GraffitiUn appel à vous tous, compatriotes conscients de la nécessité d’adhérer à l’union à travers frontières. En dépit de toutes les bonnes volontés qu’on pourrait avoir, le manque de moyens est un facteur primordial dans l’avortement des projets.

Il est temps d’en prendre conscience car il y a urgence, une nécessité profonde de tendre la main pour aider nos compatriotes artistes à se faire connaître …

Qu’est-ce qui empêcherait les libanais entre eux de s’entraider ? Ce ne sont pas les petits ruisseaux qui font les rivières ?

Plusieurs artistes libanais sont prêts à jouer le jeu, à traverser les frontières sans monter les enchères… Leur seul objectif  de se faire connaître et nous enchanter, car ils ont du talent et le mérite.

Plusieurs libanais sont prêts à gaspiller leur argent pour un oui, pour un non, pour une place de concert ou pour s’afficher ici et là,  se vanter d’avoir payé tel prix pour un billet ou un autre, et quand il s’agit d’aider ou de s’unir autour d’un projet culturel les mécènes, les capables, les généreux se font rares…

Tous les jours nous faisons l’éloge de ces compatriotes dont nous sommes fiers de leur succès… et tous les jours nous nous rendons-compte de la faille et ce gouffre qui nous sépare de ces libanais qui ont les moyens et qui sont à l’abri du besoin… Pourtant ils sont partis de loin… Pourquoi alors, de nos jours, tendre la main à autrui est devenue chose rare…

J’exprime ma douleur profonde, car je continue de rêver mon Liban avec les moyens du bord, seul objectif guidant mon navire, l’espoir avant le désespoir, l’enthousiasme plutôt que l’indifférence, l’enchantement avant le désenchantement, l’attachement avant le détachement.

Certains accusent le manque de temps, d’autres accusent le manque de projets…Mais quand le temps s’associe au projet, les prometteurs s’affichent aux absents…

Pourtant on voit bien l’effondrement des volontés de s’unir accusant à tort et à travers l’Etat et son absentéisme…Mais qui fait l’Etat si ce n’est vous et moi ?

Je crie ma douleur et ma déception face à l’indifférence de chacun de nous. Vous avez les moyens, nous avons les idées et ils ont des talents… Réagissez !

 

Jinane CSM

 

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Jinane Chaker-Sultani Milelli est une éditrice et auteur franco-libanaise. Née à Beyrouth, Jinane Chaker-Sultani Milelli a fait ses études supérieures en France. Sociologue de formation [pédagogie et sciences de l’éducation] et titulaire d’un doctorat PHD [janvier 1990], en Anthropologie, Ethnologie politique et Sciences des Religions, elle s’oriente vers le management stratégique des ressources humaines [diplôme d’ingénieur et doctorat 3e cycle en 1994] puis s’affirme dans la méthodologie de prise de décision en management par construction de projet [1998].