Le président Joseph Aoun a affirmé mardi 11 août 2026 que les négociations avec Israël « progressent » et restent préférables aux « résultats dévastateurs de la guerre », tout en assurant que le Liban n’acceptera le maintien d’aucun soldat israélien sur son territoire. Ces déclarations interviennent pourtant alors que les négociations directes sont suspendues après la septième rencontre de Rome, achevée le 6 août sans nouveau retrait israélien et sans date convenue entre les parties pour une huitième session. Aoun a également estimé que les attaques israéliennes avaient diminué depuis la signature de l’accord-cadre. Elles n’ont cependant pas cessé : Israël a ciblé une position de l’Armée libanaise le 10 août et, le lendemain, une équipe de la Défense civile a dû interrompre l’extinction d’un incendie à Nabatiyé après avoir été visée par un drone attribué à Israël. Washington affirme de son côté être satisfait de la direction prise par les discussions et prévoit une reprise à Rome au début de septembre, alors qu’un responsable israélien assure qu’aucune date n’a encore été fixée.
Aoun affirme que les négociations « progressent »
Joseph Aoun a défendu mardi le processus engagé avec Israël sous médiation américaine. Le président a estimé que les discussions avaient enregistré des avancées et qu’elles constituaient, quelles que soient leurs difficultés, une option préférable à une nouvelle confrontation militaire.
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« Dans tous les cas, les négociations sont meilleures que les résultats dévastateurs de la guerre », a déclaré le chef de l’État. Il a également affirmé que l’intensité des attaques israéliennes contre le Liban avait diminué depuis la signature de l’accord-cadre conclu dans le cadre des discussions.
Selon Aoun, cette baisse a eu un effet sur la situation intérieure. Il a notamment estimé qu’elle avait favorisé le retour de Libanais venus passer l’été dans leur pays. Le président lie ainsi la diminution de la pression militaire à une reprise partielle des déplacements vers le Liban pendant la saison estivale.
Le chef de l’État a toutefois insisté sur le fait que la négociation ne modifiait pas les objectifs libanais. Il a cité trois priorités : le retrait israélien, le retour des prisonniers et la reconstruction des zones détruites.
« Il n’y a pas de désaccord entre les Libanais sur les objectifs : le retrait israélien, le retour des prisonniers et la reconstruction de ce qui a été détruit », a-t-il déclaré.
Aoun a surtout exclu toute présence israélienne durable sur le territoire libanais. « En définitive, nous ne permettrons pas à Israël de rester sur un seul pouce de notre territoire, ni à un seul de ses soldats de rester sur notre sol », a-t-il affirmé.
Cette déclaration intervient alors que la question du retrait constitue précisément l’un des principaux points de blocage des discussions. La septième rencontre n’a pas permis au Liban d’obtenir l’évacuation supplémentaire qu’il demandait dans le Sud.
À Rome, aucun nouveau retrait n’a été obtenu
Les propos du président interviennent cinq jours après la fin de la septième rencontre entre les délégations libanaise et israélienne. Les discussions se sont déroulées à Rome du 4 au 6 août sous médiation américaine.
La réunion s’est achevée sans accord sur un nouveau retrait israélien. Beyrouth avait demandé l’ouverture d’une nouvelle zone expérimentale afin de poursuivre le mécanisme engagé lors des précédentes discussions. Bint Jbeil et Khiam figuraient parmi les priorités avancées par la partie libanaise.
Israël n’a accepté aucune des deux propositions. La partie israélienne a demandé des garanties supplémentaires concernant la vérification des opérations de l’Armée libanaise et le contrôle des zones concernées avant de procéder à une nouvelle évacuation.
Les discussions ont également porté sur la possibilité de faire intervenir des pays tiers dans le mécanisme de vérification. Washington considère ce volet comme l’un des résultats de la rencontre. Le Liban cherche pour sa part à obtenir qu’une nouvelle phase de vérification soit accompagnée d’un mouvement israélien sur le terrain.
La dernière séance s’est terminée plus tôt que prévu. La délégation libanaise était mécontente de l’absence de nouveau retrait et de la poursuite des opérations israéliennes. Des accusations israéliennes concernant la divulgation d’informations sur le contenu des discussions ont également pesé sur la fin de la réunion.
Les délégations se sont finalement séparées sans annoncer conjointement de date pour la huitième rencontre. Les négociations directes sont depuis suspendues, même si les contacts américains avec les deux parties se poursuivent.
C’est dans cette situation que Joseph Aoun affirme que le processus « progresse ». Son appréciation porte notamment sur le maintien du canal de discussion et sur les dossiers abordés depuis le début des rencontres. Sur le terrain, le principal résultat demandé par Beyrouth à Rome, un nouveau retrait israélien, n’a pas été obtenu.
Washington se dit satisfait de la direction prise
Les États-Unis affichent néanmoins une appréciation proche de celle du président libanais. Un responsable du département d’État américain a déclaré à Al Arabiya Anglais que Washington était satisfait de la direction prise par les négociations.
« Nous sommes satisfaits de la trajectoire », a déclaré ce responsable sous couvert d’anonymat.
Selon lui, les groupes de travail libanais et israéliens ont rapproché leurs positions sur plusieurs aspects techniques. Il affirme qu’ils ont harmonisé leur « langage, leurs cartes et leurs procédures ».
Les délégations ont également discuté d’une vérification par des pays tiers des opérations menées par l’Armée libanaise dans les secteurs concernés. Cette vérification constitue l’un des dossiers les plus sensibles des discussions, Israël demandant des garanties avant tout nouveau retrait.
Le responsable américain a indiqué que Washington avait parallèlement mené des discussions bilatérales avec la délégation libanaise sur une aide rapide à la reconstruction. La question est importante pour Beyrouth, qui place la reconstruction parmi les trois objectifs rappelés mardi par Joseph Aoun.
Washington considère également comme un progrès le simple maintien de discussions directes. « Le fait que les équipes se soient assises ensemble, aient communiqué directement et aient produit des options constitue en soi un changement structurel », a déclaré le responsable américain.
Les États-Unis reconnaissent toutefois que les difficultés restent nombreuses. « Nous ne sommes pas naïfs quant aux difficultés », a-t-il ajouté.
Le responsable américain a notamment accusé le Hezbollah de chercher à faire échouer le processus et évoqué les pressions politiques internes auxquelles sont confrontés le Liban et Israël.
Le Hezbollah a effectivement critiqué à plusieurs reprises les négociations directes et demandé au gouvernement libanais de les abandonner.
Washington annonce septembre, Israël dit qu’aucune date n’est fixée
La date de la prochaine rencontre illustre cependant les incertitudes qui demeurent après Rome.
Le responsable du département d’État cité par Al Arabiya Anglais affirme que les délégations doivent se retrouver à Rome au début de septembre. Selon lui, les conversations doivent se poursuivre entre-temps à Beyrouth, Jérusalem et Washington.
Un responsable israélien interrogé par CNN donne une indication différente. Il affirme qu’aucune date n’a été fixée pour la prochaine ronde.
À ce stade, aucune annonce conjointe libano-israélienne ne confirme donc une huitième rencontre au début de septembre. Washington travaille à cette échéance, mais la reprise des discussions directes reste soumise aux démarches menées auprès des deux parties.
Côté libanais, les conditions d’une reprise font l’objet de discussions depuis le retour de la délégation de Rome. Beyrouth réclame un arrêt effectif des attaques israéliennes, la cessation des destructions et du terrassement ainsi qu’un nouveau retrait permettant l’ouverture d’une autre zone expérimentale.
La suspension actuelle n’équivaut pas à une rupture du processus. Les contacts indirects continuent et les États-Unis poursuivent leur médiation. Mais les délégations libanaise et israélienne ne négocient plus actuellement dans le format direct utilisé à Rome.
La différence entre les déclarations américaines et israéliennes sur septembre montre surtout qu’aucun calendrier commun n’a encore été rendu public.
Les attaques israéliennes ont diminué, mais n’ont pas cessé
Joseph Aoun a également affirmé mardi que l’intensité des attaques israéliennes avait diminué depuis la signature de l’accord-cadre. Le président a présenté cette évolution comme l’un des résultats positifs obtenus depuis le début du processus.
Une diminution ne signifie toutefois pas une cessation des opérations. Les incidents enregistrés les 10 et 11 août l’ont encore montré.
Le 10 août, Israël a ciblé une position de l’Armée libanaise. L’incident est intervenu quelques jours seulement après la fin de la rencontre de Rome et alors que Beyrouth demandait précisément une réduction effective des opérations israéliennes.
Mardi 11 août, la Défense civile a annoncé que ses agents avaient été ciblés par un drone pendant qu’ils éteignaient un incendie d’herbes dans la région de Nabatiyé. Les pompiers ont dû interrompre leur intervention et se retirer vers un endroit sûr. Aucun blessé n’a été signalé.
Le communiqué de la Défense civile ne désigne pas Israël. Des sources informées attribuent cependant le drone à la partie israélienne. Selon des sources proches du processus diplomatique, la prudence de certaines communications officielles libanaises est liée aux engagements pris dans le cadre des négociations afin de limiter l’escalade publique entre les deux parties.
Ces incidents ne permettent pas, à eux seuls, de mesurer l’évolution globale du nombre ou de l’intensité des attaques depuis la signature de l’accord-cadre. Ils montrent en revanche que les opérations se poursuivent malgré la baisse évoquée par le président.
Cette situation explique pourquoi Beyrouth distingue désormais une réduction des frappes d’un arrêt effectif. C’est ce deuxième objectif que le Liban cherche à obtenir avant ou dans le cadre d’une nouvelle étape des négociations.
« Pas un seul soldat israélien » sur le territoire libanais
Aoun a consacré une partie importante de ses déclarations à la méthode choisie pour obtenir le retrait israélien. Le président a contesté l’idée selon laquelle le recours à la force serait le seul moyen de récupérer les territoires occupés.
« Nous entendons constamment des slogans affirmant que ce qui a été pris par la force ne peut être repris que par la force, mais les réalités du terrain ont démontré que cela était faux », a-t-il déclaré.
Le chef de l’État défend ainsi la négociation comme moyen d’obtenir le retrait, tout en affirmant que l’objectif territorial reste inchangé.
Il a également évoqué directement la situation des habitants du Sud. « Il est temps que les habitants du Sud se reposent et s’installent sur leur terre, au lieu de continuer les guerres menées en leur nom pour des objectifs non libanais », a déclaré Aoun.
Cette déclaration intervient dans un débat intérieur marqué par les critiques du Hezbollah contre les négociations directes. Le mouvement considère que le gouvernement doit abandonner ce processus et continue de défendre la résistance armée comme moyen de pression face à Israël.
Aoun n’a pas repris cette position. Il a au contraire réaffirmé la priorité qu’il accorde aux institutions de l’État.
« Mon objectif aujourd’hui est de reconstruire l’État, quel qu’en soit le prix, malgré l’opposition de ceux qui cherchent à démanteler ses fondations et à empêcher sa reconstruction », a-t-il déclaré.
Le président associe ainsi le retrait israélien, le retour des prisonniers et la reconstruction à la restauration de l’autorité de l’État.
Le retrait reste le principal résultat attendu
Après sept rencontres, plusieurs dossiers ont avancé sans produire encore le résultat territorial demandé par le Liban.
Les négociateurs disposent d’un cadre de discussion, de cartes et de procédures communes. Les questions de vérification ont progressé et la participation éventuelle de pays tiers est désormais discutée. Le dossier des prisonniers fait également partie des négociations, tandis que Washington travaille avec Beyrouth sur la reconstruction.
Le blocage porte principalement sur le passage de ces discussions à une nouvelle étape territoriale. Le Liban demande qu’Israël évacue un autre secteur afin que l’Armée libanaise puisse s’y déployer. Israël veut davantage de garanties avant d’accepter ce mouvement.
La rencontre de Rome n’a pas permis de résoudre ce désaccord. Bint Jbeil et Khiam n’ont pas été retenues comme nouvelle zone expérimentale et aucun autre retrait n’a été annoncé à la fin de la réunion.
Cette absence constitue le principal contraste avec les déclarations optimistes de Baabda et de Washington. Les deux considèrent que les négociations avancent parce que les parties disposent désormais de mécanismes et discutent directement de questions qui restaient auparavant bloquées. Sur le terrain, le Liban attend toujours l’étape suivante.
Le même décalage apparaît sur la sécurité. Aoun constate une diminution des attaques depuis l’accord-cadre. Les événements des derniers jours montrent cependant que l’Armée libanaise et la Défense civile restent exposées à des opérations israéliennes.
Les deux constats peuvent coexister : le niveau général de confrontation peut avoir baissé sans que les attaques aient cessé. Pour Beyrouth, la prochaine étape consiste précisément à transformer cette diminution relative en arrêt effectif des opérations dans les secteurs concernés par le processus.
La huitième rencontre reste en attente
La reprise des négociations dépend désormais des contacts menés pendant la suspension.
Washington prévoit une nouvelle rencontre à Rome au début de septembre. Un responsable israélien affirme qu’aucune date n’est arrêtée. Côté libanais, aucune annonce n’a encore confirmé une participation sans condition à cette prochaine ronde.
Les États-Unis doivent donc utiliser les prochaines semaines pour rapprocher les positions sur le retrait, la vérification et la sécurité. Les contacts annoncés à Beyrouth, Jérusalem et Washington doivent se poursuivre sans attendre une nouvelle rencontre directe.
Pour Joseph Aoun, les déclarations de mardi fixent clairement la position présidentielle : le Liban continuera à privilégier la négociation plutôt qu’une nouvelle guerre, mais il réclame le départ complet des forces israéliennes.
Cette position sera désormais confrontée aux résultats obtenus pendant la suspension. Le président affirme que les négociations progressent et Washington dit être satisfait de leur trajectoire. Mais depuis la fin de Rome, aucun nouveau retrait n’a été annoncé et aucune date commune n’a été fixée pour la huitième rencontre.
Les prochaines démarches américaines devront donc préciser si le rendez-vous annoncé pour le début de septembre peut effectivement avoir lieu. Pour Beyrouth, l’élément attendu reste concret : obtenir une nouvelle évacuation israélienne et une baisse effective des opérations avant que les délégations ne reprennent le travail interrompu à Rome.


