mercredi, janvier 7, 2026

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Frappes israéliennes à Ghazieh : un immeuble détruit près de Sidon dans la nuit du 5 au 6 janvier

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Dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 janvier 2026, une série de frappes aériennes israéliennes a visé plusieurs localités du sud et de l’est du Liban, dont une opération particulièrement marquante à Ghazieh, près de la ville côtière de Sidon. Un immeuble commercial de trois étages a été complètement rasé vers 1 heure du matin, dans un quartier abritant ateliers et garages automobiles. Le bâtiment était inoccupé au moment de l’impact, mais les dégâts collatéraux ont été importants : incendie maîtrisé par les pompiers, façades voisines endommagées et recherches entreprises par les équipes de secours pour écarter la présence de victimes sous les décombres.

L’armée israélienne a revendiqué ces opérations comme des frappes ciblées contre des infrastructures appartenant au Hezbollah et au Hamas, incluant des dépôts d’armes et des structures militaires souterraines ou en surface. Selon le porte-parole arabophone des forces israéliennes, Avichay Adraee, des avertissements d’évacuation avaient été diffusés sur les réseaux sociaux pour quatre villages – deux dans la Bekaa orientale et deux dans le sud – avant certaines frappes. Cependant, l’attaque sur Ghazieh n’a été précédée d’aucun avertissement, marquant une différence notable avec les procédures habituelles observées ces derniers mois.

Les détails des opérations

Les frappes ont débuté lundi en fin d’après-midi et se sont prolongées jusqu’aux premières heures de mardi. Dans la Bekaa, une maison appartenant à Sharhabil al-Sayed, commandant militaire du Hamas tué en mai 2024 par un drone israélien, a été touchée à Manara. Les habitants avaient évacué après les avertissements, et aucune victime n’a été signalée sur ces sites. Plus tôt dans la journée de lundi, une frappe de drone sur une voiture dans le village de Braikeh, au sud, avait blessé deux personnes, selon le ministère libanais de la Santé. L’armée israélienne a indiqué avoir visé deux membres du Hezbollah.

À Ghazieh, l’explosion a provoqué un important nuage de fumée visible depuis Sidon, troisième ville du pays. Des photographes sur place ont décrit un cratère profond au milieu du quartier commercial, avec des véhicules calcinés et des vitrines soufflées sur plusieurs dizaines de mètres. Les secours ont transporté au moins une personne à l’hôpital, mais aucun décès n’a été confirmé dans cette frappe précise. Le ministère de la Santé a recensé un blessé au total pour l’ensemble des opérations de la nuit.

La condamnation du président Joseph Aoun

Mardi matin, le président de la République, Joseph Aoun, a publié un communiqué condamnant fermement ces attaques. « Les frappes israéliennes continues visent à faire échouer tous les efforts déployés au niveau local, régional et international pour arrêter l’escalade israélienne en cours, malgré la réponse positive manifestée par le Liban à ces efforts à différents niveaux », a-t-il déclaré. Il a souligné que le plan gouvernemental d’extension de l’autorité de l’État au sud du Litani était « mis en œuvre par l’armée libanaise avec professionnalisme, engagement et précision ».

Cette prise de position intervient à la veille d’une réunion du comité de suivi du cessez-le-feu, qui regroupe les États-Unis, la France, le Liban, Israël et les Nations unies. Le timing des frappes, juste avant cette rencontre prévue mercredi, a été interprété par plusieurs responsables libanais comme une tentative de peser sur les discussions.

Le contexte du cessez-le-feu et du désarmement

Le cessez-le-feu conclu en novembre 2024 sous médiation américaine avait mis fin à quatorze mois de guerre ouverte entre Israël et le Hezbollah, déclenchée le 8 octobre 2023 au lendemain de l’attaque du Hamas contre le sud israélien. Ce conflit avait causé la mort de la majeure partie des cadres politiques et militaires du Hezbollah, provoqué des destructions massives au Liban sud et déplacé des centaines de milliers de personnes des deux côtés de la frontière.

L’accord repose sur un renforcement de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, prévoyant le déploiement exclusif de l’armée libanaise et de la Finul au sud du Litani, à une trentaine de kilomètres de la frontière, et le démantèlement de toute présence armée non étatique dans cette zone. Le gouvernement libanais, sous pression américaine particulièrement forte, s’était engagé à achever cette première phase avant la fin 2025. L’armée a commencé l’an dernier le désarmement des groupes palestiniens armés, puis étendu progressivement ses opérations aux structures du Hezbollah.

Jeudi, le Conseil des ministres doit se réunir pour examiner un rapport détaillé sur l’avancement de cette mission. Le commandant en chef de l’armée libanaise doit y présenter les progrès réalisés sur le terrain. Selon les déclarations officielles, la zone sud-Litani est désormais largement sous contrôle exclusif des forces régulières, même si des points de friction persistent, notamment autour de cinq positions hilltop occupées par Tsahal depuis la guerre.

Les positions israéliennes

De son côté, Israël conteste régulièrement l’efficacité de ces mesures. Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, avait jugé la semaine précédente les efforts libanais « loin d’être suffisants ». L’armée israélienne accuse le Hezbollah de tentatives de réarmement et justifie ses frappes quasi quotidiennes par la nécessité de prévenir toute reconstitution de capacités militaires près de la frontière. Depuis le cessez-le-feu, ces opérations ont visé presque exclusivement des objectifs présentés comme liés au Hezbollah, mais aussi occasionnellement au Hamas. Selon le bureau du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, au moins 127 civils libanais ont été tués dans ces frappes depuis novembre 2024.

Les frappes de lundi et mardi se sont déroulées en partie au nord du Litani, dans des zones plus éloignées de la frontière, ce qui marque une extension géographique par rapport à la majorité des opérations précédentes concentrées sur la bande frontalière.

Les implications immédiates sur le terrain

À Sidon et Ghazieh, la population locale a exprimé une vive inquiétude face à cette extension des frappes à des quartiers urbains denses. Sidon, ville majoritairement sunnite et centre économique important du Liban sud, n’avait jusqu’à présent été que rarement touchée directement depuis la fin de la guerre ouverte. L’atteinte à un quartier commercial, même sans pertes humaines confirmées, ravive les souvenirs des bombardements intensifs de 2024 qui avaient détruit une grande partie des infrastructures du sud.

Les pompiers et la Croix-Rouge libanaise sont restés mobilisés plusieurs heures pour sécuriser le site de Ghazieh. Les autorités locales ont procédé à une évaluation rapide des dommages afin d’organiser l’aide aux commerçants impactés. Dans la Bekaa, les villages évacués temporairement ont vu le retour progressif de leurs habitants mardi matin, une fois les opérations terminées.

La réunion imminente du comité de suivi

Mercredi, le comité de suivi du cessez-le-feu doit examiner les violations répertoriées des deux côtés depuis la dernière session. Les délégations libanaise et israélienne, accompagnées des représentants américain, français et onusien, se réuniront à Naqoura, siège traditionnel de ces discussions sous l’égide de la Finul. Les frappes de lundi et mardi figureront nécessairement à l’ordre du jour, aux côtés des questions persistantes sur le retrait israélien des cinq points contestés et sur la pleine application du désarmement au sud du Litani.

Jeudi, le Conseil des ministres libanais, présidé par le Premier ministre Nawaf Salam, recevra le briefing détaillé du commandement de l’armée sur l’état d’avancement du plan national d’extension de l’autorité étatique. Ce rapport doit confirmer le degré de contrôle exercé par les forces régulières dans la zone concernée et préciser les étapes restantes avant une éventuelle extension à l’ensemble du territoire national.

Les opérations militaires israéliennes se poursuivent selon un rythme presque quotidien, avec des cibles annoncées comme liées aux deux organisations considérées comme terroristes par Israël et plusieurs pays occidentaux. Les autorités libanaises maintiennent que tout déploiement armé non étatique au sud du Litani a cessé, tout en appelant à une cessation complète des incursions et frappes israéliennes pour permettre une stabilisation durable de la frontière.

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Newsdesk Libnanews
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