L’extroversion distingue le libanais par son sens de la vitalité. Elle transmet sa dynamique émotionnelle, la décharge d’un parti pris, la défense acharnée du préacquis, la prévalence du superlatif pour celui qui correspond à sa perception et le regard distant pour tous ceux qui pensent différemment .

Il appuie ses revendications avec des mots forts sans devoir associer ses convictions à des étapes entreprises sans intermédiaires. Afin d’assumer sa part de citoyen par une réflexion indépendante et par un comportement civil ordinaire, il s’imagine des problèmes insolubles au lieu de s’engager dans l’ordre pour entamer et poursuivre ses dispositions. Le prix à payer pour une sécurité factice persiste depuis l’enfance d’après l’autorité indiscutable de ses aînés, la prévention de leurs susceptibilités et la récompense reçue pour sa valorisation.

Sinon, il devra souffrir d’un tas de frustrations ou de mésestime pour n’avoir répondu aux expectatives des uns, aux attentions de certains mentors et à des archétypes communautaires . Il lui reste quand même une individualité étriquée et secouée par une conscientisation inhabituelle, Là où doivent se confronter la perplexité mentale et le choix libéré de toute attente. Les objectifs énoncés initient surtout ses questionnements. Tant de pourquoi avec peu de comment faire autrement !

Avec ce rituel interminable des mêmes inquiétudes et angoisses, le présent demeure un temps provisoire depuis la déclaration de l’indépendance du Liban jusqu’à ce jour. Ainsi, la situation catastrophique actuelle de notre pays est le plus souvent considérée par des citoyens de nom, surpris d’habiter dans un espace lunaire où le fait d’agir devient presque un acte courageux, exclusif, extraordinaire ou impossible ! 

L’état des dépendances et des conditionnements extrêmes, à sa communauté et à ses divers contextes d’appartenances renforce une illusoire quiétude. Elle est basée sur l’évidence de sa  prise en charge par d’autres,  » déjà installés, plus concernés ou mieux avertis ». Le libanais perpétue ainsi le dysfonctionnement dans ses rôles initiaux, dans ses fonctions correspondantes et au sein de ses pouvoirs successifs. Notre société est davantage concernée par la non conscientisation du devoir. La crise socio-économique actuelle se caractérise par les opportunismes réciproques. Ils concernent autant les difficiles démarcations de rôles pour l’apprentissage de l’enfant que les inconséquences de tant d’élus qui se complaisent de l’immaturité citoyenne de leurs électeurs ! 
« Cependant, dialoguer veut dire rencontrer l’autre, initier un niveau de communication et dégager une compréhension mutuelle.

Chez nous celà reste un prétexte national pour installer des dispositions verbales au carrefour des coincements, des blocages, des distanciations, de la défense des préconçus, des tensions tacites et explicites… le temps d’éviter de crever tout abcès et tout irréversible dérapage !

Du dialogue certes, mais un vrai, n’est désormais utile que pour réduire au plus tôt les souffrances cumulées des gens. Ce serait alors un fait nouveau et la preuve au delà des mots et des gesticulations, que la civilité existe, que la pratique démocratique ordinaire prévaut et que la crédibilité à l’échelle nationale prend la place des cris et des chuchotements. » J A, Extrait de l’article, cris-et-chuchotements, 2017

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