prenante d’un conflit politique ou communautaire.

La formule utilisée par Salam pour définir la position gouvernementale sur l’amnistie est particulièrement concise. Al Sharq du 12 août 2026 rapporte qu’il a répété : « la justice, puis la justice, puis la justice ». Il ajoute que la décision finale appartient au Parlement. Cette formulation lui permet de ne pas se prononcer publiquement en faveur d’une catégorie particulière de détenus. Elle ne suffit cependant pas à éteindre les critiques. Plusieurs députés estiment que la manière dont Michel Menassa a été traité pose une question institutionnelle indépendante du fond de l’amnistie.

Gebran Bassil et Hussein Hajj Hassan contestent deux dimensions différentes de la séance

Gebran Bassil concentre son intervention sur le droit du ministre de la Défense à être entendu. Al Joumhouriyat du 12 août 2026 rapporte qu’il invoque l’article 67 de la Constitution. Selon lui, les ministres ont le droit d’assister aux séances parlementaires et d’être entendus lorsqu’ils demandent la parole. Il considère qu’un ministre est une autorité constitutionnelle disposant de compétences propres et qu’il ne peut être réduit au rôle d’exécutant de la volonté du Premier ministre. Bassil demande donc que Michel Menassa puisse présenter son avis. Il précise que le Parlement et le gouvernement resteraient ensuite libres de ne pas suivre cette position. Pour le chef du Courant patriotique libre, la question principale n’est donc pas de savoir si les observations de l’armée doivent déterminer le vote. Elle consiste à garantir au ministre la possibilité de les exposer.

Hussein Hajj Hassan intervient, lui, sur le contenu de l’amnistie. Ad Diyar du 12 août 2026 rapporte qu’il confirme le soutien du bloc de la Fidélité à la Résistance au principe d’une amnistie, mais conteste certaines réductions de peine. Il refuse notamment une formule qui aboutirait à ramener certaines condamnations à dix-sept ans. Son argument repose sur les victimes des attentats et les militaires tués. Al Akhbar du 12 août 2026 rapporte qu’il demande aux députés favorables aux modifications de tenir compte des soldats tombés. Il cite notamment le colonel Noureddine Jamal. Cette intervention permet au Hezbollah de défendre une position distincte d’un rejet global de l’amnistie. Le parti accepte son principe, mais refuse certaines conséquences qu’il juge excessives.

Les interventions de Bassil et de Hajj Hassan convergent néanmoins sur un point : la place de l’armée. Le premier défend le droit institutionnel du ministre de la Défense à exposer son point de vue. Le second insiste sur la mémoire des militaires tués et sur les conséquences pénales de l’amnistie. Ces deux approches contribuent à placer l’institution militaire au centre d’un débat qui concernait initialement les détenus et les modalités de réduction des peines.

Sami Gemayel interpelle le Hezbollah sur sa présence au pouvoir

La séance donne également lieu à un échange révélateur entre Sami Gemayel et Hussein Hajj Hassan. Al Bina’ et Al Sharq du 12 août 2026 rapportent que des députés du tandem chiite critiquent l’action du gouvernement, notamment face aux opérations israéliennes dans le Sud. Ali Hassan Khalil demande quelles mesures ont été prises après la diffusion d’une carte israélienne concernant le territoire libanais. Qassem Hachem critique également l’action du pouvoir face à la situation au Sud.

Sami Gemayel intervient alors pour poser une question politique directe : si le pouvoir est aussi mauvais que l’affirment ses détracteurs, pourquoi ne le quittent-ils pas ? Hussein Hajj Hassan lui répond que son camp sait avec qui il doit siéger et discuter et qu’il ne demande pas l’avis de Gemayel. Nabih Berri intervient pour empêcher que l’échange ne se prolonge. Cette séquence illustre une contradiction récurrente de la politique libanaise. Certains partis participent aux institutions tout en contestant fortement leur orientation. Leurs adversaires utilisent cette présence pour leur demander d’assumer collectivement les décisions prises.

En dehors du Parlement, Sami Gemayel développe également son propre discours sur la souveraineté. Al Sharq du 12 août 2026 rapporte qu’il considère le Liban engagé dans une étape décisive pour la restauration de la souveraineté et de la décision nationale. Il place parmi les priorités la fin des armes échappant à l’autorité de l’État et l’extension de celle-ci à l’ensemble du territoire. Il explique le soutien des Kataëb à Joseph Aoun non par une adhésion automatique à la présidence, mais par l’orientation suivie sur la souveraineté. Gemayel affirme vouloir travailler avec les forces qui défendent l’État et la décision nationale. Il appelle à constituer le front le plus large possible autour de ce projet.

Naim Kassem ouvre la porte à Damas et insiste sur la stabilité des deux pays

Le secrétaire général du Hezbollah Naim Kassem intervient dans un autre dossier important. Ad Diyar du 12 août 2026 rappelle qu’il s’est récemment déclaré favorable à une ouverture avec les nouvelles autorités syriennes. Il affirme qu’une « Syrie stable est un soutien pour le Liban » et qu’un « Liban stable est un soutien pour la Syrie ». Ces propos répondent à des déclarations antérieures du président syrien Ahmed el-Charaa et de son ministre des Affaires étrangères, qui avaient exprimé leur disponibilité pour un dialogue avec le Hezbollah si les intérêts des deux pays le justifiaient.

Selon Ad Diyar du 12 août 2026, une médiation turque cherche désormais à transformer ces déclarations en contacts politiques. Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan jouerait un rôle dans l’ouverture de canaux entre Damas et le Hezbollah. L’objectif serait notamment d’éviter une confrontation sur la frontière orientale et de définir les conditions d’une relation future. Les autorités syriennes chercheraient des garanties concernant l’utilisation de leur territoire et le transfert d’armes. La Turquie souhaiterait, pour sa part, empêcher une nouvelle confrontation confessionnelle ou régionale.

La déclaration de Naim Kassem prend ainsi une importance particulière. Elle marque une adaptation du Hezbollah à la nouvelle situation syrienne après la chute de Bachar el-Assad. Elle montre également que le parti cherche à préserver des possibilités de dialogue dans un environnement régional profondément transformé. Dans le même temps, son opposition à plusieurs orientations du pouvoir libanais demeure forte. Les déclarations politiques recensées dans la presse du 12 août 2026 font donc apparaître deux dynamiques parallèles : Joseph Aoun cherche à recentrer la décision sur l’État et la négociation, tandis que le Hezbollah tente de redéfinir ses rapports régionaux sans avoir encore résolu ses divergences fondamentales avec cette nouvelle orientation institutionnelle.

Citation et discours des personnalités politiques : Joseph Aoun défend la négociation tandis que l’amnistie exacerbe les divergences

Joseph Aoun assume le choix de la négociation et conteste la logique du recours à la force

Le président de la République Joseph Aoun place la négociation avec Israël au centre de son discours politique. Ad Diyar du 12 août 2026 rapporte ses déclarations devant une délégation de la Fondation maronite pour l’émigration, présidée par Rose Choueiri. Le chef de l’État affirme que les négociations enregistrent des progrès et restent, dans tous les cas, préférables aux conséquences d’une guerre destructrice pour le Liban. Il lie cette évolution à une baisse de l’intensité des attaques israéliennes depuis la signature de la formule-cadre. Selon lui, cette situation a aussi favorisé le retour de Libanais venus passer l’été dans leur pays. Joseph Aoun cherche surtout à définir politiquement ce que signifie négocier. Il affirme que « la négociation n’est ni une capitulation ni une concession ». Elle doit permettre, selon lui, de poursuivre les objectifs nationaux par des moyens pacifiques. Ces objectifs restent le retrait israélien, le retour des prisonniers et la reconstruction des zones détruites. Le président ajoute que le Liban n’acceptera pas qu’Israël conserve « un seul pouce » du territoire national ni qu’un soldat israélien y demeure. Al Joumhouriyat et Al Sharq du 12 août 2026 reprennent également cette position. Le discours présidentiel ne présente donc pas la négociation comme un changement d’objectif. Joseph Aoun la décrit comme un changement de méthode destiné à obtenir les mêmes résultats sans engager le pays dans une nouvelle guerre.

Le chef de l’État va plus loin en contestant une formule longtemps utilisée pour justifier le recours à la force. Ad Diyar du 12 août 2026 rapporte qu’il estime que les faits ont démontré la faiblesse de l’affirmation selon laquelle ce qui a été pris par la force ne pourrait être récupéré que par la force. Joseph Aoun cite le Sinaï comme exemple d’un territoire finalement récupéré par la négociation. Il précise que, si une récupération militaire du territoire libanais était réellement possible, il serait le premier à la soutenir. Mais il demande désormais aux partisans de cette stratégie de soutenir la tentative menée par l’État pour récupérer les territoires par la négociation. Selon lui, une majorité libanaise dépassant les appartenances confessionnelles appuie cette option. Le président relie ensuite ce choix à la situation humaine dans le Sud. Il estime que le moment est venu pour les habitants de pouvoir rester sur leurs terres et retrouver une vie stable. Il refuse la poursuite de guerres menées en leur nom pour des objectifs qu’il décrit comme non libanais. Le discours prend ici une dimension intérieure évidente. Sans limiter ses propos à une seule organisation, Joseph Aoun remet directement en question la légitimité d’une décision de guerre prise en dehors des institutions de l’État.

Le président fait du retour de l’État le cœur de son projet politique

Les déclarations de Joseph Aoun ne se limitent pas au dossier israélien. Ad Diyar du 12 août 2026 rapporte qu’il définit le conflit politique intérieur comme une confrontation autour de la nature même de l’État. Selon lui, une majorité de Libanais veut construire un État, tandis qu’une autre partie « ne veut pas l’État, mais veut être elle-même l’État ». Cette partie, poursuit-il, ne souhaite pas que les institutions retrouvent leur place, négocient et exercent pleinement leurs fonctions. Joseph Aoun affirme alors que son objectif est de reconstruire l’État, quel qu’en soit le prix. Ces propos donnent une portée beaucoup plus large à sa défense des négociations. Le chef de l’État ne parle pas seulement d’une méthode permettant de récupérer les territoires occupés. Il rattache cette méthode au monopole de la décision politique, au fonctionnement des institutions et à la question des armes. La négociation devient ainsi un instrument de restauration de l’autorité publique.

Joseph Aoun aborde également le dossier de la corruption. Ad Diyar du 12 août 2026 rapporte qu’il reconnaît son impact sur les investissements des Libanais de la diaspora. Il place le pouvoir judiciaire au premier rang des institutions chargées de lutter contre ce phénomène. Il estime que les nouvelles nominations judiciaires doivent permettre une évolution positive, tout en avertissant que le traitement des dossiers prendra du temps en raison de leur accumulation et de l’enracinement de pratiques de corruption depuis plusieurs décennies. Le président évoque aussi le développement de l’administration électronique. Il considère sa mise en place comme un moyen de faciliter les démarches et de réduire les possibilités de corruption. Le discours présidentiel relie donc trois dimensions : souveraineté, fonctionnement institutionnel et réforme administrative. Cette articulation permet à Joseph Aoun de présenter la reconstruction de l’État comme un projet qui ne se limite pas au contrôle des armes ou au Sud.

Nawaf Salam défend ses prérogatives après son affrontement avec Michel Menassa

Le Premier ministre Nawaf Salam a été contraint de consacrer une partie de son intervention parlementaire à son différend avec le ministre de la Défense Michel Menassa. Al Joumhouriyat du 12 août 2026 rapporte qu’il a rejeté les accusations selon lesquelles il aurait interdit au ministre d’assister à la séance. Salam explique que Michel Menassa avait préparé une intervention sur l’amnistie générale. Il lui aurait alors indiqué qu’il prendrait lui-même la parole au nom du gouvernement lorsque le texte serait examiné. Le Premier ministre invoque l’article 64 de la Constitution et le principe selon lequel le président du Conseil représente le gouvernement et parle en son nom. Il nie que cet incident révèle une rupture de la solidarité gouvernementale. Selon lui, le gouvernement reste uni et le différend ne doit pas être interprété comme une crise entre ses membres.

Al Sharq du 12 août 2026 rapporte une défense plus développée de Nawaf Salam. Celui-ci affirme que les observations de l’armée concernant l’amnistie avaient déjà été exposées devant les commissions parlementaires par le ministre de la Défense. Une note écrite avait également été remise. Le Premier ministre refuse donc l’idée selon laquelle l’armée aurait été privée de la possibilité de faire connaître son avis. Il rejette en outre toute mise en cause de son soutien à l’institution militaire. Il rappelle ses démarches à l’étranger pour obtenir des aides, améliorer l’équipement de l’armée et soutenir les rémunérations des militaires. Il affirme qu’il n’acceptera pas que quiconque surenchérisse sur son attachement à l’armée ou à ses soldats tombés. Nawaf Salam insiste surtout sur un principe politique. L’armée, selon lui, ne doit pas être placée dans une confrontation avec une composante libanaise. Son souci déclaré est d’empêcher qu’elle soit transformée en partie prenante d’un conflit politique ou communautaire.

La formule utilisée par Salam pour définir la position gouvernementale sur l’amnistie est particulièrement concise. Al Sharq du 12 août 2026 rapporte qu’il a répété : « la justice, puis la justice, puis la justice ». Il ajoute que la décision finale appartient au Parlement. Cette formulation lui permet de ne pas se prononcer publiquement en faveur d’une catégorie particulière de détenus. Elle ne suffit cependant pas à éteindre les critiques. Plusieurs députés estiment que la manière dont Michel Menassa a été traité pose une question institutionnelle indépendante du fond de l’amnistie.

Gebran Bassil et Hussein Hajj Hassan contestent deux dimensions différentes de la séance

Gebran Bassil concentre son intervention sur le droit du ministre de la Défense à être entendu. Al Joumhouriyat du 12 août 2026 rapporte qu’il invoque l’article 67 de la Constitution. Selon lui, les ministres ont le droit d’assister aux séances parlementaires et d’être entendus lorsqu’ils demandent la parole. Il considère qu’un ministre est une autorité constitutionnelle disposant de compétences propres et qu’il ne peut être réduit au rôle d’exécutant de la volonté du Premier ministre. Bassil demande donc que Michel Menassa puisse présenter son avis. Il précise que le Parlement et le gouvernement resteraient ensuite libres de ne pas suivre cette position. Pour le chef du Courant patriotique libre, la question principale n’est donc pas de savoir si les observations de l’armée doivent déterminer le vote. Elle consiste à garantir au ministre la possibilité de les exposer.

Hussein Hajj Hassan intervient, lui, sur le contenu de l’amnistie. Ad Diyar du 12 août 2026 rapporte qu’il confirme le soutien du bloc de la Fidélité à la Résistance au principe d’une amnistie, mais conteste certaines réductions de peine. Il refuse notamment une formule qui aboutirait à ramener certaines condamnations à dix-sept ans. Son argument repose sur les victimes des attentats et les militaires tués. Al Akhbar du 12 août 2026 rapporte qu’il demande aux députés favorables aux modifications de tenir compte des soldats tombés. Il cite notamment le colonel Noureddine Jamal. Cette intervention permet au Hezbollah de défendre une position distincte d’un rejet global de l’amnistie. Le parti accepte son principe, mais refuse certaines conséquences qu’il juge excessives.

Les interventions de Bassil et de Hajj Hassan convergent néanmoins sur un point : la place de l’armée. Le premier défend le droit institutionnel du ministre de la Défense à exposer son point de vue. Le second insiste sur la mémoire des militaires tués et sur les conséquences pénales de l’amnistie. Ces deux approches contribuent à placer l’institution militaire au centre d’un débat qui concernait initialement les détenus et les modalités de réduction des peines.

Sami Gemayel interpelle le Hezbollah sur sa présence au pouvoir

La séance donne également lieu à un échange révélateur entre Sami Gemayel et Hussein Hajj Hassan. Al Bina’ et Al Sharq du 12 août 2026 rapportent que des députés du tandem chiite critiquent l’action du gouvernement, notamment face aux opérations israéliennes dans le Sud. Ali Hassan Khalil demande quelles mesures ont été prises après la diffusion d’une carte israélienne concernant le territoire libanais. Qassem Hachem critique également l’action du pouvoir face à la situation au Sud.

Sami Gemayel intervient alors pour poser une question politique directe : si le pouvoir est aussi mauvais que l’affirment ses détracteurs, pourquoi ne le quittent-ils pas ? Hussein Hajj Hassan lui répond que son camp sait avec qui il doit siéger et discuter et qu’il ne demande pas l’avis de Gemayel. Nabih Berri intervient pour empêcher que l’échange ne se prolonge. Cette séquence illustre une contradiction récurrente de la politique libanaise. Certains partis participent aux institutions tout en contestant fortement leur orientation. Leurs adversaires utilisent cette présence pour leur demander d’assumer collectivement les décisions prises.

En dehors du Parlement, Sami Gemayel développe également son propre discours sur la souveraineté. Al Sharq du 12 août 2026 rapporte qu’il considère le Liban engagé dans une étape décisive pour la restauration de la souveraineté et de la décision nationale. Il place parmi les priorités la fin des armes échappant à l’autorité de l’État et l’extension de celle-ci à l’ensemble du territoire. Il explique le soutien des Kataëb à Joseph Aoun non par une adhésion automatique à la présidence, mais par l’orientation suivie sur la souveraineté. Gemayel affirme vouloir travailler avec les forces qui défendent l’État et la décision nationale. Il appelle à constituer le front le plus large possible autour de ce projet.

Naim Kassem ouvre la porte à Damas et insiste sur la stabilité des deux pays

Le secrétaire général du Hezbollah Naim Kassem intervient dans un autre dossier important. Ad Diyar du 12 août 2026 rappelle qu’il s’est récemment déclaré favorable à une ouverture avec les nouvelles autorités syriennes. Il affirme qu’une « Syrie stable est un soutien pour le Liban » et qu’un « Liban stable est un soutien pour la Syrie ». Ces propos répondent à des déclarations antérieures du président syrien Ahmed el-Charaa et de son ministre des Affaires étrangères, qui avaient exprimé leur disponibilité pour un dialogue avec le Hezbollah si les intérêts des deux pays le justifiaient.

Selon Ad Diyar du 12 août 2026, une médiation turque cherche désormais à transformer ces déclarations en contacts politiques. Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan jouerait un rôle dans l’ouverture de canaux entre Damas et le Hezbollah. L’objectif serait notamment d’éviter une confrontation sur la frontière orientale et de définir les conditions d’une relation future. Les autorités syriennes chercheraient des garanties concernant l’utilisation de leur territoire et le transfert d’armes. La Turquie souhaiterait, pour sa part, empêcher une nouvelle confrontation confessionnelle ou régionale.

La déclaration de Naim Kassem prend ainsi une importance particulière. Elle marque une adaptation du Hezbollah à la nouvelle situation syrienne après la chute de Bachar el-Assad. Elle montre également que le parti cherche à préserver des possibilités de dialogue dans un environnement régional profondément transformé. Dans le même temps, son opposition à plusieurs orientations du pouvoir libanais demeure forte. Les déclarations politiques recensées dans la presse du 12 août 2026 font donc apparaître deux dynamiques parallèles : Joseph Aoun cherche à recentrer la décision sur l’État et la négociation, tandis que le Hezbollah tente de redéfinir ses rapports régionaux sans avoir encore résolu ses divergences fondamentales avec cette nouvelle orientation institutionnelle.

Politique internationale : Washington et Téhéran négocient sous la menace tandis que la Syrie ouvre le procès de l’ancien pouvoir

L’Iran et les États-Unis approchent d’une phase décisive autour du détroit d’Ormuz

La confrontation entre les États-Unis et l’Iran domine l’actualité internationale du 12 août 2026. Al 3arabi Al Jadid, Al Quds, Al Sharq Al Awsat, Al Bina’, Al Liwa’ et Ad Diyar accordent une large place aux négociations en cours et au sort du détroit d’Ormuz. Les informations disponibles font apparaître deux mouvements parallèles. Les médiateurs évoquent la possibilité d’un accord, tandis que Washington et Téhéran continuent d’afficher publiquement des positions très éloignées. Al 3arabi Al Jadid du 12 août 2026 rapporte que le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, estime que les États-Unis et l’Iran se rapprochent d’un arrangement concernant Ormuz. Il affirme que les événements évoluent dans le sens de la paix, sans donner davantage de détails. Cette déclaration intervient pendant une visite à Téhéran du ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi. Celui-ci a rencontré des responsables iraniens dans le cadre des efforts diplomatiques menés par Islamabad. Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Mohammad Ishaq Dar, s’est également entretenu avec son homologue iranien Abbas Araghchi. L’objectif immédiat consiste à trouver une formule permettant le retour d’une navigation normale et sûre dans le détroit.

Le Qatar livre une appréciation comparable mais prudente. Al 3arabi Al Jadid du 12 août 2026 rapporte que le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, décrit les négociations comme étant à un « point charnière ». Doha soutient les efforts d’Oman et considère le rétablissement de la liberté de navigation comme l’objectif minimal de la phase actuelle. Le Qatar refuse cependant qu’Ormuz puisse devenir durablement un instrument de pression politique. Selon Majed al-Ansari, toute formule future de gestion du détroit doit refléter un accord régional. Il indique aussi que les discussions entre Oman et l’Iran se poursuivent et que les autorités iraniennes ont évoqué la préparation d’une annonce. Al Quds du 12 août 2026 rapporte également que les discussions entre Mascate et Téhéran ont atteint une phase avancée. Le quotidien souligne cependant qu’aucun progrès concret permettant de considérer la crise comme réglée n’a encore été annoncé. Les marchés pétroliers continuent d’intégrer un risque élevé. La diplomatie progresse donc dans un environnement où la possibilité d’une nouvelle escalade militaire reste présente.

Donald Trump maintient la menace militaire en parallèle des négociations

Donald Trump conserve une stratégie de pression maximale. Al 3arabi Al Jadid du 12 août 2026 rapporte que le président américain présente trois possibilités face à l’Iran. La première consiste à poursuivre la ligne actuelle et maintenir la pression pendant les négociations. La deuxième serait d’intensifier fortement les attaques. La troisième repose sur un renforcement supplémentaire de la pression économique. Donald Trump affirme que l’économie iranienne traverse une situation très difficile et utilise la faiblesse de la monnaie ainsi que l’inflation pour justifier son approche. Il soutient également avoir empêché l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire. Dans une autre déclaration, il réclame à Téhéran des compensations pour des morts et des blessés attribués à des opérations ou à des organisations soutenues par l’Iran au cours des dernières décennies. Cette demande répond aux revendications iraniennes de compensation pour les destructions causées pendant la guerre récente.

Al Liwa’ du 12 août 2026 rapporte également que Donald Trump accuse les responsables iraniens de manquer de sincérité dans les négociations. Selon lui, Téhéran accepterait certaines propositions dans les réunions avant de les rejeter publiquement. Il qualifie les négociateurs iraniens de particulièrement difficiles. Le président américain assure parallèlement que les États-Unis disposent des moyens militaires nécessaires pour frapper de nouveau. Le discours vise à empêcher l’Iran d’interpréter le retour aux négociations comme un signe de faiblesse américaine. Washington cherche donc à maintenir simultanément la voie diplomatique et la menace d’une reprise des opérations.

Téhéran répond sur le même registre. Al 3arabi Al Jadid du 12 août 2026 rapporte que le porte-parole des Gardiens de la révolution, Hossein Mohebi, présente le détroit d’Ormuz comme bien davantage qu’une voie commerciale. Il le décrit comme un élément de puissance stratégique que l’Iran estime désormais contrôler. Les responsables iraniens affirment également qu’une nouvelle attaque américaine entraînerait une réponse contre les intérêts des États-Unis et de leurs alliés dans la région. Cette rhétorique confirme que les négociations ne constituent pas encore une sortie de crise. Elles sont conduites alors que chaque camp tente de conserver sa capacité de dissuasion.

Téhéran reconstruit son commandement militaire après les pertes de la guerre

La restructuration du commandement militaire iranien constitue l’autre développement majeur. Al 3arabi Al Jadid du 12 août 2026 rapporte une série de nominations décidées par le guide iranien Mojtaba Khamenei. Six hauts responsables prennent la tête d’institutions essentielles des forces armées, des Gardiens de la révolution, de leur marine et de la mobilisation populaire. Ces nominations doivent remplacer plusieurs responsables tués pendant la guerre et réorganiser la chaîne de commandement.

Ali Abdollahi est nommé chef d’état-major général des forces armées. Ahmad Vahidi prend officiellement le commandement des Gardiens de la révolution. Ali Azmaei est nommé à la tête de leur composante navale. Hossein Taeb prend la direction de la mobilisation populaire. D’autres nominations concernent les postes d’adjoints au sein de l’état-major et des Gardiens de la révolution. Al 3arabi Al Jadid souligne que plusieurs des nouveaux responsables sont issus de l’appareil des Gardiens. Un ancien responsable de cette organisation, Hossein Kanaani Moghadam, décrit cette nouvelle structure comme une équipe construite pour une situation de guerre.

Les missions assignées au nouvel état-major montrent les priorités iraniennes. Elles comprennent l’amélioration des capacités de défense, la préparation à une riposte rapide contre des menaces traditionnelles ou nouvelles et une meilleure coordination des structures militaires. Ahmad Vahidi reçoit notamment pour mission de renforcer la capacité de dissuasion et la préparation aux opérations offensives. La restructuration constitue ainsi un message adressé à l’extérieur mais aussi à la population iranienne. Téhéran veut montrer que les pertes subies dans son commandement n’ont pas désorganisé durablement les forces armées. Le signal intervient au moment même où les diplomates discutent d’un compromis sur Ormuz. L’Iran cherche donc à négocier tout en démontrant qu’il se prépare à une éventuelle reprise des hostilités.

La Syrie condamne à mort Bachar el-Assad et plusieurs figures de l’ancien régime

La Syrie constitue le deuxième grand dossier international de la journée. Al 3arabi Al Jadid, Al Quds, Al Sharq Al Awsat, Al Liwa’ et Al Sharq du 12 août 2026 rapportent la condamnation à mort de Bachar el-Assad, de son frère Maher et de plusieurs anciens responsables militaires et sécuritaires. Les décisions sont présentées comme les premières de cette ampleur depuis la chute de l’ancien régime à la fin de 2024. La quatrième cour criminelle de Damas a rendu les jugements dans le cadre d’une procédure concernant notamment les violences qui avaient accompagné le début du soulèvement à Deraa en 2011.

Al 3arabi Al Jadid du 12 août 2026 indique que l’ancien responsable de la sécurité politique à Deraa, Atef Najib, a été condamné à mort après une procédure menée en sa présence. Les témoignages et les investigations examinés par le tribunal l’impliquent dans les interrogatoires de détenus et dans la campagne sécuritaire contre les civils. Le juge Fakhr al-Din al-Arian considère que les faits constituent des crimes contre l’humanité. Bachar el-Assad est, pour sa part, condamné par contumace pour meurtre intentionnel, torture, détention arbitraire et crimes contre l’humanité. Le tribunal considère que sa responsabilité est celle du détenteur de la décision suprême et qu’il a mobilisé les institutions de l’État au service de la répression.

Maher el-Assad et plusieurs autres responsables sont également condamnés à mort. Parmi les noms cités par les journaux figurent Fahd Jassem al-Freij, Louay Ali al-Ali, Qusay Ibrahim Mihoub et Wafiq Saleh Nasser. Al Quds du 12 août 2026 rapporte que l’annonce des condamnations a provoqué des manifestations de satisfaction parmi les familles de victimes présentes au palais de justice. Des célébrations ont ensuite été signalées dans plusieurs villes syriennes. Les jugements ont donc une dimension judiciaire, mais aussi une forte portée symbolique pour les victimes de l’ancien pouvoir.

Al Sharq Al Awsat du 12 août 2026 soulève la question de l’exécution des décisions concernant les responsables qui se trouvent hors de Syrie. Bachar el-Assad vit en Russie depuis la chute de son régime. Le président de l’ordre des avocats syriens explique que Damas pourrait s’appuyer sur des conventions internationales relatives à l’extradition et demander l’intervention de la police internationale. La condamnation ne signifie donc pas que l’ancien président sera effectivement remis à la justice syrienne. Elle marque surtout l’ouverture d’une nouvelle phase dans le traitement judiciaire des crimes imputés à l’ancien régime.

La justice transitionnelle syrienne entre symbole de rupture et interrogations sur son fonctionnement

La procédure contre les anciens responsables place la justice transitionnelle au cœur de la reconstruction politique syrienne. Al 3arabi Al Jadid du 12 août 2026 indique que le président de l’Autorité nationale pour la justice transitionnelle, Abdel Basset Abdel Latif, était présent lors du jugement. Celui-ci considère la décision comme une étape importante vers la justice et la reconnaissance des victimes. Des représentants d’organisations juridiques et humanitaires ont également assisté à la séance.

Cette séquence est toutefois observée avec des lectures différentes dans la presse. Ad Diyar du 12 août 2026 consacre son éditorial de une à une critique du pouvoir d’Ahmed el-Charaa. Le journal ne conteste pas les crimes attribués à l’ancien régime ni les tortures infligées aux opposants. Il demande cependant que les violences attribuées aux forces ou groupes liés au nouveau pouvoir fassent elles aussi l’objet de poursuites. Le quotidien cite notamment les violences commises après la chute du régime et les événements de Soueïda. Cette position constitue une lecture éditoriale propre à Ad Diyar. Elle met néanmoins en lumière l’un des défis essentiels de la justice transitionnelle : sa crédibilité dépendra de sa capacité à ne pas apparaître comme une justice limitée aux vaincus.

La nouvelle direction syrienne doit donc concilier plusieurs impératifs. Elle cherche à répondre aux demandes de justice formulées depuis 2011. Elle doit en même temps construire des institutions judiciaires capables de fonctionner au-delà de la rupture politique. Les condamnations du 11 août, largement commentées dans les éditions du lendemain, donnent un signal fort. Elles ne suffisent cependant pas à régler la question plus vaste de la responsabilité pour l’ensemble des violences commises pendant quinze années de conflit.

Gaza reste suspendue à l’application de la deuxième phase du cessez-le-feu

Le dossier palestinien demeure un autre foyer majeur de tension. Al Quds du 12 août 2026 rapporte que les organisations palestiniennes ont reçu des assurances sur la poursuite du plan destiné à mettre en œuvre la deuxième phase du cessez-le-feu à Gaza. Les médiateurs égyptien, qatari et turc ont multiplié les contacts afin d’éviter l’effondrement du processus. Les responsables palestiniens restent toutefois méfiants face à l’attitude du gouvernement de Benjamin Netanyahu.

Selon Al Quds, le désaccord principal concerne le désarmement et le calendrier du retrait israélien. Le gouvernement israélien réclame un désarmement complet avant de procéder à de nouvelles évacuations. Le Hamas et les autres organisations palestiniennes acceptent de discuter du rassemblement, du stockage et du contrôle des armes dans le cadre d’un processus accompagné de retraits israéliens. La différence porte donc sur l’ordre des étapes. Les organisations palestiniennes demandent que les mesures sur les armes avancent parallèlement au retrait. Israël souhaite que le désarmement précède celui-ci.

Le Hamas affirme avoir transmis des messages par les médiateurs et reçu des assurances selon lesquelles la feuille de route reste valable. Il demande cependant une pression américaine plus forte sur Israël. Le mouvement insiste aussi sur l’application des engagements de la première phase, notamment l’arrêt des attaques, l’entrée de l’aide et le retrait des secteurs occupés au-delà des lignes prévues. L’incertitude demeure donc importante. La réduction de certaines opérations militaires ne constitue pas encore une garantie de mise en œuvre de la deuxième phase.

Le Yémen et la mer Rouge entretiennent un second foyer de crise régionale

Les tensions maritimes ne se limitent pas à Ormuz. Al Quds du 12 août 2026 rapporte une attaque contre un navire au sud de la mer Rouge, près du port de Mokha. Le gouvernement yéménite reconnu internationalement accuse les Houthis d’avoir visé le bâtiment avec plusieurs projectiles. L’attaque a fait des morts parmi l’équipage et les forces ayant participé aux secours. Les Houthis n’avaient pas revendiqué l’opération au moment de la publication.

Al Bina’ du 12 août 2026 rapporte parallèlement que les forces houthies annoncent avoir frappé des concentrations militaires saoudiennes et des dépôts d’armes à Mokha et Marib à l’aide de missiles et de drones. Elles affirment avoir causé des pertes. Ces déclarations montrent que le conflit yéménite conserve une forte capacité d’escalade malgré les efforts diplomatiques régionaux.

L’ensemble de ces dossiers dessine une région où négociation et confrontation restent étroitement liées. Washington et Téhéran discutent tout en maintenant leurs menaces. La Syrie engage des procès historiques alors que la transition politique reste contestée. Gaza attend l’application d’un accord dont les étapes demeurent disputées. La mer Rouge reste exposée aux attaques. La politique internationale du 12 août 2026 est ainsi dominée par des processus diplomatiques qui progressent sans avoir encore supprimé le risque d’une nouvelle escalade militaire.

Économie : finances publiques sous tension, reconstruction entravée et système bancaire toujours en quête de normalisation

Les finances publiques progressent, mais la capacité de l’État à collecter ses recettes reste fragile

La situation des finances publiques libanaises apparaît contrastée dans les éditions du 12 août 2026. Plusieurs indicateurs montrent une amélioration des recettes de l’État, alors que persistent des difficultés de collecte, des arriérés et une forte pression sur les dépenses publiques. Nahar du 12 août 2026 fait état d’une progression des recettes publiques, passées de 3,9 milliards de dollars en 2024 à environ 6 milliards en 2025. Les recettes douanières auraient, pour leur part, augmenté de 108 %. Ces données constituent un signal favorable pour un État dont les ressources avaient été profondément affectées par la crise financière. Elles ne signifient toutefois pas que les déséquilibres budgétaires sont résolus. Le niveau des besoins reste considérable, notamment en raison des dépenses salariales, du fonctionnement des administrations et des conséquences économiques des destructions dans le Sud.

Al Joumhouriyat du 12 août 2026 signale en parallèle plusieurs reports de délais fiscaux. Des mesures publiées les 1er, 5 et 6 août concernent notamment des obligations remontant aux exercices 2022 et 2023. Le journal estime que la multiplication de ces reports ne relève pas uniquement d’une décision administrative. Elle peut aussi traduire les difficultés rencontrées pour recouvrer des sommes accumulées depuis plusieurs années. La situation crée une tension entre deux impératifs. L’État doit améliorer ses recettes pour financer ses dépenses. Cependant, les contribuables et les entreprises évoluent toujours dans une économie fragilisée par plusieurs années de crise. Une politique de recouvrement trop brutale pourrait donc accentuer les difficultés de certains acteurs économiques.

Al Joumhouriyat rapporte également qu’un ministère travaille à renforcer l’échange de données avec un organisme chargé de la collecte et du contrôle. Une plateforme électronique commune doit permettre de comparer les informations relatives aux entreprises, aux déclarations fiscales et aux différentes taxes. Cette démarche rejoint la volonté plus générale des autorités de numériser l’administration. Joseph Aoun a d’ailleurs présenté le développement de l’administration électronique comme l’un des moyens permettant de réduire la corruption et de faciliter les démarches. Sur le plan économique, la numérisation peut également améliorer la collecte fiscale. Une meilleure circulation des données doit limiter les écarts entre les activités déclarées et les montants effectivement versés.

La préparation du budget 2027 fait déjà apparaître des tensions. Al Joumhouriyat du 12 août 2026 évoque des discussions difficiles au niveau des ministères concernant les dépenses prévues. Les administrations doivent tenir compte d’anticipations moins favorables sur certaines recettes. Le gouvernement est donc confronté à une équation délicate. Il doit financer les services publics et répondre aux revendications salariales sans créer de nouveaux déséquilibres. Cette difficulté est d’autant plus importante que la question des rémunérations publiques est redevenue politiquement sensible.

Les salaires du secteur public replacent le pouvoir d’achat au centre du débat économique

La situation des fonctionnaires et des retraités constitue l’un des principaux dossiers économiques et sociaux de la journée. Les abords du Parlement ont été marqués par des protestations liées aux conditions de vie et aux rémunérations. Plusieurs journaux du 12 août 2026 décrivent les revendications des employés du secteur public et des retraités. La crise du pouvoir d’achat continue de produire des effets malgré les ajustements intervenus depuis l’effondrement monétaire.

Ad Diyar du 12 août 2026 consacre notamment un sujet aux rémunérations publiques et aux écarts entre différentes catégories. Le président de la Ligue des employés de l’administration publique insiste sur une revendication présentée comme une question de justice. Les fonctionnaires refusent que les corrections salariales soient conçues comme des mesures ponctuelles qui ne rétablissent pas un rapport cohérent entre les traitements et le coût de la vie.

Le débat prend une dimension politique lorsque les rémunérations des députés sont comparées à celles des agents publics. Ad Diyar évoque la possibilité que les revenus parlementaires atteignent l’équivalent de plusieurs milliers de dollars. Dans un contexte où les fonctionnaires manifestent pour obtenir une amélioration de leurs traitements, cette question nourrit un sentiment d’inégalité. Elle pose également le problème de la hiérarchie des dépenses publiques. L’État doit arbitrer entre la nécessité de rémunérer correctement ses agents, les contraintes budgétaires et les demandes particulières de différentes catégories professionnelles.

Nawaf Salam utilise aussi le dossier salarial pour défendre l’action du gouvernement envers l’armée. Lors de la controverse parlementaire avec Michel Menassa, le Premier ministre rappelle les démarches effectuées pour améliorer les traitements des militaires et obtenir des aides étrangères. La rémunération des forces armées demeure un problème économique autant que sécuritaire. La capacité de l’État à maintenir des soldats correctement payés conditionne directement l’efficacité de l’institution à laquelle il demande désormais davantage de missions dans le Sud et sur l’ensemble du territoire.

Cette pression salariale explique en partie la difficulté de préparer les prochains budgets. Une augmentation générale et durable des rémunérations entraîne des dépenses récurrentes. Elle ne peut donc être financée uniquement par des recettes exceptionnelles. La progression des revenus fiscaux constitue un élément favorable, mais le gouvernement doit encore démontrer que cette amélioration peut être maintenue.

Le maintien du Liban sous surveillance financière complique la normalisation bancaire

La normalisation du système financier constitue un autre enjeu majeur. Nahar du 12 août 2026 s’intéresse aux conséquences du maintien du Liban sur la liste grise du Groupe d’action financière. Cette situation pèse sur les relations financières internationales du pays. Les opérations peuvent faire l’objet de contrôles renforcés, ce qui augmente les coûts et ralentit certaines transactions.

Pour le Liban, l’enjeu dépasse largement l’image de son système bancaire. La capacité à recevoir des investissements étrangers et à financer la reconstruction dépend en partie de la confiance accordée aux circuits financiers. Les banques correspondantes étrangères jouent un rôle essentiel dans les transferts internationaux. Toute augmentation du niveau de surveillance peut compliquer ces relations. Les entreprises libanaises sont alors confrontées à des procédures plus longues et parfois plus coûteuses pour effectuer certaines opérations.

Le problème intervient alors que le secteur bancaire n’a toujours pas réglé les conséquences de la crise commencée en 2019. La question des dépôts reste politiquement explosive. Le député Camille Chamoun réclame, selon Al Sharq du 12 août 2026, que les fonds des déposants soient restitués avant d’augmenter certaines rémunérations publiques et que les responsables des détournements soient poursuivis. Sa déclaration traduit la persistance d’une revendication centrale : les déposants refusent que la normalisation économique soit annoncée alors que l’accès à une partie de leurs avoirs reste compromis.

La séance parlementaire comprend par ailleurs le dossier de la restructuration bancaire parmi les textes sensibles évoqués par plusieurs publications. Cette restructuration est indispensable pour définir la répartition des pertes accumulées entre l’État, la Banque du Liban, les établissements financiers et les déposants. Tant que cette question n’est pas réglée, la reprise du crédit et le retour à un fonctionnement bancaire normal restent difficiles.

Le gouverneur de la Banque du Liban Karim Souaid se trouve ainsi à la tête d’une institution confrontée à plusieurs exigences simultanées. Elle doit contribuer à la stabilité monétaire, restaurer ses relations avec le système financier international et accompagner la réforme bancaire. Elle doit aussi fonctionner dans un environnement politique où les responsabilités de la crise financière restent vivement disputées.

Le dossier Riad Salameh continue de peser sur l’héritage de la crise financière

La question des responsabilités liées à l’ancienne gestion de la Banque du Liban reste présente. Al Sharq du 12 août 2026 revient sur une procédure concernant l’ancien gouverneur Riad Salameh. Le journal rapporte les arguments de juristes contestant certains éléments d’une action judiciaire engagée contre lui. Selon cette lecture, l’opération concernée aurait été approuvée par le conseil central de la Banque du Liban et aurait produit un bénéfice pour l’institution.

Le quotidien indique également que les défenseurs de l’ancien gouverneur invoquent la prescription et rappellent qu’il a déjà été entendu sur ce dossier. Ils demandent aussi que soient prises en considération sa situation personnelle et les mesures judiciaires auxquelles il a déjà été soumis. Ces arguments représentent la position rapportée par le journal et ne permettent pas, à eux seuls, de trancher le fond du dossier.

L’importance économique de l’affaire vient de ce qu’elle renvoie constamment à la question des responsabilités dans l’effondrement financier. Les procédures concernant l’ancien gouverneur sont suivies à la fois comme des dossiers judiciaires et comme des éléments de compréhension de la gestion passée de la Banque du Liban. Pour les déposants, elles sont également associées à la question de la récupération des fonds.

La restauration de la confiance exige donc davantage qu’une stabilisation des principaux indicateurs. Elle dépend aussi de la capacité des institutions à clarifier les responsabilités, à restructurer les banques et à définir le traitement des pertes. Sans règlement de ces dossiers, les améliorations ponctuelles des finances publiques ne suffiront pas à refermer la crise bancaire.

La reconstruction du Sud reste suspendue à la sécurité et au financement

Les conséquences économiques des opérations israéliennes occupent également une place importante. Plusieurs journaux du 12 août 2026 décrivent la destruction de maisons, d’infrastructures, de terres et d’activités économiques dans le Sud. Les opérations de démolition et de nivellement empêchent le retour normal des habitants et retardent toute reconstruction durable.

Le problème est double. La reconstruction nécessite des financements considérables, mais les investisseurs et bailleurs ont besoin d’un minimum de visibilité sécuritaire. Tant que les attaques se poursuivent et que les modalités du retrait israélien restent incertaines, les travaux peuvent eux-mêmes être exposés à de nouvelles destructions. L’issue des négociations devient donc une variable économique essentielle.

Joseph Aoun lie directement la négociation au retour des habitants et à la reconstruction. Le rétablissement d’une activité économique normale dans le Sud suppose le retour des familles, la remise en état des routes, des logements et des exploitations agricoles. Il suppose aussi que l’État soit capable de coordonner les financements et d’assurer la présence des administrations.

La situation financière internationale du Liban complique encore ce processus. Le maintien du pays sous surveillance renforcée en matière financière peut peser sur les transferts et les investissements. Les difficultés du secteur bancaire limitent par ailleurs les capacités de financement intérieur. La reconstruction dépend donc largement de ressources publiques, de financements internationaux et des capitaux de la diaspora.

Ormuz et la hausse du risque pétrolier ajoutent une incertitude extérieure

L’économie libanaise reste enfin exposée à l’évolution de la crise régionale. Al Bina’ du 12 août 2026 conteste les déclarations américaines affirmant que la navigation dans le détroit d’Ormuz aurait retrouvé un fonctionnement normal. Le journal s’appuie sur des données relatives aux mouvements de navires et sur l’évolution du prix du pétrole pour soutenir que le trafic reste perturbé. Selon le quotidien, le pétrole Brent a progressé d’environ 13 % sur une semaine et s’est rapproché de 90 dollars le baril.

Al 3arabi Al Jadid du 12 août 2026 rapporte de son côté que les négociations entre l’Iran et les médiateurs portent précisément sur le rétablissement de la navigation. Le Qatar considère le retour à la liberté de circulation comme la priorité immédiate. Le Pakistan estime qu’un arrangement entre Washington et Téhéran se rapproche, mais aucun règlement définitif n’est encore annoncé.

Pour le Liban, une hausse durable du prix du pétrole constituerait une pression supplémentaire. Le pays reste fortement dépendant des importations énergétiques. Une augmentation du coût du brut peut se transmettre aux prix des carburants, du transport et de la production électrique. Elle peut ensuite alimenter les prix d’autres biens et services.

L’économie libanaise aborde ainsi la seconde moitié de 2026 avec quelques signes d’amélioration des recettes publiques, mais toujours avec des fragilités structurelles importantes. La collecte fiscale reste difficile. Les revendications salariales augmentent. La restructuration bancaire demeure inachevée. Les déposants attendent toujours un règlement durable. La reconstruction du Sud dépend de l’issue des négociations et des financements disponibles. Enfin, les tensions autour d’Ormuz rappellent que toute nouvelle crise énergétique régionale peut rapidement peser sur une économie libanaise encore vulnérable.

Justice : l’abolition de la peine de mort et l’amnistie générale bouleversent le débat judiciaire libanais

L’abolition de la peine de mort ouvre une nouvelle étape de la politique pénale

L’abolition de la peine de mort constitue le principal événement judiciaire rapporté par la presse libanaise du 12 août 2026. Al Liwa’, Al Joumhouriyat, Al Akhbar, Al Bina’, Al Sharq, Ad Diyar et Nahar reviennent largement sur le vote du Parlement. La décision revêt une portée particulière puisque les exécutions étaient déjà suspendues dans les faits depuis 2004. Le ministre de la Justice Adel Nassar qualifie l’adoption de la réforme d’étape historique. Nahar du 12 août 2026 rapporte également la réaction favorable de l’Union européenne, qui souligne la portée régionale de la décision libanaise. Le débat ne s’est cependant pas limité à l’opportunité de conserver ou non la peine capitale. Les députés ont dû déterminer les sanctions destinées à la remplacer et surtout les conséquences du nouveau régime sur les personnes déjà condamnées. Selon Ad Diyar du 12 août 2026, un amendement présenté par Abdel Rahman Bizri au nom de 23 députés sunnites prévoit la suppression de la peine capitale dans les lois libanaises. Pour les faits commis après l’entrée en vigueur de la réforme, elle est remplacée par une peine de travaux forcés à perpétuité renforcée. Pour les faits antérieurs, la peine doit être remplacée par les travaux forcés à perpétuité. Cette distinction devient essentielle car elle peut modifier concrètement la durée d’incarcération de certains condamnés. C’est à ce niveau que l’abolition de la peine capitale rejoint directement le dossier de l’amnistie générale. Les députés ne discutent plus uniquement d’un principe de droit pénal. Ils doivent aussi mesurer les conséquences immédiates de leur vote sur plusieurs détenus condamnés pour des crimes graves.

Al Joumhouriyat du 12 août 2026 rapporte les réserves d’un juriste sur la manière dont cette transition a été organisée. Celui-ci insiste sur la nécessité de tenir compte du principe de la loi pénale la plus favorable à l’accusé et des règles relatives à l’application des nouvelles sanctions. La question devient particulièrement sensible lorsque les travaux forcés à perpétuité sont rapprochés d’une durée effective de détention pouvant être calculée à dix-sept ans dans certaines hypothèses évoquées pendant les discussions. Hussein Hajj Hassan conteste précisément cette possibilité. Selon Ad Diyar du 12 août 2026, il affirme que le bloc de la Fidélité à la Résistance soutient l’amnistie, mais refuse que l’abolition de la peine capitale conduise à des réductions qu’il juge excessives. Il évoque les victimes des attentats et les militaires tués. Le débat oppose donc plusieurs conceptions de la justice. L’une privilégie l’abolition définitive d’une sanction considérée comme irréversible. Une autre demande que la réforme ne produise pas un allègement disproportionné des peines prononcées pour des crimes particulièrement graves. Le Parlement a tranché le principe de l’abolition, mais il n’a pas supprimé les controverses relatives aux sanctions qui doivent désormais remplacer la peine capitale.

L’amnistie générale ravive le dossier des détenus islamistes et des militaires tués

Le projet d’amnistie générale constitue le second grand dossier judiciaire. Il est aussi celui qui provoque les affrontements politiques les plus importants. Plusieurs journaux du 12 août 2026 expliquent que le texte vise différentes catégories de détenus et prévoit des réductions exceptionnelles de peine. Une partie des députés sunnites défend depuis longtemps le dossier de personnes considérées comme victimes de condamnations excessives ou de procédures marquées par les rapports de force politiques des années précédentes. La situation de certains détenus islamistes occupe donc une place centrale dans les négociations. Le nom d’Ahmad al-Assir apparaît à plusieurs reprises. Selon Al Akhbar du 12 août 2026, les discussions ont envisagé plusieurs mécanismes pouvant avoir des conséquences sur sa durée d’incarcération. Une formule devait permettre à des personnes ayant passé douze années en prison d’être libérées tout en poursuivant leur procédure. Une précision concernant l’existence ou non d’un jugement définitif a toutefois été ajoutée. Les réserves exprimées par l’armée ont contribué à modifier les discussions.

Le dossier devient particulièrement sensible en raison des crimes commis contre les militaires. Hussein Hajj Hassan demande que les familles des soldats tués ne soient pas oubliées. Al Akhbar du 12 août 2026 rapporte qu’il cite le colonel Noureddine Jamal et demande aux députés de mesurer la portée des réductions envisagées. Pour le Hezbollah, il ne s’agit donc pas de rejeter toute amnistie. Le parti affirme soutenir son principe, mais veut empêcher qu’elle ne soit interprétée comme une banalisation des attaques contre l’armée. Cette distinction est importante. Elle explique pourquoi le bloc a participé aux discussions tout en contestant certains amendements.

La controverse montre également les limites d’une amnistie comme réponse à l’engorgement des prisons. Al Joumhouriyat du 12 août 2026 rapporte qu’un juriste refuse de considérer l’amnistie comme une solution structurelle au surpeuplement carcéral. Selon lui, l’État doit construire de nouveaux établissements répondant aux normes nécessaires, améliorer les politiques de prévention et traiter les causes qui conduisent régulièrement à l’accumulation de détenus. Une amnistie peut réduire temporairement la population carcérale. Elle ne règle ni la lenteur des procédures ni les déficiences des infrastructures. Le risque est donc de retrouver les mêmes difficultés quelques années plus tard.

Le conflit entre Nawaf Salam et Michel Menassa place l’armée au cœur du débat judiciaire

La discussion sur l’amnistie prend une dimension institutionnelle lorsque le ministre de la Défense Michel Menassa souhaite présenter les observations de l’armée devant le Parlement. Nawaf Salam estime qu’il doit lui-même exprimer la position du gouvernement. Selon Ad Diyar du 12 août 2026, l’échange entre les deux hommes devient particulièrement tendu. Michel Menassa considère que ses responsabilités lui imposent de transmettre la position de l’institution militaire. Le Premier ministre maintient sa décision de parler au nom du gouvernement.

Al Akhbar du 12 août 2026 rapporte une version plus détaillée et nettement critique envers Nawaf Salam. Selon le quotidien, le ministre de la Défense aurait insisté sur le caractère institutionnel de son intervention et sur la nécessité de préserver la position de l’armée face aux familles de ses morts. Le journal rapporte également que le commandement militaire tenait à ce que ses remarques soient présentées. Plusieurs députés se sont alors opposés à la poursuite du débat sans entendre le ministre.

Nawaf Salam défend une autre lecture. Al Sharq du 12 août 2026 rapporte qu’il affirme que les observations de l’armée avaient déjà été présentées aux commissions parlementaires et consignées dans une note écrite. Il nie donc toute volonté de réduire l’armée au silence. Il invoque l’article 64 de la Constitution et le principe de solidarité gouvernementale. Il insiste également sur son soutien à l’institution militaire et rappelle les efforts accomplis pour améliorer les traitements de ses membres et obtenir des aides étrangères.

La question judiciaire se transforme alors en controverse constitutionnelle. Plusieurs députés invoquent l’article 67 de la Constitution pour défendre le droit d’un ministre à être entendu au Parlement. Gebran Bassil estime que Michel Menassa dispose de compétences propres et que le Premier ministre ne peut l’empêcher de les exercer. La discussion sur l’amnistie produit ainsi un débat plus large sur les relations entre pouvoir exécutif et pouvoir législatif. La perte du quorum empêche finalement le vote. La justice pénale, les droits des détenus et la mémoire des victimes se retrouvent mêlés à une confrontation sur les prérogatives constitutionnelles.

La nouvelle loi sur les médias suscite une bataille sur les poursuites pénales

La justice est également au centre de la controverse sur la nouvelle loi sur les médias. Le Parlement adopte le texte transmis par les commissions, mais plusieurs dispositions provoquent immédiatement l’opposition des représentants de la presse. Al Joumhouriyat du 12 août 2026 souligne particulièrement l’article 104. Celui-ci maintient la possibilité de poursuites pénales liées à la diffusion d’informations qualifiées de fausses. Le problème réside dans la définition de cette notion. Un juriste cité par le quotidien estime qu’en l’absence de critères suffisamment précis, une large marge d’interprétation peut être laissée aux autorités chargées des poursuites. La distinction entre une information délibérément fausse, une erreur journalistique et une appréciation professionnelle peut devenir difficile.

La même analyse souligne la nécessité de garanties particulières pour les journalistes. La question du recours à la détention provisoire dans les affaires liées aux publications est notamment soulevée. Une telle mesure peut avoir un effet de pression qui dépasse largement la sanction éventuellement prononcée à l’issue d’un procès. Les organisations professionnelles redoutent donc que le nouveau dispositif ne permette un retour des procédures pénales comme instrument de pression sur les médias.

Le ministre de l’Information Paul Morcos exprime lui-même des réserves après le vote. Selon Al Joumhouriyat du 12 août 2026, il considère que le travail législatif doit se poursuivre et annonce une initiative pour modifier certaines parties de l’article 104. Les syndicats de la presse et des rédacteurs annoncent de leur côté une conférence commune et un plan de mobilisation. Al Bina’ et Al Sharq du 12 août 2026 rapportent également cette opposition. Le conflit judiciaire à venir ne porte donc pas seulement sur la liberté d’expression dans son principe. Il concerne la compétence des juridictions, les procédures d’enquête, la détention des journalistes et la définition des infractions de publication.

Le dossier Riad Salameh maintient ouverte la question des responsabilités financières

Al Sharq du 12 août 2026 revient sur une nouvelle étape judiciaire concernant l’ancien gouverneur de la Banque du Liban Riad Salameh. Le journal rapporte les interrogations de juristes après la diffusion du contenu d’une demande de poursuites attribuée au procureur général près la cour d’appel, Raja Hamouche. Selon les arguments rapportés par le quotidien, l’opération faisant l’objet du dossier aurait été réalisée sur la base d’une décision du conseil central de la Banque du Liban. Elle aurait également produit un bénéfice net de 33 millions de dollars pour la banque centrale.

Les juristes cités par Al Sharq avancent plusieurs moyens de défense. Ils considèrent notamment que la prescription pourrait être invoquée. Ils rappellent aussi que Riad Salameh a déjà été interrogé dans ce dossier. Le quotidien mentionne enfin ses onze mois de détention antérieure, son interdiction de voyager, le retrait de son passeport et le paiement d’une caution particulièrement élevée. Les défenseurs de l’ancien gouverneur demandent l’application de l’article 111 du Code de procédure pénale, qui permet dans certaines circonstances de remplacer la détention par un contrôle judiciaire.

Ces éléments constituent les arguments rapportés par Al Sharq et ne permettent pas de préjuger de la décision de la justice. L’affaire reste néanmoins importante dans le contexte libanais. Chaque procédure visant l’ancien gouverneur renvoie à la question plus large des responsabilités liées à l’effondrement financier. Les déposants continuent de réclamer l’accès à leurs fonds. Les autorités travaillent à la restructuration bancaire. Les procédures judiciaires concernant l’ancienne direction de la banque centrale sont donc suivies bien au-delà de leur seule dimension pénale.

Tell el-Zaatar : cinquante ans après, la question des disparus reste sans réponse judiciaire complète

Al 3arabi Al Jadid du 12 août 2026 consacre un dossier important au cinquantième anniversaire du massacre de Tell el-Zaatar. Le journal revient sur les responsabilités, les témoignages, les disparus et les interrogations qui persistent un demi-siècle après les faits. Le dossier prend une dimension judiciaire en raison de l’absence de réponses définitives sur le sort de nombreuses personnes. Il évoque également les recherches autour de possibles lieux d’inhumation et les demandes des familles.

Le journal replace le massacre dans le contexte de la guerre civile libanaise et confronte différentes versions concernant les acteurs impliqués. Il souligne que plusieurs questions demeurent ouvertes, notamment sur le nombre de victimes et le sort des disparus. L’absence de résolution de ces dossiers montre les difficultés du Liban à traiter judiciairement les violences de la guerre civile. Les amnisties et les compromis politiques ont permis de mettre fin au conflit, mais ils ont aussi laissé de nombreuses familles sans réponse.

Le rapprochement avec le débat actuel sur l’amnistie est significatif. Dans les deux cas, la société libanaise se trouve confrontée à la tension entre la volonté de refermer un dossier et l’exigence de justice des victimes. L’amnistie peut contribuer à une sortie politique de certaines crises. Elle peut également laisser subsister des blessures lorsque les responsabilités ne sont pas établies et que les familles considèrent que leurs droits ont été ignorés. Le cinquantième anniversaire de Tell el-Zaatar rappelle ainsi que les conséquences d’une décision judiciaire ou politique peuvent se prolonger pendant plusieurs générations.

La justice libanaise confrontée simultanément à la réforme et aux dossiers hérités

Les informations publiées le 12 août 2026 montrent une justice libanaise soumise à plusieurs transformations simultanées. L’abolition de la peine de mort modifie profondément le droit pénal. L’amnistie générale oblige le Parlement à arbitrer entre la situation des détenus et les droits des victimes. La nouvelle loi sur les médias ouvre une controverse sur les limites de la répression pénale en matière de publication. Le dossier Riad Salameh prolonge les procédures liées à la crise financière. Enfin, Tell el-Zaatar rappelle que certaines affaires héritées de la guerre civile demeurent sans réponse complète cinquante ans plus tard.

Le point commun de ces dossiers réside dans la difficulté à concilier justice, mémoire et compromis politique. L’abolition de la peine capitale constitue une rupture nette. Pour les autres affaires, les réponses restent plus incertaines. Le débat sur l’amnistie montre notamment qu’une décision destinée à tourner une page peut elle-même ouvrir une nouvelle confrontation si les victimes, les institutions concernées ou une partie de la société considèrent que leurs droits n’ont pas été suffisamment pris en compte.

Société : fonctionnaires, réfugiés et habitants du Sud face à des pressions sociales persistantes

Les agents publics manifestent pendant que le Parlement débat des grandes réformes

Les difficultés économiques continuent de peser directement sur la société libanaise. Les éditions du 12 août 2026 accordent une place importante aux revendications des fonctionnaires, des retraités et des différentes catégories de salariés du secteur public. Nahar du 12 août 2026 rapporte que des employés du secteur public se sont mobilisés autour du Parlement au moment où les députés examinaient plusieurs textes majeurs. Leur mouvement porte notamment sur les conditions de vie et sur le mécanisme prévu pour améliorer les rémunérations. Les manifestants contestent une correction salariale qui serait étalée dans le temps alors que l’érosion du pouvoir d’achat a déjà profondément affecté les revenus. Cette mobilisation crée un contraste avec l’ordre du jour parlementaire. À l’intérieur de l’hémicycle, les députés discutent de l’abolition de la peine de mort, de l’amnistie et de la loi sur les médias. À l’extérieur, les agents publics rappellent que le fonctionnement quotidien de l’État dépend aussi de sa capacité à rémunérer ses employés. La crise des salaires ne constitue plus une conséquence ponctuelle de l’effondrement financier. Elle s’inscrit dans la durée et affecte les administrations, les services publics et les familles qui dépendent directement des traitements versés par l’État. Ad Diyar du 12 août 2026 aborde également la question des rémunérations et des écarts entre différentes catégories du secteur public. Le dossier devient particulièrement sensible lorsque les revenus des députés sont comparés à ceux des fonctionnaires. Les représentants des employés réclament avant tout une correction durable et équitable. Ils refusent que les ajustements prennent uniquement la forme d’aides provisoires incapables de rétablir une relation stable entre salaire et coût de la vie.

La situation des militaires appartient au même débat social. Nawaf Salam affirme, selon Al Sharq du 12 août 2026, avoir cherché à obtenir des soutiens étrangers pour améliorer les rémunérations et les conditions matérielles de l’armée. Cette question est essentielle au moment où les militaires doivent assumer davantage de responsabilités dans le Sud. Une institution chargée du déploiement frontalier, de la sécurité intérieure et de l’application des décisions de l’État ne peut durablement fonctionner avec des traitements fortement dépréciés. La crise du pouvoir d’achat devient ainsi une question de fonctionnement institutionnel. Elle touche aussi bien les fonctionnaires civils que les militaires. La préparation des prochaines dépenses publiques devra donc arbitrer entre les contraintes budgétaires et la nécessité de conserver des administrations capables de remplir leurs missions. Les manifestations autour du Parlement montrent que les employés publics veulent peser directement sur cet arbitrage.

Le Sud cumule destruction matérielle, déplacement et incertitude sur le retour

La situation des habitants du Sud constitue l’autre grande question sociale libanaise. Plusieurs publications du 12 août 2026 décrivent des localités toujours soumises aux opérations israéliennes. Les destructions de logements, les opérations de nivellement, les frappes et l’impossibilité de retourner durablement dans certains secteurs maintiennent une partie de la population dans une situation instable. Al Joumhouriyat du 12 août 2026 rapporte que l’armée israélienne poursuit la création d’un nouvel état de fait dans certaines zones. Des maisons sont détruites et les habitants ne disposent pas encore de garanties permettant un retour définitif. Le problème dépasse la seule perte immobilière. La destruction d’un village touche les réseaux familiaux, les activités agricoles, les commerces, les écoles et les services qui permettent à une communauté de fonctionner. Une reconstruction matérielle ne peut donc être dissociée d’une reconstruction sociale.

Al Bina’ du 12 août 2026 critique vivement l’attitude du pouvoir face à cette situation. Dans un texte consacré aux « blessures du Sud », le journal décrit le sentiment d’abandon ressenti par une partie des habitants. Il reproche aux autorités de ne pas disposer de plans d’urgence suffisamment visibles et de laisser les populations affronter seules les conséquences du déplacement. Cette présentation correspond à la ligne éditoriale du quotidien et à son opposition à la stratégie gouvernementale. Elle met cependant en évidence une question concrète : la durée de l’incertitude augmente le coût humain de la crise. Plus le retour est retardé, plus les familles doivent organiser leur vie ailleurs. Les enfants changent d’environnement scolaire. Les activités professionnelles sont interrompues. Les logements provisoires deviennent durables. Les communautés risquent alors de perdre progressivement leur capacité à retrouver leur fonctionnement antérieur.

Joseph Aoun place précisément le retour à une vie normale parmi les objectifs de la négociation. Selon Al Joumhouriyat du 12 août 2026, le président estime que les habitants du Sud doivent pouvoir vivre sur leurs terres sans être continuellement entraînés dans des guerres. Son discours associe retrait israélien, stabilité et reconstruction. La question sociale devient donc l’un des arguments utilisés pour défendre le choix diplomatique. Pour le chef de l’État, le succès d’une politique ne peut pas seulement être mesuré par le contrôle d’une position militaire. Il doit aussi permettre aux habitants de rester chez eux, de travailler et de reconstruire leurs villages.

Cinquante ans après Tell el-Zaatar, les familles restent confrontées à la mémoire des disparus

Al 3arabi Al Jadid du 12 août 2026 consacre un important dossier au cinquantième anniversaire du massacre de Tell el-Zaatar. L’événement reste profondément lié à l’histoire des réfugiés palestiniens au Liban et à celle de la guerre civile. Le camp situé à l’est de Beyrouth abritait environ vingt mille réfugiés palestiniens, ainsi que des Libanais qui y avaient trouvé refuge. Le siège et la chute du camp en 1976 ont fait un nombre important de victimes. Cinquante ans plus tard, le journal souligne que plusieurs questions fondamentales restent sans réponse définitive. Elles concernent les responsabilités, le nombre exact de morts et surtout le sort de personnes toujours considérées comme disparues.

Le dossier d’Al 3arabi Al Jadid du 12 août 2026 rassemble témoignages, récits et documents afin de revenir sur les différentes versions des événements. L’intérêt social de ce travail tient notamment à la place accordée aux familles. Pour elles, la question n’est pas seulement historique. L’absence de certitude sur le sort d’un proche prolonge le traumatisme bien au-delà de la génération ayant vécu la guerre. Les interrogations sur de possibles lieux d’inhumation et sur l’identification des victimes montrent que le traitement du passé reste incomplet.

Tell el-Zaatar illustre plus largement le problème des disparus de la guerre civile libanaise. La fin du conflit n’a pas permis de répondre à toutes les familles. Les compromis politiques ont facilité le retour à une certaine stabilité, mais ils ont laissé de nombreux dossiers ouverts. Le cinquantième anniversaire rappelle ainsi que les conséquences sociales de la guerre ne disparaissent pas avec la fin des combats. Elles se transmettent par la mémoire familiale et par l’absence de réponses officielles.

Cette commémoration intervient au moment où le Parlement débat d’une nouvelle amnistie. Le rapprochement entre les deux sujets est significatif. Une amnistie peut être conçue comme un instrument de pacification ou de règlement politique. Pour les victimes et leurs proches, elle peut aussi être vécue comme une nouvelle fermeture des dossiers. L’expérience de la guerre civile explique en partie la sensibilité actuelle autour de toute mesure susceptible d’effacer ou de réduire les conséquences judiciaires de violences passées.

Les réfugiés palestiniens au Liban restent confrontés à des conditions sociales difficiles

La situation actuelle des réfugiés palestiniens apparaît également dans Al Bina’ du 12 août 2026. Le quotidien rapporte une rencontre entre le Parti syrien national social et une délégation du Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général. Les participants évoquent notamment les conditions de vie des Palestiniens installés dans les camps au Liban et l’augmentation des pressions auxquelles ils sont confrontés. Ils demandent un programme destiné à préserver leur dignité et à renforcer leurs conditions de vie jusqu’à un éventuel retour.

La rencontre insiste sur les droits sociaux et humains des réfugiés. Cette question reste ancienne au Liban. Les Palestiniens vivent dans un cadre juridique particulier qui limite l’accès à plusieurs professions et à certains droits économiques. Les difficultés des camps sont aggravées par la crise financière libanaise et par les tensions régionales. Le débat sur leurs droits reste cependant politiquement sensible en raison de la crainte de toute installation définitive.

Al Bina’ du 12 août rapporte aussi la visite au Liban d’un groupe d’étudiants américains solidaires des Palestiniens. Leur programme comprend plusieurs camps. Les responsables qui les reçoivent cherchent à attirer leur attention sur les conditions de vie des réfugiés ainsi que sur les conséquences de la guerre à Gaza. Au-delà de la dimension politique de cette visite, elle remet en lumière une population installée depuis plusieurs générations au Liban sans qu’une solution durable ait été trouvée à sa situation.

Le cinquantième anniversaire de Tell el-Zaatar donne à cette actualité une profondeur particulière. Il relie les difficultés présentes des camps à une histoire faite de déplacements, de conflits et de violences. Les réfugiés palestiniens demeurent ainsi au croisement de plusieurs questions sociales libanaises : pauvreté, accès au travail, logement, sécurité et mémoire de la guerre civile.

L’école et les examens officiels reviennent au Parlement

Les questions éducatives occupent également une partie de la séance parlementaire rapportée par Al Bina’, Al Sharq et plusieurs autres publications du 12 août 2026. Paula Yacoubian intervient sur le dossier des candidatures libres aux examens officiels. Edgar Traboulsi évoque les épreuves du baccalauréat. Ihab Hamadeh intervient lui aussi sur les candidatures libres au diplôme secondaire. Ces prises de parole montrent que le fonctionnement du système éducatif reste un sujet de préoccupation politique.

La question des candidats libres concerne directement des jeunes dont le parcours scolaire ne correspond pas au cursus traditionnel. Toute modification des règles d’examen peut donc avoir des conséquences sur leur possibilité d’obtenir un diplôme officiel. Le dossier prend une importance particulière après plusieurs années durant lesquelles les établissements scolaires ont été confrontés à la crise économique, aux interruptions de cours et aux difficultés salariales des enseignants.

Les informations disponibles dans les journaux du 12 août ne permettent pas d’établir une réforme complète du système éducatif. Elles montrent cependant que les examens officiels restent contestés sur plusieurs aspects et que les députés demandent des réponses au gouvernement. L’éducation demeure l’un des secteurs où les effets sociaux de la crise économique se prolongent. Les familles doivent supporter des coûts élevés tandis que l’enseignement public reste confronté aux difficultés de financement.

La crise sociale ne se limite plus à la pauvreté et touche le fonctionnement même des institutions

Les différents sujets recensés dans les journaux du 12 août 2026 montrent une transformation de la crise sociale libanaise. Les difficultés ne concernent plus uniquement les catégories traditionnellement considérées comme vulnérables. Elles affectent désormais directement les institutions qui doivent assurer le fonctionnement de l’État. Les fonctionnaires réclament des rémunérations viables. Les militaires sont confrontés aux mêmes pressions alors que leurs missions augmentent. Le système éducatif doit répondre aux conséquences de plusieurs années d’instabilité. Dans le Sud, des familles ne savent toujours pas dans quelles conditions elles pourront retourner durablement chez elles.

À ces difficultés contemporaines s’ajoutent des questions beaucoup plus anciennes. Les réfugiés palestiniens continuent de vivre avec des restrictions et des conditions économiques difficiles. Les familles des disparus de Tell el-Zaatar cherchent encore des réponses cinquante ans après le massacre. Ces situations montrent que certaines crises sociales libanaises se prolongent pendant plusieurs générations lorsque les institutions ne parviennent pas à produire une solution durable.

La journée du 12 août 2026 juxtapose ainsi des problèmes issus de périodes très différentes. La crise financière commencée en 2019 continue de peser sur les salaires et les services publics. La guerre au Sud provoque de nouveaux déplacements et de nouvelles destructions. Les conséquences de la guerre civile restent visibles dans le dossier des disparus. Le Parlement débat de lois susceptibles de modifier profondément le droit pénal, mais les mobilisations qui entourent l’hémicycle rappellent que la stabilité politique dépend également de la capacité de l’État à répondre aux besoins quotidiens de sa population.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

A lire aussi