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L’ancien Ministre de l’économie et du commerce et par ailleurs ancien vice-gouverneur de la Banque du Liban (BDL) Nasser Saidi a estimé que l’aide visant à relancer l’économie libanaise devrait atteindre une somme estimée jusqu’à 25 milliards de dollars. Il note par ailleurs que les déposants ne devraient pas payer pour la mauvaise gérance de Banques Libanaises.

Cette somme doit servir à restaurer la confiance de la population.

Nasser Saidi a également appelé à l’organisation d’un nouveau sommet de Paris, allusion à la conférence CEDRE à laquelle participaient 50 pays et organisations internationales. Ainsi, le programme présenté en avril 2018 ne convient plus au règlement de la crise actuelle, « les circonstances financières du Liban ayant radicalement changés. Il s’exprimait sur le site Arab News

Nous devons faire face au fardeau de la dette du Liban dans le cadre d’un programme macroéconomique global de réforme budgétaire, financière, bancaire et monétaire. Le problème de la dette ne peut être considéré isolément.
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Le Liban est dans une récession qui va devenir une dépression, ce qui signifie que le PIB pourrait baisser de 8 à 10% cette année », a prévenu l’ancien ministre. Un fonds de stabilisation économique d’environ 20 à 25 milliards de dollars est nécessaire pour les problèmes de balance des paiements, traitant de la liquidité des banques et, en même temps, il devrait s’accompagner d’une restructuration du système bancaire.

Pour rappel, l’endettement public dépasse les 90 milliards de dollars désormais soit 160% du PIB, alors que le service de la dette atteint à lui seul 10 milliards de dollars soit 65% des revenus de l’état, ce que l’ancien ministre estime intenable.

Par ailleurs, Nasser Saidi estime que les actifs de la banque centrale, qui atteignent 120 milliards de dollars ne conviennent pas au paiement de la dette publique. Par ailleurs, il appelle également les principaux actionnaires des banques à les recapitaliser avec des injections massives des profits des dernières années, rappelant la vente par la Banque Audi de sa filiale en Egypte.

Les autres banques devraient vendre leurs filiales à l’extérieur et rapporter leur argent. Ils peuvent avoir d’autres investissements qu’ils peuvent liquider, comme l’immobilier, afin d’augmenter leur capital.

Au sujet des réformes économiques et notamment du secteur de l’énergie et de l’électricité, l’ancien ministre de l’économie estime le projet présenté comme irréalisable.

Même si nous pouvons bâtir des usines de production en 6 mois, nous devons arrêter la corruption et le gaspillage.Le carburant acheté maintenant a un prix supérieur aux prix internationaux, donc le gouvernement devrait approcher les pays du Golfe et leur demander de nous fournir du carburant à des prix internationaux ou même plus bas, conformément à ce qu’ils ont fait pour l’Égypte dans le passé.
Cela réduirait notre facture de carburant et d’électricité de 3 milliards de dollars. Ce paquet doit être complété par un filet de sécurité sociale car, selon les chiffres de la Banque mondiale, un tiers de la population libanaise vit en dessous du seuil de pauvreté.

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