« La globalisation n’est pas un phénomène en soi. Elle prend beaucoup de formes différentes. La forme qui est imposée par l’intermédiaire des traités commerciaux internationaux tels l’accord de libre-échange nord-américain ou le partenariat transatlantique de commerce et d’investissement en cours de discussion vise à défendre les grandes entreprises pour placer les travailleurs en compétition les uns contre les autres. Ces accords n’ont pas pour but le développement du commerce ou le libre-échange. Ils ont plutôt pour fin de faire pression sur les salaires et les conditions de travail tout en protégeant essentiellement ceux qui sont politiquement assez forts pour se protéger eux-mêmes. Ils visent à renforcer leurs positions monopolistiques. De fait, ils conduisent également les gens à se mettre en colère, colère également détournée sur d’autres que ceux qui sont les bénéficiaires réels de ces tractations. » 1

Dans le monde d’aujourd’hui, les tendances sont inversées. Les citoyens reconnaissent et s’angoissent de la baisse des normes démocratiques alors que les politiques semblent ne plus s’inquiéter de leurs contradictions et invalidités. Le retour du conservatisme est dû en partie au ralentissement considérable des applications démocratiques. Elles répondent mal aux valeurs refuges liées aux contextes ethniques, culturels et religieux.

La liberté individuelle demeure cet élément vital et critique de l’élan de reconstruction. Le choix entrepris se démarque ici sensiblement des options spécifiques à la consommation. Il cherche à se réaliser par l’accomplissement identitaire, au Moyen Orient, en Europe et aux États-Unis…
Le citoyen demande à transparaître, à corriger et à participer activement à des politiques différentes, adaptées dans l’ici et le maintenant aux normes d’une vie bousculée par la globalisation, le
réchauffement climatique, le surarmement, l’insécurité et les conflits saillants de cohabitation.

Le temps des crises migratoires et des insécurités extra- et intra-territoriales nous engagent vers de crédibles élus pour un autre débat. Celui qui cherche à concilier les engagements constitutionnels aux conditions d’électeurs marginalisés, négligés et désabusés. Eux veulent des réponses et des actions propices et non plus des scandales et des démissions !
Les meilleurs élus seraient-ils désormais des hommes de terrains pour réaménager la dynamique des réalisations humaines au centre des politiques fonctionnelles?

Il faudrait pour celà rassurer les modes de pensées diverses que la cohabitation est un chantier d’apprentissages, long, difficile mais possible. Il sert à initier des comportements simples pour conquérir des liens humains au lieu des shismes culturels et religieux. Les valeurs initiales qui ont fondé l’éducation scolaire, les liens de famille et l’harmonie inter-communautaire se situent aujourd’hui au tournant de leurs survies.

1 Noam Chomsky, L’humanité, nov 2016

Joe Acoury.