Ils manipulent les uns, trahissent les autres. Ils soudoient les uns et trucident les autres.
Ils mesurent leur pouvoir, ils soupèsent leur cruauté. Ils pulvérisent avec sauvagerie ceux qui sous-estiment leur haine.

Au nom de leurs dogmes, ils piétinent la justice. Au nom de leurs religions, ils ravivent l’enfer. Au nom de l’état, ils violent les institutions. Au nom de la patrie, ils exterminent les habitants.

Ils nous envoient à la mort, de tant de manières…

Ils ont créé des chiens galeux, des hybrides inconscients, des mutants miliciens, toutes sortes d’âmes simples et misérables qu’ils ont embrigadés dans leur armée. Une armée qui protège leurs intérêts propres, au détriment du pays et du citoyen. C’est aux prix de l’exploitation des pauvres et des fragiles qu’ils se remplissent les poches et alimentent leur égo fratricide.

Ils nous envoient à la mort de tant de manières …

Sous leur leadership, l’économie s’effrite, toute réforme est vaine, la maladie et la famine s’étendent, l’immigration s’inverse : les cerveaux fuient et les réfugiés s’accumulent.

Après des décennies de mandats auto-renouvelés, ils plongent le pays dans l’abîme d’une décadence sans fond et d’une déchéance vertigineuse.

Par leur action, Le Liban, pays du cèdre et des légendes, terre d’histoire, d’ouverture et de diversité, devient la risée du monde et la verrue de l’humanité.

Il y avait le Nobel de la paix, ou l’Oscar du meilleur film. Désormais il y a le Liban de la corruption, de la débauche et de l’infamie. Des prix qu’ils se décernent entre eux, année après année, tellement ils sont novateurs dans ce secteur. C’est ainsi qu’ils repoussent les limites de la honte et de l’ignominie. C’est ainsi qu’ils représentent le Liban à l’étranger.

Ils nous envoient à la mort de tant de manières…

Ils sont riches et sans compassion.
Ils sont haut placés et sanguinaires.
Ils sont décisionnaires et sans raison.
Ils sont pompeux et ils sont creux.
Ils se présentent bien mais ils inspirent le dégoût.
Ils fanfaronnent à la télé mais ils débitent des âneries.
Ils ont préféré la prostitution à l’aumône.
Ils ont préféré le vol au bien commun.
Ils ont préféré l’extorsion à la compétence .
Ils ont préféré les engins explosifs aux tables rondes.
Ils ont préféré la mort à la vie.

Ils nous envoient à la mort de tant de manières…

Mais en réalité, ils nous apprennent à résister, à lutter pour la vraie vie, à résilier leur contrat mortifère et à renouer avec la grandeur de notre pays

Ils nous envoient à la mort de tant de manières…

Mais en réalité, ils s’accrochent à leur vie insignifiante, alors qu’ils sont déjà morts, et ils envoient vers l’éternité ceux qu’ils assassinent !

Car éternelle est la mémoire des Libanais intègres qui sont mort au nom de la justice, de l’égalité et de la paix.

Ce sont eux qui nous maintiennent en vie et qui forgent notre vraie histoire.
Ce sont eux qui dessinent nos rêves et qui guident nos espérances.
Ce sont eux les vivants, car il nous servent d’exemple et nous portent à sauvegarder le Liban.

Ils nous envoient à la mort de tant de manières…

Mais le Liban qui est sur le point de se relever, n’a pas de place pour leurs maléfices et ne risque pas de leur élever un monument aux morts.

Ils nous envoient à la mort de tant de manières…

Mais notre Liban leur survivra. De la mort qu’ils cherchent à nous imposer nous reviendrons, autant de fois qu’il le faudra.

Nous bâtirons le Liban de demain : une terre belle et juste, nourrie par la vigueur et le sang des justes.

Mario Abinader

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Mario Abinader
Médecin-cardiologue, exerçant en France depuis 1995, Mario Abinader est viscéralement attaché au Liban, sa terre d’origine. Avec le recul que confère l’expatriation, il a écrit des articles relatant la métamorphose sociale et politique du pays. Il est également l’auteur d’un recueil de poèmes. Il a été ordonné diacre orthodoxe.