Philosopher en toute simplicité, donner le droit à la parole, entendre les avis des uns et des autres, discuter, échanger et proposer des solutions : mais quel dévouement et quelle civilité. 

Voilà, nos jeunes qui nous surprennent encore. 

Toutes les catégories d’âge sont représentées sous ces tentes révolutionnaires. Mais quelle merveille et quel délice d’entendre parler, surtout certains jeunes dans la force de l’âge et d’autres dans la fleur de l’âge ; suggérer ensemble et éloquemment des solutions sur la crise financière ; expliquer avec conviction que ce qu’ils vivent est une vraie révolution, avec des arguments scientifiques et juridiques ; parlementer habilement à la place de nos traditionnels parlementaires taciturnes ; donner des conseils ; bref, s’exprimer en toute liberté. 

Débattre surtout, donner le pour et le contre, aller le plus loin possible dans leurs idées, sans s’emporter et en toute amabilité : mais quelle intelligence et quelle humilité. 

Une seule et unique question me revient toujours à l’esprit : comment un tel peuple a-t-il pu engendrer de tels représentants ? 

Leur implication, à ces jeunes, leurs attitudes et leurs aptitudes, signifient que cette révolution a atteint indubitablement le point suprême de non-retour, puisque comme l’a bien exprimé Kafka : « À partir d’un certain point, plus aucun retour n’est possible. C’est le point qu’il faut atteindre » ; et avec nos jeunes révolutionnaires, on l’a atteint ce point. 

Plus qu’un coup de foudre, c’est une passion amoureuse pour leur révolution qu’ils sont en train de vivre ces jeunes. Ils se sont réveillés ce matin du 17 octobre, touchés en plein cœur par la flèche de Cupidon, et depuis ils révèlent au monde, sans tergiversations et sans hésitation aucune, leur fierté et leur Libanité dans toute leur maturité et dans toute leur humanité. 

Cet amour pour la révolution, les a envahis. Il les a remués dans leurs pensées et dans leur foi de vivre. Et en plus, il leur fait vivre des moments merveilleux et exceptionnels. Un amour qui les emporte loin dans leurs rêves et fait exploser leur créativité, leur sens de l’éloquence et leur habilité. Ils sont exaltés et fascinés, très attachants aussi, comme s’ils voulaient charmer et plaire, eux aussi, à cette révolution.

Et cet amour, il est inconditionnel, il est transcendant et il les inspire et leur donne des ailes pour voler vers leurs libertés tant méritées. 

Ils ne cessent d’écrire, de dialoguer, de créer, d’argumenter, de se rassembler pour convaincre et pour persuader que leur passion trouve sa raison d’être dans des valeurs qui dépassent les différences, les appartenances et les ingérences. 

Ils savourent leur civilité et leur partage dans ces tentes, devenues symboles de la liberté d’expression. Leur avenir ensemble, dans la liberté et dans la dignité, ils le tracent déjà avec l’approbation et la bénédiction de leurs parents ; et Ils le dédicacent avec les respects et les honneurs à leurs martyrs de guerre. 

Ils sont si passionnés par leur bien-aimée révolution qu’ils la défendent avec véhémence et enthousiasme, face aux critiques les plus acerbes. 

Des critiques hautaines, ils les reçoivent de gens qui se croient supérieurs et savants, qui doutent de toute cette révolution et de ses conséquences, puisqu’ils sont convaincus qu’il ne fallait pas se mobiliser et faire bouger les choses, et qu’il fallait se stationner, rester sur place, s’éterniser sur le statut quo. Ces éclairés prêchent des scénarios apocalyptiques de la fin des chrétiens, de la fin de tel ou tel autre  groupe, avec des arguments qu’aurait détruits Socrate un à un, et que détruisent  nos révolutionnaires, grâce à une analyse plus approfondie qui défendrait des valeurs d’humanité et de vérité ; qui défendrait qu’au-delà des religions, musulmans et chrétiens sont des humains. 

Tout ce qu’ils demandent ces Libanais, c’est le vivre-ensemble comme ils savent bien le faire en peuple noble et libéré de toute soumission. Et qui dit soumission dit Bassesse et Abaissement, Déchéance et Animalité.

Dans leur union, leur force et leur amour pour leur pays, nos jeunes sont capables d’inverser les épouvantables stratégies et les abominables complots qui leur sont destinés et concoctés.

Dans leur union, nos jeunes sont capables de gagner sur les forces absurdes qui veulent les replonger dans l’obscurantisme et les garder dans la captivité et l’obéissance, et les transformer en objets inanimés. Ils sont capables de contrer, ce qu’on appelle en philosophie, la réification. 

Cette révolution, qui a permis au Liban de renaître de ses cendres, a déclenché chez eux ce sentiment de bonheur inexplicable, cet amour infini qui, de toute évidence, transcende l’humain dans son humanité.

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