Lettre à mon Président,
Mon bien aimé, Monsieur le Président de la République Libanaise. 

De ma France bien aimée, à ma terre natale, le Liban.
De La terre qui a soigné mes blessures et qui m’a permis de survivre à ma déchirure, ma France,
à la terre qui me fait encore souffrir à chaque fois que le sang de mes compatriotes coule, mon Liban.
De la terre qui m’a appris le dialogue, ma France bien aimée,
à la terre qui ne sait plus dialoguer, mon Liban bien aimé.
Du pays des droits de l’homme, je vous écris, Monsieur le président !
Je vous écris avec une douleur qui déchire mon ventre…
Je vous écris avec des larmes qui brûlent mon âme…

Mon bien aimé, Monsieur Président de la République libanaise, je vous appelle !
Ah combien je m’inquiète pour vous et je me soucis de vous.
Ah combien je souffre et combien je me sens démunie.
Ah combien je suis malheureuse à force de courir derrière un rêve tant attendu :
La PAIX dans mon pays natal…

Je vous écris de loin, je vous appelle de loin … Allez-vous m’entendre ?
Je vous appelle de loin… car je ne peux plus rester indifférente au quotidien de mes compatriotes…
Le quotidien de ma famille, de mes racines, de mes souvenirs qui sont restés là-bas.
Ces cris, ces larmes, ces tueries, d’un jour, de deux, voire plus …
Des parents endeuillés et déchirés par la détresse …
Puis après la vie reprend, comme si de rien n’était…

Mon pays natal, jadis, carrefour des civilisations et havre du pluralisme, nous appelle tous !
Rendons- lui sa position et son rayonnement habituel.
Mon pays natal, Monsieur le Président, selon sa constitution, est
« une République démocratique parlementaire » établis sur le respect des libertés publiques,
dont en premier lieu la liberté d’opinion et de croyance.
Mon pays natal est-il encore une République démocratique ?
C’est le peuple souverain, qui est la source des pouvoirs et de la souveraineté nationale.
L’est-il encore ?
Un pays qui porte, depuis sa fondation,
un message de liberté, d’entente et de modération,
en dépit des innombrables défis et menaces qui pèsent sur les modes
de coexistence nationale ou de pluralisme culturel.
Entendons-nous encore ce message ?

Je vous implore Mon Président bien aimé,
Monsieur le Président de la République Libanaise, répondez-moi !
Sommes-nous encore une République démocratique ?
Sommes-nous encore dignes d’une République indépendante ?
Sommes-nous encore un pays libre ?
Sommes-nous encore dignes d’être libre ?
Que se passe-t-il au pays du Cèdre ?
Que se passe-t-il au pays de nos ancêtres ?
Sommes-nous incapables de nous redresser ?
Sommes-nous tombés si bas dans la sauvagerie et la barbarie ?
Que nous manque-t-il ?
Que vous manque-t-il mon cher Président ?
De l’amour ? On vous aime !
Du soutien ? On vous soutien !
De l’écoute ? On vous écoute !

Aimez-nous, soutenez-nous, écoutez-nous !
Nous libanais de la diaspora libanaise, de l’étranger, nous Français d’origine libanaise,
Abna’-ul mahjarابناء المهجر
On vous tend la main !
Prenez-là et ne restons plus en dehors de vos préoccupations.
Le Liban nous préoccupe aussi !
Nous voulons vous soutenir, par le biais de notre VOIX ,
Nous vous portons un message de solidarité, afin que paix règne et qu’avenir rime avec construire.
Nous voulons la fin de ces guerres fratricides.
Nous voulons la paix, nous voulons l’union, nous voulons le dialogue.
Nous voulons la dignité humaine et les libertés essentielles de l’homme
Nous voulons la sécurité, et le développement.
Est-ce trop vous demander?

Mon cher aimé, Monsieur, le Président,
Pourquoi l’amour qu’on a pour notre pays ne suffit plus ?
Que nous reste-t-il alors ?
Nous sommes nombreux à assister impuissants à notre décadence.
Guerre succède à une autre, conflit succède à un autre…,.
Y-a-t-il encore au pays du cèdre une place pour la paix, la réconciliation, la tolérance, la démocratie ?
Nous sommes nombreux à se demander comment allons-nous s’unir
pour mettre fin à cette déchirure, ce traumatisme, cette, angoisse, cette terreur.
Le monde entier nous admire et le monde entier nous regarde se détruire sans rien dire…

Qu’attendons-nous ? De l’aide ? De qui ? Des intéressés ? Lesquels ?
Nous n’avons pas de pétrole, nous n’avons pas de l’or.
Nous avons notre amour, mais notre pays est meurtrie,
il n’arrive plus à se redresser face aux dangers.
Aurions-nous perdu nos valeurs ?
Aurions-nous encore quelque chose en commun ?
Le monde entier assiste à notre indifférence et notre impuissance
Y aura-t-il une nouvelle ère de réconciliation nationale au pays du Cèdre ?

Il est temps de réagir…
Il est grand temps de parvenir à une entente …
Après des années de frustration, d’inimités, de guerres fratricides et d’occasions ratées

Nous voulons la parole, Monsieur le président…
Nous voulons vous rencontrer, Monsieur le Président…
Nous voulons réagir au nom de la paix pour notre pays.
Nous voulons vous soutenir, ici en dehors du pays.
On vous tend la main, prenez-là !
Nous sommes avides de paix.

Jinane Chaker-Sultani Milelli

2 COMMENTAIRES

  1. Un cri du fond d’un coeur frustré de voir ce qui se passe dans le pays sans pouvoir intervenir, crier S.O.S,  rassembler ce peuple désuni, laisser les Libanais vivre en Paix et démocratie, merci pour cette émouvante lettre. Mitsa

  2. Une lettre qui porte le cri du coeur…..

    Une mère soucieuse de permettre à ses enfants de connaître et d’aimer leur pays « maternel » .Jinane, vous portez un message que toutes les mères libanaises vivant à  l’étranger,voudraient exprimer.
    Merci de votre belle plume et de votre courage et votre sensibilité

Comments are closed.