Pillage au Sud-Liban : le miroir de Gaza
Les révélations publiées dans la presse israélienne sur des vols commis par des soldats dans des maisons et des commerces du sud du Liban déplacent le débat. Elles ne décrivent plus un incident isolé, mais une pratique présentée comme visible, répétée et peu entravée. Motos, téléviseurs, tapis, tableaux, meubles et objets domestiques auraient été emportés dans des localités en partie interdites au retour. Replacée dans le prolongement de Gaza, des images de soldats avec des habits de femmes, des cuisines libanaises investies et de l’affaire de Debel, cette séquence fragilise encore davantage le récit d’une armée exemplaire.
Amal Khalil tuée sous les frappes à Tiri
Retrouvée morte sous les décombres à Tiri, au sud du Liban, la journaliste Amal Khalil est devenue en quelques heures le symbole le plus brutal d’une double faillite. D’un côté, une armée israélienne accusée d’avoir frappé à plusieurs reprises le secteur, puis d’avoir retardé l’accès des secours. De l’autre, un État libanais qui savait les journalistes exposés, avait promis des mécanismes de protection, mais n’a pas été capable d’imposer un corridor sûr ni d’arracher rapidement l’une des siennes aux ruines où elle est restée pendant des heures.
Le Liban dans une économie de guerre prolongée
Au Liban, la guerre ne détruit plus seulement des routes, des ponts ou des maisons. Elle reprogramme toute l’économie autour de l’urgence, du court terme et de la survie. Aides d’urgence, investissements gelés, retours partiels et finances publiques exsangues dessinent désormais une véritable économie de guerre prolongée dans le pays.
Liban : le bilan grimpe malgré le cessez-le-feu
Le nouveau rapport quotidien libanais diffusé le 22 avril à 17 heures montre une crise toujours massive malgré le cessez-le-feu en cours. Le pays compte encore 642 centres d’hébergement ouverts, 121 126 déplacés dans des abris collectifs, 31 523 familles déplacées, 2 475 morts et 7 696 blessés. À quelques jours de l’expiration de la trêve de dix jours négociée sous médiation américaine, Beyrouth demande déjà sa prolongation, ainsi que l’arrêt des frappes, des démolitions et des violations qu’il impute à Israël dans le sud du pays.





