tribune libre

En faisant le tour des rebondissements dans les pays du Moyen Orient, on constate un courant tenace, sans pareil, vers l’ouverture, la douceur de vivre, le dialogue constructif et la cohabitation, en attendant de meilleurs jours. Tout se passe à l’encontre des éphémères victoires d’un extrémisme certain. Voilà une longue brise printanière qui balaie déjà, les germes mortes nées de la négation de l’autre, pour initier de nouvelles, bien vivantes pour un changement à visée démocratique en plein balbutiement. Cependant, la « démocratisation » de la région est- elle ce prétexte où, pour calmer le jeux des intérêts interactifs entre des grandes puissances, on passerait à l’installation d’une pause, de nouveaux espoirs et des appels au changement « équitable » sous la coupe de pouvoirs militaires « sécurisants » ? Ou bien est-ce en grande partie, une face de la politique traditionnelle des États Unis qui défend fidèlement et inconditionnellement l’état d’Israël? Ainsi, les forces militaires acceptables pour la région, ne pourraient se concentrer que pour gérer des conflits internes ou limitrophes à leurs frontières. Les dissensions et la focalisation sur les besoins populaires marquent certes, des révolutions en faveur du changement positif dans certains régimes mais, au détriment de coalitions historiques arabes revendicatives de justes causes. Néanmoins, malgré le superbe élan d’une jeunesses pleine d’ambitions, d’aspirations et de rêves, les révoltes arabes perdraient considérablement de leur substance nationale si les réflexions approfondies et constantes ne parviennent pas à correspondre à  leurs buts. Les influences extérieures seraient appelées autrement, pour composer avec de nouveaux mouvements et non plus exclusivement répondre aux intérêts de personnages longtemps soutenus et dépendants de puissances en conflits ouverts ou en accords sous-jacents. La donne de la modération favoriserait le dialogue de l’intérieur vers la communauté internationale pour la construction d’institutions démocratiques acceptables, transparentes et efficaces.
Le Liban se situe parallèlement dans une phase aiguë et unique de sa jeune histoire d’indépendance. Il souffre d’une grave immaturité citoyenne. Elle relate le peu d’unité nationale entre les divers partenaires. Le pays demeure sous la pression intense de tous les débordements de la région, aux niveaux; démographique, économique et socio-politique. Les tendances partisanes ont pu quand même agréer samedi à la formation du gouvernement de Mr Tamman Salam. Sa forme particulière est censée favoriser la conciliation entre les diverses pôles politiques, du moins jusqu’à la prochaine élection présidentielle. Cependant, malgré tous les aléas, les difficultés et les résultats encore forts insuffisants, la culture de la modération va favoriser les récents et délicats contacts suivants: Irano-américain, Irano-Saoudien et à Genève I et Il, ceux infimes, entre le régime et les opposants en Syrie. L’événement de la prestation tant attendue de nos nouveaux ministres suivrait-il une tendance similaire? Va-t-elle confirmer la fonction indispensable, pour des raisons apparentes et tacites, de l’action conciliatrice? Va-t-on désormais représenter ici la forme d’une force médiatrice incontournable? Substituerait-elle du moins provisoirement, la pondération à toute opposition agitée, stérile et néfaste pour une vie républicaine enfin ordinaire?

Par Joe Acoury